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  • Patrick Cohen dresse la liste des « cerveaux malades »…

    Le téléspectateur français a assisté le 12 mars dernier sur France 5, dans l’émission C à vous, à une hallucinante leçon d’orwellisation de la part de Patrick Cohen, journaliste à France Inter.

    Les faits ? Frédéric Taddéï, invité de l’émission, est passé un court instant à la question. Court, car gardant son calme, il réussit à démonter la dangereuse dialectique orwellienne de son contradicteur.

    Les arguments de Patrick Cohen ont le mérite d’avoir exprimé l’inconscient de l’intelligentsia française. Notre sous-Big Brother reproche dans un premier temps à Taddéï d’avoir invité Tariq Ramadan, Marc-Edouard Nabe, Dieudonné et Alain Soral à Ce soir ou jamais. Puis il enfonce le clou : lorsque l’on anime une émission de débat, on aurait « la responsabilité de ne pas donner la parole à des cerveaux malades ».

    Mais, cher Patrick Cohen, qui sont les cerveaux malades ? Les quatre noms précités ? À titre purement personnel, l’auteur de ces lignes qualifierait plutôt de cerveaux malades toutes les personnalités, reçues par France Inter et autres médias, qui ont promu l’idéologie dominante néolibérale, multiculturelle et mondialiste, dont Patrick Cohen est un peu convaincant avocat.

    Sont malades, à notre sens, ceux qui soutiennent bec et ongles le système actuel, cousu des fils de la mondialisation, de l’Union européenne, de la kosovarisation de la France, de la soumission à l’oligarchie financière et du surmoi politiquement correct greffé sur le peuple par nos médias de masse. Sont malades ceux qui maintiennent en vie ce système qui, en France, a conduit à la mise en esclavage par la dette, à l’effondrement culturel, à la haine de soi national, au démantèlement de l’armée française, à l’érosion des services publics, au renchérissement du coût de la vie, ainsi qu’à l’explosion de l’insécurité, de l’incivilité, du stress, de la pauvreté, de la mendicité, du chômage et de la violence. Sont malades ceux qui ne veulent pas sortir de ce bateau dont le naufrage est annoncé. Mais pour Patrick Cohen, sont malades ceux qui ne partagent pas son idéal politiquement correct.

    Dans un excès de franchise, lorsque la présentatrice réplique à Patrick Cohen qu’il est encore permis de penser ce que l’on veut, celui-ci répond sobrement : « non ». Et, cerise sur le gâteau, il ajoute « On a le droit de penser ce qu’on veut dans les limites de la loi. »

    Ainsi, selon Patrick Cohen, la loi devrait délimiter le champ de la pensée. Outre que ceci soit juridiquement faux, puisque la liberté de pensée est la seule liberté absolue en droit français, c’est-à-dire à ne connaître aucune restriction légale, cette perspective est pour le moins terrorisante. En effet, quelle dictature n’en a pas rêvé ? Quel despote dans ses désirs les plus fous n’a pas souhaité, par l’intermédiaire du législateur, contrôler les esprits de sa population en délimitant ce qu’elle a ou pas le droit de penser ? Voilà un fantasme de domination absolue qui nous paraît bien éloigné de l’idéal démocratique et « républicain » dont Patrick Cohen se veut certainement être un paladin.

    Que conclure ? Simplement que, dans notre inquiétant début de XXIe siècle, on reconnaît un ennemi de la liberté en ceci qu’il prétend en être le meilleur défenseur.

