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La nouvelle lutte des classes : les nations contre les marchés financiers
Par Aristide Leucate *
Les nations sont devenues les nouveaux prolétaires de la mondialisation, exploitées, vidées de leur substance et, finalement, aliénées entre les mains irresponsables de la haute finance apatride, des marchés financiers, des banques, des fonds monétaires et autres fonds de pensions, tous concourant à ce mortifère turbo-capitalisme d’arraisonnement du monde.
Depuis que l’ancien Premier secrétaire du PS, devenu locataire de l’Elysée le 6 mai 2012, a ratifié, les 28 et 29 juin2012, le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), notre pays est littéralement placé sous tutelle de la Commission de Bruxelles. Un peu comme nos communes l’étaient sous celle de l’Etat, avant les lois Deferre de décentralisation. Flamby Normal ne fit, cependant, qu’emboîter le pas de son prédécesseur qui, le 21 février 2012, ratifia le Mécanisme européen de stabilité (MES), sorte de FMI européen que la France devra abonder à hauteur de 142,7 milliards d’euros et qui prohibe les déficits publics au-delà de 0,5% du PIB des Etats. Or, dans son dernier rapport public annuel, la Cour des comptes a estimé irréaliste la politique du gouvernement socialiste de tenir le déficit public de la France en dessous des 3% du PIB. Partant, la France, ayant vraisemblablement atteint, fin 2012, un déficit proche de 90% de son PIB (environ 1700 milliards d’euros, soit 11 151,27 milliards de Francs), s’expose, à un programme drastique d’ajustement structurel, « comportant une description détaillée des réformes structurelles à établir et à mettre en œuvre pour assurer une correction effective et durable de son déficit » (art. 5 du TSCG).
En d’autres termes, notre pays est, volens nolens, condamné à une politique libérale d’austérité sans précédent, coincé dans l’étau incoercible de Bruxelles et de Francfort, sous l’œil vigilant de la Cour de justice de Luxembourg. Dès lors, que pèsera la pâle réforme des banques promises par François Le Normal ? Ayant déclaré emphatiquement, hier, que son « ennemi sans visage » était la « Finance », le voilà, aujourd’hui, embrasser les dogmes libre-échangistes de la Banque centrale européenne. L’économiste, Gaël Giraud, a raison de dire que « ce projet n’est pas du tout ce que prétendent ses promoteurs, [quand] ils affirment qu’il s’agit de séparer les activités utiles à l’économie [dépôt et épargne, NDLR] des activités inutiles [spéculation, NDLR], et de sécuriser les dépôts des Français ». En réalité, note-t-il, « il s’agit d’un projet qui (…) déploie un filet de sécurité supplémentaire pour les banques, qui, en cas de malheur, risquent d’être à nouveau renflouées par le contribuable ! (…) En cas de faillite d’une banque, le gouverneur de la Banque de France et le directeur du Trésor disposent de la majorité absolue pour décider comment et par qui elle sera renflouée. (…) C’est un projet qui a été rédigé sous la dictée des grands banquiers français. Il y a une collusion d’intérêt évidente entre le Trésor, Bercy et les banques » (L’Expansion, 8 février). [...]
La suite dans L’AF 2857
*Aristide Leucate est rédacteur à L’Action Française
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INDECT : un projet européiste totalitaire
INDECT est un projet de recherche qui doit déboucher à l’élaboration d’outils innovants, permettant d’assurer la protection des citoyens européens.
Un priorité donc : renforcer la vidéosurveillance, automatiser la reconnaissance des menaces via une analyse intelligente du comportement des citoyens. Dans cette optique, le projet Indect vise aussi à renforcer la surveillance du web : analyse des données, des vidéos, des photos, des textes…
Bref, sous couvert de protection des citoyens, Big Brother is watching you !
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Vague FN : ça promet !
Un sondage publié vendredi par Le Parisien créditait Bernard Tapie de 40% des intentions de vote s’il se présentait aux municipales à Marseille. Le comédien et homme d’«affaires» a décliné poliment cette invitation implicite à y aller en expliquant que sa femme était opposée à son retour en politique et que sa candidature serait une cause de divorce. Plus prosaïquement, le premier sondage Ifop-Fiducial pour Le Journal du Dimanche portant sur les municipales de 2014 dans la capitale phocéenne, et testant tous les candidats, a en réalité douché ses espoirs. L’ex patron de l’OM et ministre de François Mitterrand n’y est crédité que de 13% des voix…Un signe que le leurre grande gueule-populiste-anti FN ne fonctionne plus aussi bien qu’avant; d’où l’offensive antinationale de grande ampleur que l’on voit se préparer actuellement..
