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actualité - Page 2389

  • Un entretien avec Vincent Vauclin (liste Reconquête - Dissidence française) sur Paris-Vox

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    Propos recueillis par Etienne Lafage

    Paris Vox cliquez ici

    Paris Vox – Qu’est-ce qui pousse une liste patriote radicale à se présenter aux élections européennes ? Avec des faibles moyens financiers, sans temps de parole dans les débats télévisés, à peine de quoi livrer des bulletins de vote et des affiches dans chaque bureau, Vincent Vauclin parvient tout de même à exister parmi les 33 autres candidats du scrutin. À quelques jours des élections européennes, le président de la Dissidence Française, à la tête de la Liste de la Reconquête, répond aux questions de Paris Vox.

    QUEL EST LE BUT DE PRÉSENTER UNE LISTE DE LA DISSIDENCE FRANÇAISE ?

    La Liste de la Reconquête présentée par la Dissidence Française est une réponse à la crise de représentation politique qui traverse notre pays. L’aseptisation du débat public par le politiquement correct tue la pensée critique et appauvrit considérablement l’offre idéologique de la plupart partis politiques entre lesquels les différences ne sont plus que de degrés, et non de nature. Or, face à la menace que le Grand Remplacement et l’islamisation font peser sur la civilisation européenne, face à la lobbycratie de Bruxelles qui oeuvre méthodiquement au démantèlement de toutes nos souverainetés, nous avons considéré qu’il était temps de brusquer le conformisme ambiant pour proposer une offre politique radicalement nouvelle.

    QUEL MESSAGE VOULEZ-VOUS PORTER AUPRÈS DES ÉLECTEURS ?

    Ouvrez les yeux avant qu’il ne soit trop tard. Le nombre de mosquées a été multiplié par seize en quarante ans. L’islam est devenu la première des religions pratiquées en Seine-Saint-Denis. La France compte plus de 750 Zones Urbaines Sensibles (ZUS) abritant 5 millions de musulmans, et où ce sont les prêcheurs islamistes et les dealers qui font la loi. Ces quelques chiffres proviennent directement du Ministère de l’Intérieur et ne souffrent d’aucune équivoque. Ils témoignent d’un bouleversement identitaire considérable dont il est temps de prendre la mesure et de saisir les implications. Car compte-tenu des vagues de naturalisations massives opérées par tous les gouvernements depuis 30 ans, de la dynamique démographique des populations immigrées, et des flux migratoires intarissables qui drainent chaque année près de 400 000 immigrés supplémentaires dans notre pays, nous serons bientôt minoritaires sur notre propre sol. La délinquance, le chômage et le terrorisme ne sont que des symptômes d’un phénomène bien plus diffus et inquiétant, et face auquel les imposteurs de la fausse droite sont tétanisés. Jamais les Français n’ont été consultés par référendum sur l’immigration massive. Jamais on ne leur a demandé s’ils voulaient vivre dans une société multiculturelle. En votant pour la Liste de la Reconquête le 26 mai prochain, ils pourront envoyer un signal très clair qui contribuera à faire bouger les lignes à droite.

    IL N’Y AVAIT, POUR VOUS, AUCUNE LISTE PATRIOTE QUI MÉRITAIT VOTRE VOIX ?

    Que ce soit le RN de Marine Le Pen, DLF de Dupont-Aignan, ou LP de Philippot, leur patriotisme s’arrête aux bornes du politiquement correct. Ils sont certes les premiers à montrer les dents contre le port du voile à l’école ou les repas halal dans les cantines, mais il ne s’agit en réalité que de postures et de démagogie sur des thématiques secondaires. Car dès lors qu’il s’agit d’aller au bout du raisonnement, c’est-à-dire de constater la réalité du Grand Remplacement, et de considérer que seule l’inversion des flux migratoires (la remigration) permettra de préserver notre pays du spectre de la sédition communautarisme, il n’y a plus personne. Il suffit de regarder leurs programmes : ils se contentent tous de quelques incantations contre l’immigration clandestine et pensent encore pouvoir relancer le processus d’assimilation des étrangers quand tout démontre le contraire. En résumé, ils ont 30 ans de retard, ils n’ont pas pris la mesure des enjeux et préfèrent se coucher devant la gauche – et devant les médias – plutôt que de prendre le risque d’assumer un discours de vérité sur ce qui est en train de se jouer dans notre pays : un génocide par substitution.

    QUE RÉPONDEZ VOUS À CEUX QUI APPELLENT À VOTER RN, EN TANT QUE « VOTE UTILE » ?

    Le vote véritablement utile, c’est celui des convictions. On vote pour un projet, pour une vision du monde, et pour faire entendre sa voix dans le débat public. Se contenter de « voter contre », c’est s’assurer d’être l’instrument de démagogues et de carriéristes qui n’ont plus aucune garantie à vous donner sur le fond, puisqu’ils sont assurés que quoi qu’ils fassent et quoi qu’ils disent, ils pourront toujours compter sur le « vote utile » pour sauver leur place. Or c’est précisément pour cette raison que la politique se résume aujourd’hui à des querelles de boutiquiers, et que le débat public s’appauvrit en faisant l’impasse sur les grands enjeux de notre temps.

    À QUELQUES JOURS DES ÉLECTIONS, QUEL BILAN TIREZ-VOUS DE CETTE CAMPAGNE ÉLECTORALE ?

    C’est une première pour nous : la Dissidence Française a opéré sa transformation en parti politique il y a moins d’un an, en octobre 2018. En quelques semaines, nous avons réussi à bâtir une liste d’union des nationalistes pour les européennes, à mobiliser tous les courants de notre famille politique pour lancer cette campagne, et à médiatiser largement nos idées. En cela, c’est déjà une grande victoire. Quel que soit le score que nous ferons, nous pouvons être fiers du travail que nous avons accompli en un temps record et avec des moyens très faibles si on les compare à ceux des partis du Système. Sans subventions publiques ni ressources occultes, nous avons fait imprimer et expédier des milliers d’affiches, des dizaines de milliers de tracts et de bulletins de vote, tout cela grâce à la mobilisation remarquable de mes colistiers et des militants de la Dissidence Française. Mais cette campagne nous laisse également un goût amer, car elle n’est qu’un simulacre de démocratie, tant par la partialité arrogante des médias que par son caractère censitaire : beaucoup d’électeurs l’ignorent, mais l’impression et la distribution des bulletins de vote est à la charge des listes qui se présentent. Contrairement à la plupart des pays européens, ce n’est pas l’Etat qui finance directement l’impression des bulletins de vote pour les mettre à disposition des électeurs, mais bien les listes et les candidats. Et à moins de disposer d’un budget de plusieurs centaines de milliers d’euros, il est tout simplement impossible d’approvisionner tous les bureaux de vote en bulletins de vote. Ainsi, la Liste de la Reconquête – comme une quinzaine d’autres « petites listes » – a dû se résoudre à appeler ses électeurs à imprimer eux-même leur bulletin pour voter, ce qui est tout simplement un scandale dans un pays prétendument démocratique.

