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international - Page 1462

  • Depardieu est devenu russe : pas fous ces gaulois

    RiaNovosti livre une tribune libre signée de Alexandra Latsa, journaliste français qui vit en Russie et anime le site DISSONANCE, destiné à donner un « autre regard sur la Russie ». Polémia publie de temps à autre certains de ses articles. L’affaire Depardieu, dont les médias français se sont fait des gorges chaudes, ne lui a évidemment pas échappé, ce qui lui donne l’occasion de remettre quelques pendules à l’heure.
    Cet épisode de la société médiatique française est tellement burlesque que nous prenons la liberté de faire suivre cette tribune d’une mazarinade reçue d’un correspondant qui, lui aussi, traite cette affaire avec beaucoup d’humour.
    Polémia

    Le 3 janvier 2013 est apparu un texte assez surprenant sur le site du Kremlin, annonçant que le président Poutine attribuait la nationalité russe à l’acteur français Gérard Depardieu.
    Ce décret présidentiel vient après une polémique entre l’acteur et les autorités françaises suite à l’adoption d’un projet de loi pour taxer à hauteur de 75% les très hauts revenus dans l’Hexagone.
    L’acteur avait alors fermement critiqué ce projet de loi, avant de choisir d’émigrer en Belgique, puis de rendre son passeport pour avoir vu son acte qualifié de « minable » par le premier ministre français Jean-Marc Ayrault. L’affaire a rebondi lorsque les autorités russes ont invité l’acteur à s’installer dans le pays, en lui promettant que le régime d’imposition de 13% ne serait pas modifié. Dernier rebondissement de cette affaire donc : l’attribution souveraine par le président de la nationalité russe à l’acteur. Celui-ci a ensuite écrit une incroyable lettre d’amour au peuple russe et à son président, affirmant également « qu’en Russie il faisait bon vivre ». Le 5 janvier au soir, l’acteur russe a donc reçu son nouveau passeport à Sochi et dès le lendemain il s’est vu proposer un poste de ministre de la culture d’une région du centre de la Russie européenne, qu’il a humblement refusé.

    Le mainstream médiatique français s’est évidement déchaîné de façon compulsive dans les jours qui ont suivi cette déclaration positive sur le président russe. Pour Rue89 Obélix serait désormais l’ami des Tyrans, pendant que chez Médiapart on se félicite du départ d’Obélix et « qu’un citoyen français qui affirmait que la Russie était une grande démocratie n’allait pas nous manquer ». Pour le Nouvel Obs, être naturalisé par le peu recommandable maître du Kremlin prouverait que le premier ministre français a raison et que « Depardieu serait donc bien un minable » (sic) ou encore que la véritable patrie d’Obélix « serait surtout son compte en banque » et enfin que cette faveur d’un quasi-dictateur (sic) « rendait l’acteur indéfendable ». Certains donneurs de leçons et autres moralistes autoproclamés ont même estimé nécessaire de rappeler à l’acteur que, non, la Russie n’était pas une démocratie, on aimerait cependant les entendre avec autant de ferveur sur la situation en Arabie Saoudite, en Corée du Nord ou au Zimbabwe… Enfin pour le Figaro l’acteur aurait de « sulfureuses relations » en Eurasie, puisqu’il a fait l’éloge du président de la République de Tchétchénie Ramzan Kadyrov et est aussi proche de la famille présidentielle ouzbèke. Le Figaro rappelle cependant que l'acteur fait aussi de la « publicité pour des banques d'oligarques kazakhs ou encore la compagnie aérienne arménienne Armavia, et promeut également la cuisine azerbaïdjanaise ».

    On aurait souhaité que le mainstream médiatique français rappelle qu’Obélix n’est cependant pas encore grand prince d’Eurasie mais plutôt que ses liens avec l’ex-espace soviétique sont anciens et réels. Celui-ci a, par exemple, acheté l’année dernière des vignobles en Crimée, fait des dons à des hôpitaux de Saint-Pétersbourg en 2011, a tourné dans la série « Raspoutine » et est surtout très populaire en Russie, notamment par sa présence régulière lors de galas et événements mondains en Russie. Il a même été membre du jury du Festival du film de Moscou.

    On s’étonne, du reste, de l’émoi que suscite chez certains journalistes le départ de Gérard Depardieu de France, lui qui ne fait que suivre la route de la très grande majorité des fortunes et célébrités françaises : Yannick Noah, Johnny Halliday, Florent Pagny, Alain Delon, Paul Loup Sulitzer, Marion Bartoli, Richard Gasquet, Gilles Simon, Jo-Wilfried Tsonga, Sébastien Loeb, Amélie Mauresmo ou encore les familles Meunier (Carrefour), Castel (Nicolas, Vichy Célestins), Weirtheimer (Chanel), Mulliez (Auchan et Décathlon), Bernard Arnault ou encore de Christian Clavier exilé à Londres. La liste n’est pas exhaustive.

    En outre, beaucoup de Français ne savent pas que nombre de stars françaises séjournent régulièrement en Russie, que ce soit Alain Delon, Patricia Kaas, Pierre Richard, Mireille Matthieu ou Lara Fabian, preuve s’il en est que le pays leur sied un minimum et que la culture française a un public fidèle en Russie. Quant aux proches de Masha Méril, ils ont eux tout simplement accepté les passeports russes offerts par les autorités russes. Mais on pourrait aussi se demander pourquoi aucun journaliste n’a jugé utile de répondre aux propos de David Cameron qui, il y a 6 mois, incitait ouvertement et publiquement les Français et les entreprises françaises à venir s’exiler fiscalement en Angleterre en affirmant simplement que : « Nous déroulerons le tapis rouge pour souhaiter la bienvenue aux entreprises françaises qui paieront maintenant des taxes en Grande-Bretagne et financeront nos services publics et nos écoles ». Mais évidemment, la Belgique et l’Angleterre ne sont pas la Russie, et dire du bien de Poutine et de la Russie est un sacrilège moral qui déclenche systématiquement la fureur des médias, ce sans aucune logique ni aucun discernement.

    En Russie, quelques rares voix dissidentes se sont aussi élevées contre cette décision du Tsar Poutine, preuve s’il en est que chacun peut s’y exprimer. C’est le cas par exemple du très rebelle Edouard Limonov qui s’est félicité de cette naturalisation par son pire ennemi en espérant qu’Obélix l’accompagne tous les 31 du mois aux manifestations contre le Kremlin, un vœu dont on peut imaginer qu’il restera pieux. Mais Edouard Limonov, qui a été naturalisé français lors de la cohabitation de 1987, sait sans doute mieux que quiconque de quoi il parle, lui qui vient également justement de rendre son passeport français pour pouvoir se présenter aux dernières élections en Russie. Quant au journaliste Matvei Ganapolski, il affirme, sur la radio d'opposition Echo Moskvy, « qu’on n'oubliera et on ne lui pardonnera jamais cette phrase : c'est une grande démocratie ».

