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international - Page 1591

  • EXCLUSIVITÉ Fortune : Brzezinski et le réveil politique mondial

    Extrait d’une conférence de Zbigniew Kazimierz Brzezinski, donnée fin septembre ou début octobre 2012 en Pologne. Brzezinski fut conseiller à la sécurité nationale du Président des États-Unis, Jimmy Carter, de 1977 à 1981.

    « Une domination mondiale des États-Unis n’est plus possible. »


    (Traduction et sous-titrage: Fortune)

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Syrie : la crainte de l’extension du conflit

    Lors de son passage au Journal télévisé de France 2, François Hollande a évoqué son souci –qui ne l’aurait pas ?- de tout mettre en œuvre pour enclencher une baisse du chômage qui poursuit son ascension a-t-on appris hier pour son douzième mois consécutif. Un fléau qui continuera à croître puisque l’actuel gouvernement à l’instar du précédent, n’entend pas remettre en cause les diktats ultra-libre échangistes de Bruxelles et son refus de mesures protectionnistes qui permettraient à notre économie de se battre à armes égales avec ses concurrents. Si la question de l’emploi est une angoisse majeure pour nos compatriotes, le chef de l’Etat a également mis ses pas dans ceux de l’équipe précédente en n’écartant pas l’hypothèse d’une intervention militaire étrangère en Syrie à la suite du massacre de Houla, vendredi dernier.

     Le général norvégien Robert Mood, a indiqué au Conseil de sécurité qu’au moins108 personnes y avaient été tuées, atteintes par des éclats d’obus ou tuées à bout portant, dont 49 enfants.

     Pour autant cette intervention militaire ne pourrait se faire que « dans le respect du droit international, c’est-à-dire par une délibération du Conseil de sécurité » de l’Onu. Ce qui imposerait un accord de la Chine et de la Russie dont le président Vladimir Poutine rencontre aujourd’hui son homologue français

     « C’est lui (M. Poutine, NDLR) pour l’instant, avec la Chine, qui est le plus en retrait par rapport à ces questions de sanctions. Eh bien, nous devons le convaincre que ce n’est pas possible de laisser le régime de Bachar el-Assad massacrer son propre peuple », a ajouté M. Hollande.

     Comme cinq autres pays de l’UE, le Canada et l’Australie, le chef de l’Etat a annoncé annonçant l’expulsion de l’ambassadrice de Syrie à Paris, Mme Lamia Chakkour.

     Le Conseil de sécurité de l’Onu, Chine et Russie comprises, ont condamné ce massacre et Kofi Annan, pour son deuxième déplacement en trois mois en Syrie, a rencontré mardi Bachar el-Assad à Damas. Le président syrien a déclaré à cette occasion que le succès de son plan de paix était inconcevable sans la victoire sur le terrorisme et l’arrêt de la contrebande d’armes.

     Alors, il s’agit de nouveau de noter que la complexité de la situation en Syrie commande d’éviter les raccourcis manichéens dressant le tableau d’un pouvoir syrien sanguinaire massacrant à tour de bras de courageux combattants de la liberté. Un schéma simpliste adopté depuis le début par la gauche socialo-communiste, notre nouveau président de la République et son ministre des affaires étrangères Laurent Fabius.

     M Hollande le sait bien, il donne ici des gages à bon compte au clan des partisans de l’intervention militaire…tout en sachant pertinemment que Moscou et Pékin ne changeront pas de sitôt leur fusil d’épaule.

     Un diplomate du Conseil de sécurité de l’Onu, interrogé sous le sceau de l’anonymat rapporte une dépêche Reuters, a souligné que « Rien ne montre que la Russie et la Chine sont prêtes à soutenir des mesures plus sévères à l’Onu, malgré ce qui s’est produit à Houla. »

     David Bosco, professeur à l’Université américaine de Washington, a estimé de son côté que « la dynamique du Conseil ne changera probablement pas avant que la dynamique du conflit syrien lui-même ne change. Tant que le gouvernement garde une chance raisonnable de se maintenir au pouvoir, je pense que la Russie et la Chine continueront à s’opposer à des mesures violentes visant à affaiblir le pouvoir du régime le Conseil restera dans l’impasse tant qu’Assad sera en mesure de contrer les efforts déployés pour renverser son gouvernement.»

     La prudence affichée officiellement par les Etats-Unis dans ce dossier est aussi le signe des risques de propagation à toute la région du conflit en Syrie qui touche déjà le Liban. Avec le risque de menaces supplémentaires sur la situation des minorités chrétiennes d’orient au sort duquel Bruno Gollnisch est particulièrement attaché et qui jouissent en Syrie d’une sécurité enviable.

     Renversement du régime en place à Damas qui ne serait certainement pas sans conséquence sur la situation du principal allié de Washington dans cette zone, Israël, d’où la retenue et la prudence de Tel-Aviv dans cette affaire que beaucoup ont relevé…

     Mardi à Washington, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a déclaré que si l’option militaire n’est pas exclue -le chef du Pentagone Leon Panetta et le chef d’état-major des armées américaines Martin Dempsey l’ont répété à plusieurs reprises-, les Etats-Unis ne croyaient pas « que la militarisation de la situation constitue une décision appropriée». «Nous sommes persuadés qu’un tel scénario conduirait à davantage de chaos et de sang. A l’heure actuelle, nous restons en contact avec tous nos alliés et le Conseil de sécurité des Nations unies (…) et nous espérons que les pressions exercées sur Bachar el-Assad feront leur effet.»

     Enfin, la Russie a donné son sentiment, étayé par ses services de renseignements, que des « forces extérieures » sont également responsables du massacre de Houla attribué aux forces officielles syriennes. Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères du nouveau gouvernement Medvedev, a affirmé que « Nous avons là une situation où manifestement les deux parties ont participé (à cette tuerie). Nous savons que l’opposition armée, du moins sa partie la plus radicale, reçoit en permanence des signaux pour ne pas cesser (les attaques) ».

     Moscou a également décidé de ne pas cacher ses soupçons vis-à-vis du rôle trouble qu’entend jouer dans ce conflit le gouvernement  islamo-mafieux mis en place  au Kosovo par les bonnes grâces de l’Otan. Lors d’un débat au Conseil de sécurité sur ce pays le 14 mai, Vitaly Tchourkine, l’ambassadeur russe auprès de l’ONU, a fait état « d’informations de presse troublantes selon lesquelles les autorités du Kosovo établissent des contacts avec des représentants de l’opposition syrienne pour entraîner des insurgés » syriens sur son territoire…Accusations démenties mollement par le ministre des affaires étrangères du Kosovo, Enver Hoxhaj, qui s’est contenté d’avouer des « contacts diplomatiques entre son gouvernement et l’opposition syrienne ».

     Or, la mise en place d’un camp d’entraînement pour les terroristes islamistes opérant en Syrie « irait à l’encontre des efforts » de Kofi Annan, et « transformerait le Kosovo en un centre international d’entraînement pour différents insurgés et groupes armés, ce qui serait un grave facteur de déstabilisation, allant au-delà des Balkans », a affirmé M. Tchourkine.

     Est-il besoin de préciser que cette inquiétude n’a  été répercutée que très confidentiellement par les médias français…

    http://www.gollnisch.com

  • De la BCE à la FED, un pas de deux « illimité »...

    ... Eh oui, car, après l'annonce d'interventions « potentiellement illimitées » de la BCE, chez les Supermen de Wall Street c'est le QE3 (Quantitative Easing, 3e édition de l'Opération Planche à Billets™ - ben oui, eux, ils sont plus forts, ils les impriment carrément) dont la mise en oeuvre vient d'être annoncée.

    Le parallèle n'est pas à trouver que dans la proximité chronologique.

    Il s'exprime aussi par un troublant « jusqu'à ce que » [ça s'améliore] qui, connaissant l'état réel de l'économie américaine et donc le caractère hautement illusoire d'une amélioration, revêt par conséquent, en fait, une tonalité du genre « jusqu'à ce que mort s'ensuive » :

    « La Réserve fédérale a lancé jeudi un nouveau plan de soutien à l'économie en annonçant qu'elle achèterait désormais pour 40 milliards de dollars (31 milliards d'euros) de dette immobilière par mois et qu'elle poursuivrait ses achats de titres sur les marchés jusqu'à ce que le marché du travail s'améliore nettement.

    Le lien direct établi par la Fed entre ce troisième plan d'"assouplissement quantitatif" (QE3) et l'évolution de la situation économique marque une inflexion marquante de la politique monétaire américaine qui pourrait lui valoir des critiques de ses détracteurs. (...)

    "Si les perspectives du marché du travail ne s'améliorent pas de manière significative, le comité continuera ses achats de prêts immobiliers titrisés (MBS), entreprendra des achats d'actifs supplémentaires et emploiera tous les instruments de politique monétaire appropriés jusqu'à ce qu'une telle amélioration soit obtenue dans un contexte de stabilité des prix", dit le communiqué de la Fed.

    Autre évolution de la politique monétaire : la banque centrale précise qu'elle ne relèvera pas ses taux d'intérêt avant la mi-2015 au plus tôt, alors qu'elle évoquait jusqu'à présent l'échéance de la fin 2014. (...)