«Maire depuis 1995 constate Le JDD, Jean- Claude Gaudin (…) avec un score compris entre 32% et 36% (…) marque le pas par rapport à l’élection précédente puisqu’il avait obtenu 41% des suffrages au premier tour (…). Selon notre enquête, il serait battu dans tous les cas de figure, c’est-à-dire par tous les candidats PS. Le cauchemar du maire sortant s’appelle Stéphane Ravier. Il porte les couleurs du Front National de Marine Le Pen et obtiendrait au premier tour de 14% à 20% des voix. De quoi se qualifier pour le second tour et empêcher une réélection de Gaudin. Au-delà de Marseille, le score du FN montre que la vague bleue espérée par Jean-François Copé risque d’être entravée par le vote frontiste.»
Une inquiétude relayée par le député européen UMP Brice Hortefeux, invité hier dimanche de l’émission «Tous Politiques» sur France Inter. Interrogé sur le risque de voir l’UMP perdre Marseille, M. Hortefeux a repris les mêmes vieux arguments éculés qui servent depuis 30 ans a sein de la droite libérale: «La question c’est de savoir si le Front National veut faire à Marseille ce qu’il a fait lors de l’élection présidentielle c’est-à-dire faire perdre le candidat modéré, responsable de la droite et du centre (…). Nous avons perdu l’élection présidentielle parce qu’il y a eu un appel en réalité à faire battre Nicolas Sarkozy, c’est là où on a perdu (…) le résultat s’explique par l’attitude du Front National..»
Rappelons à M. Hortefeux que si les électeurs du FN et d l’UMP sont très nombreux à souhaiter des accords électoraux, notamment municipaux, pour faire barrage au socialo-communisme, il existe des raisons objectives pour lesquelles un électeur patriote n’a pu se résoudre à voter pour le champion de l’UMP et pour ce parti depuis 2007. Elles tiennent au bilan de Sarkozy et de sa majorité au pouvoir: La fuite en avant euro mondialiste et la soumission accrue de la France à l’OTAN. L’institutionnalisation de l’islam de France via le CFCM, la pénétration de nos banlieues par des réseaux d’influence étrangers. Les promesses non tenues aux harkis, l’entrée et la régularisation massives d’immigrés. L’explosion de la délinquance et le refus de rétablir une échelle des peines cohérente .Last but not least, la droite sarkozyste au pouvoir ce fut aussi la poursuite du déclin de l’Education nationale, les méthodes pédagogiques soixante-huitardes non remises en cause, les attaques contre la famille, l’ouverture à gauche, DSK au FMI, Frédéric Mitterrand à la Culture, les appels à faire barrage au FN c’est Sarkozy et l’UMP…
Cette parenthèse étant fermée, le JDD relève aussi que dans le cadre des municipales à Marseille, «une vraie incertitude existe sur la meilleure tête de liste PS.» Marie-Arlette Carlotti, ministre des Personnes handicapées, devance avec 27% des voix la sénatrice Samia Ghali (25%), tandis qu’ Eugène Caselli, président de la communauté urbaine de Marseille et le député Patrick Mennucci, sont tous deux crédités de 24% des voix. «Le total des voix de gauche atteint 42%-43%, c’est-à-dire à peu près celui de Hollande au premier tour de la présidentielle. Le PS marseillais semble à la fois épargné par l’impopularité du Président et par le poids des affaires Guérini.»
Un Jean-Noël Guérini déjà mis en examen , convoqué chez le juge et qui a prévenu ses petits camarades du PS, dans un entretien accordé dans ce même journal : «Si je parlais, certains ne seraient plus ministre». La question étant de savoir, note Bruno Gollnisch, pourquoi le sénateur socialiste refuse de parler s’il a connaissance de faits qui peuvent intéresser la justice…
C’est dans ce climat de corruption que le PS a lancé un os à ronger à ses jeunes militants -il en reste quelques uns- en mettant sur orbite son énième campagne contre le Front National, confiée à quelques apparatchiks sans grande envergure, du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Samedi 16 février à Montreuil, lors de la convention du MJS, son président Thierry Marchal-Beck, a tenu un discours de petit vieux rad-soc en ânonnant ses fiches, récupérées en partie chez ses prédécesseurs. Témoin de la chute de niveau assez dramatique des nouvelles générations socialistes, certains passages sentaient vraiment le renfermé. Soit la décalque involontairement comique d’une planche maçonnique lambda sur le thème cent fois rabâchés de de la lutte contre les nationaux.