    CETTE CAMPAGNE MARQUE UNE NOUVELLE ÉTAPE POUR VOTRE MOUVEMENT, DU CHANGEMENT EST À PRÉVOIR À LA DISSIDENCE FRANÇAISE ?

    Je vous rassure, pas sur le fond. Nous ne naviguons pas à vue au gré des sondages, ni au gré des succès ou des échecs électoraux. Ce qui fait l’ADN de notre organisation, c’est une volonté affirmée de renverser la table, de bousculer le politiquement correct et de clore définitivement la parenthèse soixante-huitarde. Et si les grandes lignes de notre programme ne varieront pas, nous les préciserons et les développerons encore davantage pour les rendre plus audibles. Sur la forme par contre, nous sommes très flexibles et capables de nous adapter aux circonstances comme nous l’avons démontré lors de cette campagne. Ainsi, je pense que la Dissidence Française a vocation à se développer, à élargir son audience et multiplier les initiatives militantes et électorales pour démasquer les imposteurs de la fausse droite et faire émerger un véritable pôle de droite alternative.

    QUEL VISION DE L’EUROPE DOIT PORTER LE CAMP NATIONAL ?

    Contre la lobbycratie de Bruxelles, qui organise l’invasion migratoire du continent européen et sa mise sous tutelle par la finance et les grandes multinationales, nous voulons l’Europe des identités, des souverainetés et des subsidiarités. L’Europe que nous voulons n’oppose pas la région à la nation, ni la nation au continent, elle célèbre ses racines et exalte sa volonté de puissance pour reconquérir sa place dans l’espace et dans le temps. Face aux défis posés par la mondialisation économique et la crise écologique, par la pression démographique de l’Afrique et l’avènement d’un monde multipolaire, par les mutations technologiques et le poids croissant des firmes transnationales, les peuples européens ont une responsabilité historique : celle d’être à la hauteur de leurs aïeux en oeuvrant à l’édification d’une Confédération de nations libres dans une Europe indépendante, délivrée des tutelles et des carcans qui aujourd’hui l’enserrent.

    QUE PROPOSER FACE À UN SYSTÈME QUI NE CONVIENT À PLUS PERSONNE ?

    Les utopies soixante-huitardes ont failli et les mirages du « progrès » se dissipent. Dopée à la surconsommation et à l’individualisme pendant des décennies, la société moderne s’est érigée contre tout ce qui subsistait de normes naturelles, de traditions et d’usages populaires pour y substituer des formes standardisées de socialité. L’avènement du libéralisme-libertaire fut celui de la réification de l’ensemble des rapports sociaux. Le multiculturalisme a fait le lit d’une sédition communautariste qui met en péril l’unité nationale et la paix civile. En résumé, nous vivons une crise profonde de civilisation qui ne trouvera pas de réponse dans les incantations électorales des partis du Système, lesquels se contentent de répéter les mêmes slogans stéréotypés, et se gardent bien d’évoquer les vrais enjeux. Ce que nous proposons ? Une véritable révolution conservatrice, identitaire, sociale et culturelle, destinée à porter un coup d’arrêt définitif à la subversion libérale et mondialiste, et à remettre la France sur les rails de sa destinée. On ne fera pas l’économie d’une rupture nette avec les idéaux mortifères du « progrès » – du libéralisme au féminisme, en passant par l’antiracisme et le laxisme généralisé – si l’on veut véritablement tourner oeuvrer au redressement national.

    QUELLES LEÇONS TIREZ-VOUS DES GILETS JAUNES ?

    Cette mobilisation fut un moment historique, auquel nous avons bien évidemment participé dès ses débuts. C’était l’affrontement du pays réel contre le pays légal, de la France périphérique contre la lobbycratie hydroponique. Mais la répression policière, sa récupération par l’extrême-gauche et le glissement sociologique de la contestation (déplacement des ronds-points vers les grandes villes) ont eu raison de cette éruption révolutionnaire. Il n’en demeure pas moins que le régime a tremblé, et que les causes latentes de cet épisode sont toujours là : crise de représentation politique, précarité généralisée, sentiment d’effacement et de déclassement, préférence étrangère, matraquage fiscal etc… En tant qu’avant-garde, les nationalistes ont donc désormais la responsabilité de proposer une issue politique à cette colère, et c’est ce à quoi nous nous sommes employés en présentant la candidature de la Liste de la Reconquête pour les élections européennes. Notre message aux Gilets Jaunes de la première heure est très clair : le 26 mai, votez pour flanquer une bonne droite au Système !

    IL EST VENU LE TEMPS DE LA RECONQUÊTE ?

    Les lignes bougent partout en Europe, ce qui était impensable hier devient possible aujourd’hui. Alors que s’ouvre une séquence de recomposition politique majeure, nous avons la possibilité d’apporter une réponse à la déréliction de la droite et de faire entendre une voix radicalement différente. Ce mouvement de reconquête que nous sommes en train d’amorcer pourrait bien changer la donne, si les électeurs se mobilisent pour donner du poids à notre candidature et une légitimité à notre démarche. Aidez-nous à relever le défi !

    Pour voter pour la Liste de la Reconquête, téléchargez le bulletin de vote en cliquant ici.

