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entretiens et videos - Page 897

  • Bernard Antony : « Le combat pour la nation n'a de sens que s'il est un combat pour l'enracinement et l'universel »

    Bernard Antony, fondateur et président du Centre Charlier, de Chrétienté-Solidarité et de l'AGRIF (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne) est un infatigable militant politique depuis ses jeunes années, mais aussi un penseur de la politique, auteur de très nombreux ouvrages très documentés sur l'actualité, le judaïsme, l'islam, la franc-maçonnerie... Homme libre et indépendant, cet ancien député européen du Front national, aujourd'hui sans étiquette politique mais toujours davantage au service du pays réel, de la liberté, des chrétientés persécutées, s'appuie sur la longue tradition, vivante, du mouvement national.

    Jeanne Smits : La distinction entre « droite » et « gauche » a-t-elle encore un sens aujourd'hui ?

    Bernard Antony : Elle a un sens très fondé qui s'ordonne autour de quelques mots : Décalogue, écologie humaine, humilité, soumission au réel...

    Certes, il y a bien eu des chasses-croisés entre la « droite » et la « gauche » depuis que ces notions sont passées de la révélation religieuse (« à la droite du Père » ou à la gauche, avec les « maudits ») au positionnement politique dans le système démocratique. Ainsi la gauche a été originellement, jacobinement nationaliste et colonialiste, et même raciste et antisémite alors que surgissait parallèlement une droite authentique affirmant progressivement son identité dans un positionnement de Contre-Révolution à la fois morale et sociale ; hors de l'idéologie ramenant la conceptualisation de la nation aux deux idoles fondatrices de la Révolution : l'État et l'individu ; autrement dit, Le zéro et l'infini comme l'exprime magnifiquement par son titre le grand livre d'Arthur Koestler.

    Et ce n'est pas, tant s'en faut, la gauche qui a eu le monopole du combat pour la justice sociale après le déboisement juridique révolutionnaire et post-révolutionnaire de tout ce qui était protection de l'ouvrier par l'inique loi Le Chapelier et les décrets d’Allarde.

    Ce n'est que leur ignorance qui excuse les déclarations de certains grands responsables politiques nationalistes se plaçant dans le sillage d'une gauche bien à tort considérée par eux comme historiquement détentrice de la légitimité du combat social. À moins qu'ils ne soient eux-mêmes véritablement socialistes et de gauche.

    En fait, au-delà des variations circonstancielles, il y a une cohérence très fondée dans ce qui sépare la gauche de la droite véritable, « la droite de conviction ».

    Ce qui sous-tend la doctrine et les applications concrètes de cette droite par rapport à la gauche tient dans sa soumission au réel, dans sa considération réaliste et scientifique de la nature humaine, du respect de la vie, et somme toute, de là sagesse du Décalogue. Aux antipodes de l'orgueil commun à un Marx, à un Nietzsche, à un Jaurès, à un Sartre selon lequel l'homme est « créé créateur ».

    Dans le même ordre d'idées, qu'en est-il du nationalisme aujourd'hui? Est-il la véritable urgence ?

    La nation doit être défendue comme la réalité protectrice et bienfaisante qu'elle doit être, non comme une idole exclusive. Le nationalisme n'a de légitimité que s'il est un patriotisme « en alerte » face aux menaces pesant sur notre patrie, nos valeurs et nos libertés. Il peut être perverti s'il se mue en repliement autarcique ou en déni de ce qui peut et doit encore unir les patries de la vieille Europe.

    La véritable urgence, c'est de retrouver le sens du respect de la vie, de la dignité humaine, de la défense du vrai, du beau, du bien face aux entreprises de dialectisation, de déstructuration, de désintégration de la personne humaine et de la société. Le combat pour la nation n'a de sens que s'il est un combat pour la double bienfaisance si bien exaltée par la philosophe Simone Weil si chère à Gustave Thibon : l'enracinement et l'universel. Autrement dit, le contraire du cosmopolitisme désintégrateur.

    Face à une entreprise mondiale de déni nihiliste de ce qui fait « l'humain », il est évident que les combats de reconquête et de reconstruction ne peuvent qu' avoir une nécessaire dimension de solidarité chrétienne et humaine. Nous ne nous sauverons pas tout seuls.

    Vous êtes l'auteur d'un remarquable Jean Jaurès, le mythe et la réalité. Voilà un personnage qu'une grande partie de la classe politique, droite et gauche confondues, tend à s'approprier aujourd'hui. Où est la méprise ?

