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24/07/2017

Emmanuel Macron, le petit caporal épinglé

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Tous les médias, depuis deux semaines, parlent de malaise dans l’armée sans en désigner les données spécifiques, seul Paris Matcha tenté d’approfondir celles-ci. Voici, pour moi, les cinq maux qui touchent aujourd’hui la Défense.

1) Coupe dans le budget et départ du général Pierre de Villiers. Mercredi 19 juillet, en fin d’après-midi, de très longs applaudissements du personnel de l’état-major saluaient, à Balard, le départ du CEMA. Ce n’est pas simplement ses subordonnés qui lui rendaient hommage, derrière, c’est toute l’armée qui honorait ce général pour son geste courageux. Il est peu fréquent, dans le milieu militaire, qu’un chef mette ses actes en conformité avec ses idées, créant ainsi un vaste élan de reconnaissance.

2) L’inexistence de l’actuel ministre de la Défense. Je suis sûr que vous n’avez pas retenu son nom : Florence Parly est la patronne de la Défense – patronne est un bien grand mot. Cette énarque, successivement secrétaire d’État au Budget puis, en 2016, directrice générale de SNCF Voyageurs n’a rien dans son CV pour rassurer les personnels de la Défense. Pour elle, le domaine militaire, c’est le néant et son silence est là pour le confirmer. Silence doublé d’une absence inqualifiable lors de la passation de pouvoir entre les deux chefs d’état-major des armées à l’hôtel de Brienne. 

3) Le général François Lecointre, homme du Président. Cet ancien de la « Coloniale », qui a commandé le 3e régiment d’infanterie de marine (RIMa) de Vannes, a été présenté par les journalistes comme un héros. Pourtant, il n’a pas laissé une image aussi unanime après son dernier passage à Matignon où il était, depuis 2016, le chef de cabinet militaire de Valls. On le dit proche de Macron et de l’actuel Premier ministre Édouard Philippe. Il l’est moins de différentes personnalités, figures reconnues de l’institution militaire. Loin d’éteindre la grogne, la nomination du général Lecointre exacerbe les tensions. Les trois chefs d’état-major Jean-Pierre Bosser (Terre), Christophe Prazuck (Mer) et André Lanata (Air), pour ne citer qu’eux, pourraient réserver un accueil glacial au nouveau CEMA. « Confiance rompue »« institution militaire choquée, stupéfaite » : l’ancien général de l’armée de terre Vincent Desportes n’a pas mâché ses mots contre l’État sur Europe 1. D’ailleurs, des officiers auraient été approchés et auraient refusé, par loyauté, de prendre la place du général de Villiers. Ce serait peut-être même le cas du général Bosser, para avéré, qui fit une grande partie de sa carrière au 8e RPIMa.

4) Emmanuel Macron n’a rien de militaire. Le chef de l’État a géré cette crise seul, sans écouter ses conseillers. Ses interventions successives contre le général de Villiers et sa nomination de Lecointre dénotent un ego surdimensionné. Notre caméléon de vestiaire a cru qu’il allait amadouer l’armée en s’habillant tantôt en sous-marinier de la « Royale » tantôt en combinaison Top Gun de l’armée de l’air. C’est l’inverse qui se produit, les cadres qui ont pu l’approcher se gaussent de ce Président qui n’a jamais servi dans un corps militaire mais qui aime jouer au petit soldat. Surtout, ils se méfient d’un chef qui, inféodé à Merkel et au 3 % de déficit de l’Union européenne, n’a pas son libre arbitre et aime manipuler ses interlocuteurs en expliquant tout et son contraire.

5) Enfin, sur le terrain, la situation se détériore. Ainsi dans le Sahel, où l’essentiel de nos forces est mobilisé, des pans entiers du territoire malien sont laissés à la coalition terroriste menée par le chef touareg Iyad Ag Ghali. Des raids meurtriers et une embuscade ont été menés ces derniers jours contre l’armée malienne, obligeant les militaires de l’opération Barkhane à gérer une nouvelle fois en urgence une situation d’autant plus difficile que notre matériel est à bout de souffle.

Macron se prend pour le « petit caporal ». Un petit caporal qui ne tardera pas d’être épinglé par les Français…

http://www.bvoltaire.fr/emmanuel-macron-petit-caporal-epi...

La vérité sur le Nazisme et l’extrême droite de nos jours. Une escroquerie dénoncée !!!

Lecture & Voyage • Sur les chemins de chez nous

par Louis-Joseph Delanglade

 

1598006972.jpgPeu importe qui il est. Désireux d’accomplir la promesse qu’il s’était faite sur son lit d’hôpital (« si je m’en sors, je traverse la France à pied»), un jour, il s’est mis en marche. Pas façon Macron, façon chemineau, comme un personnage de Giono. A pied donc, de Tende à La Hague, une belle diagonale du Mercantour au Cotentin, du 24 août au 8 novembre 2015, en empruntant au maximum les chemins les plus improbables, les plus délaissés, les plus retirés de la vraie France profonde. En est résulté un petit livre qui, en contrepoint du récit de cette pérégrination, propose une véritable réflexion sur la France d’aujourd’hui.

Fuyant le « clignotement des villes » et méprisant les « sommations de l’époque » (en anglais, comme il se doit à l’ère de la globalisation : « Enjoy ! Take care ! Be safe ! Be connected ! »), le voyageur met en pratique une stratégie de « l’évitement ». Eviter quoi ? Ce qu’il appelle « le dispositif ». D’abord visible à l’œil nu : c’est la France des agglomérations telle que l’ont voulue les « équarrisseurs du vieil espace français », ZAC et ZUP des années soixante ayant enfanté les interminables zones pavillonnaires et les hideuses zones commerciales. Laideur partout.

Ce réquisitoire implacable contre le saccage du territoire rejoint la dénonciationde la mondialisation, cette « foire mondiale » qui ruine un terroir « cultivé pendant deux mille ans ». Aux « temps immobiles » a succédé un « âge du flux » dont le « catéchisme » (« diversité », « échange », « communication ») est véhiculé par l’arrivée d’internet et la connexion généralisée. Temps immobiles : une nuit passée au monastère de Ganagobie (« Les hommes en noir […] tenaient bon dans le cours du fleuve. En bas, dans la vallée, les modernes trépidaient ») ; ou la vision du Mont-Saint-Michel (« C’était le mont des quatre éléments. A l’eau, à l’air et à la terre s’ajoutait le feu de ceux qui avaient la foi »).

Faisant sienne la vision de Braudel selon laquelle la France procède d’un « extravagant morcellement » humain et paysager, l’auteur dénonce ensuite le « droit d’inventaire » que s’arrogent  « les gouvernants contemporains », notamment « les admirateurs de Robespierre » qui,  favorables à « une extension radicale de la laïcité », veulent « la disparition des crèches de Noël dans les espaces publics » (et pourquoi pas des milliers de calvaires ?) pour les remplacer par … rien du tout, le néant, la mort.

Ce n’est certes pas un livre de propagande, ni un bréviaire idéologique mais bien l’œuvre d’un loup solitaire. Un livre qui peut sembler défaitiste, voire nihiliste (« je me fous de l’avenir »), au mieux nostalgique. Voir dans l’auteur un énième avatar du « bon sauvage » serait pourtant bien réducteur. On l’imagine mieux prêt à « chouanner » (selon le mot de Barbey qu’il rapporte lui-même). C’est sans doute là sa véritable portée : « Sur les Chemins noirs » de Sylvain Tesson est l’œuvre d’un antimoderne de bonne race qui nous aide à retrouver le chemin de chez nous.   

Sur les chemins noirs. Sylvain Tesson, Gallimard, 144 p., 15 €

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2017/07/22...

Les wizigoths - Bruno Dumézil

06:52 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Tolérer la tolérance ?

Extraits d'une analyse intéressante :

"Lors des attentats à Paris de novembre 2015, après qu’on eut découvert que tout avait été pensé et préparé en Belgique, un psy expliquait dans le journal Sud-Ouest que c’est « un pays de très grande tolérance », allant jusqu’à tolérer des groupes islamiques radicaux. La question se pose donc : faut-il encore tolérer la tolérance ? [...]

  1. La tolérance est la vertu qui permet d’accepter un mal
    a. en vue d’un bien ultérieur,
    b. ou pour éviter pire.
  2. On tolère momentanément (même si on ne sait pas combien de temps cela va durer)

  3. Elle est à inventer constamment, puisqu’elle est un équilibre entre le laxisme et l’intolérance.

  4. Elle est un choix = elle n’est pas subie. Autrement dit, elle n’est ni une défaite, ni une démission, ni une résignation.

  5. Elle n’est qu’un minimum requis pour vivre ensemble, elle ne suffit pas à créer des liens durables.

Tolérance dans la société moderne

Voici une définition donnée par le Robert :

Attitude qui consiste à admettre chez autrui une manière de penser ou d’agir différente de celle qu’on adopte soi-même. Voir : Compréhension, indulgence (cf. avoir l’esprit large).

Quelle est la grande nouveauté avec ce qui précède ? C’est qu’il n’y a plus d’appréciation morale de ce qui est toléré. Auparavant, on tolérait un mal. Dans cette nouvelle approche, on tolère une manière de penser ou d’agir différente de la sienne. Il n’y a plus de jugement de valeur sur ce que l’on tolère. Ce que l’on tolère est peut-être bon, mais je le tolère parce que c’est autre que ce que je vis, pense ou crois. J’insiste, car c’est important pour comprendre l’engouement pour la tolérance aujourd’hui. Traditionnellement, on tolère un mal. Aujourd’hui, on utilise le verbe tolérer pour accepter quelque chose qui est simplement considéré comme autre. [...]

À mon avis, la mise au pinacle de la tolérance va de pair avec le relativisme. Ce système de pensée s’est imposé au monde moderne, au point que Benoît XVI évoquait une véritable « dictature du relativisme ». Selon ce courant de pensée : tout se vaut. Il n’y a pas de vérité valable pour tous. Chacun a sa vérité, qui est relative et qui peut changer. S’il existe des vérités, elles diffèrent pour chacun : ce qui est vrai pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Tout dépend des personnes et de leur état, voire de leur humeur. Sous la dictature du relativisme, je peux dire ce que je pense, mais à la condition de ne pas imaginer que cela puisse être vrai pour autrui. Je dois m’interdire de considérer mes idées comme éventuellement valables pour d’autres. Puisqu’il n’y a pas de vérité intangible valable pour tous, il est louable et respectable, dans cette optique, d’être tolérant. C’est ainsi que la tolérance est devenue la vertu essentielle de l’honnête homme du XXIe !

