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international - Page 1549

  • De la Libye au Mali

    « Pour les Français », tout aurait commencé avec la Libye. C’est tout au moins ce qu’ils pouvaient penser quand Sarko, tout d’un coup, s’en va-t’en guerre contre le chef terroriste libyen, Kadhafi et le fait remplacer par d’autres « rebelles » non moins terroristes et islamistes, actuellement au pouvoir.
    Mais qu’est-ce qu’il est allé foutre en Libye, le Sarko ? Ce n’est même pas une ancienne colonie française, ce pays. La guerre contre les terroristes islamistes ? Même pas ! La France de Sarko - ni celle d’aujourd’hui, ne reconnait le Hamas comme un parti terroriste alors que ce sont les pires criminels terroristes islamistes qui sévissent depuis bien des années.
     
    Quelle mouche l’a donc piqué ? On ne savait pas. N’empêche, qu’il y est allé de bon cœur.
    Pendant ce temps, en Syrie, les civils se faisaient et se font toujours massacrer par Bechar et la France de Sarkozy (et maintenant Hollande) reconnait les rebelles-terroristes islamistes et les aide à prendre le pouvoir.
    Presqu’une année se passe pendant laquelle les armes libyennes transitent sans problème, de Libye vers les terroristes-rebelles-islamistes du Sahel, du Liban, de Gaza et en Syrie.
    Et tout ça, sans que la France ni l’Algérie ni les Usa ne s’en aperçoivent ? Nan !
    Essayons de reprendre depuis le début, s’il vous plait.
    La Libye de Kadhafi est très généreuse avec le Mali. Kadhafi fait les yeux doux aux maliens à grand renfort de dollars et ça a le don de mettre en rogne Bouteflika. Lui, aussi, il lorgne vers le Mali. Et il n’accepte pas - mais alors, pas du tout – de voir le libyen piétiner ses platebandes. Après tout, le Mali et l’Algérie ont une frontière commune mais pas la Libye.
    L’Algérie passe un accord avec les USA
     Quand les terroristes islamistes d’Aqmi – anciens du GIA algérien – commencent à s’installer dans le sud algérien après les années 90 et commencent à  prendre des otages qui leur rapportent beaucoup de dollars, l’Algérie passe un accord «antiterroriste-islamiste-preneurs d’otages» avec les USA. Bouteflika qui veut régner sur le Sahel, se voit bombarder gendarme de l’Afrique subsaharienne par les américains et la condition sine qua none de l’algérien est qu’aucun pays étranger n’entrera dans cette partie africaine pour combattre les terroristes islamistes (1). Pas d’ingérence des occidentaux. Exit, la France, ancienne colonisatrice, dont les ressortissants sont principalement visés par les anciens GIA rebaptisés Aqmi. L’Afrique et ses terroristes islamistes, c’est l’affaire des américains et de l’algérien. De l’algérien, surtout ! Qui ne veut pas de la France.
    Depuis l’indépendance de l’Algérie, on sait que les relations entre la France et l’Algérie n’ont cessé de se détériorer. Même si les Français en font beaucoup trop pour plaire aux algériens, la vieille rancœur algérienne persiste.
    Cependant, elle atteint un niveau de dégradation extrême sous l’ère Sarkozy. C’est, en tout cas, ce que les officiels algériens et français disent et que rapportent les media. Sarkozy serait même devenu persona non grata. Ha ?!
    C’est pourtant Sarkozy qui va épurer la Libye et faire dégager le libyen en y installant à sa place, les rebelles-islamistes. C’est au tour d’Hollande d’aller faire sa cour auprès de l’algérien. (Avant et après son élection)
    Un deal entre le président algérien et le candidat à la présidence française
     On peut supposer qu’il y a eu un deal entre le président algérien et le candidat à la présidence française. Du style « je fais voter les algériens de France pour toi mais, en échange »…
    Le socialiste est élu. Pour endormir les français, il déclare que la France va faire repentance auprès des algériens pour améliorer les relations entre les deux pays. Ce qu’ils s’en foutent les algériens de la repentance. Ce qu’ils veulent c’est bouffer. Et ça, ce n’est pas le souci premier de Bouteflika.
    De l’enfumage. De l’enfumage pour détourner l’attention des français sur ce qui se trame.
    Pendant ce temps-là – environ six mois - les algériens laissent allègrement les barbares islamistes s’installer au Nord du Mali sans broncher (alors qu’ils ont de quoi éradiquer les terroristes d’Aqmi et les autres – ils nous l’ont prouvé ces derniers jours). Pour le gendarme en chef de l’Afrique subsaharienne qui devrait lutter contre les sanguinaires islamistes, il est plutôt muet, le Bouteflika ! Les américains, aussi.
    Donc, arrive Zorro Hollande !
    Il n’y a que l’Algérie et la France
    au secours du Mali
     Hollande qui a dit, dans un premier temps – on s’en souvient - que la France n’avait pas à se mêler de ce qui se passait en Afrique. Hollande qui a laissé les maliens du Nord se faire massacrer par les islamistes parce que l’Afrique de papa n’existait plus.
    Hollande qui a attendu à peu près neuf mois après son élection - juste le temps qu’il fallait pour ne pas trop paraître à la botte de l’algérien – Hollande, donc, le repenti au nom de la France, déclare la guerre aux terroristes islamistes… au Mali. Tout seul. Comme un grand !
    Ha ! Mais…. Qu’est-ce que vous croyez ! C’est un grand guerrier l’Hollande.
    Sauf que… le seul appui qu’il a reçu, l’Hollande, c’est de Bouteflika qui lui donne – tout de suite - l’autorisation de survoler « SON » territoire algérien ! Ha ! Mais c’est pas rien, un coup de main pareil ! Surtout quand on connait l’algérien.
    Du coup, y a plus personne qui bronche. Ni les Usa ni les Européens ni les Africains ni les palestiniens ni les russes… Le Monde entier est muet.
    Il n’y a que l’Algérie et la France au secours du Mali.
    Et, pour faire un peu plus vrai, on monte un spectacle après quelques jours du débarquement français au Mali, « une prise d’otages » avec un commando terroriste islamiste qui vient… d’Algérie et que les algériens vont dégommer - avec les otages en prime. On fait pas de quartier chez ces gens-là. Mais la France excuse la méthode. Mieux, elle l’approuve. Hollande, himself, avoue qu’il n’y avait pas d’autres moyens pour répondre à des islamistes. Tuer TOUT le monde. Pensez-vous qu’il puisse désavouer la tuerie des « forces spéciales » de Bouteflika ?
    Mais quel cinéma, ils nous montent ces deux présidents-là !
    Toutes les anciennes colonies d’Afrique de l’Ouest sont des
    réservoirs à fric dans lesquels se servent sans compter les
    dirigeants français
    En résumé :
    Sarko dégage la Libye. Hollande joue à Robin des Sables au Mali.
    Qui est gagnant dans cette affaire ? Bouteflika, président à vie d’Algérie, qui lorgnait le Mali et qui ne voulait pas se faire bouffer par la  Libye.
    Et la France, toujours cocue, a engagé un tas de fric de ses contribuables et la vie de ses hommes pour aider l’Algérie à se poser en libératrice du Mali.
    Et pendant cet enfumage d’un feu de tout bois, on ne parle plus des syriens qui s’en vont à l’abattoir chaque matin que Dieu fait.
    Et que se passe-t-il en Syrie ?
    Les Russes ont déployé leurs forces armées en Syrie et en Méditerranée.
    Les iraniens ont fait de même et ont passé le canal de Suez pour venir se positionner près des côtes syriennes.
    Et on commence à murmurer du bout des lèvres que, aux environs de Noël, Bechar aurait usé de ses armes chimiques contre la population à Homs.
    Et s’ils nous disaient la vérité, pour une fois, tous ces dirigeants de la planète qui magouillent à qui mieux-mieux pour se partager à nouveau le monde après une troisième guerre mondiale ?
    Les musulmans veulent manger le monde. Mais ils sont déjà en train de s’éliminer entre eux. C’est pas une mauvaise idée. De là à mêler la France dans leurs tueries parce que celle-ci serait redevable d’avoir tenté de les civiliser il y a à peu près cent ans… C’est une autre histoire.
    Contrairement à ce qu’affirment nos dirigeants, il vaudrait mieux couper radicalement le cordon avec ces anciennes colonies qui n’ont jamais évolué. Barbares ils étaient, barbares ils resteront.
    Seulement voilà, le fric qu’ils ont gagné grâce au pétrole qu’on leur a trouvé, joue un grand rôle dans la vie de la France endettée jusqu’au cou. L’Algérie, la Syrie, toutes les (anciennes) colonies d’Afrique de l’Ouest sont des réservoirs à fric dans lesquels se servent sans compter les dirigeants français et aujourd’hui, ils ont rajouté le Qatar.
    Et tous ces gens sont en guerre. Pas seulement au Moyen orient.