    Elle réside principalement dans l'ignorance de la réalité du personnage, de ses idées, de son utopie. Le plus consternant, c'est de lire dans certains hebdomadaires de droite ou dans l'ouvrage d'un jauressophile de droite l'affirmation d'un « Jaurès chrétien » (sic !), sous le prétexte qu'il n'était pas matérialiste comme Marx. D était en effet vaguement spiritualiste, panthéiste, gnostique, kabbaliste, c'est-à-dire tout sauf catholique et même tout sauf chrétien dans une constante volonté haineuse d'éliminer toute trace de dogme chrétien dans la conscience humaine, notamment par l'école. Un Jaurès certes bonhomme à ses heures, mais sur le fond fanatiquement avec Combes et Ferry, et que veulent continuer un Peillon et un Hamon dans le vieux projet de « substitution de religion ».

    Enfin, un Jaurès «prophète», mais c'est vraiment se moquer du monde ! Trois jours avant la déclaration de guerre de l'Allemagne, et la veille de son malheureux assassinat, il prophétisait encore l’anti-militarisme massif des socialistes et syndicalistes de ce pays qui feraient échec à la guerre !

    En fait par essai de récupération politicienne de cet incontestable tribun génial, on ressasse sans cesse à droite quelques inusables citations de début de carrière en faveur du patronat. On évite tout de même d'en faire autant avec ses propos bien plus nombreux, férocement antisémites, de la même époque, dans la plus parfaite continuité de Voltaire, Proudhon, Marx et Engels et, en fait, de toute la gauche au XIXe siècle.

    Vous avez été le premier à dénoncer en ces termes le « génocide français ». Comment espérer le vaincre aujourd'hui ? « Politique d'abord », est-ce toujours la bonne réponse ?

    « Politique d'abord » de Charles Maurras, c'est une direction d'action légitime et compréhensible alors que demeure une société encore debout mais menacée et autour et au sein de laquelle il faut mettre en place des politiques de protection.

    Aujourd'hui, c'est «médecine d'abord » qu'il faut dire, c'est-à-dire d'abord le diagnostic d'un génocide non pas seulement politique mais simultanément spirituel, culturel, intellectuel et moral, et démographique.

    C'est de la réanimation en tous ces domaines qu'il nous faut. Il faudra bien sûr des loismais surtout un esprit nouveau pour des loisnouvelles, l'enjeu est métaphysique : il faut avecChesterton « revenir au surnaturel » pour éliminer ce qui détruit le « naturel ».

    Propos recueillis par Jeanne Smits

    monde&vie juillet 2014

  • Entretien avec Julien Rochedy (video) : « Nous sommes les enfants de Waterloo »

    Le Bréviaire des patriotes a rencontré Julien Rochedy, directeur national du FNJ, avec lequel il revient sur plusieurs points comme la jeunesse, Napoléon, le bonapartisme, la Russie ou encore la politique économique de Marine Le Pen.

  • Entretien avec Emmanuel Ratier à propos de Manuel Valls et du coup d’Etat franco-français…

    Médias-Presse-Info pose quelques questions à Emmanuel Ratier…

  • La crise vue par Antoine de Crémiers

    Le dernier café d'actualité aixois de l'année 2013-2014 a été l'occasion pour son animateur, Antoine de CRÉMIERS, de faire la synthèse des idées débattues dans ce rendez-vous intellectuel incontournable d'Aix-en-Provence

    Mardi 3 juin, sous le thème "1984, C'EST MAINTENANT !", allusion au roman de Georges Orwell, Antoine de CRÉMIERS, qui est également conseiller éditorial de "La Nouvelle Revue Universelle", a expliqué que «la crise», ou ce qu’il est convenu de baptiser ainsi, n’est que le prétexte du renforcement du pouvoir des banques et de la finance et de la disparition du politique.
    L’hallucinant projet «Tafta» (traité de libre-échange transatlantique) nous ferait très clairement basculer dans le meilleur des mondes (immondes).
    Aucune réforme n’est possible ou même simplement envisageable. Le système est clos!

    Si nous ne réfléchissons pas à la manière de changer de système, nous n'arriverons à rien.

     

    Regardez l'enregistrement vidéo de cette réunion. Cela donne à méditer.

     

     

     

    http://www.af-provence.com/article-la-crise-vue-par-antoine-de-cremiers-124039510.html

  • Ce qui gêne le plus ce gouvernement c'est la vérité

    Béatrice Bourges, porte-parole du Printemps Français, déclare au quotidien Présent.