La pétrification des croyants…

Au royaume du relativisme, il est très mal vu d’avoir des certitudes. Quelqu’un qui croit connaître quelque chose de vrai, valable pour tous, est forcément perçu comme intolérant dans notre société : comment pourrait-il entrer en dialogue avec quelqu’un d’autre puisqu’il prétend savoir ? L’image qui vient spontanément à notre esprit (moderne) pour parler de quelqu’un qui a des certitudes, c’est le caillou ! Une personne qui a des certitudes, c’est une personne qui serait pétrifiée, rigidifiée dans ses certitudes. Comment pourrait-elle être tolérante celle qui sait quelque chose de certain ? Quelle présomption, quel orgueil !

Pour la modernité, rien n’est sûr, rien n’est certain. Cela au moins, c’est sûr et certain ! Je le répète : « Ce qui est certain, c’est que rien n’est certain ». C’est une phrase absurde. Or, c’est sur cette absurdité qu’est construite une grande partie de la pensée moderne. [...]"

Michel Janva

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

23/07/2017

Leçon d’histoire politique par Roger Holeindre

E&R Aquitaine a reçu Roger Holeindre le 18 juin 2017 à Escos (Pyrénées-Atlantiques) pour une conférence intitulée : « Du communautarisme à la réconciliation ».

Roger Holeindre, ancien combattant, journaliste, écrivain et ancien député, a notamment présenté son dernier livre : La Réconciliation nationale.

D.RACHLINE 23/07 Après la sécurité MACRON frappe le logement des Français. Une politique violente !

Front national : Philippot veut renommer le parti et « en finir » avec les accusations de racisme

Le funeste Philippot a entrepris dans les faits sa sécession du Front national : quoique celui-ci soit devenu un véhicule politique obsolète incompétent et trop chargé, il est d’une importance électorale symbolique (beaucoup de Français ne voient pas au-delà) et sa subversion constitue un frein au développement nationaliste du pays.

Dans ce contexte, le détournement du parti réalisé par Philippot et ses amis du Bataillon de Thèbes a pour visée principale la transformation du parti sur une ligne souverainiste et chevènementiste de gauche, où les sujets démographiques et sociétaux disparaîtraient.

C’est dans cet esprit que peut se lire la contribution qu’il a faite aux assises organisées par le parti pour décider de ses nouvelles orientations après la défaite.

RT :

À usage privé, mais à vocation publique : c’est ainsi que l’on pourrait définir le courrier qu’a adressé Florian Philippot, vice-président du Front national, à plusieurs de ses collègues de la direction du parti. Dans le cadre du débat qu’a lancé cette dernière après le relatif échec du FN aux élections législatives, le numéro deux du parti souhaite jouer franc-jeu par cette « Contribution de Florian Philippot à la refondation du Front national », dont Le Figaro s’est procuré le contenu.
[…]
S’il revient sur l’épineuse question du débat télévisé opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen et sur la prestation jugée décevante de la candidate, Florian Philippot se garde de faire dépendre une future transformation du FN de ce seul point. « Si ce débat n’a pas été optimal, ainsi que Marine Le Pen a eu elle-même le courage de le reconnaître, faire porter toute la responsabilité des résultats électoraux n’aurait pas de sens », écrit-il, sans doute également animé par le souci d’atténuer les tensions récentes entre Marine Le Pen et lui.

Plus généralement, Florian Philippot juge irrecevables les critiques reprochant au FN des choix stratégiques rebutants pour des électeurs frileux ou hésitants, comme celui de l’abandon de l’euro : « On ne rassemblera pas une majorité de Français en se repliant sur une base programmatique restreinte… on n’ira pas vers l’avenir avec des recettes du passé », plaide l’eurodéputé frontiste. Régulièrement accusé, notamment parmi la frange la plus identitaire du parti incarnée par les proches de Jean-Marie Le Pen, de vouloir tiédir le programme du FN, voire de lui insuffler une dynamique « de gauche », Florian Philippot se pose en défenseur d’un programme plus ambitieux que celui de ses détracteurs, qui promouvraient selon lui une logique de moins-disant.

Face à cette tendance qui met selon lui en avant le plus petit dénominateur commun pour mieux dissimuler les divisions, Florian Philippot souhaite que le FN assume des choix clarifiés. « Sommes-nous vraiment aussi clairs et précis qu’on le croit sur l’immigration ? Pourquoi tant de nos compatriotes sont-ils encore persuadés que ce discours est  »raciste » ? », s’interroge-t-il. Et le vice-président du FN de citer l’exemple du droit à l’IVG et à la contraception pour souligner le flou qui régnerait au sein de son parti : « Ces éléments sont dans notre programme depuis longtemps, essentiellement sous l’impulsion de Marine Le Pen, mais pourquoi hésiter à le dire aussi clairement ? »

Favorable à un changement de nom du parti, estimant que l’appellation Front national « fait peur », Florian Philippot se défend cependant de ne proposer qu’un changement de façade et assure vouloir porter un projet « positif ». Il ne prend néanmoins pas le risque de formuler de nouvelles propositions et préfère vanter les mesures « réfléchies, travaillées et concrètes » dont « regorge » déjà, selon lui, le FN. « A nous de savoir les mettre en perspective », conclut-il, laissant clairement entendre que le problème principal du Front national est avant tout une affaire de communication.

Après donc avoir souligné l’éloignement du parti des principales notions d’un nationalisme élémentaire, l’antiphysique* Philippot réclame que ce qui, dans le mouvement, pouvait encore laisser croire ou penser que le FN serait nationaliste (en l’occurrence son nom, trait majeur d’identification et auquel une forte charge sociale est associée) disparaisse.

On peut trouver que c’est une erreur ou un éclaircissement, sans que ces deux visions s’opposent. Marine Le Pen, depuis 2012, a fait tout son possible pour qu’on parle d’elle et non du « FN », percevant fort bien quelle réputation néfaste entraînait mécaniquement la mention de ce dernier. Bien que le nom de Le Pen lui-même possédât une charge négative similaire, la féminité de Marine Le Pen et sa rupture d’avec son père pouvaient le compenser relativement ; ces questions sont obsolètes après la campagne présidentielle de 2017.

Simultanément, tout en étant un repoussoir instinctif pour beaucoup de Français, ces noms de Le Pen et de Front national sont le point de ralliement d’énormément d’autres, qui cesseraient immédiatement d’accorder au parti leur vote si on leur présentait son programme actuel. Le lien inconscient que fait l’opinion entre « FN » et « Les Arabes dehors » joue donc tant pour ledit FN que contre lui. Si Philippot abandonne le nom du FN, et qu’il supplante Marine Le Pen ou non, il risque fort de perdre une masse énorme d’électeurs à qui le groupement « Les Patriotes » de l’inverti Philippot ne dit rien.

Une tel changement politique offrirait cependant, c’est sûr, un créneau inédit à une véritable extrême-droite, créneau inédit mais bref, car on ne juge jamais qu’à l’aune de la réalité connue, et la gauchisation du Front national gauchise d’autant la frontière de l’extrémisme de la pensée à droite, plaçant ce qui est au-dehors dans le champ du quasi-pénal.

http://www.blancheurope.com/2017/07/19/front-national-phi...

LES DEUX PATRIES : LA FRANCE N'EST PAS LA REPUBLIQUE JACOBINE

La double peine du juge Lambert

1011147673.jpgLa chronique de Philippe Randa

Si l’histoire de l’Humanité est jalonnée de crimes monstrueux, elle l’est également de châtiments implacables. Le juge Jean-Michel Lambert se déconsidéra gravement en instruisant l’« Affaire Grégory » voilà plus de 30 ans, mais ne fut certes pas un criminel : l’incompétence n’est pas reconnue comme telle par le code civil, bien qu’elle soit le moteur de tant de drames…

Après trois années d’erreurs de jugement, d’inculpations hasardeuses et d’incarcérations malencontreuses, sous le poids insupportable des médias, il devint pour tous « Le petit Juge », moins en raison de sa taille que par ses jugements désastreux et fut dessaisi de l’enquête en 1987 au grand soulagement de l’Opinion publique.

Rongé tout à la fois par le remords d’avoir jeté en prison la mère de Grégory – elle le troublait sexuellement comme il le confessa plus tard – et l’écrasante responsabilité d’avoir libéré trop précipitamment le « cousin Laroche », donnant ainsi au père de l’enfant le motif et l’occasion de rendre justice lui-même, il n’eut même pas la dignité de démissionner de la fonction judiciaire (le calamiteux juge Burgaud suivra son indigne exemple après le fiasco du procès d’Outreau).

Jean-Michel Lambert « survivra » donc aux yeux de ses contemporains avec une humiliante tunique de Nessus, celle de « magistrat incompétent, désinvolte et finalement profondément déplaisant », selon les paroles de l’avocat Régis de Castelnau.

À ce jour, c’est bien la seule condamnation effective à l’encontre d’un des « coupables » du drame de la Vologne.

Lire EuroLibertés cliquez ici

http://synthesenationale.hautetfort.com/

18:13 Écrit par pat dans actualité, divers, insécurité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Les royalistes et la protection de l'environnement dans les années 70. Partie 3 : les racines du mal et la réponse institutionnelle.

Quels sont les présupposés idéologiques de ce progressisme qui, aujourd'hui, conjugue les sciences et le règne de l'Argent, de cette maximisation de la possession individuelle plutôt que de la recherche du Bien commun ? Il y a, bien sûr, la fameuse formule de Benjamin Franklin : « Time is money » (1), qui explique, par elle-même, tant de choses, et pas des meilleures, et signale le véritable renversement (2) de la compréhension, ou plutôt de l'appréhension humaine du temps, désormais ramené à la valeur monétaire de ce qu'il peut « rapporter » : une désacralisation du temps conjuguée à une valorisation exclusive de l'Argent, qui devient la véritable aune du monde et du temps, de son « utilité » matérielle. C'est le triomphe de l'utilitarisme, rapporté au « profit » individuel et matériel, dans un sens de plus en plus financier, l'argent devenant le vecteur privilégié des relations sociales et celui de la nouvelle hiérarchisation des classes sociales et des personnes : le « gagneur » est alors privilégié au dépens du « meilleur », Bernard Tapie ou Rockfeller au dépens de saint François d'Assise ou des bénévoles...