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  • On a infiltré la commission européenne

    Pour ceux qui en auraient manqué le lien dans la note sur les villages Potemkine, nous publions directement le reportage que l’équipe du Fil d’actu a réalisé sur la manipulation, d’ailleurs tout à fait assumée, que la Commission a tentée sur des relais d’influence des réseaux sociaux.

    https://www.lesalonbeige.fr/on-a-infiltre-la-commission-europeenne/

  • Les ingérences du commissaire Timmermans dans les campagnes électorales polonaise et hongroise

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    Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne chargé des questions liées à la Charte des droits fondamentaux et à l’État de droit, ne cache même plus son jeu. Alors qu’il est le principal responsable des attaques incessantes de la Commission contre la Pologne depuis l’arrivée au pouvoir du PiS, à l’automne 2015, et notamment de la procédure de sanction lancée sous le régime de l’article 7, en décembre 2017, il revendiquait, mardi, avoir « combattu »l’actuel gouvernement polonais « pendant les trois dernières années » parce qu’il considère que la Pologne « mérite une justice indépendante ». Sûr de lui, il a ajouté « et parce que je sais que la majorité au sein de la société polonaise est d’accord avec moi ».

    Ce Hollandais, membre d’un parti travailliste qui a obtenu 5,7 % des voix aux dernières élections législatives aux Pays-Bas, participait, mardi 21 mai, à un meeting électoral du parti de la gauche LGBT Wiosna, dirigé par l’ex-maire de Słupsk, le militant pro-LGBT anticlérical Robert Biedroń. Expliquant les raisons de son engagement, le premier vice-président de la Commission européenne, censé, en tant que tel – en vertu du traité sur l’Union européenne –, défendre les intérêts de tous les États membres de l’Union européenne et ne pas mener d’activité incompatible avec sa fonction, a estimé que « les Polonais sont de plus en plus pour l’Europe » et que le parti Wiosna (« Printemps ») est un parti « pour les gens qui sont ouverts, qui ont des opinions de gauche, libérales, mais qui ne se sentaient tout à fait chez eux dans aucun autre parti et qui se sont enfin sentis chez eux quand est arrivé Wiosna ».

    Dans les sondages, le parti « LGBTiste » Wiosna est crédité de 7-8 % des intentions de vote pour le 26 mai. Outre sa fonction de premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans est le spitzenkandidat du Parti socialiste européen pour la présidence de la prochaine Commission européenne. Dans le passé, il s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur de ce que la Commission cherche à imposer le « mariage gay » à tous les États membres, même si la régulation du mariage n’entre pas dans les compétences de l’Union européenne.

    Samedi, le premier vice-président de la Commission européenne prenait part à un meeting électoral du Parti socialiste hongrois MSZP où il affirmait que le Premier ministre Viktor Orbán « et ses amis Strache, Salvini et Farage sont des admirateurs de Poutine dont le but est clairement l’affaiblissement et la désintégration de l’Europe ».

    Olivier Bault

    https://www.bvoltaire.fr/les-ingerences-du-commissaire-timmermans-dans-la-campagne-electorale-polonaise-et-hongroise/

  • La coopération stratégique et scientifique entre la Russie et la Chine se précise

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    par Jean-Paul Baquiast

    Ex: http://www.europesolidaire.eu

    Nous avons souvent indiqué ici que l'initiative chinoise dite Belt and Road Initiative BRI donnera à la Chine l'occasion de nouer des relations économiques et politiques avec toutes les nations traversées, y compris récemment en Italie.

    Une question restait posée : la Russie s'associerait-elle à cette démarche ou, à l'inverse, y verrait-elle une concurrence dangereuse pour les relations qu'elle a depuis longtemps établies avec ses voisins du sud au sein de l'Union économique eurasiatique.

    La réponse vient d'être donnée à la seconde Conférence de la BRI qui vient de se tenir à Pékin. Elle rassemblait 37 chefs d'Etat, dont Vladimir Poutine en personne. Celui-ci vient d'annoncer son intention d'associer la Route Polaire Maritime russe à la BRI. Cette route est de plus en plus fréquentée pendant la période de fonte des glaces, période qui ne cesse de s'allonger avec le réchauffement climatique. Ceci devrait faire de l'Arctique une zone de coopération où pourraient se retrouver de nombreux intérêts refoulés vers le nord par ces changements de température. La Chine voit déjà dans la Route polaire un élément majeur de son ouverture au reste du monde.

    C'est d'abord la diminution des temps de transport maritime qui l'intéresse. La route du port chinois de Dalian à Rotterdam sera raccourcie de 10 jours par rapport au passage par le détroit de Malacca et le canal de Suez. Par ailleurs, un accès aux ressources de l'Arctique sera précieuse pour un pays surpeuplé et sans grandes ressources propres tel que la Chine. 

    Quelques jours auparavant, dans le cadre de l'International Arctic Forum qui se tenait à St Petersbourg début Avril, la Russie avait mis l'accent sur l'importance de ce qui est nommé un Grand Partenariat Euroasiatique non seulement pour la coopération économique mais pour celle en matière scientifique. Lors de cette conférence, Chine et Russie ont signé un accord de coopération scientifique pour l'Arctique créant un China-Russia Arctic Research Center.

    Dans un premier temps, il s'agira de réaliser des constructions durables sur des plateformes flottant sur la glace et des brise-glaces plus performants. Sans attendre on y étudiera des méthodes permettant de préserver les milieux naturels fragiles de cette partie du monde.

    Sur ce plan, beaucoup de scientifiques resteront dubitatifs. On peut craindre que les objectifs économiques l'emportent sur les préoccupations de préservation. D'autant plus qu'à plus long terme des dizaines de millions de personne chassées de chez elles par le réchauffement et la désertification chercheront à se reconvertir non seulement dans le nord de la Sibérie mais dans l'Arctique.

    Celle-ci est sans doute trop loin  de l'Europe pour qu'elle s'intéresse, hormis quelque peu les pays scandinaves (et Total). Ce sera dommage pour elle. 

  • L’Europe peut-elle encore échapper au Grand Remplacement ?

    Jean-Yves Le Gallou prenait la parole le 18 mai 2019 aux États-Unis, au Congrès d’American Renaissance, à l’invitation de Jared Taylor. Voici le texte de son intervention.
    Le peuplement européen d’origine est resté stable pendant 5000 ans
    .