    Extrait :

    "Manuel Valls vous a qualifié de « femme la plus dangereuse de France ». Rappelez-nous dans quel contexte.

    J’ai pris ça pour un compliment. Au début je n’ai pas bien compris. Puis j’ai réalisé que nos actions étaient extrêmement subversives. Le danger c’était la vérité. Rien de plus. J’ai pour moi d’être assez détachée de ce que l’on peut penser de moi. J’ai appris ça. Ce qui m’intéresse c’est la vérité. Et je pense que ce qui gêne le plus ce gouvernement qui nous manipule et qui nous enfume, qui vit dans le mensonge permanent, c’est que quelqu’un arrive et dise : c’est un mensonge et voilà la vérité. L’effet est très subversif. La vérité est subversive. Le Printemps Français est dangereux pour le gouvernement. Il a raison de s’en inquiéter. Il est en train de se passer un truc insaisissable que le gouvernement n’arrive pas à maîtriser.

    Vous avez réussi à redonner le goût de l’action publique à une catégorie de jeunes qui ne descendaient plus dans la rue et que l’on n’avait pas vus manifester depuis des années. Le mouvement n’est-il pas en train de retomber ?

    Le mouvement ne retombe pas mais il se transforme. Ce qui s’est passé l’année dernière est en train de bouleverser complètement la politique française. Les mouvements sociétaux nés l’année dernière ont des conséquences politiques colossales. Ils révolutionnent le paysage politique et les partis politiques ne s’en sont pas encore rendu compte. On va voir ceux qui s’en rendent compte les premiers. Tant sur le fond que sur la forme, c’est tout à fait révolutionnaire pour nous, gens de droite. Sur le fond, les gens sont descendus dans la rue par instinct de survie. Ils se sont dit : la civilisation est en danger. Ils sont descendus en quelque sorte avec leurs tripes et pas avec leur tête. Les gens n’ont pas bougé pour un corporatisme ou pour la défense de droits acquis mais pour défendre des valeurs. Des valeurs de civilisation. Et ça c’est nouveau. Sur la forme, les générations ont renoué ensemble dans un même mouvement. Mai 68 c’était : « on met les vieux au rancart », la Révolution française : « du passé faisons table rase ». Là, on a retrouvé une notion de verticalité entre les générations : grands-parents, parents, enfants, petits-enfants. Véritablement ensemble dans la rue. Et dès qu’il y de la verticalité c’est encore plus solide. Et c’est quelque chose de nouveau aussi. On a renoué entre les générations.

    Croyez-vous encore en une solution démocratique, politique, par les urnes ? Comment renverser la situation sinon ?

    Je ne vais pas dire que je ne crois en aucun parti. Et j’ai la France chevillée au corps. Je me bats vraiment pour mon pays, car je pense qu’on est en train de tuer l‘âme de nos enfants. Mais je pense que les partis actuels doivent se positionner clairement par rapport aux sujets de civilisation. La frontière va se situer là. C’est-à-dire d’un côté le nihilisme : libéralisme, hommes producteurs-consommateurs, mondialisme, etc. Et puis de l’autre côté, l’homme dans sa transcendance. Je pense que c’est ça qui va fonder la politique de demain et qu’actuellement dans les partis politiques, ça ne se dégage pas encore suffisamment. Qu’est ce qui est vraiment important pour demain ? C’est l’homme avec un grand H. Quelle civilisation veut-on transmettre à nos enfants ? Les solutions pratiques, économiques, sociales, sociétales me paraissent découler de la vision que l’on a de l’homme. Et pour moi l’homme est un enfant de Dieu. C’est en temps que tel que je le respecte dans sa liberté et sa responsabilité. Ce sont en réalité des principes très concrets et pas des vues de l’esprit dont on peut décliner alors une politique cohérente. Je pense que nous devons repositionner le combat dans l’espace spirituel."

    Michel Janva

  • Le dollar perdrait-il sa couleur ?