    Le plan annoncé jeudi diffère des précédents notamment car la Fed ne s'est fixé aucune limite de temps, optant au contraire pour un objectif en termes de niveau de chômage. »

    Source (et davantage de détails ici) http://verslarevolution.hautetfort.com

  • 16 scientifiques : « Pas de panique sur le réchauffement... »

    Nous l'avions relaté en son temps. En septembre Ivar Giaever, Prix Nobel de Physique et figurant il y a quatre ans au nom des "groupies" d'Obama, démissionnait avec fracas de la Société Américaine de Physique dont il était un des membres les plus anciens. Il ne pouvait admettre le communiqué que celle-ci venait de faire paraître disant notamment : « C'est une évidence incontournable : le réchauffement climatique est en cours. Si aucune action décisive n'est entreprise des ruptures catastrophiques des systèmes écologique et physique de la terre, dan la santé et la sécurité humaine, surviendront probablement. Mous devons réduire les émissions de gaz à effet de serre et commencer tout de suite ». Non seulement en dépit de ce que braille le GIECC il n'y a aucun consensus sur ce sujet mais de plus en plus de scientifiques s'inscrivent en contre et dénoncent les manipulations idéologiques qui se déroulent sous le prétexte de ce soi-disant réchauffement créé par les activités humaines. Beaucoup de scientifiques ne vont pas jusqu'à de telles extrémités et adoptent une position plus modérée. Seize d'entre eux, tous de grande renommée même si le média conformiste s'efforce de les dénoncer comme marginaux et dilettantes, ont publié le 27 janvier dans le Wall Street Journal une tribune libre intitulée : « Pas de panique sur le Réchauffement Climatique » niant qu'il puisse y avoir le moindre argument scientifique en faveur d'une décarbonisation de l'économie mondiale. Certes, n'étant pas spécialistes de ces choses nous ne nous prononcerons pas ici sur l'aspect purement scientifique mais nous revendiquons le droit de ne pas être dupes de cette escroquerie des « droits à polluer » qui depuis une dizaine d'années ont fait la fortune d'Al Gore et de quelques autres escrocs et ont permis à des multinationales d'arroser à peu de frais tous les petits malins des pays en voie de développement qui n'ont pas tardé à tirer partie de ce détournement. En voici la liste :
    Claude Allègre. J. Scott Amstrong fondateur de l'International Journal of Fore-casting. Jan Breslow, chef du laboratoire de Biochimie génétique du Rockefeller Center. Roger Cohen, American Physical Society. Edward David, National Academy of Science. William Happer, professeur de physique à Princeton. Michael Kelly, professeur de technologie à Cambridge. William Kinninmonth, ancien directeur de la recherche sur le Climat au Bureau Australien de Météorologie. Richard Lintzen, professeur de science atmosphérique au MIT. James McGrath, professeur de chimie à l'Université Technique de Virginie. Rodney Nichols, ancien président de l'Académie des Sciences de New York. Burt Rutan, ingénieur aérospatial, travailla sur Voyager et SpaceShipOne. Harrison Schmitt, astronaute Appolo 17, ancien sénateur. Nir Shaviv, professeur d'astrophysique à Hebrew University, Jérusalem. Henk Tennekes, ancien directeur du Service Royal de météorologie des Pays-Bas. Antonio Zichichi, président de la fédération Mondiale des Scientifiques, Genève.
    J. R. Rivarol du 3 février 2012

  • Jean-Michel Vernochet : « Pourquoi l’axe Tel-Aviv-Washington veut détruire l’Iran »

    L'Iran doit être «détruit» : en tant que théocratie nationalitaire il est voué à être «normalisé». En tête des agendas politiques, l'inscription volontariste de l'Iran au rang des démocraties libérales est donc à l'ordre du jour. Car l'Iran est appelé, volens nolens, à se fondre dans le grand chaudron des sociétés éclatées dans lesquelles la segmentation du marché atteint son paroxysme (minorités ethniques, confessionnelles, sectaires et sexuelles, femmes, jeunes, enfants, la publicité s'adressant à ces derniers dès l'âge de deux ans, l'âge de leur scolarisation précoce) afin de pouvoir pleinement être intégré au marché unique, autrement dit le "système-monde".

    RIVAROL : L'armée israélienne vient de mettre fin précipitamment à ses bombardements de la bande de Gaza. Quant au ministre de la Défense, Ehoud Barak, celui-ci vient de faire valoir ses droits à la retraite. N'est-ce pas le signe d'un net reflux des ambitions expansionniste d'Israël et donc d'un renoncement implicite à toute agression contre l'Iran ?
    Jean-Michel VERNOCHET : Regardons les choses en face. Gaza a été pilonnée, l'aviation et les drones israéliens y ont semé la mort et la désolation. Certes, l'escalade s'est arrêtée assez vite, mais qui est nommément désigné comme le premier responsable de ces tragiques événements ? Téhéran ! Laurent Fabius,.ministre des Affaires étrangères, ne s'est pas gêné pour accuser l'Iran, « ce pelé, ce galeux d'où nous vient tout le mal » [Les Animaux malades de la peste] de « porter une lourde responsabilité dans l'affaire de la bande de Gaza », ceci en ayant notamment fourni des « armes à longue portée au Hamas ». Fabius étant particulièrement déconnecté, comme la plupart des énarques, ne connaît apparemment pas le sens du couple de mots « longue portée »... mais l'expression fait «riche ». Ainsi s'est-il répandu le 22 novembre sur Radio Monte-Carlo et BFMTV où il a désigné la cible ultime : « L'Iran est indirectement impliqué dans plusieurs conflits graves dans cette région... les missiles à longue portée de 950 kg qui peuvent atteindre le centre d'Israël et les villes du sud du pays sont fournis par l'Iran ». Des missiles qui n'ont causé au demeurant aucune victime dans le centre d'Eretz Israël malgré leur supposée formidable létalité ! À contrario nombreux ont été à Gaza les morts et les blessés dus à des bombes réputées "intelligentes" ! Bref, l'arrêt de l'offensive sur Gaza, la démission (ou l'éviction) d'Ehoud Barak ne changent rien sur le fond. Certains vont même jusqu'à se demander si les "rats" ne se mettraient pas à quitter le navire, surpris qu'ils sont par une annonce intervenant cinq jours après la fin de l'opération « Colonne de nuées » autrement nommée en français « Pilier de Défense ». Certes l'actuel ministre israélien de la Défense, ancien Premier ministre de 1999 à 2001, militaire le plus décoré du pays qui en janvier 2011 a tourné le dos au Parti travailliste pour rallier le cabinet de Benyamin Nétanyahou, était considéré jusqu'à ce lundi 26 novembre comme le numéro "2" du gouvernement... âgé de soixante-dix ans il ne quittera cependant pas ses fonctions d'ici les élections législatives du 22 janvier 2013. Mais il est encore trop tôt pour savoir ce que cache ou dissimule ce départ impromptu... de graves désaccords au sommet de l'État hébreu à n'en pas douter et des révisions politiques - forcément "déchirantes" imposées de l'extérieur ou par l'effet d'un simple « retour au réel » ? La question se pose : Israël a-t-il trop présumé de ses forces ? Ses méfaits et son hybris ne sont-ils pas en train de le rattraper ? Désormais la coupe est-elle pleine ? Reste que nous pouvons compter sur le Likoud, génétiquement parlant, et sur ses épigones néoconservateurs de Washington, pour ne pas savoir ni vouloir s'arrêter à temps.
    Au cours de cette dernière crise, MM. Obama et Fabius n'ont au demeurant ni lâché ni désavoué Israël et son gouvernement, le Likoud. J'en déduis que cet arrêt du pilonnage aérien de Gaza n'est en réalité qu'une sorte de "repli tactique" et que cela ne change en rien - au moins pour l'instant - quant à l'agenda occidentaliste visant à un remodelage en profondeur du Proche-Orient : Syrie, Liban, Iran... Même si nous nous plaçons dans la perspective encore lointaine d'une autosuffisance énergétique de l'Amérique du Nord grâce au gaz de schiste. Les enjeux énergétiques liés à la bataille de Syrie ou au littoral gazaoui - lequel jouxte la partie méridionale du "Léviathan", poche de gaz super géante dont Israël entend bien s'approprier la totalité - ne sont qu'une dimension du projet occidentaliste de reconfiguration de l'aire islamique. Un projet auquel l'Administration américaine n'est pas prête à renoncer, qu'elle soit "démocrate" ou "républicaine". Trop d'efforts et de moyens ont été déjà consentis en ce sens, la guerre de Syrie est coûteuse en termes diplomatiques, le mouvement est amorcé, la coalition euratlantistes ne reviendra plus en arrière. Même si M. Obama, en raison de restrictions budgétaires, réduit la voilure, le cap sera maintenu contre vents et marées.
    Syrie, Liban, Iran, ces trois pays constitutifs de l'arc chiite - l'Irak peinant durement à se reconstruire - doivent être et seront brisés sauf circonstances exceptionnelles. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'existe aucune dissension au sein des états-majors politiques et militaires à Washington et Tel-Aviv. Paris comptant pour du beurre, les états d'âme des exécutants n'entrant en effet pas en ligne de compte ! Désaccords, non pas sur les objectifs à atteindre - la nécessaire destruction d'un Iran souverain fait l'unanimité - mais sur les moyens d'y parvenir et le calendrier : la force brutale préconisée par le Likoud et les Néoconservateurs, ou encore l'usure et la ruse, les manœuvres indirectes, la guerre subversive ou les révolutions internes !
    Depuis des années, surtout ces derniers mois, nous voyons les nuées monter sur l'horizon. Les orages ont rarement pour habitude de faire demi-tour... de même les machines infernales, une fois le mécanisme enclenché. L'Iran est voué à la destruction... sauf capitulation en rase campagne de ses élites dirigeantes. À ce titre il est vrai que des élections présidentielles auront lieu en Iran en juin 2013. Rien n'indique cependant que les nouveaux dirigeants pourraient réorienter - du tout au tout - l'actuelle politique de la République islamique, ni, que de l'autre côté M. Obama veuille se déjuger en acceptant de négocier directement avec la théocratie parlementaire iranienne.