    (1) cf/ les prises en otage des français depuis plusieurs années dans ces régions et l’inaction forcée de la France pour les faire libérer. Quant à la méthode des «forces spéciales algériennes» à Aïn Aminas, elle nous fait tristement penser à la manière dont ils ont maquillé les meurtres des moines de Tibihirine. On tire dans le tas et on tue tout ce qu’il y a en bas. Après, on peut toujours dire qu’on n’avait pas le choix ou on dit : c’est pas moi, M’sieur !)

  • Florence Cassez, de retour en France, élargie et innocentée

    Au cours des premiers mois de l’année 2011, l’activité diplomatique de la France, sous la houlette du président Sarkozy et de son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, s’est concentrée sur les relations avec le Mexique qui détenait en prison une ressortissante française arrêtée en décembre 2005 en même temps qu’un terrible gang de kidnappeurs.
    De cette affaire de pur droit commun la France a fait presque un casus belli jusqu’à provoquer l’annulation de l’Année du Mexique en France.
    A l’époque Polémia a publié plusieurs articles concernant cette mauvaise farce. Nous en reproduisons un ci-après et nous invitons nos lecteurs à en relire deux autres dont ils trouveront les références en bas de page.
    Polémia

    Affaire Cassez : halte à la diplomatie émotionnelle !

    Le président de la République et sa ministre des Affaires étrangères ont choisi de sacrifier la relation entre la France et l’un des pays les plus importants d’Amérique latine, le Mexique, officiellement au nom de « l’innocence d’une Française », en réalité au nom d’une pitoyable stratégie de communication émotionnelle à usage purement intérieur.

    L’instrumentalisation du sentiment s’est désormais complètement substituée, dans tous les domaines (sécurité, justice, économie…), à la vraie politique, laquelle consisterait à traiter en profondeur la racine des problèmes. Nos gouvernants ne savent plus que larmoyer, devant des micros, tout en s’agrippant aux caméras des familles de victimes.

    Attardons-nous un instant sur le fond de cette lamentable affaire Cassez. En décembre 2005, l’arrestation d’Israel Vallarta Cisneros et de sa compagne française, Florence Cassez, sonne le glas d’un terrible gang de kidnappeurs, « Los Zodiacos » lequel s’est rendu coupable de dizaines d’enlèvements, d’assassinats, de tortures et de viols. Plusieurs victimes, hommes, femmes et enfants témoignent et accusent Florence Cassez d’avoir participé aux séquestrations d’otage (qui se passaient dans le ranch où elle vivait avec son compagnon).

    Voici un extrait du témoignage écrit de la dernière victime du clan « Los Zodiacos », paru dans la presse mexicaine et bien sûr occulté par la presse française :

    « Mon nom est Cristina Rios Valladares. J’ai été victime d’une prise d’otage, aux côtés de mon époux Raul et de mon fils Christian qui avait 11 ans (…) Nous avons appris la nouvelle de la peine de prison que Florence Cassez méritait, cette femme dont j’avais écouté la voix à maintes reprises pendant ma captivité. Une voix d’origine française qui bourdonne encore aujourd’hui dans mes oreilles. Une voix que mon fils reconnaît comme celle de la femme qui lui a pris du sang pour l’envoyer à mon époux, avec une oreille qui lui ferait penser qu’elle appartenait à mon fils (…) Maintenant j’apprends que cette Florence réclame justice et clame son innocence. Et moi j’entends dans ces cris la voix de la femme qui, jalouse et furieuse, hurlait sur Israel Vallarta, son petit ami et chef de la bande, que s’il recommençait à s’approcher de moi, elle se vengerait sur ma personne ».

    Contrairement aux partis dominants qui, à l’unisson, semblent vouloir faire de Florence Cassez un nouveau Dreyfus, nous ne voulons pas être définitifs sur cette affaire. La reconstitution spectaculaire devant les caméras de la télévision mexicaine, au lendemain de l’arrestation, en 2005, obéissait sans doute à une volonté de la part du gouvernement mexicain de médiatiser son action de répression de ce qui est un véritable fléau au Mexique : les enlèvements de personnes privées avec demande de rançon et mutilations. N’oublions pas que le président mexicain est confronté à des gangs criminels et des cartels qui, depuis 2006, ont fait plus de 30.000 morts dans ses forces de sécurité. Il s’agit d’une véritable guerre, et c’est la raison pour laquelle le petit caprice émotionnel du Tout-Paris n’impressionne guère les Mexicains. Il n’en demeure pas moins que cette reconstitution a contribué à ternir la procédure judiciaire mexicaine ; mais il faut raison garder : elle ne doit pas en effacer le contenu.

    La vérité, c’est que le Mexique, grand pays membre de l’ALENA, et puissance importante de l’Amérique latine, dispose d’un vrai système judiciaire, et que les faits sont accablants pour Florence Cassez. Les témoignages sont là, et il est difficile par ailleurs (simple remarque de bon sens) de faire croire que Florence Cassez ait pu vivre pendant autant de temps dans un ranch où s’activaient une bande de tueurs, avec des armes et des munitions partout, des otages cachés et souvent torturés, ceci sans n’avoir jamais rien remarqué ! On la sent en tout cas beaucoup moins naïve depuis qu’elle s’occupe de sa défense et que, de derrière les barreaux et depuis son téléphone mobile, elle dicte au président de la France la politique qu’il faut suivre.

    Au moment où la diplomatie française semble définie par la famille Cassez, il convient de remarquer que celle-ci n’a pas toujours dit la vérité. Ainsi, les parents de Florence Cassez ont-ils affirmé à la presse française qu’ils ne connaissaient pas le compagnon de Florence, Israel Vallarta. Manque de chance, la presse mexicaine a publié les photos de Bertrand Cassez, le père, en train de trinquer avec Israel Vallarta dans le ranch Las Chinitas, à 29 km de Mexico !
    Cette affaire me fait penser à celle des deux Françaises, Sarah Zaknoun et Cécile Faye, emprisonnées en 2008 en République dominicaine pour trafic de drogue, et graciées en décembre 2009 par le président dominicain à la suite d’une campagne médiatique puis politique, depuis Paris. Je suis personnellement bien placé pour savoir que dans cette affaire, le même impératif médiatique et émotionnel faisait office de politique et écrasait le fond du dossier. Heureusement pour les deux gentilles « vacancières », le président dominicain voulait faire plaisir à la France et à son président. Mais la justice dominicaine n’avait pourtant pas été prise d’hallucination collective, pas plus que celle du Mexique et des victimes qui ont témoigné !

    Il semble donc que dans notre pays, il y a des théories du complot autorisées et d’autres qui ne le sont pas. Il est par exemple autorisé et même encouragé de penser (reprenez les chroniques de pseudo-experts de la Russie après le récent attentat de l’aéroport de Moscou) que les Russes s’infligent des attentats tout seuls, comme il est manifestement souhaitable de penser qu’une Française puisse être victime d’un gigantesque complot hier dominicain, aujourd’hui mexicain. Décidément, ne sont pas forcément xénophobes ceux que l’on croit. A lire la presse aujourd’hui, l’Amérique latine c’est Tintin chez les Picaros ou l’Oreille cassée, au choix. Ah ces Mexicains, tous des « sergents Garcia » corrompus !

    Je pense aussi à l’affaire Cesare Battisti, ce terroriste italien d’extrême gauche, que les médias français s’étaient mis en tête de faire libérer, au mépris de la justice italienne et des relations avec ce pays ami. On y a retrouvé les traditionnelles leçons de morale françaises, le mépris pour nos voisins et amis, le déni de justice et de souveraineté d’un partenaire de l’Union européenne.
    Je pense aussi à la gestion de l’affaire Bétancourt (la première, celle d’Ingrid), qui fut lamentable pour nos relations avec la Colombie.

    Nous avons tout faux dans ces affaires ! Non seulement, à chaque fois, il est beaucoup plus probable que nous nous préoccupions de coupables que d’innocents, mais qui plus est, nous affichons devant le monde entier une arrogance sans nom, un mépris pour la justice et la souveraineté de ces pays, comme si d’ailleurs notre justice et notre démocratie étaient exemplaires !