    1) Le peuplement de l’Europe, tel qu’il est resté sans changement jusqu’au milieu du XXe siècle, remonte à 5000 ans. Lorsque le peuple européen d’origine a entrepris sa dispersion : en quittant les steppes pontiques vers l’est et la Sibérie, vers le sud, la Perse et l’Inde, et surtout vers l’ouest c’est-à-dire l’Europe.

    Les hommes et les femmes de la civilisation de la céramique cordée ont occupé progressivement l’Europe occidentale. Une terre vide d’hommes pour l’essentiel à l’exception d’un petit nombre de chasseurs-cueilleurs du néolithique auxquels les conquérants indo-européens se sont unis.

    Là est le fondement ethnique du peuple européen.

    Là est aussi l’origine de sa civilisation. De ses langues – slaves, germaniques, celtiques, romanes – toutes dérivant d’une origine commune. De leur vocabulaire, de leur syntaxe. Là est aussi la source d’une cosmogonie partagée. Et d’une organisation sociale structurée autour de la hiérarchisation et de la distinction des fonctions de souveraineté (magico-religieuse) de défense (extérieure et intérieure) et de production et de reproduction. Et d’une conception du monde fondée sur la représentation et sur l’incarnation comme sur le respect dû aux femmes.

    2) Pour protéger cet espace les Européens ont dû lutter contre le monde extérieur. Il y eut la lutte de l’Orient contre l’Occident. Avec la victoire des libertés grecques contre l’empire perse. La victoire de la raison romaine face à Carthage. La victoire des Romains et de leurs alliés barbares face aux hordes hunniques venus d’Asie. Puis durant quatorze siècles la chrétienté et l’islam s’affrontèrent à travers la Reconquista de la péninsule ibérique, les Croisades et la lutte contre le Grand Turc.

    3) Mais ces conflits incessants n’ont pas changé la substance de la population européenne. Ce qu’on appelle les Grandes invasions- du IVe au IXe siècle – ont certes renforcé l’apport germanique et nordique dans le centre et le sud de l’Europe mais sans changer fondamentalement la substance de l’Europe. A l’intérieur de l’espace européen le peuplement est resté européen. La Horde d’or a marqué de son empreinte la Russie mais les Mongols n’ont laissé aucune trace à l’ouest de l’Europe. Les invasions arabes n’ont que très peu modifiés le peuplement des rives de la Méditerranée. Les traces de gènes subsahariens qui en sont les marqueurs sont quasiment absents d’Europe sauf sur certaines côtes du sud de l’Espagne, de la Sicile ou de Calabre.

    4) Bref le peuplement de l’Europe est resté exclusivement européen jusqu’en 1960. A partir de là tout a basculé. Les Européens se sont retirés d’Afrique et du monde indo-pakistanais. Mais le monde africain et musulman a commencé à migrer vers l’Europe.

    Ce sont les ex-puissances coloniales qui ont été les premières concernées : France, Grande Bretagne, Belgique, Pays-Bas suivis par l’Allemagne et les pays du nord de l’Europe, la Scandinavie et l’Irlande. On peut distinguer les contours d’une Europe envahie. En voici les causes.

    L’Europe envahie : l’Europe de l’ouest et du nord

    5) L’immigration est voulue par de puissantes forces économiques et idéologiques. Le patronat a toujours soutenu l’immigration dans laquelle il voit un moyen efficace de peser à la baisse sur les salaires. De leur côté beaucoup d’immigrés espèrent mieux vivre dans les pays européens que chez eux : soit en y trouvant des emplois et/ou en y accédant à des régimes sociaux généreux.

    Ces logiques économiques sont servies par l’idéologie dominante fondée sur le socle des droits de l’homme. Chacun individu d’où qu’il vienne et quelle que soit sa nationalité est censé disposer des mêmes droits. Tout homme indépendamment de ses origines – nationales, ethniques, culturelles, religieuses, civilisationnelles est censé être « remplaçable ».

    C’est ce que l’écrivain français Renaud Camus nomme le « remplacisme global ».

    Tout ceci constitue la base de la doxa de l’Europe envahie qui s’impose par la propagande médiatique et la tyrannie des juges baptisée « Etat de droit ». Le tout sur fond de repentance et de culpabilisation pour le passé guerrier, colonial et esclavagiste des Européens !

    Tous ceux – hommes politiques ou journalistes – qui se sont opposés à cela ont été diabolisés.

    Les conséquences en sont terrifiantes.

    6) Le nord et l’ouest de l’Europe sont envahis par une immigration massive venue d’Afrique et du monde arabo-musulman. En France plus de 20% de la population n’est plus ni d’origine, ni de civilisation européenne. Pire 38% des nouveaux nés sont dépistés à la drépanocytose, dépistage réservé aux nouveaux nés dont les 2 parents lorsqu’ils sont connus, ne sont pas d’origine européenne. Ce chiffre atteint même 70% en région parisienne. Vous avez bien entendu 70% dans la région de Paris.

    En Grande Bretagne 9% de la population est né dans un pays non européen (chiffre qui ne prend en compte ni la deuxième, ni la troisième génération). Selon le think tank Migration watch, la population britannique augmentera de 10 millions dans les 25 prochaines années du fait des futurs migrants et de leurs descendants. Depuis 2016, Sadik Khan, le maire de Londres, est un musulman proche des fondamentalistes. Des gangs pakistanais font régner la terreur dans le nord-ouest de l’Angleterre. D’où Enoch Powell avait lancé son cri d’alarme dans un célèbre discours prononcé à Birmingham le 20 avril 1968. Un discours prémonitoire qui avait ruiné la carrière de cet homme politique conservateur le plus brillant de sa génération.

    L’Allemagne a accueilli en 2015, 1 500 000 immigrants. Deux ans auparavant Thilo Sarrazin, ancien ministre des finances socialistes de Berlin et membre démissionné de la Bundesbank, avait publié un livre choc : « l’Allemagne disparaît ».

    Thilo Sarrazin observait que depuis 1960 les naissances d’Allemands de souche avaient diminué de 70%. Parallèlement le nombre d’immigrés n’a cessé d’augmenter. Chez les moins de 20 ans le tiers des habitants de l’Allemagne est en lien avec l’immigration.