Certes, le MJS a été parfois moins excessif (moins franc?) que la branche jeunesse de l’UMP, les Jeunes Pop de Benjamin Lancar. En 2008, sur les bons conseils et grâce au feu vert de Frank Louvrier, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, M. Lancar avait exposé à Nice sa campagne en faveur de la « diversité ». Avec la contribution de deux jeunes conseillères municipales, Fatima Khaldi et Maty Diouf, le responsable des jeunes de l’UMP prônait « la discrimination positive par quotas ethniques ». Mais il est vrai que les candidats des Jeunes Pop avaient (déjà) dans leur programme le droit de vote des étrangers aux élections locales comme leurs homologues socialo-communistes ou verts.
La direction du MJS elle, a donc également invité le 16 février ses potes de bureau à « affirmer (leur) projet porteur d’émancipation individuelle et collective» (sic). «Cette convention , s’inscrit dans une longue histoire. La longue histoire du combat entre les forces du progrès et de celles de la réaction. Dans l’histoire de notre pays, nous sommes tous des enfants de la Révolution française, celle où des députés de la Nation rassemblés ont décidé de proclamer que tous les hommes –et permettez-moi d’y inclure les femmes– naissent et demeurent libre et égaux en droits.» Le style pompier humaniste de Mme Taubira fait apparemment des émules rue de Solferino!
Il convient encore de noter qu’ en refourguant à une structure aussi indigente et confidentielle que le MJS, le soin de s’atteler à une campagne anti FN, la direction socialiste accrédite surtout l’idée de son impuissance à endiguer la vague frontiste qui se profile l’année prochaine. Mais aussi, plus cyniquement, qu’elle espère qu’elle fera plus de dégâts dans les rangs de l’UMP que dans les siens. Ce qui est certain, constate Bruno Gollnisch , c’est que ce sont les Français qui seront gagnants s’ils refusent les oukases du Système et votent (enfin) pour leurs idées !
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Que la Contre-révolution est catholique !
Le Monde publie avec une belle liberté d'esprit une anthologie de la contre-Révolution. À ne surtout pas bouder !
La collection Les rebelles est une publication du quotidien Le Monde, placée sous la direction éditoriale de Jean-Noël Jeanneney, naguère responsable des festivités du bicentenaire de la Révolution française (c'était en 1989). Au sein de cette collection, l'un des volumes est consacré, sous la direction de Jérôme Besnard, à une anthologie de la Contre-révolution. Le choix des textes, de Rivarol à Chateaubriand, du Comte de Chambord à Charles Maurras, est extrêmement large et à dominante littéraire.
Ce qui frappe, c'est l'importance du catholicisme dans la Contre-révolution. Balzac donne l'exemple, qui prétend travailler « à la lueur de deux vérités éternelles, l'Eglise et la Monarchie » dans la Préface de sa Comédie humaine. Un peu plus loin, dans ce choix de texte, on découvre la préface de Jules Barbey d'Aurevilly à Une vieille maîtresse, avec ces mots magnifiques : « Ce qu 'il y a moralement et intellectuellement de magnifique dans le catholicisme, c'est qu'il est large, compréhensif, immense ; c'est qu'il embrasse la nature humaine tout entière, et ses diverses sphères d'activité, et que, par dessus ce qu 'il embrasse, il déploie encore la maxime : "Malheur à celui qui se scandalise". Le catholicisme n'a rien de prude, de bégueule, de pédant, d'inquiet. Il laisse cela aux vertus fausses, aux puritanismes tondus... »
Et le vieux Maurras, dans une lettre à son disciple, le philosophe Pierre Boutang, qui date de février 1951 (le maître de l'Action Française mourra en novembre 1952) déclare avec force : « Il n'y a qu'à recréer un refuge spacieux et fort, digne du nom français et qui serait le modèle de tous les civilisés. Nous bâtissons l'arche nouvelle, catholique, classique, hiérarchique, humaine, où les idées ne seront plus des mots en l'air (...) où revivra ce qui mérite de revivre, en bas les républiques, en haut la royauté et par delà tous les espaces la papauté. » Étrange profession de foi politique d'un agnostique !
Le catholicisme est la première cible de la Révolution
On découvre dans cette anthologie la vigueur de la prose d'un La Varende dans Les manants du roi, l'étrange clairvoyance d'un Bernanos, sur la future société des machines « systématiquement contre toutes formes de vie intérieure ». Même Roger Nimier, très opportunément cité, ou Michel Mohrt dans son assez récent Tombeau de La Rouerie (2000) redisent, chacun à leur manière, l'empreinte du christianisme sur la France qu'ils aiment et dont ils veulent défendre la pérennité.