    R. : Mais pourquoi au final l'Occident est-il si acharné contre l'Iran ? Le nucléaire est-il la seule ou la vraie raison ?
    J.-M. V. : Le nucléaire n'est de tout évidence qu'un prétexte. Une grosse ficelle du même genre que les "armes de destruction massive" qui ont servi à tétaniser les opinions publiques occidentales et à lancer la croisade pour la démocratie en et contre l'Irak. Le 14 novembre dernier Le Parisien nous expliquait doctement que « selon les experts internationaux, le programme iranien se poursuit lentement mais sûrement malgré les sanctions économiques qui étranglent le pays. "C'est une question de mois pour que Téhéran parvienne à ses fins", analyse un diplomate français. Chaque jour qui passe nous rapproche peut-être d'une issue dramatique ». Observons que nul ne sait précisément qui sont « les experts internationaux » ni qui est le « diplomate français » ici mentionné. Tout cela n'est pas sérieux, mais c'est à l'image de ce que nous serinent quotidiennement grands et petits média : une menace croît à l'Est qui est en passe de se muer en danger imminent. Conclusion : l'intervention est inéluctable. Répété mois après mois, semaines après semaines, années après années, ce type de discours apparaît comme une fatalité et plus encore, comme une nécessité. La raison désarme devant tant de constance et d'énergie dans le prêche du malheur... et parce que dans nos magnifiques démocraties le peuple - de toute façon désinformé à mort - n'est jamais consulté pour ce qui engage son avenir, l'opinion subit et accepte, toujours et encore. Et que pourrait-elle faire d'autre puisqu'elle ne dispose d'aucun choix alternatif possible ? Chacun sait pourtant que la possession d'une ou plusieurs têtes nucléaires ne feraient pas de l'Iran un adversaire redoutable face aux deux ou trois cents vecteurs de mort atomique que déploie Israël. Au fond, tout cela serait risible si ce n'était atrocement tragique.
    N'est-ce pas M. Rocard, l'ancien Premier ministre, qui, transverbéré par un trait de lucidité - mais à moitié goguenard et satisfait de lui-même comme seuls savent l'être les "égrotants" - s'exprimait ce dernier printemps en ces termes [Libération 2 mars 2012] : « Nous avons une stratégie américano-anglaise... de torpiller toute possibilité de discuter sérieusement avec les Iraniens. Et même défaire un peu deprovoc de temps en temps. Comme s'il s'agissait de préparer une situation de tolérance rendant acceptable une frappe israélienne. Dans cette hypothèse, la guerre devient une guerre irano-syrienne soutenue par la Chine et la Russie, comme on le voit à l'Onu, contre en gros l'Occident et ses clients. Et l'Europe se tait. C'est une affaire à millions de morts, l'hypothèse étant que ça commence nucléaire. Je connais bien ces dossiers et je n'ai jamais eu aussi peur. Nos diplomates ont perdu l'habitude de traiter des situations de cette ampleur et tous nos politiques jouent à se faire plaisir avec des satisfactions de campagne électorale. Ce qui est nouveau, c'est l'intensité des dangers par rapport à un état d'esprit futile. Autre nouveauté, ces dangers sont extérieurs, résolument mondiaux. Il n'y a que l'Amérique latine et l'Australie pour avoir une chance d'y échapper. Aucun grand pays, même la Chine ou les États-Unis, n'y peut quelque chose à lui tout seul. Il n'y a de réponse que dans une consultation mondiale attentive dont tout le monde se moque ... Ça me rend malade ». L'agneau de la fable - innocent ou pas, là n'est pas la question - face au loup dominateur et sûr de lui, est forcément perdant : le premier démuni pollue l'eau du maître des lieux, l'autre manie la rhétorique sans appel du dominant. Iran/États-Unis, toutes proportions gardées, le schéma est à l'identique avec à l'arrivée, sans doute, le même résultat.

    R. : Mais quels intérêts l'Iran menace-t-il concrètement ?
    J.-M. V. : L'Iran ne menace personne mais barre le passage à une foultitude d'intérêts. Comme déjà dit, il ne faut pas réduire comme cela a été fait pour l'Irak, la question à sa seule dimension géoénergétique. Pour faire court disons qu'un processus d'Unification global du Marché est en cours et que l'Iran y fait obstacle. Après tout, il s'agit d'un pays où les prêts financiers à taux usuraires sont interdits, cela seul constitue un casus belli pour les potentats de la Finance et pour tout le système. Où l'Iran se soumet, accepte sa conversion aux dogmes du Monothéisme du Marché, ou bien doit se résoudre à se voir effacé de la Carte du Temps. À prendre ou à laisser. Sauf miracle, révolutions, effondrement des nations occidentales sous l'effet de la crise systémique...

    R. : Quelles sont, à votre avis, les issues possibles ? La guerre est-elle inéluctable ou encore évitable ?
    J.-M. V. : Obama veut ou voudrait temporiser. Sa préférence va aux stratégies indirectes, entre autres la subversion, l'étranglement par les sanctions, les révoltes populaires encouragées et soutenues de l'extérieur. Et cela marche. Les sanctions commencent à mettre l'Iran à genoux. Le peuple souffre. Les gens du Département d'État et les adeptes du « smart power » - le gros bâton subtil - comptent à ce titre sur un soulèvement de la population. De ce point de vue, pour le Département d'État, le président Ahmadinejad est devenu un personnage contingent. Il n'est plus le paramètre central. Les prochaines élections présidentielles pourraient en effet conduire à la tête des personnalités plus dures voire plus intransigeantes que l'actuel président. En tout cas, les stratèges de la terreur veulent d'abord priver l'Iran de ses bases avancées : celles du Liban, c'est-à-dire le Hezbollah ; de Syrie contre laquelle les coups de boutoirs se multiplient. En un mot, il s'agirait de ne pas aller trop vite en besogne, d'assurer les arrières, de déblayer le terrain et de faire le ménage avant de s'attaquer au sanctuaire iranien. Les autres, les faucons, veulent fondre sur la proie sûrs qu'ils sont de l'écraser sous leurs bombes en raison de leur infernale supériorité ; à savoir une maîtrise absolu de mers, de l'air et de l'espace... des espaces devrait-on dire puisqu'outre l'espace extra-atmosphérique il est désormais question de guerre à outrance dans le cyberespace. Or les Occidentalistes sont déjà allés trop loin. Ils n'ont d'ailleurs pas pour habitude de reculer. La Syrie mise à feu et à sang est un bon exemple de la détermination du camp israélo-américain, de leurs alliés, commensaux et satellites. Ils iront donc jusqu'au bout. Sauf que nul n'est vraiment assuré du résultat.
    Une victoire militaire coûtera de toutes façons cher, même si ce n'est pas à court terme. Car nul ne peut impunément et indéfiniment défier voire mépriser une communauté internationale en pleine mutation... Communauté des nations à présent traversée par les courants invisibles d'une information non filtrée véhiculée par la Toile. Dans l'actuel contexte de crise systémique, personne ne peut exclure non plus des révoltes en Europe et aux États-Unis. Une hypothèse qui devient chaque jour de moins en moins absurde pour ne pas dire de moins en moins "improbable". L’hybris des maîtres du monde est telle qu'ils croient encore pouvoir contenir ou canaliser des mouvements populaires de grande ampleur. L'histoire certes se répète souvent, mais c'est refuser de tenir un compte exact des transformations sociétales en cours ou déjà accomplies. L'intelligence et la culture des dirigeants occidentaux promus par le cirque médiatique et le bastingue démocratique, ne sont plus à la hauteur des défis actuels. Sur ce point nous sommes entièrement d'accord avec Michel Rocard. Mais pas pour les mêmes raisons. En vérité, sauf miracle, nous irons à l'abîme parce que ces gens veulent y aller et ont décidé de nous y emmener avec eux, assurés qu'ils sont de n'avoir pas à payer le prix du sang versé. Le sang des autres, bien entendu.
    Propos recueillis par Jérôme BOURBON. Rivarol du 30 novembre 2012
    Iran, la destruction nécessaire Persia delenda est... Jean-Michel Vernochet 128 p. 15 €.

  • La Serbie, dernière proie des proxénètes du nouvel ordre mondial !... (arch 2009)

    Lundi dernier, le 5 octobre, la Serbie célébra le 9ème anniversaire de la « révolution » ayant mis un terme au « régime » de Slobodan Milosevic. En cette même soirée d’automne de l’an 2000, après avoir été lâché par la police et l’armée, ce dernier finit par reconnaître la victoire de son rival Vojislav Kostunica à l’élection à la présidence de la République fédérale de Yougoslavie tenue le 24 septembre, qu’il avait d’abord tenté de nier en voulant imposer la tenue d’un deuxième tour. Ceci déclencha un mouvement de protestation de l’opposition qui culmina dans la journée du 5 octobre par une manifestation monstre à Belgrade au cours de laquelle la foule prit d’assaut le parlement fédéral et la télévision nationale qu’elle pilla et incendia.

