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l'information nationaliste - Page 6333

  • LA MORT DE L’INFIDELE CASTRO

    Le bloc-notes de Jean-Claude Rolinat

    « Ils sont venus, ils sont tous là, dès qu’ils ont entendu ce cri, il est mort le Fidel…. ». Air bien connu qui va réunir les pleureuses habituelles parant le disparu de toutes les vertus humaines et célestes, pour peu qu’un hiérarque Catholique pas trop regardant soit de la « fête »…. Pourtant Fidel Castro, l’un des derniers dinosaures de la galaxie communiste, n’était pas un enfant de chœur. Les dizaines de milers de boat people et d’internés politiques, sans oublier les fusillés « pour l’exemple », pourraient en témoigner. C’est à Miami, dans les milieux anticastristes, que la nouvelle de la mort du lider maximo a déchainé des cris de joie, mais comment pourrait-on s’en étonner ?

    Un Staline de poche aux Caraïbes

    Issu d’une famille relativement aisée d’origine galicienne – ce qui explique, paradoxalement l’excellence de ses relations avec l’Espagne franquiste ! – (1), ce bouillant avocat se lança en politique. Son coup d’essai, son coup de maitre, fut l’attaque le 26 juillet 1953 de la caserne Moncada à Santiago de Cuba où l’on peut encore voir sur les murs, les traces des échanges de tirs entre les jeunes gens de l’équipée fidéliste et les 1000 soldats du régiment numéro 1 de la Guardia rural commandée par le colonel Caviano. Si Fidel fut épargné par la clémence du tribunal – influence en coulisses de la caste bourgeoise à laquelle appartenait son père ? - 71 de ses compagnons y laissèrent leur peau, directement dans les combats ou fusillés après. Pour une dictature, celle de Batista - médiocre et traditionnel caudillo latino-américain s’enrichissant des pots de vins versés par les gangsters qui avaient fait main basse sur tous les trafics à La Havane – n’en était pas moins indulgente pour qui savait lui graisser la patte. On retrouve Fidel libre trois ans plus tard, après un court exil mexicain, à bord du yacht le Granma, qui débarqua clandestinement un noyau de guérilléros dans la difficile Sierra Maestra au Sud-Est de l’ile. C’est dans ces montagnes qu’il implantera le 26 juillet 1956 son maquis, harcelant l’armée gouvernementale forte à l’époque de 23 000 soldats.