    Une situation comparable se retrouve en Belgique at aux Pays-Bas. A titre d’exemple la population européenne d’origine est devenue minoritaire dans les deux plus grands ports d’Europe, Anvers et Rotterdam.

    La Scandinavie est aussi touchée : alors qu’il n’y avait pratiquement pas d’immigrés en Suède, il y a 30 ans, aujourd’hui 25% de la population est issu du monde non européen.

    Le Grand Remplacement dénoncé par l’écrivain français Renaud Camus est en cours dans tout le nord et l’ouest de l’Europe.

    Les pays menacés par l’invasion : les pays riverains de la méditerranée et les Balkans

    7) À l’exception de la France, les pays riverains de la Méditerranée – Grèce, Italie, Espagne – ont longtemps été épargnés par l’immigration pour trois raisons.

    • Ils sont longtemps restés des pays d’émigration à main d’œuvre abondante.
    • Avec des structures familiales et claniques puissantes et plutôt fermées.
    • Avec des États-providence moins attractifs pour les étrangers que ceux des pays du nord.

    8) Mais la pression migratoire s’est brusquement aggravée à partir des années 2005/2010.

    Les guerres occidentales en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Libye ont provoqué des déplacements de population. Et mis à bas des Etats qui protégeaient leurs frontières. L’Europe a été assaillie : depuis la Turquie vers la Grèce et les Balkans ; puis depuis la Libye et le Maroc vers l’Italie et l’Espagne.

    Ces assauts ont été accompagnés d’une prise de conscience en Italie et en Espagne. En Italie la Ligue du nord vole de succès électoral en succès électoral depuis que son leader Matteo Salvini montre en tant que ministre de l’Intérieur sa poigne contre l’immigration. En Espagne le parti national et identitaire VOX émerge du néant. Il a lancé sa campagne pour les élections européennes du 23 au 26 mai 2019 depuis Covadonga où les envahisseurs musulmans furent arrêtés en 722.

    9) Dans les Balkans – Serbie, Croatie, Bulgarie, Roumanie, Macédoine – sont aussi menacés par l’invasion migratoire moins comme pays d’accueil que comme pays de passage. Avec le risque de voir une partie des populations immigrées restées bloquées chez eux.

    Les pays qui résistent à l’invasion : l’Europe de l’est

    10) En 2015, le premier ministre hongrois, Victor Orban, a pris une décision historique : bloquer sa frontière avec la Serbie pour marquer un coup d’arrêt à l’invasion migratoire. Une décision qui a choqué les principaux dirigeants européens. Et qui pourtant ne faisaient qu’appliquer les accords de Shengen supprimant les contrôles aux frontières intérieures entre pays européens mais exigeant de chaque pays le contrôle de ses frontières extérieures.

    Orban a réuni autour de cette politique de fermeté face à l’invasion migratoire les pays d’Europe centrale réunis dans le groupe de Visegrad : Tchéquie, Slovaquie, Pologne et Hongrie.

    C’est là comme en ex-Allemagne de l’est, que se trouve l’Europe préservée.

    11) Les raisons en sont nombreuses. Jusqu’en 1989/1990 ces pays étaient dans l’orbite du communisme soviétique. D’où un phénomène de glaciation économique et morale.

    Glaciation économique qui s’est traduit par un retard de développement ; et aujourd’hui encore par des salaires plus bas qui rendent moins nécessaire pour le patronat l’appel à une main d’œuvre immigrée bon marché.

    Glaciation morale avec le repli sur des structures traditionnelles – église, familles, valeurs – pour échapper à l’emprise de l’Etat communiste. Et dans le même temps mise à l’abri de l’individualisme capitaliste et des méfaits de la société libérale-libertaire.

    Tout ceci a permis le maintien de la mémoire historique et culturelle : une mémoire marquée par deux siècles de lutte contre l’envahisseur turc et le souvenir de la bataille de Vienne en 1683.

    Un autre phénomène doit être pris en compte : les élites de l’est sont mentalement différentes de celle de l’ouest.

    A l’ouest les élites politiques et administratives ont été déculturées par le relativisme moral et broyées par le politiquement correct. Ne survivent que des hommes et des femmes sans conviction et sans saveur.

    A l’est les élites politiques restent encore issus de la sélection post soviétique : des hommes et des femmes qui ont connu l’adversité, voire la prison. Et qui font encore de la politique par conviction.

    12) Il y a donc une formidable bataille idéologique et politique à l’intérieur de l’Europe. Entre les élites gouvernementales de l’est et les élites de l’ouest. Entre les oligarques de l’est et de l’ouest et les peuples.

    De l’issue de cette bataille dépend l’avenir de l’Europe : européenne ou submergée.

    Quel avenir pour l’Europe : européenne ou submergée ?

    13) Voici les raisons d’être inquiet :

    La simple extrapolation des courbes de naissance conduit à craindre qu’entre 2025 et 2040 plus de la moitié des naissances dans « l’Europe envahie » (le nord et l’ouest de l’Europe) ne soient plus d’origine Européenne.

    Cela, c’est pour la démographie mais la situation politique est aussi préoccupante.

    Les hommes politiques qui se sont élevés contre l’immigration ont été assassinés comme le néerlandais Pym Fortuyn ou diabolisés comme le britannique Enoch Powell, le Français Jean-Marie Le Pen, l’Autrichien Jörg Haider où plus près de nous l’italien Mateo Salvini ou le hongrois Victor Orban.

    La diabolisation est une technique incapacitante majeure : elle rend impossible la description du phénomène d’invasion migratoire dans toute son ampleur ; elle isole ceux qui en sont l’objet et limite, voire interdit, leur accès aux médias ; elle ralentit la progression et freine, voire rend impossible l’action.

    Beaucoup de partis politiques identitaires en ont été victimes et ont souffert de la mise en place d’un « cordon sanitaire » les tenant à l’écart du pouvoir comme le Front National en France, le VlaamsBlok en Belgique, l’AFD en Allemagne, les Démocrates suédois. Démocrates suédois que les partis institutionnels ont exclu par principe du pouvoir jusqu’en …2025.

    Et là où ces partis nationaux et identitaires ont été associés au pouvoir – Finlande, Danemark, Autriche – leurs résultats pratiques ont été beaucoup trop modestes.