    Vingt jours plus tard, un gouvernement serbe provisoire mêlant les 18 partis constituant la DOS (Opposition démocratique de Serbie), le SPO (Mouvement serbe du renouveau, également d’opposition) et le SPS (Parti socialiste serbe) de Milosevic, fut constitué et mené par Milomir Minic, lui-même membre du SPS. Ceci en prélude au gouvernement de Zoran Djindjic, le président du DS (Parti démocrate, l’un des principaux partis de la DOS) composé le 25 janvier 2001, suite à la tenue d’élections parlementaires extraordinaires le 23 décembre 2000. Djindjic sera assassiné le 12 mars 2003 et remplacé par Zoran Zivkovic, également du DS. Vinrent ensuite deux cabinets dirigés par Vojislav Kostunica, le chef du DSS (Parti démocratique de Serbie, lui-même une émanation du DS), et enfin celui actuellement mené par Mirko Cvetkovic. Ce dernier n’appartient officiellement à aucun parti mais est proche du DS, qui constitue l’ossature de son cabinet, dont fait désormais également partie le SPS dirigé par l’actuel vice Premier ministre et Ministre de l’intérieur Ivica Dacic.

    Cet anniversaire ne fut cependant le prétexte d’aucune réjouissance ostentatoire, ce que l’on ne saurait attribuer au seul souci des gouvernants serbes d’épargner les deniers du peuple en cette période de crise économique mondiale ou par égard envers leurs collègues issus des rangs du SPS qu’ils combattirent tant d’années avant de parvenir au pouvoir. La raison de cet absence de triomphalisme trompetant est peut-être à chercher aussi dans l’atmosphère lourde et pesante régnant actuellement en Serbie et rappelant étrangement celle de cet automne 2000…

    La situation économique et sociale n’est certes pas des plus brillantes. Après des années de croissance dynamique affichant des taux supérieurs à 5 % l’an jusqu’à l’amorce de la crise financière mondiale à l’automne dernier, l’année en cours se caractérise par une décélération brutale qui, selon les dernières données communiquées par le gouvernement, n’a toujours pas été enrayée mais ne saurait tarder à l’être. La crise, qui se traduit essentiellement en Serbie par un tarissement des investissements étrangers et du crédit, s’accompagne comme partout de l’inévitable lot de sociétés faisant faillite ou dont les comptes sont bloqués et poussant des milliers de salariés à la rue.

    Ceci affecte particulièrement une population vieillissante et en constante réduction pour la 18ème année consécutive. La Serbie compte désormais quelques 7.3 millions d’habitants, hors Kosovo, 1.6 millions d’entre eux étant retraités, quelques 700.000 autres officiellement au chômage et au moins encore autant vivant sous le seuil de pauvreté. Ce ne sont naturellement pas les quelque 1.8 millions de salariés, dont beaucoup travaillent pour une administration pléthorique et à l’efficacité souvent discutable ou des entreprises publiques déficitaires, qui suffisent à faire vivre tout ce beau monde et les emprunts visant à combler un déficit budgétaire chronique se multiplient. L’endettement extérieur du pays s’envole et la poursuite des réformes se fait désormais à nouveau sous la tutelle du FMI.

    Outre les effets prévisibles de la récession mondiale sur la Serbie, la crise met brutalement en exergue tous les excès et dérives qui, bien qu’ayant débuté sous Milosevic pour certains, furent démultipliés après sa chute et que l’on tend généralement à présenter comme le mal nécessaire accompagnant les sociétés dans leur phase de transition d’une économie planifiée vers le libéralisme et l’économie de marché, désormais érigées en véritables tables de la loi. Au delà des difficultés inhérentes à tout processus de transformation d’un système régissant une société en un autre, celles-ci se trouvent d’autant plus amplifiées quand menées par des individus peu scrupuleux qui, en s’engageant dans la carrière politique, semblent, pour la majorité d’entre eux, n’avoir que leur enrichissement personnel dans les plus brefs délais pour unique ambition.

    Cette attitude s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans le processus d’imposition de ce nouvel ordre mondial d’après lequel l’argent et les moyens de l’acquérir sont devenus l’alpha et l’oméga du système de valeurs, le mérite de tels personnages ne se mesurant plus à l’aune de leur intelligence ou dévotion pour la cause commune mais bien à celle de leur cupidité et appât d’un gain facile et rapide. Pour cela point ne faut un excédent de neurones dont l’activité est mise au profit de la communauté mais une certaine aptitude à tendre la main pour recevoir des prébendes et les instructions qui vont généralement avec.

    La Serbie regorge désormais de générations spontanées de ces croupiers d’un capitalisme débridé et conquérant dont l’apparition se trouva grandement facilitée par la constitution du gouvernement actuel, lui-même concocté dans la cuisine des ambassadeurs des USA et de Grande-Bretagne en poste à Belgrade en étroite collaboration avec une poignée des fameux tycoons, ces incontournables « hommes d’affaires » locaux ayant entamé leur essor sous Milosevic et ayant désormais un doigt dans tous les engrenages économiques du pays. Mêlant tout et son contraire, à savoir ennemis politiques héréditaires et idéologies aux antipodes les unes des autres, ce regroupement disparate de onze partis politiques faisant office de gouvernement s’est officiellement constitué dans le but d’ancrer la Serbie dans la zone d’influence occidentale via son intégration dans l’Union européenne et accessoirement l’Otan. Tirant à hue et à dia bien que ne disposant que d’une majorité toute relative au parlement, ce qui l’oblige parfois à soudoyer un parti de l’opposition pour y faire passer des lois non consensuelles, le véritable liant de la clique au pouvoir réside dans la corruption débridée et les abus en tous genres que ses tuteurs occidentaux feignent d’ignorer ou critiquent du bout des lèvres, comme quand ils réclament que l’agence de lutte contre la corruption nouvellement créée soit dotée de véritables moyens d’agir.

    Parallèlement aux mesures d’ordre économique visant à aligner la Serbie sur le modèle occidental et lui faire prendre la place qui lui a été assignée dans la répartition internationale du travail par les oligarques tirant les ficelles dans les coulisses de nos démocraties, ces derniers attendent d’elle qu’elle n’entrave pas l’émancipation de sa province méridionale du Kosovo dont ils l’amputèrent en février 2008. Contrairement à Vojislav Kostunica, qui s’efforça de mener les réformes tout en défendant la souveraineté et l’intégralité du pays coûte que coûte, le gouvernement du Premier ministre Mirko Cvetkovic, qui n’est de fait que l’homme de paille du Président serbe Boris Tadic, lui-même devenu la force motrice du pays en violation flagrante du rôle attribué à sa fonction par la Constitution, s’est empressé de botter la question du Kosovo en touche.

    Le sort de la province ne faisant désormais plus la une de l’actualité, cela permit d’ouvrir la porte à toutes sortes de concessions requises par Bruxelles dans le processus de rapprochement de la Serbie vers l’Union européenne, les dernières en date étant liées à l’inscription prochaine du pays sur la liste blanche Schengen, grâce à laquelle ses citoyens devraient pouvoir voyager dans cette zone sans visas à partir du 1er janvier prochain. En l’occurrence Belgrade fut contrainte d’accepter que les habitants résidant au Kosovo continuent d’être soumis au régime de visas et de signer un accord de coopération entre le Ministère de l’intérieur et EULEX, la Mission (dite) de droit et de justice de l’UE au Kosovo, en vue d’un contrôle commun de la « frontière » entre le Kosovo et la Serbie proprement dite, ce qui revient à impliquer Belgrade dans la mise au pas des Serbes vivant au nord de la province et persistant à en nier l’indépendance autoproclamée. La capitale serbe ayant avalé ces deux couleuvres sans broncher, les fonctionnaires de Bruxelles ne manqueront pas de continuer à en assaisonner la soupe à la grimace du rapprochement de la Serbie vers l’UE qu’ils ont conditionné à l’établissement des relations de bon voisinage avec leur petit protégé « kosovar ».

    En Serbie même l’Occident continue de jouer sur les trois autres points de pression sur Belgrade que sont la province de Vojvodine, comportant une multitude de minorités dont de nombreux Hongrois, au nord, le Sandzak (ou Racka), riche en slaves musulmans, et les trois bourgades que les Albanais appellent la vallée de Presevo au sud, où il s’arroge le droit d’intervenir sous le prétexte de la défense des droits de ces minorités. La question du Statut de la Vojvodine, adopté à l’automne dernier par les autorités provinciales mais toujours pas entériné par le parlement serbe, malgré le dépassement des délais prescrits par la Constitution, car conférant des éléments de souveraineté à la province, est d’ailleurs en phase de réactivation dans le débat politique serbe et le Président Tadic vient de mettre en garde les alliés provinciaux du gouvernement contre toute tentative de l’internationaliser. Belgrade doit également sans cesse veiller à contrer les velléités d’autonomie aux relents sécessionnistes régulièrement exprimées au Sandzak et à Presevo.