    La légende prend son envol

    C’est donc là que naitront la légende et le mythe du castrisme. D’abord simple révolution patriotique et réformiste, ayant la sympathie des Américains qui, une fois de plus se sont trompés sur l’un de leurs poulains, Fidel va se parer de l’image d’une sorte de Robin des Bois, confisquant aux riches pour redistribuer aux pauvres. Le spectaculaire enlèvement du coureur automobile argentin Juan Manuel Fangio comme la non moins ahurissante attaque du palais présidentiel, une énorme « pâtisserie » architecturale bâtie en plein cœur de la capitale, tresseront l’auréole d’un héros de pacotille qui n’était qu’un Tartuffe exotique. Bien vite, les maladresses et les exactions du régime de Batista pousseront les soutiens de ce dernier à fuir le pays ou à se rallier aux troupes du Movimiento del 26 de julio . Et, pour les soldats les plus compromis dans la répression, à déserter. Che Guevara, un médecin argentin d’obédience marxiste, compagnon de la première heure des frères Castro, organisera une féroce épuration, se vantant même aux Nations Unies, colt aux côtés, de faire fusiller massivement à la forteresse de La Cabana dominant le port de la capitale, tous ceux qui, de près ou de loin, étaient compromis avec le régime du général Fulgencio Batista. Ce dernier avait précipitamment pris la fuite par avion dans la nuit de la Saint-Sylvestre 1959, emportant dans ses bagages le fruit de toutes ses rapines. Il tombera sur plus cupide que lui dans son exil « doré » et provisoire de Ciudad-Trujillo, en République Dominicaine. Un caudillo s’exilait, une nouvelle autocratie s’installait à sa place, avec le visage cette fois, d’un communisme tropical. Après l’exaltation des moments révolutionnaires, c’était déjà l’heure des « lendemains qui déchantent : parti unique, comités de quartiers, les tristement fameux «  CDR » encadrant les habitants et notant leurs moindres faits et gestes, une double monnaie – le Péso pour le citoyen de base et le dollar pour l’étranger – tickets de rationnement pour rayons vides et la… « guagua » pour les transports urbains, autobus bien souvent hippomobile faute de carburant. Et la moindre contestation conduisait immanquablement aux camps de détention de l’ile des Pins. Libérés de Batista et de sa police secrète, la SIM, on pouvait se poser la question, était-ce bien ce régime politique broyant l’individu, que souhaitaient du fond de leur cœur les Cubains ? Beaucoup, au risque de se noyer, préférèrent s’embarquer sur de frêles esquifs pour rejoindre des cieux plus cléments, ceux de la Floride où ils constituent une importante et influente communauté. Après l’échec programmé du débarquement de la Baie des cochons en 1961, où les anticastristes furent lâchés par l’administration Kennedy et abandonnés à la répression de la nouvelle armée révolutionnaire cubaine, après la crise des fusées qui éclata en 1962 entre les USA et l’URSS , la Révolution cubaine montrait au monde son vrai visage, celui d’une implacable dictature marxiste. L’ile devenait un actif pôle révolutionnaire et un relai pour tous les amateurs de guérillas du continent latino-américain, toutes plus exotiques et romantiques les unes que les autres. Che Guevara lui-même ira se perdre en Afrique centrale, avant de mourir en Bolivie. Un certain Régis Debray engagé à ses côtés, fils d’une influente élue du Centre National des indépendants à Paris, n’obtiendra la grâce du Président Barrientos que suite à l’intervention du Président De Gaulle. C’est ainsi que notre « brillant » intellectuel échappa aux balles des rangers boliviens et que la République des lettres ne s’en porte que mieux…. L’Union Soviétique, dont dépendait entièrement Cuba, notamment pour ses approvisionnements en pétrole et pour ses exportations de sucre, ainsi que pour couvrir ses tentatives de déstabilisation de ses voisins, exigea de son protégé un engagement massif en Angola. Dans ce pays, ses partisans du MPLA étaient en grand danger face aux rebelles de l’UNITA et du FNLA soutenus eux, par l’Occident et l’Afrique du Sud. C’est ainsi que Cuba envoya des contingents de soldats, surtout des Noirs, pour la plus grande angoisse des mères de familles.

    La gloire posthume pour le « Che », la gloire temporelle pour Fidel

    Le Che une fois mort, il ne pouvait plus faire de l’ombre au commandante, au leader suprême, tout à la fois chef du gouvernement, de l’Etat et du parti. C’est sans doute pourquoi les portraits du Che sont bien plus nombreux et bien plus grands que ceux de Castro lui-même : un rival mort n’est plus un danger. Camilo Cienfuegos, compagnon de lutte des heures héroïques de la Sierra Maestra, populaire commandant de la colonne insurgée n°2 « Antonio Macéo », s’emparant le 2 janvier 1959 du puissant Campo Columbia de l’armée Batistaine, disparut mystérieusement en avion le 28 octobre 1959. Son crime ? Avoir pris la défense d’un autre fidèle de l’infidèle… Fidel, le commandant Hubert Matos, embastillé pour crime de lèse-majesté. La plus injuste des ingratitudes, la plus cruelle aussi, fut le procès en « sorcellerie » organisé contre le prestigieux chef du corps expéditionnaire cubain en Angola, le général Arnaldo Ochoa, mêlé à une étrange affaire de trafic de drogue. Quand on veut noyer son chien, c’est bien connu, on dit qu’il a la rage. Ochoa et plusieurs autres officiers, des proches, furent condamnés à mort le 4 juillet 1989. Une semaine après, ils étaient passés par les armes ! Comble de l’ignominie de cette famille Castro décidément bien peu recommandable, l’épouse de Raul, frère et successeurs de Fidel, amie déclarée et reconnue du couple Ochoa, lâcha cette terrible phrase, « que la sentence soit confirmée et exécutée ! » (2). Après quelques succès au Chili avec Allende, au Nicaragua avec le FSLN Sandiniste de la famille Ortega - toujours au pouvoir !- les réussites électorales de la gauche au Salvador, en Bolivie avec « l’indianiste » Moralès , au Brésil – mais avec la chute de la maison Lula, c’est fini - ou en Uruguay, sa plus grande victoire fut sans conteste l’accession au pouvoir à Caracas du colonel de parachutistes Hugo Chavez et sa révolution « Bolivarienne ». (Si « El Libertador » Simon Bolivar revenait, il renierait de suite cette révolution de « bolchéviques en culottes courtes »!). Hélas pour Castro, le cancer comme la faillite économique vénézuélienne eurent raison de cette mascarade politique. Même si le Président Nicolas Maduro du Parti socialiste bolivarien se cramponne encore illégitimement au pouvoir c’en est fini, à terme, de cette chimérique révolution « historico-socialiste ». La mort de Fidel Castro, malgré les honneurs qui l’enseveliront bien plus que la terre cubaine, met un terme à la carrière de celui qui n’aura été qu’un mauvais génie pour son peuple. (Même si, reconnaissons-le, les domaines de la santé et de l’enseignement ont fait d’énormes progrès par rapport au régime précédent. Mais à quel prix !).Raul Castro est désormais seul, tout seul à la barre, avec les apparatchiks du parti communiste cubain. Avec ses 85 ans, Il n’est pas non plus un perdreau de l’année. Les quinquagénaires de l’appareil attendent, l’arme au pied. La levée de l’embargo qui donnerait de l’air à l’économie cubaine, sera-t-elle activée ? Manque de chances pour le régime, le pétrole vénézuélien va se faire rare ou trop cher, Poutine n’a peut-être plus les moyens ou l’envie de financer à bout de bras « l’ile-crocodile » des Caraïbes, et l’imprévisible milliardaire Donald Trump va s’installer la Maison Blanche. Il ne faudrait pas que notre jeunesse, influencée par un enseignement gauchiste et une presse de même acabit, garde de Fidel Castro l’image d’un libérateur, alors qu’il ne fut qu’un satrape jouisseur et sanguinaire. J’invite tous ceux qui en ont les moyens à aller voir sur place, en ne restant pas uniquement cantonnés dans les «  HLM » des Tours opérateurs, pour la « bronzette »

