France et politique française - Page 3198
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La #dissidence corse
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Chronique de la campagne : « Attention, chien méchant ! »
Le chien s'appelle Alain...
Pour un Juppé ultra-désappointé, blessé au plus profond dans son amour-propre de « premier de la classe » et de « meilleur d'entre nous », il ne peut s'agir, en ces derniers jours de campagne, que d'une fuite en avant, et cette fuite en avant se traduit par un « à gauche, toute ! » aussi désespéré qu'agressif.
Dès dimanche soir, le JT de France 2 a eu la cruauté de le montrer, à la sortie du restaurant où il dînait en famille, disant « On aurait dû sortir par derrière », pour éviter les journalistes, tant il venait de tomber de haut, de très haut : pour la troisième fois, donc, après le Brexit et Trump, ils venaient de se planter lourdement, les sondeurs et journaleux qui nous avaient expliqué par a+b, trois ou quatre fois par jour, depuis plusieurs mois, que c'était plié, et que c'était Juppé.
L'éventualité de son retrait a même été envisagée - par lui-même ou par l'un ou plusieurs de ses collaborateurs - puisqu'il a commencé son allocution par un surprenant « J’ai décidé de continuer le combat... »
Il faut dire que, sans les 15% d'électeurs de gauche qui sont venus pour éliminer Sarko, Fillon était peut-être même élu au premier tour, Sarko était deuxième, et Juppé - injure suprême - était éliminé à ce même premier tour ! Juppé a recueilli les voix de ces électeurs de gauche (qui ne se cachent pas d'avoir voté pour lui, et le disent au contraire, lisez les journaux), ainsi que celles du centre : il a donc été « sauvé » par ces deux courants, mais a été largement rejeté par la droite. Politique politicienne, quand tu nous tiens !
Que faire, donc, maintenant, pour l'ex élu des sondages ? Se tourner vers cette gauche qui l'a sauvé, faussant magistralement le résultat et le sens de « la primaire de la droite et du centre ».
Mais ce jeu est dangereux : d'abord, il n'est pas sûr du tout que ce qui a « marché » une fois « marchera » une seconde fois : les électeurs de gauche voulaient la peau de Sarko, ils l'ont eue ; reviendront-ils dimanche ? rien n'est moins sûr...
Et ensuite, dans ce genre d'affrontement, c'est le premier qui tire qui est mort. Or, Juppé, tout le montre, a perdu ses nerfs, et « agresse » Fillon tous azimuts (pour un autre, les journaleux diraient « dérape ») : « traditionaliste », « pas ouvert sur la modernité » en ce qui concerne les sujets de société, « réactionnaire », « intégriste », « homophobe » évidemment...
Benoist Apparu* a décrété, par exemple, et en substance, que si l'on était à titre personnel contre l'avortement, pour un responsable politique en charge des affaires de l'Etat cela posait un problème. Ce qui est d'autant plus surprenant que, peu de temps avant, Juppé avait déclaré qu'il préférait « le pape François à la Manif pour tous » : pour le coup, Apparu aurait mieux fait de se taire, car, sur l'avortement, de toute évidence, « le pape François » ne parle pas comme Alain Juppé !
Jean-Christophe Lagarde - président de l'UDI et parfait représentant de ce que Léon Daudet appelait « l'anarchie molle » - et l'inénarrable François Bayrou sont évidemment venus apporter leur soutien au dauphin de Chirac, l'objectif des juppéistes et des journaleux qui le soutiennent - puisque tout ce petit monde, en fait, est de la même famille de pensée - est évidemment de provoquer la mobilisation massive d’électeurs de gauche, défaitistes, et ne croyant plus en la victoire de leur camp en mai 2017; Alain Juppé pourrait leur sembler un moindre mal, pensent-ils. Sans se rendre compte que l'on se trouve, là, en pleine politique fiction...
Enfin, cerise sur le gâteau, Fabienne Sintès et son 7/9 ont attribué à Juppé la bonne note de 15/20 : comme aurait pu le dire Pascal, « dis-moi qui te soutient, je te dirai qui tu es... »
* Un bon point - sans illusion par ailleurs sur le personnage - à Gérard Longuet, qui a eu le mérite de dire, sur BFM, face à un tel déferlement d'attaques, que le terme de « réactionnaire » n'était pas péjoratif, et qu'il le revendiquait ; et qui a aussi eu une belle phrase sur la France, qui vient de deux millénaires, et, dans ces deux millénaires, tout n'est pas à jeter...
