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magouille et compagnie - Page 2785

  • 17 000 ans qui contredisent la théorie de l'effet de serre

    Entre 2000 et 2011, à partir de l'analyse des carottes glaciaires, des cycles climatiques récurrents, des variations glaciales alpines, des fluctuations du PDO ou Oscillation Décadale du Pacifique, de celles de l'ENSO (El Niño) etc... Easterbrook publia toute une série d'études démontrant l'inéluctabilité d'une évolution de notre climat vers un refroidissement plutôt qu'un réchauffement. Insistant tout particulièrement sur le fait que le premier serait bien plus dramatique pour l'ensemble des sociétés humaines que le second. Il rappelait notamment que depuis 1470 se sont succédé des cycles alternativement chauds et froids de plus ou moins 27 années qui n'avaient rien à voir avec le C0₂ anthropique. De même depuis 17 000 ans sont survenus une dizaine de changements climatiques en moyenne dix fois plus brutaux que ne le fut le petit réchauffement observé entre 1977 et 1998 (03° d'augmentation de la chaleur depuis un siècle). Ce qui tend à indiquer que les causes ayant provoqué les changements climatiques passés sont tout autant responsables du plus récent d'entre eux. En octobre 2006 Easterbrook énumérait les plus importants bouleversements survenus au cours de ces 17 000 ans pouvant expliquer les évolutions actuelles.

    1°) À la fin de la dernière grande glaciation.

    2°) Au début du Younger Dryas ( Fin du Pléistocène, il y a 12 700 ans).

    3°) A la fin du Younger Dryas ( il y a 11 500 ans).

    4°) Au début de l'Holocène ( il y a 8 200 ans).

    5°) Durant le Petit Âge Glaciaire.

    Chacune de ces périodes se traduisit par des refroidissements brutaux avec des incidences cataclysmiques sur la géographie, le climat, la faune, la flore et des ruptures sociales brutales pour les sociétés humaines pulvérisées par ces événements. Le GISP2 ice core, qui est le Groenland Ice Sheet Project 2 ou carottage en profondeur de la glace du Groenland permettant de remonter sur l'échelle du climat plusieurs millénaires en arrière, aura ainsi permit d'observer à la fin du pléistocène des chutes de températures de 8° à 12° sur une période de 20 à 100 ans. Avec les cataclysmes socio-économiques qu'on peut imaginer pour nos ancêtres.
    9100 ANNÉES DE CHALEUR
    Ces refroidissements brutaux ne représentèrent que des épiphénomènes assez courts dans le temps, s'ils furent dévastateurs. En réalité au cours des 10 000 et quelques dernières années il fit sur la terre bien plus chaud qu'actuellement, ce qui d'ailleurs permit l'émergence de toutes les grandes civilisations.
    Ainsi Easterbrook observe-t-il que l'année la plus chaude du XXe siècle aura été 1934, suivie par 1998 et peut-être 2010. Toutes les trois ayant été marquées par la présence d'un puissant El Niño, il doute fort que cela ait quelque rapport avec le C0₂ anthropique. Mais, bonhomme, il veut bien admettre tout ce que les météorologues de cour affirment. La NASA trafique-t-elle les données pour faire croire que, en réalité, 1998 aura été plus chaud que 1934, ce qui, du point de vue des gaz à effet de serre, serait plus conforme à la doxa du GIECC ? Il en sourit. Il doute même que 2010, malgré le début d'année en fanfare, réchauffé par El Niño, puisse concourir pour l'année la plus chaude. Décembre, en effet, aura été à peu près partout dans le monde le plus froid depuis un siècle. Quant aux six premiers mois de 2011, ils auront été les plus froids et les plus neigeux jamais relevés en Amérique du Nord depuis le XVe siècle. Et ce ne fut guère mieux en Europe.
    En fait, explique notre géologue de l'État de Washington, quelle importance tout cela peut-il avoir ? Et si on veut nous faire croire qu'un quelconque réchauffement actuel serait provoqué par les activités humaines, c'est vraiment nous prendre pour des imbéciles. S'appuyant sur les carottes du Groenland, dont on commence à avoir décrypté une bonne partie d'entre elles, il montre que quelles que soient les températures actuelles, elles sont considérablement plus basses que celles de la plus grande partie des 100 derniers siècles. Et on ne peut accuser les activités humaines - même si elles se distinguèrent avec les civilisations minoenne et romaine - d'en être responsables. En réalité, conclut Easterbrook, « le climat s'est réchauffé lentement depuis le Petit Âge Glaciaire mais il a un long chemin, à parcourir avant de parvenir aux niveaux de température qui étaient les siens tout au long des 10 500 dernières années ».
    Sur ces 10 500 années en effet 9 100 furent plus chaudes que 1934/1998/2010.
    R.B. Rivarol du 1er juillet 2011

  • Fusion Arcelor-Mittal : Une forfaiture française et de l’Europe libérale (Màj Vidéo)

    Publié le 6 avril 2008, réemployé le 14/09/2011 dans une lettre ouverte à Arnaud Montebourg signée, Jean-Luc Mélenchon

    Arcelor : un « Airbus de l’acier » mort né

    En 1981, la gauche arrivée au pouvoir nationalise Usinor-Sacilor. Le groupe privé est au bord de la faillite. Techniquement il est dépassé. Entre 1991 et 1995, l’État injecte 60 milliards de francs pour moderniser les équipements et, aussi, pour licencier une partie des effectifs. En 1995, la droite décide de privatiser Usinor.

    Elle brade l’entreprise pour seulement 10 milliards de francs. Terrifiant gâchis ! Mais surtout, la privatisation a rendu l’entreprise vulnérable. Au point qu’en 2001, la France, la Belgique, l’Espagne et le Luxembourg décident de regrouper leurs fleurons nationaux de l’acier et de créer Arcelor. A l’époque, Arcelor est présenté comme « l’airbus de l’acier ».

    Il est le numéro un mondial du secteur et le leader technologique des aciers fins et complexes. C’était « l’Europe qui protège » dans toute sa splendeur ! « L’airbus européen de l’acier » n’aura pas vécu cinq ans.

