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Nombreux sont les maires qui vont célébrer ce prochain 19 mars la fin de la guerre d’Algérie.L’Assemblée Nationale et le Sénat en ont décidé ainsi, s’humiliant devant les injonctions de la Fédération des anciens combattants communistes et de l’ensemble de la gauche et de l’extrême gauche.D’autres maires, nombreux également, vont s’empresser de rebaptiser de cette date du 19 mars 1962 des carrefours, des places, des avenues, des boulevards, des rues, etc. (Si au moins, par reconnaissance, ils remplaçaient par cette date toutes les artères baptisées « général de Gaulle » ce serait une mince consolation).Parmi ces maires, nombreux sont ceux qui ignorent sans doute que dès les heures qui ont suivi les « accords d’Évian » et le cessez-le-feu unilatéral ordonné par la France, et je parle sous le contrôle de M. Eugène-Jean Duval inspecteur général des armées, 18 jeunes soldats français ont été assassinés par le FLN, 90 autres ont disparu et les 239 qui étaient retenus prisonniers par l’ALN ne nous ont jamais été rendus.Nous sommes donc, 50 ans plus tard, sans aucune nouvelle de ces 329 jeunes militaires français… nos enfants, vos enfants !!!Je m’adresse donc aux maires des communes dans lesquelles vivaient ces 347 jeunes soldats afin de leur demander comment ils vont pouvoir les inscrire sur les monuments qui commémorent leurs morts ?Pas « morts pour la France » puisque la guerre était finie, alors morts pour qui ? Pour quoi ? Morts pour rien ! Enterrés nulle part ! Honorés par personne ! Regrettés et pleurés que par leurs proches !Ils rejoignent ainsi les plus de 3000 civils, morts et disparus dans les semaines qui ont suivi ce 19 mars 1962.Souvenez-vous-en, vous tous qui célèbrerez cette date très prochainement, et lorsque vous garderez le silence durant une minute vous les entendrez hurler leur mépris à vos oreilles.
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Caroline Fourest et Fiammetta Venner condamnées pour diffamation
PARIS (NOVOpresss) – Caroline Fourest et Fiammetta Venner ont été condamnées pour diffamation aujourd’hui. Elles étaient poursuivies par Frédéric Chatillon, dirigeant d’une agence de communication Riwal et prestataire de service notamment pour le Front national. Journaliste très engagée, Caroline Fourest avait également été condamnée avec sa compagne Fiammetta Venner, pour avoir asséné un certains d’erreurs et de mensonges sur le Front national et Marine Le Pen dans leur biographie consacrée à la présidente du parti populiste. Sans compter sur la manière avec laquelle Caroline Fourest semblait vouloir manipuler l’opinion avec l’”attaque” du cortège de Civitas, contre le mariage homosexuel, par les membres de Femen.
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Le combat d’une communauté menacée de génocide
Il doit être effectivement « politiquement incorrect » de dénoncer et montrer le sort réservé aux chrétiens du Nigéria qui refusent de se soumettre.C’est une lutte à mort entre islamistes radicaux et catholiques nigériens. Après le Nigéria, quels pays vont-ils subir le même sort? Où sont les organismes défenseurs des droits de l’homme ? Pourquoi tous les partis politiques français, quels qu’ils soient, pratiquent-ils l’omerta? Le Nigéria, moins important que la Syrie ou la Libye ? Au Nigéria , des chrétiens sont brulés vifs: un holocauste monstrueux devant l’indifférence internationale.METAMAG publie, fidèle à sa ligne éditoriale qui est d’informer hors des sentiers battus du « politiquement correct » ,le cri d’alarme du père espagnol Juan Carlos Martos, du secrétariat des Missionaires Clarettiani. JP« En publiant cet impressionnant document sur Facebook ( voir le document inséré dans l’article NDLR), j’ai prétendu dénoncer publiquement sur le plan international, certains évènements monstrueux, complètement réduits au silence par les médias de communication de masse ; un véritable génocide tellement monstrueux et brutal comparable aux épisodes les plus odieux et abjectes des camps d’extermination nazis.
Document du Père Juan Carlos MartosÀ ma grande surprise, facebook me critique pour la publication de ce document graphique, comme une dénonciation de l’Holocauste dont souffre les chrétiens au Nigeria depuis plus de 10 ans. Conformément à la politique de sécurité de ce réseau « social », la photographie a été classifiée comme matériel « pornographique », « violent » ou « inapproprié » et pour cette raison, me punit en m’interdisant de télécharger une quelconque image durant une semaine. Et me menace d’actions drastiques si je persiste à vouloir intenter dénoncer par des documents, les horribles violations des droits de l’homme au Nigeria.Cette procédure des responsables, (facebook-Espagne) je suppose, est une atteinte à la liberté d’expression et une insulte éhontée aux 500 victimes (uniquement dans cet épisode brutal) massacrées par la terreur islamique du simple fait d’être chrétien.J’ai pensé que ce réseau social, né aux Etats-Unis, ne plierait pas le genou devant la terreur. Surtout après avoir souffert dans leur chair la macabre attaque du 11/9, comme nous celle du 11-M, toutes victimes de la fureur sauvage et folie de la terreur islamique.Cela semble incroyable, en Espagne, un Etat démocratique de droit – où il est garanti par la constitution de la liberté de pensée, d’expression et de religion (Art.16 et 20 CE)-on tente de museler les citoyens par le biais de menaces et de coercition, affaiblissant sa liberté d’expression, considérant comme « inapproprié » un document graphique (pas un photomontage) qui reflète une réalité brutale dans toute sa rigueur.