    Le dollar est la monnaie de référence des échanges économiques internationaux. Mais plusieurs événements pourraient amorcer un début de changement de tendance et bouleverser les échanges internationaux. Le poids pris par le yuan en fait partie. Par John Plassard, Directeur adjoint de Mirabaud Securities.
    Pourquoi une telle évolution du dollar ? Quelles sont les implications pour les devises ? Les États-Unis peuvent-ils fermer les yeux sur ce qui est en train de se passer ?
    1. Depuis quand le dollar domine les échanges internationaux ?
    Le dollar américain règne sur les transactions de devises sans interruption depuis la Seconde Guerre Mondiale. La devise américaine s'est imposée comme la première monnaie de réserve et le premier choix des banques centrales après les accords de Bretton Woods de 1944. Les grandes lignes du système financier international seront dorénavant, en majeure partie dessinées en dollar.
    Les réserves de change en dollar détenues par les banques centrales du monde entier représentaient 3800 milliards de dollars au troisième trimestre 2013, soit 61,2% du montant global des réserves allouées.
    Toutefois ces chiffres sont à relativiser très fortement dans la mesure où d'une part la Chine refuse de divulguer la répartition de ses réserves de change, et d'autre part, les réserves non allouées par les banques centrales sont en augmentation (d'où l'absence du poids du yuan dans les statistiques officielles).
    2. Quelles sont les raisons d'une telle dominance ?
    Il y a quatre raisons principales à la prédominance du dollar dans les échanges internationaux.
    La stabilité de l'économie américaine est la première raison d'investir et d'avoir confiance dans le dollar. Les États-Unis ont dernièrement montré que le pays avait les moyens de résister à un choc quelconque (hausse des prix des matières premières ou des biens manufacturés, crise du crédit, catastrophe naturelle, dérapage du commerce extérieur, etc.). La force militaire américaine sans commune mesure est aussi une raison importante.
    Pour aider leurs exportations, les pays asiatiques (notamment) accumulent des dollars pour maintenir leurs propres devises à un taux de change bas (d'une façon générale, les économies asiatiques sont, à l'instar de l'économie japonaise, axées sur les exportations).
    L'omniprésence du dollar dans les coffres mondiaux est aussi le résultat de l'émission surabondante de titres de dette américaine.
    Pour ne pas se retrouver face à un endettement local incontrôlé en dollar comme en 1997 (dévaluation de la monnaie), certains pays (notamment asiatiques) tiennent compte du risque de change en achetant de la devise américaine.
    3. La Chine a-t-elle les moyens de changer la donne ?

    Aujourd'hui, le prix d'environ 25 % des exportations chinoise est indiqué en yuan et est devenu la principale monnaie de règlement dans certaines régions. Si, pendant des années, la Chine a accumulé des dollars et s'est attelée à garder élevée pour ses exportations la valeur du dollar et basse celle du yuan, l'objectif est clairement aujourd'hui que la devise chinoise devienne l'une des principales monnaies de réserve dans le monde d'ici à 2030.
    Tel n'est pas encore le cas, mais plusieurs éléments récents montrent que la tendance est en train de s'inverser.
    La Chine a (discrètement) changé son fusil d'épaule
    La nouvelle a été quasiment entièrement passée sous silence par les médias américains, mais elle devrait faire date. Selon les déclarations de Yi Gang, un député gouverneur à la Banque Centrale « ce n'est plus dans l'intérêt de la Chine d'accumuler des réserves en devises étrangères ». Pour mémoire, au 3ème trimestre 2013, les réserves en devises étrangères ont été estimées à environ 3,66 trillions de dollars. Et, bien sûr, la majeure partie était en dollars américains pour rendre les produits chinois moins chers sur le marché international. Mais à présent, la Chine a annoncé que le temps était venu d'arrêter de faire des réserves en dollars US.
    Suspension des transactions avec l'Afghanistan
    Autre exemple concret en date, la suspension de toutes les transactions en dollars avec les banques commerciales afghanes (au-delà de la volonté de contrecarrer les opérations terroristes de la région dominée par les musulmans de la région du Uighur) montre qu'il n'y a concrètement aucun problème à changer de devise de référence en un temps record avec des partenaires non stratégiques.
    4. La Russie va-t-elle changer de monnaie de référence ?