     La fusion Arcelor-Mittal facilitée par l’Europe libérale

    C’est un épisode que Sarkozy aimerait bien faire oublier. En à peine 4 mois entre janvier et juin 2006, le groupe Mittal est parvenu à mener à bien une OPA sur le géant européen Arcelor. A l’époque, après quelques protestations médiatiques du gouvernement Villepin au nom du patriotisme économique, la plus grande fusion jamais réalisée dans l’acier obtient successivement tous les feux verts des autorités.

    Notamment ceux des autorités boursières qui autorisent l’OPA et ceux de la Commission européenne qui se borne à ne pas voir de risque majeur pour la concurrence. La direction d’Arcelor exprime pourtant les pires craintes industrielles et sociales si elle est avalée par une firme qui a la réputation d’être un vautour de l’acier.

    Faute d’harmonisation européenne en matière industrielle, Mittal profite aussi de la division des pays européens concernés par le dossier. Au début du processus, le Luxembourg, où se trouve le siège social d’Arcelor, n’a pas de législation protectrice contre les OPA et pour y remédier le parlement luxembourgeois en examine une dans l’urgence, en menaçant de bloquer ainsi la fusion.

    Mais Mittal négocie avec le premier ministre luxembourgeois Juncker qui accepte de lever ces restrictions en l’échange du maintien du siège social du nouveau groupe au Luxembourg. Pour cela, le Luxembourg avait gardé une arme décisive : une participation publique (autour de 5%) dans Arcelor, faisant de l’État luxembourgeois un actionnaire de référence du groupe, là où la France avait commis l’erreur de vendre ses dernières actions publiques en 1997 sous l’impulsion de Dominique Strauss-Kahn.

    L’ultime coup de poignard dans le dos d’Arcelor lui est enfin donné par les autorités boursières – indépendantes – qui condamnent les tentatives d’Arcelor de s’allier avec une firme russe pour faire échouer l’OPA de Mittal.

    Alors que la direction d’Arcelor a encore la confiance d’une courte majorité de ses actionnaires, les autorités boursières suspendent la cotation du titre Arcelor pour entrave à la liberté des marchés, ce qui précipite le succès de Mittal qui prend ainsi le contrôle de 95% des titres d’Arcelor.

    Sources : Parti de Gauche & Jean-Luc Mélenchon

    http://fortune.fdesouche.com

  • La République confisque la responsabilité parentale

     

    Le gouvernement a proposé, l’Assemblée a disposé : le projet de budget de la Sécurité sociale est désormais doté, depuis hier, d’un nouvel amendement relatif à  « la délivrance et la prise en charge de contraceptifs [qui] sont protégées par le secret pour les personnes mineures« . Il s’agit d’une « garantie de confidentialité« , proposé par le ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, et qui vient compléter ainsi la gratuité de la contraception pour les mineures.

     

    « Cet amendement est nécessaire afin que les jeunes filles puissent avoir recours à la contraception si elles le souhaitent sans que l’information qui serait faite à leurs parents sur ce point, notamment par les informations issues du remboursement par l’assurance maladie, ne pèse dans leur décision et vienne entraver leur volonté« , a tenu à souligner Madame le Ministre.

     

    En clair, la République confisque aux parents l’éducation de leurs enfants et ne reconnaît plus leur responsabilité. L’ado doit s’émanciper, c’est vrai ! L’autorité -surtout parentale- est insupportable. Son corps lui appartient après tout ! Ou comment déresponsabiliser les jeunes en préférant la banalisation de la contraception à l’éducation à une affectivité authentique…

    http://www.contre-info.com/

  • Le tour de passe-passe de Jean-Luc Mélenchon

    Hier comme des centaines de milliers de Français, j’ai regardé Jean-Luc Mélenchon s’adonner à un exercice qu’il maîtrise bien : la tribune politique. Celui-ci fut interrogé par Natacha Polony sur deux questions clés de la démocratie et des solutions envisageables pour sortir de la Crise. 

    La première était celle de savoir si le clivage droite-gauche n’était pas en réalité dépassé par les vrais enjeux du monde moderne que sont la mondialisation, ou plus précisément les effets du mondialisme que la construction européenne exacerbe. À ce titre, Pierre Hillard décrit parfaitement les contours de ce bouleversement.

    Celui-ci a répondu par l’affirmative en reconnaissant la désuétude de cette opposition bipartite dont il a fait tout au long de sa carrière son cheval de bataille au nom de la Gauche. De Gaulle reconnaissait déjà en son temps que ce clivage n’existait plus et que « le drame de la France c’est que la droite n’est plus nationale et que la gauche n’est plus populaire ». Cette différenciation semble alors n'être qu'une bataille fallacieuse permettant à la caste politico-médiatique de mieux berner le peuple. 

    Ce nouveau positionnement de Jean-Luc Mélenchon, qui n’a cessé de combattre la Droite jusqu’à appeler ses électeurs à voter sans négociation pour François Hollande au deuxième tour des élections présidentielles– 38 minutes après la proclamation des résultats du premier tour – uniquement pour battre Nicolas Sarkozy, est une avancée considérable pour décrypter la scène politique.

    Puis, il a constaté dans son argumentation que François Hollande mène la même politique que Nicolas Sarkozy. Cet aveu d’échec s’illustre en grande partie par le vote du TSCG qui enferme la France dans l’austérité la plus inique alors que les effets de cette politique sont dévastateurs. Les exemples grec, portugais et espagnol en attestent largement. En somme, c’est une victoire à la Pyrrhus.

    Jean-Luc Mélenchon a ensuite reconnu que la monnaie commune était à la source de tous les maux de la France en termes de désindustrialisation par la concurrence déloyale que celle-ci entraîne notamment à l’égard des Etats-Unis. En ce sens, Monsieur Gallois, ancien co-président d’EADS reconnaissait que le problème central de compétitivité était l’euro lorsqu’il était à la tête de cette entreprise. Natacha Polony s’est alors empressée de lui demander pourquoi fallait-il rester dans l’euro car il serait impossible de se mettre d'accord avec les autres États

    Là où le tour de passe-passe est pour ainsi dire, fabuleusement mensonger, c’est lorsque Monsieur Mélenchon – nommé Merluchon par certains qui considèrent que son indignation est proche de celle d’une baudruche – a affirmé haut et fort que la France, étant la deuxième puissance économique européenne et la 5ème mondiale, peut changer l’Europe et imposer sa vision. 

    Quelle ineptie, quelle tromperie, quel affabulateur !