Le Nigéria débarrassé de ses chrétiensAu contraire, les administrateurs de facebook Espagne, devrait féliciter cette plainte publique – faite avec l’intention que cette barbarie ne sera jamais répétée et que les coupables soient punis – parce que c’est un droit et un devoir du citoyen : un service à la société, l’objectif ultime, je suppose, de n’importe quel réseau « social » qui se vante.En effet si les meurtres continuent, c’est en grande partie parce que la vérité est toujours cachée au peuple souverain, pour qu’il ne la connaisse pas et puisse s’ « indigner »: le silence complice de la plupart des médias de communication mène à l’indifférence de la communauté politique internationale devant cet Holocauste monstrueux.Sans oublier la lâcheté installée dans le monde occidental face au terrorisme islamiste. Entre nous, une conséquence de plus de la stupide « Alliance des civilisations »: un autre incident regrettable de Rodriguez Zapatero, notre célèbre ancien président du gouvernement. Pouvez-vous imaginer la réaction de l’organisation terroriste islamique dans le cas(impossible) d’un massacre de musulmans aux mains des chrétiens dans une mosquée? comment et combien de ces belligérants auraient les couvertures de nos médias condamnant les faits? »Lien permanent Catégories : actualité, géopolitique, insécurité, international, lobby, magouille et compagnie, religion 0 commentaire -
De la “confiance” dans les médias…
Liberté d’information, liberté d’expression…Dans le quotidien (de gauche) britannique Guardian, rapportait il y a peu le site du Salon beige, le journaliste politique et juriste américain Glenn Greenwald, lui aussi connu pour ses idées progressistes, a sévèrement taclé le ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. En cause, sa demande faite au réseau social Twitter d’aider les autorités françaises à criminaliser et censurer les propos qui ne sont pas de son goût. « Il n’existe pas de formule scientifique pour déterminer ce qu’est un discours haineux écrit M. Greenwald, c’est une qualité intrinsèque et subjective (…). Nul pouvoir n’est plus dangereux et plus destructeur que celui qu’exerce un Etat pour supprimer et criminaliser les opinions qui lui déplaisent. (…) Les nouvelles technologies peuvent toujours servir à remettre en cause les dogmes établis, c’est pourquoi elles sont toujours dans la ligne de mire des censeurs. Il n’est pas seulement possible ou probable mais certain, absolument certain qu’en permettant à l’Etat d’emprisonner des gens pour leurs idées haineuses, ce pouvoir servira un jour à protéger les élites de toute remise en question. »
Et Glenn Greenwald de poursuivre son réquisitoire : « Demander à Google ou Twitter de supprimer des opinions spécifiques est la marque des tyrans. Tous les tyrans pensent agir pour un bien fondamental, cela ne les rend pas moins tyranniques. Les gens absolument convaincus de la supériorité de leur bonté constituent une terrible menace pour les droits fondamentaux parce qu’ils n’ont aucun mal à justifier leurs abus: bien sûr que je suis contre la censure – des autres – mais pas quand elle sert à éliminer les idées que je n’aime pas. La criminalisation des idées qui nous déplaisent ne les fait pas mieux disparaître et refuser d’y faire face ne fait que les renforcer. »
Les idées, leur exposé et le pluralisme des points de vue sont aussi en filigrane une des questions essentielles qui ressort du dernier « Baromètre annuel de la confiance dans les médias » réalisé par le quotidien La Croix et publié ce mardi
En 2011, ce même sondages TNS-Sofres/La Croix, indiquait que 63% des sondés pensaient que les journalistes « ne résistent pas aux pressions des politiques », 58% estimaient que cette profession est « dépendante du pouvoir économique ».
56 % des sondés estimaient aussi que les médias ne sont favorables « ni à la droite ni à la gauche ».Ce qui n’est pas totalement faux si l’on considère que les intérêts des groupes financiers, qui contrôlent la majorité des rédactions de la presse écrite et audiovisuelle, sont assez transversaux et indépendants des clivages politiques traditionnels (artificiels) mis en vitrine par le Système…
La dernière enquête publiée aujourd’hui souligne de manière anecdotique, que 31% des personnes interrogées détectent une certaine hostilité des médias contre François Hollande alors que 22% seulement faisait ce constat pour Nicolas Sarkozy.
Phénomène plutôt curieux si on le rapporte à la consultation Harris Interactive réalisée sur Twitter pour le magazine Médias au lendemain de la présidentielle 2012. Selon l’enquête d’Harris Interactive, les trois quart des journalistes votent à gauche. Au premier tour , 39% des membres de cette corporation ont déclaré avoir voté pour François Hollande , 19% pour Jean-Luc Mélenchon, 18% pour Nicolas Sarkozy…et 3% seulement affirmaient partager les idées défendues par Marine Le Pen. Au second tour, 74 % des journalistes interrogés affirment avoir voté pour le candidat du PS
Cette parenthèse étant fermée relevons que ce « Baromètre de la confiance dans les médias » confirme que celle-ci continue de s’éroder sérieusement.
A la question de savoir « Si les choses se sont passées vraiment comme les médias les racontent », le oui reste minoritaire et stable pour la télévision à 48%, les Français répondent oui à 54% pour la radio (qui chute tout de même de 4 points), à 49% pour la presse écrite (-2 points). 53% considèrent d’ailleurs que la situation économique et financière de la presse est mauvaise, et parmi ceux-ci, les deux tiers y voient « un risque pour la démocratie ».