    Dans un autre registre, mais toujours dans le domaine des pressions exercées sur la Serbie, cette dernière se voit encore et toujours soumise au chantage du progrès vers l’UE au prix de l’appréhension et de la remise du général Ratko Mladic, l’ancien commandant des forces serbes en Bosnie pendant la guerre, et de Goran Hadzic, un temps le leader des Serbes de Krajina en Croatie, tous deux inculpés de crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Rappelons que les Serbes, ayant été délibérément et systématiquement désignés comme les grands responsables des conflits ayant ensanglanté ce pays à la fin du siècle passé, alors qu’il apparaît chaque jour plus clairement qu’ils échouèrent à s’opposer à un plan de démembrement de la Yougoslavie concocté à l’avance, constituèrent en toute logique le gros du bataillon d’inculpés par le Tribunal qui les harcèle depuis plus de quinze ans déjà et dont la fermeture, maintes fois repoussée, ne semblera manifestement acquise qu’une fois la Serbie définitivement mise au pas.

    Poursuivant cette logique de culpabilisation de la Serbie jusqu’au bout, cette dernière est également soumise à des pressions occidentales croissantes visant à la forcer, en tant que co-signataire des accords de paix de Dayton ayant mis un terme à la guerre en Bosnie fin 1995, de « rappeler à la raison » le Premier ministre de l’entité serbe Milorad Dodik, lui-même un temps chouchou de l’Ouest quand il l’aida à démanteler l’appareil politique hérité de l’ancien leader politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, et qui refuse désormais farouchement de cautionner les mesures visant à parachever l’élimination de la Republika Srpska qu’il dirige en la vidant de toute substance. Ajoutez à cela la relance insidieuse du prétendu débat sur la nécessité pour la Serbie d’intégrer l’Otan comme condition préalable à son acceptation dans l’UE, la simple évocation de cette idée provoquant instantanément une crise d’urticaire chez tout Serbe normalement constitué se souvenant alors de la frustration de n’avoir pu dire deux mots à ces pilotes de l’Alliance semant la terreur en appuyant sur des boutons à partir de confortables distances de sécurité de leurs cibles. Dans le registre des précédents historiques, dont les Serbes sont friands et férus, toute évocation d’intégration dans l’Otan leur rappelle aussi immanquablement le triste souvenir des Janissaires, ces unités d’élite de l’armée de l’Empire ottoman constitués à partir d’enfants, serbes pour beaucoup, arrachés à leur parents pour être formés à l’art de la guerre, y compris contre leur propre peuple. Cette crainte de voir l’histoire se répéter n’est certes pas sans fondement face aux besoins croissants en chair à canon de l’Alliance atlantique.

    Cette marche forcée vers le modèle libéral prôné par l’Ouest s’accompagne d’un vaste travail de ramollissement et d’endoctrinement des cerveaux opéré par les médias, rares étant ceux pouvant encore se targuer d’adopter une ligne éditoriale « indépendante », et ce particulièrement depuis la toute récente adoption d’une nouvelle loi sur l’information liberticide calquée sur celle introduite en 1998 par Milosevic devant alors faire face à la montée de la propagande de l’Occident menée en prélude aux bombardements de la Yougoslavie par l’Otan. Les jeunes générations sont la cible privilégiée de cette véritable œuvre de sape des valeurs morales et intellectuelles et les télévisions déversent à profusion la bouillie pour chats faisant désormais office de culture en Occident. Ce ne sont plus qu’éloge de la vulgarité, de l’artificiel et du fric avec moult programmes de voyeurisme à la sauce « big brother », talk-shows de « matuvus » insipides, chanteuses pétasses aux seins siliconés, ou encore émissions vous proposant de gagner une bagnole en envoyant un texto, sans oublier l’incontournable et désormais omniprésente violence sous toutes ses formes avec l’inculcation insidieuse de l’état policier en sous-main.

    Quoique n’ayant pas choisi un ancien Ministre de l’intérieur pour Président, la Serbie n’échappe pas à la dérive autoritaire caractérisant aujourd’hui nos bonnes vieilles démocraties occidentales. A l’image de ce qui se passe en France, le Président Tadic, qui prit la tête du DS à la mort de Zoran Djindjic, est de tous les combats et sur tous les fronts, mais il se distingue de son homologue français dans la mesure ou le système politique en Serbie n’est pas celui d’un régime présidentiel fort et c’est le Premier ministre qui est censé mener la politique de l’état. Cette pratique avait également été le fait de Slobodan Milosevic et l’arrivée de Djindjic au poste de Premier ministre y avait mis un terme. Elu Président lors du premier mandat de Vojislav Kostunica, Tadic parvint cependant à la rétablir et à s’imposer comme acteur politique principal après avoir réussi à évincer ce dernier avec l’aide de Londres et Washington.

    S’étant débarrassé de l’encombrant Kostunica car trop insoumis, ce même trio informel forma le cabinet du docile Mirko Cvetkovic et s’attaqua ensuite au Parlement, où la majorité ténue dont dispose le gouvernement était sans cesse battue en brèche par l’opposition, et tout particulièrement par le Parti radical serbe (SRS) de Vojislav Seselj, alors la principale formation politique du pays menée par son vice-président Tomislav Nikolic du fait de la détention de Seselj à La Haye par le TPIY. Le Parlement fut muselé par l’introduction de nouvelles règles de procédure limitant drastiquement le droit de parole des partis politiques et fonctionne désormais comme simple chambre d’entérinement des lois adoptées par le gouvernement. Ceci permit alors à Tadic et ses acolytes anglo-saxons de procéder au démantèlement du parti de Seselj en poussant Nikolic, que Tadic parvint tout juste à battre au deuxième tour de la présidentielle qui vit sa réélection le 3 février 2008, à former son propre parti, le Parti serbe du progrès (SNS), dans lequel il entraîna bon nombre de cadres du SRS, dont l’ancien secrétaire général et numéro 3 du parti Aleksandar Vucic, désormais son bras droit.

    Avec la création du SNS, dont la côte de popularité s’envole dans les sondages et flirte désormais avec celle du DS, qu’il bâtit même récemment dans l’un de ses fiefs belgradois à l’occasion d’élections municipales anticipées, l’Ouest a tenté de faire d’une pierre deux coups, à savoir canaliser les sentiments patriotiques de la population, étiquetés comme nationalistes donc néfastes, au travers d’un parti à la rhétorique aseptisée et acceptant de collaborer, comme ce fut le cas du HDZ en Croatie avec l’arrivée d’Ivo Sanader à sa tête, et se doter d’une bride sur laquelle pouvoir tirer chaque fois que le sentiment d’omnipotence monte à la tête du Président Tadic. Il semble avoir ainsi établi tous les pare fous nécessaires pour contenir tout débordement d’une Serbie soumise à une véritable thérapie de choc n’étant pas sans rappeler l’ignoble sort réservé à ces pauvres jeunes filles qui, rêvant d’un avenir meilleur et attirées par les miroirs aux alouettes contemporains promus par les médias, tombent dans le premier piège tendu par des proxénètes sans vergogne. En l’occurrence ceux-ci travaillent pour le compte des maîtres du nouvel ordre mondial et font actuellement passer la Serbie par les fourches Caudines de leur « dressage » en vue de la lâcher sur le boulevard de la globalisation.

    La petite s’avère pourtant coriace et, telle certains détenus de Guantanamo que la CIA désespère de rééduquer par noyades simulées et autres mauvais traitements interposés, le sentiment de « serbitude », que les Turcs ne parvinrent jamais à vaincre en cinq siècles d’occupation malgré l’imposition de toutes sortes de turpitudes qu’illustrent les pyramides de crânes vues par Lamartine à l’entrée de la ville de Nis, perdure envers et contre toutes les humiliations subies dans lesquelles l’obstination caractéristique des Serbes, le fameux « inat », puisa d’ailleurs régulièrement les forces nécessaires à l’affranchissement du joug que diverses puissances tentèrent de lui imposer de par le passé. Pour beaucoup d’entre eux la coupe de la lie que l’on s’efforce de les faire boire est pleine depuis trop longtemps déjà et la récente campagne menée en faveur de la tenue d’une « gay pride » à Belgrade, ou « parade de la honte » selon le haut dignitaire de l’Eglise serbe orthodoxe Amfilohije, qui traduisit en cela le sentiment généralement partagé par la population, a bien failli être la goutte faisant déborder le vase. Celle-ci fut annulée in extremis à l’aune du risque bien réel de la voir subir un sort digne de celui de la nuit de la Saint Barthélemy.

    Le paroxysme des tensions traversant actuellement la société serbe fut cependant atteint quelques jours à peine après la date prévue pour la tenue de la gay pride quand une bande de hooligans attaqua sauvagement et sans raison apparente l’infortuné supporter de l’équipe de football de Toulouse Brice Taton, qu’elle laissa pour mort sur le pavé. Le choc provoqué par cet incident, qui prend la proverbiale tradition serbe d’accueil de l’étranger totalement à contre-pied et stupéfia la population, dressée comme un seul homme pour le condamner, semble vouloir être exploité par les autorités à la façon dont Georges Bush junior et sa bande mirent à profit les retombées des évènements du 11 septembre 2001 pour imposer leur folle politique meurtrière ayant précipité la planète au bord du gouffre.

