France et politique française - Page 4355
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JOURNAL DU 15/09/2014
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Alors pourquoi être royaliste ?
« Tous les Français sont monarchistes comme moi. Ils le sont sans le savoir, moi je le sais »
Bernanos
Depuis Aristote, les éveilleurs de peuple sonnent l'alarme contre les fossoyeurs des nations. Il suffit d'étudier les penseurs contre-révolutionnaires pour s'en convaincre. La liste n'est pas exhaustive : Burke, Bonald, de Maistre, Rivarol, Balzac, Taine, Renan, Le Play, La Tour du Pin, Proudhon, Maurras...
La raison : La Monarchie est la condition institutionnelle, fonctionnelle pour la réconciliation dans la société, la foule suit les minorités énergiques mais pas de Bastille avant l’Encyclopédie, disait Maurras.
L’écologie
N’est elle pas en fait la Monarchie, le jardin de France que nous a laissé le roi, la continuité et la famille quoi de plus naturel, l’hérédité par le consensus populaire, la possession du temps. L’écologie qui est un travail sur l’éternité, ne peut se pratiquer qu’avec une politique construisant pour les générations suivantes. Seule la monarchie peut assurer, la continuité politique, stable et solide, pour relever les défis de l’écologie. (Voir annexe 2)
La France est un héritage.
« Lorsque les abandons de souveraineté ont commencé, j’ai estimé ce processus dangereux en l’absence d’un régime monarchique en France. La Royauté est en effet, l’élément de stabilité qui permet à l’identité nationale de ne pas se dissoudre dans un melting pot »
Henri, Comte de Paris
Eglises romanes, villages de province et Versailles, sont des témoignages. Nous pouvons construire humainement avec les métiers au Rez-de-chaussée.
Sociaux parce que royalistes
« Les économistes on les appellera à l’heure des comptes, pas pour parler de l’homme »
J. Anouilh
N’oublions jamais, et surtout aujourd’hui, que la vérité se trouve en dehors de ces deux erreurs extrêmes : la liberté accordée à tout et à tous, ou la suppression de toutes nos libertés. De nos jours, ce n’est pas en défendant la démocratie libérale qui, en elle-même, est une erreur, que nous pourrons éviter une erreur encore plus grave : le régime totalitaire. Il faut montrer inlassablement qu’il existe un régime plus vrai. Parce qu’il correspond à la nature de l’homme, à ses besoins. Ce qui ne veut pas dire obligatoirement à ses désirs.
Région et décentralisation
« Quand on hait les tyrans, il faut aimer les rois »
V. Hugo
Libérer les provinces, faire des referendums comme en Suisse, retrouver le sens de la participation citoyenne intégrale. Nous voulons un Etat minimum avec les milliers de républiques locales et provinciales, familiales, professionnelles, culturelles, associatives…
Pratiquer une réelle décentralisation, un extrême fédéralisme, une désétatisation
La stratégie familiale :
« L’art de la démocratie c’est d’empêcher les hommes de s’occuper de ce qui les regarde et de les faire décider de ce à quoi ils n’entendent rien »
P. Valery
Il faut s'intégrer dans les associations de proximité. Les parents d'élèves d'abord, pour la famille et ensuite pour la participation dans la vie locale. Eviter d’acheter au maximum les produits que les pubs cherchent à nous vendre. (Si tout le monde cessait d’acheter les produits sous prétexte justement qu’ils font l’objet de grandes campagnes de publicités, cela ferait longtemps que les pubs n’existeraient plus). Cela ne signifie pas non plus qu’il ne faut plus avoir de loisirs, mais plutôt, orienter ceux-ci vers un art de vivre. Nous considérons tout simplement notre engagement pour la France comme étant une forme de loisir et un sens profond de l'amour du prochain. Le Salaire maternel avec la retraite, une voix par enfant, étendre la propriété, association de quartier, bon scolaire et adoptions, les familles paient la redevance, ils doivent donc avoir le droit de décider des programmes diffusés…
Bien se nourrir ! Court-circuiter les réseaux de distribution, ce sera d’ailleurs plus sain pour notre santé et celle de nos enfants, en apprenant à connaître des petits producteurs (viandes, fruits et légumes...) et acheter directement chez eux. Vous retrouverez de vrais contacts avec le « Pays Réel » tout en retissant des liens efficaces avec le sens de la parole et la qualité. Faire découvrir aux enfants, la nature, la vraie nourriture. N’oublions pas que la santé passe d'abord par une bonne alimentation et que celle-ci représente la première médecine. C’est cela la vraie résistance dans le développement de la vie communautaire. C’est cela décider, en citoyen au delà des manipulations du système... C’est cela la vraie résistance. La vie communautaire est garante d'indépendance. C’est pour cela que la République détruit : famille, commerce, artisanat, paysannerie...