Mais la chute des ventes des journaux note Bruno Gollnisch , que l’on peut imputer à la concurrence des méfias digitalisés, au recul de la lecture chez les jeunes adultes, est aussi le fruit du consensus idéologique qui règne dans ce milieu fortement auto-référencé. Le formatage des esprits des journalistes –et la nouvelle génération qui rêve massivement de travailler à Libération atteint dans ce domaine des sommets- conditionnés pour faire couler le même robinet d’eau tiède citoyen et progressiste, ne suscite logiquement guère l’enthousiasme.
Cette enquête indique encore qu’internet reste le médium le moins crédible. « Pour la première fois depuis 9 ans rapporte La Tribune, (date à laquelle le média a été intégré dans la mesure), le pourcentage des Français estimant que les choses se sont passées vraiment comme Internet le raconte a reculé à 35%, soit deux points de moins en un an. »
« Il y a une petite rupture. Cela montre aussi que les gens ne prennent pas tout pour argent comptant, qu’ils ne sont pas dupes indique Edouard Lecerf (directeur de TNS Sofres, NDLR). Il faut dire que par rapport aux autres médias, Internet est proposé aux sondés dans sa globalité. Autrement dit, les internautes ont confiance dans ce qu’ils lisent sur les sites de médias traditionnels, et beaucoup moins sur le reste du Web. »
Confiance dans les médias traditionnels pourtant toute relative si l’on se fie aux résultats de ce sondage évoqué plus haut. D’autant qu’internet, jungle touffue dans laquelle le pire est bien présent, recèle aussi des sites, des blogs sur lesquels l’internaute peut trouver des informations, des éclairages stimulants, des analyses sérieuses de très grande qualité, émanant de personnalités qui sont (parfois, souvent) ignorées ou volontairement bannies des grands canaux d’information .
L’intérêt des médias réside bien dans la pluralité des opinions présentées. Or, comme le résumait le blog du Québécois libre en mars 2011, « le pluralisme a bel et bien implosé dans la plupart des rédactions, et singulièrement dans l’audiovisuel. »
« Les journalistes, ne répondant pas au système de valeurs soixante-huitard ont été découragés, éconduits, marginalisés, déclassé, remisés dans des placards, quand ils n’ont pas été cassés ou évincés (…). Certains ont sauvé leur carrière en pliant l’échine, d’autres en acceptant de jouer des rôles potiches. Mais l’éviction au pire, la marginalisation au mieux de la plupart d’entre eux a considérablement affaibli la capacité de critique et d’audace dans les rédactions. »
« Contrairement à une opinion répandue est-il encore écrit il n’y a plus guère de problème d’autocensure dans les médias audiovisuels (…) la question ne se pose quasiment plus pour les dernières générations. Les nouvelles recrues arrivent avec des réflexes culturels déjà forgés. Instinctivement, ils sélectionnent les faits et relatent l’actualité à partir d’une grille de lecture préétablie. »
« Pour eux, le journaliste est avant tout un acteur du débat de société, un médiateur engagé, un militant des causes citoyennes. C’est ce qu’on leur a inculqué avant d’entrer dans la vie professionnelle. Le souci d’objectivité et d’exactitude est secondaire, le but ultime étant de faire prendre conscience à l’opinion que certaines causes sont justes, d’autres obsolètes, que certains débats sont brûlants, d’autres dépassés. »
Bref , il est heureux que nos compatriotes cultivent toujours la vertu du doute au sujet des messages et autres stimuli dont ils sont abreuvés par les médias ; que « les gens ne prennent pas tout pour argent comptant, qu’ils ne sont pas dupes » comme le note M .Lecerf.
Mais, nous le relevions il y a déjà trois ans, la propagande distillée insidieusement, le travail de sape idéologique effectué quotidiennement dans les gros médias, se fait aussi avec une grande perversité dans le domaine « culturel » et du « divertissement », devant lequel le sens critique s’émousse plus volontiers…Ce n’est pas sans conséquence néfaste sur notre psyché collective, sur le goût des Français. Un peuple encore réputé fin, spirituel et volontiers frondeur au tournant du siècle précédent.
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L’art diplomatique
Aucune grande idée phare ne gouverne plus la diplomatie française à moins qu’on ne tienne pour telle la peur des complications et le désir chimérique de plaire à tout le monde. Pour rompre avec son engourdissement chronique, il arrive cependant que la République s’éprenne d’une belle cause, à moins qu’elle ne se contente, comme souvent, de réagir tant bien que mal aux secousses de l’actualité internationale, ce qu’elle fit lors de la seconde guerre du Golfe avec le succès que l’on connaît.
La fuite en avant dans l’utopie
européenne, chère à Nicolas Sarkozy, témoigne de cet embarras devant le néant d’une politique étrangère qui ne sait sur quel pied danser. La tentation est grande alors de remettre le fardeau diplomatique entre les mains d’une institution supranationale. Après tout, est-il vraiment opportun de se soucier du jeu diplomatique, quand s’impose la tutelle d’une opinion internationale mouvante ?
