
Nul n’ignore combien les lois de l’imitation et de la ressemblance sont au cœur de la reproduction sociale. Les hommes le savent depuis au moins Aristote et sa fameuse mimèsis. Ils se modèlent les uns sur les autres, comme des calques – par ondulations, disait le grand sociologue Gabriel Tarde. D’ordinaire, ils épousent le modèle dominant et s’y conforment. C’est un peu comme cela qu’a longtemps fonctionné l’assimilation en France, jusqu’à ce que le droit à la différence et les politiques dites de reconnaissance viennent en dérégler la mécanique. Mais l’homme est ainsi fait qu’il ne saurait se soustraire aux lois de l’imitation. Ce qui a changé, en revanche, c’est le modèle dominant. Ce n’est plus l’indigène français qui le fixe mais le colonisateur. Ainsi l’assimilation fonctionne-t-elle toujours aussi bien, mais à l’envers. Ce que donne à voir le phénomène des conversions à l’islam. Combien de divisions ? Depuis une dizaine d’années, on avance paresseusement toujours le même chiffre douteux : plus ou moins 100.000 convertis.