Donner à chaque communauté des pouvoirs concrets dans leur propre domaine
Souveraineté et politique d’aide au Tiers monde
« Le premier effet d’une institution saine, c’est d’infléchir l’égoïsme individuel au service du bien commun et de faire coïncider dans la plus large mesure possible l’intérêt privé et le devoir social »
G. Thibon
Nous pouvons apporter notre aide aux pays du Tiers Monde. S’il fallait trouver un autre argument que celui qui nous anime de l'aide au prochain, nous pourrions pour convaincre les matérialistes, avancer l'argument qu'en les aidant, nous nous sauvons. Il faut arrêter le désert... (Lire le livre de R. Pernoud : "Le Moyen-âge, pour quoi faire ?") Développer et travailler avec la Francophonie, l’Amérique Française, les Chrétiens d’Orient, l'Alliance latine et les pays gaëliques...
- Retrouver dans le peuple un dynamisme et alléger l’Etat.
- En finir avec le règne des bureaux et des fonctionnaires (gâchis et inefficacité)
Tout désespoir en politique est une sottise absolue disait Maurras. Comme les romains, la charrue et l’épée ou les israélites du temps d’Esdras, d’une main la truelle, de l’autre l’épée.
F. Winkler
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La fête de L'Huma rendez-vous du pseudo-modèle social
Ce 14 septembre au soir Le Monde mettait en ligne sa rubrique "les 5 infos à retenir du week-end". Le quotidien plaçait évidemment au premier rang l'atroce traitement d'un de leurs otages par les islamo-terroristes. Mais, une fois passée l'émotion occidentale légitime, il invitait ses lecteurs à considérer, somme toute, que la grande question demeure celle des bleus à l'âme de la gauche européenne.
On compatit en effet, tout en se demandant s'il n'existe pas un lien, entre les nuisances et les aveuglements du politiquement correct de gauche, depuis et l'affaiblissement de l'Europe face aux dangers qui la menacent de plus en plus. Un dernier point concernait certes l'actualité sportive, mais le centre de ce petit monde nombriliste se situait bien à l'inoxydable Fête de L'Huma.
Évoquons quand même d'abord nos amis scandinaves. On parle en effet, on va parler du regain électoral de la coalition gaucho-écolo en Suède ce 14 septembre.
Le quotidien officieux de la politique française observe tout de même que les sociaux-démocrates suédois crédités de 31,3 % des voix, restent dépourvus d'idées. Certes, ils écartent avec horreur toute coopération avec le parti "populiste" des "démocrates suédois" qui vient de doubler son score, 12,9 % contre 5,7 % il y a quatre ans. Il manque pourtant quelque 20 sièges à la coalition qu'ils pourraient former avec les écologistes et le "parti de gauche" pour obtenir une majorité absolue. (1)⇓
En vérité, après huit ans de pouvoir le cartel sortant de centre-droit subissait le phénomène courant dans toutes les démocraties qui s'appelle l'usure du pouvoir. Et ses adversaires n'ont su développer depuis 2012 que des critiques sur la privatisation de certaines maisons de retraite, l'une d'entre elles était devenu un objet de scandale, sans personne que ne s'interroge sur les conditions réelles des établissements publics du même ordre qu'on ne veut plus appeler des "hospices". Dans une Europe vieillissante et sénescente tout ceci fait peur à un électorat de plus en plus important qui rejette le miroir de sa propre réalité.
La différence entre la France et la Suède est que cette dernière avait eu le courage ces dernières années de remettre en cause ce "modèle suédois" dont on nous avait tant gavé dans les années 1960 et dont les "heureux bénéficiaires" avaient soupé.
Au contraire le gouvernement Valls, présenté pour réformateur, décrié comme "continuateur" d'une "austérité" qui, en fait n'a jamais commencé s'accroche à la fiction du maintien en l'état du prétendu "modèle social", c'est-à-dire des options périmées remontant à 30, 50, voire 70 ans.
La deuxième nouvelle soulignée par Le Monde portait en effet sur une décision annoncée, curieusement, par le Secrétaire d'État aux relations avec le parlement. Jean-Marie Le Guen, au lieu et place de Marisol Touraine ministre, elle, des Affaires sociales a cru bon de revenir sur le constat gouvernemental des jours précédents : celui d'une évolution des indices de prix ne justifiant pas l'augmentation des pensions.
N'importe les règles d'indexation, bienvenue aux "coups de pouce" : tout ceci pour ne pas donner aux Français l'impression
qu'ils sont entrés dans une phase de rigueur, ne parlons même pas des "réformes structurelles" que réclament nos partenaires européens, devenus nos bailleurs de fonds.
Tout ceci sert de toile de fond aux remugles venus de La Courneuve où se retrouvait, fidèle au poste chaque année, la "varie gauche", celle des amis et des alliés d'un parti communiste de moins en moins audible en direct mais de plus en plus présent dans les coulisses.