    En effet, toutes les personnes qui se sont intéressées au sujet savent que la France ne détient qu’un seul commissaire sur vingt-sept à la Commission européenne et seulement 10% des sièges au Parlement européen. Dans ces conditions, comment est-il possible de faire voter notre politique ? Disons la vérité : nous ne pouvons pas imposer notre modèle à l’Allemagne, à la Pologne, à la Roumanie et aux autres pays qui voient les choses autrement, ce serait alors de l’impérialisme que les Etats-Unis pratiquent sans vergogne. C’est donc la politique du moins-disant qui s’applique et la France se retrouve prise au piège du stratagème des chaînes (L’art de la Guerre, Sun Tzu) duquel l’Union européenne est une fascinante application.

    Enfin, Robert Mundell, prix Nobel d’économie, a parfaitement expliqué le fonctionnement d’une zone géographique regroupant plusieurs Etats et disposant d’une même monnaie au travers de la théorie des zones monétaires optimales. Pour résoudre les chocs asymétriques, issus des différences de politiques socio-économiques nationales, il faut en particulier que les travailleurs soient très mobiles, et que des transferts de fonds structurels considérables se réalisent. 

    Ainsi, est-il raisonnable de penser que pour faire fonctionner l’euro, les Grecs et les Portugais doivent émigrer massivement en Allemagne et en Roumanie ? A priori, cela est impossible. Faut-il avoir fait H.E.C et l’E.N.A pour comprendre que les Allemands et les Néerlandais ne veulent plus payer pour résorber le déficit grec, italien et espagnol ? Vraisemblablement, non. 

    Par voie de conséquence, la seule solution pour résoudre cette quadrature du cercle est donc bien de sortir de l’euro et au plus vite. En effet, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie considère que « les pays qui sortiront les premiers de la zone euro s’en sortiront le mieux ». 

    Néanmoins, aucune procédure ne prévoit la sortie de l’euro et Jacques Attali précise à ce propos « On a soigneusement oublié d’écrire l’article qui permet de sortir »  alors que Yves Thibault de Silguy, ancien commissaire européen des affaires économiques et financières disait de l’euro que c’est « une autoroute sans sortie ». Alors nous devons sortir sereinement de l’Union européenne en application de l’article 50 du TUE comme l’explique François Asselineau. 

    In fine, l’on comprend mieux ici pourquoi Friedrich Nietzsche affirmait que « le diable est dans les détails ».

    Lien d’actualité : http://www.france2.fr/emissions/on-...
      Xavier MONIOT-LUNDY
      http://www.agoravox.fr

  • Notre-Dame-des-Landes : Qui sont les résistants de la Zone A Défendre ?

    Affrontements lors de “la bataille de Notre Dame des Landes” le 23 novembre dernier.

    Opposition violente, squatteurs, voire terroristes en herbe : telle est l’image que les autorités s’évertuent à donner de celles et ceux qui se sont installés sur la « zone à défendre » face au projet d’aéroport. 

    Manuel Valls allant jusqu’à qualifier les manifestants de “kyste”, histoire de justifier le nouvel assaut policier lancé le 23 novembre contre un « camp retranché ». Une image bien éloignée de la réalité que vivent habitants et riverains des alentours.  Bastamag a recueilli leurs témoignages.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • La Gauche populaire, la roue de secours anti-FN du PS

    La Gauche populaire, la roue de secours anti-FN du PS Il y avait la Droite populaire, il y a maintenant la Gauche populaire… Paradoxalement, bien qu’aux antipodes du spectre politique, ces deux structures, l’une interne à l’UMP, l’autre au PS, ont une même fonction : tenter de faire barrage au ralliement total des couches sociales les plus défavorisées au Front national.

    Cela étant écrit, si le but de ces courants à prétention faussement populaire est exécrable, les analyses qu’ils portent sur leur propre famille sont souvent justifiées. De ce point de vue, force est d’admettre que celles de la Gauche populaire, dont l’encadrement est composé d’universitaires agissant dans le secteur des sciences politiques et de la sociologie, sont d’un niveau conceptuel sans commune mesure avec celles des amis de Lionnel Luca et Thierry Mariani.
    Que dénonce la Gauche populaire ? Ce que l’on peut nommer la « ligne Terra Nova » (du nom du réservoir d’idée d’Olivier Ferrand récemment décédé) soit l’abandon des classes populaires comme cible électorale principale et leur remplacement par une nouvelle clientèle issue de l’addition de plusieurs cibles électorales minoritaire : la partie supérieure de la classe moyenne, les immigrés, les musulmans, les surdiplômés, les LGBT (à savoir : lesbiennes, gays, bisexuels et transexuels...), les bobos, etc. En d’autres termes, c’est la transformation de la gauche sociale en gauche sociétale.
    Ce faisant, le Parti socialiste commet aux yeux de la Gauche populaire un certain nombre d’erreurs : « la préférence immigrée », c’est à dire le fait de se préoccuper du sort des immigrés plutôt que de défendre le prolétariat « petit blanc » ; le choix d’être le parti des assistés et de délaisser les couches populaires et moyennes qui travaillent, paient des impôts et ne bénéficient pas, ou très peu, de la redistribution ; l’absence de réponse convaincante apportée aux électeurs que la mondialisation, l’immigration et les transformations du mode de vie inquiètent ; la conviction qu’une partie des « couches populaires » est irrémédiablement devenue lepeniste doublée d’une « prolophobie », d’un mépris de leurs goûts culturels et d’une tendance à ne voir le peuple que comme des Grolandais .
    En luttant contre ces erreurs, la Gauche populaire entend « ramener la gauche au peuple », « remettre la gauche d’aplomb, une gauche populaire devant adopter une ligne politique claire : le commun plutôt que les identités, le social avant le sociétal, l’émancipation collective plus que l’extension infinie des droits individuels ». In fine, il s’agit bien évidemment de ramener dans le giron de la gauche un électorat populaire passé au Front national ou ayant choisi l’abstention.
    Mais, en définitive, la Gauche populaire pourrait bien n’être qu’un réservoir d’idée totalement inutile, voire contre-productif, et ses propositions relever de ce fait du vœux pieu. En effet, la « ligne Terra nova » est opérante et fertile en nombre de suffrages, de surcroît elle est en phase avec la composition sociologique de l’appareil socialiste. Alors, pour quelle raison le PS devrait-il renoncer à caresser dans le sens du poil un électorat qui lui est acquis (minorités sociétales, immigrés ayant le droit de vote, fonctionnaires moyens et supérieurs, bobos, etc.) pour retourner au peuple ? Il n’y en a aucune… Cela explique les attaques très vives que subit depuis sa création la Gauche populaire dénoncée comme étant d’inspiration « rose-brune », ayant un «surmoi lepéniste» et « reprenant à son compte les idées de la droite la plus extrême »… À moyen ou court terme, il ne serait donc pas outre mesure surprenant que ses animateurs se taisent, se rallient aux positions dominantes ou soient mis à la porte du Parti socialiste.