Bien que la diplomatie traditionnelle française, celle de Richelieu et Mazarin, ait rendu l’âme depuis longtemps sous les coups de pioche de la Révolution, personne ne semble disposé à enterrer la tradition diplomatique elle-même, ultime vestige d’une époque révolue. C’est précisément l’héritage oublié de la diplomatie d’Ancien Régime que vante le dernier ouvrage de Lucien Bély, L’art de la paix en Europe, naissance de la diplomatie moderne XVIe-XVIIIe siècle (1).
Propagande révolutionnaire
Comme Janus, l’histoire de la diplomatie française a deux visages : celui qui nous est familier depuis la Révolution, et celui d’Ancien Régime. De ces deux traditions, la première est une idéologie subversive, la seconde un art délicat et empirique modelé au gré des circonstances. La Révolution française, dès son début et par la seule conséquence de son premier principe, sape par la base l’édifice de la vieille diplomatie européenne. Elle proclame la souveraineté du peuple, elle présente ses doctrines comme des vérités lumineuses et universelles, elle menace tous les pouvoirs établis, elle invite toutes les nations à se révolter et à s’affranchir. Le primat des nationalités préfigure ainsi le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, que le président Wilson devait arborer comme un talisman à Versailles en 1919.
En 1790, les Constituants désirent étendre à tous les peuples de la terre le régime démocratique fondé en France. Ils vivent dans la crainte de voir leur oeuvre s’effondrer un jour. Pour l’en prémunir, ils rêvent d’extirper du continent les séquelles du “régime féodal”, un mot bien commode pour jeter l’opprobre sur tout ce qui est ancien. La Révolution devient solidaire de toutes les révolutions populaires ; c’est l’idée défendue par Merlin de Thionville à l’Assemblée législative : « Il faut déclarer la guerre aux rois et la paix aux nations ! » La diplomatie s’éteint et l’idéologie s’éveille.
La France a beau déclarer la paix au monde, l’extension de son influence est en même temps la condition et le fruit de cette propagation, même pacifique, des principes de la Révolution. Dans l’esprit des législateurs, ce qui est acquis à la France l’est à la liberté ; la grandeur de la France révoltée s’associe au bonheur du genre humain. Par son messianisme même, la soif d’accroissement territorial et de suprématie pénètre dans la Révolution, et la nouvelle France s’apprête, dès cet instant, à exercer sur les peuples la domination qui lui revient du droit, car elle est la sentinelle de la Liberté contre le ‘“despotisme de tous les tyrans”. Elle commence par saisir Avignon et le Comtat Venaissin, avant d’entraîner l’Europe dans une guerre de vingt-trois années qui, pour la France, s’achève dans le désastre de Waterloo.
Régénérer le monde...
Singulier contraste d’une Assemblée qui chante une ode larmoyante à la paix pour mieux se dédire ensuite. Le mot généreux, en apparence, de l’émancipation des peuples légitime depuis cette époque toutes les expéditions armées. Aujourd’hui même, combien de guerres sont menées pour que triomphe l’idéal démocratique ? Quand elle entend tirer l’épée du fourreau, la France le fait au nom du droit des peuples, comme en Afghanistan. Lorsqu’elle prétend s’y opposer, comme en Irak, c’est encore le droit des peuples qu’elle invoque.
Il y a dans la simplicité de cette idée une puissance spontanée de propagande. Son ambition universelle tient pour une gageure la réticence de certaines cultures à l’adopter. Si une douce persuasion n’y suffit pas, l’idée démocratique s’impose par la contrainte, puisque le principe d’humanité ne saurait souffrir la moindre exception. De cet élan sentimental naît l’inquiétant “droit d’ingérence” qui, pour être bien conforme à lui-même, devrait entraîner la France à courir de partout sans guère songer à ses propres intérêts. La République met tout son honneur à faire rayonner ce droit aventureux ; elle est en cela la digne héritière de cette Révolution qui, enivrée de discours, réprouve la diplomatie, comme égoïste, et l’expérience, corrompue de nature, pour s’adonner à l’enthousiasme de régénérer le monde. Elle ne juge plus qu’à l’aune de son instinct et ne décide plus que par passion.
L’intérêt bien entendu
La diplomatie de l’émotion ou de la compassion s’est élevée sur les cendres de la diplomatie traditionnelle. Celle-ci n’a rien d’un traité de philanthropie. Sous l’Ancien Régime, les États ne connaissent d’autres juges qu’eux-mêmes et d’autres lois que leur intérêt ; mais ce qui fait la brutalité de cette doctrine en fait aussi le tempérament.
Aux sirènes de la convoitise, il y a un frein : l’intérêt bien entendu. “Il faut savoir s’arrêter à propos” pourrait servir de maxime au XVIIIe siècle. C’est une morale tout empirique que la crainte de perdre gros assagit. Richelieu observe déjà que, tout compte fait, observer les traités vaut mieux qu’une réputation d’homme changeant. La conquête trouve sa limite dans la certitude que les abus de la force en détruisent l’ouvrage. On ne doit d’ailleurs conquérir que ce qu’on peut garder. Il revient au conquérant de réparer les maux qu’il a commis s’il veut digérer sa proie.
Ajoutons que les États risquent de se disperser en s’agrandissant plus que de raison. Des frontières étendues compliquent la défense et offrent à l’ennemi trop de commodités d’attaque. Tous les puissants sont d’accord enfin pour ne permettre à aucun d’entre eux d’accéder à l’hégémonie. Il se forme ainsi entre les grands une sorte de convention tacite : ils entendent conserver ce qu’ils possèdent, gagner en proportion de leurs mises, et interdire à l’un des associés de faire la loi en Europe. C’est le socle de la balance of power.