La nouvelle sociologie de cette organisation, toujours puissante, toujours nuisible, dément de longue date ses propres théories. Ses cadres d'origine ouvrière représentaient il y a 30 ans encore quelque 45 % de l'appareil. Ce pourcentage s'est divisé par 5, tombant à 9 % alors que les ouvriers représentent aujourd'hui 23 % de la population active du pays. Le gros de la troupe des adhérents et cotisants du PCF se recrute chez les enseignants, c'est-à-dire chez les gens qui formatent impunément, aux frais des contribuables, les esprits des jeunes Français de toutes origines, et chez les salariés des collectivités locales, en nombre croissant.
Qu'un Mélenchon, épaulé cette année par la venue de son nouvel ami Kerviel, ait réaffirmé en cette occasion sa convergence avec un Montebourg, cette écume des choses, est retenue comme un événement par nos médiats. En réalité, déjà en 2011, toujours à la fête de L'Huma, ils avaient fait ensemble exactement la même déclaration que nous relevions alors. (2)⇓
JG Malliarakis
Notes :- Cette appellation de "parti de gauche" désigne en Suède un parti qui s'est appelé successivement : Parti social-démocrate de gauche de Suède de 1917 à 1921 puis parti communiste de Suède de 1921 à 1967, puis "parti de gauche – les communistes" de 1967 à 1990. Avec ces gens, il n'est pas considéré comme "immoral" de gouverner. .
- cf. L'Insolent du 19 septembre 1971
- Cette appellation de "parti de gauche" désigne en Suède un parti qui s'est appelé successivement : Parti social-démocrate de gauche de Suède de 1917 à 1921 puis parti communiste de Suède de 1921 à 1967, puis "parti de gauche – les communistes" de 1967 à 1990. Avec ces gens, il n'est pas considéré comme "immoral" de gouverner. .
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La taxe du jour
La nouvelle mouture de l'écotaxe rapportera moins que la précédente. D'aprèsles Echos, le gouvernement aurait donc prévu de relever de 2 centimes la taxe (TICPE) sur le gazole. Cette hausse s'ajouterait à la "taxe carbone" qui entrera en vigueur en 2015, et qui devrait, elle, faire grimper de 2 centimes le prix du litre de gazole et de 1,8 centimes celui de l'essence. Une taxe carbone qui est censée augmenter encore l'année suivante.
Ce gouvernement veut nous mettre au pas.
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Entretiens non-alignés avec A.Chauprade et F.Philippot.
Aymeric Chauprade
Florian Philippot
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« La terre tremble »… encourageant !
Le sarkozysme, ce sont les ex sarkozystes qui en parlent le mieux. A l’image de Damien Liccia, « militant UMP » qui, dans une tribune publiée le 12 septembre dans Le nouvel obs, dit tout le mal qu’il pense de Sarkozy, une girouette sans convictions réelles. Un «opportunisme qui lui fait aujourd’hui abandonner la ligne politique de la campagne présidentielle de 2012 » - «caractérisée par la prégnance, subtile mais efficiente, des grandes figures de la droite historique comme Maurice Barrès et Charles Maurras» -, «où le président-candidat d’alors, sous l’influence conjuguée de Patrick Buisson et d’Henri Guaino, entendait renouer avec la droite historique et politique. Les discours de Sarkozy promettaient alors le retour du politique dans ses droits, une attitude critique à l’égard du libéralisme et même une remise en cause de la construction européenne. » Mais ça c’était avant. « Faisant fi des valeurs de la droite originaire et historique, le futur candidat à la présidentielle» fustige désormais « le fascisme en loden » des opposants au mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, et misant «sur un retour au centre, n’a que faire cette fois-ci des postures conservatrices et traditionalistes». «Puisqu’il lui suffit, face à un Parti socialiste en lambeaux, d’atteindre le second tour de la présidentielle pour l’emporter, l’idéologie doit être écartée au profit de considérations bassement politiciennes et électoralistes».
«Si l’hypothèse d’un retour au centre de Sarkozy se confirme dans les semaines qui viennent, ce sera non seulement le dernier clou dans le cercueil de la nation, mais aussi et surtout le dernier clou dans le cercueil du politique ». Au-delà du cas Sarkozy , nous souhaitons bon courage à M. Liccia pour trouver un candidat ayant ses faveurs au sein de l’UMP…
Marine Le Pen a rappelé hier depuis Hénin-Beaumont sa conviction selon laquelle Sarkozy était « un très bon candidat pour le FN» du fait qu’il « va très vite apparaître comme un homme du passé et d’un passé plombé par ses très mauvais résultats, par les affaires qui se révèlent chaque jour». « Nicolas Sarkozy nous explique qu’il va revenir, mais pour faire quoi d’autre que ce qu’il a fait? Avec quelle autre promesse? On n’a rien vu et on ne verra rien d’autre de plus que ce qu’on a vu hier !».