    Documents annexes
    Quand un journaliste du Nouvel Obs est lucide sur l’immigration

    Journaliste au Nouvel Observateur et référence des animateurs de la Gauche populaire, Hervé Algalarrondo est incontestablement … de gauche !
    Cela donne une saveur toute particulière à ses analyses sur l’immigration publiées il y a un an aux Éditions Plon sous le titre fort réaliste : La Gauche et la préférence immigrée.
    Ainsi il n’hésite pas à y écrire en toutes lettres : « L’immigration à gogo, c’est un credo de bobos ».
    Et comment ne pas partager les détails de son analyse ? Comment ne pas être d’accord avec lui quand il écrit qu’« admettre toujours plus d’étrangers, sans réel contrôle, est irresponsable » ? Car, explique-t-il : si « les nouveaux arrivants trouvent un travail, parfois très pénible, (...) c’est souvent au détriment de postulants hexagonaux sans formation particulière » . Ainsi, nous dit-il : « réclamer la régularisation de tous les sans-papiers est un mot d’ordre anti-ouvriers ». Et de souligner que les meilleurs partisans de l’ouverture des frontières sont ceux qui ont les postes les plus à l’abri de la concurrence des immigrés car il « exercent souvent des métiers – fonctionnaires, médecins, avocats – qui sont loin d’être complètement ouverts. Ils sont protégés de la concurrence étrangère » et vivent dans des quartiers où le prix de l’immobilier les ferme à toute population immigrée.
    Si l’on ajoute à cela qu’Algalarrondo insiste sur le fait que le meilleur supporter de l’ouverture des frontières est le MEDEF ravi d’avoir à disposition une main d’œuvre moins chère et non syndiquée, et qu’il souligne qu’il est risible de voir la gauche partager les même vues que le grand patronat, on ne peut qu’en tirer une conclusion : comment l’auteur de La Gauche et la préférence immigrée, à moins qu’il ne soit éminemment masochiste, fait-il pour continuer de militer … à gauche ?.

    Les bobos de gauche tirent profit de l’immigration

    Dans son livre Fractures françaises, paru il y a peu aux éditions François Bourin, le géographe Christophe Guilluy, un des inspirateurs de la Gauche populaire fait une analyse percutante de la raison pour laquelle les bobos sont favorables à l’immigration : tout simplement parce qu’ils y trouve un intérêt financier immédiat !
    En effet, la main-d’œuvre immigrée, surtout quand elle est illégale et de ce fait extrêmement mal rémunérée, répond fort bien aux besoins de certains secteurs économiques.
    On a l’habitude de relever, avec raison, que l’immigration présente un intérêt évident pour le patronat (dumping social, pression à la baisse des salaires, affaissement de la protection sociale), mais ce n’est pas tout. Tout l’intérêt de l’analyse de Christophe Guilluy est de souligner un autre aspect, totalement méconnu, de cette immigration : elle permet d’offrir un train de vie « bourgeois » aux nouvelles couches supérieures sans en payer véritablement le prix. C’est ainsi que la nounou et la femme de ménage immigrées ne ponctionnent que marginalement le budget des cadres. De la même manière, c’est bien grâce à l’exploitation en cuisine des immigrés que le bobo peut continuer à fréquenter assidûment les restaurants pour une note assez modique. Etc.

  • L'UMP, ou l'issue tragique d'une union opportuniste

     Editorial de Steeve Briois, Secrétaire Général du Front National (23 novembre 2012)

    On a trop peu rappelé ces derniers jours les fondements et les origines de l’UMP.

    L’UMP est fondée au lendemain du second tour de l’élection présidentielle de 2002 qui a vu s’opposer Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen sous le prétexte opportuniste d’une « lutte contre l’extrême-droite ». Plus concrètement, l’UMP est surtout dès sa création une entreprise de destruction de la pluralité de droite, une entreprise de terreur qui a trouvé ses sources dans l’arnaque anti-frontiste.

    Dès lors, les mouvements minoritaires de droite n’ont plus eu d’autre choix que de baiser la bague des pontes de l’UMP et de faire allégeance, comme on prête serment au Parrain. De là à accréditer la comparaison faite par François Fillon entre l’UMP et une mafia, il n’y a qu’un pas que ce mouvement a largement franchi depuis dimanche dernier.

    L’UMP s’est de toute façon rendue maîtresse dans l’art de jouer avec les modes de scrutin, de les faire à sa convenance, de les contester quand ils ne vont pas dans son sens. Les dirigeants de l’UMP ont toujours été opposés à la proportionnelle, même à dose homéopathique.

    En 1986, après l’élection de 35 députés du Front National à l’Assemblée Nationale, l’une des premières mesures du gouvernement Chirac avait déjà été de revenir en urgence au scrutin majoritaire.
    On a ensuite pu constater la maîtrise de cette famille politique dans l’art du tripatouillage des scrutins. Des multiples redécoupages de circonscriptions favorables à l’UMP et au PS, comme le dernier opéré par Mr Marleix, à la scandaleuse réforme territoriale proposée par Sarkozy qui mettait fin au scrutin proportionnel pour les élections régionales, on peut dire que l’UMP a une conception très particulière de la démocratie représentative.
    Entre temps il y aura évidemment eu le scandaleux Traité de Lisbonne, qui passait outre la volonté du peuple qui s’était manifestée très clairement en défaveur du traité prévoyant une constitution pour l’Europe en mai 2005.

    Aujourd’hui, c’est sa propre élection interne que l’UMP arrive à vicier, à entacher de manœuvres diverses et de fraudes. Alors que la logique et la bienséance auraient voulu que Jean-François Copé ne reste pas secrétaire général de l’UMP tout en étant candidat à sa présidence, ce dernier n’a pas semblé gêné aux entournures et a clairement utilisé les moyens du mouvement pour faire campagne. Lors de sa campagne interne, le Front National avait soigneusement évité tout mélange des genres, et c’est tout à l’honneur de ses dirigeants, avant tout motivés par l’intérêt supérieur de la Nation et de nos compatriotes, avant toute considération égoïste.