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La République
Maurras n’a jamais parlé positivement de la démocratie mais il en va parfois autrement du terme de « république ». Pour des raisons d’ailleurs très diverses : tantôt il s’agit de rappeler que la monarchie n’est pas forcément le régime adapté à tous les peuples et à tous les climats, tantôt de désigner les corps intermédiaires que sa doctrine entend restaurer (les « républiques sous le roi ») ou encore de faire référence à un sens ancien du mot « républicain », qui put désigner sous l’Ancien régime, les « politiques », autrement dit ceux qui avaient le souci de la bonne marche du royaume.
Mais ces occurrences flatteuses sont rares. Pour Maurras la République c’est avant tout, en France (il faut toujours le préciser), la « machine à mal faire ». Un régime faible là où il devrait être fort (défense, diplomatie, sécurité, justice) et fort là où il devrait être faible ou absent (administration du quotidien des citoyens, éducation, endoctrinement idéologique) ; un régime condamné à l’inefficacité par la faiblesse du parlementarisme, l’instabilité, le manque de durée (pour capitaliser l’expérience comme pour prévoir l’avenir) et incapable de réformer par peur de déplaire à l’opinion et de perdre l’élection. Ce dernier défaut que la constitution de la Vème République tendait à atténuer retrouve aujourd’hui une actualité criante avec l’instauration du quinquennat.[.....]
La suite sur A Rebours
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Le contrôle du langage
La tentative des gouvernants de contrôler le peuple en contrôlant le langage n’est pas nouvelle. Petit rappel historique.La nouvelle est tombée sur BFM : dans certains collèges et lycées, le « tchip », ce petit bruit de succion qui rendrait fou des professeurs, est maintenant réglementé.Là où le bât blesse, c’est que ce fameux tchip, « concentré de dédain », a été rendu populaire par nulle autre que Madame Taubira. Elle l’avait en effet utilisé pour qualifier ses détracteurs, le rendant populaire au point de devenir habituellement utilisé par les adolescentsJe ne m’attarde pas sur l’incongruité d’interdire à certains l’usage d’une onomatopée permise à d’autres sans donner le sentiment d’une liberté d’expression à géométrie variable. En effet, chaque langue forge d’une façon particulière la vision du monde de ceux qui l’utilisent. On voit ce que l’on dit. Je prends l’exemple de l’anglais qui différencie le sheep (dans le pré) du mutton (dans l’assiette).Nommer est une décision humaine intelligente, la première étape de la pensée scientifique et de la pensée tout court. Nommer, c’est distinguer, classer, mettre en ordre le monde, le comprendre et le modifier. C’est, plus simplement, prendre le pouvoir. Il s’agit donc d’une arme redoutable qui peut servir à libérer, magnifier ou à l’inverse, réduire en esclavage, insulter, lancer des propagandes, exclure.Le contrôle du langage est donc important pour nos dirigeants qui sont censés avoir conscience de l’impact des mots. D’ailleurs, mus par une éthique souvent contestable, ils usent et abusent constamment de cette arme dans les promesses qu’ils nous font, les injonctions dont ils nous menacent, les pseudo-vérités qu’ils nous assènent, les visions délirantes de la société dont ils veulent nous convaincre.Il n’est pas innocent dans ce contexte de remplacer un mot par un autre véhiculant une vision différente. Ainsi la « secrétaire » devient « assistante », une « femme de ménage » une « technicienne de surface », un « instituteur » se transforme en « professeur des écoles ». La réforme des programmes scolaires et son lot de remplacements ridicules comme substituer « nager » par « se déplacer de manière autonome dans un milieu aquatique profond » en est également une illustration édifiante.La tentative des gouvernants de contrôler le peuple en contrôlant le langage n’est pas nouvelle : si les Serments de Strasbourg en 842 sont considérés comme le plus ancien document écrit en français, la France jusqu’au 17ème siècle était multilingue (langue vulgaire et latin), ce qui posait problème notamment dans l’assise du pouvoir administratif et judiciaire. Il était indispensable d’unifier la nation autour d’une langue. C’est ainsi que l’ordonnance de Villers-Cotterêts a permis d’entamer ce processus :Article 110 : afin qu’il n’y ait cause de douter sur l’intelligence des arrêts de justice, nous voulons et ordonnons qu’ils soient faits et écrits si