Une grille de lecture partagée par beaucoup si l’on en croit même Le Figaro qui, sondant empiriquement « (ses) internautes », rapportait le 12 septembre qu’une majorité d’entre eux ne voulait plus entendre parler de Sarkozy : «l’antisarkozyme renaîtra dès qu’il reviendra. Quels bons souvenirs a-t-il laissés au pays?», prédit l’un. Un autre renchérit: Quand va-t-il comprendre que plus personne ne veut de lui et de Hollande? Les Français veulent autre chose.»
Les Français certainement, mais Bernard-Henri Lévy, tête de gondole d’un certain microcosme, c’est une autre affaire. Il était invité du journal de France 3 samedi pour parler de la première à Parissur les planches de l’énième nanar qu’il a pondu, la nullissime et lourdingue pièce, au comique involontaire, Hôtel Europe -pauvre Jacques Weber embarqué dans cette galère! Une occasion offerte à BHL se dire également franchement favorable au «retour de Nicolas Sarkozy dans le débat politique». «Je pense que c’est un bon», plus « énergique qu’Alain Juppé », «je pense que face au Front National et à leur montée en puissance dingue (sic), il est probablement à droite le meilleur rempart » ; « Il faut une droite républicaine qui siphonne les voix de Marine Le Pen », a déclamé le philosophe pipo(le). C’est Henri Guaino qui doit être ravi d’un tel soutien…
Sur le site du quotidien Les Echos le 11 septembre, Cécile Cornudet posait assez bien la singularité de cette rentrée politique alors que la marche de l’histoire, toujours lourde d’incertitudes semble s’accélérer.
« Ce n’est pas la première fois écrit-elle, que les socialistes se divisent, que la droite se cherche, que le FN progresse. Il y a longtemps que le personnel politique est discrédité, que les Français doutent de leurs mots et ne croient plus leurs promesses; il y a longtemps aussi que la crise économique s’installe. En cette rentrée 2014, rien de neuf dans le paysage français. Rien de neuf sauf une chose : toutes ces failles s’ouvrent en même temps. Et la terre tremble ».
« En réalité affirme l’éditorialiste, la situation dépasse tout le monde. L’UMP y compris, qui se prépare à un affrontement de chefs pour 2017. Combien de ralliements pour Nicolas Sarkozy ? Quel niveau dans les sondages pour Alain Juppé ? Deux ans et demi après la défaite, elle n’a défini ni ligne politique ni stratégie. Elle donne même le sentiment de se dérober devant le pouvoir lorsque ses responsables, François Fillon en tête, disent non à une hypothétique cohabitation». « Ce n’est pas tant le désarroi des politiques qui est problématique, mais le sentiment que donnent la plupart d’entre eux de ne pas parvenir à prendre la mesure de ce qui se passe », s’alarmait mi-août le politologue Dominique Reynié ( Le Figaro ) ».
La phrase de Nietzsche est connue, «Ce qui doit tomber il ne faut pas le retenir mais le pousser». Dans cette situation de crise aigüe, au moment ou la conviction de nos compatriotes selon laquelle ce Système pervers, à bout de souffle, doit être balayé ne cesse de croître, Mme Cornudet tente de se rassurer ( ?) en affirmant par ailleurs que «le FN reste un parti largement rejeté dans l’opinion».
Est-ce si certain ? Le nouveau sondage Odoxa réalisé pour i > télé – CQFD et le Parisien Aujourd’hui en France, publié cette fin de semaine démontre une adhésion en forte hausse des Français vis-à-vis du programme porté par l’opposition nationale. Notamment si on le compare avec l’enquête d’opinion BVA de même nature (pour Absoluce, Les Echos et France Info), effectuée en mars 2011.
Certes, selon ce sondage Odoxa, 65 % des Français considèreraient que le Front National n’aurait pas la capacité de gouverner, mais les personnes interrogées sont beaucoup plus nombreuses qu’auparavant (35 %) à estimer le Mouvement national capable de diriger notre pays.
C’est à «droite» que cette conviction est la plus ancrée. 54 % des sympathisants de droite (contre seulement 16% des sympathisants de gauche, 23% de ceux de l’UMP) estiment que le FN peut gouverner la France. Et si 30% des cadres supérieurs ou professions libérales partagent cette conviction, celle-ci atteint 53 % chez les ouvriers ou les employés .
Ce n’est pas une surprise pour Bruno Gollnisch, c’est l’adhésion aux parties de notre programme concernant l’immigration qui progressent spectaculairement dans l’opinion, qui apparaissent comme les moins clivantes, les mieux partagées. Elles recueillent même un véritable plébiscite.
65 % des personnes interrogées souhaitent ainsi le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures de l’UE (+ 19 points) ; 67 % se disent favorables à ce que les aides sociales et les allocations familiales soient réservées aux seuls Français au nom du principe de priorité/préférence nationale (+ 27 points) ;68% se prononcent pour la suppression du regroupement familial (+24 points).
Ce qui importe dans les sondages, c’est la dynamique, l’évolution qu’ils enregistrent assure Bruno Gollnisch. Celui-ci est donc indubitablement encourageant sachant qu’il reste deux ans et demi à Marine, et au FN tout entier, pour convaincre nos compatriotes du bien fondé global de nos propositions alternatives.