    C’est là tout ce qui nous différencie de toutes les autres formations politiques.

    Le Front National reste avant tout ce grand syndicat de défense des intérêts de la France et des Français, un pôle de rassemblement des patriotes dans toute leur diversité, qu’ils viennent de la gauche ou de la droite, clivage aujourd’hui totalement désuet de par la nature des enjeux auxquels nous sommes confrontés.

    L’UMP, comme le PS il y a 4 ans, nous montre l’exemple de ce qu’il ne faut surtout pas faire dans la vie interne d’un mouvement, à la fois pour le respect des militants et adhérents, mais aussi pour celui des électeurs et compatriotes de tout bord.
    C’est parce qu’une démocratie interne saine est révélatrice de la capacité à gouverner que le Front National a toujours eu à cœur d’être irréprochable et de toujours respecter le choix de ses adhérents.
    Bruno Gollnisch a su rappeler hier le caractère incontestable et unanime de la désignation de Marine Le Pen à la Présidence du Front National, cela l’honore et le distingue tant de Jean-François Copé que de François Fillon.

    J’avais prévenu au lendemain de la présidentielle de l’implosion qui guettait l’UMP. Les mariages d’amour et de passion peuvent durer, les mariages de raison et de circonstances finissent toujours par d’atroces divorces et des règlements de compte.

    A l’heure où l’élection de Jean-François Copé est plus que litigieuse et incapable de fédérer, j’invite tout naturellement les patriotes désireux de s’investir dans l’action publique et d’être entendus et considérés par les acteurs politiques de leur pays à nous rejoindre, au Front National, derrière Marine Le Pen. Nous, nous saurons leur rendre leur dignité !

  • Recomposition de la droite

     

    121124Certains ne manquent pas d'en rire. D'autres sont tentés d'en pleurer. L'analogie entre les suites du scrutin interne de l'UMP de ce 18 novembre 2012 et le congrès de Reims du PS en 2008 ne les consolent pas. Elle devrait au moins interdire de surestimer la portée d'une rivalité qui, au départ, ne semblait opposer que deux ambitions personnelles. Interdisons-nous tout pronostic trop prédictif, trop définitif. L'ancien Premier ministre, dont on s'apprêtait à oublier le rôle pendant 5 ans, ne peut pas être jugé seulement sur son attitude de dépit un soir de match nul.

    Et pourtant ! Après un débat qui avait tourné autour de très minimes différences, on a vu s'exacerber deux clans. Ils se sont construits des discours de plus en plus caractéristiques. Les uns ont choisi une posture bien autoritaire, les autres se composent un raidissement éthique. "Il n'y aura pas de scission car le problème est politique, et non pas juridique" affirme M. Copé. On serait presque tenté d'inverser les termes. Si vraiment, en effet, une telle rivalité s'investit dans des idéologies si différentes pourquoi celles-ci n'aboutiraient pas à la construction de deux partis distincts ?

    L'emploi par son rival de l'expression "fracture morale" annonce d'ailleurs le retour d'une vieille logique caractéristique des 30 dernières années. Elle avait culminé sous le deuxième mandat de Jacques Chirac. Ayant consacré en 1998 un petit recueil d'articles dénonçant dans cette attitude "La Droite la plus suicidaire du monde" (1)⇓, j'éprouve le sentiment que certains esprits n'ont guère progressé sur le terrain de "l'alliance interdite".

    On pourrait cependant observer d’autres réalités qui se dégagent des résultats, même éventuellement imparfaits de ce vote du 18 novembre.

    Tout d'abord relevons un chiffrage, celui des votants.

    En 2002 l'UMP première manière s'était constituée comme une simple addition. La formule avait été inventée par Juppé. Elle se proposait alors de rassembler trois partis dont deux se trouvaient plus ou moins en déshérence. "Démocratie Libérale" disparaissait dans la pratique, et une partie de l'UDF était apportée par Douste-Blazy. Cette "union" se faisait autour du président Chirac dont la réélection avait été si brillamment saluée par les drapeaux algériens et marocains. Puis cette "majorité présidentielle" allait devenir "mouvement populaire". Or, 10 ans plus tard celui-ci comptabiliserait le nombre assez impressionnant de 300 000 adhérents à jour de leur cotisation. L'emploi du mot "militant" pour les qualifier est sans doute un peu forcé puisque 40 % d'entre eux, se sont désintéressés le 18 novembre du choix de leur président, ne se déplaçant ni n'envoyant pas même une procuration. Tout de même 180 000 votants ce n'est pas rien. Mais cela ne recoupe pas non plus les millions d'électeurs.

    L'apparition de motions - "droite ceci", "droite cela" [le mot "droite" est de moins en moins tabou]  - mais aussi "les humanistes", [en hommage émouvant à Érasme de Rotterdam], ou "les gaullistes" [12,5 % seulement de l'ensemble] – a permis de photographier les influences respectives. Or si l'on additionne "droite forte" [Guillaume Peltier 28 %] et "droite populaire" [Thierry Mariani 10 %] on découvre un parti beaucoup plus "à droite" que lors de sa fondation 10 ans auparavant. Ceci pour ne rien dire du RPR fondé en 1977 en tant que "travaillisme à la française" sur les terres radicales socialistes de feu Charles Spinasse.

    Sur ce point, voila un vote qu'il ne faut considérer ni comme circonstanciel ni comme passager. On ne devrait pas fulminer d'ailleurs contre cette "droitisation". Observons que tous les partis se droitisent en France, et même [à sa manière] le parti communiste.

    Il existe donc, au sein de l'UMP, que cela plaise ou non, deux blocs, bien au-delà des questions de personnes. On pourrait les considérer comme "les anciens et les modernes";

    Ce qui peut empêcher les deux groupes de se séparer ne découle que du sens des responsabilités et du réalisme de la base des élus tant que le mode de scrutin perdure. On remarquera à cet égard que le scrutin uninominal à deux tours ne fonctionne que dans une partie des élections.

    On peut donc se demander si ces lois électorales "à la française" n'ont pas elles aussi atteint leur date de péremption.