clairement, qu’il n’y ait, ni puisse avoir, aucune ambiguïté ou incertitude, ni lieu à demander interprétation.Article 111 : et pour que de telles choses sont souvent advenues sur l’intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel français et non autrement.Richelieu a créé en 1635 l’Académie française afin, selon les termes de Marc Fumaroli, de « donner à l’unité du royaume forgé par la politique une langue et un style qui la symbolisent et la cimentent ». Ainsi, l’article 24 des statuts précise que « la principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ».La révolution française a accolé l’idée de nation à la langue pour amener un sentiment d’identité nationale, confirmant le processus qui a été encore accentué par Jules Ferry (l’école obligatoire) et le concept de laïcité.Il est par contre notable de constater que le pouvoir politique a laissé à une institution indépendante, pendant des siècles le soin d’enregistrer, d’établir et de régler l’usage du français. Depuis les années 1970 cependant, le gouvernement, toutes tendances politiques confondues, essaie régulièrement d’étendre son pouvoir en régulant la langue française.Sous Pompidou (Pierre Messmer Premier ministre), a décidé de lutter contre l’invasion ou la prédominance anglaise. À partir de 1972, des commissions ministérielles de terminologie et de néologie sont constituées pour désigner, au besoin créer, des termes français pour éviter un mot étranger. Ces termes s’imposent alors à l’administration. Ainsi baladeur remplace walkman par exemple.Sous Valéry Giscard d’Estaing (Chirac Premier ministre), en 1975, la loi dite « Bas-Lauriol » rend l’emploi du français obligatoire dans l’audiovisuel, le commerce et dans le monde du travail.Toutes ces dispositions n’empêchent pas l’anglais d’être LA langue. Au cours des années 1990, la gauche décide de renforcer l’ensemble législatif.Sous Mitterrand (Bérégovoy Premier ministre), un nouvel alinéa est ajouté, le 25 juin 1992, à l’article 2 de la Constitution : la langue de la République est le français.La loi du 4 août 1994, dite « loi Toubon » tente d’élargir les dispositions de la loi de 1975 relative à la primauté des termes francophones face aux anglicismes. Elle reconnait le droit de s’exprimer et de recevoir, et l’obligation de rédiger toutes les informations en français. Il est intéressant de noter que le Conseil constitutionnel l’a beaucoup allégée, estimant que l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen interdisait à l’État de déterminer le vocabulaire à utiliser par les médias ou les personnes privées dans l’ensemble de leurs activités. La loi ne peut intervenir que pour les personnes morales de droit public et les personnes de droit privé dans l’exercice d’une mission de service public (article 5 de la loi).Sous Chirac (Juppé Premier ministre), le décret du 3 juillet 1996 met en place une nouvelle commission générale de terminologie et de néologie. L’accord de l’Académie française devient indispensable pour que les termes d’enrichissement « recommandés » soient publiés avec leurs définitions au Journal Officiel. La prédominance de fait de l’Académie se trouve ainsi confirmée par le droit.La tentative de féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres est une illustration assez marquante de cette volonté de légiférer à tout va. Il a en effet été décidé, dans les années 80, de lutter contre le sexisme dans la société grâce aux mots.Ainsi sera créée une « commission de terminologie relative au vocabulaire concernant les activités des femmes » pour que « la féminisation des noms de professions et de titres vise à combler certaines lacunes de l’usage de la langue française dans ce domaine et à apporter une légitimation des fonctions sociales et des professions exercées par les femmes ».L’Académie française, non consultée, fait part de ses réserves et indique, arguments à l’appui, que la féminisation risque d’aboutir à un résultat inverse et créer dans la langue une discrimination entre les hommes et les femmes. Elle en profite pour contester enfin le principe même d’une intervention gouvernementale sur l’usage, jugeant qu’une telle démarche risque « de mettre la confusion et le désordre dans un équilibre subtil né de l’usage, et qu’il paraîtrait mieux avisé de laisser à l’usage le soin de modifier ».Une circulaire du Premier ministre Jacques Chirac recommandera, en 1986, de procéder malgré tout à la féminisation, mais cette circulaire ne sera pas appliquée.En 