
Dans une tribune parue dimanche 15 décembre dans le Journal du dimanche (JDD), 660 médecins de l’hôpital public – chefs de service, responsables d’unités ou médecins hospitaliers – menacent de démissionner si le ministre de la Santé, Agnès Buzyn, n’ouvre pas de « réelles négociations » pour desserrer la contrainte imposée à l’hôpital public.
« Les médecins hospitaliers ont eu beau sonner l’alarme, la rigueur est devenue austérité, puis l’austérité, pénurie« , écrivent notamment les signataires de la tribune, venus de « toutes spécialités, de tous hôpitaux, de toutes régions » et membres du collectif Inter-hôpitaux qui appelle à la mobilisation mardi prochain.
Pour ces médecins, les mesures annoncées en novembre par le gouvernement pour répondre à la crise dans l’hôpital public ne répondent pas aux besoins des établissements. Par exemple, ces mesures « se résument pour 2020 à moins de 300 millions supplémentaires, alors que de l’avis général, il manque 1,3 milliard d’euros pour répondre à la seule augmentation des charges ».
Le 11 décembre tout le monde s'étonnait, y compris chez les macroniens. Les annonces du Premier ministre se révélaient contradictoires. Braquant la CFDT, elles prolongeaient, et durcissaient, le conflit social en cours.
Christophe Guilluy porte une lumière crue sur les réalités de la France dans Fractures françaises (2010, Bourin, et 2013, Champs, Flammarion), La France périphérique : comment on a sacrifié les classes populaires (Flammarion, 2014), Le Crépuscule de la France d’en haut (Flammarion, 2016). Le principal mérite de ces livres, d’un peu plus de 200 pages chacun, à la mise en pages aérée, est de décrire clairement et d’expliquer avec beaucoup de force ce qui se passe en France depuis une trentaine d’années.