    D’ailleurs, pour bien se rendre compte du ridicule des attaques contre Obélix, il est maintenant reproché à l’acteur de vouloir acheter une maison dans le sud de Moscou sous prétexte que le district hébergerait un hôpital psychiatrique ou encore d’avoir accepté une maison en Mordovie sous prétexte que le territoire hébergerait une colonie pénitentiaire. La région russe est même qualifiée de « « Pétaouchnok" russe, l’auteur de cette brillante analyse ayant visiblement oublié de mentionner que cette simple région est, à elle seule, presque de la taille de la Belgique. Gérard Depardieu est même désormais accusé d’être un agent du KGB, on se demande où cela va encore pouvoir aller. Mais pour certains analystes, c’est aussi son rejet de la ville et son attrait pour la Russie profonde (la Mordovie et les bouleaux) qui lui vaut la haine de beaucoup de commentateurs qui s’intéressent d’habitude plus à la Russie manifestante, urbaine et occidentalisée qu’à la Russie des campagnes et des traditions.

    Cette affaire donne cependant à réfléchir et pas seulement sur l’agression médiatique médiocre qui vise le plus célèbre Gaulois tout autant qu’une décision souveraine et légale du président démocratiquement élu du plus grand pays du monde. Les questions à se poser concernent à mon avis plutôt le village gaulois duquel Obélix lui-même a fini par partir. La triste vérité est que la France est devenue un pays fiscalement étouffant, et aussi un pays à l’économie ralentie avec plus de 9 millions de personnes ne travaillant pas à temps plein, soit 30% de la population active, et que Depardieu ne fait que rejoindre les quelques millions de Français déjà présents à l’étranger. Celui-ci n’est sans doute pas du reste parti pour des raisons uniquement fiscales, mais aussi pour fuir un climat politique et moral simplement détestable, et ne parlons pas du climat médiatique.

    Mais quoi d’étonnant, finalement, à cela puisque nos élites poussent depuis des décennies à la création d’une Europe sans frontières, dans laquelle chacun est libre de s’installer et vivre où il veut ? On ne peut du reste que s’étonner des discours à consonances patriotiques accompagnant les critiques du départ de Depardieu, alors même que la notion de patrie est vilipendée en France au moins autant que celle de frontière. Certains hommes politiques français ont du reste dans cette affaire pu montrer leur vrai visage. Daniel Cohn-Bendit a carrément traité notre Obélix national de « crétin fini » pendant que Jean-Christophe Cambadélis lui rappelait avec humour (?) que « Depardieu voulait déjà devenir belge. Donc je me suis dit que Poutine n'était pas la Grande Catherine et que Depardieu n'était pas Diderot ou Voltaire ». Plus récemment, d’ailleurs, c’est Brigitte Bardot qui pour d’autres raisons vient de menacer de demander elle aussi la nationalité russe et de quitter la France à jamais. Le ministre de l’économie Benoît Hamon a déclaré en plaisantant qu’elle « pourra demander Gérard Depardieu en mariage, ce sera formidable ! », ce qui lui a valu en retour d’être traité « d’imbécile écolo » par la célèbre actrice. De nombreux autres élus se sont, eux, lâchés sur Twitter comme on dit, je laisse les lecteurs seuls juges.

    On se demande ce que la planète doit penser d’un tel niveau d’échanges entre les politiques et les artistes français. Une chose est certaine : les Français n’aiment pas qu’on insulte leurs artistes et le gouvernement français va sans doute payer très cher cette affaire. Notre gouvernement aurait du reste sans doute préféré que ce projet de loi sur la fiscalité ne devienne pas un sujet de conversation planétaire, faisant par ricochet de la France le pays le plus impopulaire chez les riches de ce monde. La question que tout le monde se pose est désormais de savoir si l’on va assister à un exil de riches (et de moins riches) Gaulois vers la Russie de Poutine.

    L’Hexagone n’a du reste pas vraiment de quoi se réjouir, ayant perdu Depardieu et risquant de perdre Brigitte Bardot, la patrie de Voltaire n’a en retour l’année dernière hérité que des FEMEN, pendant que certains leaders écologistes français souhaitent tout simplement que les Pussy Riots soient naturalisées françaises et même élevées au rang de citoyennes d’honneur de la ville de Paris. Pour les lecteurs qui ne savent pas de qui on parle, je leur conseille de lire ceci : un son de cloche par ailleurs absolument identique à celui de nos syndicalistes nationaux, notamment le leader de FO Jean-Claude Maillard qui a déclaré « Je trouve cela triste de dire, comme il l'a dit, que la Russie est une grande démocratie. Je préfère Pussy Riot à Gérard Depardieu dans le cas présent ». Préférer les Pussy Riot à l’un des plus grands acteurs français est une pirouette mentale dont de toute évidence seuls certains membres de la gauche plurielle française ont le secret, sans doute tout comme Panoramix seul a la formule de la potion magique.

    Depardieu et Bardot contre les Femen et Pussy Riot ? On peut se demander si la République y gagne au change ou si, par Toutatis, le ciel n’est pas simplement tombé sur la tête de certains journalistes, politiques et syndicalistes. Comme le relève très bien Jacques Sapir (ici et là) : « La réalité russe s’avère, une fois de plus, bien différente des apparences. L’affaire Depardieu, en réactivant les fantasmes de toute nature ainsi que le fond antirusse d’une partie de la presse française, ne contribue pas à un examen objectif de cette réalité. »

    Alexandre Latsa Correspondance Polémia – 13/01/2013
    RiaNovosti
    9/01/2013

    Lettre de Gégé à Ayrault
    Monsieur,
    Vous êtes prof et bourge et je suis un titi,
    Vous êtes un Nantais et je suis un nanti !
    N’êtes-vous pas heureux en tant qu’homme de gauche
    Qu’un titi puisse avoir quelque argent dans sa poche ?
    De plus je l’ai gagné en toute honnêteté
    Sans voler, sans frauder ni même spéculer.
    J’ai reçu de par Dieu le talent de séduire
    Et suis dès lors vendeur d’émotion et de rire,
    Ce dont vous ne pouvez qu’assez peu vous vanter :
    Car lorsque je vous vois paraître à la télé
    Jean ai Marc d’un Ayrault fatigué et sinistre
    Dont on m’a assuré qu’il est 1er ministre !
    J’aime l’amour, la vie et le jus de la treille,
    Mon casier n’est en plus chargé que de bouteilles…
    J’ai donc sans coup férir du jour au lendemain
    Fait ma niche fiscale en mon nid de Néchain.
    J’aime mieux exporter les kilos que je pèse
    Que de risquer en France une mauvaise Grèce !
    Votre sécurité qu’on appelle sociale
    Ne soigne pas encore les hernies fiscales,
    Je vais donc me soigner, disons à moindres frais,
    En buvant du pot belge au lieu d’impôts français.
    Je reviendrai en France un beau jour, quand le fisc
    Ne me dira plus simplement : je confisque
    Mais qu’il respectera le travail que j’ai fait
    Pour concourir un peu au bonheur des Français.
    Pour n’être point taxé… d’être un inter – « minable »
    J’arrête ici les frais, car ils sont impayables !
    Gérard Depardieu

  • De la sidération à la récupération : Le cas Bétancourt (2008)