1997 (Présidence Chirac- Gouvernement Jospin), certains ministres du gouvernement préconiseront pour leur compte la forme féminisée « la ministre », ce qui provoquera une nouvelle réaction des immortels.Dans une circulaire du 6 mars 1998, le Premier ministre Lionel Jospin, constatant le peu d’effet du texte de 1986, propose malgré tout d’imposer la féminisation « dès lors qu’il s’agit de termes dont le féminin est par ailleurs d’usage courant ». Il charge alors une commission générale de terminologie et de néologie de « faire le point sur la question ». Le rapport de la commission en octobre 1998 rappelle qu’une intervention gouvernementale sur l’usage n’est pas recommandée et ne sera pas suivie d’effet.L’incident qui a eu lieu à l’Assemblée nationale il y a peu de temps est assez symptomatique de tout cela.Tout est dit : légiférer la langue de manière aussi directe est juste une perte de temps et d’énergie. Pour influencer les esprits, il faut le faire plus subtilement, ce dont ils ne se privent d’ailleurs pas.Un exemple édifiant est celui d’un morceau de tissu pouvant cristalliser des positions racistes en fonction du nom qui lui est donné et de l’interprétation qui en est faite.Nous nous dirigeons vers une sombre période. Je repense au livre de George Orwell, 1984, dans lequel était décrit le lien entre le contrôle des mots, de leur définition et signification et le contrôle de la pensée réelle du peuple. Il suffit d’observer l’évolution des définitions dans le temps, qui finissent par perdre leur substance, et donner une autre interprétationRestons vigilants ! Nous nous attachons à défendre nos libertés, principalement la liberté d’expression, face à un État qui ne pense qu’à les grignoter, au motif de faire notre bien. Ne nous laissons pas prendre la première d’entre elle, qui est celle de penser. -
Marion Maréchal-Le Pen : "Fillon nous pose un problème stratégique"
Analyse de Marion Maréchal-Le Pen rapportés par Marianne :"Fillon nous pose un problème stratégique (...) Il est le plus dangereux pour le FN. Avec Juppé, ce serait plus clair (...)
Nous aurions dû être alertés par les signaux qu’il a adressés aux catholiques et à la droite hors les murs, à la Manif pour tous en particulier. Nous ne l’avons pas vu, pas plus que les médias au demeurant"
Philippe Carhon http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html
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Des militants de Génération identitaire remettent une racaille à la police
Des militants de Génération identitaire ont neutralisé ce soir une racaille maghrébine qui, en compagnie de deux complices, avait attaqué un jeune Français de souche pour le dépouiller, et ont remis l’individu à la police. Voici le communiqué de Génération identitaire :« Ce mardi soir dans le Vieux-Lyon, trois racailles ont lâchement attaqué un jeune Français de souche pour lui voler son téléphone portable. Mal leur en a pris : ces lâches ont commis leur forfait devant La Traboule, la maison de l’identité lyonnaise.
Alertés par les cris du jeune homme, les identitaires sont immédiatement sortis de la maison pour venir en aide à leur compatriote, et sont parvenus à immobiliser un des agresseurs. Sous bonne garde, le jeune maghrébin en pleurs a tenté à plusieurs reprises de négocier sa libération, tout en clamant son innocence auprès de sa mère par téléphone. Il était visiblement plus facile d’être courageux à trois contre un.
Il a ensuite été remis à la Police nationale qui n’a pas manqué de féliciter les militants de Génération Identitaire pour leur réactivité et leur détermination, puis a recueilli la plainte du jeune collégien agressé.
Face à la racaille, solidarité entre Français ! »
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Alain Juppé montre le vrai visage de cette fausse droite et espère le soutien de la gauche
Billet d'Yvan Rioufol dans le Figaro :
"Alain Juppé, dans son coming out politique, dévoile l’imposture de son passé à droite. En se rangeant aux arguments de la gauche pour contester François Fillon, il montre le vrai visage de cette fausse droite qui a toujours été plus préoccupée de plaire aux progressistes qu’à son propre électorat. Alors que le maire de Bordeaux avait regretté récemment la "nullité du débat politique", quand Nicolas Sarkozy avait évoqué "nos ancêtres les Gaulois", le voilà qui n’hésite pas à multiplier les coups bas contre son adversaire, en puisant ses arguments caricaturaux dans ceux du Camp du Bien.