    1 - Le général Franco était d’origine galicienne.

    2 - « La vie cachée de Fidel Castro » de J-C Sanchez (Michel Lafon, 2014)

    http://synthesenationale.hautetfort.com/

  • Piteuse politique spectacle : après Fillon dimanche, Valls lundi? Et les Français dans tout ça?

    Acte II de la non-politique à la française : 

    "Cette fois, Manuel Valls semble bien avoir franchi la ligne rouge. En déclarant ce dimanche matin dans le « JDD » qu’il n’exclut pas de se présenter face à François Hollande à la primaire du PS fin janvier, le Premier ministre a mis le feu aux poudres et déclenché une crise de régime inédite.

    Selon nos informations, plusieurs ministres et fidèles du président, ulcérés, ont pressé ce dernier de mettre fin sans attendre aux fonctions de Valls à Matignon. Le président, qui a passé la journée dans l’avion de retour de Madagascar, devait atterrir à Paris en milieu de soirée, plus tôt que prévu. Selon plusieurs sources, il pourrait réunir certains de ses proches à l’Elysée pour évoquer l’hypothèse d’un remaniement à Matignon dès ce lundi.

    Hollande et Valls sont censés déjeuner ensemble au palais de l’Elysée ce lundi midi, avant le départ du Premier ministre en déplacement officiel en Tunisie. Cet agenda sera-t-il chamboulé ? Le nom du remplaçant potentiel de Valls circule déjà : le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Reste à savoir si Valls attendra d’être « démissionné » ou s’il prendra les devants".

    Et pendant ce temps, la France bouge, elle voit rouge et elle souhaiterait juste que les politiciens professionnels soient un peu plus préoccupés par leur pays que par leurs carrières.

    Lahire

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Trump, révolution ou simulacre ? 2) Un programme de choc

    Voici le second article du triptyque sur l’élection surprise de Donald Trump Son accès à la présidence des États–Unis peut donner lieu à un séisme américain et mondial, comme ne s’avérer qu’une baudruche vite dégonflée, décevant profondément le peuple qui l’avait élu en ultime sauveur. Analyse en trois parties, dont la première (article précédent) s’intitulait La rébellion du peuple. Voici la deuxième partie, Un programme de choc. La troisième s’intitulera Risque d’échec ou d’explosion.   