    Quant à l’ensemble du système culturel, médiatique et judiciaire il roule pour le Grand Remplacement ethnique et civilisationnel.

    C’est préoccupant. Très préoccupant.

    14) Pourtant il y a aussi des raisons d’être optimiste :

    Il y a désormais des partis nationaux et identitaires dans tous les pays de l’union européenne à l’exception de 2 sur 27 d’entre-eux, l’Irlande et le Portugal

    Ces partis sont en progression électorale partout ; lorsque je siégeais au Parlement européen nous étions 13 – 11 français, 2 flamands – dans la prochaine assemblée européenne il y aura probablement de 200 à 240 députés dissidents de l’immigrationnisme.

    Certes pas de quoi construire une majorité dans une assemble de plus de 700 membres mais de quoi changer le rapport de force voire d’établir une minorité de blocage.

    Et il y a au moins un homme d’état en Europe qui a une vision complète des enjeux : c’est le Hongrois Orban dont la ligne politique et claire, la défense de l’identité européenne et chrétienne.

    « L’histoire est le lieu de l’inattendu » : la condition d’un renversement radical

    Alors quelle sera l’issue ? L’Europe peut-elle encore rester européenne ? L’analyse froide ne conduit pas à l’optimisme.

    Une triple course de vitesse est engagée.

    Entre les courbes démographiques d’une natalité européenne en déclin et d’une surfécondité africaine et arabo-musulmane, y compris chez les immigrés déjà présents en Europe.

    Entre le caractère potentiellement inexorable du différentiel démographique entre populations et la prise de conscience des Européens et leur possible réveil.

    Entre la révolte croissante des populistes européens et la normalisation idéologique des élites urbaines y compris à l’est.

    Mais cette froide analyse ne doit pas faire oublier que « l’histoire est le lieu de l’inattendu » selon l’essayiste Dominique Venner. Un inattendu qui peut rendre possible un renversement radical, oui radical, de l’idéologie dominante. En faisant passer au premier plan le droit des peuples à l’identité et loin derrière les droits individuels de l’homme. En balayant la repentance (au titre de la seconde guerre mondiale, de la colonisation, de l’esclavage) et en retrouvant la fierté de leur mémoire. En rendant possible la remigration et la reconquête de leur territoire par les Européens.

    Le réveil européen

    C’est le même Dominique Venner qui écrivait dans « Le choc de l’histoire », deux ans avant son geste sacrificiel à Notre Dame de Paris :

    « tout montre selon moi [que les Européens] seront contraints d’affronter à l’avenir des défis immenses et des catastrophes redoutables qui ne sont pas seulement celles de l’immigration. Dans ces épreuves, l’occasion leur sera donnée de renaître et de se retrouver eux-mêmes. Je crois aux qualités spécifiques des Européens qui sont provisoirement en dormition. Je crois à leur individualité agissante, à leur inventivité et au réveil de leur énergie. Le réveil viendra. Quand ? Je l’ignore. Mais de ce réveil je ne doute pas. »

    Jean-Yves Le Gallou

    https://www.polemia.com/leurope-peut-elle-encore-echapper-au-grand-remplacement/

  • Européennes : un avant dernier débat et beaucoup d’interrogations – Journal du jeudi 23 mai 2019

     

    Européennes : un avant dernier débat et beaucoup d’interrogations

    Mercredi soir se déroulait l’avant dernier débat des élections européennes, l’occasion d’une passe d’armes entre Marine Le Pen et Laurent Wauquiez… Mais en dehors de joutes oratoires, l’organisation de ces agapes télévisées et du choix des participants posent question.

    Pharmacie : le grand déplacement !

    Des fermetures massives de pharmacies en France ! L’exercice 2018 a vu de nombreuses officines fermer leurs portes… une restructuration du secteur est en cours avec, à la clé, une concentration des pharmacies derrière des grands groupes.

    Afrique du Sud : l’ANC par défaut

    L’Afrique du Sud repart sur les mêmes bases. Malgré de graves difficultés économiques et ethniques, le congrès national africain et le président Cyril Ramaphosa ont été reconduits à la tête de la nation arc-en-ciel.

    L’actualité en bref

    https://www.tvlibertes.com/europeennes-un-avant-dernier-debat-et-beaucoup-dinterrogations-journal-du-jeudi-23-mai-2019

  • Pays-Bas – Démission du Secrétaire d’Etat qui avait minimisé les chiffres de la criminalité parmi les demandeurs d’asile

    Pays-Bas – Mark Harbers, secrétaire d’Etat néerlandais à la Justice et à la Sécurité, dont le portefeuille ministériel englobait l’Asile et la Migration, a annoncé mardi sa démission pour avoir minimisé les chiffres sur la criminalité parmi les immigrés demandeurs d’asile.

    La critique fait suite à la publication d’un rapport à la Chambre basse sur la criminalité des demandeurs d’asile. Ce rapport manipulait la présentation des chiffres : si des infractions comme le vol à l’étalage étaient bien mentionnées de manière spécifique, des crimes plus graves tels que les agressions sexuelles, meurtres ou homicides involontaires avaient été regroupés dans la catégorie « autres », rendant impossible toute analyse objective de la criminalité issue des demandeurs d’asile. Selon le journal Telegraaf, le rapport du Secrétaire d’Etat dissimulait ainsi 79 crimes sexuels, 51 agressions graves et 31 accusations de meurtre ou de tentative d’homicide.

    Lors d’un débat houleux à la Chambre basse mardi soir, Mark Harbers, membre du parti libéral (PVV) du Premier ministre Mark Rutte, a annoncé qu’il allait présenter sa démission au roi Willem-Alexander. Le souverain a accepté cette démission « sur proposition du Premier ministre », a indiqué le cabinet royal dans un communiqué.

    https://www.medias-presse.info/pays-bas-demission-du-secretaire-detat-qui-avait-minimise-les-chiffres-de-la-criminalite-parmi-les-demandeurs-dasile/108762/

  • Lu dans Le Bien Commun un entretien avec Axel Tisserand : Pour Maurras, naturellement

    Entretien avec Axel Tisserand 

    Propos recueillis par Gabrielle Monthélie. Pouvant ouvrir à un débat entre maurrassiens et au-delà. 