Quand L’Obs présente Fillon, ce mercredi, comme "archi-réac, ultra-libéral, pro-Poutine", Juppé ne dit pas autre chose. Son désir de courir après le modernisme lui a toujours dicté des positions faciles. Lorsque la mode était à l’altermondialisme, par exemple, il aimait envoyer des signaux de connivence vers ce mouvement aujourd’hui tombé dans l’extrême. Soucieux de flatter le féminisme, avec cette fois son épouse Isabelle en témoin d’honorabilité, il laisse entendre que le favori de la primaire, qu’il qualifie de traditionnaliste, aurait des réticences à autoriser l’avortement, ce que Fillon a démenti. Ces accusations, faux-procès et insinuations culpabilisantes laisseront des traces. Le Juppé prétendument rassembleur risque au contraire de faire exploser Les Républicains. Cela aura au moins le mérite de mettre de la clarté dans ce mouvement.
L’homme "droit dans ses bottes" a choisi en réalité de passer dans le camp d’en face. Juppé espère en effet le soutien de la gauche, dimanche, pour remporter le second tour de la primaire, dans ce qui serait alors un hold-up démocratique. Comme lui, elle se déchaîne contre Fillon le catholique, accusé d’être soutenu par l’extrême droite (...)
Juppé trouve que la proximité de Fillon avec Vladimir Poutine "est un sujet". Il n’a pas entièrement tort. Mais il est savoureux que cette remarque vienne de celui qui entretient des relations ambigües avec les Frères musulmans, par l’intermédiaire de l’imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, dont il a dit récemment qu’il ne voulait pas "se plonger dans son passé". L’aveuglement de Juppé face à l’islam radical est le vrai sujet. Dans La Croix du 28 février 2012, celui qui était alors ministre des affaires étrangères demandait aux chrétiens d’Orient de faire confiance en la démocratie portée par les "printemps arabes", instrumentalisés en fait par leurs bourreaux islamistes. Juppé se plaint du sobriquet d’"Ali Juppé" que lui donne la "fachosphère", c'est-à-dire les sites non muselés par le Système. Mais il ne tient qu’à lui de rejoindre Fillon dans son combat contre le totalitarisme islamique, ce nouveau nazisme maintes fois dénoncé ici. Pourquoi n’en fait-il rien ?"
Philippe Carhon http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html
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Trois réformes-mères
L'heure est à la campagne présidentielle, l'heure est à la réforme, comme chaque fois depuis, depuis... depuis 1848. Relire les bons auteurs de l'époque. La liste est longue chez ce pays empêtré dans un soviétisme que tous ses voisins ont abandonné et nous vous en ferons grâce, mais il est trois réformes, décisives pour mettre en œuvre toutes les autres, les voici en version courte :
I.- Séparation du Parlement et de l'État
L'État est ici l'administration du territoire et des peuples. En attendant qu'un roi simplifie l'épure constitutionnelle, le parlement est souverain en ce qu'il porte l'expression de la Nation. Il n'est pas logique que le parlement soit investi par les corps constitués publics, intermédiaires voire élémentaires, chargés de mettre en œuvre la politique de la Nation. Ils ne peuvent décider d'un côté et exécuter de l'autre. La pénétration de la fonction publique dans les rouages parlementaires est une absurdité dont s'est protégée la Grande Bretagne par exemple¹.
L'inégibilité des fonctionnaires cessera leur pression au parlement et permettra d'ouvrir la voie à la réduction du périmètre de l'État contre laquelle ils se battent becs et ongles. Comparé à nos partenaires de l'OCDE, nous avons 1,6 million de surnuméraires (source). Réduisons le périmètre pour réduire les effectifs (et pas l'inverse). On peut le faire en plus ou moins vingt ans.
La défense réglementaire du fonctionnaire est de se planquer derrière le travail pénible des infirmières sinon dangereux comme celui des policiers ou des pompiers, mais nous n'avons pas cinq millions d'agents de ces catégories². Revenons au régalien et tout le monde comprendra.
II.- Séparation des syndicats professionnels et des finances publiques
Les syndicats professionnels ouvriers et patronaux ne doivent pouvoir compter que sur les cotisations de leurs adhérents, ce qui est la première motivation pour en défendre les intérêts propres. Ceci ne veut pas dire qu'il faut pétrifier leur influence à la masse des cotisations actuelles. Dans la mesure où certains services aujourd'hui "publics" seront reversés aux partenaires sociaux responsables, la masse d'adhérents augmentera forcément pour simplement couvrir les besoins de tout un chacun.