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Que devient le Front National ?
Depuis que Marine Le Pen a succédé à son père à la présidence du Front National, ce parti a été affecté par des changements de fond. Qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse, force est de constater que ces évolutions obéissent à une logique cohérente.
La fin du nationalisme folklorique « Marine Le Pen a compris ce qu’est la politique : un moyen d’accéder au pouvoir, pas une façon de ‘témoigner’ ou de rassembler une ‘famille’. Je porte à son crédit d’être restée sourde aux piaillements des excités de tout poil, des anciens combattants des guerres perdues, des revenants de ceci ou de cela, des nostalgiques des régimes d’avant-hier et des époques révolues », déclare le philosophe Alain de Benoist. Il est maintenant entendu qu’a contrario de son père se contentant du rôle de porte-parole d’une France traditionnelle ayant une fâcheuse tendance à fonctionner comme une réserve indienne, Marine Le Pen désire accéder au pouvoir et est prête à s’en donner les moyens. Il est d’ailleurs à noter que malgré son opposition idéologique avec Nicolas Sarkozy, la démarche de la candidate frontiste de faire intégrer à son parti une culture du résultat est très proche de celle conduite au sein de l’UMP par l’ancien président.
Une constante dans l’histoire des mouvements classés à la droite de la droite est que selon un processus darwinien logique, ils finissent toujours par être dominés par ceux qui d’une part savent ce qu’ils veulent, d’autre part sont prêts à payer et à faire payer le prix pour l’obtenir sans être limités par des inhibitions mal placées. Ce processus a notamment été à l’œuvre au début du siècle dernier au sein du courant royaliste, les partisans d’une restauration à l’identique de l’ancien régime étant supplantés par les « royalistes positifs » de l’Action Française. Comme illustré par le politologue Patrick Buisson dans son livre 1940-1945 Années érotiques, c’est également ce processus qui s’est produit au sein du régime de Vichy, les tenants de « l’ordre moral » étant peu à peu supplantés par ceux de « l’ordre viril ». Il s’est plus tard répété au sein de l’Organisation Armée Secrète, comme le montre le journaliste Robert Buchard, voyant le général catholique Raoul Salan menant un combat « pour l’honneur » céder la place à l’ex-leader étudiant Jean-Jacques Susini. Cela se vérifie enfin aujourd’hui au sein du Front National, au sein duquel la vieille garde d’anciens combattants axée sur les valeurs cède la place à un aréopage ayant fait sienne la tautologie du spin-doctor britannique Alastair Campbell : « Sans le pouvoir, on ne peut rien faire ».[...]
La suite sur Nouvelles de France
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Que-devient-le-Front-National
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L'UMP "révisera"-t-elle la loi Taubira ? Le PCD s'invite dans le débat
Une tribune de Jean-Frédéric Poisson co-signée par les principaux cadres du parti chrétien démocrate :
"Le retour programmé de Nicolas Sarkozy dans le débat public s’accompagne désormais de doutes portant sur sa réelle volonté de revenir, d’une manière ou d’une autre, sur la loi Taubira et ses conséquences terribles sur la filiation. Les propos qu’on lui a récemment prêtés indiquent de sa part une forme de mépris à l’égard des manifestants désireux de soutenir le mariage traditionnel, ainsi qu’une réelle réserve à revenir sur les dispositions de la loi de 2013.
Est-ce vrai ou pas? Pour notre part, nous en doutons, même si de telles réserves ou des propos de ce type ont pu être tenus par des membres - parfois éminents - de l’actuelle opposition. Et même si l’on peut, face à la difficulté de l’exercice, être tenté de 'laisser filer'.
Et à vrai dire, peu importe. Si Nicolas Sarkozy n’a pas tenu ces propos, ce que nous croyons, nous sommes une fois encore confrontés à une opération de manipulation grossière, destinée à atteindre une des rares personnalités qui représente un réel 'danger' électoral pour tous les autres candidats putatifs, et à le couper d’un électorat qu’il est très loin d’avoir de nouveau convaincu…
Et s’il les a tenus, notre responsabilité consiste à redire inlassablement à la fois notre détermination et notre confiance à fonder de nouveau la société française sur un socle qu’elle n’aurait jamais dû abandonner : l’institution du mariage comme symbole de la différence, et meilleure garantie de l’inscription dans une généalogie personnelle comme collective.
Au nom de ces deux principes essentiels à la cohésion sociale, nous nous sommes opposés inlassablement à la loi Taubira, et c’est ce qui motive encore aujourd’hui chez tous les membres du Parti Chrétien-Démocrate l’action en vue de sa révision.
A courtes vues, on pourrait considérer que le débat est clos, et que rien ne sert de rouvrir des boîtes de division, seulement propices à crisper le pays plutôt qu’à le détendre.
