
par Axel Tisserand
« Il fallait démontrer [sic : était-ce donc si difficile ?], insiste Dominique Greiner, que le thomisme des catholiques d’Action française, fortement teinté d’aristotélisme, insistant sur l’autonomie de la raison et la perfection de l’ordre naturel, n’était pas la vraie philosophie. » Trop aristotélicien, le thomisme de Maurras ? Non, juste ce qu’il faut, pas plus aristotélicien en tout cas que celui d’un certain… saint Thomas d’Aquin lui-même ! Raison pour laquelle Jacques Maritain, grand thomiste devant l’Éternel, n’avait rien à reprocher à la doctrine d’Action française avant que le pape ne lui ordonne de la dénoncer. Ce que souhaite Maurras, c’est rejoindre par une autre voie, laïque, à coup sûr, comme le veut l’empirisme organisateur, qu’il définit comme un « compromis laïc », l’anthropologie enseignée par l’Église, de la conception de l’homme lui-même à celle du peuple ou de la nation, autrement dit la définition catholique des fondements de la société. Une voie qui est, en bonne théologie, celle de la lumière naturelle, laquelle est, selon saint Thomas, « une sorte de participation de la loi éternelle en nous » [Somme théologique, Ia, IIae q. 96 a2].
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