    La Banque centrale russe, grâce aux recettes pétrolières et gazières du pays, détenait 493,4 milliards de dollars de réserves de change au dernier pointage officiel du 21 février.
    Pour répondre aux sanctions imposées par l'Union Européenne (UE) et les États-Unis après le référendum en Crimée, la Russie est en train de mettre ses menaces à exécution en répondant par ses propres sanctions contre ces mesures économiques.
    Une sortie mystérieuse d'obligations américaines
    Le 12 mars 2014, selon les données publiées par la banque centrale américaine, 104,5 milliards de dollars d'obligations américaines de la Réserve fédérale ont été retirés, suscitant les rumeurs les plus folles d'une sortie ou d'un transfert de la part de la banque centrale russe....
    Appel à vendre ses dollars
    Début mars 2014, le conseiller présidentiel russe, Sergueï Glaziev, a lancé un avertissement laissant peu de place au doute en déclarant que « Nous détenons une quantité décente de bons du Trésor - plus de 200 milliards de dollars - et si les États-Unis osent geler les comptes des entreprises et des citoyens russes, nous ne pourrons plus considérer l'Amérique comme un partenaire fiable», ajoutant que « nous allons encourager tout le monde à vendre les obligations du Trésor américain, se débarrasser de dollars comme monnaie fiable et quitter le marché américain. »
    Les menaces ont été mises à exécution puisque le pays a été un vendeur net pour une somme combinée de 11,3 milliards de dollars de T-bonds au cours des mois de février et de mars 2014.
    Le méga contrat gazier réglé en... yuan ?
    L'on se souvient que la Chine et la Russie ont conclu mi-mai à Shanghai un méga-contrat d'approvisionnement gazier, fruit d'une décennie de négociations. Selon les termes du contrat, la Russie fournira Pékin en gaz à partir de 2018, et le volume livré à la Chine augmentera progressivement "pour atteindre à terme 38 milliards de mètres cube par an". Si cet accord confirme l'amélioration des relations sino-russe, il pourrait aussi confirmer la volonté de la Russie de réduire sa dépendance aux dollars. En ce sens, le contrat devrait être libellé soit en Roubles, en Renminbi ou en or. Des couvertures de change pourraient ne pas être exclues et certainement pas annoncées.
    Changer de système de paiement pour être moins dépendant
    Mi-mars 2014, les deux géants des paiements, Visa et MasterCard, ont arrêté sans préavis de fournir leurs services de paiement aux clients de plusieurs banques russes après l'annonce de sanctions par Washington pour condamner « l'annexion » de la Crimée par Moscou.
    La banque Rossia, visée par les sanctions américaines, avait annoncé le 21 mars 2014 que Visa et Mastercard avaient "sans préavis arrêté de fournir leurs services de paiement aux clients de la banque". Sa filiale à 100%, Sobinbank, était aussi touchée car contrôlée par les frères Arkadi et Boris Rotenberg, dont les noms avaient été ajoutés à la liste des personnes visées par les sanctions.
    Concrètement, les clients ne pouvaient plus retirer d'argent avec leurs cartes que dans les distributeurs, et ne pouvaient plus effectuer d'achats avec leurs cartes.
    La Russie aurait donc aussi dans l'idée de créer son propre système de paiement pour réduire sa dépendance à certains groupes occidentaux tels que Visa et/ou Mastercard.
    Ce nouvel épisode pourrait donc être une énième preuve de la volonté de la Russie de réduire sa dépendance au dollar.
    Finalement, la Russie a produit en mai 2014 un document décrivant une stratégie de retrait du dollar à adopter dans un contexte de coopération des Brics.
    5. Comment les devises évolueraient-elles en cas de retrait progressif des réserves en dollar ?
    En théorie, s'il devait y avoir un retrait massif de dollars de la part des investisseurs internationaux, la monnaie américaine devrait logiquement repartir à la baisse face à un panier de valeurs dont l'euro et le Yuan.
    L'évolution des devises va aussi dépendre de la convertibilité du yuan. Fantasme pour certain, elle pourrait être totalement effective en 2020 et traduire la volonté, non dissimulée, du gouvernement chinois de libéraliser les marchés. Rappelons ici que la devise chinoise est actuellement totalement convertible dans les comptes courants, mais que Pékin conserve un contrôle étroit sur les comptes de capitaux.
    Ceci aurait pour effet de raffermir le yuan et confirmerait donc la tendance amorcée par un retrait progressif des investissements en dollar.
    Si cette tendance devait s'accélérer, la Chine devrait faire un choix : conserver ses obligations américaines pendant que le dollar s'affaiblit, ou se joindre au mouvement.
    6. Quelles sont les dernières tendances ?
    Le 10 juin 2014, le fonds souverain de l'Azerbaïdjan est entré en négociations avec les autorités régulatrices chinoises en vue d'investir 1,8 milliard de dollars en yuans d'ici à la fin de l'année. Ceci représenterait l'un des plus importants achats de devise chinoise.
    Le directeur général du fonds souverain a notamment déclaré qu' « il s'agit d'une monnaie qui prend de l'importance, donc pourquoi ne pas investir dans le renminbi ? Nous sommes en train de finaliser les préparatifs nécessaires ».
    7. Est-ce la fin du dollar ?
    Pour les paiements internationaux, le dollar demeurera ces prochaines années la principales devise utilisée, mais le yuan devrait, en toute logique prendre de plus en plus d'importance. Pékin ne cache d'ailleurs plus son intention de voir sa monnaie occuper un rôle croissant à l'international, à mesure que les réformes pour libéraliser les transactions financières dans le pays sont entreprises.
    La tendance commence déjà clairement à se dessiner. Selon le FMI, certaines banques centrales - dont celles du Nigeria, du Chili, de la Corée du Sud, mais aussi du Japon - ont d'ores et déjà des yuans dans leurs coffres, ce qui témoigne de l'importance des relations économiques et commerciales de ces pays avec Pékin.
    À cela on peut aussi ajouter que l'Afrique (15% des transactions effectuées entre la Chine et l'Afrique pourraient être libellées en yuans dans les trois prochaines années), l'Iran, l'Irak, l'Inde, et bientôt les Saoudiens (la plus grande source étrangère de pétrole brut pour la Chine) se tournent aussi de plus en plus vers d'autres monnaies....
    De là à dire que l'on parlera bientôt de pétroyuan, il y a quand-même un grand pas à faire....