La question aujourd'hui est de savoir en quoi peut bien consister une contre-révolution. Mais alors que l'esprit laie semble se radicaliser dans la revendication infinie de liberté et d'égalité, il est temps de retrouver les classiques, les Maistre, les Bonald, les Veuillot, qui ont prédit la nocivité, qui ont craint l'inhumanité de la Révolution. Pour les catholiques plus encore que pour les autres, car depuis deux siècles et demi, le catholicisme est la première cible de la Révolution.
Joël Prieur monde & vie 10 novembre 2012
Jérôme Besnard, La contre-révolution, collection Les rebelles, éd. Le Monde, disponible en kiosques ou sur le site : http://boutique.lemonde.fr/la-contre-revolution-7061 .html 5,90 euros. -
Libre Cosaques - Vae Victis
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L’autorité publique est aux mains du système financier
Entretien avec Hervé KempfVous démontrez avec des exemples innombrables comment le monde glisse vers une sorte de régime autoritaire dont l’intention unique est de maintenir les privilèges d’une caste, l’oligarchie. Cela vous amène à une conclusion socialement et politiquement dramatique : la fin possible de la démocratie.
L’oligarchie est la définition d’un régime politique. L’oligarchie est un concept inventé par les grecs aux IVe et Ve siècle av. J.-C. Les grecs ont défini les façons selon lesquelles les sociétés humaines pouvaient être gouvernées : la dictature, le despotisme, la monarchie, la tyrannie, la démocratie, qui est le pouvoir du peuple pour le peuple et par le peuple, et ensuite ils ont défini une autre forme de gouvernement qui est précisément l’oligarchie.
L’oligarchie est le pouvoir aux mains de peu de personnes. Ce que je dis alors c’est que, au moins en Europe, nous glissons vers l’oligarchie. Le système politique actuel fait qu’un groupe de peu de personnes imposent ses critères au reste de la société.
Vous suggérez que nous sommes dans une phase de post-démocratie dans laquelle, avec l’objectif de se maintenir au pouvoir, l’oligarchie maintient une fiction démocratique.
Bien sûr. L’oligarchie répète sans cesse que nous sommes dans une démocratie et que tout est parfait. C’est une fiction. Même les intellectuels ont oublié le concept d’oligarchie et contribuent à nourrir la fiction. Tous les intellectuels en syntonie idéologique avec le capitalisme ont maintenu l’idée selon laquelle existaient seulement deux alternatives : ou la démocratie, ou le totalitarisme.Cela pouvait être compris au début à travers deux exemples : dans les années ’30 avec Hitler, ou dans les années ’50 ou ’60 avec l’Union soviétique, on pouvait dire qu’il était précis d’opter entre la démocratie et ces deux dictatures. Mais cela est fini : depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 et le naufrage de l’Union Soviétique, nous passons à un autre ordre. Mais les intellectuels qui sont au service du capitalisme ont persisté dans l’idée selon laquelle il y a seulement deux chemins : ou la dictature, ou la démocratie. C’est pourquoi il est important que le concept d’oligarchie soit bien présent pour comprendre que, progressivement, la démocratie nous a été volée.
Les pays européens, et beaucoup plus les États-Unis, ont glissé vers un régime oligarchique où le peuple n’a déjà plus de pouvoir. La démocratie européenne est malade, elle s’est beaucoup affaiblie, et s’oriente de plus en plus vers l’oligarchie. En revanche, les États-Unis ont arrêté d’être une démocratie : c’est une oligarchie, parce que c’est l’argent qui détermine les orientations des décisions politiques. En réalité, l’oligarchie est une démocratie qui fonctionne seulement pour les oligarques. Dès qu’ils se sont mis d’accord entre eux, ils imposent les décisions.
Nos systèmes ne peuvent plus s’appeler démocratie, parce que la puissance financière détient un pouvoir démesuré. L’autorité publique est dans les mains du système financier. Les pouvoirs publics ne prendront jamais de décision que puisse nuire aux intérêts économiques, aux intérêts de l’oligarchie financière. Nous devons accepter l’idée que ceux qui ont les rênes du pouvoir politique de l’État ne prennent pas de décisions pour le bénéfice de l’intérêt général. Leurs décisions peuvent aller à l’ encontre de l’intérêt public.
Ce raisonnement implique que la souveraineté populaire a disparu, comme idée et comme pratique.