    Adrien Abauzit dans Boulevard Voltaire

    http://fr.altermedia.info

  • La globalisation ou la guerre

    Les débats électoraux sont toujours des boosters de mots. A côté des mots défendus, parfois temporairement comme "immigrés", il y a les mots invertis. Ainsi en est-il de la "mondialisation", jadis heureuse et progressiste, aujourd'hui très connotée. Il est curieux que son premier opposant ait été entraîné en même temps dans sa ruine, je parle du mot "altermondialisation". A été créé en remplacement, le mot "démondialisation" ou l'utopie du détricotage des niveaux de vie du tiers-monde. On s'affaire en thèses à l'université de Saône & Loire. Mais venons à la guerre.
    Sans qu'elles soient liées à la race comme le soutenait ce vieux comte d'Arthur, les inégalités des conditions d'existence de la race humaine sont frappantes. Elles engendrent depuis l'aube du monde la mise en mouvement des peuples. Plus ou moins pacifique s'il y a de l'espace, à charge de revanche et plus violente si le sentiment domine d'avoir été laissé pour compte par le Gran Toot.
    C'est ainsi que la race européenne, posée en fond de tableau sur la péninsule tempérée, a vu s'inviter chez elle toute la grande steppe parce que son herbe était plus verte et son climat moins rude. Quelqu'un, un traître, avait sans doute parlé. Sinon auraient-ils choisi peut-être le sud-ouest comme Tamerlan la Perse, ou le sud-est comme les Mongols l'empire han. Aujourd'hui il n'est plus à craindre d'indiscrétions, le monde est un village, et à moins de vivre paumé dans une vallée encaissée de Nouvelle-Guinée avec un os dans le nez, on sait les mots-clefs du monde, Louis-Vuitton, Omega, aïPade, Cadilac, Goutchi... On me dit dans l'oreillette que c'est plutôt, "liberté", "démocratie". Foutaises, je maintiens que c'est American Express, Champagne, Doltchéegabbana !
    Chacun sur terre sait maintenant qu'il est de plus beaux pays que le sien, de bien meilleures possibilités ailleurs, de conditions de vie tellement supérieures qu'il n'est même pas la peine d'en mesurer l'écart. Au sortir de la deuxième guerre mondiale, le brassage des gens commençait à diffuser ces écarts. C'est ainsi que progressivement la doctrine libérale victorieuse agrandit son champ d'action en passant de l'organisation mercantile des marchés au développement massif. Le GATT de 1947, ancêtre de l'OMC et donc le premier élan de mondialisation, visait à fluidifier le commerce international de la zone OCDE en abaissant les obstacles douaniers pour élargir les marchés de biens, affaisser les prix au consommateur et soutenir l'emploi dans les niches d'atouts. En 1994, les pays signataires étaient passés de 23 au départ à 120, et on s'aperçut que le régime libéral avait favorisé pour servir ce grand marché le décollage d'industries manufacturières dans la partie la plus grouillante du Tiers-Monde, celle que tous les géographes condamnaient, l'Asie du Sud-est. L'idée fut généralisée avec l'OMC.
    La mise en application des idées libérales ne date que de 60 ans, peu de choses pour "refaire le monde", et on voit bien l'état inachevé du chantier global. Mais la vaccination du Tiers-monde au progrès possible a modifié les comportements dans les pays du Sud. De la revanche sur son propre sort injuste, on est passé à la mobilisation personnelle de ses moindres talents pour entrer dans la vie économique active et acheter la Rolex de Séguéla. Certains peuples ont des prédispositions, d'autres s'éduquent. Et les exemples fleurissent de réussites acquises autour de soi par le travail, donnant envie de s'y mettre soi-même. Ainsi l'amélioration des conditions de vie est-elle palpable, à proximité, et déjà moins accessible à l'autre bout du monde seulement. Il faut poursuivre dans ce sens pour que l'écart ressenti entre les conditions vécues et les conditions rêvées ne rémunère plus le déracinement, et que chacun soit persuadé d'une amélioration accessible par l'effort.
    En conclusion
    Démondialiser c'est freiner l'activité économique du Tiers-Monde, voire stopper l'espoir. Des milliards de gens connaissent l'espoir, pour eux ou pour leurs enfants. Stoppons-le et verrons-nous sourdre alors dans notre village global des insatisfactions telles que l'injustice ne pourra être apaisée que par la violence du Sud contre le Nord. Et le monde prendra feu. Juste pour la petite histoire, quand le général De Gaulle retira la France du GATT en 1963 pour marquer sa différence as usual, le tollé mondial fut tel contre le protectionnisme immoral des Français que le même général réintégra dare dare l'accord la même année, malgré l'appui de notre bombe atomique !
    La globalisation fait accéder le monde entier à la vitrine magique des belles choses. Il est facile de comprendre qu'à l'égalité des envies doit répondre, sinon l'égalité des conditions de leur satisfaction, du moins l'espoir d'y parvenir. L'espoir fait vivre... en paix. M. Montebourg est court, même si la globalisation est en train de se faire à notre détriment, parce que c'est imparable sauf troisième guerre mondiale. S'il y a des moyens de participer, c'est par l'offensive économique à outrance ; nous y reviendrons, mais c'est une question de burnes, presque dire impossible avec les gens en cour.