    LE 14 JUILLET, verra-t-on sur la même tribune Ingrid Betancourt, l'otage la plus célèbre de ce début de millénaire, et le président syrien al-Assad, dont le père également président fut largement responsable, outre de l'attentat contre le Drakkar où furent massacrés 53 paras français, de l'enlèvement puis de l'interminable détention de nos otages du Liban dont l'un, Michel Seurat, y perdit la vie ? Ce ne serait que l'une des multiples incohérences, l'un des nombreux paradoxes dont cette affaire - au si heureux dénouement - est tellement riche, ainsi que de mystères.
    Il était entendu, y compris à l'Elysée, que la libération de Mme Betancourt, ex-épouse Delloye remariée au señor Lecompte, élue de gauche au Sénat colombien mais française par mariage (dissous), ne pourrait être acquise que grâce aux bons offices du président vénézuélien et national-bolchevique Hugo Chavez, seul à même de négocier avec les guérilleros des Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC) dont Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs salué le 5 décembre dernier le leader historique, « Monsieur Marulanda »... Dans le même temps où lui-même et Kouchner flétrissaient l'intransigeance du président Uribe vis-à-vis des rebelles marxistes - et mafieux. Mais "Ingrid" a été rendue à la liberté par un commando de l'armée nationale colombienne, si contestée par nos "élites" - y compris la famille Betancourt - lors d'une opération longuement pensée et rondement menée, « sans une égratignure ». À la grande joie de l'ancienne prisonnière saluant « Dieu, le président Uribe et nos soldats » d'un même souffle.
    Il était également entendu qu"'lngrid" était in articulo mortis et que toute semaine supplémentaire dans la jungle lui serait fatale. Mais, comme avant elle Florence Aubenas, journaliste à Libération et otage en Irak, la Colombienne est apparue dans une éblouissante forme physique et intellectuelle, restant debout des heures durant et s'exprimant longuement et avec une fluidité parfaite en français, langue qu'elle n'avait pas utilisée depuis six ans. Les examens pratiqués le 5 juillet au Val-de-Grâce ont d'ailleurs prouvé qu'elle se portait comme un charme. La photo diffusée fin novembre par ses geôliers et qui la montrait subclaquante était-elle un montage ou sa délivrance serait-elle survenue à une date antérieure, et dans des conditions bien différentes de la version officielle, de telle sorte que l'otage aurait eu le temps de se requinquer... et d'être débriefée par ses libérateurs ?
    Mais, justement, quelles ont été les conditions de cette libération miraculeuse ? Citant une « source proche des événements », la Radio Suisse Romande affirmait le 4 juillet que des dirigeants des FARC - en pleine crise après la mort de « Monsieur Marulanda » et les offensives colombiennes auraient touché 20 millions de dollars pour l'élargissement de quinze otages, dont trois agents du FBI bizarrement évaporés aussitôt que libérés et Ingrid Betancourt, et que l'opération de l'armée n'aurait été qu'une « mise en scène », Certes fort opportune alors qu'Alvaro Uribe, dont certains parents sont inquiétés par la justice, voudrait procéder à des élections anticipées. Mais d'où serait venu l'argent ? La France, dont « les caisses sont vides », démentait aussitôt avoir versé la moindre rançon. Il est possible que Washington, dont des agents auraient pris part à l'opération (de même que des conseillers israéliens) ait craché au bassinet et, de toute manière, Bogota - qui rejette les accusations helvétiques, émanant d'un "humanitaire" lié aux FARC n'a jamais caché utiliser une cassette pour le "retournement" des guérilleros. Reste l'étrange déclaration de l'ex-otage affirmant le même jour : « Je dois ma vie à ma douce France. Si la France n'avait pas lutté pour moi, je ne serais pas en train de faire ce voyage extraordinaire. » Faisait-elle allusion à la très imprudente proposition de l'Elysée d'accorder l'asile politique aux chefs des FARC dont la Colombie veut se débarrasser au plus vite ?
    Quant au « voyage extraordinaire », c'est celui qui la conduisait à Paris à bord de l'Airbus présidentiel dans lequel avaient été dépêchés la veille à Bogota les jeunes Mélanie et Lorenzo Delloye-Bettencourt et bien sûr le ministre Kouchner, aussi fier et épanoui que s'il avait lui-même bravé les périls de la selva pour délivrer "Ingrid". Un gaspillage de kérosène qui n'a pas semblé gêner celle qui s'était présentée en 2002 à la présidentielle colombienne sous les couleurs du parti Oxygène Vert - et était alors créditée d'un maigre 1 % des voix. Il est vrai que, malgré les épreuves subies, elle « ne regrette pas » davantage la folle imprudence qui l'avait fait s'aventurer alors dans une région contrôlée par les FARC bien que l'armée eût tout mis en œuvre pour l'en dissuader. « Si c'était à refaire, je le referais », confiait-elle le 3 juillet sur France 2.
    CELA suffit-il à faire une "héroïne" de cette aristocrate cosmopolite qui, par son assurance, sa classe et sa détermination, rappelle étrangement une autre « fille de », Indira Gandhi dont elle pourrait connaître désormais le fabuleux destin ? Dès à présent, ses plus frénétiques sectateurs n'hésitent pas en tout cas à la qualifier de « Jeanne d'Arc » et à exiger que lui soit décerné le prochain Nobel de la Paix.
    Pendant six ans, nous avons assisté en direct à une prodigieuse opération de sidération destinée à nous convaincre de la sainteté de cette nouvelle madone des descamisados et de l'obligation de tout faire pour la délivrer. Pas seulement à Paris mais jusqu'au fin fond des provinces, ses portraits encombraient le fronton des mairies, droite et gauche se disputaient la propriété de cette version "française" du Che Guevara, dont les media répercutaient le plus léger soupir, eux qui n'avaient jamais accordé le moindre intérêt aux milliers de nos compatriotes enlevés en Algérie à l'été 1962. Femmes et adolescentes comprises telle Denise Chasteau, 15 ans, à tout jamais disparue - en même temps que son frère Alain (16 ans) et que son père Roger (48 ans), pourtant haut fonctionnaire de la République.
    L'entreprise de sidération se poursuit afin que nul ne pose une question gênante, ne s'interroge sur une zone d'ombre, mais elle se double aujourd'hui d'une non moins spectaculaire entreprise de récupération. Déjà plébiscité par 82 % des Colombiens à la veille de l'opération salvatrice, Alvaro Uribe compte bien capitaliser sur le happy end du 2 juillet (encore qu'il reste encore 800 otages) pour obtenir les moyens d'un troisième mandat présidentiel. Mais il n'est pas seul à faire ce calcul. Qu'on se le dise : même si les grotesques tentatives de libération lancées par Villepin en 2003 puis par le tandem Sarkozy-Kouchner en février dernier ont lamentablement foiré, c'est à la patrie des Droits de l'homme et à elle seule qu'on doit le retour d'"lngrid" dans le monde des vivants. Ayant accusé a bon droit Sarkozy de se parer des plumes du paon colombien, Ségolène Royal s'est ainsi fait sévèrement tancer, y compris par ses "amis" du Parti socialiste. En commençant par Jack Lang et Bertrand Delanoë (qui avait fait de l'otage une citoyenne, d'honneur de la ville de Paris), bien décidés à battre du tambour dans le cirque Betancourt.
    Mais c'est évidemment le chef de l'Etat qui, chahuté dans les tumultes de l'Union européenne alors qu'il en prend la présidence, en butte à l'hostilité à la fois des armées et de l'audiovisuel public cabrés devant son arrogance et son autoritarisme brouillon, et à nouveau en chute libre dans les sondages (33 % seulement d'opinions favorables, soit une perte de 4 points en un mois selon le baromètre TNS-Sofres/Figaro Magazine : on est loin du 90 % atteint par Uribe le 7 juillet), entend tirer le plus gros bénéfice de la présence en France de Mme Betancourt. Nicolas serrant dans ses bras la nouvelle « Jeanne d'Arc », laquelle exprime toute sa gratitude et toute son "admiration" à « cet homme extraordinaire qui a lutté pour moi », telle est l'image qu'un président dévalué veut absolument imposer de lui au sommet du G8 au Japon du 7 au 9 juillet, puis à Paris dimanche prochain au sommet de l'Union pour la Méditerranée (où, comble de la félicité, l'indispensable Bouteflika a finalement consenti à venir). Sidération encore, et récupération.
    Le coup de com' réussira-t-il à faire oublier aux Français leur paupérisation croissante et les incessants tracas dus à ces grèves non moins incessantes mais dont, prétend Sarko, « personne ne s'aperçoit plus » ? Jusqu'à présent, le chef de l'Etat a beaucoup joué de l'« atout femme ». Sans grand succès.
    ✍ Rivarol du 11 juillet 2008
    <galic@rivarol.com>.

