Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

actualité - Page 4769

  • Les femmes optent souvent pour l'avortement sous la contrainte

    A l'occasion du 8 mars, journée de la femme, l'Académie pour la vie du diocèse de Bayonne se penche sur une souffrance que la femme est bien souvent seule à porter : celle de l’avortement. Raphaëlle Coquebert, éducatrice à la vie, écoutante pendant 5 ans auprès de femmes blessées dans leur maternité,écrit :

    "« Je m'appelle Wendy et en 2013, j'ai subi une IVG médicamenteuse. Cela a été horrible. J’ai tué mon bébé. Je l’ai senti partir. Un an après, je n'arrive pas à m’en remettre. Je regrette tellement ce que j’ai fait ! Je ne sais comment faire pour aller mieux. Pour ne plus y penser sans me torturer ».

    « J'ai eu 41 ans en 2014 et j'ai fait une IVG à l’âge de 28 ans. Pour moi, c'est un regret éternel. Je ne m’en suis jamais remise. Cette IVG a complètement pourri ma vie (…). Je pleure tous les jours, même après 14 années écoulées ! »

    Cette prise de conscience date d’une quinzaine d’années.Avant, une chape de plomb idéologique empêchait qu’une seule critique soit émise sur cet acte, considéré comme l’un des dogmes fondateurs, donc intouchables, de l’idéologie féministe.Peu à peu, le réel reprenant toujours ses droits, des témoignages sont apparus, dans la presse et à la télévision, relatant la profonde souffrance de femmes ayant interrompu leur grossesse. Quelques-unes ont osé partir à la recherche d’un éditeur pour livrer leur expérience personnelle, la plupart du temps teintée de regrets et de désespoir. Encouragés par ces confidences irrécusables, en un temps où seuls le ressenti et les sentiments sont perçus comme légitimes, des témoins faisant autorité (psychologues, journalistes) ont publié des ouvrages sur le sujet. Nous nous appuierons sur certains d’entre eux dans cet article.Ces douloureuses confessions sont issues de forums de discussion sur le web, où les témoignages de cet acabit abondent. Rares sont aujourd’hui les professionnels du secteur médico-social (médecins, gynécologues, psychologues, écoutantes…) qui nient l’implacable réalité : l’avortement, hier revendiqué comme un droit absolu des femmes à disposer de leur corps, toujours préférable à une grossesse non désirée, est désormais perçu par une majorité d’entre elles comme un acte parfois incontournable,mais qui blesse en profondeur celles qui le subissent. 83% de la gent féminine considère que « l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre », selon un sondage IFOP réalisé en 2010.

    Ainsi, même si certains courants féministes pur et durs font de la résistance, il n’est plus tabou en 2015 d’évoquer les stigmates engendrés par l’IVG dans le cœur et le corps des femmes, quelle que soit leur opinion sur l’acte lui-même. [...]

    Qu’est-ce qui pousse réellement les femmes, naturellement portées vers la maternité et la fécondité, à choisir l’IVG ? Notre expérience d’écoute et la lecture de milliers de témoignages sont formels : une fois passé le choc de la nouvelle, et évacuées les peurs légitimes par rapport à des questions d’ordre financier ou professionnel, le plus grand nombre désire garder leur bébé. Mais elles se heurtent à la résistance de leur mari, compagnon ou petit ami, quelquefois de leur employeur, du corps médical, voire de leurs parents.

    L’on voulait permettre aux femmes d’exercer pleinement leur liberté par rapport à la maternité : 40 ans après la légalisation de l’IVG, elles y voient majoritairement un passage obligé pour sauvegarder un couple ou une famille déstabilisé(e) par l’imprévu. [...]

    « Il est un acteur souvent muet et absent, mais dont l’influence est capitale dans la décision d’avortement : le géniteur ». (M. Hébrard)

    « Beaucoup de femmes témoignent avoir décidé une IVG, contrariées ou contraintes sur l’insistance de leur mari ou compagnon ». (S. Clerget)

    « L’un des obstacles les plus fréquents opposés à la réalisation maternelle d’une femme est le refus de son partenaire d’assumer une progéniture ». (G. Romey) 

    Et de citer le cas d’Antoinette, 32 ans, qui tombe enceinte au sortir de lourdes épreuves : « loin d’accentuer mon malaise, cette espérance de maternité me remplit de joie (…) les avis de tous les hommes qui m’entourèrent à ce moment-là, médecin, gynécologue et mari concordèrent pour m’orienter vers l’avortement… moi, je désirais garder cet enfant… et je me sentais capable de le mener à terme ! » Elle ressassera durant vingt ans sa rancœur contre son mari avant d’entamer une psychothérapie.