Effectivement. Déjà il n’y a plus de souveraineté populaire. Quand le peuple arrive à réfléchir, à discuter et à délibérer ensemble et prend une décision, l’oligarchie va contredire la décision populaire. En 2005 il y a eu en Europe un grand débat autour d’un référendum qui à la fin a été organisé en France et ensuite en Irlande et aux Pays-Bas sur un projet de traité de Constitution européenne.
Pendant six mois, la société française a discuté de ce sujet comme elle ne le faisait pas depuis de nombreuses années. Les médias, appuyant la philosophie capitaliste, disaient « il faut voter oui, il faut voter en faveur du traité ». Mais le peuple français a voté « non ».Et qu’est-il arrivé ensuite ? Presque deux ans plus tard les gouvernements d’Europe ont imposé ce traité avec quelques légères modifications sous le nom de Traité de Lisbonne. Il y a eu alors une trahison extraordinaire de la volonté populaire. Nous retrouvons cet exemple dans d’autres endroits.
Sans aller plus loin, en 1991, en Algérie, les islamistes ont gagné les élections législatives, mais les militaires ont interrompu le processus par un coup d’État qui a mené le pays vers une guerre civile épouvantable. Autre exemple : en 2005 les palestiniens ont voté pour choisir leurs députés. C’est le Hamas qui a gagné. Cependant, tous les États, des États-Unis jusqu’à l’Europe, en passant par Israël, ont choisi d’ignorer le Hamas parce qu’ils le considèrent comme une organisation terroriste. On n’a pas respecté le vote du peuple palestinien. Le peuple en tant que tel est le cœur de la démocratie c’est-à-dire le principe à partir duquel tous partageons quelque chose.
Le peuple n’est pas vous, Michel ou moi, mais tous ensembles. Nous partageons quelque chose et nous devons prendre une décision conjointe. Nous formons un corps, c’est pourquoi on dit « le corps électoral ». Mais ce qui est arrivé en Europe en 2005 marque une rupture profonde avec le peuple.
Cependant, entre l’idée d’oligarchie qui existait au début du XXe siècle et maintenant, il y a eu aussi une coupure radicale dans ce groupe.
Oui. Il y a eu une évolution de l’oligarchie. Maintenant nous pouvons parler des déviations de l’oligarchie poussée par l’évolution même du capitalisme. Durant les trente dernières années le capitalisme s’est transformé. Tout commence en 1980, quand Ronald Reagan gagne les élections présidentielles aux États-Unis et Margaret Thatcher arrive au pouvoir en Grande-Bretagne.
À partir de là, non seulement s’est concrétisé un capitalisme orienté vers la spéculation financière, mais aussi une une transformation culturelle, anthropologique a eu lieu. La philosophie capitaliste s’est répandue avec ce message : « La société humaine n’existe pas ». Pour les capitalistes, la société est un une collection d’individus qui se trouvent dans une boule et son unique mission consiste à en tirer un maximum de profit.
Pour les capitalistes, l’individu est séparé des autres, est en concurrence permanente avec eux. Dans cette vision, ce qui est commun n’est plus le peuple, mais le marché. Pour cette raison les gens ont tant de difficultés à se sentir un citoyen qui participe à un processus commun à tous. Le système a occulté une donnée : le phénomène fondamental qui s’est produit au sein du capitalisme au cours des trente dernières années fut l’augmentation de l’inégalité, dans tous les pays, y compris les pays émergents.
Nous sommes dans une phase cruciale de crise. Il n’y en a déjà plus une, mais plusieurs, et toutes se concentrent en même temps. La réponse de l’oligarchie est proportionnelle à l’intensité de ces crises : l’autoritarisme et la répression comme réponse.
Nous sommes dans un moment très délicat de l’humanité. La crise écologique s’aggrave de plus en plus et les crises sociales s’accroissent : Europe, États-Unis, les pays arabes, la Chine et Inde. Et face à l’augmentation des protestations populaires, l’oligarchie tend à aller vers une direction de plus en plus autoritaire, répressive, militaire. C’est ainsi en France, en Italie, en Angleterre, aux États-Unis, au Canada.
Dans chacun de ces pays nous avons vu le développement impressionnant des technologies policières (caméras de surveillance, fichiers informatiques, etc.). Nous affrontons un double danger : non seulement que la démocratie se dirige vers l’oligarchie mais, aussi, que l’oligarchie, le capitalisme en général, entrent dans une phase autoritaire, insistant sur des sujets comme la xénophobie, l’insécurité ou la rivalité entre les nations.
L’oligarchie ne veut pas adopter des mesures pour pallier à la crise écologique ou pour diminuer l’inégalité. Non. Ce que l’oligarchie veut, c’est conserver ses privilèges fondamentaux. C’est une oligarchie destructrice. Je crois qu’elle ne comprend pas la gravité de la situation. Au lieu d’évoluer, l’oligarchie est chaque fois plus réactionnaire.