La nature est aussi victime de ce nouvel état d'esprit, dont Benjamin Franklin n'est que l'interprète et qu'il puise dans une culture anglo-saxonne et protestante qui fût, au XVIIIe siècle, « l'idéologie dominante » du monde ouest-européen et qui se confond avec les fameuses « Lumières » dont il n'est pas certain que nombre d'écologistes actuels aient bien mesuré les effets logiques sur la gestion de l'environnement et l'état d'esprit des populations consommatrices. 

Le Bulletin d'AF Reims de janvier 1971 dont les lignes suivantes sont extraites revient sur les racines de la situation déplorable faite à la nature par la société de consommation, et, en deux paragraphes, développe l'état d'esprit qui, en ces temps contemporains, explique les attitudes capitalistiques, si néfastes pour l'environnement, attitudes qui rompent avec l'esprit d'un Moyen âge qui, à travers les faits et idées de saint François d'Assise, respecte plus la nature donnée (ou « confiée aux hommes ») par le Créateur (selon la tradition catholique) ,dont ses créatures animales et végétales, que l'esprit né de la Réforme. En effet, sans rentrer dans un débat théologique, ce dernier semble assujettir la nature aux hommes sans contreparties ou simple respect de celle-ci, esprit qui survalorise les humains au détriment d'une humilité pourtant nécessaire à l'équilibre des sociétés et à leurs bons rapports avec la nature environnante... Cela n'empêche pas nombre de protestants, à l'image de Jacques Ellul (3), de faire une critique tout aussi virulente d'une société capitaliste de consommation oublieuse de la juste mesure et du cadre environnemental. Mais, désormais, le capitalisme lui-même s'est largement émancipé de sa matrice « réformée » et ce n'est plus l'homme en lui-même qui est valorisé, mais bien plutôt l'individu consommateur et « quantifiable »...

« D'où viennent ces attitudes ? Comment s'explique cette situation ? 

Pour répondre, il nous faut élargir le débat.

« La nature est faite pour l'homme » : tel est l'esprit de la Réforme et du capitalisme. La richesse matérielle acquise sur terre est le seul moyen pour l'homme de se persuader qu'il possède la Grâce. Pour y parvenir, tous les moyens que nous donne Dieu sont bons. La destruction de la nature est un droit inaliénable ; l'extermination des Indiens et des bisons s'est faire Bible en poche. On peut fort bien inonder le monde de gaz toxiques si l'argent que procure cette noble activité de libre entreprise permet l'achat d'une installation privée d'air conditionnée. 

Et la lutte elle-même, entreprise actuellement contre les nuisances, s'effectue dans le même esprit ; il s'agit de vaincre une bonne fois ce genre de déséconomies externes pour gagner encore plus d'argent ensuite. Plus qu'une lutte du système pour sa survie, c'est un moyen pour lui d'augmenter sa puissance, d'exploiter toujours davantage (4).

A l'Action Française, nous considérons [ndlr : au contraire des lignes précédentes, représentatives du nouvel esprit capitaliste] que le milieu naturel n'est pas à notre disposition, n'est pas un citron à presser. C'est un élément de notre héritage, un élément essentiel de notre patrimoine. Nous savons qu'il est vain et dangereux de vouloir lutter contre les lois de la nature mais qu'il faut, au contraire, s'y plier pour pouvoir réellement progresser, non de la manière factice propre aux libéraux. L'environnement est une des composantes de la politique naturelle. Il nous faut le défendre par tous les moyens, et prévenir sa récupération par le système. L’État républicain, esclave des groupes de pression, incapable de mener une politique cohérente à long terme, ne pourra agir que quand cela sera trop tard. L'héritage en sera amputé d'autant. Pour éviter cela, à nous de ramener l'héritier. »

L'affiche d'une candidate royaliste aux législatives de 2012. 

Le combat royaliste est ainsi le corollaire indispensable du combat écologiste : en cela, la Monarchie est le moyen institutionnel de l'écologie intégrale en France ; elle est, en somme, « l'écologisme intégral ». La République, elle et malgré les louables efforts d'un Nicolas Hulot aujourd'hui à la tête d'un ministère d’État, reste trop sensible aux pressions des grands groupes financiers et industriels pour pouvoir, en définitive, assumer et assurer, sur le long terme, ce « souci environnemental » qui est, malgré les idéologies « progressistes » et consuméristes, le fondement de toute « mesure » (au sens grec du terme, comme la traduction de pan metron :  « de la mesure en tout ; jamais trop, toujours assez ») nécessaire à la vie et à l'équilibre des sociétés humaines, à la justice sociale elle-même.

Que l'on ne s'étonne donc pas que le lys puisse être le meilleur symbole, aujourd'hui, de ce combat écologique qui s'avère désormais une cause politique d'urgence, non de la précipitation et de l'éphémère mais de l'enracinement et du temps long... 

Notes : (1) : « Le temps c'est de l'argent », formule qui donne son sens même au capitalisme désinhibé qui rompt avec ce vieux « capitalisme » (le terme est-il exact, d'ailleurs ? La question mériterait d'être posée) encore familial et traditionnel qui se reconnaissait quelques limites et pouvait accepter un certain partage des fruits de l'économie, tout en valorisant le travail des producteurs et pas seulement « la » seule production, sans limites, ni sociales ni environnementales...

(2) : un renversement dont les conséquences se verront dès le XVIIIe, siècle dit « des Lumières », et encore plus dans les siècles suivants avec les révolutions industrielles et économiques d'une part, et « l'imposition douce » de la société de consommation d'autre part.

(3) : Jacques Ellul (1912-1994), historien et sociologue, contempteur de la société technicienne et l'un des précurseurs du courant de la décroissance.

(4) : N'est-ce pas là la définition même du « capitalisme vert », aujourd'hui qualifié de « développement durable » ? Car il s'agit de « faire des affaires » en réparant les dommages du « développement » et d'une société de consommation que celui-ci, pourtant, tend à atteindre « pour tous » et à donner « à tous », non selon leurs besoins véritables mais selon leurs désirs suscités par cette même société séductrice de consommation, si tentatrice par le biais de la publicité et du crédit, autre nom sympathique de l'endettement...

http://nouvelle-chouannerie.com/

Refondation du Front national : avant toute chose…

Le débat sur la refondation du Front national est ouvert. Marine Le Pen l’a voulu le plus large possible, sans tabous. Avant même de parler d’un éventuel changement de nom, de stratégie électorale et même de programme, la question essentielle – celle qui doit être au cœur de la refondation – est celle-ci : quelle vision commune avons-nous de la France, de notre civilisation européenne et de la place de l’homme dans une société où la mondialisation est un fait qui s’impose ? Vient ensuite seulement la question qui découle de la première : quel projet voulons-nous proposer à nos concitoyens ? Nous perdre d’emblée dans des méandres programmatiques serait une erreur fatale.

Marine Le Pen avait raison lorsqu’elle déclarait, lors de la campagne présidentielle, que nous étions face à un enjeu de civilisation. La France, l’Europe sont effectivement confrontées à une double menace. D’une part, le projet mondialiste, dont l’agent général pour la France s’appelle aujourd’hui Emmanuel Macron. Un projet qui veut nous faire entrer dans un « nouveau monde » : un monde constitué de consommateurs-producteurs interchangeables. Exit, donc, les identités nationales, familiales, sexuelles ! D’autre part, le projet d’un islam politique qui veut imposer la charia partout où ses fidèles pèsent démographiquement, notamment en Europe, aidé en cela par une immigration débridée.

L’échec électoral du Front national réside sans doute partiellement dans l’incapacité à avoir fait la démonstration que cette élection revêtait effectivement une dimension civilisationnelle. D’ailleurs, il ne faudra sans doute pas un quinquennat Macron pour nous en rendre compte… Si notre mouvement n’est pas aux avant-postes de ce combat de civilisation, qui le sera ?

Peut-être avons-nous fait trop d’« horizontalité » durant la campagne présidentielle – notamment à travers des propositions programmatiques qui faisaient des offres électorales « à la découpe » – et en perdant de vue une nécessaire verticalité. Souvenons-nous que l’absence de programme chez Macron, au début de la campagne, avait été beaucoup critiquée. Souvenons-nous aussi de sa réponse, qui avait été moquée, sans doute à tort : « C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne électorale, alors que la politique, c’est mystique, c’est un style, une magie. » Les vainqueurs ont toujours raison…

Dans ce débat pour la refondation, nous ne pouvons donc éviter les questions essentielles pour aborder d’emblée, « tête baissée », les questions programmatiques qui nous réduiraient à faire du « marketing électoral », avec comme unique indicateur les instituts de sondage.

Ce serait aussi une erreur d’opposer ou de hiérarchiser artificiellement la question de l’identité et celle de la souveraineté. La souveraineté ne se réduit pas à être la condition de survie de notre identité. Souveraineté et identité sont intrinsèquement indissociables, j’oserai dire consubstantielles. L’identité de la France s’est construite sur cette conquête de souveraineté, principe que notre République a hérité des Capétiens.

Et réduire notre combat pour la reconquête de notre souveraineté à des principes étriqués, arides, désincarnés, sans prendre en compte la profondeur historique de notre nation millénaire, de son identité marquée par la civilisation gréco-romaine et le christianisme, nous condamnerait à rester inaudibles chez des millions de Français qui, aujourd’hui, sont en quête de sens, de valeurs, de profondeur. Bref, de verticalité.

Concernant notre discours sur l’Europe, trop souvent caricaturé, il devra sans doute être revu, d’autant que nos compatriotes sont foncièrement attachés à l’Europe. Aussi, la question de l’Union européenne doit être envisagée sous le prisme de la subsidiarité, notion qui prévalait, il y a encore trente ans, avant que la techno-structure bruxelloise ne prenne le pouvoir.