    Ceci se traduit par une véritable campagne visant à faire endosser les tensions actuelles à des organisations regroupant des jeunes patriotes se voulant les défenseurs des valeurs traditionnelles d’une société pliant sous les coups de boutoir de la décadence occidentale galopante, et à les discréditer aux yeux de l’opinion en les assimilant à certains groupuscules informels de supporters de foot casseurs et autres skinheads à l’idéologie plus ou moins fascisante afin de l’amener à supporter leur dissolution. Ce besoin soudainement impérieux de faire place nette et éliminer des éléments contestataires ayant fait la preuve de leur capacité d’organisation pour manifester leur opposition au port de tutu rose en public, semble préfigurer l’annonce d’un évènement d’importance tel que l’arrestation du général Mladic ou la remise en liberté du chef du SRS Vojislav Seselj, que le TPIY ne saurait garder éternellement dans son cul-de-basse-fosse, à moins qu’ils n’en ressorte les pieds devant comme Milosevic…

    Alors, face à l’approche de nouveaux défis de taille attendant la Serbie dans un avenir proche, la question est désormais de savoir si les maquereaux du nouvel ordre mondial sont parvenus à en faire la pute soumise de leurs rêves !…

    Mader  http://www.agoravox.fr

     

  • Nigeria : églises brûlées et chrétiens égorgés par les islamistes

    Des attaques menées par des islamistes du groupe nigérian Boko Haram ont une nouvelle fois violemment visé samedi et dimanche des chrétiens et des églises dans le nord du Nigeria, selon des témoins et des responsables locaux.
    Dix personnes ont été égorgées par des islamistes qui sont passés de maison en maison samedi soir dans le quartier chrétien de la ville de Chibok, dans le nord du pays, a-t-on appris dimanche auprès de responsables locaux.
    « Les assaillants sont arrivés vers 21h en scandant Alahu Akbar (Dieu est grand) (...) ils se sont rendus dans des maisons qu'ils avaient identifiées dans un quartier à dominante chrétienne de la ville pour massacrer 10 personnes comme des moutons», a déclaré un responsable local qui a requis l'anonymat.
    « Qui d'autre que des membres du (groupe islamiste) Boko Haram pourrait entrer dans les maisons et trancher la gorge de dix personnes», a déclaré un autre responsable local.
    Chibok se trouve à 170 km de Maiduguri, le fief de Boko Haram.
    « Les hommes sont arrivés en grand nombre et ils sont entrés dans des maisons qui avaient été choisies avec précision et ils ont massacré 10 personnes en criant Allahu Akbar», a rapporté Ezekiel Damina, un habitant du quartier de Myan, en périphérie de Chibok.
    Dans le nord-est, au moins deux policiers ont été tués dimanche dans une attaque lancée par des islamistes présumés qui ont incendié trois églises et des postes-frontières dans la localité de Gamboru Ngala, selon des témoins.
    « Des hommes armés, on pense qu'ils sont de Boko Haram, sont arrivés à cinquante en voiture et en moto, vers 8h30, et ils ont attaqué et brulé des postes de sécurité à la frontière» avec le Cameroun, a déclaré à l'AFP, Modugana Ibrahim, un habitant.
    « J'ai vu le cadavre de deux policiers en sortant de la ville, près du commissariat» incendié, a ajouté M. Ibrahim. L'information a été confirmée par un autre habitant, Sani Kani, qui a précisé qu'un des corps gisait sur le bas-côté de la route alors que l'autre était assis dans un fourgon de police.
    Parmi les postes de sécurité brulés, il y avait un commissariat, des locaux de l'immigration, des douanes et de la police secrète (SSS), ainsi qu'un poste de quarantaine, selon les habitants.
    Les hommes armés « scandaient Allahu Akbar (Dieu est grand), ils ont brûlé le poste de police et trois églises », a déclaré Hamidu Ahmad, un autre habitant.
    Selon les habitants, des échanges de tirs ont eu lieu à la mi-journée entre les assaillants et des renforts de police arrivés de Maiduguri, le fief de Boko Haram, à 140 km de là.
    Les tirs ont cessé dans l'après-midi, mais la police avait quadrillé les rues de la ville, déserte. Les habitants étaient enfermés chez eux et beaucoup d'hommes avaient quitté la ville vers des villages voisins ou en direction du Cameroun, de peur de représailles des forces armées contre les civils.
    Il y a deux semaines, des habitants disent avoir vu circuler des tracts islamistes, qui imposaient aux femmes de porter le hijab (voile islamique) et interdisaient la vente de cigarettes et l'ouverture de lieux de rencontre comme des cafés.
    Boko Haram - dont le nom en langue Haoussa signifie «l'éducation occidentale est un péché» - a revendiqué de nombreuses attaques, notamment dans des lieux de culte chrétiens au moment du service du dimanche, dans le nord et le centre du Nigeria.
    Les locaux et les effectifs de la police et de l'armée sont aussi souvent visés par le groupe islamiste.
    Dimanche dernier, un double attentat suicide a fait onze morts et une trentaine de blessés dans une église protestante située dans l'enceinte d'une caserne dans la ville de Jaji (Etat de Kaduna), dans le nord.
    Les violences attribuées à la secte et leur répression sanglante par les forces de l'ordre ont fait, selon les estimations, plus de 3000 morts depuis 2009.
    Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, avec 160 millions d'habitants, et premier producteur de pétrole du continent, est divisé entre un Nord, majoritairement musulman, et un Sud à dominante chrétienne.

    Avec AFP http://www.francepresseinfos.com/

  • L'ÉCONOMIE DÉTRUIT L'ÉTAT-NATION

    La pensée est devenue unique - parait-il - et l'on peut même dire qu'elle est devenue économique et d'un seul courant. Le seul mot d'ordre actuel est la destruction de tout esprit national et cela passe par la machine de guerre économique.
    La France, plus vieil État-Nation de l'Occident, a toujours eu une politique économique organisée dans un cadre national depuis les rois, et en particulier Louis XIV, jusqu'au général De Gaulle qui était animé du volontarisme économique le plus solide : plan calcul pour l'informatique, programme spatial, armement nucléaire le plus moderne, aérospatiale...
    Depuis Pompidou, ancien directeur de la banque Rothschild, et Giscard, sans discontinuer, les gouvernements n'ont fait qu'organiser le démantèlement économique de la France pour la soumettre aux «lois» du marché mondial.
    Les capitaux, la Finance internationale sont les maîtres de l'économie. L'emploi n'est plus une priorité et, l'on pourrait même dire, qu'il est le dernier des soucis. Vis à vis de celui-ci n'existe que le pieux discours sur la baisse des charges, la flexibilité des salaires ou le discours infantile d'Alain Madelin « si le libéralisme était vraiment appliqué, tout irait mieux dans le meilleur des mondes possibles ». Mais en fin de compte seule compte la bonne santé des marchés financiers.
    L'État ne peut plus intervenir dans un cadre national. D'ailleurs tous les outils qui étaient à sa disposition lui sont enlevés les uns après les autres.
    La Banque de France n'existe plus et la Banque Centrale européenne est indépendante des gouvernements. Toute politique monétaire est donc extrêmement limitée. Quant à la politique budgétaire, les fameux critères de Maastricht l'anéantissent presque totalement.
    L'État de régulateur devient même dérégulateur. La croissance et la création d'emplois ne sont plus des objectifs dans une économie sous la domination des marchés financiers.
    Le productif est soumis au financier. On ne raisonne qu'à travers la sphère monétaire et non plus celle réelle des biens et des personnes. Ceci est bien sur totalement contraire à l'intérêt réel des agents économiques, à part celui de quelques financiers. La pensée keynésienne de régulation, qui a fait ses preuves, qui s'effectuait très bien dans un cadre national et avait comme objectif une augmentation des biens et de l'emploi (donc du bien-être économique), n'a plus de raison d'être dans le contexte économique actuel sauf pour des pays qui ont gardé leur souveraineté comme les États Unis, le Japon, la Norvège, la Suisse et dans une certaine mesure la Grande Bretagne (pays qui ont tous moins de chômage).
    Cette pensée unique qui se veut irremplaçable est bien sûr fondée sur des prémisses idéologiques de la fin des Etats-Nations où tout ce qui peut rappeler l'idée d'une vision nationale est à bannir. L'Euro fait partie de cette logique puisque les nations n'ont même plus leur propre monnaie et seront complètement immergées dans les mécanismes financiers internationaux. De Gaulle disait souvent : « l'intendance suivra ». Maintenant il faut inverser cette, phrase : c'est à partir de l'économie que les Etats-Nations et leurs structures seront détruits de façon inexorable. Jacques Chirac, comme les socialistes, a totalement accepté cette nouvelle pensée économique.
    Un changement de politique ne pourra s'effectuer que par un changement des hommes politiques en place et par un renouveau total de la classe politique et des partis. Les Français par un sursaut de survie pourront alors empêcher la destruction et la mort de leur nation. Ceci serait même avantageux sur le plan économique, car la France aurait de nouveau le choix de la croissance et du plein emploi. Les années où la France était souveraine correspondent aux périodes de forte croissance et de plein emploi. La construction européenne s'est accompagnée, elle, d'une croissance de plus en plus faible et d'un taux de chômage de plus en plus grand. Ce changement est d'autant plus réalisable que la France est, quoi qu'on dise, la 5° puissance industrielle mondiale et n'est pas du tout le nain économique qui nous est décrit par les «anéantisseurs» de notre pays qui cherchent à tout prix des raisons et des prétextes pour accélérer sa disparition et la faire accepter par les Français eux-mêmes. La pensée qui se veut unique n'est pas du tout incontournable mais est un choix idéologique. D'autres choix sont possibles tout en restant dans des cadres nationaux et d'échanges réciproques. La France peut très bien continuer à exister au milieu des autres pays européens sans disparaître.
    Mais ceci ne se fera pas grâce à un gouvernement socialiste qui a complètement accepté la logique de la mondialisation. La seule différence avec la droite est qu'il met un léger baume de social.
    Il faut donc une rupture totale grâce à un parti qui prône de nouveau une France souveraine, tant sur le plan politique qu'économique.
    par Patrice GROS - SUAUDEAU Statisticien - Économiste  1997