Le tarissement des subventions publiques changera carrément le programme de défense des intérêts catégoriels qui resteront différents des intérêts généraux que les centrales syndicales amalgament pour accroître leur niveau de tapage. On passera du parasitarisme au paritarisme vrai.
III.- Etablissement d'une retraite équitable universelle par points
L'euro cotisé doit avoir la même valeur pour tous. Les régimes de pensions publiques et privées doivent être fusionnés pour aboutir à un régime unique. Le système par points permet ensuite d'arrêter les régimes spéciaux qui sont une vraie gangrène sur la cohésion nationale tant les disparités sont grandes.
La caisse unique par points supprimera naturellement les nombreuses caisses complémentaires et de substitution qui vivent dans le désordre et leur déficit perpétuel. Le futur statut de la caisse unique pourrait être apparenté à celui de la Banque de France pour y interdire les doigts crochus de l'État qui viendrait y calmer le prurit de son impéritie.
Les cotisations privées à des fonds de pension resteront du domaine personnel mais il ne sera pas question de les défiscaliser car cela amoindrirait la mise au pot commun.
Notes :
Voilà donc trois réformes-mères sans lesquelles aucune autre n'aboutira sauf à écraser l'émeute sous les chenilles des chars. Dans le fatras des propositions de la Droite et du Centre, on ne distingue pas de priorités ; on y exacerbe plutôt les dérives sociétales et politiciennes à croire qu'après les derniers coups de menton rien ne changera vraiment sauf l'habillage. François Fillon fait du Sarkozy-2007 et Alain Juppé du Chirac-1995. Pschitt citron et Pschitt orange.(1) Au Royaume-Uni les fonctionnaires de l'étage régalien sont barrés du Parlement. Le fonctionnaire étant réputé démissionnaire avant même d'avoir fait acte de candidature, la notion de décharge d'activité pour exercer un mandat électif est inconnue du droit britannique (source).
(2) Exemple de surnuméraire entre mille: Je connais une ville qui distribue des sacs poubelles une fois l'an à tous les foyers de la commune. Et il y a un bureau spécial, séparé des services administratifs et des services techniques de la municipalité, auquel on va pour prendre des sacs supplémentaires si besoin est ou quand on vient d'arriver. Ce bureau tient un registre de tous les foyers inclus dans les tournées de distribution avec le nombre de sacs livrés. Y sont employés deux agents municipaux à plein temps (pour assurer la permanence en cas de congés annuels, maladie ou imprévus) et l'affluence est si mince que vous n'y ferez jamais la queue et n'y verrez jamais personne entrer derrière vous même si vous restez longtemps. Pourquoi ?Lien permanent Catégories : actualité, divers, élections, France et politique française 0 commentaire -
Caricature contre caricature
Certains souhaiteraient que le deuxième tour des primaires de la droite soit débattu projet contre projet. Peut-être est-ce un peu tard : les deux projets ont été assez clairement déclinés déjà dans des livres et des interventions médiatiques, des intéressés eux-mêmes. À vrai dire, ni les deux candidats restant en lice ni les postulants évincés du premier tour n'avaient fait connaître jusqu'à cette campagne de manière aussi complète leurs idées et leurs propositions.
Les Français avaient parfaitement compris, dès le 19 novembre, veille du premier tour, que l'un considère comme urgentes des réformes radicales, et l'autre entend ménager les nostalgiques de la douceur de vivre de l'ère chiraquienne. Chacun a pu engranger des voix de provenances diverses, y compris à partir du rejet, bien réel pour une partie de la droite, de l'idée que l'ancien président Sarkozy retourne pour 5 ans à l'Élysée. C'est cette hypothèse qui aurait probablement valu le plus grand nombre de voix à Alain Juppé, et qui se trouvait préemptée par les grands habiles de la gauche.
Un débat télévisé se déroulera le 24 novembre. On retrouvera frontalement le choc des deux candidatures.
Or, si, jusqu'ici la compétition entre les 7 candidats du premier tour s'est déroulée de façon plus ou moins sereine, si selon une évaluation on peut estimer à hauteur de 600 000 votants, sur un total imprévu de 4 millions, l'apport qui a permis à des sympathisants de gauche ou du centre gauche d'intervenir dans le scrutin sans le perturber, il semble bien que les passions aient monté d'un cran depuis le vote du 20 novembre.