Traçons une vision claire de notre pays pour nos compatriotes. Pour cela, lisons, étudions notre histoire et pas seulement les sondages d’opinion ! « Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut », écrivait Mistral…

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POURQUOI ET COMMENT PASSER DE LA GAUCHE À LA DROITE ?

Démission de Pierre de Villiers : l’honneur d’un général, par Caroline Parmentier

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Général-Pierre-de-villiers-234x350.jpgIl s’en va. Avec dignité et dans l’honneur. Après un bras de fer courageux contre le président Macron. « Je ne pourrai plus regarder mes gars dans les yeux si on réduit encore nos moyens », avait-il déclaré.

Le général Pierre de Villiers (frère de Philippe) a remis sa démission en signe de protestation contre la coupe budgétaire annoncée de 850 millions d’euros pour l’armée en 2017. Signe éloquent : sur le compte twitter officiel de l’état-major des armées, une vidéo émouvante montre la haie d’honneur de centaines de militaires de tous grades et les longs applaudissements de ses hommes le jour du départ du général de Villiers. Même les flics qui assurent la sécurité des lieux l’applaudissent à tout rompre. La révolte gronderait-elle ? C’est le premier gros couac en tout cas de la présidence Macron. Une première. Jamais un chef d’état-major des armées n’avait démissionné sous la Ve République.

Emmanuel Macron, qui aime à montrer qu’il se rend dans les hôpitaux militaires, roule des mécaniques sur les théâtres d’opération et passe la main dans le dos des troufions, assène le coup de grâce à une armée française sur la paille et dont les casernements n’ont parfois rien à envier aux camps de migrants. « Un militaire de haut rang, ça parle peu, mais quand ça parle, mieux vaut l’écouter » résume avec sa verve à la Audiard, Jacques Guillemain, sur Riposte Laïque. C’est exactement ça.

Emmanuel Macron a réagi en jeune coq se dressant sur ses ergots au grave avertissement que lui adressait le chef d’état-major des armées, général cinq étoiles. Une décision qui n’a pas dû enchanter Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères de Macron, qui avait soutenu le général de Villiers alors qu’il était ministre de la Défense en 2014 dans sa guérilla contre Michel Sapin sur le même sujet déjà. Allez, un peu de courage Le Drian, démissionne aussi ! Et avec, tout le quarteron de généraux félons (ah ! si seulement) qui pensent que Villiers a totalement raison mais qui ne sortent jamais des rangs.

Après les attentats islamistes de 2015, plus que jamais, le général de Villiers a martelé qu’il était suicidaire de baisser la garde : « On ne gagne pas une guerre sans effort de guerre. » Alors qu’elle a 30 000 militaires déployés combattant le djihadisme, au Sahel, au Levant mais aussi sur le territoire national avec le dispositif « Sentinelle » de 10 000 hommes mis en place en quelques jours en janvier 2015, l’armée française est à l’os. Emmanuel Macron n’a toujours pas pris la mesure de l’importance de son rôle face à la menace islamiste.

Une pensée pour le successeur du général de Villiers, le général Lecointre : la place n’est pas un cadeau. A peine nommé, cet ancien chef du cabinet militaire de Valls, Cazeneuve et Edouard Philippe passe pour une serpillière. Avec lui, peu de risque de coup d’éclat.

Caroline Parmentier

Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 21 juillet 2017
(titre original : « L’honneur d’un général »)

Les royalistes et la protection de l'environnement dans les années 70. Partie 2 : La bureautechnocratie et les multinationales contre la nature et la santé.

Le souci environnemental s'intègre dans la réflexion plus large sur les conditions de la vie en société et celles de la pérennisation de la Cité nécessaire aux citoyens et à leurs libertés civiques, et, tout bonnement, au bon ordonnancement de la vie en société elle-même : c'est une constante de la politique des royalistes (avec sans doute quelques exceptions pour ces derniers) de s'inquiéter de « ce qui doit durer », en particulier en l'absence angoissante d'une dynastie qui inscrive le temps du moment dans un temps plus long, en amont comme avec la promesse de l'aval. En somme, les royalistes assument une forme de régence idéologique, « en attendant l'héritier », et elle se marque par la volonté de « préserver l'héritage » dont l'environnement, dans tous ses aspects et éléments, est une énorme part et, plus encore, le cadre de vie et de mouvement des sociétés françaises et humaines. 

En 1971, l'on ne parle pas encore de « Trente glorieuses », ni de « Trente ravageuses », mais les royalistes rémois, eux, marquent leur défiance à l'égard, d'une part, d'une société qui oublie les limites de la biosphère et, d'autre part, d'un État qui, pris dans le grand mouvement de la société de consommation confondu, à tort, avec une juste prospérité (le gaspillage est une forme de la démesure, de l'hubris, de la consommation), ne sait comment réagir aux excès d'un système de plus en plus hégémonique. C'est ce que le Bulletin d'AF Reims de janvier 1971 souligne, dans une perspective éminemment politique et royaliste : 

« Mais la mise en chantier d'une politique efficace de lutte contre les nuisances nécessite l'utilisation d'importants moyens de financement. Où les trouver ? Les entrepreneurs incriminés ne veulent supporter à eux seuls l'investissement immédiatement improductif que constitue par exemple la construction d'une unité de filtrage. Ils évoquent, souvent avec raison, le handicap qui en résulterait face à la concurrence étrangère (1). C'est à l’État seul, disent-ils, de se charger d'un tel financement. Là, comme ailleurs, le problème est donc politique d'abord.

Or, force est de constater que pendant très longtemps aucune force politique n'a fait mention dans son programme, de la défense du milieu naturel. Sauf, de par son origine, l'Action Française, comme nous le verrons plus loin. 

Pour les bureautechnocrates (2), la lutte pour la préservation de l'environnement n'est que l'une des difficultés liées au passage à la civilisation de post-consommation (3). Le progrès des sciences et des techniques amènera inéluctablement des mutations irréversibles jusque dans l'homme lui-même (4). La transformation sera douloureuse et il faudra bien y perdre tout ce à quoi nous étions attachés dans le cadre de la société de « pénurie ». C'est ainsi que certains envisagent froidement la suppression totale de toute agriculture (5), la chimie pouvant subvenir à nos besoins alimentaires, la suppression des campagnes puisque la population du monde sera telle que la ville s'étendra partout (6); si d'aucuns s'avéraient trop souffrir du complexe de « Cérès » (7), il serait possible de leur allouer une vache qu'ils pourraient élever à loisir.

Si tous ne vont pas jusque là, très nombreux sont ceux qui, éloignés depuis longtemps du monde naturel, s'accommodent fort bien de sa déprédation. La finance vagabonde y a encore gros à gagner (8). Un exemple parmi tant d'autres : un important trust pharmaceutique international fait actuellement pression sur les autorités européennes (9), lesquelles ne font pas la sourde oreille, pour que, dans le cadre de la nouvelle législation viti-vinicole, l'addition d'enzymes soit autorisée dans les vins : chose qui représente un marché colossal. »

Hélas, mille fois hélas : ce texte royaliste de 1971 n'est pas démenti, bien au contraire, par les 46 années qui nous séparent du temps de sa rédaction...

 

(à suivre)

Notes : (1) : Un argument toujours valable, d'ailleurs, même s'il sert parfois aussi d'alibi à quelques sociétés multinationales pour délocaliser dans des pays peu regardants sur la question environnementale (et sociale), sociétés toujours à la recherche du plus grand profit, en particulier sous la pression d'actionnaires peu soucieux de Bien commun et d'écologie. 

(2) : La bureautechnocratie est l'un des éléments majeurs et dominants de la société des années 1960-70, synthèse de la technocratie modernisatrice « à tout prix » et souvent progressiste par principe, par idéologie même, plus encore que par raison, et de l'administration (volontairement ?) kafkaïenne de la République, centralisatrice et liberticide par essence, si l'on en croit la critique maurrassienne. Sous la Cinquième, plus encore que les partis, elle constitue l'armature, la superstructure même du système de domination et de contrôle de la société. C'est le penseur royaliste Pierre Debray qui en forge, dans les milieux monarchistes français, la compréhension la mieux assurée et la critique la plus convaincante.

(3) : La formule de « civilisation de post-consommation » est-elle la plus appropriée ? Car, en définitive, nous vivons en une civilisation toujours fondée sur la « société de consommation » dans laquelle il faut « consommer pour produire » et qui, ainsi, entraîne le gaspillage et la surenchère technologique autant que consumériste, aujourd'hui plus encore qu'hier. L'auteur a sans doute voulu signifier que le temps d'établissement de la société de consommation était désormais en passe d'être révolu dans notre pays, en cette année 1971, et que l'on entrait dans un monde qui, ayant intégré la logique de ce système, ne se posait plus la question de savoir s'il était légitime ou non... Ce processus de passage est fini, au moins depuis les années 1970 en France, ce qui n'empêche pas les contestations, évidemment (et heureusement). Là encore, ce texte vieux de 46 ans a vu juste...

(4) : le transhumanisme et les rêves d'une « humanité augmentée » (surtout pour ceux qui auront les moyens financiers de cette « augmentation »...), aujourd'hui portés par de grandes multinationales des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) : quand la réalité dépasse (ou cherche à le faire) la (science)fiction...

(5) : Les projets de quelques experts de la Commission européenne ne sont-ils pas de diminuer toujours plus la population agricole en Europe et ne voit-on pas, en Allemagne ou en Chine, la mise en place d'une agriculture constituée de « méga-fermes » qui sont plus de l'ordre de l'usine à produire de la viande ou des légumes que de la culture et récolte de produits nourriciers ? Et certaines bonnes âmes de Bruxelles y voient « l'avenir de l'agriculture européenne », au nom de « l'adaptation » à la mondialisation...

(6) : L'urbanisation galopante dans les pays émergents et la rurbanisation non moins effrayante dans nos pays, qui entraîne la bétonnisation de 82.000 hectares de terres agricoles chaque année en France, soit environ 26 mètres carrés chaque seconde. 