    Le premier projet révolutionnaire porté au pouvoir dans l’histoire américaine

    Dans ses trois premiers mois à la Maison Blanche, Donald Trump a promis de prendre des mesures proprement révolutionnaires dans tous les domaines : gel des embauches de fonctionnaires civils, augmentation des budgets de l’armée et de la police, remise en cause des accords de libre–échange nord-américain, asiatique et européen (politique néo–protectionniste), abrogation des réglementations fédérales notamment sur l’environnement, liberté totale d’exploitation des énergies fossiles, annulation de tous les décrets présidentiels pris par Barack Obama, début des expulsions de millions de clandestins, surtout mexicains,  construction d’un mur frontalier  financé par Mexico,  suspension ou durcissement des visas pour tout pays à forte présence musulmane (attention pour les Français musulmans…), préférence nationale américaine pour le travail, abrogation de l’assurance-maladie d’Obama (Obamacare), baisses d’impôts massives pour les particuliers et les entreprises, réforme de l’éducation fondée sur le libre choix scolaire et la décentralisation, tarifs douaniers pour les entreprises américaines qui délocalisent leur production, plan de 1.000 milliards de dollars sur dix ans pour rénover les infrastructures, aides fédérales à l’éducation des enfants pauvres et aux personnes âgées., etc.

    Sans parler d’une réorientation complète de la politique étrangère américaine, avec cet incroyable désengagement de l’Otan, le rapprochement avec la Russie, une politique durcie envers la Chine. Jamais un président américain n’avait réussi à être élu sur un programme aussi radical, pour tout dire révolutionnaire. 

    Une révolution conservatrice américaine

    Trump veut entamer un bouleversement politique, proposant une révolution conservatrice, et d’abord une rupture isolationniste, qui ressemble au Brexit. On retrouve une similarité  – mais dans un autre registre idéologique – avec l’alliance Thatcher-Reagan. Le Brexit et l’élection de Trump sont liés ; et c’est très paradoxal : les Anglo-Saxons, initiateurs de la mondialisation, se révoltent contre leur propre créature devenue folle ! 

    La seule dirigeante européenne avec qui Trump s’entend est Theresa May. Il était pour le Brexit. Elle appréciait, ou du moins ne crachait pas sur son programme.  Ils veulent relancer la ”relation spéciale” anglo-saxonne (USA–UK) politique et économique. Avec Merkel et Hollande, évidemment, le courant ne passe pas et les relations sont glaciales. Trump est considéré comme un avatar de Satan. La chancelière, juste après son élection, lui a adressé un message ridicule et arrogant de maîtresse d’école moralisatrice, (« rappel des valeurs de base » liant les États–Unis à l’Allemagne et à l’Europe) insistant sur le refus du racisme, de l’islamophobie, la nécessité de la ”démocratie” (enfin la pseudo–démocratie anti populiste, c’est-à-dire l’oligocratie), de la ”liberté” et de l’ouverture des frontières. Bref, la doxa précisément rejetée par son électorat populaire. Ce message menaçant de Merkel préfigure les pressions énormes – de l’establishment américain et des gouvernements européens bien–pensants – que va subir Trump dès son entrée  en fonction pour renoncer à son programme. Aura-t-il la force de résister ?

    Tout le monde avait – évidemment –  prévu un krach boursier généralisé si Trump était  élu. C’est l’inverse qui se produit : les promesses de relance de l’économie par les investissements (infrastructures, etc) et de baisse des impôts des particuliers et des entreprises stimulent l’optimisme des investisseurs. Les indices boursiers sont en hausse depuis l’élection de Trump. Mais, vu la volatilité de ce marché, cela pourrait ne pas durer. En tout  cas, la catastrophe annoncée n’a pas eu lieu.

    L’élite américaine, même républicaine et de droite, est déroutée. Le Great Old Party ne sait comment gérer les idées dissidentes de ce Trump qui ne vient pas de ses rangs, notamment le rejet du libre–échange et la contestation de l’Otan. Ce bouleversement idéologique n’a pas été avalé. Quand Trump sera à la Maison Blanche, il sera prié d’amender son programme, jugé inadmissible.  Cette difficulté qu’aura Trump d’imposer sa feuille de route, même à l’appareil républicain, sera évoquée dans la troisième partie de ce texte.

    Politique étrangère : rupture  avec la tradition américaine

    Les gouvernements européens et la Commission de Bruxelles ont été sidérés par l’élection de Trump comme des enfants surpris par un ouragan. En plein désarroi, ils sont choqués par la politique étrangère annoncée de Trump, nationaliste, isolationniste, et qui romprait avec tout le système conçu en 1945, qui était fondé sur un ” impérialisme soft ”, où l’Europe était confortablement protégée, dirigée et déresponsabilisée.