À cette politique, la France apporte une fine nuance, l’équilibre. Longtemps protectrice des puissances moyennes, qu’elle défend bec et ongles au Congrès de Vienne, elle est aussi la première à s’indigner des « actes de piraterie » du royaume de Prusse. Le repos du continent est la condition de sa propre félicité, tandis que la Prusse, pour croître, a besoin de casser le statu quo.
Subtilité de la négociation
Rousseau et la pensée des Lumières ont jeté le discrédit sur l’ancienne diplomatie, ce « jeu de rapaces », cette « école de la dissimulation ». Pourtant, comme le révèle le précieux livre de Lucien Bély, elle mérite mieux que ce jugement à l’emporte pièce. C’est l’Ancien Régime qui invente la diplomatie en peaufinant l’art subtil de la négociation. C’est lui qui donne naissance à la figure moderne du diplomate et façonne les règles qui prévalent peu à peu de Londres à Saint-Pétersbourg. C’est lui qui favorise enfin une réflexion politique sur la manière de prévenir les conflits et d’y mettre un terme.
Tout concourt à faciliter la concertation : des départements ministériels spécialisés se créent, des immunités s’élaborent pour protéger les négociateurs, des pratiques de plus en plus savantes se forgent, des ambassades s’établissent, un cérémonial harmonieux se déploie. Lucien Bély brise la légende selon laquelle les Princes ont disposé de territoires sans tenir compte des intérêts des peuples, traitant les hommes comme de simples « troupeaux de moutons ». Les diplomates savent en effet que la paix ne peut être durable tant qu’elle prolonge les souffrances, or, le propre de la négociation est de rétablir la concorde au sein des sociétés et entre elles. Pour cela, l’Ancien Régime accouche d’un nouvel idiome, la langue diplomatique, riche de significations cachées. La forme égale le fond en importance et chaque mot s’interprète à l’infini. Tout faux-pas menace de faire s’écrouler de patients efforts. L’émergence de ce langage traduit cependant une brûlante envie d’échanger et de connaître le monde.
Temps, prudence, secret
Pour s’épanouir librement, l’art diplomatique traditionnel suppose trois conditions que notre époque désavoue : le temps, la prudence et le secret. La circulation frénétique des hommes et des informations s’accommode mal des longs conciliabules ; la diplomatie doit ainsi satisfaire l’appétit de l’opinion souveraine qui se lasse aussi vite qu’elle s’enflamme. Ce n’est pas hélas un gage de prudence, car la précipitation appose, au mieux, un cautère sur une jambe de bois : combien d’accords de paix négociés à la hâte au Proche-Orient ont-ils failli ?
Le diplomate a également la mission de sauvegarder les secrets de l’État. Il protège son art par le secret, mais le dévoile quand les circonstances s’y prêtent, comme pour séduire une population ; c’est un jeu délicat. Le mystère qui entoure la diplomatie agace aujourd’hui l’opinion internationale, avide de tout savoir à l’instant même. Ce désir éperdu de transparence, de mode depuis le XVIIIe, accompagne la démocratisation de la vie publique. Il n’empêche, sans le secret, point de diplomatie, c’est le retour à la spontanéité naturelle et à l’affrontement personnel.
Le déclin de la diplomatie traditionnelle, que reflète le mépris des formes, le diktat de l’affect ou l’oubli des médiations, devient le prélude à un nouvel âge de fer dans les relations internationales.
Le déclin de la diplomatie traditionnelle devient le prélude à un nouvel âge de fer dans les relations internationales.
DIABLE BOITEUX L’Action Française 2000 du 18 au 31 octobre 2007
* Lucien Bély : L’art de la paix en Europe, naissance de la diplomatie moderne XVIe-XVIIIe siècle. 752 pages, 30 euros.Lien permanent Catégories : actualité, culture et histoire, géopolitique, international 1 commentaire -
L'état des forces militaires étrangères déployées au Mali
Arrivée du contingent nigérian à Bamako Les soldats français et africains affluent au Mali, où la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) doit prendre la relève de l'armée française, en fonction d'un calendrier encore imprécis. État des lieux sur les forces effectivement déployées et celles que la France et plusieurs pays africains prévoient d'envoyer, aux côtés de l'armée malienne, pour venir à bout des islamistes armés au nord du pays.Les effectifs militaires français déployés au Mali sont passés ces derniers jours de 1 800 à 2 000 hommes, pour une force totale annoncée de 2 500 soldats, la plus importante opération aéroterrestre engagée hors des frontières françaises depuis l'Afghanistan. Or, ces effectifs pourraient être encore plus importants.Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, a en effet fait ce décompte le 19 janvier à l'antenne de France 3 Bretagne : « Il y a aujourd’hui 2 000 militaires français au sol au Mali et l’opération Serval regroupe environ 2 900 militaires à cet instant, puisque vous avez des éléments à Ouagadougou, à Niamey et à Dakar (…). On dépassera peut-être les 2 500 militaires annoncés sur le site, ça fera environ 4 000 militaires qui seront mobilisés pour cette opération.»LE DÉPLOIEMENT DES FORCES OUEST-AFRICAINES A COMMENCÉQuelque 2 000 soldats africains sont également attendus au Mali d'ici le 26 janvier, sur un total qui pourrait dépasser les 5 800 militaires africains (Tchadiens compris). Un chiffre annoncé à l'issue du sommet des chefs d'État de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui s'est tenu le 19 janvier à Abidjan, mais qui va sans doute être revu à la hausse, plusieurs pays ayant décidé d'envoyer plus de troupes que prévu.