    Les femmes optent donc souvent pour l’IVG sous la contrainte.[...]

    Quand c’est le renoncement à la grossesse qui l’emporte, le sentiment immédiat de la femme est le soulagement. Puis, selon le vécu de chacune, les remords, la tristesse, voire la désolation. Pour les unes, quelques mois ou années suffisent. Pour d’autres, ce peut être vingt ou quarante ans après.

    Stéphane Clerget explique que sur un plan psychanalytique, la majorité des dépressions fait suite à un sentiment de perte : ici, il y a la perte réelle de l’enfant à naître, celle, imaginaire, de ce qu’il serait devenu, et la perte du statut de mère aux yeux de l’entourage et de la société.

    L’empreinte de l’avortement prend des formes très diverses, avec quelques constantes. Il est rare, par exemple, que la mère endeuillée ne soit pas submergée par la tristesse aux dates anniversaires de l’événement (conception, IVG, terme de la grossesse…).

    Rare aussi que la femme ne soit pas envahie par la colère : elle en veut au monde entier, au personnel médical, à l’entourage, au père. Beaucoup se plaignent d’avoir été très seules, et cette solitude est une réalité, dans une société qui ne propose presque aucune alternative à l’avortement ; elle correspond aussi à un transfert : pour se protéger, la femme qui a abandonné son bébé reproche à son tour aux autres de l’avoir abandonnée.

    [...] Certaines femmes diront qu’elles n’ont pas éprouvé de troubles après leur IVG : c’est un mécanisme psychique de protection, pour éviter de souffrir. La femme « s’empresse de placer sur la marmite aux souvenirs un couvercle qu’elle souhaite hermétique. Ce couvercle est tissé de justifications mentales, d’arguments construits par le système intellectuel de défense du moi, mais il ne possède aucun pouvoir sur la souffrance qu’il enferme. Le temps n’est pas un facteur de guérison, au mieux "le complice silencieux d’un masque" ». (G. Romey).

    Pour sortir de ces comportements mortifères, et s’engager à nouveau sur un chemin de vie, des associations ou des psychologues, souvent d’inspiration chrétienne, proposent un accompagnement aux femmes qui passe par la reconnaissance de leur souffrance, un travail d’anamnèse pour identifier les blessures du passé et y faire face, une demande de pardon au bébé, qui peut être nommé, un travail de réconciliation envers les autres et envers soi-même. Admettre la faute commise est le seul moyen de s’engager sur un chemin d’apaisement. Ce n’est ni un moraliste, ni un croyant qui ose l’affirmer, mais Georges Romey lui-même qui s’attarde longuement dans son livre sur le fait que la culpabilité qu’éprouvent les femmes est saine et même indispensable –si on ne s’y enferme pas- car elle ne dépend pas de « prescriptions religieuses, morales ou légales » mais de « la trahison d’une fonction essentielle du féminin : la vocation maternelle »."

    Michel Janva  http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Nouvelle droite, BHL, FN : la réponse de Michel Onfray à Manuel Valls

    Accusé par le Premier ministre de préférer l’intellectuel de la nouvelle droite Alain de Benoist à Bernard- Henri Lévy, Michel Onfray réagit dans FigaroVox.

     

    Manuel Valls, l’ami de BHL, perd les pédales ! Il faut bien que la situation électorale soit catastrophique Place Beauvau pour que cet homme qui côtoya Jankélévitch chez ses parents quand il était enfant délire et panique à ce point face à la Berezina qui s’annonce !

    Voici ce qu’il a dit : « Quand un philosophe connu, apprécié par beaucoup de Français, Michel Onfray, explique qu’Alain de Benoist, qui était le philosophe de la Nouvelle droite dans les années 70 et 80, qui d’une certaine manière a façonné la matrice idéologique du Front national, avec le Club de l’Horloge, le Grece, (...) au fond vaut mieux que Bernard-Henri Lévy, ça veut dire qu’on perd les repères ». Ceci a été dit sur Europe 1, I-TELE et Le Monde.