Nous croyons au contraire que beaucoup des crispations actuelles, beaucoup du sentiment de défiance qui ronge la France d’aujourd’hui, est dû à l’affaiblissement généralisé des institutions, au rang desquelles le mariage occupe une place privilégiée. Et nous attendons que le futur Chef de l’Etat, qui qu’il soit, prenne en compte cette dimension essentielle de la vie sociale, non pas seulement pour des raisons éthiques, mais pour des raisons qui touchent à la solidité de la vie sociale dans son ensemble.
Le Parti Chrétien-Démocrate refuse de transformer la gestion de la cité en querelle de personnalités ou en club de supporters de tel ou tel : pour nous, il est primordial que les valeurs essentielles à la cohésion sociale et à la sauvegarde de notre civilisation soient défendues dans les programmes qui seront présentés. Il sera donc toujours temps, le moment venu, de tirer au clair les intentions des uns et des autres sur tous ces sujets."
Jean-Frédéric Poisson, Député des Yvelines, Président du Parti Chrétien-Démocrate.
Signataires : Louis-Georges Barret, vice-président du PCD ; Christine Boutin, présidente d’honneur du PCD ; Matthieu Colombani, délégué général du PCD ; Xavier Lemoine, vice-président du PCD ; Marie de Blic ; Frédéric Delaitre ; Hugues Foucault ; Charles-Henri Jamin ; Audrey Levavasseur-Pascal, déléguée générale adjointe du PCD ; Franck Margain, président délégué du PCD ; Jean-Christophe Pierson ; Xavier Roche ; Bruno Vercken ; Marie-Josée Le Nagar."
On notera l'utilisation du terme "révision" et non celui d'"abrogation" alors que l'on sait Jean-Frédéric Poisson opposé à l'union civile. En juin 2013, il avait expliqué à Nouvelles de France comment il lui semblait possible d'abroger la loi Taubira sans contrevenir au principe d'égalité constitutionnelle, nouvellement établi.
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La conséquence de l’endettement public est le démantèlement des territoires
Lu sur le blog de L'Homme Nouveau :
"Épinglée par la Commission européenne en raison de son déficit public, la France se voit sommée de payer le prix d’un endettement non maîtrisé. Certes, depuis les années 1990, les emprunts publics se sont démocratisés et la dette publique est devenue la norme mondiale.
Toutefois, à la suite de la crise de 2008, la France s’est retrouvée silencieusement créancière des fonds souverains de puissances émergentes, qu’il s’agisse du Qatar, de l’Arabie saoudite, du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine, ou de l’Afrique du Sud. Ceci s’est naturellement soldé par un affaiblissement économique. Cela a également contraint la France à réexaminer sa politique de puissance.
À l’inverse, un État comme la Russie, qui a réussi à passer au-dessous du seuil des 25 % d’endettement par rapport au P.I.B., remboursant en 2006 ses créances auprès du Club de Paris, se trouve actuellement dans une situation nettement plus favorable. Son embellie économique a permis la mise en place d’une véritable politique de puissance adossée à une diplomatie redoutablement efficace. Notre endettement croissant ne saurait donc être pris avec une insouciance légère. D’ailleurs, qu’advint-il de Gênes minée par le déficit public et endettée de deux millions de livres auprès du roi Louis XV ? Elle dut lui céder la Corse aux termes du traité du 15 mai 1768. L’on ne saurait oublier que la conséquence ultime de l’endettement public est celle du démantèlement des territoires débiteurs au profit des États créanciers."
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Président en décomposition
Nous sommes désormais non plus dans une crise politique, mais dans une crise de légitimité du Président de la République, et probablement dans une crise de régime. Jamais, même dans les années qui suivirent Mai 1968, nous n’avions connu une telle situation. Sous nos yeux, la présidence de François Hollande se décompose. Au delà de la dimension personnelle de cet échec, c’est bien la question des institutions, et de l’Etat, qui est posée.
Précis de décomposition.