    En définitive, le problème fondamental de notre diplomatie en Amérique latine ne tient-il pas au fait que nos gouvernants n’y aient aucune habitude de vacances ? S’ils avaient des villas en Colombie, ou s’ils se doraient sur les plages du Mexique, plutôt qu’en Tunisie ou en Egypte, peut-être feraient-ils preuve de moins d’arrogance ? Avec beaucoup d’humour, Elisabeth Lévy suggérait que Florence Cassez avait la chance que le Mexique ne s’intéresse pas à l’avion Rafale, sinon elle serait oubliée depuis longtemps, par le pouvoir… et aussi par les médias !

    Ces opérations médiatiques à usage intérieur, qui visent ici, notamment pour la ministre des Affaires étrangères, à se refaire à bon compte une image émotionnelle positive après l’affaire de Tunisie, ne sont pas dignes du gouvernement de la France. Cette politique émotionnelle, « du coup médiatique », qui contamine jusqu’à notre politique étrangère, est devenue absolument insupportable ; elle finira d’ailleurs par se montrer contre-productive pour ceux qui en usent. Car si les Français ont des émotions et peuvent tomber dans ce genre de piège, ils comprennent par ailleurs de plus en plus que le pays est gouverné dans l’instant, sans vision stratégique, et que sa tête se pose de moins en moins la question du Bien commun.

    Aymeric Chauprade
    Realpolitik
    15 février 2011
    repris par Métapo infos

    Correspondance Polémia - 17/02/2011

    Polémia  25/01/2013

    Voir :

    Affaire Cassez : tension entre Paris et Mexico 
    L’affaire Cassez vue de Mexico

  • « Géopolitique de la France/ Plaidoyer pour la puissance », de Pascal Gauchon

    Le livre de Pascal Gauchon Géopolitique de la France/ Plaidoyer pour la puissance était indispensable. Face à la morosité nationale et à la grande plainte de la décadence voire de l’effacement de la France il était important de porter un regard et de formuler des constats froids, objectifs et intellectuellement impartiaux sur l’état actuel de notre patrie. Pour ce faire P.Gauchon s’est livré à des recherches historiques, géographiques, économiques, politiques, fouillées et particulièrement brillantes, qui lui ont permis d’établir le bilan géopolitique de la nation française en 2012. Pour le lecteur certaines de ses vérités sont plaisantes et rassurantes à entendre. N.R. 

    Des atouts majeurs

    La position de la France lui permet de jouer un rôle inégalable de carrefour et de passage. Le déséquilibre traditionnel entre Paris et la province a été partiellement pallié par la décentralisation et l’Aménagement du territoire qui a atteint ses objectifs essentiels. Il n’en demeure pas moins que Paris dirige toujours la France et que la région parisienne est une carte maîtresse de la France face aux autres métropoles du continent. P. Gauchon considère également que les DOM TOM représentent une présence mondiale et surtout l’atout de la deuxième zone économique exclusive au monde malgré le coût budgétaire : 12,7 milliards d’euros en 2009.

    La France dispose d’infrastructures de qualité : infrastructures matérielles : transports publics, énergie nucléaire, même si elle est fortement contestée, voiries et bâti de qualité ; infrastructures immatérielles ensuite : système financier relativement prudent et de haute technicité, système éducatif en crise permanente mais dont le classement mondial ne reflète pas la valeur et le niveau réels, une position dans la recherche et le développement qui est loin d’être aussi désastreuse qu’on le dit, hôtellerie et commerce qui ont marqué de gros progrès ; enfin les Français eux-mêmes, qui ne travaillent pas assez mais dont la productivité est l’une des premières au monde. Malgré cela la compétitivité française est menacée et ne tient pas seulement au coût du travail.

    Au plan économique la France est toujours la cinquième puissance économique mondiale, même si cette place est fragile et menacée, avec une large palette d’activités : l’agriculture avec son corollaire l’industrie agroalimentaire, une industrie qui souffre, qui délocalise et dont le solde commercial est déficitaire mais qui a été au rendez-vous de la réussite dans de nombreux domaines : aéronautique, armement, télécommunications, réacteurs nucléaires, pharmacie, matériel ferroviaire. Enfin la France dispose d’un poids réel dans le monde en termes de services et de tourisme. En revanche, P. Gauchon fait ressortir le déficit du commerce extérieur tout en soulignant que le masochisme français néglige les rentrées d’invisibles.

    Elites et musulmans : des tendances sécessionnistes fortes

    Au plan de la politique intérieure la France constitue un modèle très ancien d’Etat nation qui résulte de la volonté de vivre ensemble. P. Gauchon constate que la Constitution de la Ve République résiste au temps, ce qui est capital après des décennies d’instabilité et d’institutions faibles. Il montre la constance des choix géopolitiques fondamentaux, quels que soient les gouvernants successifs. En revanche, le modèle français hérité de l’après-guerre : poids de l’Etat sur l’économie, coexistence d’un secteur public important avec un secteur privé, laïcité, protection sociale, qualité du service de santé, se trouve clairement en crise. La France souffre d’un excès d’Etat et les réformes qui sont réelles sont lentes. Enfin, P. Gauchon souligne que le modèle français souffre de tendances sécessionnistes fortes : celles des élites, celles de la pratique religieuse des musulmans et celles des régions.

    La France, plus que d’autres pays, dispose d’un « soft power », c’est-à-dire une influence, d’une grande puissance. La France demeure le pays de la liberté et des droits de l’homme. La francophonie constitue un atout réel même si l’anglais progresse. La France est aux yeux de beaucoup dans le monde le pays de l’art de vivre et des intellectuels et garde une grande capacité d’exporter des biens culturels.

    Puissance extérieure : l’Etat arbitre

    Enfin P. Gauchon arrive au dur de la puissance : le « hard power » dont la France est loin d’être dépourvue. Elle dispose d’une force militaire et d’une capacité de production d’armements qui en fait une puissance militaire de premier rang. Ce constat doit être fortement tempéré par la baisse continue et drastique des budgets militaires, l’intégration de nos armées dans des structures internationales et le recul de nos ventes d’armes. La France dispose également d’une représentation diplomatique importante, la deuxième du monde, trop importante peut-être. Cependant, l’action diplomatique doit tenir compte du poids des entreprises multinationales, des religions et des ONG. Mais la conclusion de P. Gauchon est plutôt optimiste : finalement c’est l’Etat qui arbitre.

    L’ouvrage situe les relations de la France avec le monde :

    • - à l’ouest les puissances anglo-saxonnes sont des alliés mais veillent à ce que la France ne prétende pas à un rôle trop indépendant et les relations avec les USA sont ambiguës qui laissent la possibilité de deux stratégies : chercher une place privilégiée aux côtés des USA, mais la place est prise, ou accentuer les différences ;
    • - la France a joué un rôle majeur dans la construction européenne pour des raisons plus économiques que politiques. Contesté par un nombre croissant de Français, le choix de l’Europe apparaît comme un substitut à la grandeur passée et par conséquent un aveu de faiblesse. En tout cas sa position en Europe se dégrade ;
    • - l’alliance avec l’Allemagne a été privilégiée. Mais elle est remise en cause du fait du déséquilibre croissant entre l’économie et la situation financière des deux pays, même si le couple franco-allemand demeure le moteur de l’Europe ;
    • - les relations avec l’Afrique constituent un héritage économique, culturel, humain, politique et militaire considérable. Mais cet héritage est contesté par des concurrents puissants : les USA et la Chine. Surtout la Françafrique subit des critiques fortes et handicapantes en France et en Afrique ;
    • - la France s’est employée à retrouver sa place dans le monde méditerranéen depuis les années 1960 mais le bilan est moins positif qu’il ne paraît.

    Reprenons la conclusion de l’ouvrage. Celui-ci n’aura pas été inutile s’il a contribué à battre en brèche les idées reçues et à rappeler certaines vérités. La France possède des atouts exceptionnels. Elle a le droit de défendre ses intérêts avec réalisme et, pour ce faire, elle doit lever les contraintes qui l’entravent. Enfin, tout simplement, il est légitime qu’une puissance aspire à la puissance et la France en a les moyens.

    Voilà un bilan, malgré de fortes zones d’ombre, plutôt encourageant à lire. Mais il s’agit d’un constat à un moment donné ou d’une photo. Alors, au vu des contraintes et des dérives, d’ailleurs pour beaucoup énoncées par l’auteur, quel pourrait être le film ? Car enfin la France ne pourrait aspirer à la puissance que si notre Etat nation en avait encore le pouvoir et la capacité et si les élites qui le mènent croyaient en lui et en son avenir.