    Déjà Obama avait amorcé un retrait américain de la scène du monde, notamment au Proche–Orient, un recul du ”gendarme de la planète”. Mais le programme de Trump va beaucoup plus loin. Il semble vouloir abandonner toute une tradition diplomatique et… l’atlantisme lui-même ! En effet, la volonté d’une entente avec la Russie de Poutine (la bête noire des dirigeants européens) notamment pour coopérer militairement à écraser Dae’ch et aider Assad, la menace de ne pas respecter l’article 5 de l’Otan (défense mutuelle en cas d’agression), l’injonction aux Européens d’assumer budgétairement leur défense sans compter sur les financements, le parapluie ou le bouclier américains, tout cela panique le marigot des gouvernements européens. Les vassaux ont peur que leur suzerain les abandonne.

     Les gouvernements polonais et baltes – qui fantasment sur une agression russe parfaitement impossible – se sentent lâchés par leur ”protecteur” américain supposé. Ils vivent l’élection de Trump comme une catastrophe : l’Amérique et l’Otan ne seront plus là pour les protéger contre ce qu’ils appellent l’impérialisme russe.

    Cela dit, un ”lâchage” américain, un affaiblissement de l’Otan, le départ de la Grande Bretagne seraient théoriquement très positifs pour la construction d’une défense continentale européenne. Ajoutons à cela la position anti–chinoise de Trump, – cohérente avec son isolationnisme et son protectionnisme –  visant à bloquer les exportations et les offensives monétaires de Pékin, la volonté de dénoncer le traité de libre-échange avec le continent nord–américain (Alena), celui avec l’Asie et celui en négociation avec l’Europe ; mentionnons aussi le projet d’augmenter le budget militaire américain, probablement en prévision d’une confrontation avec la Chine dans la zone pacifique à moyen terme et de la nécessité de dissuader le monde islamique. C’est un principe de précaution militaire que la Russie applique aussi. 

    Le national–isolationnisme

    Le slogan « America first » de Trump est le même que le nom du mouvement isolationniste opposé à Roosevelt de l’aviateur Charles Lindberg, adversaire d’une participation américaine à la Seconde guerre mondiale qui débutait. Trump veut en finir avec les interventions militaires coûteuses et improductives (sauf contre Dae’ch, à côté des Russes, intéressant…). Il veut à juste titre  enterrer la politique des néo-conservateurs de l’ère Bush du « regime change », c’est-à-dire l’imposition forcée d’un régime ”démocratique”. Mais Obama avait déjà commencé avec le « leading from behind » (diriger en restant en retrait, pilotage en coulisses). Seulement Obama, nullement isolationniste, était immigrationniste, partisan d’une Amérique de moins en moins conforme à ses origines européennes, et n’ayant jamais osé qualifier d’ ”islamique” le terroris

    Trump, l’isolationniste, prend à contre–front les souverainistes et identitaires français et européens généralement anti-américains, et par là–même les séduit. Il rejette le Tafta, l’accord de libre échange USA–UE en négociation, en disant que c’est nuisible pour l’Amérique. Or, l’argument des souverainistes européens était de dire qu’il s’agissait d’une ruse de l’impérialisme commercial américain contre les intérêts européens ! Trump a brouillé toutes les cartes, comme lorsqu’il a fait l’éloge de Poutine et d’une future alliance russe. Là encore, les souverainistes et populistes européens, qui pensaient l’Amérique comme ennemie absolue d’eux–mêmes et de la Russie, voient surgir un Donald Trump qui a plus ou moins leurs idées ! Et qui est nationaliste américain…La solution à ce problème est que Trump a intuitivement compris – mais imparfaitement formulé–  l’idée que, sur le fond, l’Europe, l’Amérique du Nord –sauf  le Mexique– et la Russie forment une même civilisation menacée par les mêmes ennemis.

    Les deux alliances fondamentales des USA au Moyen-Orient, avec Israël et l’Arabie saoudite demeureront. L’alliance israélienne sera même consolidée, à l’inverse de la politique d’Obama, très distant envers l’État hébreu et hostile à Netanyahu, le Premier ministre.