Elle se décompose économiquement. La politique menée par les gouvernements Ayrault et Valls est un échec cuisant. Ceci avait été dit dès l’automne 2012. Il n’y a pas eu d’inversion de la courbe du chômage, car la politique suivie, et qui est en continuité avec celle du gouvernement de François Fillon sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a durablement cassée les dynamiques de croissance. La répression budgétaire couplée à une inflation très basse enfonce le pays dans des difficultés dont il ne sortira pas. Tout le monde sent qu’il faut un changement radical, et non de simple ajustement, voire ce que propose une partie de la droite parlementaire, un surcroît de répression budgétaire. La désindustrialisation continue de progresser et le gouvernement se réjouit de la baisse de l’Euro, mais sans rappeler que pour être utile à la France, il faudrait que l’on atteigne un taux de change de 1,05 à 1,10 Dollar pour un Euro. Nous en sommes encore très loin. Elle se décompose politiquement. La chute de la confiance des Français dans leur Président atteint des niveaux inégalés. La France est désormais sans voix, que ce soit au sein de l’Union européenne ou de manière plus générale dans les relations internationales ; les dernières palinodies sur le contrat des BPC de la classe « Mistral » en témoignent. Et c’est cette France sans voix qui pourrait parler haut et fort tant à nos partenaires, et en particulier à l’Allemagne, qu’à nos alliés ? On croit rêver. La vérité, cruelle mais limpide, est que nous sommes arrimés au char de l’Allemagne et soumis à la domination de Washington. Mais, cette décomposition politique atteint désormais le cœur de l’appareil d’Etat. Qui peut croire que le Premier Ministre, homme ambitieux et de peu de principes, restera fidèle au Président alors que la chute de popularité de celui-ci l’entraîne vers l’abime ? Manuel Valls cherche désormais fébrilement comment il pourra rompre avec François Hollande pour préserver son capital politique et ne pas couler avec lui. Au sein de la majorité, c’est la débandade. Les socialistes que l’on dit « frondeurs » ou « affligés » sont aujourd’hui devant leurs contradictions. Tout soutien à ce gouvernement est un soutien à une politique qui est, chaque jour, plus antisociale et plus destructrice économiquement. Ils sentent bien que ce ne sont pas des mesurettes tant fiscales que budgétaires qui peuvent inverser la tendance dramatique de l’économie française. Mais, ils renâclent devant la seule solution qui reste aujourd’hui. Seule, une sortie de l’Euro et une dépréciation des monnaies de la France mais aussi des pays d’Europe du Sud permettrait d’inverser la situation, de retrouver la croissance et donc les grands équilibres, qu’il s’agisse du budget, des comptes sociaux ou de la balance commerciale. Ils sont nombreux à le savoir, mais ils restent fascinés par ce totem appelé « Union européenne ». Ce qui reste de l’opposition de gauche est, quant à elle, tétanisée par la perspective de la rupture avec le Parti « socialiste » et prisonnière des alliances électorales qu’impose notre système politique. Cette situation conduit un nombre toujours plus grand de Français à se tourner vers le Front national. Ceci était parfaitement prévisible. Mais, au lieu de réfléchir sur la rupture qui s’impose dans la politique économique du pays, on préfère chercher à se servir de la montée électorale du Front National pour trouver de nouveaux arguments et de nouvelles justifications à un immobilisme tant économique que politique. C’est une stratégie perdante, à l’évidence.
Mais la présidence Hollande se décompose aussi symboliquement. Une affaire anecdotique prend sous nos yeux la dimension d’une affaire d’Etat. Rien n’est plus symbolique que l’émotion et le tohu-bohu qui ont été provoqués par le livre de Valérie Trierweiler dont chacun soupçonne qu’a défaut d’être exact il pourrait être vrai. L’image d’un Président réduit à la posture d’un adolescent incapable d’assumer la conséquence de ses actes est dévastatrice. Mais, ce livre en dit aussi long sur l’envahissement de la sphère publique par les émotions privées. Avec la fin actée de la séparation entre les deux sphères, nous comprenons tous que la démocratie est en danger. C’est pour cela, sans doute, que l’anecdote d’un livre devient un fait de société. Cette décomposition symbolique scelle alors le caractère irrémédiable de la décomposition économique et politique.
Cette triple décomposition signe non seulement une dramatique perte de crédibilité du président de la République, mais aussi une perte de sa légitimité. Ce n’est pas seulement la légitimité de l’homme qui est atteinte, et durablement ; c’est la légitimité du système politique. L’échec de François Hollande n’est pas une page blanche sur laquelle un impatient aurait griffonné et raturé. Survenant après la Présidence de Nicolas Sarkozy, qui déjà avait dramatiquement affaibli les institutions, elle signe la crise de l’Etat, et sans doute sa propre décomposition.
La catastrophe prévisible.
Cette situation était, hélas, prévisible. Elle était inscrite dans le tour pris par la politique dès l’automne 2012. Elle devenait inévitable avec le choix par le Président de Manuel Valls comme Premier Ministre au printemps 2014, dont on a dit et écrit qu’il constituait une faute grave. Le président pourra toujours invoquer les campagnes menées pas ses ennemis politiques, mais elles ne sont que normales dans une démocratie. De ses adversaires, il ne devait rien attendre, comme il était futile d’espérer en une modification du contexte économique international pour sauver une politique aux effets désastreux. Louis XIV écrivait déjà « toujours, faire fond du pire ; l’espérance est mauvais guide »[1]. Plutôt que de se chercher des excuses, de partir en quête de quelques boucs émissaires, le Président ferait mieux de s’interroger sur lui-même, de se demander pourquoi il a été incapable d’élargir réellement la palette des avis qu’il recevait, ce qui se cache dans le choix de ses amis les plus proches pour l’entourer. Eut-il voulu délibérément se couper du monde et de la réalité qu’il n’y serait pas mieux parvenu. Cette construction autistique traduit un refus de la réalité. Non qu’il faille abandonner ses convictions face au réel. Jamais nous n’avons demandé quelque chose de tel. Mais, l’homme (ou la femme) de caractère se voit en ce qu’il (ou elle) part du réel et se donne les moyens pour le transformer. Ceci, jamais François Hollande ne le fit, et pour cela il va tout perdre, le pouvoir bien sur, mais aussi la réputation et son parti politique, qui risque fort de ne pas se remettre de l’impasse dans lequel il l’a conduit. Il va perdre enfin l’Europe, qui risque fort de ne pas survivre à la crise qui vient et dont on pressent qu’elle sera cataclysmique. Il n’a pas compris qu’en sacrifiant l’Euro, il conservait une chance de sauver l’Union européenne.