LE TCHADSUR LE PIED DE GUERRERentrant d'Abidjan où il a participé au sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) sur le Mali, le président tchadien Idriss Déby Itno a fait étape dimanche à Niamey où il a rendu visite au contingent tchadien dépêché sur place.C’est sur le tarmac de l’escadrille nationale de Niamey que le président Idriss Déby a rencontré le contingent tchadien, prêt à marcher sur le nord du Mali. Pourquoi 2 000 hommes loin des frontières tchadiennes ? « C’est une projection qui se fait sur 3 000 kilomètres. Donc je ne peux pas m’amuser à envoyer une petite unité qui va être avalée, sans renfort, une unité qui n’est pas capable à elle seule de se défendre, de faire donc sa mission. C'est ce qui m’a motivé à envoyer 2 000 hommes », explique le chef de l'Etat.Le colonel Youssouf Taïro , commandant du contingent tchadien, nous présente ici son matériel : « Le matériel que vous avez vu ici est du matériel de blindé, bien efficace, bien sélectionné. C’est-à-dire qu’on a tous les calibres ici. Le moral est bon, on est prêt à combattre nuit et jours, on est vigilants chaque heure, chaque seconde. »Enturbanné dans son chèche saharien, un des soldats tchadiens, lance : « Si les islamistes du nord du Mali sont des fous de Dieu, nous trouverons plus fou qu’eux dans quelques jours dans le Sahara malien. »Huit nations ouest-africaines (Bénin, Burkina, Ghana, Guinée, Niger, Nigeria, Sénégal, Togo) ont annoncé l'envoi de contingents, dont le déploiement a commencé. Une centaine de Togolais sont arrivés le 17 janvier à Bamako, sur les 750 militaires que Lomé prévoit d'envoyer. Quelque 55 soldats béninois étaient arrivés dimanche soir au Mali, sur une force qui doit atteindre 650 hommes, a annoncé le 20 janvier le président béninois Boni Yayi - au lieu des 300 hommes d'abord prévus.Un premier bataillon nigérian de 100 recrues s'est envolé le 17 janvier de Kaduna, au nord du Nigeria, sur une force totale de 1 200 hommes promise le 18 janvier. Nettement plus, là encore, que les 900 soldats initialement annoncés. « Notre sécurité nationale fait face à un danger imminent, en raison de la crise dans le nord du Mali », a estimé le président Goodluck Jonathan, dans sa lettre au Sénat demandant d'avaliser ce déploiement plus important. Les islamistes de Boko Haram, une secte qui multiplie les attentats au nord du Nigeria, ont été entraînés au nord du Mali par les combattants d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), rappellent les autorités d'Abuja.Quelque 60 soldats sénégalais sont arrivés au Mali le dimanche 20 janvier, sur une force totale de 500 hommes finalement promise par Dakar. Le Sénégal s'était d'abord montré réticent à envoyer des troupes dans le bourbier malien. Le président Macky Sall avait expliqué en juillet 2012 que des contingents de son pays étaient déjà déployés ailleurs, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan et en Guinée-Bissau. Le Sénégal avait encore démenti le 11 janvier avoir des troupes combattantes au sol au Mali, comme l'avait affirmé un porte-parole de l'armée malienne. Les pressions amicales de la France ont-elles joué ? Dakar a en tout cas décidé, le 16 janvier, de participer à l'effort militaire ouest-africain.LES PAYS CONTRIBUTEURS ET CEUX QUI RESTENT EN RETRAITLe Burkina Faso et le Niger ont annoncé des contributions respectives de 500 hommes à la Misma, tandis que la Guinée s'est engagée à hauteur de 120 à 144 hommes, selon les sources. Quant au Ghana, il a fait un revirement et oublié ses premières réticences, en promettant le 13 janvier d'envoyer 120 hommes au Mali. Le déploiement effectif des soldats de ces quatre pays est encore attendu.De son côté, la Côte d'Ivoire ne s'est pas formellement prononcée sur l'envoi de troupes au nord du Mali. Une décision que réclame le Front populaire ivoirien (FPI). Mais le président ivoirien Alassane Ouattara, qui a brandi la menace d'une intervention militaire de la Cédéao au Mali dès le lendemain du putsch du 22 mars 2012, est-il en mesure d'envoyer des troupes ivoiriennes ? La Côte d'Ivoire est elle-même en butte à la désorganisation de son armée - actuellement en restructuration - et confrontée à des problèmes sécuritaires. Quelque 11 000 casques blancs des Nations unies sont d'ailleurs toujours déployés dans le pays, dans le cadre de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).La Mauritanie, elle, s'en tient à sa décision initiale, annoncée en août 2012, de ne pas participer à une force internationale au Mali. Même si Nouakchott considère Aqmi comme un problème de sécurité intérieure, le groupe terroriste ayant beaucoup recruté à ses débuts parmi de jeunes Mauritaniens. La Mauritanie a été le pays le plus actif au nord du Mali sur le plan militaire, multipliant les raids aériens ces dernières années contre des convois d'Aqmi, et essuyant en retour des attentats d'Aqmi. Mais le général Mohamed Ould Abdel Aziz, le président mauritanien, ne souhaite pas s'impliquer dans une force ouest-africaine de la Cédéao, une communauté dont son pays ne fait pas partie. Nouakchott a cependant pris soin de sécuriser sa frontière avec le Mali.L'IMPORTANT RENFORT TCHADIENLe Tchad a déjà envoyé le 16 janvier à Niamey, la capitale du Niger, 200 éléments de ses forces spéciales, sur un total annoncé de 2 000 hommes. Ces forces devraient être déployées avec les troupes nigériennes le long de la frontière entre le Niger et le Mali. Le Tchad, qui n'est pas membre de la Cédéao, fournira donc les effectifs les plus nombreux après la France. Ce pays a été sollicité d'abord par Paris, puis par le président intérimaire malien Dioncounda Traoré, pour venir renforcer le dispositif international, en raison de l'expérience de son armée dans un terrain désertique aux conditions climatiques difficiles.Avec RFI http://www.francepresseinfos.com/