     Le cas du Mexique, pays hostile aux États-Unis

    Le Mexique est blessé, humilié et saisi d’angoisse par l’élection d’un Trump qui a traité de « criminels, drogués, violeurs » ses ressortissants clandestins. Le mur frontalier de protection, à payer par le Mexique, est inacceptable pour le président Enrique Pena Nieto. Trump  veut contester l’accord de libre–échange nord-américain (Alena) de 1994. Petit problème : à la frontière, les échanges se montent à 1,5 milliards de dollars… par jour ! Le Mexique, est le second plus grand client et importateur de marchandises américaines. Le défi sera donc – ce qui est possible quand on en a la volonté – de laisser circuler les marchandises, pas les migrants. Et de faire repasser la frontière à des millions de clandestins. Ce que les pays européens devraient faire à leurs frontières routières, ferroviaires, maritimes et aériennes, s’ils n’étaient pas paralysés par leur idéologie cosmopolite d’envahis consentants.

    Le Mexique n’est pas un pays ami des USA. C’est un pays objectivement ennemi, depuis longtemps, même si les échanges commerciaux sont très importants. De même que tous les pays du Maghreb et du Moyen Orient sont des ennemis objectifs de l’Europe. Pourquoi ? Parce qu’ils visent tous l’invasion par leurs ressortissants – invasion par le bas, par l’immigration colonisatrice de peuplement – de nos terres ancestrales. La situation est beaucoup plus grave pour l’Europe que pour les États–Unis, puisqu’il s’agit d’une invasion migratoire islamisée – l’islam étant en conflit constant avec la civilisation européenne, qu’il veut détruire, depuis le VIIIe siècle – et que les masses migrantes sont ici beaucoup plus nombreuses qu’aux USA.

    L’élection de Trump, dans un pays nettement moins menacé que l’Europe,  devrait être la cause d’un sursaut pour tous les mouvements populistes et anti–oligarchiques d’Europe. Il faut espérer, néanmoins, qu’une fois installé à la Maison Blanche, le nouveau président ne soit pas neutralisé. Ce sera l’objet du troisième et dernier article de ce triptyque : Risque d’échec ou d’explosion.  

    http://www.gfaye.com/trump-revolution-ou-simulacre-2-un-programme-de-choc/

  • EN DIRECT - Résultat primaire à droite : Fillon en tête

    François Fillon est en tête après les premières totalisations partielles.

    François Fillon est en tête avec 69,5% des voix. Découvrez l'intégralité des résultats de la primaire à droite et suivez la soirée des deux candidats Alain Juppé et François Fillon dans notre live. À 19h, les bureaux de vote ont fermé et le dépouillement a débuté. La participation s'annonce en hausse par rapport au premier tour.

    Pour les résultats définitif....

  • L’Espagne sous la menace du terrorisme islamique

    Deux nouvelles vidéos publiées sur internet ces derniers jours sont venues rappeler que l’Espagne, déjà ciblée 43 fois depuis le début de l’année par la propagande djihadiste, vit, elle aussi, en permanence sous la menace d’attaques contre sa population civile. Comme dans le cas de la France, l’Etat islamique appelle les musulmans résidant sur le territoire de la mythique Al-Andalus à frapper avec des bombes, des armes automatiques, leur voiture, du poison versé dans l’eau et la nourriture, etc. Car indépendamment de la politique extérieure de Madrid, les islamistes ne peuvent accepter que « là où il y avait des mosquées, il n’y a maintenant plus que des églises, et les minarets ont été remplacés par des cloches et des croix ».

    En réalité, avec une population musulmane qui dépasse désormais le 1,8 million, l’Espagne compte déjà plus de 1 300 lieux de prière musulmans, dont une centaine où l’on note des prêches clairement radicaux hostiles au pays d’accueil, mais seulement 12 mosquées construites en tant que telles. Sur ce 1,8 million de musulmans (300 000 de plus qu’il y a cinq ans), près de 800 000 ont la nationalité espagnole et près de 23 000 sont des convertis.

    Mais depuis les attentats meurtriers de Madrid le 11 mars 2004, qui avaient fait 190 morts et 1857 blessés, les services de sécurité espagnols sont parvenus à prévenir toutes les nouvelles attaques. La dernière opération datant du 19 novembre a conduit à l’arrestation à Madrid et Barcelone de deux Marocains qui recrutaient pour l’EI. Depuis 2004, plus de 650 djihadistes ont été arrêtés par les services espagnols avant d’avoir pu commettre des attentats. Rien que depuis 2015, année où le ministère de l’Intérieur a porté l’alerte au niveau 4 (sur cinq niveaux d’alerte en tout), 163 terroristes musulmans ont été arrêtés.