(7) : Cérès est, en Grèce ancienne, la déesse de l'agriculture et des moissons, qui apprit aux hommes, selon la tradition mythologique, à cultiver la terre et à faire du pain à partir du blé moissonné. Le « complexe de Cérès », c'est le besoin ressenti par les hommes de travailler la terre et de faire fructifier la nature par eux-mêmes.

(8) : Les multinationales monopolisent de plus en plus toute production agricole, de l'amont à l'aval, des semences à la grande distribution ou à la restauration rapide. Le système agro-alimentaire est aussi nommé « agrobusiness », terme anglo-saxon qui est sans doute moins hypocrite que sa traduction française : ce « business », c'est aussi le triomphe de l'Argent dans le domaine agricole, et il s'agit bien, dans ce système, de « faire de l'argent » plus encore que de nourrir les hommes en toute mesure et équilibre (l'obésité désormais endémique dans notre société de consommation le prouve à l'envi).

(9) : les groupes de pression du secteur pharmaceutique et du secteur de la chimie freinent encore les efforts des associations de sauvegarde de la santé et des États responsables (ils ne le sont ni tous ni toujours, malheureusement) pour empêcher les diverses pollutions et malversations sanitaires : il suffit de considérer l'impossibilité concrète du Parlement européen de tenir une ligne indépendante des grands groupes agro-industriels et, plus grave encore, de constater ses votes qui, conjugués avec les « conseils » de la Commission européenne, sont en train de vider de tout sens l'agriculture biologique, de moins en moins « biologique » et naturelle, pour le plus grand bonheur des « marchands de soupe » qui « récupèrent » ce secteur pour le transformer en toute autre chose que ce qu'il devrait être...

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Et maintenant, ils squattent les piscines…

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Les millions de litres d’eau déversés dans les rues de nos quartiers ne leur ont donc pas suffi.

Après avoir ouvert les précieuses bornes à incendie, les jeunes – enfin, les « djeunes » -, les désœuvrés de nos villes mais aussi de nos villages, ceux à qui la France et leurs parents n’ont pas su apporter le minimum d’éducation, s’en sont pris aux piscines.

Les piscines municipales, d’abord, dans lesquelles ils trouvent un malin plaisir à se soulager, polluant l’eau déjà passablement impropre et où sévit parfois, avec la complicité des maires, quelques modes musulmanes fort peu hygiéniques. Un exemple parmi des dizaines d’autres : la piscine de Sanvignes, en Saône-et-Loire. Squattée par des dizaines d’ados et jeunes adultes mâles déjà bien bronzés et qui plongent, replongent en hurlant au point que les riverains ont porté plainte sans résultat. Le Journal de Saône-et-Loire a recueilli ce témoignage d’un voisin : « On appelle le commissariat, mais ils disent qu’ils ne peuvent rien faire, qu’ils ne sont pas assez nombreux. C’est tout juste si on ne les dérange pas à les appeler… La piscine de Sanvignes devient une zone de non-droit. »

Il y a pire ! C’est l’invasion des piscines privées, de villas ou de résidences. BFM TV, dont on sait combien les journalistes sont politiquement corrects, a toutefois réalisé un court reportage sur le viol de ces piscines à Toulouse. Là aussi, les policiers sont sollicités. Ils reçoivent une centaine d’appels par semaine, et plus, même, lorsque le thermomètre grimpe.

Comme le chantait le regretté Éric Charden dans un autre siècle, l’été s’ra chaud. Et pas seulement dans les T-shirts et les maillots…

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Les royalistes et la protection de l'environnement dans les années 70. Partie 1 : La dénonciation de la technosphère sans limites.

Alors qu'une récente étude de trois chercheurs états-uniens et mexicain évoquent l'accélération de la sixième extinction de masse des espèces animales sur la Terre, étude sur laquelle il nous faudra revenir et qui appelle des réactions appropriées qui, pour l'heure, ne viennent pas ou restent trop timides, y compris en France malgré la bonne volonté de nombre d'associations et de particuliers, et malgré les tentatives de M. Hulot, il n'est pas inutile de rappeler qu'il n'y a sans doute pas d'écologie constructive ni efficace sans la prise en compte par le politique de cet enjeu vital qu'est la préservation de la nature et de ses différents éléments : c'est ce que, très tôt et malgré la priorité donnée alors à d'autres problématiques, quelques royalistes ont compris et développé à travers des articles et des réflexions dont il n'est pas inutile, en définitive, de rappeler les termes, non seulement pour alimenter les archives du royalisme mais surtout pour en tirer quelques leçons et en montrer toute l'actualité, parfois de toute éternité...

Ainsi, au début 1971, le Bulletin d'AF Reims, supplément local de la revue royaliste étudiante AFU(AF-Université, anciennement Amitiés Françaises Universitaires, fondée en 1955 et disparue en 1973), publiait en première page un grand article titré «L'environnement », article qui résume la pensée écolo-royaliste avant même que le mot d'écologie ne connaisse le succès qu'on lui reconnaîtra ensuite et que Jean-Charles Masson ne théorise, dans les colonnes du mensuel Je Suis Français, publié par l'Union Royaliste Provençale dans les années 1970-1980, la notion de « l'écologisme intégral ». Cet article mérite d'être reproduit intégralement, avec quelques commentaires (en notes), et en rappelant bien qu'il n'est pas écrit aujourd'hui, mais il y a 46 ans... 

« Environnement est, ô combien, le terme à la mode ; traduction directe de l'américain, il rassemble en un seul vocable tout ce qui a trait au milieu naturel en relation avec la société humaine. La préservation de ce milieu naturel est indispensable à la survie de l'homme. Le combat pour la défense de l'environnement est le nôtre ; il s'intègre parfaitement dans notre contestation globale du système démo-libéral.

Pendant longtemps, les déchets industriels de toute sorte ont été déversés dans l'atmosphère, dans les cours d'eau, les océans, considérés comme des gouffres sans fond. Aujourd'hui, en bien des points du globe, ces poubelles sont pleines et commencent à déborder. Ainsi les grands lacs américains sont biologiquement morts. L'émotion provoquée par le désastre du Torrey Canyon (1) n'a pas empêché la plupart des pétroliers à vidanger leur soute en pleine mer (2). Des milliers d'espèces animales et végétales ont disparues au cours de ces dernières années (3). Les insecticides utilisés par milliers de tonnes se révèlent être de puissants poisons (4). Les emballages en plastique qui font fureur aujourd'hui ne sont pas réintégrables dans le cycle naturel et continueront à flotter sur les océans pendant des millénaires (5). Tout ceci n'est guère réjouissant et conduit en général le lecteur non informé aux limites de l'angoisse. Essayons d'analyser le problème d'une façon scientifique. On distingue à la surface de la terre deux mondes différents : tout d'abord la biosphère antérieure à l'homme qui est capable de se suffire à elle-même et d'absorber ses propres déchets ; d'autre part, la technosphère bâtie par l'homme qui vit en parasite de la biosphère dont elle se sert à la fois comme source de nourriture et comme dépotoir. Or le délai nécessaire à la transformation des équilibres naturels s'exprime en unité géologique ; la biosphère mourra empoisonnée bien avant de pouvoir « digérer » la technosphère. Pour éviter cette issue fatale, il est nécessaire de favoriser sans retard l'action des mécanismes régulateurs existants et d'arrêter la pollution. Plus précisément, les sources d'énergie propres (nucléaire (6), hydraulique, solaire etc. (7)) doivent être totalement substituées à celles qui conduisent à augmenter le pourcentage de gaz carbonique dans l'atmosphère (8) ; les forêts doivent être reconstituées dans l'état du début de notre ère ; toutes les productions humaines (plastiques, etc.) doivent être biodégradables, c'est à dire pouvoir réintégrer le cycle naturel de transformations. »

Non, vous ne rêvez pas : c'est bien en 1971 que ces lignes ont été écrites et publiées dans la presse royaliste ! Considérez, en les relisant lentement, le temps que la République a fait perdre à la nécessaire préservation de l'environnement, de notre environnement français en particulier... Et que l'on ne nous dise pas, une fois de plus, que l'on ne savait pas ou que rien n'avait été vu, ni proposé comme remèdes : la simple reproduction de cet article royaliste prouve à l'envi que le souci environnemental, souci éminemment politique, était bien présent, en particulier dans les milieux royalistes « traditionalistes »...

(à suivre)

 

Notes : (1) : Le naufrage du Torrey Canyon est l'une des premières grandes marées noires qui touchent la France, par la Bretagne, avant celles provoquées par les naufrages de l'Amoco Cadiz (1978), de l'Erika (1999) et du Prestige (2002), entre autres. 

(2) : Les fameux dégazages qui, chaque année, selon une étude du WWF publiée en 2000, représentent pour la seule Méditerranée, plus de 1,5 million de tonnes de produits pétroliers, soit l'équivalent de 75 « Erika »...

 

(3) : Un mouvement qui s'accélère sur la planète ces dernières années : une espèce disparaît toutes les vingt minutes, soit plus de 26.200 espèces par an, si l'on en croit les études sur le sujet... L'article, lui, a été écrit en 1971 : le calcul sur la période 1971-2017, évidemment à contextualiser et parfois à relativiser, est tout de même terrifiant ! 

(4) : Hélas, ce problème des insecticides et des pesticides reste encore d'une sinistre actualité, et n'a toujours pas trouvé sa résolution, malgré les efforts gouvernementaux des dernières années, entravés par l'action des groupes de pression qui interviennent et réussissent mieux encore à Bruxelles qu'à Paris...

(5) : Ces plastiques, à l'époque non recyclables et pas du tout biodégradables, envahissent la société depuis les années 60-70 : aujourd'hui, les déchets plastiques ont formé, dans le Pacifique nord, le « septième continent » (mais aussi un huitième dans le nord de l'Océan Atlantique), et constituent 90 % des déchets flottants sur les mers du globe. 

(6) : Là, il y a, de la part du rédacteur, une erreur partielle de perspective sur l'énergie nucléaire : si, effectivement, elle ne rejette pas dans l'atmosphère une pollution de gaz à effets de serre, visible et immédiatement nuisible, elle reste la source d'une autre pollution particulièrement embarrassante et, sans doute, fort dangereuse pour un (très) long temps... D'autre part, la gestion des déchets radioactifs, fort coûteuse, n'est pas véritablement assurée et sécurisée !