D'un côté, pour tous ceux qui soutenaient par calcul le candidat Juppé ou ceux qui avaient rallié son camp dans l'espoir d'un portefeuille ministériel, le sol leur a semblé se dérober sous leurs pieds. L'os qu'ils rongeaient déjà en rêve leur a été arraché.
De l'autre côté une partie de ceux qui croient possible une victoire de Marine Le Pen, sentent bien, eux aussi, que la désignation de François Fillon comme candidat de la droite leur barre la route, les prive de la plupart de leurs arguments et, même, les ramène à leurs divisions internes.
On ne doit donc pas s'étonner de voir le cours de la dernière ligne droite perturbé par ces contrariétés, conduisant à une volonté plus visible, plus organisée, d'intervention dans le débat de la droite.
C'est ainsi par caricature interposée que les post-gauchistes de Libération et les identitaires prennent parti dans la primaire de la droite mais ils ne voteront pas. Ce n'est donc pas, pour ces intervenants externes et hostiles, projet contre projet mais caricature contre caricature, et comme toutes les caricatures c'est parfois drôle, parfois injuste et souvent hors sujet.
À moins d'un afflux colossal et donc mesurable d'électeurs illégitimes, ou à moins d'un changement radical d'attitude de François Fillon, jusqu'ici imperturbable ce qui a fait sa force, on voit donc mal comment le résultat du premier tour pourrait s'inverser.
La seule question importante pour l'avenir est de savoir si la droite succombera une fois de plus aux manipulations psychologiques de la gauche, et à ses étiquetages qui se veulent infamants et qui sont supposés nous intimider.
Laissons sur ce point conclure un Bruno Retailleau. Car c'est à juste titre le président de la belle région des Pays de la Loire qui dénonce "la sémantique de la gauche pour disqualifier a priori toute volonté de réforme. On n'est pas “ultralibéral” sous prétexte qu'on veut ramener le nombre de fonctionnaires à la moyenne européenne, ni“ultraconservateur” quand on estime que le mariage pour tous ne doit pas créer un“droit à l'enfant”, et pas davantage “islamophobe” parce qu'on entend combattre les dérives de l'islam politique."
Il fallait que cela soit dit.
JG Malliarakis http://www.insolent.fr/
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La crise identitaire
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :
"[...] Zemmour, Villiers et Buisson s’accordent largement sur cette importance décisive de l’identité. Comme eux, je crois que cette question est centrale et je ne comprends pas pourquoi les partis politiques – spécialement ceux de droite – n’en parlent pas plus. C’est d’ailleurs une logique à courte vue que celle qui consiste à dire : les sondages disent que le chômage est la première préoccupation des Français, donc ils ne se préoccupent pas d’identité. La réalité, c’est que la question identitaire est encore aggravée par le chômage. On l’a bien vu, aux États-Unis, avec l’élection de Trump : les personnes déclassées économiquement sont d’autant plus vigilantes à ne pas être, en outre, privées de leurs racines et de leur culture. C’est, si je puis dire, le « double effet kiss cool » de l’immigration : d’abord, elle met au chômage des millions de personnes et met la pression à la baisse sur les salaires ; et, ensuite, elle aide l’oligarchie à nous déraciner et à nous rendre interchangeables.
À la lecture du livre de Philippe de Villiers, on ne peut manquer d’être frappé par l’écrasante responsabilité de la caste politico-médiatique dans ce désastre. Mais, à la lecture de celui de Patrick Buisson, on est aussi frappé par le fait que l’analyse était parfaitement claire dès 2007 et que Nicolas Sarkozy a malheureusement « loupé le coche ». Les médias n’ont parlé de ce dernier livre que sous l’angle des révélations (nécessairement scabreuses) de l’ancien conseiller sur Nicolas Sarkozy. En fait, ce livre est une réflexion profonde et précise sur le diagnostic et le moyen de porter remède à la maladie. Il faut souhaiter qu’un grand nombre de Français lise ces trois livres, à la fois pour ne plus être dupes des politiciens faillis et pour approfondir l’analyse du problème et de ses solutions. On n’ose espérer que les politiciens en fassent autant. Mais, si j’ai un conseil à donner à François Fillon, Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen, à la veille de cette campagne, c’est de les lire, la plume à la main et de demander à leurs conseillers d’en faire autant. Tout y est. Et nous n’avons pas les moyens d’attendre 2022 pour que ces analyses triomphent enfin !"
Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html