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Journal hebdomadaire de Voix de la Russie – 21 janvier 2013
LES TITRESØ L'Islam :des données bien différentes en France et en Russie.Ø Immigration :les rois de France exilés dans leurs tombeaux pendant que Vladimir Poutine protège la Russie.Ø Piraterie en Somalie :Quand la France casque, la Russie cogne.Ø Mali :Hollande ne sait plus ce qu'il a dit, alors sait-il encore ce qu'il fait ?ØThéâtre du Châtelet :rencontre inspirée entre la haute couture française et le ballet classique russe.Ø Syrie :la presse indépendante assassinée, à qui profite le crime ?Ø Épiphanie en terre orthodoxe :entre la pureté et la glace -
L'Université malade de la massification (archive 2009)
La tentative de réforme de l'Université concoctée par Valérie Pécresse provoque une levée de boucliers de la part des universitaires. Au-delà des critiques de surface, la question fondamentale qui se pose à l'Université française est celle de la sélection.
Les universités sont une fois de plus dans la rue. Comme d'habitude ? Pas tout à fait : pour la première fois, en effet, ce sont les enseignants eux-mêmes, et non pas les étudiants, qui sont à l'origine du mouvement. En outre, les syndicats de droite ne sont pas les derniers à manifester leur colère. Des universités qui ne sont traditionnellement pas classées à gauche, comme la très emblématique faculté d'Assas, se mobilisent, de même que les facs d'économie ou de droit, qui ne bougent pourtant pas souvent. Si elles prennent aujourd'hui la tête du mouvement, c'est que les réformes concoctées par Valérie Pécresse, ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, et Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, représentent, à plusieurs points de vue, une véritable arnaque.
L'un des reproches essentiels que l'on puisse leur adresser est, une fois de plus, d'écarter toute espèce de sélection. Ce constat concerne, en premier lieu, l'admission des nouveaux bacheliers à l'université : on sait que l'Education nationale s'est assigné la mission de conduire 80 % d'une classe d'âge au bac. Conséquence de l'absence de sélection à l'entrée de l'université : tous les possesseurs d'un baccalauréat, y compris les titulaires d'un bac professionnel ou technique, peuvent s'inscrire en fac dans la matière qui leur plaît. Par ailleurs, lorsqu'elle a présenté la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) , en août 2007, Valérie Pécresse a promis à l'UNEF, syndicat étudiant de gauche, de proscrire la sélection : pour combattre l'échec à l'université (un étudiant sur deux échoue en première année), le ministre a même prévu de mettre en place un plan « réussite » en licence, organisant un suivi individuel des étudiants qui ne parviennent pas à suivre. En somme, on utilise les mêmes cataplasmes pour jambes de bois que dans le secondaire, avec les mêmes résultats : la massification se traduit par une chute de la valeur des diplômes.
La sélection est également bannie du recrutement des futurs professeurs du secondaire, par le biais de la « masterisation » : sous prétexte de revaloriser les carrières, Valérie Pécresse annonce que les futurs profs seront recrutés à bac + 5, par le biais de Masters, et non pas à bac + 3. Le mensonge est flagrant, puisqu'ils sont déjà tenus d'obtenir le Capes (autrement dit la licence plus un an, soit quatre ans au minimum pour les meilleurs élèves, ceux qui parviendront à l'obtenir à la première tentative) ou l'agrégation, concours élitiste qui suppose, pour s'y inscrire, d'avoir décroché une maîtrise (4 ans minimum). Une fois nanti du Capes ou de l'« agrég », l'étudiant suit encore un stage d'un an en lUFM. Si l'on compte bien, ça fait... cinq ans. Le pire est ailleurs : les programmes de l'écrit et de l'oral du nouveau Capes se traduiront par une baisse du niveau du concours. L'épreuve orale, notamment, sera organisée sur la base d'entretiens destinés à vérifier la bonne connaissance que le candidat aura du système éducatif. Il portera sur les valeurs et les exigences du service public (laïcité, égalité des chances, tolérance... ), l'ouverture au monde, les établissements scolaires, les élèves, le tout accommodé à la sauce idéologique. Rien, en revanche, concernant les savoirs qu'il sera appelé à transmettre. Est-ce tout ? Un professeur de langue évoque le manque de « diversité » parmi les lauréats des concours : abaisser le niveau pourrait y remédier...
La recherche française est-elle condamnée ?