  • Erdogan, perdu corps et bien…

    Ex: http://www.dedefensa.org/

    28 novembre 2012 – Il ne faut pas craindre les acronymes… Zbigniew Brzezinski ayant décidé de parler du «The Role of the West in the Complex Post-Hegemonic World», il nous a paru bienvenu et bureaucratiquement de bon aloi de comprimer l’essentiel de son intervention à l’acronyme CPHW (« Complex Post-Hegemonic World). Avec cette expression, Brzezinski nous dit exactement ce dont il s’agit : les USA ne peuvent plus assurer une hégémonie sur le monde, le bloc BAO pas davantage, et d’ailleurs personne non plus en-dehors de cela, – ni la Chine, ni la Russie, etc. Nous sommes donc passés, depuis la fin de la guerre froide, de l’“hyperpuissance” seule au monde multipolaire, au G2 (USA + Chine), à la Chine seule, à rien du tout sinon le désordre… Car c’est bien cela que nous dit Brzezinski. Complémentairement mais non accessoirement, il nous dit que la révolte des peuples, ou l’“insurrection du monde”, est en marche et que cela marche bien.

    C’est Paul Joseph Watson, de Infowars.com, qui nous informe de l'intervention du vieux guerrier devenu sage, le 26 novembre 2012. Ce que nous dit Brzezinski est sans aucun doute très intéressant.

    «During a recent speech in Poland, former US National Security Advisor Zbigniew Brzezinski warned fellow elitists that a worldwide “resistance” movement to “external control” driven by “populist activism” is threatening to derail the move towards a new world order. Calling the notion that the 21st century is the American century a “shared delusion,” Brzezinski stated that American domination was no longer possible because of an accelerating social change driven by “instant mass communications such as radio, television and the Internet,” which have been cumulatively stimulating “a universal awakening of mass political consciousness.”

    »The former US National Security Advisor added that this “rise in worldwide populist activism is proving inimical to external domination of the kind that prevailed in the age of colonialism and imperialism.” Brzezinski concluded that “persistent and highly motivated populist resistance of politically awakened and historically resentful peoples to external control has proven to be increasingly difficult to suppress.”»

    Brzezinski est une “vieille crapule” du temps de la guerre froide mais bon observateur, à peu près aussi finaud à cet égard que l’autre “vieille crapule” Kissinger, bien que les deux hommes se détestent comme s’entendent à le faire deux assolute prime donne. On observera que Brzezinski donne une leçon de lucidité à tous les pseudo-penseurs et simili-experts de nos diplomaties du bloc BAO de la génération actuellement opérationnelle, tous ces pseudos-similis enfermées dans la politique-Système et leur affectivité de midinette perdue dans les couloirs de l’ONU, sans savoir qu’ils s’y trouvent (enfermés dans le Système et perdus dans les couloirs). Lui, Brzezinski, semble bien se douter de quelque chose, à propos de cet enfermement et de ce vagabondage sentimentalo-hystérique…

    Il est intéressant de noter qu’il introduit le terme de “post-hégémonique”, signifiant que plus personne ne peut exercer sérieusement une hégémonie en tant que telle, d’un poids et d’une ambitions significatifs, impliquant le contrôle géopolitique d’une région, d’une alliance, d’un empire, – “du monde” enfin, pour faire bref, à la manière d’un neocon du bon vieux temps virtualiste de GW à l’ombre de 9/11. Nous ne sommes pas, nous à dedefensa.org, étonnés ni surpris par la nouvelle

    En fait, nous dit Brzezinski, le monde est devenu trop compliqué (le “monde complexe post-hégémonique”), et cette situation dans le désordre le plus complet, pour encore répondre aux lois de la géopolitique ; en cela, nous signifiant, lui, Brzezinski, le géopoliticien glacé et implacable, que l’ère de la géopolitique est close et que lui succède, ou lui a déjà succédé, quelque chose comme l’ère de la communication. En l’occurrence, nous ne sommes pas plus étonnés ni surpris, et nous avons déjà pris la résolution, depuis un certain temps, de proposer de nommer l’ère succédant à l’ère géopolitique, du nom d’“ère psychopolitique”. Brzezinski s’empresse de s’expliquer dans ce sens, en citant des forces en action, en vrac mais se référant toutes au système de la communication et, implicitement, à l’action de ce système sur la psychologie, – «an accelerating social change driven by “instant mass communications such as radio, television and the Internet,” which have been cumulatively stimulating “a universal awakening of mass political consciousness”».

    Essayez de décompter le nombre de divisions que représentent les “réseaux sociaux” ou le “réveil d’une conscience politique de masse” ; aucune possibilité de traduire cela en termes géopolitiques, en espace à conquérir ou à contrôler, grâce à l’influence dominée par la quincaillerie ; par conséquent, fin de l’ère géopolitique, développement de l’ère psychopolitique, déclin accéléré du système du technologisme, affirmation générale du système de la communication… Ce pourquoi, constate Brzezinski, dans la première phrase de son raisonnement politique, – ridiculisant presque ceux (les neocons) qui avaient lancé le slogan d’un New American Century, – ce pourquoi l’idée d’une nouveau “siècle américain” avec le XXIème siècle est au mieux une “désillusion”, ou, de façon plus réaliste, une complète et trompeuse illusion devenue une erreur fatale dans la façon que cette illusion conduit encore certaines politiques et certaines conceptions.

    … D’où le salut de reconnaissance, contraint et sans la moindre complaisance, de Brzezinski à ces nouvelles forces qui s’affirment partout avec fracas, cette pression populaire (le populisme) s’affirmant non par des révolutions, des émeutes, des grèves insurrectionnelles, etc., mais des “événements de communication”, c’est-à-dire des masses révolutionnaires sans révolution, des émeutes sans renversement de gouvernement, des grèves insurrectionnelles sans insurrection. L’important est l’écho de communication qu’on crée, qui paralyse les pouvoirs comme le “regard” du crotale fascine sa proie, qui pousse un vieux dictateur à la démission, qui conduit à infléchir la politique courante jusqu’à faire une autre politique, qui bouleverse les relations stratégiques les mieux établies par la seule crainte que cet écho introduit dans les esprits de dirigeants dont la psychologie reste sans réaction. Bien entendu, tout cela devient un obstacle énorme sur la voie de “la gouvernance mondiale”, expression sans aucune substance désignant, comme mille autres, le Système en action, et citée implicitement par Brzezinski devant son auditoire complice comme la référence de ses propres préoccupations.

    Brzezinski a donc bien compris que les nouvelles forces du système de la communication sont fondamentalement antiSystème, par “effet-Janus” en mode turbo. L’on notera certes qu’il s’adresse à ses amis en vrai “globaliste”, c’est-à-dire ayant intégré que l’ensemble US et d’influence US s’est quelque peu transformé en un “bloc” où nul, là non plus, n’assure vraiment une hégémonie. Il s’agit bien sûr de “notre” bloc américaniste-occidentaliste (bloc BAO), et Brzezinski a compris que ce n’est plus un faux nez pour les USA, que ce temps-là a passé, mais qu’il s’agit bien du cœur du regroupement général auquel les “globalistes” voudraient nous confier… Il semble que ce soit de plus en plus, selon Zbig, le grondement des populations en fureur qui se charge de répondre à cette proposition globalisante.

    Et puis, à ce point, changement complet… (De notre commentaire et de son orientation.)

    De BHL à Alex Jones

    Watson présentait son texte en “précisant” (drôle de précision) «During a recent speech in Poland […] The remarks were made at an event for the European Forum For New Ideas (EFNI), an organization that advocates the transformation of the European Union into an anti-democratic federal superstate, the very type of bureaucratic “external control” Brzezinski stressed was in jeopardy in his lecture…»

    L’on découvre que le discours a été donné le 27 septembre, à Sopot, en Pologne, pour ce qui semble être la deuxième grande fiesta européaniste et transatlantique de ce riche institut polonais qu’est donc cet EFNI (European Forum for New Ideas, – vaste programme) ; rassemblant des pipole du calibre habituel du très haut de gamme (BHL était invité, c’est dire tout à ce propos), mais aussi des représentants du corporate power, présents nominalement et avec le portefeuille bien garni, et même des groupements d’ONG… (Par exemple, extrait du “carton d’invitation”… «Lech Walesa Institute’s Civic Academy, Intel Business Challenge Europe, a technology business plan competition for young entrepreneurs and Konkordia, the European cooperation forum of non-governmental organizations.») Dès le 27 septembre 2012 en fin de soirée, le journal Gazeta Swietojanska mettait sur YouTube un DVD de l’intervention de Brzezinski. Ensuite, rien de remarquable à signaler, le texte rendu public ne retient guère l’attention et reste limité à la Pologne. En fait, l’événement serait plutôt marqué par une occurrence de type mondain bien identifié, probablement de nature à impressionner fortement BHL : la présentation d’un documentaire sur la vie de Brzezinski présenté lors du même séminaire de Sopot.