    Les grands pays où le bipartisme prospère, et se redéfinit régulièrement depuis deux siècles (2)⇓ : c’est-à-dire à la fois où ils permettent des alternances claires et où les débats au sein des partis se déroulent librement et sans exclusive, – notamment sans sectarisme "anti-droite",– les institutions fonctionnent principalement avec un scrutin uninominal à un tour. Les deux exemples les plus marquants se trouvent aux États-Unis et en Angleterre, où l'on compte des élus très "à gauche" au sein des démocrates et des travaillistes, et des gens très "à droite" chez les républicains et les conservateurs.

    À l'inverse le mode dominant en Europe reste malheureusement celui du scrutin proportionnel. Il a rendu la plupart des États beaucoup plus difficilement gouvernables. L'Italie n'est sortie de l'ornière qu'en y renonçant il y a 20 ans. On peut soupçonner François Hollande, disciple attentif de Mitterrand, de vouloir au contraire revenir aux pratiques de la IVe république.

    La recomposition de la droite correspond à une tendance longue. Les magouilles élyséennes et les petites querelles politiciennes ne doivent pas l'enrayer.

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

    notes

    1. cf. La Droite la plus suicidaire du monde"⇑
    2. cf. sur les fondements du parti conservateur britannique.⇑
  • Gilbert Collard : « La proportionnelle garantit la représentation nationale. »

    Jeudi dernier, l’Assemblée Nationale a approuvé la reconnaissance du vote blanc, en adoptant à l’unanimité des 90 députés présents une proposition de loi du groupe UDI  amendée, pour que les votes blancs aux élections soient comptabilisés séparément des nuls, mais néanmoins pas pris en compte dans les suffrages exprimés (Inscrits : 577 ; Votants : 90 soit 15,59% ; Blancs et nuls : 0 ; Absentions : 487 soit 84,41%).
    À la suite de ce vote, Gilbert Collard, député FN-Rassemblement Bleu Marine, a pris la parole et rappelé que seul le scrutin proportionnel garantit une plus juste représentation nationale.
    Texte intégral de son intervention 
    Madame la présidente, monsieur le président, chers collègues,
    Tout a été dit ! Je ne peux donc hélas, comme on le fait depuis Homère, que répéter. Je voudrais tout de même, au cours des cinq minutes qui me sont accordées, apporter quelques précisions. Les extrêmement mous vont être surpris du caractère suicidaire des extrêmes, mais à titre personnel je suis favorable à la prise en compte du vote blanc. Cela me paraît nécessaire et indispensable.
    Je suis conforté dans mon opinion par les propos du président Urvoas, rappelant que c’est dans une période révolutionnaire qu’on a pris en compte ce vote pour la première fois. Nous pourrions tomber d’accord sur le rôle de la monarchie de Juillet, à propos duquel il a été un peu synthétique.
    Pourquoi suis-je favorable à la prise en compte du vote blanc ? Non parce qu’il est blanc, quoique ce soit aussi la couleur du panache. Libre à vous d’aimer les pucelles !
    Je suis passionnément favorable à la prise en compte du vote blanc parce que la personne qui va voter s’inscrit dans la marche démocratique. Elle y va ! Dès lors, son vote doit être pris en compte.
    À titre personnel, je ne pense pas que cela permettra de combattre l’abstentionnisme, dont les causes sont ailleurs. Si l’UMP pouvait éviter de ressembler à la Côte d’Ivoire avec un président qui pourrait être Gbagbo et l’autre Ouattara, sans qu’il soit nécessaire d’envoyer la marine pour pacifier le tout, cela ferait sans doute du bien à la démocratie en général !
    C’est une question d’image. Ce qui à mon avis nuit gravement à la santé démocratique, c’est que nous sommes tous plus ou moins des faux culs, terme que je puise dans la littérature et qui n’a donc rien de grossier. Je rappelle que « démocratie » signifie que le pouvoir est entre les mains du peuple. Ce sont les marins grecs qui ont fait naître la démocratie, il ne faudrait quand même pas l’oublier. La mer ! Qu’est-ce que la liberté, sinon la mer, toujours recommencée ?
    Il faudrait comprendre pour de bon que le mécontentement a une vraie cause. Tant que vous refuserez la mise en place d’une vraie proportionnelle et tant que nous ne serons que deux pour représenter plus de six millions d’électeurs, si forte que soit la détestation que nous vous inspirons, il n’en demeurera pas moins le sentiment que la représentation nationale n’est pas conforme à la réalité.
    Prenons en compte le vote blanc, certes. Mais prenons aussi en compte les orphelins du suffrage universel, ceux qui ne peuvent pas, parce qu’on les en empêche, envoyer au Parlement un nombre de députés réellement représentatif. Message citoyen, insatisfaction citoyenne, participation citoyenne : contentons-nous de faire en sorte que celles et ceux qui veulent se faire entendre le soient, par le vote blanc ou par l’envie d’amener dans le débat des hommes et des femmes qui ont des choses à dire, fussent-elles différentes de celles que vous diriez. Respectez cette différence et qu’ils viennent ici les dire ! Quand on pense que nous ne sommes que deux !
    Croyez-vous que cela traduise suffisamment la réalité ? Vous êtes tous trop honnêtes pour refuser de l’admettre ! Après la sacralisation du vote blanc, faites en sorte qu’on sacralise aussi, et sans hurler je vous en supplie, ou alors pour me faire plaisir, le vote français !

    Posté par Marino http://www.francepresseinfos.com/

  • La renaissance industrielle grâce aux gaz de schiste n’est qu’un mythe

    Pour mesurer ce qu’a pu être la puissance industrielle des Etats-Unis, il faut prendre la route qui quitte Pittsburgh vers le sud en suivant la rivière Ohio. Tous les trois ou quatre kilomètres, une aciérie ou une centrale électrique. Gigantesque. Toutes ne fonctionnent pas, cependant. Les premières sont pour la plupart à l’abandon quand elles n’ont pas été démontées, et les secondes, quand elles tournent au charbon, sont à l’arrêt. «Celles qui fument, ce sont les centrales à gaz», explique Daniel Donovan, porte-parole du géant de la production électrique et du gaz naturel Dominion. «Parce qu’ici, aujourd’hui, le gaz naturel est moins cher que la houille.»