Reste la question des enseignants-chercheurs, qui amène à en poser une autre : la recherche française est-elle condamnée à brève échéance ? Les universitaires doivent accomplir trois types de tâches : l'enseignement, la recherche et des travaux administratifs qui leur prennent de plus en plus de temps, notamment du fait de la massification de l'université. Cette inflation des tâches administratives réduit d'autant le temps consacré à la recherche. Concernant l'évaluation des enseignants-chercheurs, qui aura lieu tous les quatre ans, les universitaires redoutent de ne plus être évalués par leurs pairs, comme c'était le cas lorsque la responsabilité en revenait au Conseil national des universités (CNU), dont l'avis désormais ne sera plus que consultatif, la décision finale revenant au conseil d'administration de l'Université elle-même, qui pourrait statuer en fonction de critères matériels - autrement dit, des moyens dont elles disposent.
Jean-Pierre Nomen monde & vie. 21 février 2009. -
L'Irlande, la construction européenne et le génocide industriel de la France
Le problème irlandais est caractéristique de ce que la construction européenne a coûté et continuera à coûter à la France.
L'Irlande était un pays pauvre comparé à notre pays il y a encore trente ans. Avec la construction européenne, le PIB par tête est maintenant de 50 % supérieur à celui de la France.
L'expression « déshabiller Pierre pour habiller Paul» garde tout son sens. Les pays européens du centre (France, Allemagne, ... ) ont par leurs subventions permis à l'Irlande de faire venir des entreprises, la plupart du temps américaines. Au passage, les subventions européennes ont aussi permis aux entreprises du CAC 40 de délocaliser au détriment de l'emploi dans notre pays. L'Irlande a aussi fait venir d'autres entreprises avec un taux d'imposition sur les bénéfices de 12,5 % contre 27,5 % en moyenne dans les autres pays de la zone Euro.
Après avoir fait payer les français à notre détriment, on leur demande maintenant de renflouer l'Irlande à nouveau. Cela n'est pas trop souligné par les fanatiques de la construction européenne. On constate aussi l'hypocrisie, la vacuité et le ridicule de ceux qui condamnent en permanence le protectionnisme.
Depuis longtemps il ne consiste plus à refuser des marchandises. Il s'exprime de façon sournoise par des conditions avantageuses grâce aux taux de change pour certains, le taux d'imposition sur les sociétés ou la pratique de la désinflation compétitive comme en Allemagne. Ce qu'on appelle le libre-échange n'est que l'utilisation de tous les protectionnismes locaux. Les Irlandais n'ont ratifié le traité de Lisbonne qu'à condition de maintenir leur avantage fiscal sur les sociétés. Quant à la Grèce, elle envisage déjà de ne pas rembourser le FMI et l'Europe.
On comprend avec l'Irlande, cas qu'on peut généraliser à la Grèce, à l'Espagne, au Portugal et aux pays de la périphérie pourquoi la France avec la construction européenne connaît depuis de longues années un véritable marasme économique. Avec la mise en place de l'Euro, les produits allemands ont pu inonder les marchés français et italien. Tout ceci conjugué aux subventions pour favoriser l'implantation des entreprises aux pays de la périphérie et aux 4 PIGS*, on a assisté à la destruction systématique de notre industrie.
Le gouvernement français a accompagné toutes ces mesures sous la pression des entreprises du CAC 40 à qui cela rapporte. Il y a malheureusement une déconnexion entre la santé des grandes entreprises françaises devenues des multinationales et l'économie de notre pays, c'est-à-dire les intérêts économiques des Français vivant sur notre sol.
Face à ce désastre économique qui vient en grande partie de l'Euro, la réaction des gouvernants est de sauver l'Euro, monnaie symbole qui doit être l'horizon indépassable de toute politique.
La crise des pays qu'on appelle les PIGS* montre aussi à quel point les «miracles» économiques étaient artificiels. Leur croissance momentanée a été due à des subventions et une monnaie qui ne correspond en rien à leur économie réelle.
Tout le cadre institutionnel de la construction européenne savamment construit par une « élite» arrogante et sûre d'elle-même n'a abouti qu'au déclin de la France et même de l'Europe.
Patrice GROS-SUAUDEAU
* PIGS : Portugal, Italie, Grèce, Espagne -
La France peut-elle, à elle seule, tenir le « Sahélistan » ?
Analyse de Bernard Lugan (20 janvier 2013)
Ce n’est pas le seul Mali qui doit être sécurisé, mais tout le Sahel, ce rift racial s’étendant sur dix pays et sur lequel ont été plaqués des Etats associant artificiellement des Nord « blancs » et des Sud noirs.

L’Europe feint de ne pas voir ce qui s’y passe cependant que les Etats-Unis observent la situation de loin. Le 18 janvier Léon Panetta secrétaire américain à la Défense a ainsi déclaré que « les opérations de sécurité au Mali incombent aux puissances régionales ». Quant à l’ « aide » à l’armée française, parlons-en, puisque Washington va en effet louer à la France ces avions gros porteurs qui lui font régulièrement défaut. Léon Panetta a bien pris soin de préciser, au cas où il n’aurait pas été compris, que le « gouvernement français remboursera aux Etats-Unis les frais entraînés par ce soutien aérien ». François Hollande doit se dire qu’il est réconfortant de pouvoir compter sur de « solides » alliés…
Quant aux pays africains, pourtant les premiers concernés, ils ne se bousculent pas. De plus, les contingents que certains finiront tout de même par envoyer et qui seront équipés par la France, ont une valeur militaire « inégale ».
Dans ces conditions, et comme la France ne peut, à elle seule, s’engager dans une opération de « pacification » du sahélistan, que convient-il donc de faire et surtout, de ne pas faire ?
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