  • Angela Merkel impératrice

    Nous avons reçu les vœux du 31 décembre tardivement. Pas ceux du président de la République, qu'en bon patriote, nous avons observés en direct au soir du réveillon de la Saint-Sylvestre, mais ceux d'Angela Merkel.
    Ce fut comme une apparition. La chancelière était impériale. Angela Merkel a réussi un exercice parfait, que nous conseillons à Claude Sérillon, nouveau conseiller en communication de François Hollande, d'étudier. La chronique a retenu les prévisions pessimistes de la chancelière : « La crise est encore loin d'être surmontée. »

    Hommage à Charles De Gaulle et Konrad Adenauer

    Ce n'est pas ce que nous avons vu. Nous avons vu une chancelière régner sur une Allemagne apaisée, à neuf mois des élections générales.

    Elle était rayonnante, vêtue de satin gris, toisant de sa chancellerie le bâtiment du Reichstag, incarnation de la démocratie parlementaire allemande. Le ton posé, avec un très léger sourire.

    D'aucuns reprochent à cette physicienne, fille de pasteur élevée en Allemagne de l'Est, de préférer les sciences dures aux sciences humaines, de manquer de conscience historique, à l'heure où la question européenne est posée.

    Angela Merkel travaille dur pour s'inscrire dans la tradition des pères de la République fédérale. Lors de ses vœux, elle s'est donc projetée cinquante ans en arrière : elle a cité Walter Bruch, l'inventeur allemand du téléviseur couleur Pal, qui ferrailla avec notre système Secam national ; elle s'est souvenue de Kennedy proclamant devant le mur de Berlin « Ich bin ein Berliner » ; elle a rendu hommage à Charles De Gaulle et Konrad Adenauer, qui scellèrent la réconciliation franco-allemande.

    Avant de briguer un troisième mandat, Angela Merkel veut se tailler une stature digne de ses grands prédécesseurs. Lors d'une rencontre en novembre 2012, avant d'aller recueillir le prix Nobel de la paix décerné à l'Union européenne, le « président normal » François Hollande avait fait la moue, expliquant qu'ils allaient recueillir un prix mérité par les héros d'hier, les Schuman, Monnet, Adenauer

    Angela Merkel exige toujours de la sueur et des larmes

    « Mais nous devons nous aussi être des héros », avait rétorqué Angela Merkel, qui géra pourtant très mal la crise de l'euro à ses débuts, refusant d'exclure une faillite des pays membres de l'union monétaire.

    Un bon héros doit souffrir, et Angela Merkel exige toujours de la sueur et des larmes. Dans ses vœux, elle n'a pas cité les efforts des Grecs et autres peuples latins d'Europe éprouvés par la crise de l'euro.

    Mais, avant de souhaiter à ses compatriotes « la bénédiction de Dieu », elle en a appelé au philosophe grec Démocrite (460-370 avant Jésus-Christ) : « Le courage est au début de l'action, le bonheur à la fin. »

    Pourtant, les Allemands, à écouter leur chancelière, sont près du bonheur. Pendant que la France se déchire, hier avec Nicolas Sarkozy, aujourd'hui entre partisans du 75 % et fuyards fiscaux, entre défenseurs du mariage gay et opposants catholiques, la chancelière incarne une nation unie.

    En Allemagne, le succès individuel est collectif

    Ce 31 décembre, Angela Merkel a dit un conte. Elle a expliqué comment un gamin d'Heidelberg avait été convaincu par les camarades de son équipe de football de ne pas décrocher de l'école : en Allemagne, le succès individuel est collectif.

    Et quel succès ! Le chômage est à son plus bas niveau depuis la réunification, il a été divisé par deux sous le mandat d'Angela Merkel et le pays a encore créé 416.000 emplois en 2012. Jamais autant d'Allemands n'ont eu un emploi.

    Le même soir, François Hollande tentait de convaincre ses concitoyens que le chômage, qui a augmenté dix-neuf mois de suite, refluerait enfin à la fin de l'année. Mais le bonheur d'Angela Merkel, cela se mérite.

    Pour le conserver, il faut persévérer dans l'effort. Sans attendre l'épiphanie, qui marque la rentrée politique allemande, le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, a annoncé de nouvelles mesures d'économies.

    Rude partenaire pour François Hollande, qui espérait ne pas passer trop de temps en compagnie d'Angela Merkel. Dans la foulée de son élection, le président avait joué la carte du Parti social-démocrate (SPD), recevant en grande pompe à l'Elysée les trois dirigeants du parti, Sigmar Gabriel, Frank-Walter Steinmeier et Peer Steinbrück.

    Tous rêvaient alors de remplacer Angela Merkel. Les deux premiers ont jeté l'éponge : trop à gauche pour Gabriel, pas assez charismatique pour Steinmeier, qui a aussi renoncé pour des raisons privées.

    Plus populaire que jamais, aimée par sept Allemands sur dix

    À l'automne, l'ex-ministre des finances Peer Steinbrück fut désigné par défaut candidat à la chancellerie. Il fait depuis les délices de la presse, multipliant les faux pas : Angela Merkel a « un bonus féminin » dans la campagne électorale et le salaire du chancelier est trop faible, s'est plaint Peer Steinbrück, qui a gagné 1,25 million d'euros en discours et colloques divers depuis novembre 2009.

    La cote de Peer Steinbrück s'est ainsi tassée de dix points depuis qu'il a été intronisé candidat à la chancellerie. Angela Merkel est plus populaire que jamais, aimée par sept Allemands sur dix.