    Axel Tisserand continue son travail d’exploration de la pensée de Charles Maurras et publie ces jours-ci, aux éditions Téqui, un livre qui fera date : Actualité de Charles MaurrasIntroduction à une philosophie politique pour notre temps.  

    Maurras ne va pas de soi. Interdit de commémoration, voué aux gémonies, il impressionne par la persistance de l’influence qu’on lui prête tout en bannissant son nom. Vouliez-vous rétablir un ordre juste sur son œuvre en écrivant ce livre ?

    Il est vrai que Maurras n’est aussi souvent cité qu’à proportion qu’il est honni. Déjà, en 2012, ouvrant un colloque pour les 60 ans de sa mort, je remarquais : « L’aversion à l’égard de Maurras est inversement proportionnelle à son éloignement historique. Plus il devient une figure de l’histoire, plus il est honni. Nous sommes passés d’une condamnation de sa doctrine à une damnation de tout ce qu’il représente… ou plutôt de tout ce qu’on lui fait endosser, de ce à quoi on le réduit. » J’ai pu reprendre ce propos, mot à mot, dans l’introduction de mon livre, puisque, en 2018, le 150e anniversaire de la naissance du Martégal l’a montré, la situation ne s’est pas améliorée, bien au contraire : cet anniversaire a donné lieu à des anathèmes médiatiques et des palinodies officielles, qui n’ont honoré ni le politique ni l’intelligence. Le fantôme de Maurras continue de hanter la mémoire nationale. Comme un remords ? On sait que Maurras, de l’aveu même de ses adversaires les plus intelligents (Mauriac ou Étiemble, et ne parlons pas de l’admiration que lui vouait le résistant Jean Paulhan) a été condamné pour des raisons strictement politiques. Allez sur le site de l’INA visionner le court reportage de janvier 1945 sur le procès de Lyon : le commentaire est édifiant. Quand on sait, en plus, que le dossier d’accusation fut confié à un faussaire…

    Ce que j’ai voulu, c’est non seulement en finir, sur des points cruciaux, avec le « mannequin Maurras », mais, plus encore, mettre en valeur la dimension anthropologique de sa philosophie politique, une dimension d’une actualité criante à l’heure du transhumanisme et de l’homme augmenté, c’est-à-dire… privé de son humanité. En quelque sorte, poursuivre dans la même veine que le Un autre Maurras de Gérard Leclerc, même si la comparaison peut paraître présomptueuse. C’est la raison pour laquelle j’ai également décidé de confronter la pensée de Maurras à plusieurs intellectuels contemporains importants, pour mieux montrer toute l’actualité de sa pensée.

    Yves Floucat, dans sa préface, précise qu’on aurait pu s’étonner du choix d’un disciple de Maritain pour cette tâche. Notre dossier thématique du mois est d’ailleurs consacré au dialogue entre Maritain et Maurras. Vous évoquez les critiques adressées aujourd’hui par certains catholiques aux idées inspirées par le Martégal : pensez-vous que l’absence de dépassement de la confrontation entre les deux auteurs soit un frein à la réflexion politique pour les catholiques ?

    Yves Floucat, dans la préface généreuse dont il a bien voulu m’honorer, note ce paradoxe apparent, puisque, grand thomiste, il a été également, comme il l’écrit lui-même, « profondément marqué par la pensée de Jacques Maritain ». C’est qu’on ne retient des relations intellectuelles entre Maritain et Maurras que le divorce, à l’initiative du premier, en raison des sanctions pontificales de décembre 1926 – parler de condamnation est un abus de langage, puisqu’il n’y a eu, comme l’observe Yves Floucat, « aucun texte magistériel […] de la main de Pie XI ». D’ailleurs, les sanctions furent levées en 1939 sans que l’Action française renonce à aucun point de sa doctrine. En 1927, Maritain fut même chargé de justifier ces sanctions sur le plan doctrinal, lui qui, quelques mois plus tôt, avait publié un livre, Une Opinion sur Charles Maurras, montrant en quoi être d’Action française n’était pas incompatible avec la foi catholique. Ne revenons pas sur cet épisode douloureux ni sur les raisons pour lesquelles Maritain a choisi alors, contrairement à Bernanos, l’obéissance jusqu’à brûler ce qu’il avait jusque-là, sinon adoré, du moins justifié. Comme l’écrit fort justement Yves Floucat, « peu nombreux sont ceux qui ont relevé que son rejet de la démocratie rousseauiste, commandant selon lui l’idéologie démocratiste moderne, était resté intact » dans la pensée de Jacques Maritain. C’est une évidence : la rencontre entre Maurras et Maritain, au début du XXe siècle, loin d’être un malentendu, reposait sur un fond commun : Aristote et Thomas d’Aquin. C’est sur ces deux penseurs que, dans une perspective différente, l’une politique, l’autre théologique, Maurras et Maritain se sont rencontrés. Le dialogue a été interrompu mais rien n’interdit de le reprendre. Comme l’écrivait déjà en 2011 Yves Floucat, dans le numéro 55 de Liberté politique : « Il est légitime (audacieux, hasardeux ou utopique diront peut-être certains) de se demander si le moment n’est pas venu, pour les disciples du “Paysan de la Garonne” comme pour ceux de l’auteur de l’Enquête sur la monarchie, de renoncer à tous les apriorismes réciproques et de revisiter avec discernement et un juste esprit critique l’œuvre de leur maître. […] Face à la dérive subjectiviste et relativiste programmée des démocraties selon un horizon idéologique « droit-de-l’hommiste », ils pourraient trouver, dans le seul souci de la justice sociale et du bien commun, quelques points d’entente essentiels.

    Ils s’accorderaient sur un antilibéralisme et un antidémocratisme qui, tout en revalorisant les principes d’autorité, de légitimité, de souveraineté, de représentation de la nation dans ses diverses composantes, et d’incarnation du pouvoir, les conjugueraient harmonieusement aux libertés concrètes, et attribueraient ainsi – comme un Pierre Boutang, authentique disciple fidèle et inventif de Maurras, avait su le faire – sa véritable place au consentement populaire ». Rien à ajouter.