    (ces deux derniers paragraphes ont été postés sur Newsring)
  • Le vrai visage de la LICRA et de l'antiracisme en France

  • Buchanan, Gramsci et la triple dégénérescence des sociétés occidentales

    Pat Buchanan parle toujours très bien du suicide américain, codirigé par les libéraux et les néoconservateurs : faire des guerres ruineuses pour satisfaire quelques commanditaires ; remplacer la population de l’Amérique par l’immigration de couleur (j’en ai décrit les effets en Californie, depuis en faillite, pour ne pas parler du reste) et détruire l’appareil industriel, ce qui fut fait comme pour nous, à partir des années 90, avec les signatures incessantes des traités de libre-échange. Le tournant ici fut le NAFTA avec le très illuminé père Bush puis Clinton aux commandes. Une explication ? On sait que les politiques américains vont vite se recycler dans les entreprises qu’ils ont arrangées, eux ou à leur suite les commissaires européens ; on sait aussi que les fonctionnaires européens se servent la soupe les premiers et que dans l’indifférence générale ils prennent leur retraite à cinquante ans (on peut aussi toucher cinq mille euros mensuels à vie après cinq ans de commissariat...). La "presse sérieuse", appartenant à trois ou quatre grands groupes sert la soupe, en discréditant toute alternative ou en étouffant tout foyer de résistance. La liquidation de la population, la liquidation de l’industrie et les guerres à outrance sur commande sont donc les trois piliers du système actuel, que l’on vote pour la droite ou pour la gauche, et ce quelle que soit la "démocratie". Comme disait l’autre, qui diable peut bien gouverner en démocratie ? Je jure que je le demanderai à Chesterton après cette vie-même.

    Pour me consoler, j’ai téléchargé sur le web québécois, beaucoup plus achalandé que le français, quelques oeuvres de Gramsci, fameux théoricien marxiste devenu une icône dans les milieux nationalistes et néo-droitiers au cours des années 70 et 80. Il est très inégal, mais voici ce qu’il dit et écrit en 1920, que je trouve bien sûr très actuel :

    « Le capitaine d’industrie est devenu chevalier d’industrie, il se niche dans les banques, dans les salons, dans les couloirs des ministères et des parlements, dans les bourses. Le propriétaire du capital est devenu une branche morte de la production. »

    Comme on était alors lucide à gauche !

    Gramsci voit donc le problème de la désindustrialisation apparaître, le règne de la finance arriver avec les coups en bourse. Voyez 2013. Il n’y a plus d’usines en Amérique mais Wall Street n’a jamais été si élevé, avec un Dow Jones à 14.000, cherchez pourquoi ! Nos amis Bill Bonner et Pat Buchanan expliquent bien pourquoi : on a siphonné la richesse américaine comme on siphonne maintenant la richesse européenne, sauf peut-être l’allemande plus maligne et surtout familiale (j’allude aux dynasties industrielles comme les Piech, les Porsche ou les Quandt). A Londres et Bruxelles en tout cas la politique et la finance se disputent comme à New York le cadavre de l’industrie.

    Gramsci, dans un bon clin d’oeil aux libertariens de tout poil, voit aussi l’intrusion de l’Etat se produire et produire une dégénérescence systémique. La part de prélèvement est passé je le rappelle de 8 à 20 % en France entre 1914 et 1920. L’Etat intervient partout et va créer des générations maudites, pardon des générations perdues de gens oisifs. C’est la société du docteur Mabuse ou bien d’Henry Miller.