    On ne peut bien sûr exclure qu’une cellule terroriste ne parvienne un jour à ses fins, mais l’Espagne semble malgré tout bénéficier de l’expérience accumulée pendant des décennies de lutte contre le terrorisme de l’extrême gauche basque (ETA) et de sa très bonne coopération avec le Maroc. Depuis les attentats de 2004, Madrid a revu ses méthodes en créant des cellules spécialisées dans la lutte contre le terrorisme pour coordonner l’action de ses différents services, en investissant dans les technologies de surveillance et en mettant en place des stratégies préventives adaptées.

    Olivier Bault

    Article paru dans Présent daté du 25 novembre 2016

    http://fr.novopress.info/

  • « De quoi le concept (notion, terme) de populisme est-il le nom ? », par Jean-Gérard Lapacherie

    Depuis quelques années, les termes et concepts de populisme et populiste font florès, non seulement dans les médias, mais aussi dans les cercles universitaires de politologues et autres spécialistes des sciences de la société. Evidemment, il n’est pas question dans ces lignes de contester l’usage qui peut être fait par tel ou tel de tel ou tel concept. Chacun construit librement ses concepts, et cela dans le but de rendre compte le plus clairement ou le plus pertinemment possible de faits de société ou d’événements historiques. Les concepts ne sont donc pas intransitifs ou à eux-mêmes leur propre fin. C’est à une meilleure intelligence du réel qu’ils servent ou devraient servir.

    Or, ce n’est pas le cas de  populisme et populiste, lesquels présentent ceci de particulier qu’ils réfèrent à une axiologie, c’est-à-dire qu’ils véhiculent des jugements péjoratifs, dont la négativité s’attache à l’objet décrit ou analysé. Dits populisme ou populistes, ces objets, quels qu’ils soient, événements, associations politiques, faits, résultats électoraux, air du temps, etc., sont pris en mauvaise part et les énonciateurs, id estceux qui les catégorisent comme populisme ou les qualifient de populistes, annoncent tout de go qu’ils ne leur accordent ni valeur, ni crédit, bref qu’ils les méprisent. Si l’énonciateur est journaliste, cela ne prête guère à conséquence pour ce qui est de la connaissance du réel, le journalisme étant le sanctuaire des passions politiques ou sociales portées à incandescence. Il en va différemment quand l’énonciateur est professeur ou directeur de recherche au CNRS ou dans quelque autre institution à caractère scientifique. Que tel ou tel directeur d’études ou responsable d’une équipe de recherche méprise ce qu’il nomme par condescendance ou suffisance votes, mouvements, partis, opinions populistes révèle peut-être quelque chose du système de valeurs qui sous-tend sa pensée, mais n’apporte rien au savoir. Qui cherche à connaître le réel devrait s’interdire de porter des jugements de mépris sur les réalités qu’il étudie ou analyse.

    Une étude de la généalogie ou, comme on voudra, de l’archéologie du concept peut mettre en lumière le caractère inapproprié de ce ou ces concept(s).

    D’un point de vue sémantique ou conceptuel, populisme est lié à peuple (en latin populus, en grec demos et laos). Peuple existe dans la conscience politique de l’Europe depuis l’Antiquité et, en France, bien avant l’émergence politique du peuple pendant les années de la Révolution. Certes, les sens de peuple peuvent être divers et il n’y a qu’une identité partielle entre le demos des Grecs, le populus des Romains ou le peuple des Révolutionnaires. Tout à l’opposé, alors que le peuple est millénaire, le populisme est récent, et même très largement postérieur à l’importance prise par les peuples en Europe, à la suite de l’institution du suffrage universel. Il y a eu longtemps un peuple ou des peuples sans que l’on sente la nécessité de les étudier avec le concept de populisme. D’ailleurs, les deux mots populisme ni populiste ne sont enregistrés dans aucune des éditions du Dictionnaire de l’Académie française publiées de 1694 à 1935, ni dans le Dictionnaire de la Langue française qu’Emile Littré a publié en 1872. La plus ancienne attestation de populisme date de 1912 dans l’ouvrage intitulé La Russie moderne et le nom populiste est attesté en 1907 au sens de « membre d’un parti prônant en Russie des thèses de type socialiste ». Populisme et populiste ont été fabriqués dans les années 1860 pour désigner des militants qui voulaient entraîner les moujiks dans la lutte contre le pouvoir. Ces militants étaient souvent des jeunes gens, bourgeois ou nobles, qui ont fait de vraies études. Ils sont allés vers le peuple pour apprendre à lire et à écrire aux pauvres, aux portefaix, aux manœuvres, aux domestiques. Il y a dans les romans de Tolstoï des populistes qui sont éminemment généreux et qui sacrifient leur destin au bien commun. Le comte Tolstoï lui-même, cet écrivain de génie, était de toute évidence populiste. Autrement dit, le terme et le concept de populisme sont étroitement liés à la situation sociale et politique de la Russie à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle ; ils réfèrent donc à des réalités lointaines, pour ne pas dire exotiques, telles que le servage, les moujiks, l’analphabétisme de masse, une organisation qui tient du féodalisme, et abolies, là où elles avaient cours, depuis au moins un siècle.