    Vous insistez dans vos recherches sur l’importance de la politique naturelle dans le legs maurrassien. Mais Maurras ajoute-t-il vraiment quelque chose à ce que les thomistes ont développé avant et après lui ?

    Maurras, je viens de le dire, se situe explicitement dans la tradition aristotélo-thomiste. Jean-Louis Lagor (Jean Madiran) avait montré, au sortir de la guerre de 1945, la compatibilité entre le thomisme et la pensée maurrassienne dans un travail remarquable que Maurras avait salué dans une longue lettre-préface. Mon objectif est différent : j’ai souhaité montrer combien la pensée du Martégal est imprégnée, pour le fond comme pour la forme, d’aristotélo-thomisme. Maurras n’a pas pour dessein d’ajouter quelque chose au legs de cette tradition mais de la relire pour son temps, et pour le nôtre, après la rupture anthropologique des Lumières et la volonté de créer un homme nouveau que partagent toutes les versions de la modernité totalitaire – non seulement le communisme ou le national-socialisme, mais le libéralisme contractualiste, qui en est, de ce point de vue, la matrice. Les sociétés occidentales, avec la remise en cause de toute loi naturelle et la volonté non plus de créer un homme nouveau mais de dépasser l’humanité elle-même, en vivent les ultimes conséquences. Pour Maurras, agnostique, il s’agit, avec l’empirisme organisateur, « compromis laïc », d’édifier une philosophie provisoire, au sens cartésien du terme, dont il observe qu’elle correspond en tout point aux exigences de la doctrine sociale de l’Église et aux présupposés thomistes. Ainsi Maurras admet-il ouvertement que le compromis qu’il suggère, par une sorte de ruse métaphysique, est compatible en tout point avec la philosophia perennis.

    Vous décidez d’affronter la douloureuse question de l’antisémitisme maurrassien. Ne fallait pas plutôt mettre cette question sous le boisseau ?

    Il ne faut jamais rien mettre sous le boisseau ! Comme l’Évangile nous l’enseigne, c’est même totalement inutile ! Du reste, d’une manière totalement anachronique et réductrice, Maurras est devenu aujourd’hui un écrivain « antisémite », voire le paradigme de l’écrivain antisémite, alors qu’il était connu auparavant pour être le doctrinaire du nationalisme intégral, c’est-à-dire de la monarchie. Il fallait donc aborder la question de front, ce que j’ai essayé de faire. Je ne saurais trop remercier Pierre-André Taguieff pour la lecture attentive qu’il a bien voulu faire de mon chapitre sur la question, de ses observations et des textes qu’il m’a fait connaître. Oui, Maurras était antisémite, oui, son antisémitisme est la conjonction de l’antijudaïsme chrétien et de l’antisémitisme social propre au XIXe siècle, qui n’a épargné aucune tradition politique de l’époque. Non, Maurras n’a jamais professé un antisémitisme racial – le racisme lui a toujours fait horreur – , non l’antisémitisme n’est pas central dans sa doctrine. Comparer Drumont et Maurras est, de ce point de vue, un contresens complet. L’enkystement intellectuel de Maurras sur la question antisémite permet, paradoxalement, de le localiser dans sa doctrine, pour mieux l’en extirper. L’antisémitisme n’a produit dans sa pensée aucune métastase : il ne constitue pas, aux yeux de Maurras, une explication du monde, contrairement à Drumont. Son antisémitisme est intégré à la question des quatre États confédérés, qui est un refus, avant l’heure, des effets délétères du communautarisme. On peut, on doit regretter cet enkystement sur la question de l’antisémitisme : on ne saurait s’en servir pour condamner dans son ensemble l’œuvre de Maurras pour la simple raison que, de son vivant même, on a pu être maurrassien sans être antisémite : Bainville, qui déclarait devoir tout à Maurras, excepté la vie, en est un exemple frappant. C’est d’ailleurs Maurras qui a éloigné le jeune Bainville de toute tentation raciste. C’est l’antitotalitarisme qui est central chez Maurras : c’est pourquoi j’ai aussi écrit un long chapitre sur sa lecture d’Antigone, figure qui l’a accompagné toute sa vie.

    Vous intitulez votre conclusion : « l’aïeul absolu ». Alors, Maurras, prophète du passé ?

    Cette expression est de Pierre Boutang, dans Aspects de la France, à la mort de Maurras. Aïeul ici reprend le sens latin de pater, qui signifie non seulement le père mais aussi le fondateur. Maurras est avant tout, absolument, un fondateur : il a fondé une école et consacré toute sa vie à édifier une défense et illustration des conditions de la pérennité de la France.
    « Le combat qu’il soutint fut pour une Patrie, / Pour un Roi, les plus beaux qu’on ait vus sous le ciel. » Il n’y a donc là aucune allusion à un passé qui serait mort, enterré, passé, comme on le dit d’une couleur. Du reste, je cite ce mot de Maurras dans Romantisme et Révolution : « Ce n’est pas parce que la Révolution a prétendu au sceptre de la raison que la contre-révolution devrait le lui céder pour se confiner dans une vérification a posteriori qui ne prophétiserait que le passé. » D’ailleurs, on ne saurait à la fois reprocher à Maurras son modernisme, comme cela a été parfois fait de sa conception de la monarchie comme nationalisme intégral et ne voir en lui qu’un homme tourné vers le passé à moins de considérer a priori que toute défense de la monarchie après 1870 fait de vous un prophète du passé. Maurras a inventé, au sens archéologique du terme, c’est-à-dire découvert, les lois qui, après avoir été à son commencement, commandent la pérennité de la France.

    À l’heure des élections européennes, que vous inspire Maurras ?

    Rappelons-nous ses mots, dans Votre Bel Aujourd’hui  : « Je ne dis pas du tout comme les Allemands que ma Patrie soit le vrai, le beau, le bien. Mais mon culte de la patrie me met naturellement en règle avec les grands objets de la connaissance du beau et du bien. » C’est en cela que le nationalisme peut ouvrir sur l’universel. Dépasser les nations, aujourd’hui, c’est lui tourner le dos. Ne nous laissons pas duper par les faux prophètes d’une Europe qui n’a jamais existé.  

    1718703599.jpgLe Bien Commun, n°7 mai 2019

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