(7) : Des sources d'énergie auxquelles on peut rajouter les énergies éolienne, géothermiques et marines, ces dernières étant extrêmement diverses et très prometteuses si l'on prend les moyens d'investir dans la recherche et l'innovation en ce domaine, ce qui est loin d'être suffisamment le cas aujourd'hui.

(8) : En somme, ce que demandent les royalistes de Reims de cette année 1971 rejoint ce que propose, en matière de transport automobile, M. Nicolas Hulot pour 2040 !

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Mythologie Egyptienne - Mythes et Légendes #2

MALGRÉ LES “FAKE NEWS”, LA MISSION DEFEND EUROPE CONTINUE !

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Fake news ! Telle est la dernière arme utilisée contre Defend Europe par diverses ONG ou groupuscules spécialisés dans l’aide à l’immigration clandestine. Ainsi, depuis 48 heures, a-t-on pu lire dans la presse anglo-saxonne que le navire de la mission Defend Europe aurait été “retenu” par les autorités égyptiennes. Il n’en est absolument rien. Après un contrôle par la douane de ce pays, le navire a pu reprendre sa route. En revanche, il est exact que ce contrôle faisait suite à une dénonciation aussi mensongère que délirante commise par l’organisation anglaise Hope Not Hate.

De toute évidence, le développement de la mission Defend Europe plonge dans l’affolement tout le petit monde des ONG de gauche et des partisans de l’ouverture sans restrictions des frontières. Mais qu’ils le sachent, ni leurs “fake news”, ni leurs accusations délirantes, ne freineront notre action. En revanche, nous nous réservons le droit de porter plainte contre toute personne relayant de fausses informations de nature à nuire à notre image.

Cette pression massive afin de contrer notre projet soulève une question importante : que cachent ces personnes ? Pourquoi voudraient-ils empêcher qu’un bateau qui n’est pas d’une ONG de gauche patrouille dans la zone de secours ?

https://www.generation-identitaire.com/malgre-les-fake-ne...

21 au 27 août : Academia Christiana

Charlotte d'Ornellas est intervenue l'année dernière à l'Université d'été Academia Christiana. Elle revient sur son expérience et sur l'importance de la formation des catholiques en politique :

La prochaine aura lieu du 21 au 27 août à Sées (61 - Normandie) à partir de 16 ans.

Michel Janva

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22/07/2017

Le terrorisme, comme c'est banal !

Quatre attentats islamistes en un mois pour la France uniquement. La guerre de basse intensité que livre le satanisme à notre pays entre presque dans une sordide routine face à un gouvernement toujours à côté de la plaque.

Le 20 avril, Karim Cheurfi abat un policier sur les Champs-Elysées. L'attentat est revendiqué par le groupe État islamique (El). «Je ne vais pas inventer un programme de lutte contre le terrorisme dans la nuit », réagit Emmanuel Macron.

Le 7 juin, Farid Ikken, un étudiant algérien de 40 ans se revendiquant « soldat du califat », attaque un policier à coups de marteau sur le parvis de Notre-Dame. Tout confirme « un acte isolé » (refrain sans cesse répété, sans cesse démenti par les faits) pour le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. Le même, deux jours plus tôt, déclarait à propos de l'attentat de Londres « Cessons de parler d'État islamique, ils trahissent la religion qu'ils prétendent servir, ce sont juste des assassins ».

Le 18 juin, un agriculteur est poignardé au volant de sa moissonneuse-batteuse par un islamiste radical au cri de « Allah Akbar ». Le silence des autorités est total.

Le 19 juin, Adam Lotfi Djaziri percute un véhicule de gendarmes mobiles sur les Champs-Elysées. L'homme, issu d'une famille salafiste, fiché S... et titulaire d'un permis de détention d'armes, avait fait allégeance à Daech. Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur en profite pour faire la promotion de sa prochaine loi antiterroriste, passage des mesures d'état d'urgence dans le droit commun. « Garantir la sécurité des Français, c'est aujourd'hui prendre des risques », banalise de son côté Edouard Philippe, Premier ministre. Le silence de Macron à ce sujet est en revanche assourdissant.

Cette toute récente litanie d'attentats frappe par ses points communs ils visent essentiellement les forces de l'ordre, leur mode opératoire est celui prôné par l'État islamique, leurs auteurs, Français ou installés en France depuis un certain temps, sont tous fichés S pour radicalisme musulman.

Et surtout, le nouveau pouvoir ne semble pas du tout avoir pris la mesure du problème, répétant consciencieusement les erreurs des précédents. Le renouveau promis par Macron ne touche pas cette question. Il faut dire que le traitement du terrorisme islamique ne rentre guère dans le logiciel libéral-libertaire de notre président, pour qui la France a « une part de responsabilité » dans le « terreau » du djihadisme, par « les fermetures dans notre économie, dans notre société » et surtout « la défiance », qui empêchent les jeunes de s'épanouir et les pousserait dans les bras des barbus.

Pas facile non plus pour Macron, qui prétend faire la guerre au « terrorisme », de désigner l'ennemi. Après l'attentat de Manchester, il évoquera cinq fois le « terrorisme », pas une seule fois assorti d'un « islamiste ». Est-ce étonnant de la part d'un président qui a reçu sans broncher le soutien de l'UOIF, proche des Frères musulmans, lui qui promettait de « dissoudre les associations qui [...] font le jeu des djihadistes » ? Est-ce étonnant alors qu'il disait d'un de ses référents En Marche, le sulfureux islamiste Mohamed Saou, « il a fait un ou deux trucs un peu plus radicaux […], mais à côté de ça, c'est un type très bien » ?

Posture et imposture

Ne jamais mentionner que le terrorisme est islamique lui permet en tout cas d'être, dix ans après Sarkozy, invité au dîner de rupture du jeûne organisé par le Conseil français du culte musulman, qui avait également appelé à voter pour lui. Il y fustigera les terroristes qui opèrent une « perversion de l'image de l'islam », avant d'appeler le CFCM à contribuer à lutter « contre le fanatisme » et le « terrorisme de Daech et l'idéologie totalitaire qui le supporte ». Encore une fois, habile périphrase pour ne pas dire les mots qui fâchent.

Hormis sa fameuse « task force » rattachée à l'Elysée, qui risque simplement de rajouter une feuille au mille-feuille des multiples structures de coordination entre services, Macron est sur le terrorisme, comme sur le reste, dans la posture... et la centralisation du pouvoir entre ses mains. Conseils de Défense réguliers, réunions en tête-à-tête hebdomadaires avec les ministres de l'Intérieur et de la Défense et donc son fameux Centre national de contre-terrorisme (CNCT), le message est clair sur ce sujet, c'est l’Élysée qui décide de traiter les conséquences sans jamais s'attaquer aux causes.

Richard Dalleau momde&vie 29 juin 2017

Un élu FN rejoint le Parti de la France de Carl Lang

Alors que le FN est en séminaire de refondation afin d'examiner sa ligne politique, stratégie et sa communication, le PDF annonce que Rudy Fabre, 30 ans, conseiller municipal FN de Fleury d’Aude rejoint le Parti de la France. Rudy Fabre a évoqué ses désaccords concernant les orientations politiques de Marine Le Pen.

Michel Janva

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Visages de la pauvreté rurale : « Ils essaient de survivre par leurs propres moyens »