Aujourd’hui il y a un nouvel élément, qui sera sans doute déterminant : la crise écologique, la crise climatique. Cependant, peu sont ceux qui sont disposés à relever les défis.
Nous sommes dans un moment essentiel de l’histoire humaine, pour deux raisons. En premier lieu, nous traversons un moment de notre histoire dans lequel l’humanité arrive aux limites de la biosphère. L’espèce humaine s’est répandue et développé à travers de la planète en s’appuyant sur une nature qui nous semblait immense et inépuisable. Mais maintenant l’ensemble de l’espèce humaine découvre que la planète a des limites et qu’il est nécessaire de trouver un nouvel équilibre entre l’activité et la créativité humaines et les ressources.
Nous devons changer de culture et passer de l’idée selon laquelle la nature est inépuisable à la réalité que nous mettons en danger ces ressources. Il nous reste à apprendre à les économiser et à les utiliser avec sagesse et prudence. En cela, se joue un changement de culture. Le deuxième en importance, est que nous nous trouvons au moment où nous formons une société humaine. Avant nous étions comme des étrangers les uns avec les autres. Là non.
Même si à Rio de Janeiro on vit d’une façon différente qu’à Paris, à Londres ou Shanghai, il y a beaucoup d’éléments communs qui nous amènent à prendre conscience que nous appartenons au même monde. La mondialisation non seulement est en compétition avec la mondialisation de la culture ou de l’économie, non, mais aussi atteint la population humaine. Nous découvrons que nous avons des intérêts communs.Les problématiques de l’oligarchie ou de la démocratie se jouent aussi en « Amérique Latine », en Asie et en Europe. Nous sommes la même société.
C’est un nouvel élément dans l’histoire de l’humanité. Mais cette nouvelle société doit réécrire, inventer une nouvelle façon de vivre avec la biosphère et les ressources naturelles. Si nous n’arrivons pas à le faire, cette société humaine ira vers le chaos, la concurrence et la violence [nous y sommes déjà au Moyen Orient et Afrique NDLT]. Il n’y aura pas seulement du désordre, l’aventure humaine s’arrêtera.
Pour vous, il ne peut pas y avoir un renouvellement de la démocratie si la question écologique n’est pas prise en considération.
L’écologie et la démocratie sont inséparables. Si nous regardons vers les années 70, quand le mouvement écologique a pris son impulsion, il l’a fait avec une critique de la démocratie. La démocratie a toujours été dans le cœur de l’écologie. Mais ensuite le capitalisme a dérivé vers l’oligarchie et nous ne sommes déjà plus dans une situation démocratique. Le capitalisme et l’oligarchie poussent toujours vers la croissance économique.
Mais aujourd’hui nous savons que cette croissance économique fait des dommages importants à l’environnement. Nous ne savons pas produire de la croissance économique sans détruire l’environnement, sans émettre du gaz avec effet de serre, sans détruire les forêts comme dans l’Amazonie, ou sans produire d’énormes quantités de soja comme en Argentine, pour lequel des tonnes de pesticides sont utilisés.
La croissance permet qu’on oublie l’énorme inégalité qu’existe. La croissance permet de calmer les tensions sociales. Le développement de l’oligarchie, c’est-à-dire, le délire d’un petit nombre de personnes pour s’enrichir d’une manière colossale, pousse à la croissance et, en même temps, à la destruction de la nature. C’est pourquoi la question démocratique est essentielle. Nous devons arriver à une situation où nous pouvons discuter et réussir à diminuer l’inégalité et, ainsi, pouvoir redéfinir ensemble une économie juste qui ne détruit pas l’environnement.
En somme, toute reformulation de l’idée et du principe de démocratie passe par l’écologie.
Effectivement : il est impossible de penser le monde si nous oublions de la question écologique. Ce sujet n’est pas exclusif des Européens ou des occidentaux, non, c’est une question mondiale. Le sujet du changement climatique, le sujet de l’épuisement de la biodiversité ou de la contamination sont des sujets mondiaux.
Il est impossible de penser à l’émancipation humaine, à la dignité humaine, à la justice sociale, à l’évolution vers une humanité réalisée dans laquelle chaque personne pourra exprimer ses potentialités par rapport aux autres, dans le concret, rien de cela ne peut être pensé si sont laissées de coté , la nature et la relation avec la biosphère.