    Le rêve des élites ? Appartenir à l’oligarchie mondialiste ?

    Ce qu’il est aisé de constater c’est que ces élites ne veulent plus, pour une large partie d’entre elles, de la France. Elles sont dominées soit par des résidus de pensée marxisante soit par l’idéologie mondialiste et européiste dont les médias importants sont le relais et les chiens de garde. Toutes ces élites, qu’elles soient celles de la politique, des dirigeants des grands groupes privés ou de la haute fonction publique, ne rêvent que d’appartenir à l’oligarchie mondialiste. Le concept même de nation est exclu du débat. Prononcer le nom de la France est incongru et fait ricaner. Ces élites ressentent leur légitimité comme vacillante et elles sont vulnérables aux groupes de pression : SOS Racisme, LICRA, collectifs divers et loges, au communautarisme, aux organisations écologistes, aux comités et aux prés carrés des syndicats. En fait, ces élites ont aujourd’hui un pouvoir très restreint et elles sont complices de cette impuissance et de ce déclin : P. Gauchon souligne bien le masochisme intellectuel français. Certaines de ces élites utilisent leur pouvoir contre l’Etat nation et leur propre patrie. C’est ainsi que l’enseignement de l’Histoire de France est doucement et subrepticement écarté afin d’effacer le sentiment de l’identité nationale. Que l’on pense à l’introduction de la théorie du genre dans les programmes scolaires. L’Etat mené par de telles élites est un Etat qui prône l’oisiveté, favorise les minorités sexuelles, encourage la destruction de la famille. Cet Etat, et la Nation derrière lui, est celui du déclin et de l’impuissance.

    L’Etat français sous contraintes

    P. Gauchon fait bien apparaître les contraintes qui pèsent aujourd’hui sur l’Etat français. Reprenons-en certaines dont la liste n’est pas exhaustive :

    • - l’oligarchie mondialiste, qui pèse sur les décisions financières de la France ;
    • - l’Europe, dont les directives l’emportent sur la législation française ;
    • - les idéologies tyranniques, qui brident l’action de l’Etat : l’antiracisme, l’anticolonialisme, l’égalitarisme ;
    • - l’idéologie écologiste qui s’oppose à l’atout de l’énergie nucléaire et d’un prix bas de l’électricité ;
    • - l’euro, qui est une des causes majeures de nos déficits ;
    • - l’idéologie libérale, qui nous a conduits à perdre, comme le souligne l’auteur, notre industrie de l’aluminium et notre sidérurgie.

    Dans ces conditions l’Etat ne peut exercer pleinement et dans le respect des règles républicaines sa puissance et imposer son pouvoir.

    Cet Etat a favorisé ce qu’il appelle une immigration qui est en réalité une irruption incontrôlée de masses humaines qui représentent environ 15% de la population française. Ce phénomène menace notre pays de submersion voire de transfert de population et notre civilisation. Les conséquences sur notre Etat Nation sont lourdes et menacent son pouvoir. C’est tout d’abord le communautarisme appuyé sur des religions actives qui menacent le modèle républicain et laïc français. Aujourd’hui l’Etat en est à tolérer de plus en plus des zones de non-droit mais où en réalité la loi d’autres s’applique. Dans ces conditions le pouvoir de l’Etat ne s’exercera prochainement sur notre territoire que dans les limites de la puissance qui lui sera concédée.

    P. Gauchon a de bonnes raisons de souligner les points forts de l’économie française malgré les faiblesses qu’il relève. Mais elles s’effacent devant deux constats :

    • – Les contraintes imposées à notre économie : euro, 35 heures, droit du travail, libre-échange débridé, délocalisations détruisent notre industrie malgré ses points forts et sont à l’origine de déficits du commerce extérieur que n’arrivent plus à combler les soldes des invisibles ;
    • – La gabegie des finances publiques est à l’origine de déficits gigantesques et d’un endettement angoissant. Le taux de prélèvements obligatoires est devenu insupportable, provoquant la fuite de nationaux et la perte de forces vives. Au travers de ces prélèvements, au transfert de population s’ajoute un transfert de richesses. La situation est telle que, ne pouvant émettre de la monnaie et ne pouvant dévaluer, l’Etat français ne dispose que d’une très faible marge de manœuvre pour mener une politique.

    Enfin, les instruments de la puissance régalienne manquent de moyens ou semblent entrer en perdition. C’est le cas de l’armée dont les budgets sont en récession constante. C’est le cas également de la justice, de la police. L’Etat s’efface sensiblement devant les régions et l’Europe de Bruxelles.

    En fait, la France semble ne plus maîtriser son destin. Elle est trop souvent le jouet d’autres puissances plus fortes et organisées.

    Pouvoir et vouloir

    Et pourtant cette dérive n’est pas évidente et ne reflète pas un sens obligatoire de l’histoire. Comme le souligne P. Gauchon, dans le cadre européen la France est sans doute la nation qui dispose du plus beau potentiel. Mais ses élites ne veulent plus entendre parler d’elle et, positionnée comme elle l’est, elle apparaît plus comme une proie que comme une puissance. Cependant la France a connu des situations pires et s’en est relevée. Les atouts présentés par P. Gauchon seront peut-être les instruments non de la puissance mais du relèvement. Dans puissance il y a le verbe pouvoir. C’est le vouloir qui est absent.

    Nicolas Reilhac
    19/01/2013

    Correspondance Polémia – 25/01/2013

    Pascal Gauchon, Géopolitique de la France -/ Plaidoyer pour la puissance, Editeur Presses Universitaires de France – PUF, 2012, 256 pages.

  • « Qu’est-ce que le keynésianisme ? »