    John Plassard La Tribune :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EupFlVEFAyEdxVVAwJ.shtml

  • Stéphane Blanchonnet : « Ce que la République a de bon lui vient de la monarchie »

    Le Bréviaire des patriotes a soumis ses questions à Stéphane Blanchonnet, président du Comité directeur de l’Action Française.

    Le Bréviaire des patriotes : Êtes-vous devenu monarchiste à la manière de Charles Maurras, par réflexion objective ? 

    Stéphane Blanchonnet : Oui, il n’y a pas de tradition monarchiste dans ma famille. Je suis issu d’un milieu de gauche, mais de gauche patriote toutefois. C’est en m’intéressant à l’histoire de France et en prenant conscience de cette évidence que la France a été faite par ses rois que mon patriotisme originel et spontané a pris (assez tôt d’ailleurs puisque j’ai adhéré à l’AF à 18 ans) une forme monarchique.

    L’Action française s’est beaucoup manifestée durant la contestation du « mariage » pour tous. Connaît-elle aujourd’hui un renouveau ? 

    L’AF est un vieux mouvement puisqu’elle a été fondée en 1899 mais elle n’a jamais cessé de connaître des renouveaux : la génération de 1910, celle du Cercle Proudhon et de Bernanos, a prolongé l’action des fondateurs ; celle des années 30, avec un Thierry Maulnier par exemple, a exploré de nouvelles voies ; après la Seconde guerre mondiale un Pierre Boutang a aussi beaucoup fait pour l’actualisation du maurrassisme ; enfin, plus près de nous, dans les années 80 et 90, ce qu’on a appelé la « Génération Maurras » a remis le militantisme d’AF au cœur des universités. Aujourd’hui le mouvement se porte bien, en effet, et recrute beaucoup de jeunes gens à Paris comme en province. Le succès de nos derniers camps d’été (CMRDS) en témoigne. [...]

    La suite sur Le Bréviaire des Patriotes

  • France : Les scénarios de la catastrophe

    La France est-elle une cocotte-minute sur le point d’exploser. C’est ce que pense l’essayiste Serge Federbusch. Dans Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, il décrit les trois scénarios de notre avenir proche. Deux sont catastrophiques. Le pire, c’est que c’est crédible !

    En quoi la France de 2014 vous paraît présenter des analogies avec les cas d’effondrement par désagrégation interne que la France a connus ?

    Les analogies sont nombreuses. Le déficit et la dette publics représentent à peu près les mêmes masses financières, par rapport à la richesse du pays, qu’en 1788. La crise budgétaire est ouverte et rien ne semble pouvoir l’enrayer. Le gouvernement a perdu sa souveraineté, son autonomie, en matière de politique monétaire et financière.

    En 1788, on subissait encore la conséquence de la banqueroute de Law, près de 70 ans plus tôt. Calonne, qui s’était essayé à manipuler le titrage en or des louis et ducats, avait été accusé de fraude, presque de crime contre le bien public. De nos jours, l’État est dépendant des décisions de Bruxelles et de la Banque centrale européenne.

    Hier comme aujourd’hui, la perte de crédit et de prestige du souverain et de son gouvernement sont considérables. L’affaire du collier de la reine avait beaucoup miné l’autorité royale. Quantité de libellistes écrivaient sous le manteau des textes d’une hostilité farouche au roi et à la reine. De même, aujourd’hui, nombre de blogueurs critiquent le pouvoir.