La situation actuelle est grave à cause de la crise écologique mais aussi pleine d’espoir. Nous avons dix ou vingt ans devant nous pour organiser la transition et permettre aux jeunes du futur qu’ils imaginent une société harmonieuse. Si dans 10 ans nous ne contrôlons pas la contamination, si dans 10 ans nous ne réussissons pas à l’empêcher l’évolution dictatoriale du capitalisme, nous allons tout droit vers des situations très difficiles.
Pagina 12 via l’excellent blog Au bout de la Route
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Méridien Zéro - Histoire du mercenariat de Xénophon aux sociètés militaires privées
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La fin du PCF
SURPRISE pour les délégués au XXXVIe congrès du Parti dit communiste dit français, le 7 février 2013 à Aubervilliers (93) : des drapeaux arc-en-ciel (homosexuels – si Jeannette Vermeersch voyait ça…), mais plus de faucille ! Plus de marteau ! Ces beaux outils ont été mis à la casse par la direction, une nuit sans lune, sans consulter personne. Et ça, c’est encore du stalinisme bien sanglant, bien abject… N’en demandez pas plus. « La fin du PCF » est annoncée dix ans plus tôt (2002-2003) par la revue “Communisme” n° 72/73. Et par quels experts ! Stéphane Courtois, directeur du “Livre noir du communisme” (100 millions de morts), note « l’effondrement communiste » sous l’étiage électoral de 1932. Puis Anicet Le Pors, ancien ministre PCF de la Fonction publique (1981-84), remarque que « le PC ne produit plus aucune idée ». Et se fait hegelien – « Tout ce qui naît est digne de périr » – pour philosopher : « C’est dramatique. Tout ça n’existe plus. Non seulement ça n’existe plus mais il faut que des choses meurent pour que d’autres vivent. »
C’est l’époque où j’ai croisé Le Pors : il arrivait à une réunion souverainiste dans une crypte (!) de Paris XIIIe (où il est né en 1931), et me voyant crier “Le Libre Journal” de Serge de Beketch à la porte, il a tenu à me serrer la main ; à ma vive surprise. C’est aussi l’époque (25 février 2003) où “Le Parisien” affirme que la revue du PCF “Économie et politique” aurait « bénéficié de rentrées douteuses en 1990 et 1991 » (240 000 € versés par de grandes entreprises publiques) en règlement de « factures fictives ».
Ben quoi ? L’or de Moscou s’est tari. Le PCF n’est plus communiste, mais demeure un parti de larbins. Les pourboires de grandes entreprises, publiques et privées, lui sont indispensables. Les petits cadeaux de Lagardère, marchand de canons, ne sont pas dédaignés. Dès 2001, 20 % du capital de “l’Humanité” sont aux mains du Capital. C’est l’année où je me vois expulsé violemment de la fête de “l’Huma”, dans la compagnie honorifique de Louis Dalmas et “Balkans-infos”, pour faire place au patronat (Medef) et à… Coca-Cola !
Le 23 mai 2001, j’explique dans “Minute” « Pourquoi et comment, sans le savoir, vous renflouez “l’Huma” ». Oui, vous : vous la financez en tant que contribuable, quand l’État lui remet une dette de 13 millions de francs (MF). Si vous avez un livret de Caisse d’épargne (5 MF), si vous êtes actionnaire de TF1 (8 MF) ou Hachette (8 MF), vous serez heureux de savoir que ces entreprises, sans vous consulter, confient vos picaillons aux… pourfendeurs du capitalisme ?
Aux nouveaux laquais du capitalisme, bien sûr ! Leur employeur soviétique les a licenciés de fait en décédant, et ils ont couru à la botte du Capital. À sa table de bridge, ils sont le mort.
PATRICK GOFMAN http://fr.altermedia.info/
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L’eurasisme selon Alexandre Douguine par Claude BOURRINET
Le dernier ouvrage d’Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique, paru aux Éditions Ars Magna, nous livre un état des lieux du monde postmoderne, ainsi que de la Russie poutinienne.
Une synthèse éclairante
La fin du XXe siècle se caractérise par la victoire totale, massive, de la « première théorie politique », le libéralisme, qui a vaincu définitivement les deux autres, le fascisme, en 1945, et le marxisme, en 1989. N’ayant plus d’adversaire capable de soutenir théoriquement et pratiquement la contradiction, et porté par sa logique destructrice, qui le mène à transcender toutes les limites, il tend, à partir de son noyau, les États-Unis d’Amérique, à se répandre sur toute la planète, éradiquant les racines des peuples et leur identité. De fait, il se nie lui-même, en abolissant son substrat idéologique, l’humanisme issu de la Renaissance, dont l’incarnation est l’individu. La postmodernité est en effet, après la fin des grands récits, la gestion des choses de l’économie, et le ravalement de l’homme et du réel au rang d’objet démontable et recomposable. À ce cauchemar, s’oppose le conservatisme, dans le sens que lui donnait en partie la Révolution conservatrice, concept que Douguine approfondit comme incrustation, dans l’ordre humain, de l’éternité, qui s’oppose au mythe du progrès et au « nomadisme de l’asphalte ».