    Répondre à cette question, c’est d’abord s’intéresser à John Maynard Keynes. Car Keynes est inséparable du keynésianisme. On ne peut pas comprendre ce qu’est réellement cet objet idéologico-politique mal identifié si on n’a pas remis son concepteur en contexte. C’est le parcours et la personnalité de John Maynard Keynes qui permet de comprendre la doctrine qui porte son nom.
    Témoignage de première main : « Quand vous demandez leur avis à quatre économistes, vous recevez cinq avis dont deux de John Maynard Keynes. »
    C’est ainsi que Winston Churchill décrivait Keynes : l’homme qui a deux avis à la fois. Et il est vrai que la particularité de Keynes, constamment, fut de ménager,  à l’intérieur de sa pensée, une antithèse en forme de contrepoids. C’était pour ainsi dire dans sa nature, et y compris dans sa nature d’homme privé : homosexuel amoureux de sa femme, témoignant devant le grand public d’une confiance proche de l’arrogance, et pourtant d’une humilité remarquable en face de ses pairs, mathématicien de formation qui ne fit que de l’économie, théoricien de haut niveau qui ne rédigea que des ouvrages de vulgarisation, vulgarisateur qui parsemait ses livres de digressions théoriques pures, proche des milieux pacifistes mais deux fois coorganisateur de l’effort de guerre britannique, élève docile à Eton (le collège le plus huppé de la haute bourgeoisie britannique) mais plus tard souvent en décalage avec l’opinion bourgeoise, Lord Keynes fut un véritable paradoxe vivant, un tissu de contradictions internes parfaitement assumées.
    Si l’on suit le parcours de Keynes chronologiquement, on s’apercevra en outre que cette dualité permanente s’accompagne de ruptures. Keynes est célèbre, entre autres choses, pour avoir fait cette confidence rare chez un économiste : « Quand les faits changent, je change d'avis. Et vous Monsieur, que faites-vous ? » - et cela décrit bien sa pensée : fluide, pragmatique, jamais doctrinaire. C’est pour cette raison, d’ailleurs, qu’il est détesté de tous côtés, et apprécié aussi de tous côtés : en fait, il y a un Keynes pour tout le monde, et un autre Keynes contre tout le monde. Cette conjonction des ruptures et des ambivalences fait partie de l’homme très profondément, et elle fait, aussi, partie de la doctrine qui porte son nom. Une doctrine fondée par un non doctrinaire ?
    Keynes est au départ issu de l’orthodoxie économiste britannique, telle qu’elle est formulée au début du XX° siècle dans l’école d’Alfred Marshall. C’est là, remarquons-le d’emblée, une théorie qui ne « pense » l’économie que dans le cadre du capitalisme. Pour Alfred Marshall, et plus tard pour son héritier John Maynard Keynes, l’économie socialiste est hors sujet. Par hypothèse, on ne s’intéresse qu’à la correcte régulation du capitalisme. Un autre monde est impensable.
    Cependant, cette théorie du capitalisme est aussi critique à son égard : à la différence de la tradition dans laquelle vont s’inscrire par exemple des hommes comme Hayek, Keynes admet que la transparence du marché n’est jamais parfaite, que les décisions des acteurs sont toujours prises sur la base d’informations lacunaires, et qu’en conséquence, la théorie d’une autorégulation pure et parfaite des marchés ne peut être qu’une vue de l’esprit. Donc, à la différence d’un Hayek, qui pense le capitalisme comme une abstraction, Keynes le perçoit dans sa réalité, en fonction de ce que sont « vraiment » ses acteurs, et de leur conduire « réelle ». Il en découle que Keynes, par fidélité avec l’école dont il est l’héritier principal, sera toujours un pragmatique résolu, observateur fin non des règles mathématiques abstraites et de leur application par des acteurs supposés mécanistes, mais bien des hommes, avec leur part d’irrationalité. En profondeur, il faut y voir un parti pris philosophique plus que mathématique, qui rattache Keynes à une filiation réaliste et pragmatique, contre le nominalisme rationaliste (l’œuvre de Keynes a d’ailleurs commencé par un traité de mathématiques, sur les probabilités, dans lequel il attaquait en substance une certaine tendance à « mathématiser » le réel indépendamment des conditions de l’observation). Le tout fait qu’on pourrait définir le « paysage idéologique » où évolue Keynes, dès l’origine, comme un « capitalisme à visage humain » : un système de mathématisation du monde d’où le facteur psychologique n’est pas évacué.
    Cette inscription de Keynes dans la tradition de Marshall explique les ruptures qui ont jalonné son parcours : en réalité, John Maynard Keynes est toujours resté fidèle à l’esprit de l’école fondée par Alfred Marshall, et ses ruptures sont tout simplement la conséquence des faits, tels qu’il les a analysés selon la méthode de Marshall lui-même. Keynes est au « marshallisme » un peu ce que Lukacs, d’une autre manière et dans un autre monde, fut au marxisme : le disciple qui comprend que pour rester fidèle à l’esprit du maître, il faut s’éloigner de la lettre de son œuvre.
    Dans le parcours de Keynes, il y a en effet deux grandes ruptures, deux moments-clefs, où le brillant professeur de Cambridge rompt symboliquement avec son milieu, pour proposer une voie révolutionnaire – au sens où une révolution peut sauver un système en le bouleversant de l’intérieur.
    La première rupture survient après la Première Guerre Mondiale. Keynes, qui approche à l’époque des quarante ans, a été chargé de la gestion de la dette britannique. À ce titre, il est qualifié pour représenter le Trésor aux négociations de paix, en 1919. Il prend à cette occasion une position hétérodoxe : pas de réparations, annulation des dettes de guerre pour rendre possible une relance économique globale, et un plan de soutien à l’investissement en Europe. Il faut bien comprendre ici que Keynes parle d’un point de vue britannique : l’annulation des dettes, c’est le sauvetage d’une économie anglaise en passe d’être définitivement dépassée par son nouveau créancier, les USA ; mais il parle aussi, au-delà, d’un point de vue européen : pas de réparations, un plan de relance par l’investissement, c’est la possibilité de sortir le continent de ses déchirements, et d’ouvrir une nouvelle ère de prospérité. Les USA refusent l’annulation des dettes, la France exige les réparations allemandes : Keynes échoue, et le payera par une véritable dépression nerveuse. En l’occurrence, on peut considérer, au vu de la suite des évènements, que s’il avait été écouté, le monde aurait probablement fait l’économie du nazisme et de la Seconde Guerre Mondiale en Europe. Quant à la question de savoir si son échec provient de l’incapacité de la Grande-Bretagne à faire prévaloir ses visées, ou du peu d’enthousiasme que le point de vue de ce jeune haut fonctionnaire soulevait dans la City londonienne elle-même, cela reste en débat.
    La deuxième rupture survient progressivement entre la fin des années 20 et le début des années 30, quand Keynes élabore progressivement une théorie de la monnaie en rupture avec le système classique de l’Empire Britannique, l’étalon-or. Pourquoi cette rupture ? Parce que Keynes a compris que l’Empire, pour se maintenir, allait avoir besoin de relancer une phase de croissance, puisque le système de répression des forces productives touchait au terme de sa logique. Il n’est pas absurde de voir dans Keynes un pragmatique, qui souhaite que l’on injecte, dans le capitalisme de l’étalon-or, une dose de monnaie de crédit juste suffisante, ni trop ni trop peu, pour relancer une machine constamment sur le point de se gripper. Si l’on veut bien considérer que la monnaie de crédit servant à l’économie physique de production constitue une force de socialisation de fait (l’inflation venant rogner la rente, donc redistribuer), on peut même admettre que Keynes, ce Keynes issu de la deuxième rupture et que l’on répute « keynésien », c’est : une pincée de socialisme dans le capitalisme, pour que le capitalisme surmonte ses contradictions internes. Sur le plan de la théorie pure, cet ajustement idéologique est justifié (habillé ?) par une nouvelle modélisation du processus de fixation des prix.
    Il est à noter, à ce propos, que lors de cette deuxième rupture, Keynes, l’homme de Cambridge, directeur du très influent Journal de l’économie, obtint gain de cause contre Hayek, l’homme de la London School of Economics. Ce fut la première bataille entre ce que nous appelons aujourd’hui les néolibéraux et ce que nous appelons les keynésiens – bataille remportée par les disciples de John Maynard Keynes. Sans entrer dans des détails techniques complexes, cette victoire des keynésiens s’explique par la supériorité manifeste de la théorie de Keynes, quand il s’était agi d’expliquer la déflation des années 30 : Keynes, en montrant que l’investissement et l’épargne étaient déconnectés parce que venant d’acteurs différents, a fourni la clef pour comprendre selon quels mécanismes et à quel rythme un excès d’épargne pouvait entraîner un processus de contraction de l’activité. Ou si l’on préfère : en admettant, contre les postulats libéraux, la non-rationalité des acteurs au regard des enjeux globaux, Keynes est parvenu à expliquer comment la loi des rendements décroissants, constatée par Marx bien plus tôt et admise dans la théorie keynésienne, pouvait être contrebalancée par une politique monétaire adaptée, en « euthanasiant » la rente à travers un accroissement régulier de la masse monétaire, créateur d’activité réelle à hauteur de la compensation exigée par les rentiers. De l’inflation soigneusement mesurée, comme chimiothérapie du cancer représenté par le capital spéculatif, machine à phagocyter l’économie réelle – ou encore : comment l’on peut, en socialisant l’investissement via la création monétaire, faire fructifier le capital dans son ensemble, rémunérant ainsi y compris celui qu’on avait sur-accumulé (le socialisme sauvant le capitalisme). Le tout soigneusement empaqueté dans une théorie mathématique destinée à cautionner ce qu’il faut bien appeler un choix idéologique de pondération – théorie mathématique au demeurant fort intéressante.
    La Grande-Bretagne dévalua la Livre Sterling en 1931, et s’en porta effectivement très bien. Ce fut le seul grand pays capitaliste pour lequel les années 30 furent, à tout prendre, plus prospères que les années 20. Keynes, en revanche, échoua à se faire entendre de Roosevelt. C’est par abus de langage qu’on répute « keynésienne » la politique de Roosevelt, sauf à considérer que quiconque injecte un peu de socialisme dans le capitalisme est automatiquement un keynésien. Roosevelt refusa toujours la théorie keynésienne stricto sensu : veillant à encadrer les déficits publics, il fut interventionniste par l’investissement direct, sans faire confiance à la politique monétaire comme instrument premier. En réalité, si l’on remonte à la racine du problème, on verra que Keynes, homme de l’Empire Britannique, a voulu utiliser la Banque comme vecteur de la « dose de socialisme à injecter dans le capitalisme », tandis que Roosevelt préférait utiliser l’Etat fédéral américain, directement. Les deux avaient bien compris qu’il fallait, pour sauver le capitalisme, lui faire intégrer un contrepoids socialiste ou pseudo-socialiste. Mais Keynes aurait voulu que cette intégration ne remît pas en cause le rôle central de la Banque, à travers la direction privée des entreprises, alors que Roosevelt, lui, voulait au contraire qu’elle fût l’occasion de mettre la Banque sous contrôle. Derrière la querelle des économistes, la lutte des pouvoirs. Le social-capitalisme de Keynes et de la haute finance londonienne n’était pas celui de Roosevelt, l’homme de Washington.
    C’est bien ainsi qu’il faut comprendre la position historique de John Maynard Keynes, et la nature de ce qu’il est convenu d’appeler le « keynésianisme ». En réalité, si l’on définit le capitalisme comme un système de contrôle et de pouvoir indirect à travers l’outil monétaire, système qui permet de piloter les acteurs sans que ceux-ci sachent qu’ils sont contrôlés, en les plaçant dans une situation pré-cadrée où ils voudront agir conformément aux intérêts du système d’ensemble, le keynésianisme est la doctrine qui consiste à énoncer que le pilotage doit rester souple au niveau du centre, à travers une politique monétaire flexible, afin de compenser les rigidités que la somme des irrationalités chez les acteurs de base ne peut manquer de susciter. En ce sens, on pourrait dire, en guise de boutade peut-être, que si le néolibéralisme, c’est l’arbitraire bancaire le plus brutal, l’arbitraire des marchés soi-disant autorégulés, le keynésianisme, quant à lui, c’est le despotisme bancaire éclairé.
    On comprend dès lors pourquoi, depuis quelques mois, des organes de presse jusque là frénétiquement néolibéraux semblent s’être convertis au keynésianisme bon teint : c’est qu’après des décennies d’arbitraire néolibéral, il va falloir, pour sauver un système de pouvoir miné par ses contradictions internes, réinventer une forme de despotisme éclairé, donc keynésien.  Le fine tuning (ajustement précis) du policy mix (gestion combiné de la masse monétaire en expansion et des investissements publics d’infrastructure), dans le cadre d’un interventionnisme public assumé, semble sur le point de faire son grand retour, puisqu’une fois de plus les marchés attendent leur salut de l’Etat. Certes, on n’en est pas encore là (la politique Obama n’est pas keynésienne, ni même rooseveltienne au demeurant : c’est à peu près celle de Hoover en 1930-1931). On n’en est pas encore là, mais on y vient tout doucement…
    Et plus profondément, c’est à l’échelle du système financier international que le keynésianisme, à nouveau, est convoqué au chevet d’un capitalisme presque tué par ses excès. En 1945, avant Breton Woods, Keynes, remarquable collaborateur du gouvernement Churchill, proposa la constitution d’une monnaie mondiale, appuyée sur un étalon-or mobile : le bancor. A Breton Woods, les USA se chargèrent de rappeler à la Grande-Bretagne qui était le vrai patron, et la proposition de Lord Keynes fut enterrée : Dollar as good as gold. Sept décennies plus tard, il se pourrait bien que le bancor ressorte du placard.
    Michel Drac http://www.scriptoblog.com