    « L’Etat devient ainsi l’unique propriétaire de l’instrument de travail, il assume toutes les fonctions traditionnelles de l’entrepreneur, il devient la machine impersonnelle qui achète et distribue les matières premières, qui impose un plan de production, qui achète les produits et les distribue : l’Etat bourgeois, celui des bureaucrates incompétents et inamovibles ; l’Etat des politiciens, des aventuriers, des coquins. Conséquences : accroissement de la force armée policière, accroissement chaotique de la bureaucratie incompétente, tentative pour absorber tous les mécontents de la petite-bourgeoisie avide d’oisiveté, et création à cet effet d’organismes parasitaires à l’infini. »

    Ce ne serait pas les bobos, cette petite-bourgeoisie avide d’oisiveté ?

    Gramsci décrit très bien la dégénérescence systémique aussi dans les lignes qui suivent. Le nombre de fonctionnaires avait décuplé en France en un siècle (l’observation avait déjà été faite par Marx dans son "Dix-huit Brumaire") :

    « Le nombre des non-producteurs augmente de façon malsaine, dépasse toute limite tolérable pour le potentiel de l’appareil productif. On travaille et on ne produit pas, on travaille durement et la production ne cesse de décroître. C’est qu’il s’est formé un gouffre béant, un gosier immense qui engloutit et anéantit le travail, anéantit la productivité.

    Les heures non payées du travail ouvrier ne servent plus à augmenter la richesse des capitalistes : elles servent à nourrir l’avidité de l’énorme multitude des agents, des fonctionnaires, des oisifs, elles servent à nourrir ceux qui travaillent directement pour cette foule de parasites inutiles. »

    La dette, l’industrie de la dette alimente les inactifs, les fonctionnaires et surtout les pseudo-actifs, ceux que l’on a nommé les manipulateurs de symboles, les joueurs de poker (new dealers) qui détruisent la richesse en prétendant la redistribuer ou bien la faire circuler. Bill Bonner explique aussi très bien que ce sont les politiques et avocats régulateurs qui ont crée la folle ploutocratie actuelle en Amérique : l’euphorie boursière profite à vingt mille gros actionnaires, alors que le niveau de vie général a bien sûr baissé depuis Nixon. Bonner estime que Bernanke l’a fait sciemment, comme Gramsci qui voit la collusion des financiers et politiques.

    Après bien sûr, la dette, les bons pourris, les notes des agences de notation, et la Grèce à l’encan, ainsi que tout le bataclan !

    « Et personne n’est responsable, personne ne peut être frappé : toujours, partout, l’Etat bourgeois avec sa force armée, l’Etat bourgeois qui est devenu le gérant de l’instrument de travail qui se décompose, qui tombe en morceaux, qui est hypothéqué et sera vendu à l’encan sur le marché international des ferrailles dégradées et inutiles... »

    Il ne faut donc plus s’affoler car ce ne sont pas les partis politiques fonctionnarisés et financés par l’électeur contribuable qui nous sortiront de l’ornière. Si la situation était aussi cauchemardesque en 1920 et qu’elle l’est toujours autant aujourd’hui, c’est que Joyce avait raison : l’histoire est un cauchemar dont il faut tenter de se réveiller.

    En lisant l’Evangile, peut-être ?

    Et il trouva dans le temple les vendeurs de boeufs et de brebis et de colombes, et les changeurs qui y étaient assis.

    Et ayant fait un fouet de cordes, il les chassa tous hors du temple, et les brebis et les boeufs ; et il répandit la monnaie des changeurs et renversa les tables.

    Nicolas Bonnal http://www.france-courtoise.info

    Gramsci, "l’Instrument de travail"
  • 12 septembre 1683 : Victoire sur les Turcs