Alexandre Douguine, du point qui est devenu le nôtre après la déréalisation des discours qui fondaient l’Histoire humaine, examine le siècle passé, ses rêves et ses tragédies, pour réévaluer ses expériences, communisme et fascisme, en saisir les ressorts secrets, ainsi que les limites.
Le concept de « civilisation »
En même temps que Fukuyama, avec qui il a eu l’occasion de dialoguer, il analyse les thèses d’Huntington, sur le « choc des civilisations », pour développer une analyse de la notion de « Grand espace », autrement dit d’Empire, théorisée par Carl Schmitt, ce qui permet au lecteur de comprendre ce qu’est une « civilisation », et d’aborder efficacement la question de l’eurasisme. En effet, le libéralisme postmoderne, dans sa course mortifère à l’hégémonie mondiale, dans sa tentative d’imposer la technique et l’économie comme destin, le « Gestell » dont parle Heidegger, c’est-à-dire la « formulation sans fin de nouveaux modèles aliénants et nihilistes », se heurte à des résistances, à des « civilisations » porteuses d’une vision fondamentalement différentes, qui coexistent, et qui proposent chacune une vision singulière, irréductible, une alliance entre une anthropologie, une métaphysique, une langue et une ethnie parfois, des coutumes, des manières de sentir, d’aimer, de haïr qui leur sont propres. Ces noyaux, qui s’opposent au noyau occidental situé aux U.S.A. et en Europe, sont la Chine et le Japon, l’Iran, le Califat, la Russie, l’Amérique latine de langue espagnole ou portugaise, et peut-être l’Europe. L’eurasisme ne cherche pas une alternative au nihilisme postmoderne dans le passé, mais dans la présence synchronique de pôles différenciés, qui constituent autant de variantes d’être au monde, originales et ontologiquement enracinées.
La Russie et nous
Douguine est un acteur engagé dans la Russie post-soviétique. Il nous donne, de première main, des informations sur le rapport des forces, notamment entre une oligarchie en majorité vendue aux Anglo-Saxons et un peuple attaché aux valeurs patriotique. Il nous éclaire sur le débat qui est la source des hésitation de Vladimir Poutine et du pouvoir actuel, entre l’État-nation, qui aurait sa place dans la « communauté internationale » (un piège, selon Douguine), et l’idée d’eurasisme (l’Empire). Rappelons que l’Empire n’a rien à voir avec celui de Napoléon ou le Reich allemand, qui étaient des nationalismes. Il est plutôt une « combinaison des différences en une unité », unité incarnée par des valeurs suprêmes (il n’est pas question de « fusion »). Douguine dresse un bilan de l’histoire récente de la Russie, et arrête son étude en 2008, lors de la réponse cinglante des forces russes à la tentative de la Géorgie de Saakachvili de perpétrer un génocide en Ossétie. La Russie semble surmonter le traumatisme eltsinien, et avancer dans la vie impériale. Sans doute les événements syriens vont-ils dans le même sens.
En revanche, Douguine évoque, pour juger de l’Union européenne et d’un projet hypothétique de pôle civilisationnel, l’axe Paris – Berlin – Moscou, destiné à s’opposer à l’agression américaine en Irak. Depuis, l’élite européenne est passée avec armes et bagages dans le camp atlantiste. L’Europe continentaliste s’est transformée en Europe atlantiste, et se prépare au grand marché qui l’arrimera au noyau dur de l’occidentalisme. L’Occident est le lieu où le soleil se couche. Notre destin a besoin de la Russie, de l’Orient, pour contrebalancer ce crépuscule fatal. À nous d’opter pour le retour aux sources, plutôt que pour la linéarité de la course au néant historique et existentiel.
Claude Bourrinet http://www.europemaxima.com/
• Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique. La Russie et les idées politiques du XXe siècle, Éditions Ars Magna (B.P. 60 426, 44004 Nantes C.E.D.E.X. 1), 2012, 336 p. Pour recevoir le livre, écrire à l’éditeur, en accompagnant cette demande d’un chèque de 32 € franco.
• D’abord mis en ligne sur Vox N.-R., le 18 décembre 2012.
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