    En ce début d'année électorale, même au SPD, nul ne croit vraiment à la possibilité de déloger Angela Merkel de la chancellerie. Le pari SPD de François Hollande a déplu à Angela Merkel. Fortement. Et est perdant, du moins pour l'instant.

    Il va donc falloir faire semblant de s'aimer avec la chancelière. Les ministères des affaires étrangères français et allemand préparent un superbe bal des hypocrites à Berlin, les 21 et 22 janvier, pour le cinquantenaire du traité de l'Elysée.

    Une envie de franco-allemand

    Les populations auront droit aux flonflons habituels : conseil des ministres franco-allemand, discours d'Angela Merkel et de François Hollande au Reichstag. Le clou des festivités sera un concert à la Philharmonie de Berlin. Et c'est tout.

    L'écho médiatique de l'événement va révéler une envie de franco-allemand, mais les deux dirigeants n'ont prévu aucune initiative politique majeure.

    Au contraire, on ronge son frein des deux côtés du Rhin : les Allemands méprisent ces Français qui décrochent économiquement, les Français crient à la volonté de puissance germanique.

    Les Allemands sont accusés de vouloir tuer Peugeot, de ne pas reconnaître la supériorité française dans les industries spatiales, météorologiques, etc.

    Angela Merkel est impériale, l'Allemagne un brin impérialiste, et la France sur le sentier inquiétant de la germanophobie.

    Arnaud Leparmentier
    lemonde.fr
    09.01.2013

    Correspondance Polémia – 13/01/2013

  • Programme « Viber » : attention, espionnage israélien

    « Viber » est un programme gratuit qui, installé sur les téléphones modernes, permet d’appeler gratuitement une personne équipée du même logiciel.
    On estime actuellement à 100 millions le nombre d’utilisateurs de Viber.

    Or il apparaît que le fondateur de la compagnie Viber Media et son propriétaire est Talmon Marko, un américano-israélien qui a servi 4 ans dans l’armée israélienne.
    Il aurait été nommé au poste de directeur exécutif responsable des renseignements au commandement central…

    « Sachant que le programme Viber offre un service gratuit à 100%, permet l’échange de vidéos et des messages textuels, et ne diffuse pas de publicité. Face à ces données, une question se pose : quel est l’objectif d’un tel service, gratuit à 100% ?
    La réponse est simple : le programme « Viber » sur les Androïd et Iphone par exemple est capable de lire tous les contacts figurant sur la liste des contacts téléphoniques, même ceux qui ne font pas partie du programme.
    Viber est aussi capable de localiser le lieu de l’utilisateur, ses comptes électroniques, l’enregistrement de sa voix, de vidéos et la prise de photos !
    Il a également la capacité d’espionner toutes les informations présentes dans les fichiers téléphoniques et de connaitre tous les programmes utilisés par les utilisateurs !
    C’est donc à travers ce programme gratuit très populaire, qu’on offre à « Israël » nos informations personnelles, gratuitement aussi ! »

    http://www.contre-info.com/

  • Démondialisation et protectionnisme

    Longtemps, en France, Maurice Allais (Prix Nobel d'économie en 1988) a été un des rares économistes à s'opposer à la mondialisation et à ce qu'il appelait « l'idéologie libre-échangiste mondialiste ». À travers ses livres et ses articles, il n'a cessé de montrer que la mondialisation n'était « ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable ». Le sociologue Emmanuel Todd, dans L'Illusion économique (1998), dénonçait lui aussi ce qu'il appelait « l'utopie libre-échangiste », mais il croit toujours aux vertus de la construction européenne et le protectionnisme qu'il prône est un protectionnisme aux frontières de l'Europe.
    Aujourd'hui, les économistes sont plus nombreux à prôner « un protectionnisme bien conçu » (Jean-Luc Gréau), une « démondialisation raisonnée » et « une certaine forme de protectionnisme » (Jacques Sapir).
    Le Front national n'est plus le seul parti à montrer les effets négatifs de la mondialisation et du libre-échange sans entraves. Jean-Luc Mélanchon, candidat officiel du Front de gauche aux élections présidentielles, Arnaud Monte-bourg, candidat à la candidature pour le Parti socialiste, Dominique de Villepin, venu de l'UMP, se déclarent désormais partisans du protectionnisme.
    Arnaud Montebourg publie un petit livre au titre - apparemment - sans ambiguïté : Votez pour la démondialisation ! (Flammarion). Dans un long entretien accordé au Point, il explique : « Le débat [sur la mondialisation] n'a jamais eu lieu. Il a même purement et simplement été interdit. On a décidé de faire l'Union européenne, où on a instauré la concurrence à 27, avec des pays qui n'étaient pas de même niveau de développement. En même temps, on s'est ouvert à l'extérieur. On a organisé la passoire de l'UE vis-à-vis de la mondialisation, pendant que toutes les autres grandes nations mercantiles et concurrentes, elles, prennent des mesures protectionnistes ».
    L'exemple de la Chine
    Les chantres de la mondialisation expliquent qu'elle favorise une croissance partagée, qu'elle profite aux pays émergents comme aux pays les plus riches et que des décisions protectionnistes pénaliseraient notre économie, car elles entraîneraient des mesures de rétorsion. La Chine ou l'Inde nous achèteraient moins de marchandises ou nous enverraient moins de touristes.
    Il y a quatre ans déjà, Jean-Claude Gréau montrait l'inanité de ce raisonnement. « La Chine, écrivait-il, mène une politique économique impérialiste dont ni l'Europe, ni les États-Unis, ni même l'Afrique ne bénéficient. Trois décisions majeures des autorités chinoises viennent d'illustrer cette ambition. D'abord, la création d'une société à capitaux publics pour être capable demain de construire un avion de ligne chinois concurrent de Boeing et d'Airbus. Ensuite la volonté d'utiliser une partie des immenses réserves de change de la Chine pour investir sur les marchés financiers occidentaux. Enfin la hausse de 30 % des droits de douane à l'importation de certains biens d'équipement pour protéger son industrie nationale. Et pendant ce temps, l'Europe reste inerte. »
    Quatre ans plus tard, le constat reste vrai et la Chine n'a cessé de gagner des parts de marché dans le monde. La Chine est devenue le 1er exportateur mondial. Le déficit commercial entre la France et la Chine a cru dans des proportions considérables : 5 milliards d'euros de déficit en 2000, 22 milliards en 2010. Comme le disent les analystes du ministère du Commerce extérieur, on assiste à une « montée en gamme des importations de Chine ». La Chine capitalo-communiste ne vend plus seulement des produits textiles et des jouets, mais aussi des produits informatiques et électroniques et bien d'autres choses. 1 téléphone portable sur 2 achetés en France vient de Chine et 3 ordinateurs portables sur 4.
    Les communistes chinois savent utiliser la mondialisation quand elle est à leur avantage (inonder le monde de la production de leurs usines, faire des placements financiers ou prêter aux États en déficit). Et ils se montrent protectionnistes quand leurs intérêts nationaux sont en jeu.
    Quel protectionnisme ?
    Le retour de la doctrine protectionniste dans le débat public ne doit pas faire illusion. Hormis au FN et au Front de gauche, elle est plus que minoritaire parmi les dirigeants du PS et de l'UMP. Par ailleurs, le protectionnisme prôné par Arnaud Montebourg et par des économistes comme Jacques Sapir, Emmanuel Todd ou Jean-Luc Gréau est un protectionnisme européen, un « protectionnisme altruiste, partagé » dit Arnaud Montebourg. Ils n'envisagent aucunement un protectionnisme aux frontières de la France, mais au niveau de l'Union européenne. Il faudrait, selon eux, que l'UE devienne véritablement une union douanière et érige des tarifs douaniers différenciés selon les produits et selon les pays. Une telle décision ne pourrait se prendre qu'au niveau européen. C'est pour cela qu'Arnaud Montebourg considère que la mise en place d'un gouvernement économique européen est une « urgence ».
    En fait, instaurer un protectionnisme au niveau européen risquerait d'aggraver encore plus les pertes de souveraineté de chacun des pays membres de l'Union européenne.
    Le protectionnisme le plus efficace et le plus durable ne peut se faire qu'au niveau national. Maurice Allais prônait un « protectionnisme éclairé », Marine Le Pen parle d'un « protectionnisme raisonné ». Il ne s'agit pas de pratiquer l'isolationnisme, voire de viser à l'autarcie. Il s'agit, par des accords d'État à État, de défendre les productions nationales et de se procurer ce dont on a besoin, d'imposer des taxes (qui peuvent être temporaires) sur certains produits.
    Et le protectionnisme ne saurait se limiter aux marchandises. Il doit s'étendre à la finance. Les investissements étrangers dans les entreprises nationales et la circulation mondiale des capitaux à court terme sont une autre forme d'invasion étrangère qui se fait au détriment des intérêts du pays. Une certaine définanciarisation de l'économie doit accompagner des mesures protectionnistes.
    Jean Rouvière Présent du JEUDI 23 JUIN 2011