    Vienne fut par deux fois un bastion décisif de la résistance aux invasions turques. D'abord en 1529, quand le sultan Soliman 1er, après avoir pris Belgrade (1521), Rhodes (1522), Buda (1526), la Bosnie, la Croatie, la Slavonie et la Dalmatie (1527), crut le moment venu de frapper au cœur l'Autriche en s'emparant de Vienne. Il misait sur la terreur provoquée par les atrocités commises par ses troupes pour éroder l'esprit de résistance des Viennois. Face aux 100 000 hommes et aux 500 pièces d'artillerie alignés par les Turcs, les quelques milliers d'hommes (dont des piquiers et des mousquetaires espagnols) commandés par le comte allemand Nicolas von Salm repoussèrent farouchement les assauts turcs, qui étaient appuyés par une intense canonnade et le creusement de mines destinées à faire écrouler les murailles. Les Turcs finirent par renoncer.
    Mais ils revinrent sous les murs de Vienne en 1683. Cette fois-ci leur dispositif était encore plus impressionnant : 250 000 hommes, commandés par le Grand Vizir Kara Mustafa, au nom du sultan Mehmet IV. Comme souvent, les Turcs essayent de profiter des dissensions entre Européens et Kara Mustapha fait alliance avec le roi de Hongrie Etienne Tokoly contre l'Autriche. Face à la menace, Autrichiens et Polonais concluent un pacte d'assistance mutuelle, qui doit faire effet à la première attaque turque.
    Les Turcs mettent le siège devant Vienne le 14 juillet 1683, alors que la défense de la capitale des Habsbourg est organisée par le comte Rüdiger Starhemberg et le bourgmestre Andreas Liebenberg. Les combats sont aussi acharnés que lors du siège de 1529 et les Turcs réussissent à provoquer l'écroulement d'une partie des murailles de Vienne. Mais une armée de 70 000 soldats allemands, autrichiens et polonais, commandée par Charles V de Lorraine, arrive à la rescousse, tandis qu'un renfort de 30 000 hommes est acheminé par le roi de Pologne Jean Sobieski. Celui-ci a choisi de dégarnir la défense de ses frontières pour réunir le maximum de forces... tout en avertissant les Hongrois qu'ils risquaient de sanglantes représailles s'ils essayaient de profiter de la situation.
    À 4h du matin, le 12 septembre, les Européens lancent l'assaut contre les Turcs pour dégager Vienne. Les Allemands sont au centre du dispositif, les Autrichiens à l'aile gauche, les Polonais à l'aile droite. L'affrontement a lieu sur la colline du Kahlenberg. Après douze heures de combats d'infanterie, quatre corps de cavalerie lourde (dont les hussards) chargent vers le bas de la colline, le roi de Pologne à leur tête. Ils parviennent jusqu'au camp ottoman, tandis que la garnison de Vienne sort de la ville pour se joindre aux combats. Les Turcs sont enfoncés. Si les janissaires se battent jusqu'au dernier, le reste de l'armée ottomane se débande, abandonnant canons et provisions (parmi lesquelles les Viennois trouvent 500 sacs de café, dont ils vont découvrir ainsi le goût nouveau, tandis que les boulangers de la ville, fiers d'avoir donné l'alerte lors d'une attaque nocturne des Turcs, confectionnent une pâtisserie qui va s'appeler le croissant, en souvenir de l'emblème des Turcs... (qu'on a plaisir à croquer à belles dents!).
    De retour à Stamboul, le grand vizir Kara Mustafa est décapité par le sultan. Cependant que les Autrichiens entamaient une guerre de libération qui devait permettre de récupérer de nombreux territoires tombés aux mains des Turcs. Une bonne partie des terres ainsi reconquises furent confiées à 60 000 Serbes, en récompense des services rendus contre les Ottomans.
    Les historiens Ernst Werner et Walter Markov ont tiré la conclusion de la victoire de 1683 : « La peur des Turcs, qui après la catastrophe de Nicopolis qui, en 1396, avait envoûté l'Europe comme un traumatisme (...) était enfin effacée, le retrait ottoman de l'Europe venait de commencer. »
    Les Turcs se souviennent des deux sièges de Vienne. Les Européens sauront-ils avoir autant de mémoire ?
    Pierre VIAL. Rivarol du 24 septembre 2010

  • Les colis alimentaires de plus en plus sollicités en Europe

    C’est une des conséquences les plus visibles de la crise: de plus en plus d’Européens ont faim et doivent recourir aux colis alimentaires pour s’en sortir, constate la Croix-Rouge européenne.

    Selon un responsable de la Croix-Rouge européenne, il n’y a jamais eu autant de colis distribués depuis 1945. L’aide intérieure prend le pas sur les projets à l’étranger.