    Loin d’être une bénédiction comme on pourrait le croire, cette situation est la porte d’entrée vers l’envers du décor du miracle des gaz de schiste. Car l’abondance des gaz de schiste sert de tremplin aux politiciens comme à Wall Street pour affirmer que des prix de l’énergie parmi les moins élevés de la planète sont le prélude de la renaissance industrielle de l’Amérique. Mais pour le moment ce n’est qu’une promesse. Et elle repose sur des mythes.

    Après la ruée vers l’or, déjà les villes fantômes

    Le boom spectaculaire des gaz de schiste a commencé il y a environ six ans grâce à la combinaison de deux nouvelles technologies. La fracturation hydraulique, ou fracking, a permis d’abord d’amener de la pression pour extraire des couches de schiste le gaz naturel qui y est prisonnier mais qui ne remonte pas tout seul, comme dans les gisements classiques. Les forages multidirectionnels et horizontaux ont augmenté les rendements extraits de ces couches géologiques étendues mais souvent minces. Bien sûr, pour extraire les gaz de schiste, il faut beaucoup d’eau et des produits chimiques, ce qui a fait bondir les écologistes qui redoutent la pollution des nappes phréatiques. La scène du robinet qui verse du feu à la place de l’eau dans le film Gasland a ainsi capturé les imaginations.

    Toutefois, cette scène dit aussi autre chose que la pollution: la profusion. A l’autre bout de la Pennsylvanie, dans la région rurale qui borde l’Etat de New York, les fermiers n’ont pas résisté aux 12,5% de royalties garanties par les compagnies exploitantes comme Chesapeake. Du coup, phénomène traditionnel de l’économie américaine, on a assisté à une ruée vers l’or des gaz de schiste.

    Mais ce boom est suivi maintenant par un «bust», un effondrement. Dans cette région, un millier de forages sont à l’arrêt.

    Le phénomène est plus général. Après un investissement dans les forages de 126 milliards de dollars par les 50 premières compagnies du secteur pétrole et gaz des Etats-Unis au cours des six dernières années, le fracking est en crise. En témoignent les derniers résultats trimestriels des principaux fournisseurs: Halliburton, Baker Hughes et Schlumberger. «Nous perdons notre chemise», a même commenté récemment Rex Tillerson, le CEO d’Exxon Mobil, qui a payé 41 milliards de dollars en 2010 pour le spécialiste des gaz de schiste XTO. Le fameux magnat texan du pétrole T. Boone Pickens s’est, lui, exclamé en plein conseil d’administration cet été: «Il faut arrêter de forer!», selon le New York Times.

    «Deux phénomènes se sont rejoints, explique Daniel Donovan. D’une part, les températures douces de l’hiver dernier ont diminué la demande, d’autre part le forage multidirectionnel a abouti à une production plus importante que prévu.» Du coup, les prix se sont effondrés de 60% depuis 2008 pour naviguer entre 2 et 3,5 dollars le million de BTU (British Thermal Unit, l’unité du gaz naturel aux Etats-Unis). Et comme tout va très vite en Amérique, on évoque maintenant des villes fantômes dans ce qui était il y a encore six mois l’eldorado des gaz de schiste.

    À la source de la réindustrialisation

    Pourtant, l’histoire ne s’arrête de loin pas là. Non seulement les consommateurs de gaz américains bénéficient de tarifs particulièrement bas, mais le gaz naturel étant un hydrocarbure, c’est une ressource précieuse pour toutes sortes d’usages qui vont bien au-delà du chauffage. C’est pour cela que la ruée des gaz de schiste s’est maintenant déplacée au cœur des Appalaches, à la frontière sud de la Pennsylvanie, de l’Ohio et de la Virginie occidentale. A Natrium, très précisément.

    Dans cette localité, qui doit son nom à la désignation du sodium dans la table périodique des éléments, Dominion vient de dépenser un demi-milliard en dix mois pour construire ce qui sera à la fin de l’année la plus grande raffinerie de gaz de schiste des Etats-Unis. Et, ce qu’ici tous espèrent, l’amorce d’une reconquête industrielle.

    Casque sur la tête, Tommey Gump, le superintendant des opérations de liquéfaction du gaz chez Dominion, explique pourquoi il est nécessaire de raffiner les gaz de schiste qui pullulent dans cette région minière. Le gigantesque gisement de gaz de schiste Marcellus, qui s’est formé au dévonien, court entre 1000 et 2000 mètres de profondeur sous les Appalaches depuis la Virginie occidentale et l’Ohio au sud jusqu’au milieu de l’Etat de New York au nord, après avoir traversé la Pennsylvanie. Dessous et plus à l’ouest, cette formation, dont les réserves sont estimées à 3 trillions de mètres cubes de gaz, en recouvre une autre baptisée Utica, qui en contient un autre trillion. Ce n’est donc pas loin du tiers des réserves de gaz de schiste des Etats-Unis (13,6 trillions de mètres cubes) que l’on trouve dans cette immense région.

    Mais il y a une différence essentielle entre le gaz qu’on extrait au nord et celui qui commence à être exploité au sud de la formation Marcellus. Le premier est dit «dry» tandis que le second est qualifié de «et». Cela signifie que les premiers gisements contenaient surtout du méthane, dont l’usage est d’abord destiné au chauffage domestique. Pas vraiment de quoi lancer une renaissance industrielle. Par contre, dans la région de Natrium, les gaz de schiste ont un contenu élevé en hydrocarbures lourds. A partir de cette ressource, la raffinerie de Natrium va produire différents gaz tels que butane, isobutane, propane et éthane qui, eux, sont destinés à des usages industriels.

    Des différentes tours de craquage de chacun de ces gaz que désigne Tommey Gump, c’est celle qui doit produire l’éthane qui retient le plus l’attention. Ce gaz liquéfié est, en effet, le précurseur de l’éthylène, lui-même source de nombreux plastiques. On y est! Cette «renaissance industrielle» que vendent aujourd’hui tant Wall Street que les candidats à la présidence est chimique. L’énergie bon marché n’est pas le sujet. Ce n’est pas parce que le gaz naturel est cinq ou six fois moins cher à New York qu’à Genève que l’industrie quitterait les pays à bas coûts pour revenir aux Etats-Unis. Certes, l’équation est plaisante et, au cœur de ce «rust belt» qui recouvre les fameux Etats indécis que sont précisément la Pennsylvanie et surtout le déterminant Ohio, tant Barack Obama que Mitt Romney tapent sur ce clou. Mais en matière industrielle, les décisions d’implantation répondent à des critères un peu plus subtils que la facture de gaz.