  • Soral dévoile l'arnaque de la dette publique

  • Essor de la « superclasse globale » (ou hyperclasse) et crise des classes moyennes.

    « La mondialisation heureuse » : la formule est de Dominique Strauss-Kahn ; elle est constamment rebattue dans les médias qui dénoncent les « dangers du protectionnisme ». Pourtant la réalité est plus complexe. S’il y a des gagnants dans la mondialisation, il y a aussi des perdants. Et derrière la loi des marchés, il y a de puissants réseaux de pouvoirs. Pour mieux cerner cette réalité complexe, le professeur Gérard Dussouy vient de publier un ouvrage magistral : Les théories de la mondialité . Polémia en fera une critique approfondie. Dans l’immédiat, nos lecteurs trouveront ci-dessous une analyse pertinente du conflit entre classes moyennes et superclasse mondiale.
    Polémia


    A la crise en gestation des classes moyennes fait face l’insolente réussite de cette « superclasse globale » que décrit David Rothkopf, et qu’il évalue à 6000 personnes pour six milliards d’humains (1). Hyperclasse vaudrait-il mieux écrire, en ce sens où dans son esprit, elle répond moins à la catégorie marxiste (caractérisée par une forte homogénéité et une relative solidarité) qu’à un réseau transnational d’élites aux origines multiples. Parce que mélange d’hommes d’affaires et des medias, banquiers, financiers, chefs d’entreprise, écrivains, journalistes, vedettes du show-business, Rothkopf pense en effet qu’elle est la juste transcription de ce que Vilfredo Pareto, et plus tard Wright Mills, caractérisait comme une « élite de pouvoir » (2).Il n’empêche que son dénominateur commun est l’argent puisque selon le rapport de l’ONU de 2006 qu’il cite, 10% de la population mondiale contrôlait 85% des richesses, 2% en possédaient la moitié et 1% en détenaient 40%. Son essor est donc directement lié au marché mondial parce que « la globalisation n’a pas seulement produit un marché sans frontières, mais aussi le système de classe qui va avec lui », écrit Jeff Faux (3). L’économie mondiale est en train de créer une élite globale, que celui-ci appelle le «  parti de Davos », et qui a fait depuis longtemps du cosmopolitisme un style de vie comme le montre bien Rothkopf dans son livre. Son vecteur est l’usage de plus en plus répandu de l’Anglais en liaison avec des pratiques professionnelles standardisées. A quoi s’ajoutent la référence commune aux mêmes sources d’information et la fréquentation des mêmes lieux de passage et de loisirs. Toutefois, cette culture commune n’est pas exempte des rapports de force et à l’abri d’un choc culturel interne ou d’un renversement d’influence. En effet, il serait naïf, et quelque peu condescendant, que de croire que la participation de plus en plus nombreuse d’Asiatiques à l’élite mondiale implique leur occidentalisation systématique (4). La montée en puissance des milliardaires issus d’Asie et d’autres régions du monde ne peut qu’engendrer un changement de valeurs, dans le sens par exemple d’une plus grande tolérance envers la corruption, et un repli des conceptions occidentales du monde, de la société, de la condition humaine. De ces constats dérivent deux conséquences majeures. D’abord, que les individus qui participent à la nouvelle élite mondiale ont plus d’intérêts en commun qu’ils n’en ont avec les classes moyennes ou pauvres dont ils partagent la nationalité. Le fossé se creuse parce que si dans le passé, en dépit des conflits interclasses, le travail et le capital allaient de pair, il n’en va plus du tout ainsi. C’est la notion même de société que la mondialisation rend caduque. Avec la dégradation des conditions de vie des peuples, une opposition de plus en plus nette se dessine entre ceux que Rothkopf appelle les « globalistes et nationalistes », c’est à dire l’oligarchie mondialiste, d’une part, et les multiples mouvements populistes à venir, d’autre part (5). Cette « ligne de faille politique du nouveau siècle » va traverser tous les Etats. A l’occasion de la grande crise qui s’annonce, elle pourrait susciter des changements politiques inattendus dans leur composition. Ensuite, l’hétérogénéité axiologique (celle des valeurs) de l’hyperclasse, qui n’existe que par et que pour l’argent, et, nous l’examinerons plus loin, la généralisation du communautarisme et des phénomènes d’ethnicisation à l’échelle globale, rendent inepte l’idée d’une société mondiale en devenir.