    Après le coup d’Etat de novembre 1917, le destin des populistes a été tragique. Ils ont été placés devant un choix : la soumission au nouveau pouvoir ou la mort. A partir de 1918, populisme et populiste sont devenus dans la langue russe des termes de mépris. La raison en est exposée dans les longs exemples qui, dans le Trésor de la langue française (1971-94), illustrent les emplois du nom populisme, au sens de « mouvement, doctrine faisant appel exclusivement ou préférentiellement au peuple en tant qu’entité indifférenciée ». Cette entité indifférenciée relève de la logorrhée idéologico-politique : tenir le peuple pour une « entité indifférenciée » n’a de sens que pour les marxistes. C’est que, dans indifférencié, les classes sont effacées et que la lutte des classes est impossible dans une « entité » de ce type. Dans les exemples de ce dictionnaire, populisme est défini à partir de la détestable idée que les marxistes se font du peuple : « le populisme est dénoncé comme l’idéologie du « petit producteur » utopiste et réactionnaire ; il nie la lutte de classes et substitue au matérialisme historique et dialectique une sociologie subjectiviste » (in Marxisme, 1982).

    Le populisme n’a pas toujours véhiculé ce jugement de mépris. Dans les années 1920, populiste était en usage pour qualifier des romanciers qui refusent de réduire la représentation de la société à celle des seuls bourgeois ou aristocrates et qui, pour atteindre l’objectif réaliste qu’ils poursuivaient, situaient l’action de leurs romans dans les milieux populaires et modestes. Le populisme est une « école littéraire qui décrit avec réalisme, dans des romans, la vie des milieux populaires » (Trésor de la Langue française 1971-94). En 1937, le prix du roman populiste a été décerné en 1937 à l’auteur de La Nausée, Sartre Jean-Paul. Parmi les moins méconnus de ces romanciers populistes, on compte Eugène Dabit et Charles-Louis Philippe, auteur de l’inoubliable (mais hélas oublié) Bubu de Montparnasse. Dans les années 1950 et 1960, les avant-gardes, la littérature d’expérimentation, le formalisme ont rendu caducs le roman populiste et aussi la littérature réaliste, celle dont la raison d’être est de décrire le réel.

    Le basculement axiologique de ces termes et concepts datent de l’après-guerre, au moment même où l’intelligentsia de l’Europe s’est convertie massivement au marxisme et où elle s’est engagée sur la voie du « compagnonnage de route » avec les communistes. En URSS, populisme et populiste étaient des termes et des concepts de mépris haineux, dont l’objet était de discréditer ou d’éliminer ceux qui étaient désignés ou qualifiés ainsi. Termes de néantisation en  URSS, ils le sont devenus tout naturellement en France, où sociologues, politologues, intellos de tout poil les ont utilisés pour rendre compte, non pas de la situation de la Russie en 1860, mais celle de la France, de l’Europe, des Etats-Unis d’Amérique au début du XXIe siècle, avalisant de fait le mépris sans fondement que les Bolchéviques vouaient ou ont voué au populisme. Populisme est le Vade retro Satanas de ceux qui, s’interdisant le penser le réel, s’accrochent avec l’énergie des morts-de-faim aux rentes de situation que leur a fournies naguère le marxisme. Pour toutes ces raisons, tout penseur désireux de comprendre le réel devrait renoncer à populisme et populiste, termes, notions et concepts. Il est possible de décrire la situation des classes populaires aux Etats-Unis ou en France sans les faire subsumer par des catégories à la généalogie suspecte, quitte à reprendre d’anciennes catégories comme démagogie, aveuglement, colère ou désespoir (social ou populaire, peu importe).

    Jean-Gérard Lapacherie

    http://cerclearistote.com/de-quoi-le-concept-notion-terme-de-populisme-est-il-le-nom-par-jean-gerard-lapacherie/