    Dans le JDD, Jean-Marie Le Guen, me dit-on, s’est lui aussi fait le perroquet de ce qui leur a probablement été fourni ce matin comme élément de langage par les jeunes gominés de leur cabinet de communicants.

    Si Fleur Pellerin, sa ministre de la culture, n’a jamais eu le temps de lire un seul roman de Modiano, Valls quant à lui n’a pas même pris le temps de lire l’entretien du Point à partir duquel il extravague. Qu’y ai-je dit ?

    La question était la suivante : « Quels sont les intellectuels de droite dont vous vous sentez le plus proche ? ». Voici ce que j’ai répondu : « Je ne me sens pas proche de BHL ou d’Alain Minc, ni de Jacques Attali qui, me dit-on, sont de gauche. Faudrait-il que je me sente proche pour cela d’intellectuels de droite ? Qui sont-ils d’ailleurs ? Concluez si vous voulez que je préfère une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL et que je préférais une analyse qui me paraisse juste de BHL à une analyse que je trouverais injuste d’Alain de Benoist … Les Papous vont hurler ! Mais ils ne me feront pas dire que je préfère une analyse injuste de BHL sous prétexte qu’il dit qu’il est de gauche et que Pierre Bergé, Libération, Le Monde et le Nouvel Observateur, pardon, L’Obs affirment aussi qu’il le serait… ». Les papous ont donc hurlé, jusqu’à Matignon.[...]

    La suite sur Le Figaro.vox

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Nouvelle-droite-BHL-FN-la-reponse

  • Tous contre la GPA

  • Frontex : 500.000 à un millions de migrants prêts à quitter la Libye pour l’Europe

    Le directeur exécutif de Frontex, Fabrice Leggeri, a averti que 500.000 à un million de migrants étaient prêts à quitter les côtes libyennes pour l’Europe.

    « En 2015 nous devons nous préparer à faire face à une situation beaucoup plus difficile qu’en 2014 » a-t-il expliqué. L’occasion de remercier une fois de plus Nicolas Sarkozy et Bernard-Henri Levy pour la guerre menée en Libye contre Khadafi.

    Source

    http://www.contre-info.com/frontex-500-000-a-un-millions-de-migrants-prets-a-quitter-la-libye-pour-leurope

  • Nouveau livre de Bernard Lugan : Osons dire la vérité à l’Afrique

    Présentation : Accrochés à des pourcentages de PIB désincarnés ou artificiels, « experts » et médias mentent à l’Afrique quand ils lui font croire qu’elle a « démarré » et qu’une « classe moyenne » y est née. En effet, non seulement le continent ne se développe pas, mais, au sud du Sahara, il est même revenu à une économie de « comptoir ».

    Au XVIIIe siècle ces derniers étaient esclavagistes ; en 2015, ils sont pétroliers, gaziers ou miniers. Comme ceux d’hier, ceux d’aujourd’hui n’enrichissent qu’une infime minorité d’acteurs-profiteurs cependant que la masse de la population subit en tentant de survivre.

    Allons-nous donc continuer de mentir à l’Afrique quand, confrontées à la misère et pour échapper au désastre dont elles sont les premières victimes, ses jeunes générations risquent leur vie dans de mortelles traversées vers le supposé « paradis » européen ? Afin d’attaquer les vraies causes du mal, les acteurs africains et européens doivent commencer par cesser de s’abriter derrière ces postures dogmatiques et ces mensonges qui, depuis des décennies, engluent le continent dans les échecs.

    Editions Le Rocher ; 224 pages - Prix : 21 euros - Disponible en librairie

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Nouveau-livre-de-Bernard-Lugan,8686

  • Réaction du Tchad et du Niger contre Boko Haram

    La réaction du Tchad et du Niger n’aura pas tardé à l’annonce d’allégeance de Boko Haram à l’État islamique.
    Leurs troupes respectives étaient en poste depuis un bon mois dans la province deDiffa, sous le feu de Boko Haram.
    La faction terroriste a multiplié les exactions ces derniers mois faisant encore 58 morts et 139 blessés dans trois explosions samedi 7 mars à Maiduguri, fief historique de Boko Haram et capitale de l’État de Borno (nord-est).
    Mais, il semble que ce soit surtout l’annonce de l’union entre l’engeance islamique nigériane et l’EI qui ait fait quitter la position défensive des deux armées régulières pour mener une attaque de grande envergure. L’offensive débutée le dimanche 8 mars à  8 heures du matin est actuellement en cours.