    Au centre de l’hyperclasse se tient l’élite financière. Elle contient les immenses fortunes privées et institutionnelles. Autour gravitent les élites de différents ordres qui sont autant de relais d’influence. Rothkopf décrit leurs liens, montre comment le pouvoir de l’argent, le pouvoir institutionnel, le pouvoir médiatique et le pouvoir politiques sont mobilisés et interconnectés pour que le monde aille dans la direction voulue. Il ajoute que si « aujourd’hui, les compagnies dominent la superclasse et que les Américains dominent parmi les leaders de ces compagnies », les choses sont en train de changer(6). Cela s’explique par la percée de nouveaux leaders issus des pays émergents. C’est que l’accès à l’hyperclasse est relativement ouvert, en tout cas plus qu’il ne l’était aux anciennes élites (7). La rapidité des fortunes est stupéfiante. Néanmoins, la porte reste étroite et l’auteur se demande si le conflit entre les partisans de la mondialisation et les peuples n’est pas inévitable, si les marchés se montrent toujours aussi injustes dans la distribution de la richesse, si sous l’apparence de la libre concurrence il n’existe toujours pas de véritable égalité des chances (8). D’autant plus qu’avec la crise les exaspérations vont grossir. Elles vont le faire, dans les pays développés, si la « dégringolade des classes moyennes » se poursuit (9), et si les allocations de retraite fondent avec les hedge funds comme cela est déjà le cas pour nombre de Britanniques (10) et dans les pays émergents, si l’arrêt de la croissance ruine les espérances et se double d’une crise alimentaire. Il y a fort à parier que la classe moyenne, dont Robert Rochefort explique qu’elle n’existe plus tellement elle s’est émiettée (11), rejoigne dans l’avenir les mouvements populistes. Maintenant qu’elle n’a plus rien à attendre de la mondialisation en termes de pouvoir d’achat comme le déplore le directeur du Credoc, parce que la faible progression des salaires en France et en Europe n’est plus compensée par la baisse spectaculaire des prix grâce aux importations de produits fabriqués en Chine(12). La poursuite du libre-échange ne fera qu’accentuer le sentiment de « déclassement » des classes moyennes constaté par Louis Chauvel (13), en raison de son dysfonctionnement reconnu par ses propres théoriciens.

    Gérard Dussouy Correspondance Polémia, 17/07/2009

    Extraits des pages 83 à 85 de l’ouvrage : Les théories de la mondialité : Traité de Relations internationales, (Tome 3), L’Harmattan, mai 2009.
    Gérard Dussouy est professeur de géopolitique à l’Université Montesquieu de Bordeaux.
    Notes:

    1 David Rothkopf, Superclass. The Global Power Elite And The World They Are Making, Londres, Little Brown, 2008, Preface, p.XIV et p. 29-33.
    2 Ibid., p. 37-39.
    3 Jeff Faux, The Global Class War, New York, John Wiley, 2006.
    4 David Rothkopf, op.cit. p.313
    5 Ibid., p.145-189.
    6 Ibid., p. 143.
    7 Ibid, « How to become a member of the Superclass », p.254-295.
    8 Ibid., p. 322.
    9 « Classes moyennes, la dégringolade », Le Point, 26 Juin 2008, p.74-82.
    10 Virginie Malingre « La crise boursière fragilise les régimes de retraite des Britanniques », Le Monde, 30.11.08.
    11 Le Point, op.cit., p.75.
    12 Ibid., p.75 et p. 81. « La société de consommation et les classes moyennes ont marché main dans la main jusqu’à la fin des années 90. Le divorce s’est produit lorsque le pouvoir d’achat s’est mis à stagner, tandis que l’innovation, elle, continuait » écrit Robert Rochefort qui distingue entre des « classes moyennes supérieures » et des « classes moyennes inférieures ».
    13 Louis Chauvel, Les classes moyennes à la dérive, Paris, Seuil, 2007.

  • L’intervention militaire française au Mali vise-t-elle à assurer les intérêts d’Areva ?

    Les soldats français vont-ils risquer leur vie au Mali pour « la France » ? Pour empêcher « l’islamisation » de la région ? Pour défendre la « conditions des femmes et de la liberté d’expression », comme l’indiquait Bernard Kouchner sur BFMTV ce samedi, ou pour qu’Areva puisse obtenir les droits d’exploitation d’une mine d’uranium de 5’000 tonnes dans le sud-ouest du pays qu’elle convoite depuis de nombreuses années ?

    L’intervention française, baptisée « Opération Serval », du nom d’un félin africain, a été décidée après que les islamistes d’Ansar Edine ait pris plusieurs positions dans le sud du pays, notamment la région de Komma, et menaçaient de prendre la capitale Bamako, et donc d’avoir un contrôle total du pays.

    Une situation qui posait un problème à la France, non pas pour les raisons « humanitaire » si chères à Bernard Kouchner et autres BHL, mais plus vraisemblablement parce que la société Areva, groupe industriel français spécialisé dans les métiers du nucléaire, en particulier l’extraction de minerai d’uranium, bataille depuis plusieurs années pour obtenir l’exploitation de quelques 5’000 tonnes de minerai qui se trouvent à Faléa, une commune de 21 villages et 17’000 habitants, située dans une région isolée à 350 kilomètres de Bamako.

    L’histoire de l’exploration du sous-sol de la région de Faléa ne date pas d’hier : dans les années 1970, déjà, la Cogema (l’ancien nom d’Areva) et le Bureau de Recherche Géologique Minière en collaboration avec la société d’Etat malienne (SONAREM) avaient effectué travaux de prospection. L’exploitation n’avait pas semblé rentable à l’époque, notamment du fait de l’enclavement de la zone, des problèmes d’accès à l’eau et de l’énergie nécessaire au fonctionnement de la mine. Depuis, le contexte mondial a changé et c’est désormais une véritable « colonisation minière » qui se joue au Mali.

    Depuis 2005, la société canadienne Rockgate a été mandatée par le gouvernement malien afin d’effectuer des forages et recherches à Faléa. Rockgate a produit en 2010 un rapport préliminaire, qui a ensuite été complété par Golder Associates, une société internationale de « conseils dans les domaines connexes de l’énergie » qui indique « que le Mali offre un environnement de classe mondiale pour l’exploitation d’uranium ».

    Depuis 2011, Rockgate a mandaté l’entreprise française Foraco, basée à Marseille et cotée en bourse à Toronto, pour l’aider dans l’expansion des explorations et forages à Faléa.

    La France semble donc bien engagée sur le dossier de l’uranium malien. D’ailleurs, son ambassadeur, Christian Rouyer, déclarait il y a quelques mois « qu’Areva sera le futur exploitant de la mine d’uranium à Faléa. »

    De là à penser que l’intervention militaire française au Mali vise principalement à protéger les intérêts d’Areva, il n’y a qu’un pas.

    Spencer Delane, pour Mecanopolis

  • Session 2008 de la Trilatérale : 200 messieurs-dames "sans importance "