    Deux mois plus tard, le discours resurgit. Comment, par quel canal ? On peut tout imaginer, d'autant que le document n'est pas secret, et il nous semble que les circonstances les plus banales et les plus simples sont les plus probables, jusqu’au moment où un œil intéressé “découvre” la possibilité d’exploitation du discours. Cette fois, le document est arrivé dans de bonnes mains, celles d’un polémiste anti-globalisation, qui voit dans Brzezinski un des inspirateurs de la globalisation et qui l’entend pourtant annoncer que les obstacles sur la voie de la globalisation, et notamment le “populisme” et les réactions populaires, semblent de plus en plus insurmontables (c’est cela qui intéresse Watson). Le site Infowars.com a une très forte popularité et le texte est repris sur de nombreux autres sites. Le 26 novembre 2012 un DVD est mis en ligne comme une nouveauté alors qu’il s’agit du même document que celui qui fut mis en ligne le 27 septembre. Les déclarations de Brzezinski sont jugées tellement intéressantes qu’elles sont même reprises… en Pologne, – où elles étaient pourtant d’accès direct depuis deux mois, – notamment par des sites activistes (voir le site AC24, le 26 novembre 2012). Le 27 novembre 2012, Infowars.com en tant que tel (c’est-à-dire essentiellement Alex Jones, le directeur et l’inspirateur de l’organisation) lance à partir de ce texte de citation de Brzezinski un véritable appel aux armes et à la mobilisation, relayé par Planet Infowars, par Prometheus enchained, etc. :

    «Resist! Hold The Line! (…) We are winning. The elemental force that is the Freedom Movement is winning the war. It may not seem it at first glance, with the expansion of the police and surveillance states and the slew of federal schemes and plots being announced and implemented, but we are winning. How can I justify a statement like this? I have taken if from the horse’s mouth…Zbigniew Brzezinski…»

    Désormais, les déclarations de Brzezinski sont un événement dans l'information concernant l’évolution des relations internationales, dans le monde de l’information et du commentaire alternatifs, alors qu’elles sont disponibles depuis deux mois. Au reste, elles sont assez intéressantes pour être de toutes les façons un événement, le 27 septembre ou le 26 novembre (pourvu, disons, qu’on reste dans le même semestre, la chose tient la route). Ce qui importe en l’occurrence, c’est le moment que choisit le système de la communication pour s’emparer de la déclaration et l’exploiter à mesure… Nous parlons sans hésitation ni ambiguïté d’un “système” (celui de la communication) qui choisit, selon la circonstance bien plus que selon des manigances humaines. Cela, pour dire également notre conviction que c’est effectivement ce qu’on nomme “un concours de circonstances” qui a d’abord animé le voyage de la déclaration semi-publique mais effectivement rendue publique de Brezinski, de Sopot, en Pologne, jusque vers le Texas, dans les bureaux de Watson et d’Alex Jones, avant d’être perçu par des relayeurs sur sa valeur effective de communication politique, et relayé finalement vers sa destination finale dans le but désormais explicite de l’exploiter comme on voit faire actuellement.

    Le cas est intéressant parce que nous sommes au départ dans un domaine fortement réglementé et soumis à des processus très précis, aussi bien du côté de l’“émetteur” (le conférencier Brzezinski) que de l’utilisateur (l’auditoire “globalisant”-complice, la presse-Système, le monde politique), et que l’on voit ainsi in vivo l’intervention semeuse de désordre du système de la communication. Des éléments comme l’influence dans les milieux de la communication et alternatifs antiSystème, la capacité de jugement pour l’utilisation subversive, la perception de l’effet de communication, l’opportunité de l’utilisation, le point de vue “engagé”, etc., ont joué un rôle primordial. Ce n’est pas l’“émetteur”, le producteur d’action (ou d’information, dans ce cas) qui mène le jeu, mais l’utilisateur, et un utilisateur par effraction, qui s'impose. Cet utilisateur imposteur (dans le meilleur sens, plutôt celui de Thomas l'imposteur) agit en fonction de critères qui lui sont propres, hors de toute considération factuelle habituelle, selon l'appréciation rationnelle dont le Système fait son mie, – le fait que, dès qu’elle est dite, cette déclaration devrait être exploitée et commentée ou bien qu’elle ne le serait jamais, ni exploitée, ni commentée comme on voit aujourd'hui. (Et cela vaut quel que soit l’avis ou le sentiment de l’“émetteur”… Peut-être Brzezinski, s’il l’apprend, sera très satisfait qu’on fasse un tel écho à ses déclarations, même s’il est en désaccord avec les commentaires, disons par simple satisfaction personnelle et un peu vaniteuse, et goût de la notoriété… Ce point n’a pas de rapport de cause à effet direct avec le cas de l’exploitation par le système de la communication qu’on expose.)

    C’est bien là qu’on voit la fin de l’ère géopolitique : la puissance (celle de la géopolitique) ne disposant plus de tous les atouts, elle ne peut plus s’imposer en rien parce que les règles qui lui permettaient de faire valoir sa force sont changées. Dans le cas exposé ici, la puissance brute, c’est Brzezinski et son prestige, le statut et l’influence des réseaux où s’inscrit l’EFNI, avec BHL et tout son cirque. Du point de vue de la disposition des circonstances originelles, de l’utilisation des “concours de circonstances”, c’est pourtant le système de la communication (représenté par les Alex Jones et consort) qui règne… C’est le système de la communication, lui qui est d’habitude plutôt “au service” ou “à l’affut” des informations et de ceux qui les émettent, qui est dans ce cas maître du jeu. Quoi qu’il en soit des intentions des uns et des autres, et des circonstances également, l’impulsion de la déstabilisation et de la déstructuration du Système, la marche de la dissolution du même, sont au rendez-vous.

    Une présentation plus appuyée mais conformes des déclarations de Brzezinski le 27 septembre auraient eu beaucoup moins d’effets antiSystème que dans le cas présent, où elles sont tombées dans le domaine d’un “complotiste”, d’un spécialiste de la sensation, d’un anti-globalisation et ainsi de suite. L’écho n’est pas important dans la presse-Système, mais la presse-Système n’a plus aucune importance pour nous, du point de vue du crédit, de sa capacité d’influence, de sa substance même, devenue aussi décisive dans le vent de la crise que le papier qui la porte. Bien plus intéressante est la voie actuelle, parce que les déclarations de Brzezinski, d’un poids réel, ont un très fort pouvoir de polémique lorsqu’elles sont bien utilisées… Zbig comme nous l’avons compris, ou interprété, a raison : nous sommes dans l’ère de la communication, ou ère psychopolitique, et cela depuis un certain temps déjà. Comme nous l’avons souvent dit, dans cette nouvelle “ère”, la fonction antiSystème est variable, diverse et multiple, et peut s’emparer de médias et de messagers inattendus lorsque les circonstances s’y prêtent. En l’occurrence, Brzezinski joue un rôle antiSystème, aussi bien qu’un Alex Jones appelant aux armes. On ne demande son avis, ni à l’un, ni à l’autre, car ainsi en a décidé le système de la communication dans l’ère psychopolitique. Cela ne veut pas dire que la révolution est pour demain, cela veut dire que l’évolution vers la déstructuration et la dissolution du Système progresse toujours plus et accélère encore, plus que jamais.

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • Alain Soral dédicacera « Chroniques d’avant-guerre » le samedi 8 décembre 2012 à la librairie Facta

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    Alain Soral dédicacera « Chroniques d’avant-guerre » le samedi 8 décembre 2012 à la librairie Facta

    Alain Soral dédicacera son livre Chroniques d’avant-guerre le samedi 8 décembre 2012 de 14h30 à 18h30.

    Venez rencontrer l’auteur à la librairie Facta :

    4, rue de Clichy Paris IXe

    Téléphone : 01 48 74 59 14

    Courrier électronique : librairiefacta@wanadoo.fr

    Situer la librairie :

    Sur Google Maps : http://maps.google.fr/maps?f=q&…

    Sur Mappy : http://fr.mappy.com/map#d=4+rue+de+…

    « Quand on est jeune et novice dans le débat d’idées, on croit qu’en politique c’est comme en sport, qu’il y a deux équipes : la vôtre et celle d’en face, les bons et les méchants, le pouvoir et l’opposition. Puis avec la pratique, pour ceux qui passent à la pratique – les autres n’y comprennent jamais rien –, on découvre que dans la vraie vie, comme dans 1984 de George Orwell, c’est plus compliqué que ça. Il y a le pouvoir, l’opposition au pouvoir et… Goldstein.
    Soit l’opposant créé par le pouvoir, ou plutôt favorisé par le pouvoir – ne soyons pas complotistes – pour dévier les énergies contestataires vers la stérilité, l’inutile…
    Gauchisme à la Prévert ou gauchisme à la Baader, qu’on soit dans les nuages ou qu’on fonce droit dans le mur, sur le plan de l’inefficacité politique – les années de prison mises à part – ça revient au même… »
    Chroniques d’Avant-guerre, compilation des articles publiés dans l’éphémère revue Flash entre octobre 2008 et mars 2011, est le 11e livre d’Alain Soral. Reprenant, sur le mode chronologique plutôt qu’orthographique, le principe des textes courts de ses Abécédaires (Jusqu’où va-t-on descendre ?, Socrate à Saint-Tropez), il est aussi un complément utile à son essai majeur écrit au même moment : Comprendre l’Empire.