A Maupas et à Vic-Fezensac, les bénévoles de la Croix-Rouge sillonnent la campagne du Gers à bord d’un bus pour ceux qui n’ont rien et demandent peu. Ils croisent les visages de la pauvreté rurale, accompagnés de handicaps, de tutelles, ou de maladies mal soignées.
« Ils ne se rendent pas compte… Je ne suis pas raciste, mais faut qu’ils nous aident plus, les Français… » 
Les fenêtres, le pull et la dentition de Paul Dupouy laissent passer les courants d’air. L’aide-ménagère qu’entendait envoyer la mairie de Maupas (Gers), elle, n’a jamais passé son seuil. Ce n’est pas à 93 ans qu’il laissera quiconque mettre le nez dans ses affaires !
Il faut dire qu’il y en a, des petites bricoles récupérées, recyclées, empoussiérées, dans la salle à manger de son ancienne ferme au confort moderne années 1950. L’intérieur de la cheminée fait office de sèche-linge. Un transat de jardin sert de canapé, et la table plastifiée de rouge, de réfrigérateur à l’air libre où les fourmis se ravitaillent en file indienne.
« Un moment que je vous ai pas vu… Ça va ? » Annie Dupeyron, une « jeunesse » de 75 ans, bénévole à la Croix-Rouge, est venue jusque chez l’ancien viticulteur, lui apportant un colis alimentaire et sa présence, en ce matin de la fin mai. Depuis trois mois, un camion de l’association sillonne la campagne du Gers à la rencontre de ceux qui n’ont rien et demandent peu. Il ne s’agirait pas que cela se sache…
Paul Dupouy se contente de 700 euros de retraite agricole, ce qui a transformé en casse-tête le remplacement récent de sa guimbarde hors d’âge. « La farine… Je m’en sers pas, gardez, vous la donnerez à d’autres. Le chocolat en poudre, oui, ça, ça plaît aux petits du coin. » 
L’inventaire des provisions ne le passionne pas. Plutôt que des spaghettis, Paul Dupouy, habitué aux haricots verts du jardin, attend une oreille bienveillante.
Plus un seul voisin avec qui commenter le rugby 
Pour raconter qu’il n’entend plus son téléphone. M. Dupouy n’est pas sourd. C’est la sonnerie, un petit gazouillis, comment voulez-vous ? Ces gars du foot, qui s’effondrent, maintenant, dès qu’on les frôle. Il les mime, les bras en croix. « Nous, on recevait un coup de pied, on essayait de le rendre. » Plus un seul voisin avec lequel commenter les résultats du rugby dans Sud-Ouest. « Les copains de l’école, ils sont morts jeunes, dans les 80 ans. » 
Les nouveaux arrivants sont loin. Et pas comme ceux d’avant. Ils ne le demandent pas, mais M. Dupouy leur arrose tout de même les pots de fleurs quand ils partent à la mer. Une heure a passé, Annie Dupeyron file. Paul la salue devant l’indescriptible fouillis de sa grange. « Comme ça, au moins, j’aurai vu du monde ce matin. »
A Maupas (200 habitants), trois personnes, toutes au moins octogénaires, bénéficient de la tournée « Croix-Rouge sur roues », cofinancée par la Fondation PSA et les collectivités locales. Le gros camion blanc se gare devant la mairie, puis une petite voiture dessert les maisons. Plus pratique dans les chemins creux. Plus discret, surtout.
« Ils essaient de survivre par leurs propres moyens » 
Des personnes âgées, ou des mères seules, de plus en plus: cela interpelle les bénévoles, qui décrivent les frigos vides, le liquide vaisselle qu’il faut économiser, les rares heures d’intérim, les nombreuses heures de « tondeuse » ou de ménage « au black », si les voisines veulent bien garder le petit.
« Si on ne va pas les voir, ils ne feront pas le pas. C’est une éducation, pas plus mauvaise que celle d’aujourd’hui, ils essaient de survivre par leurs propres moyens », dit le maire de Maupas, Michel Dayman. En tenue de chasse, devant de vieilles portes reconverties en panneaux électoraux, l’élu évoque des administrés toujours plus âgés, aux retraites indigentes (« Surtout les pensions de réversion »), leur isolement, l’absence de transports en commun.
Il y avait bien le car, à une époque, pour le marché d’Eauze. Mais c’est si vieux qu’il ne sait plus trop à quand cela remonte. Le bourg le plus proche est à 10 kilomètres, la ville à 40.
« Les roues », comme on les appelle, coûtent moins cher à la Croix-Rouge et dévorent moins de bénévoles, surtout, qu’une antenne associative. Elles permettent de mailler ce département étendu. L’ouest surtout, où la rareté de l’activité engendre une forte précarité, et la déficience des transports un grand isolement, dès lors que la voiture devient une charge financière insupportable.
« On est appelés de partout », s’inquiète Marie-José Lier, responsable départementale de la Croix-Rouge, qui fête ces jours-ci ses 150 ans. La demande d’aide s’accélère depuis trois ou quatre ans, et plus encore ces derniers mois. Il faudrait un deuxième camion, d’autres mains… 
Une fois par semaine, la Croix-Rouge vient àˆ la rencontre de Paul Dupouy pour rompre l’isolement et lui amener un colis alimentaire. Une fois par semaine, la Croix-Rouge vient àˆ la rencontre de Paul Dupouy pour rompre l’isolement et lui amener un colis alimentaire.
Dix tournées ont été dessinées après un patient repérage auprès des assistantes sociales, médecins, infirmières et autres associations. Les maires, eux, « ne sont pas toujours pressés de reconnaître qu’il y a de la précarité dans leur commune », glisse Mme Lier. Question d’image. Si « le colis fait venir », c’est finalement l’écoute qui est la plus appréciée.
Les trois bénévoles du camion y sont formés : « Ce n’est vraiment pas un bibliobus ! Les gens qui ont peu l’occasion de parler lâchent tout devant nous, comme chez le psy. Les assistantes sociales, elles sont submergées, elles n’ont plus ce temps-là. Et puis, elles provoquent parfois un mouvement de recul. Avec nous, le rapport est différent. » 
Avant la distribution des colis, il y a toujours un petit café-gâteaux secs. Le camion s’est garé, derrière la mairie, loin des regards, à Vic-Fezensac, bourgade gasconne à une trentaine de kilomètres d’Auch. Les bancs en bois du hall de la mairie accueillent les premières confidences des visiteurs, boisson chaude en main, avant même qu’ils ne pénètrent dans une salle qu’aucun panonceau ne distingue.
Un deuxième bénévole y poursuit le dialogue. Quelle est leur situation administrative ? Médicale ? Ont-ils fait valoir leurs droits ? Savent-ils où trouver gratuitement des vêtements pour les enfants ? Défilent les sigles, RSA, CMU, AAH, CDD… Les humiliations, les découragements, les angoisses. Les colères, aussi.
« C’est pas des mains de feignant » 
« Monsieur est parti, il m’a laissée avec les deux enfants de 3 ans et 19 mois ! », jette Laetitia, 30 ans, à peine assise. Elle semble toute maigre dans un gros sweat turquoise. Comme les autres bénéficiaires, elle témoigne anonymement. « Comme il a l’AAH [Allocation adulte handicapé], on m’avait fait sauter mon RSA. Maintenant, j’ai plus rien. Ici, y a pas de travail, pas d’intérim. Rien. » 
Et puis, confie-t-elle plus tard, l’assistante sociale appelle bien souvent pour demander comment elle s’en sort. « Est-ce qu’ils vont pas me ramasser les petits ? » Elle est venue avec son voisin, Stéphane, bientôt 50 ans, un costaud en blouson Harley Davidson qui jauge les provisions offertes. « Ils ne se rendent pas compte… Je ne suis pas raciste, mais faut qu’ils nous aident plus, les Français… »
Trois CAP, un boulot à 2.000 euros dans la pose de caméras vidéo, quatre enfants, tout roulait jusqu’à un grave accident de moto, suivi d’un cancer et d’une pension handicapé de 771 euros. Sa femme est partie avec « un qu’a des sous »« Au 20 du mois, il n’y a plus rien. Je me bats pour manger. Un truc de fou ! Ici, je suis regardé comme un feignant alors que j’ai toujours bossé ! »
Il tend ses mains. « C’est pas des mains de feignant ! » Quatre ans qu’il « descend », dit-il. « Une fois, j’ai mendié mon essence dans une station-service d’Auch. Oh, putain, la honte, j’étais tout rouge. J’ai eu plus, j’ai été remplir un Caddie à Aldi et acheter des McDo pour les enfants de Laetitia. »
« C’est la spirale du chômage et de l’isolement » 
Et tous ces couples qui ont fui la ville, ses loyers exorbitants, parce qu’ils ne s’en sortaient pas, dans l’espoir, le fantasme, d’une vie de peu à la campagne. « Ils se retrouvent dans des logements inadaptés, à se ruiner en chauffage dans des maisons pleines de courants d’air, déplore la Croix-Rouge. Les frais d’essence triplent, ils ne trouvent pas de travail, doivent vendre la voiture, c’est la spirale du chômage et de l’isolement. Certains doivent nous demander d’amener leurs enfants à l’école… »
Arrivent Lucile et Cyril, la timidité de leurs 20 ans, un bébé qui gigote dans la poussette. Lui « fait » un smic à la déchetterie. Mais il faut rembourser la voiture, et le reste. « On s’est plantés dans le mur. On était partis vivre à la campagne. Le déménagement, déjà, c’est la claque. Et puis la maison s’est effondrée. » Les voilà chez un oncle. Lucile sourit. « Je sais que mon fils va pouvoir manger, même si on n’a pas de sous. Franchement, je vous remercie. » Cyril, lui, a rechigné à s’extraire de la voiture. Mais il quitte la salle requinqué. « On va s’en sortir ! »
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SORTIE DU N°3 (ÉTÉ 2017) DE LA REVUE "CONFRONTATION"

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90 pages, 12 € (+ 4 € de port) 

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Jeudi prochain, 27 juillet, une émission spéciale en hommage à Roland Gaucher, décédé il y a 10 ans, sur Radio Libertés

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Premier "Libre Journal de la France profonde"

« Identité et attachement aux racines » : la contribution de Nicolas Bay pour la refondation du FN

La contribution de Nicolas Bay (Secrétaire générale du parti), publiée par le Scan dans son intégralité, compte neuf pages et cinq chapitres, de la vision de la société que le FN doit défendre aux enjeux d’un combat à mener, selon lui, contre une «idéologie globale-libertaire». Nicolas Bay est un partisan de «l’attachement aux racines», du retour des «solidarités naturelles au sein de la famille» et de l’expression politique des «identités».

« Il n’est bien sûr pas envisageable de se recentrer exclusivement sur les questions régaliennes, en négligeant, l’économie, le social, l’environnement, l’école, la santé, etc. Pour autant, il apparaît très clairement aujourd’hui que les motivations de vote des électeurs FN se situent très largement et prioritairement sur l’identité, la lutte contre l’immigration et l’islamisme, et la nécessité de protéger la France face à ces menaces.

Sur ces questions, le FN a non seulement la légitimité, l’antériorité et la crédibilité mais il est aussi rassembleur puisque ses idées – ou a minima ses constats – sont majoritaires dans l’opinion publique sur ces questions. »

« L’ouverture, c’est l’aptitude à appréhender et à anticiper même les nouveaux défis. Mais il ne s’agit pas de s’aligner sur le « politiquement correct » sans quoi nous pourrions perdre notre saveur et notre capacité à représenter une autre offre politique : la mystique du Progrès et du « sens de l’Histoire » agitée par nos adversaires ne doit pas nous enfermer dans la peur d’être « réactionnaires » ou « conservateurs ».

Nous ne sommes pas les défenseurs d’un passé révolu, mais d’une France éternelle, de ce qui en nous est immuable, qui se transforme sans jamais changer de nature profonde.La notion de « limite » (frontières, défi environnemental, urbanisation anarchique, grandes surfaces, etc.), l’attachement aux racines, la volonté de retrouver les solidarités naturelles au sein de la famille, le retour des identités et de leur expression politique que sont les nations, tout cela est profondément actuel et « moderne ». »

http://www.fdesouche.com/872327-identite-et-attachement-a...

« La partitocratie est à bout de souffle »

Entretien avec François Bousquet

François Bousquet est le biographe et, en quelque sorte comme tel, l'un des porte-parole de Patrick Buisson. Il explique ici, avec la fougue et le talent d'un grand journaliste, ce qu'est aujourd'hui la ligne socio-conservatrice de l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.

Premier enseignement de ce scrutin l'effondrement de l'hégémonie des deux vieilles maisons.

Quel bilan tirer de la campagne présidentielle et du processus de recomposition qu'elle a engagé ?

Il est encore trop tôt pour s'aventurer à pronostiquer la forme que prendra ce processus de décomposition-recomposition, à moins de lire dans les entrailles du corps électoral. Néanmoins, on peut déjà tirer le bilan d'une présidentielle qui aura contribué comme jamais à décanter le paysage politique.