    La réunion annuelle de la Commission Trilatérale s'est barricadée du 25 au 28 avril à l'hôtel Carlton-Ritz de Washington. Néanmoins, une fois encore, Jim Tucker, l'infatigable lanceur d'alerte antimondialiste de l'American Free Press, a su en éventer les secrets bien gardés. Quelque deux cents personnalités parmi les plus influentes du temps entouraient David Rockefeller. L'humeur était au beau fixe, la farce présidentielle américaine se déroulant impeccablement. La machine Républicaine ne tourne-t-elle pas à plein régime afin d'interdire l'accès à la Convention de septembre à Ron Paul, l'empêcheur de magouiller en rond ? Les autres en effet sont bien tenus en main :
    Hillary Clinton, Barack Obama - par le truchement de son mentor Zbignew Brzezinski, maître des cérémonies car Henry Kissinger, souffrant, s'était fait porter pâle - et John McCain qui depuis 1996 appartient à la famille.
    Ainsi rien ne s'oppose au libre-échange et à la destruction programmée de la nation américaine. Quel que soit le futur hôte de la Maison-Blanche, le processus sera poursuivi, en dépit du battage médiatique tendant à présenter les deux Démocrates comme des protectionnistes forcenés. Clinton n'a cessé de démontrer comment, dans le dos de son propre électorat laborieux ou chômeur, elle pouvait « sans en rien changer » faire voter le NAFTA ou North American Free Trade Agreement.
    DÉSINTÉGRER L'AMÉRIQUE
    Obama, comme il le fait depuis des mois sur tous les sujets, a prononcé de violents réquisitoires contre la suppression des barrières douanières. Dommage pour lui qu'il y ait eu des fuites malencontreuses lorsque son principal conseiller économique Austin Goolsbee, voulant rattraper l'affaire auprès de diplomates canadiens, leur assura qu'il s'agissait seulement « de rhétorique de campagne » et que, élu, son patron, lui non plus, ne toucherait pas à une virgule du NAFTA.
    Dès le 25 avril l'intitulé du premier atelier donna le ton : « La Politique étrangère et intérieure US : ébauches générales pour la nouvelle Administration ». Placé sous la direction de David Gergen, vieil habitué de la Trilatérale et éditorialiste irréprochable de l'US News and World Report - qui n'en souffla mot d'ailleurs -, il vit l'intervention des anciens secrétaires d'Etat Strobe Talbot, Kenneth Duberstein et Joseph Nye. Tous réclamant du futur président à la fois une forte augmentation de l'aide américaine au Tiers Monde et une ouverture massive de l'Amérique à l'immigration. Position que vint soutenir le néo-conservateur et Bilderberger Robert Zoellick, président de la Banque Mondiale.
    Sujet central, sans doute puisqu'un "sous groupe" fut consacré uniquement « aux migrations et au développement ». Ce qui offrit à Peter Sutherland l'occasion d'une intervention très remarquée. Cet homme d'affaires irlandais, ancien directeur général du GATT (qui précéda l'OMC) et Commissaire européen sous Jacques Delors, est actuellement, entre autres, président de British Petroleum et de Goldman Sachs. En même temps qu'il occupe la présidence de la Trilatérale et du Bilderberg et la vice-présidence de la Table Ronde Européenne des Industriels ! Mais c'est au titre d'envoyé spécial des Nations Unies sur « les migrations et le développement » qu'il a invité les Etats-Unis à ouvrir complètement leurs frontières à l'invasion. Injonction à laquelle les trois candidats désignés ne peuvent manquer d'être sensibles puisqu'ils en ont fait un des points forts de leur plateforme présidentielle.
    De bout en bout les Etats-Unis furent la cible des différents ateliers. Accusés sur le changement climatique, l'eau et la santé, outre d'être les principaux pollueurs, de ne pas suffisamment financer. Les attaques les plus virulentes émanèrent de Sylvia Matthews Burwell, présidente de Global Development Program, le bras armé de la Fondation Bill Gates.
    L'IRAN EN LIGNE DE MIRE
    Deux autres débats méritèrent une attention particulière. A la tête du premier, Robert Blackwill, chargé entre 2002 et 2003 de la liaison entre Paul Bremer à Bagdad et Condolezza Rice. Ancien ambassadeur en Inde et spécialiste du Pakistan, discret et efficace, il aura été au cours des vingt dernières années un des principaux agents d'influence de Washington. Ce qui le désignait pour superviser un débat ayant pour thème « Attaquer l'Iran et construire la paix dans la région du Golfe Persique ». Y participèrent Ray Takeyh, membre influent du Council of Foreign Relations, d'origine iranienne, Volker Perthes, directeur de l'Institut allemand pour les Affaires internationales et la Sécurité et un ancien vice-ministre des Affaires étrangères japonais, Hitoshi Tanaka. Sujet suffisamment important pour que, lors du dîner du samedi soir, John Negroponte, éminence grise neo-conservative de George Bush, y revienne dans un exposé sur les « perspectives de la politique étrangère US » justifiant les guerres d'Irak et d'Afghanistan et n'écartant pas l'éventualité d'une invasion de l'Iran.
    Le second débat traita de la crise financière internationale et fut l'occasion d'une nouvelle attaque contre les Etats-Unis accusés de ne pas "intervenir" suffisamment pour aider les institutions financières multinationales. Il fut animé par quatre de ces personnes « sans importance » évoquées ci-dessous par Patrick Devedjian. Le sous-secrétaire d'Etat aux Finances, Robert Kimmit, ancien de la Banque Mondiale et de Lehman Bros et membre du CFR. Marty Feldstein, considéré comme un des dix économistes mondiaux majeurs - George Bush hésita entre lui et Bernanke pour succéder à Greenspan à la tête de la Réserve Fédérale (FED). David Rubenstein, co-fondateur du Carlyle Group, classé par Forbes 165e Américain le plus riche, avec 2,5 milliards de $. Et Sir Andrew Crockett, président de JP Morgan-Chase International, qui appartint au FMI, dirigea la Banque d'Angleterre, la Banque des Règlements Internationaux, et fut membre du «Club des Trente» où se retrouvent régulièrement les trente financiers les plus importants de la planète.
    GUIGOU EN VEDETTE
    Epouse d'un ancien conseiller de Michel Rocard, président de l'Institut de Prospective du Monde Méditerranéen (IPEMed), très impliqué dans le projet d'Union Méditerranéenne de Sarkozy, Elisabeth Guigou intervint personnellement en compagnie du Coréen Han Sung-Joo, qui fut ministre des Affaires Etrangères et envoyé spécial de l'ONU à Chypre et au Ruanda. Sur un thème bien en phase avec cette session de la Trilatérale : « Points de vue européen et asiatique sur la politique étrangère US et la sécurité ». La présence ici de cette responsable socialiste ne saurait surprendre et on rappellera qu'ils sont des dizaines Rocard, Delors, Lamy, Strauss-Kahn, Fabius, elle-même - à participer depuis des années aux travaux du Bilderberg. Elisabeth Guigou appartient au conseil d'administration de « Notre Europe », cercle de pensée créé par Jacques Delors, entouré de Tommaso Padoa-Schioppa, qui, membre aussi du « Club des Trente », appartint au directoire de la Banque Centrale Européenne, et de Pascal Lamy, directeur général de l'OMC. Elle y côtoie Joachim Bitterlich, ancien ministre de Kohl, vice-président de Veolia, Jean-Louis Bourlanges, membre de la Commission parlementaire européenne sur le commerce international, Laurent Cohen-Tanoudji, partisan actif de l'entrée de la Turquie dans l'Europe et adversaire des référendums nationaux, l'ancien ministre communiste Charles ("Chilek") Fiterman, l'ancien patron du Quai d'Orsay Jean-François Poncet, etc. dans un « réservoir de réflexion » (think tank) qui, au-delà du charabia convenu sur le « développement durable et solidaire », sur « l'ouverture des échanges et la réduction des inégalités sociales », sur « la défense de l'environnement et la réduction des graves disparités entre régions du monde », sur « la diversité et l'humanisme européens », est entièrement tourné vers une vision mondialisée et totalitaire de la planète.
    Cette complicité croisée entre le socialisme internationaliste et l'expression la plus violente du capitalisme prédateur méritait certainement d'être signalée.
    Jim REEVES. Rivarol du 30 mai 2008