  • L’Affaire Cahuzac : Gauche mondialisée versus socialisme enraciné

     

    « Je suis désolé, il y a un système affairiste au sein du parti socialiste qui n’a rien à voir avec le socialisme » (Arnaud Montebourg, L’Echo républicain, 7 juillet 2011).

    Assurément, depuis l’affaire Urba, apparue sous le premier septennat de Mitterrand, un affairisme récurrent caractérise les socialistes et leur conception du pouvoir comme leur rapport à l’argent.

    Trahison du pays réel

    On ne peut que souscrire aux paroles du ministre du Redressement productif, lesquelles ont été subliminalement reprises, en écho, par Jean-Luc Mélenchon, le tonitruant co-président du Parti de gauche qui lança à la face d’un Jérôme Cahuzac (ministre délégué au Budget) peu à l’aise, qu’il représentait « la vieille gauche sociale-libérale ». Sans tomber dans une trop longue exégèse, précisons tout de même que Mélenchon est loin, très loin de pouvoir se réclamer d’une gauche plus authentique que celle de son contradicteur. Si ce dernier semble approuver le ralliement de son parti au libre-échangisme mondialisé, le premier qui prône la régularisation de tous les clandestins et l’assouplissement des conditions d’accès à la nationalité française, se fait également le chantre d’un communisme de marché dans lequel les immigrés tiennent le rang d’armée de réserve du capitalisme, pour paraphraser Marx.

    Et c’est bien là le problème. La gauche radicale ou socialiste contemporaine française n’a plus rien à voir avec le mouvement socialiste ouvrier tel qu’il est né dans la première moitié du XIXe siècle. Dans Le Complexe d’Orphée, Jean-Claude Michéa explique comment le socialisme s’est littéralement et définitivement perdu dans un compromis hasardeux avec la gauche dite républicaine, au moment de l’affaire Dreyfus : « En acceptant ainsi de se mêler, pour la première fois de son existence, à la guerre civile bourgeoise [contre les ‘‘blancs’’ antidreyfusards, NDLR] (…) le mouvement socialiste français venait donc de sceller l’acte de naissance de la gauche moderne. (…) Il ne faudrait alors que quelques décennies à l’historiographie républicaine pour conférer à ce nouveau clivage (‘‘rouges’’ et ‘‘bleus’’ enfin réconciliés sous le drapeau unitaire de la ‘‘gauche’’ contre les ‘‘blancs’’ de la ‘‘droite’’ et de la Réaction) la dignité rétrospective d’une vérité éternelle ». La droite de gouvernement n’est pas en reste dans ce que l’on pourrait appeler l’appropriation privée de la chose publique. Mais lorsque c’est la gauche donneuse de leçons et incarnation autoproclamée du Bien que l’on prend la main dans la confiture, l’affaire prend un tour autrement plus scabreux. La trahison des classes laborieuses est consommée !

    Collusion UMPS [...] http://www.actionfrancaise.net

    L’AF 2855 - Pour lire la suite

    * Aristide Leucate, rédacteur à L’AF 2000, est spécialiste des questions politiques et sociales.

  • Inde : L’université des Va-nu-pieds

    A Rajasthan, une école hors du commun forme hommes et femmes venant de milieux ruraux – illettrés pour la plupart – pour devenir ingénieurs en énergie solaire, artisans, dentistes et docteurs dans leur propre villages. Son fondateur, Bunker Roy, nous explique comment elle fonctionne.

  • Twitter : retour aux z’heures-les-plus-sombres-de notre-histoire…

    imgscan-contrepoints-2224-racisme-anti-blanc.jpgAprès diffusion, en octobre, de tweets jugés antisémites, le réseau social Twitter avait été assigné en référé par l’Union des étudiants juifs de France et plusieurs autres associations. Hé bien, le Tribunal de grande instance de Paris vient d’ordonner hier à Twitter de communiquer les données permettant d’identifier les auteurs de messages racistes ou antisémites !

    En un mot, la justice française incite à la délation, mieux, elle l’ordonne ! Le bien commun est-il en cause ? Non, évidemment. Cette mesure est donc frappée d’un caractère exclusivement idéologique qui la discrédite totalement : la loi est détournée, confisquée à des fins politiques !

    Car tout le monde sait parfaitement que l’accusation de racisme est un élément de langage qui vise aujourd’hui à disqualifier un adversaire politique. Ni plus, ni moins. A telle enseigne que ce mot ne recouvre plus aucune réalité sérieuse, tant il a été galvaudé : sont ainsi racistes, par exemple, ceux qui s’opposent à l’islam et à la structure philosophico-politique qu’il incarne. Sauf que l’islam n’est pas une race, précisément. Ceux qui s’opposent au Christianisme et à son enseignement sont-il également racistes ? Porter un jugement de valeur sur la portée d’une religion, d’une philosophie ou d’une politique sociétale n’a évidemment aucune mesure avec un comportement raciste.

    Disons-le, le racisme est sans doute aujourd’hui, dans le vocabulaire français, le concept le plus confus qui soit : il n’est donc pas étonnant qu’il soit l’instrument de toutes les manipulations intellectuelles et partisanes. Pour noyer son chien, ne faut-il pas d’abord l’accuser de la rage ?

    Car le racisme, s’il doit être défini sérieusement, est une doctrine qui introduit une hiérarchie entre les races : certaines seraient alors – ontologiquement ?- supérieures à d’autres. Position qui n’est tenu par aucun courant de nos jours.

    Nous revoilà donc revenus aux heures les plus sombres des procès staliniens : car c’est seulement à l’aune de la vulgate médiatico-politique que seront déterminés les comportements racistes. Qui donc ne consent pas à épouser les vues dictées par la doxa sera systématiquement soupçonné de dérapage. Odieuse arrogance d’un milieu qui, quoique concentrant tous les pouvoirs, ne représente pourtant guère plus que lui-même !