    Trois millions de personnes dépendent de ces colis en Espagne, par exemple. Mais dans des pays dits riches, la tendance est aussi à l’augmentation, comme en Finlande ou au Luxembourg.

    La Belgique n’y échappe pas. 121.000 personnes ont franchi le seuil d’une banque alimentaire l’année dernière, soit 4.500 de plus qu’en 2011. Ces chiffres ont été publiés par Het Nieuwsblad op Zondag.

    Les plus pauvres ne sont plus les seuls à demander cette aide en Belgique. Il y a des personnes issues de la classe moyenne, des indépendants en faillite. Mais aussi des pensionnés de plus plus nombreux. Les retraites les plus basses ne permettent plus de suivre le coût de la vie.

    La demande est criante alors que l’offre a une voix de plus en plus étouffée par le manque de crédits.

    RTBF.be  http://fortune.fdesouche.com

  • 24 mars, Champs Elysées, Manif pour tous : bras de fer Préfecture de police / organisateurs

    Le 24 mars : le printemps français !

    Pour des raisons de sécurité et des raisons commerciales, la Préfecture de police de Paris s’est prononcée contre le parcours de la manif pour tous; les organisateurs maintiennent leur décision

     

     

     

    Ils devront s’assoir ailleurs que sur les Champs-Elysées. La préfecture de police de Paris (PP) et les opposants au mariage homosexuel, qui souhaitaient manifester le 24 mars sur les Champs-Elysées à Paris, ce qui leur a été refusé, ne sont toujours pas tombés d’accord sur un autre lieu de rassemblement.

     

    La PP a expliqué dans un communiqué avoir prévenu les organisateurs dès le 22 février, soit deux jours après avoir reçu la demande de manifestation, de « l’impossibilité pour des raison impérieuses d’ordre public, de se rassembler » sur les Champs-Elysées et à la place de la Concorde comme le souhaitaient les organisateurs.

     