    Le mythe de la compétitivité énergétique

    A Chicago, Harry Moser est un militant de la relocalisation manufacturière aux Etats-Unis. Cet ancien directeur de l’entreprise genevoise AgieCharmilles aux Etats-Unis est même l’initiateur de la Reshoring Initiative, qui veut «ramener l’industrie à la maison». Pourtant, il n’achète pas la fable de la compétitivité énergétique des gaz de schiste. «Les coûts énergétiques ne représentent pas plus de 2% des coûts totaux dans la production manufacturière, lâche-t-il. Passer de 2 à 1% n’est pas suffisant pour motiver une relocalisation.» Mais le patron du groupe chimique belge Solvay n’expliquait-il pourtant pas, il y a peu, au quotidien Les Echos que s’il produisait aux Etats-Unis sa facture de gaz ne serait que de 200 millions d’euros au lieu de 500 en Europe? «C’est parce que Solvay est un groupe chimique»,  répond Harry Moser. «Non seulement c’est une industrie plus intensive en énergie mais surtout, elle utilise les hydrocarbures en tant que matières premières pour produire des plastiques.»

    De fait, les exemples qui sont généralement avancés pour affirmer que les gaz de schiste vont faire revenir l’industrie aux Etats-Unis sont essentiellement chimiques. Le principal est celui de la construction par Dow Chemical, à Freeport au Texas, d’une usine d’éthylène de 1,7 milliard de dollars (soit 0,01% de la production industrielle des Etats-Unis, qui représente 12% du PIB). Encore une goutte d’eau pour affirmer une renaissance industrielle.

    Pour autant, Harry Moser identifie d’autres facteurs qui sont effectivement de nature à ramener des emplois industriels aux Etats-Unis. Le principal c’est qu’entre une croissance débridée d’un côté et une grande récession de l’autre les différences salariales entre la Chine et les Etats-Unis se sont atténuées ces dernières années. «Depuis huit ans, les salaires chinois augmentent de 15% par an et la devise s’apprécie de 6%. Cela signifie que les salaires chinois représentent maintenant entre 15 et 20% de ceux des Américains. Toutefois, ces derniers ont une productivité trois fois plus élevée, si bien que lorsque vous mettez dans la balance les coûts liés au transport, la logistique, etc., la différence n’est plus si grande.»

    Certes, mais la productivité chinoise peut augmenter. Et Harry Moser considère lui-même que les industries très intensives en main-d’œuvre, comme le textile ou l’assemblage électronique, ne reviendront pas. A cela s’ajoute une autre difficulté: le manque de techniciens et d’ouvriers qualifiés. On ne perd pas pendant des décennies des emplois industriels sans les savoir-faire qui vont avec. Or le système éducatif américain pêche au plan de l’apprentissage.

    Les chimères de la machine à créer des jobs

    Cette question de la qualification nous ramène à Natrium, au gaz de schiste et à la promesse de Mitt Romney de ramener des millions de jobs manufacturiers et à celle, plus raisonnable, de Barack Obama de voir le gaz créer 600 000 emplois d’ici à 2020 après en avoir généré 60  000 depuis cinq ans.

    Devant un réservoir géant de propane, Timothy Greenier, le chef du chantier de Natrium, explique que celui-là emploie 900 personnes. Mais il se dit aussi surpris par la phénoménale rapidité de cette construction. Il l’attribue à la qualité de ses équipes et à la technologie. A la productivité, autrement dit. En poursuivant avec Tommey Gump, on apprend qu’une fois opérationnelle cette unité capable de convertir 5,6 millions de mètres cubes de gaz de schiste en 59 000 barils de dérivés liquides par jour – tous les jours – emploiera au maximum 50 personnes en 3 x 8. «Un jour normal, cinq personnes suffisent pour tout faire marcher.» On est loin de la machine à créer des emplois…

    Certes, ceux-là sont attendus en aval. Alors, rapprochons-nous de cette rivière Ohio qui n’est pas sans évoquer le Rhin avec ses énormes barges qui circulent de Pittsburgh à Saint-Louis. Outre un port fluvial, l’usine est en train d’être raccordée au chemin de fer et à un terminal routier. Toutefois, si Dominion a vendu il y a un an et demi ses gigantesques propriétés au-dessus de la formation Marcellus au groupe minier Consol Energy, c’était non seulement pour investir dans des raffineries de gaz mais surtout dans des pipelines.

    Où sont-ils ?
    C’est justement la grande question que se pose le management de Dominion aujourd’hui. L’investissement dans un pipeline pour Natrium est suspendu à la valorisation de l’éthane sous forme de plastique. Comme le groupe énergétique n’a pas vocation à fondre des polymères, il attend une décision de Shell. Le groupe anglo-néerlandais étudie l’implantation d’un craqueur d’éthane de 2 milliards de dollars au sud de Pittsburgh. Si cet investissement se fait, il sera effectivement de nature à stimuler l’implantation de plasturgistes dans la région.

    Toutefois, même si la décision était prise maintenant, il faudrait trois ans, selon Daniel Donovan, à cette autre raffinerie pour être opérationnelle. Et là encore il ne faut pas s’attendre à une avalanche de jobs. Cette potentielle usine comme celles encore plus éventuelles destinées à valoriser ses plastiques feront le pari des dernières technologies d’automatisation. A cela s’ajoute que la question du caractère bon marché des gaz liquides est toute relative. Une des raisons qui motivent Dominion est que les prix de ceux-là suivent, contrairement au méthane, les cours du pétrole! En plus, Dominion comme d’autres entreprises s’interrogent sur la possibilité d’exporter le méthane destiné au chauffage, ce qui aura pour effet d’en faire remonter les cours…

    Même si un peu d’industrie pétrochimique peut donc revenir aux Etats-Unis grâce aux gaz de schiste, on est loin des promesses des politiciens. Quant à celles de Wall Street? Eh bien si les banques relaient si bien cette histoire de renaissance industrielle, c’est aussi qu’elle est de nature à les aider à poursuivre la «story» des gaz de schiste au moment où l’effondrement des forages de la première ruée commence à se voir.

    BILAN  http://fortune.fdesouche.com