    Les journalistes ne sont plus ni écoutés ni respectés, mais au contraire pris à partie. La frustration générale de l’opinion, la montée du chômage, la stagnation du pouvoir d’achat par habitant depuis bientôt dix ans se constatent aux deux époques. Comme en 1788, le pouvoir n’est plus obéi ni respecté.

    La paralysie de l’État s’aggrave de mois en mois. Il n’est même plus capable de régler une question aussi secondaire que celle des portiques écotaxe. Le système centralisé, clientéliste et corporatiste a vécu, en 2014 comme en 1788. Reste à savoir d’où viendra l’étincelle. Je pense que ce sera la crise de l’euro ou une dissolution ratée, ou encore les deux à la fois, qui rendront le pays ingouvernable.

    La France, écrivez-vous, a «cherché à tirer parti des avantages de la 3e révolution industrielle (…) sans en payer le prix»: en quoi ?

    Depuis plus de trente ans, les Français sont atteints de schizophrénie. Comme consommateurs, ils bénéficient de la baisse du prix de nombreux biens et services grâce à ce qu’on nomme «mondialisation». Comme producteurs, nombre d’entre eux ont vu leurs emplois disparaître ou leurs salaires stagner du fait de la concurrence internationale.

    Jusqu’à présent, la France a plus ou moins réussi à avoir le beurre et l’argent du beurre. Le développement de l’emploi public et de la dette a permis à une large majorité de la population de bénéficier de cette situation davantage qu’elle n’en souffrait. Mais aujourd’hui, il faudrait commencer à rembourser.

    Et le système ne tient que parce que les prêteurs pensent que, derrière la France, il y a la discipline germanique qui nous protège. Mais c’est un baril de poudre près d’un brasier.

    Vous n’êtes pas tendre pour la haute fonction publique, vous qui avez fait l’Ena…

    La France souffre d’une boursouflure du système politico-administratif français dans ses rapports avec les corporations. Le noyau du système dirigeant est une sorte de duopole qui comprend élus à vie et hauts fonctionnaires.

    Ils s’appuient sur une administration dilatée et gouvernent par des accords avec les corporations et les cadres des grandes entreprises. Mais les dirigeants de ces deux dernières sont plus solidement installés que les politiciens, ce qui finit par fragiliser l’État. On retrouve ici un trait commun à tous les régimes français depuis plus de deux siècles: il est difficile de concilier gouvernement centralisé, régime économique libéral et parlementarisme de circonscriptions.

    S’y substitue donc un dialogue direct entre pouvoir exécutif et corporations qui finit par être paralysant car il n’existe pas d’arbitre légitime à leurs inévitables désaccords. C’est ce qui explique, au fond, les déboires actuels de Hollande qui affronte le stade terminal de cette évolution délétère.

    Bruxelles : bouc émissaire de nos difficultés ou vrai coupable ?

    Les deux, forcément! L’État s’est servi du prétexte européen pour tenter de résister à certaines pressions corporatistes et a trouvé des subventions allemandes repeintes aux couleurs de l’Europe pour faciliter les délicates mutations du monde rural français. Par la suite, le marché financier européen a permis d’obtenir des financements plus abondants et de s’endetter à moindre coût.

    Mais le prix à payer était la monnaie unique. Sinon les marchés auraient continué à attaquer le franc, la peseta et le lire en faisant monter le mark. Aujourd’hui, l’euro agit comme un nœud coulant autour de l’économie française. Toute réforme de structure «vertueuse» est rendue vaine par la montée du taux de change de l’euro qu’elle entraîne. En effet, les marchés en espèrent un redressement budgétaire dans la zone euro, qui contraste avec la situation américaine, anglaise ou japonaise.

    Nous sommes entrés dans l‘euro avec un taux de change du franc surévalué. Les Allemands, qui d’ailleurs jouent des délocalisations en Europe de l’Est pour améliorer leur compétitivité, ont pu dès le départ accroître la productivité de leur industrie. Depuis plus de dix ans, ils progressent surtout aux dépens des économies sud européennes, notamment celle de la France. Cette situation est perverse et sans issue.

    Vous imaginez trois scénarios pour l’avenir proche. Le premier: Hollande est un nouveau Louis XVI. Que pourrait-il se passer ?