    TF1  http://www.fdesouche.com

  • L'Europe face à la question afghane

    Archives: 2001
    L'attentat du 11 septembre 2001 contre les deux gratte-ciel de Manhattan et contre le bâtiment du Pentagone a finalement servi de prétexte pour asseoir une présence militaire américaine dans une région hautement stratégique. Elle est située sur l'ancien tracé de la fameuse Route de la Soie entre l'Europe et la Chine et dans un massif montagneux, proche du Pamir et de l'Himalaya, qui permet, à ceux qui le maîtrisent et en font un refuge inexpugnable, de contrôler les zones plus basses qui l'entourent. Depuis Alexandre le Grand, en passant par le conflit qui a opposé l'Empire russe, empire terrestre, à l'Empire britannique, empire maritime, au 19ième siècle, l'Afghanistan a toujours été un enjeu stratégique primordial. Dès la fin du siècle dernier, le géographe américain Homer Lea, ancien élève de Westpoint dont la carrière fut entravée pour des raisons de santé, rédige, pour le compte des Britanniques, une série d'articles et d'ouvrages qui énoncent en clair la doctrine stratégique clé pour la région: il faut empêcher les Russes (et toute autre puissance européenne) de franchir la ligne Téhéran-Kaboul et de s'approcher de l'Océan Indien. Il faut rappeler ici que les doctrines élaborées par les états-majors anglais sont toujours d'application, même si elles ont été élaborées, il y a fort longtemps. La doctrine de l'équilibre entre puissances continentales en Europe (où l'Angleterre s'allie toujours à la seconde puissance contre la première: avec la Prusse contre Napoléon, avec la France contre Guillaume II, avec Staline contre Hitler, etc.) a longtemps été une constante, reprise par les Etats-Unis, mais dans une perspective eurasienne cette fois, qui s'allient à la Chine en 1972 contre l'URSS de Brejnev. En août 1941, les Britanniques et les Américains permettent à des unités soviétiques d'occuper l'Iran, pour faire de ce pays la base logistique des arrières du front de l'Est, mais cette occupation ne peut s'étendre au-delà de Téhéran. En cela, la doctrine Lea, définitivement parachevée en 1912, a une nouvelle fois été appliquée à la lettre. En décembre 1978, quand les troupes soviétiques envahissent l'Afghanistan, elles dépassent forcément la ligne Téhéran-Kaboul, du moins sa portion qui se situe sur le territoire afghan. Ni Londres ni Washington ne peuvent le tolérer, justement au nom de cette doctrine Lea, qui reste vraiment un axiome de leur politique dans la région.
    Vu la situation internationale et la présence d'armes nucléaires de destruction massive dans les arsenaux soviétiques et occidentaux, une intervention directe des Etats-Unis s'avère impossible. Il faut donc procéder autrement, sans intervention apparente, en pariant sur des opposants locaux. Les instituts stratégiques anglo-saxons disposent de méthodes éprouvées depuis très longtemps: appui des insurgés espagnols et allemands contre Napoléon, armement des tribus arabes contre les Turcs en 1916-18 (l'aventure de Lawrence d'Arabie), appui à Tito contre les Allemands, les Italiens et les Croates (cf. les mémoires du chef des SAS, Sir Fitzroy MacLean), appui à certains maquis soi-disant "communistes" dans l'Ouest de la France en 1943-44, doctrines de la "counter-insurgency" aux Philippines et en Malaisie, appui aux "Contras" au Nicaragua, etc. Plus tard, on parlera plutôt de "low intensity warfare" (guerre à basse intensité), qui sera appuyée par le SOF ("Special Operations Forces") et doublée par des réseaux civils, notamment d'aide "humanitaire". L'UÇK au Kosovo constituant un autre exemple éloquent de cette façon de procéder. Dans le cas afghan, l'appui occidental aux Mudjahiddins anti-soviétiques a constitué une première phase, qui a duré jusqu'au retrait définitif des dernières unités soviétiques en 1989, puis, quand des éléments non défavorables à la nouvelle Russie dé-soviétisée ont fini par contrôler Kaboul, les Etats-Unis parient sur une nouvelle "opposition", celle des Talibans, d'abord actifs dans les zones habitées par l'ethnie pachtoune, à cheval sur les territoires afghan et pakistanais. L'ISI, service secret pakistanais, dévie l'effervescence talibane vers l'Afghanistan en espérant ainsi se donner une profondeur stratégique face à l'Inde, qui vient de retrouver une réelle vigueur politique avec le BJP nationaliste, qui s'est dotée de missiles "Agni" à plus longue portée et reste un allié tacite de la Russie. L'ISI, les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite financent donc de concert les unités talibanes pour renverser le régime russophile de Nadjibullah. Comment cette alliance entre les USA et les talibans s'est-elle muée en hostilité?