Ce n’est pas un problème d’intelligence, car de cela il apparaît raisonnablement doté. Mais, il combine une vision étriquée des choses, et pour tout dire fort idéologique, avec un manque de courage auquel s’ajoute un manque d’empathie. On n’est pas obligé d’être un parangon de vertu, de ce courage moral prisé par les Anciens. On ne peut s’abonner au courage comme l’on s’abonne à la Revue des Deux Mondes. Mais alors, il convient d’avoir de l’empathie pour ses concitoyens. Or, François Hollande se révèle froid, dur aux faibles accommodant aux puissants. On n’est pas obligé d’être en permanence dans l’empathie, mais alors il faut compenser cette froideur par du courage moral. Ce qui n’est pas acceptable chez un homme politique de cette ambition c’est la froideur pour autrui qui s’accompagne de l’apitoiement sur soi. On ne se fait pas élire pour flatter son égo mais pour servir.
Refuser le désastre
De ce désastre qui s’annonce, quels seront donc les formes ? Le pouvoir présidentiel va continuer à de déliter à une vitesse accélérée. Les mois qui viennent verront François Hollande abandonné par ses alliés, que ce soit en Europe ou en France. D’ores et déjà, il est tenu pour quantité négligeable par l’Allemagne, méprisé à Londres et considéré comme un valet à Washington. Mais, c’est en France même que les coups les plus durs se préparent. Il verra dans les six mois qui viennent le Parti « socialiste » passer sous la coupe de ses adversaires, Martine Aubry en tête et surtout il verra Manuel Valls le trahir. Rien de personnel dans l’éclat qui se prépare. Mais, la logique de nos institutions veut que le Premier Ministre, s’il entend préserver ses chances futures, s’oppose à un Président à l’agonie et construise son image contre l’homme qui l’a nommé.
Manuel Valls va ainsi chercher progressivement la rupture.
Si François Hollande peut, théoriquement, rester en fonction jusqu’en 2017, il sera probablement contraint de dissoudre ce printemps, si ce n’est avant. Il pourrait choisir de précipiter l’épreuve. Une dissolution dans les semaines qui viennent serait douloureuse incontestablement pour le Parti « socialiste », mais elle prendrait de court l’UMP, qui n’est pas remise de la guerre fratricide en Fillon et Copé, et elle confronterait le Front National à une échéance à laquelle il n’est sans doute pas prêt. Une dissolution rapide serait sans doute une solution moins douloureuse qu’une dissolution contrainte par le délitement des soutiens parlementaire au printemps prochain. Une dissolution rapide serait aussi moins catastrophique pour l’élection présidentielle de 2017.
Une autre solution est cependant possible, qui au lieu de chercher à limiter le désastre se donne pour objectif d’inverser la tendance. C’est la rupture symbolique avec l’Allemagne pour tenter de retrouver des marges de manœuvres économiques. Cette rupture aurait l’avantage de permettre au Président de se présenter comme celui qui a tout tenté et qui, devant l’obstination allemande, en prend acte et provoque une crise. Renverser la table peut être une méthode pour retrouver du crédit quand on est dans une position de faiblesse. Le Général de Gaulle en usa ainsi en des moments terribles. Cela implique alors de se séparer rapidement de Manuel Valls, prenant ainsi de court ses velléités d’indépendance, et de choisir un homme qui incarne, depuis maintenant des années, « l’autre politique ». Cette politique passe par la sortie de l’Euro, faite de manière décidée et irrémédiable. Car, une sortie de l’Euro redonnerait immédiatement un dynamisme économique à la France qui changerait du tout au tout la situation. L’Euro est une vache sacrée, mais c’est dans le cuir des vaches sacrées que l’on taille les chaussures pour qui veut avancer.
Quand tout semble perdu, c’est le moment de passer à l’attaque. Tel devrait être le raisonnement tenu par François Hollande. La logique de la situation devrait le conduire à cette conclusion. Sinon, il sera comme la bête de boucherie que l’on conduit à l’abattoir. Mais peut-être est-ce cela sa vérité profonde. Qu’il ne nous demande pas, alors, de nous apitoyer sur son sort.
Jacques Sapir
notes : [1] Instruction à l’attention du Grand Dauphin.
source : Russeurope