    C’est un scénario tout à fait plausible. Face à l’échec quasi assuré des mesures de redressement budgétaire, entre autre en raison de la persistance d’un euro surévalué qui déprime l’activité, Hollande, tôt ou tard, sera sommé de mettre en œuvre de vraies mesures d’austérité. Il ne le voudra ni ne le pourra car un nombre croissant de députés socialistes préfèreront «tomber à gauche», comme on disait sous la Quatrième République. Du reste, Hollande se dira que sa seule chance d’être réélu est une cohabitation.

    Comme le niveau atteint par le Front national conduira à de nombreuses triangulaires, la victoire de l’UMP sera étriquée. Si la droite est maligne d’ailleurs, elle refusera de constituer un gouvernement tant qu’Hollande n’aura pas démissionné. Bref, on sera en pleine crise de régime avec un budget en capilotade. Rien ne s’opposera plus à une remontée des taux d’intérêt et une spirale de troubles politiques, économiques et sociaux. Les prétextes à une explosion ne manqueront pas: regardez déjà du côté de la SNCF, des banlieues ou des intermittents.

    Rêvons un peu: un de Gaulle se présente. Quelle feuille de route lui donnez-vous ?

    Terminer ce qui a été commencé en 1958 et 1962 avec les moyens nouveaux dont dispose la démocratie. S’appuyer sur un recours régulier au référendum, diminuer drastiquement le nombre d’élus et surtout empêcher que quelqu’un vive toute sa vie de politique. Réformer la chose publique pour réduire le poids de l’État, libéraliser au maximum le fonctionnement de l’économie et, dans l’immédiat, taper du poing sur la table pour que l’euro se déprécie d’au moins 40 % faute de quoi tout ceci ne sera pas possible.

    Si nos partenaires refusent, il faudra quitter l’euro, quelle qu’en soit la difficulté. C’est une question de survie. Ou alors, préparez-vous à la guerre civile: je ne pense pas que Marine Le Pensoit en mesure de faire face à cette situation avec un programme inspiré de celui du parti communiste des années 1970 et alors qu’une part très importante de la population est prête à l’affronter durement.

    Le scénario catastrophe: un régime autoritaire, fût-il éclairé, à savoir un nouveau Napoléon III. En quoi cette hypothèse n’est pas à exclure ?

    La nature politique a horreur du vide. Il faut bien que la société fonctionne et les esprits me semblent d’ailleurs, aujourd’hui, étrangement en attente d’une reprise en main ferme par le pouvoir. Ce n’est pas étranger au succès qu’avait connu Sarkozy en 2007. La France est restée frustrée de ce candidat dont le mandat semble avoir bifurqué, un quart d’heure et cinquante mètres de marche après son élection, d’une procession gaullienne sur les Champs Élysées à un pot entre amis au Fouquet’s.

    Le figaro

    http://fortune.fdesouche.com/345555-france-les-scenarios-de-la-catastrophe-2#more-345555

  • L’aveuglement des Occidentaux n’est pas seulement ridicule et regrettable, il devient dangereux – par Emmanuel Todd

    L’affaiblissement de la puissance américaine, le délitement de l’Union européenne et le retour de la Russie sur la scène internationale redessinent la géopolitique du monde. Un nouveau paradigme dans lequel la France peine à trouver sa place. 

    Atlantico : Après avoir un temps cru à l’émergence d’une démocratie modèle en Ukraine, les chancelleries européennes et américaines semblent avoir été prises de court par la diplomatie de Moscou et les mouvements dans l’Est du pays. En quoi l’engagement de l’Occident a-t-il pu reposer sur un malentendu ?

    Emmanuel Todd : Lorsque je repense à cette crise, je m’étonne de voir qu’elle ne s’inscrit pas dans la logique qui était en train de se dessiner en Europe jusqu’ici. Le début du XXIe siècle avait été marqué par un rapprochement des “Européens” et des Russes, avec l’établissement de positions communes assez fortes dans des moments de crise. On se souvient de la conférence de Troyes en 2003, où Chirac, Poutine et Schroeder avaient manifesté ensemble leurs refus de l’intervention américaine en Irak. Cet événement laissait l’impression d’un Vieux Continent évoluant globalement vers la paix tandis que l’Amérique de Georges W.

    Bush, fidèle à la ligne Brzezinski, restait dans un esprit de confrontation à l’égard de Moscou en s’appuyant sur d’anciens satellites soviétiques, avec les Pays baltes et la Pologne comme partenaires anti-russes privilégiés. [...]

    La suite sur Les Crises

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?L-aveuglement-des-Occidentaux-n