    JdR http://www.contre-info.com/

  • De la grande vadrouille à la grande débâcle

    Fin 2012, 2 216 Français étaient détenus à l’étranger, selon le Quai d’Orsay, dont les trois quart pour trafic de stupéfiant ou des délits de droit commun. Ils sont un de moins depuis quelques heures avec le retour ultra médiatisé, hier, après tout de même sept ans de prison, de Florence Cassez. Une libération qui a été prononcée officiellement en raison d’un vice de procédure, a précisé la justice mexicaine. Occasion pour les amis de Nicolas Sarkozy et ceux de François Hollande de s’attribuer à tour de rôle, de manière assez puérile et pathétique, les mérites de cet élargissement anticipé. L’affaire Cassez avait été à l’origine de tensions diplomatiques entre Mexico et Paris, entraînant notamment l’annulation en 2011 de « L’année du Mexique » dans notre pays. Le compagnon mexicain de la française, Israël Vallarta, soupçonné d’être à la tête du gang ultra-violent des Zodiacos spécialisé dans le rapt, est toujours en détention dans l’attente de son procès. Nous l’évoquions en avril 2011, cette affaire comporte de nombreuses zones d’ombres, et peut accréditer les doutes sur l’impartialité de la justice mexicaine dans ce dossier. Mais de là à penser que M. Vallarta est innocent des crimes qui lui sont imputés, comme l’a suggéré Florence Cassez hier lors de sa conférence de presse, c’est peut être ( ?) beaucoup s’avancer et la presse mexicaine s’est montrée très sceptique sur cette question, certains doutant encore de l’innocence totale de la jeune française.

     Marine le Pen a parfaitement résumé hier sur Canal + l’opinion de beaucoup de nos compatriotes en notant que sans vouloir « minimiser la joie de Florence Cassez, de sa famille et je peux la comprendre », « la technique consistant, pour des raisons publicitaires de la part du pouvoir, à faire de l’Elysée une espèce de coulisse de TF1, ou Canal + ou BFM, m’apparaît être une mauvaise chose. » « Hier, il y a quelqu’un qui est revenu de manière parfaitement anonyme : le corps de l’otage français tué sur le site gazier algérien. Je pense que le gouvernement aurait peut-être dû recevoir en priorité sa famille ». Un sujet certes moins vendeur pour les « fils de pub » chargés de la communication gouvernementale.

     La présidente du FN a tout aussi justement pointé les leçons de morale, bien hypocrites, de la caste politico-médiatique à l’endroit d’un pouvoir politique mexicain intervenant dans le cours de la justice : « Excusez-moi, ils ne pourraient pas regarder la poutre qu’ils ont dans l’œil, plutôt que la paille dans celui des autres ? », a-t-elle demandé, rappelant que Nicolas Sarkozy est intervenu dans les dossiers Liliane Bettencourt et Bernard Tapie.

     Les policiers de la brigade financière ont d’ailleurs mené hier  deux perquisitions aux domiciles de l’actuel PDG de France Télécom, Stéphane Richard, et de Bernard Tapie, dans le cadre de l’affaire dite Christine Lagarde-Bernard Tapie http://www.gollnisch.com/2011/05/24/de-l%e2%80%99affaire-tapie-au-fmi-christine-lagarde-candidate-par-defaut%e2%80%a6/

     Au même moment, c’est un bon ami de François Hollande et de Laurent Fabius, présent hier à l’aéroport pour accueillir Florence Cassez, qui était entendu par la justice.

     Il s’agit de Dominique Strauss-Kahn bien sûr, qui était invité  à s’expliquer devant les juges instruisant l’affaire de proxénétisme dite du Carlton de Lille. Selon les termes des magistrats instruisant ce dossier, rapportait L’Express en novembre 2011, celui-ci révélait « un scandale inédit en France, à la confluence des réseaux francs-maçons, libertins et politiques » – http://www.gollnisch.com/2011/11/17/affaire-dsk-ps-a-la-confluence-des-reseaux-francs-macons-libertins-et-politiques/

     DSK a été confronté pendant quatre heures à une prostituée qui indique avoir participé à des soirées à Paris, en Belgique et à Washington après avoir été recrutée dans le club de Tournai, contrôlé par Dodo la Saumure, où elle exerçait ses talents. Interrogé par canal +, Dodo a fourni un alibi en béton à « Dominique » : « Je pense qu’avec son travail au FMI, il avait autre chose à faire qu’organiser des partouzes ». Un scénario crédible ? Comme disait le bien regretté et inégalé Louis de Funès, dont on célèbre aujourd’hui le trentième anniversaire de la disparition, « Le cinéma ? Je le fais sur un écran, pas dans la vie ! »…

     Une grande vadrouille médiatico-affairiste constate Bruno Gollnisch, qui occulte opportunément pour quelques heures la grande débâche économique, avec la publication ce vendredi des chiffres du chômage du mois de décembre. Pour le vingtième mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits est en augmentation. Sur les onze premiers mois de 2012, on décompte plus de 270 000 demandeurs d’emploi supplémentaires sans aucune activité (catégorie A), 360 000 avec ceux qui ont travaillé à temps réduit (catégories B et C).

     Au total 4,6 millions de personnes étaient inscrits à Pôle emploi fin novembre , dont officiellement 3,13 millions sans aucune activité, un chiffre inégalé depuis 15 ans qui pourrait atteindre dans un trimestre le pic de janvier 1997 (3,2 millions).

     Ce gouvernement peut toujours se consoler, en consultant le taux de chômage chez nos voisins espagnols, Espagne qui  a clôturé l’année 2012 sur un catastrophique record historique, avec plus de 26% de la population active sans emploi, un taux qui atteint même le pourcentage effrayant de 55% chez les jeunes, une situation sans espoir d’amélioration en 2013. Ce n’est pas non plus une bonne nouvelle pour les contribuables français sommés d’être solidaires des pays fragilisés de la zone euro. Après la Grèce, l’Espagne ? Et après l’Espagne, à qui le tour ?