    Les troupes talibanes sont composées de deux éléments: les Pachtounes afghans et les volontaires islamistes venus de tous les pays musulmans (qui suivent les doctrines rigoristes des Wahhabites saoudiens). Les Pachtounes sont d'accord pour que des oléoducs venus des républiques musulmanes ex-soviétiques transitent par l'Afghanistan et le Pakistan. Les légions arabes-islamistes, elles, travaillent plutôt pour l'Arabie Saoudite et ne souhaitent pas que le pétrole vienne d'ailleurs. Elles s'opposent donc, Ben Laden en tête, à ce projet et visent à le torpiller. Si Clinton et son administration démocrate ont joué longtemps la carte saoudienne en fermant les yeux sur les opérations téléguidées par les islamistes wahhabites en Tchétchénie, en Ouzbékistan et en Afghanistan, qui visaient à couper le flux des pétroles ex-soviétiques, de même que l'UÇK albanaise, l'administration républicaine de Bush, elle, entend prendre le pétrole là où il est et n'entend pas jouer exclusivement la carte saoudienne. D'où le conflit avec Ben Laden, homme des Saoudiens, et ancien instrument des services américains.
    De ce fait:
    - Les attentats du 11 septembre ont été sans doute préparés par Ben Laden, et derrière lui, l'aristocratie saoudienne qui craint de perdre ses immenses dividendes pétroliers, mais les services américains, avertis par les Français et les Allemands, ont fait la sourde oreille afin d'avoir un prétexte en or pour intervenir en Afghanistan, occuper le pays et assurer le transit pétrolier.
    - Il existe sans doute un accord Bush-Poutine pour concrétiser cette nouvelle organisation des "Balkans eurasiens". On se rappellera à ce propos les entretiens Bush-Poutine du début de l'année, où le Président russe réclamait une lutte contre le "terrorisme international", qui, pour lui comme pour les actuels géostratèges russes, est une émanation du wahhabitisme saoudien.
    - L'Europe est absente du jeu, n'ayant aucune politique cohérente ni aucune doctrine stratégique valable ni aucun personnel politique de valeur.
    - Les intérêts d'une Europe idéale, que nous appelons de nos v¦ux, seraient d'assurer un partenariat stratégique avec la Russie dans la région, en s'appuyant sur un principe anti-impérialiste (donc anti-britannique et anti-thalassocratique, dans les définitions données par Lénine, Roy, Gandhi, Niekisch, Schmitt, etc.): tous les Etats ont droit à avoir une façade sur l'Océan Indien ou à nouer des accords solides de coopération avec les pays riverains de l'Océan Indien sans immixtion intempestive de la part des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.
    - Autre intérêt de l'Europe: se dégager d'une trop forte dépendance à l'endroit du pétrole et de jouer, comme l'avait voulu De Gaulle, sur la pluralité des sources énergétiques. Aujourd'hui, avec leur présence en Arabie Saoudite (de 10.000 à 20.000 soldats américains, sans compter l'aviation et la flotte, et 24.000 soldats britanniques à Oman, ce qui est un motif de "guerre sainte" pour Ben Laden) et en Afghanistan, les puissances maritimes anglo-saxonnes conservent une maîtrise totale sur le pétrole, en excluant ipso facto l'Europe et le Japon de ce jeu. Les concurrents géo-économiques potentiels des Etats-Unis sont affaiblis pour longtemps. Nous devons cette situation à l'impéritie de nos dirigeants politiques.
    - Vu l'avance foudroyante des troupes de l'³Alliance du Nord² (devenue sans doute malgré elle l'instrument d'une "counter-insurgency"), on peut énoncer l'hypothèse d'une prochaine partition ethnique de l'Afghanistan. Les zones ouzbeks et tadjiks reviendraient à l'Ouzbékistan et au Tadjikistan; le massif montagneux central deviendrait le domaine des Hazaras chiites (et encore partiellement bouddhistes; c'est dans leur territoire que se trouvaient les magnifiques Bouddhas de Bamiyan, détruits par les Talibans en février dernier) et les zones pachtounes seraient davantage liées au Pakistan, qui obtiendrait ainsi, en guise de compensation, la profondeur stratégique qu'il souhaitait obtenir pour faire face au réarmement de l'Inde. Kaboul serait administrée par l'ONU. Le précédent du Kosovo, où une province ethnique reçoit le droit de faire sécession, servirait de modèle à la partition de l'Afghanistan. Pour revenir à la doctrine Lea, signalons que les Hazaras et les Pachtounes habitent au sud de la ligne Téhéran-Kaboul. Cqfd.
    - L'objectif d'une Europe idéale et impériale serait de libérer la Route de la Soie de toute immixtion étrangère, a fortiori de toute immixtion venue d'une puissance thalassocratique. Les voies terrestres doivent être libres, comme le veut l'actuel président kirghize Askar Akaïev. Une voie centre-asiatique devrait relier l'Europe occidentale et la Russie, d'une part, à la Chine et à l'Inde, d'autre part. La croisée de ces chemins continentaux se situe notamment dans la fameuse Vallée de la Ferghana, menacée par les extrémistes islamistes, avant l'intervention américaine en Afghanistan.
    La voie que notre Europe idéale entend promouvoir est celle de l'harmonisation grande-continentale, "eurasienne", dans ces fabuleuses régions de rencontres entre les hommes et non une politique de "containment", comme le veulent les doctrines anglo-saxonnes d'Homer Lea à Zbigniew Brzezinski. C'est sous le signe de Marco Polo que l'Europe, si elle était bien gouvernée, devrait agir dans cette partie du monde et non sous le signe de la guerre et de l'égoïsme impérialiste.
    Robert STEUCKERS.http://robertsteuckers.blogspot.fr/
    (21 novembre 2001).