Premier constat l'échec redondant des sortants, des primaires et des structures partisanes classiques. De fait, la partitocratie est à bout de souffle. Les apparatchiks qu'elle produit à la chaîne, à l'aise dans les jeux d'appareil et le démarchage électoral, pourraient tout aussi bien vendre des piscines ou des robots mixeurs, en y mettant la même absence de conviction. Résultat le monopole des partis sur l'offre politique semble avoir atteint ses limites, comme naguère les syndicats. Les deux partis centraux qui dominaient la vie politique depuis presque un demi-siècle ont été pour la première fois évincés du second tour. L'un est pour ainsi dire en état de mort cérébrale, l'autre, moribond. Mais ils ne sont morts que pour autant qu'ils ont fusionné. Désormais, l'UMPS n'est plus une figure de style, c'est une réalité politique le macronisme. Cela faisait longtemps que les convergences idéologiques poussaient le PS dans les bras des LR, et réciproquement. Mais il n'y avait pas de passage à l'acte, principalement pour des raisons de clientélisme électoral, dont Macron n'avait que faire lui devait bâtir une force nouvelle. Il a donc fait ce que les élites post-nationales rêvaient d'accomplir depuis Delors accoucher d'une grande coalition, sur le modèle des coalitions à l'allemande. C'est la réponse à la montée des populismes, enfermés dans un isolement sans issue, faute d'alliances.

Mais Macron est loin d'avoir achevé ce processus de décomposition-recomposition...

Macron a été quasi divinisé comme les empereurs romains, le « président jupitérien ». On conviendra que c'est exagéré. Il n'empêche : il est déjà un grand stratège, maître dans l'art du Blitzkrieg, la guerre éclair. Son calcul est en passe de réussir scinder en deux les LR, pour annexer le centre et les juppéistes, et renvoyer le solde à la bordure du FN. Après avoir annihilé la gauche, il est donc en train de piéger la droite en l'asséchant H pourrait reprendre à son compte le mot du conseiller diplomatique de Gorbatchev aux Américains « Nous allons vous faire lapin des choses, nous allons vous priver d'ennemi. » Macron n'a pas fait autre chose en vampirisant la droite ex-gouvernementale. Elle n'a plus rien à lui opposer, sinon des slogans creux et des chicanes picrocholines - mieux vaut-il augmenter la CSG (Macron) ou la TVA (Fillon) ? En se positionnant essentiellement sur le terrain de l'économisme, les LR ont nourri l'idée d'une convergence économique possible avec le PS. C'est cette convergence qui a permis à Macron de débaucher aussi facilement Edouard Philippe, Le Maire et Darmanin, privant les LR d'angles d'attaque.

Dans ces conditions, quel avenir pour les LR ?

Si, à travers Macron, les deux libéralismes, économique et culturel, confluent, il en va tout différemment des LR. Zemmour a souvent fait remarquer que Chirac et Juppé avaient créé l'UMP avec les cadres du RPR, mais pour épouser les idées de l'UDF. Tout le problème, c'est qu'une bonne partie des électeurs, du moins ceux de l'ex-RPR, ont épousé les idées du FN. Dans tous les cas, ces deux familles de la droite parlementaire, orléanistes et bonapartistes, sont en instance de divorce. Les LR sont face au dilemme suivant la tentation Macron ou la tentation Marion. Aux premiers, le progressisme, aux seconds, le conservatisme.

Quand la droite ignore sa propre nature

Quelle forme politique pourrait prendre ce conservatisme ?

« Le malheur, c 'est que la gauche ne croit pas au péché originel et que la droite ne croit pas à la rédemption », disait jadis André Frossard. Ce n'est plus vrai aujourd'hui. La droite orléaniste ne croit plus au péché originel, si tant est qu'elle n'y ait jamais cru. Elle en ignore les ressources théologiques et anthropologiques, une anthropologie sans angélisme ni vaines illusions sur la condition humaine, trop humaine, étrangère à une droite ralliée au progressisme, pour qui le conservatisme ne se confond plus qu'avec des archaïsmes catégoriels et des blocages corporatistes. Cette droite est mouvementiste, en marche, croissanciste, et ne s'assume plus qu'au prix d'un reniement et d'un ralliement. L'ignorance dans laquelle elle se trouve de sa propre nature l'a poussée à tourner le dos aux philosophies communautaires pour épouser un libéralisme échevelé dont elle ne veut pas voir les conséquences ultimes. Elle n'a plus de pensée sur le lien social, ni sur la façon dont les sociétés s'instituent et se perpétuent. Il faudrait un Flaubert ou un Léon Daudet pour dépeindre la vacuité de ce monde-là. La médiocrité d'un François Baroin, institué chef de file des LR pour les législatives, en dit long sur le sujet.

Il faut prendre cet état de fait pour ce qu'il est une véritable bénédiction en vue de la recomposition des droites. Le probable échec aux législatives sera peut-être le coup de grâce des LR. Accueillons-en l'augure. Macron a vidé les rangs de la droite, Baroin est en train de parachever son travail. Son empressement à reconduire le front républicain, alors que personne ne lui demandait rien, en fournit une démonstration supplémentaire. Les LR devront boire le calice jusqu'à la lie afin de faire place nette. C'est une chance historique pour une droite authentiquement de droite, au sens où Pierre Bourdieu appelait de ses vœux une gauche de gauche.

Et le FN ? Est-il susceptible de fédérer cette grande force de droite ?

À 40 % et plus, Marine Le Pen avait l'opportunité de s'imposer comme la seule alternative à droite. À 34 % et après un débat désastreux qui laissera des traces, il est permis d'en douter. Le FN est traversé par les mêmes divisions, même si la structure pyramidale du parti offre plus de garanties de survie. Sous l'emprise des frères Philippot, Marine Le Pen a mené une campagne chevènementiste récitée avec l'accent d'Arlette Laguiller. Au nom de la « triangulation » chère aux illusionnistes, le FN a parié sur l'effacement du clivage droite-gauche en croyant pouvoir agréger les « non » de gauche et de droite au référendum sur la Constitution européenne. Rappelons que la « triangulation » a été inventée par les clintoniens pour accoucher de la synthèse libérale-libertaire. Trianguler, c'est en apparence et en apparence seulement s'adresser à la gauche quand on est de droite, et inversement, dans l'esprit de la dialectique hégélienne thèse (droite), antithèse (gauche), synthèse (droiche). Car cette synthèse ne peut s'opérer qu'au centre. La triangulation a été conçue pour cela. Elle obéit aux forces centripètes du Système, qui, toutes, convergent, vers le parti unique de la pensée unique. Au fond, le FN a commis la même erreur que Sarkozy en 2007, l'ouverture à gauche, mais du moins ce dernier a-t-il attendu d'être élu. Logiquement, le parti de Marine Le Pen devrait subir une hémorragie de même nature que celle qui a affecté le FN canal historique après le 21 avril 2002, et ce n'est pas le toilettage cosmétique envisagé, le changement de nom, qui devrait changer les choses.

L'heure de la droite hors-les-murs aurait-elle enfin sonné ?

Cette droite hors-les-murs ne constitue pas un programme, mais un constat dressé très tôt par Buisson. Elle est à la jonction du conservatisme et du populisme. Or, le conservatisme a été le grand oublié de la campagne, exception faite de l'instrumentalisation de Sens commun. Il est pourtant en train de se renouveler et de se doter d'outils conceptuels à travers une nouvelle génération d'intellectuels. La Manif pour tous lui. garantit un réservoir militant et une grande capacité de mobilisation. Quant à la droite bonapartiste, si elle est en plein désarroi, la faute à sa générale en chef et à son principal conseiller qui ont enseveli le populisme sous une rhétorique tapageusement souverainiste et ouvriériste, elle n'en dispose pas moins d'un immense réservoir de voix.

Il n'a échappé à personne que c'est la stratégie que recommande Marion Maréchal-Le Pen, à rebours de celle adoptée par sa tante. Elle en appelle à la ligne Buisson - l'alliance du populaire et du régalien - qui a abondamment prouvé son efficacité électorale et à qui il ne manque qu'une personnalité d'envergure, ce qui n'est pas rien, pour réintégrer les murs, faute de quoi c'est toute la droite qui se retrouvera durablement hors-les-murs. De deux choses l'une soit le populisme et le conservatisme parviennent à trouver un modus vivendi, soit ils s'y refusent. Dans un cas, les perspectives de pouvoir s'ouvrent, dans l'autre, elles se referment.

C'est tout le sens de la « ligne Buisson », majoritaire dans le pays, mais étonnamment absente de la présidentielle. Rarement l'offre politique aura aussi peu coïncidé avec la demande du corps électoral. À lire les enquêtes d'opinion, dont le baromètre annuel Kantar TNS-Sofres sur l'image du FN, près de deux tiers des Français plébiscitent le FN sur les questions identitaires et sécuritaires, mais sans l'étiquette FN pour presque deux tiers d'entre eux. Autrement dit, les Français veulent bien du message, pas du médium. C'est dans ce hiatus que s'est glissée la droite hors-les-murs. C'est pour l'heure seulement une sorte de « shadow cabinet » dominé par les figures de Villiers, Zemmour et Buisson, qui, à eux trois, dessinent le portrait en creux d'une droite orpheline, pour l'essentiel conservatrice, qui empruntent des traits à la chouannerie, au bonapartisme et au catholicisme social. Un mélange de social-conservatisme. En Angleterre, on parlerait de « torysme rouge », un conservatisme rouge, dont Theresa May est la figure de proue, un torysme post-thatchérien, qui a pris la mesure des dégâts occasionnés par la mondialisation et fait sienne l'opposition chère au journaliste et essayiste britannique David Goodhart entre les « Anywheres » et les « Somewheres », les « gens de n'importe où » et les « gens de quelque part », les deux grands blocs historiques qui s'affrontent les diversitaires contre les identitaires.

Propos recueillis par l'abbé Guillaume de Tanoüarn monde&vie 8 juin 2017

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Et un budget d'Etat pour  c'est quoi?http://www.ouest-france.fr/politique/gouvernement/le-futur-statut-de-brigitte-macron-agace-les-elus-5144187 

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