    http://www.gollnisch.com

  • Terrorisme islamique: Guerre à l’Occident ! par José Castano

    « Tout au long de l’Histoire, l’immense expansion musulmane s’est effectuée par la guerre sainte, les massacres, l’intolérance, la volonté de conquérir, de diriger, de s’imposer, par la colonisation… » (Jean-Paul Roux, historien français spécialiste du monde turc)
    Malraux a écrit : « Le XXIème siècle sera religieux ou il ne sera pas ». Il serait grand temps que nous nous apercevions -enfin- qu'une nouvelle guerre de religion a éclaté et, cette fois, à l’échelle planétaire. Que ce soit en Asie, au Proche et au Moyen-Orient ou en Afrique, les Islamistes massacrent les chrétiens un peu partout dans l’indifférence générale. Et ces massacres, ce déchaînement sans pitié d'un Islam renaissant voulant dominer le monde ont eu leur source, en Algérie, dès novembre 1954 par l’insurrection armée généralisée et les massacres qui s’en suivirent durant près de huit années… dans une apathie méprisante de l’Occident.
    « Les Français qui n’ont pas voulu de l’Algérie Française auront un jour la France algérienne. »
    Georges Bidault
    « Les Français qui n’ont pas voulu de l’Algérie française auront un jour la France algérienne » a écrit dans son livre, « D’une Résistance à l’autre », Georges Bidault, l’ancien chef du Conseil National de la Résistance. Il reprenait là, en quelque sorte, cette déclaration du redoutable chef du FLN qu’était Larbi ben M’Hidi, déclaration lancée à la face des parachutistes français venus l’arrêter en 1957 lors de la « bataille d’Alger » : « Vous voulez la France de Dunkerque à Tamanrasset ? Je vous prédis, moi, que vous aurez l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ».
    Un an plus tôt, dans un tract du F.L.N. rédigé en Algérie en 1956, on pouvait lire en substance « Rappelez-vous que, quand nous serons indépendants et dans un minimum de temps, nous combattrons les trois cents kilomètres que nos ancêtres ont envahis en France. Voici les limites, Poitiers, Saint-Etienne, Lyon, les environs des Alpes et les Pyrénées. Toutes ces terres et ces villes sont celles de nos ancêtres. Après la guerre d’Afrique du Nord, nous allons envahir les trois cents kilomètres qui nous appartiennent et les ports de Toulon, Marseille, Bordeaux. Nous sommes les fils de Mohamed, fils de l’Islam.»
    Cinquante-sept ans après la diffusion de ce tract, la prophétie est en voie de se réaliser…
    Aujourd’hui, le monde arabe, sous l’emprise des faux prophètes que sont les religieux, est obsédé par les souvenirs de grandeur, le tumulte des épopées oubliées, les magnificences des siècles révolus. À leurs fidèles, contemplatifs, crédules et soumis, ils annoncent l’arrivée du Mahdi, c’est-à-dire, de l’Envoyé, celui qui plierait les infidèles sous la loi du cimeterre, comme aux siècles de gloire… Ils font de cette effrayante prédiction leur principal thème de combat dénombrant au passage les millions d’hommes entassés dans les deltas des fleuves d’Asie, les fourmilières humaines qui grouillent aux confins du Gange, celles qui piétinent aux marches des déserts d’Arabie. Ils y ajoutent les peuples du Caucase et de l’Oural, ceux du Proche, du Moyen-Orient et du Maghreb, ceux du Soudan, du Sénégal, du Mali, du Niger, de Somalie, de Mauritanie... Et serrant l’Afrique et l’Asie dans leurs doigts, ils expliquent que rien désormais ne pourrait plus résister à l’avalanche, que c’est le nombre –c’est-à-dire eux- qui fera désormais la loi, que l’Histoire est en marche, que nul ne saurait plus jamais l’arrêter, que les signes qui annoncent la victoire sont évidents et que la fin de l’Occident est déjà écrite quelque part sur les livres de l’Éternel. Le monde arabe est ainsi devenu une gigantesque bouilloire où surgissent de toute part les faux prophètes comme des silhouettes d’apocalypse. Ils ne poussent pas, ils ne poussent plus leurs « fidèles » à la bataille… ils les convient à la curée.
    Un goût du meurtre et du sang hérité des âges barbares
     C’est ainsi que ces hommes ont imaginé de mobiliser au profit de leurs calculs, la force de bélier de ces masses en mouvement et, couvrant d’un faux sens les mots qui les fascinent, ils leur ont donné des étendards sur lesquels sont peints les symboles éblouissants, mais qui ne dissimulent, en réalité, que de sauvages appétits de conquête, et un goût du meurtre et du sang hérité des âges barbares.
    On peut se demander comment ces faux prophètes que sont les Oulémas, les Imans et autres Mollahs –des religieux !- peuvent allier les commandements de Dieu et les crimes atroces que perpètrent en son nom de par le monde les terroristes islamiques. Eux s’étonnent que l’on ose compromettre ou ralentir la résurrection de l’Islam avec des scrupules de ce genre. La guerre révolutionnaire que ces fanatiques ont entreprise a des exigences… et la terreur qu’ils font peser sur le monde en a d’autres plus cruelles encore. Et pour mieux inculquer à leurs troupes fanatisées cette nécessaire terreur, ils ont recours au miracle du verbe, sacrifiant des foules, offrant des hommes au moloch dans le creux de leurs paumes ouvertes, brassant des vivants inutiles, balayant des millions de morts du revers de leurs mains, et reconstruisant dans les transes de l’extase, un avenir qui n’a plus de sens puisque ne se levant que sur des charniers et des déserts.
    « La guerre est la base des relations entre les musulmans et leurs adversaires. »

     

    En 1968, Abdallah Ghochach, juge suprême du Royaume hachémite de Jordanie s’exprimait en ces termes : « Le Djihad a été légiféré afin de devenir un moyen de propagation de l’Islam. En conséquence, les non-musulmans doivent venir à l’Islam soit de leur plein gré, soit de force par la lutte et le Djihad… La guerre est la base des relations entre les musulmans et leurs adversaires. »
    Et voilà qu’aujourd’hui, la haine de l’Occident ramène les arabes vers l’Islam, un Islam farouche, fanatique comme aux premiers âges… Tous ces pays ont lancé en leur temps la guerre au nom de la « démocratie » et de la « liberté »… Nous avons connu cela en Algérie… Ils la prolongent dans cette croisade qui s’appellera guerre sainte et que l’Occident aveuglé par l’obstination chrétienne, la conscience humaine et la morale ne perçoit même pas. 
    Mais on ne la livre plus au nom des Évangiles ou des Philosophies, on se bat pour de chimériques recettes de bonheur, des fictions dangereuses, des illusions puériles… quand ce n’est pas pour tirer profit du commerce de la drogue, de la contrebande et des prises d’otages. On bourre la cartouchière des Aqmi, des Shebab et des terroristes en herbe de munitions mais on leur donne aussi une musette gonflée de mensonges qui entretiennent leur colère. On incite les peuples à la haine en indiquant aux uns qu’ils se battent toujours pour les mêmes misères et aux autres que les temps sont venus de recommencer l’épopée. Et du Gange à l’Atlantique, l’Islam renoue des forces irrésistibles… Il faut préparer la grande fête de la guerre pour chasser les infidèles et, fusil au poing et bombes dans les valises, bâtir de nouveaux empires plus étonnants encore que ceux de la légende. Reviennent ainsi les terribles conditions humaines préconisées par la charia –la loi islamique- celles que nous avons déjà connues en Algérie : Les hommes égorgés, émasculés, mutilés, pendus aux arbres des bois, les femmes lapidées et vitriolées. Les exactions récentes des Shebab au Mali, en sont un pâle reflet… Enfin, des stratèges diaboliques ont compris le parti que l’on pouvait tirer des colères allumées par les mensonges dans le cœur des naïfs et des crédules. Ils ont cessé de faire la guerre eux-mêmes. Ils y ont poussé les peuples abusés. Ils payent ces mercenaires d’un nouveau genre avec des mots et pour exciter leur ardeur au suicide, ils leur ont insufflé le pire des poisons : La haine.
    Et pendant ce temps, l’Occident se bat contre lui-même pour une définition puérile de la liberté.
    Partout montent les clameurs de ces peuples qui rêvent de revivre enfin la prodigieuse épopée scandée par le choc des cimeterres et dont les fastes illuminent encore la nuit des temps… Partout ces cris qui menacent l’Occident, l’invectivent et le vouent à la mort. La vieille prédiction de Kipling devient une réalité redoutable : « Voici que montent les multitudes à l’assaut de la passe de Khaybar… » Et pendant ce temps, pendant que s’accélère cette frénésie des peuples acharnés à assassiner l’Occident comme pour se venger d’avoir reçu de lui la vérité qui prête une force gigantesque à leur faiblesse millénaire, l’Occident se bat contre lui-même pour une définition puérile de la liberté.
    Et voilà les barbares qui frappent aux frontières, les peuples loups qui grondent aux lisières des bois. Pressés de courir à leur tour la grande aventure de la civilisation et exaltés par la présomptueuse conviction qu’ils détiennent des recettes miraculeuses, ils négligent les trésors de l’héritage. Ils veulent tout détruire, tout raser pour tout recommencer sur les décombres d’un passé qu’ils haïssent parce qu’ils ne le comprennent pas.
    Et ils tentent d’imposer leur loi par l’assassinat et la terreur à des sociétés qui ont su dissiper ces cauchemars depuis si longtemps qu’elles n’en imaginent plus l’éventuel retour. Voilà qu’enchaînées par les règles qu’elles ont accumulées pour se prémunir contre les excès de leur propre colère, les sociétés stupéfaites s’abandonnent aux coups que leur portent des colères inconnues. Et voilà que s’écroule la civilisation parce que les barbares puisent dans son raffinement, ses complications et son indulgence, la seule force qui rend leurs débordements irrésistibles. Ils retrouvent naturellement le plaisir d’égorger sachant combien timide sera la répression. Jamais les passions déchaînées n’ont fait autant de ravages, semé autant de morts… Jamais on n’a assassiné autant d’hommes au nom du bonheur de l’humanité… Jamais le mot de Malaparte n’a été plus juste : Jamais on n’a couché autant de Christs dans les charniers du monde ! Et nous, pauvres occidentaux… pauvres Européens, timorés, craintifs et désunis (l’intervention esseulée de la France au Mali en est une preuve suffisante), sommes en passe de perdre cette ultime guerre qui nous est imposée parce qu’irrémédiablement condamnés à capituler au nom de la défense de la civilisation qui n’est autre qu’un suicide devant un assaut qui en nie l’essentiel.
    Soljenitsyne a écrit : « Toute notre vie là-bas, nous a appris qu’il existe un seul moyen de résister à la violence : c’est la fermeté ! »
    Dans la lutte contre la subversion et le terrorisme, rien n’est plus important que l’application d’une politique de défense préventive ferme et impitoyable à l’égard des adversaires de la Nation. Celui qui sème le vent doit récolter la tempête.

    Contact E-mail : joseph.castano0508@orange.fr