    http://fr.novopress.info/

  • Concernant l'expression "Fnps"

    Le moins que l'on puisse écrire, si l'on veut bien me passer la trivialité de l'expression, c'est qu'en inventant la formule « Fnps », Nicolas Sarkozy ne s'est pas foulé.
    1/ La source du problème.
    On sait que le Front National a inventé le terme Umps. Par là, les dirigeants frontistes, ainsi que tous ceux qui partagent leurs idées, veulent signifier que le système bicéphale droite/gauche, a vécu. Nous assistons depuis maintenant plusieurs décennies à des alternances politiques entre droite et gauche, dont la première durant la cinquième république, s'est déroulée en 1981. A l'origine, il y eut changement, en 1981, tout comme ce fut aussi le cas, même si on restait alors dans un cadre droitier, avec Giscard en 1974. Depuis 1981, plus on avance dans le temps, moins les alternances en terme de sigles, sont flagrantes d'un point de vue politique. Et pour les Français, c'est de plus en plus clair. Après tout, c'est Lionel Jospin premier ministre (1997-2002) qui stabilisa et même fit baisser la dette, alors que le magistère sarkozyste, ce fut 500 milliards de dette supplémentaires. La gauche eut beau fustiger les toujours plus nombreuses taxes sous Chirac puis Sarkozy, qu'aujourd'hui et ce depuis 2012, elle en fait tout autant.
    De cela, les Français sont de plus en plus conscients. Ce n'est pas la formule « Umps » qui leur a réellement fait prendre conscience es données du problème mais leur vécu au quotidien. A quoi bon voter Ump quand la gauche tient si bien les cordons de la Bourse ? A quoi bon voter parti socialiste puisque ce dernier n'empêche nullement le grand recul social ? Il n'est d'ailleurs pas impossible que le tandem Hollande/Valls soit le meilleur en matière de développement du capitalisme en France, ce depuis les débuts de la cinquième république. Le précédent allemand (Loi Haartz – Spd) aurait pu à ce titre nous éclairer.
    Fatalement, aujourd'hui les Français n'ont plus l'envie d'en découdre pour des raisons politiques : ils ont, ces trois dernières décennies, trop vécu les alternances qui en fait n'en étaient pas, pour aller dans la rue, se battre comme des chiffonniers. En revanche, le Front National ne laisse plus indifférents. Et ce avec la complicité – malgré eux et imbécile – des chefs de droite et de gauche. En diabolisant le Front National comme ils le font, à droite comme à gauche, ils montrent de facto aux Français qu'ils appartiennent, au moins sur ce point, au même camp. On peut ajouter, que droite et gauche font preuve du même intégrisme économique. Mais aussi qu'ils sont sur la même ligne américano-sioniste. Les Français ont désormais très bien compris que pour entendre une autre mélodie, il fallait écouter ce qui se trouve à « droite » de l'Ump ou à « gauche » du parti socialiste.
    Par voie de conséquence, le slogan Umps (« tous pareils ») n'est nullement une figure de style mais bien une réalité que les Français, de plus en plus nombreux, ont comprise. D'où le danger de la formule pour le Système. D'où les réactions agressives de Sarkozy, comme de Valls ou Cambadélis.
    2/ La formule « Fnps » a t-elle un sens ? 
    Si d'aventure le Front National avait les mêmes opinions que le parti socialiste en matière d'économie, de politique générale et de diplomatie, on pourrait alors valider l'expression « Fnps ». Si le Front National avait été au pouvoir en pratiquant la même politique, alors en effet, le terme aurait un sens. Mais dans les deux cas, c'est faux. Et les Français le savent. Et il y a d'ailleurs une contradiction : comment expliquer le traitement de défaveur – voir à contrario les critiques assez réservées de l'ump vis à vis du parti socialiste actuellement au pouvoir - dont fait l'objet le Front de la part de la droite, et énoncer dans le même temps que parti socialiste et front national, c'est la même chose ? Se pose un autre problème, c'est que par réflexe conditionné, même si les Français assimilent de plus en plus droite et gauche, ils continuent d'avoir une représentation linéaire de la politique. D'où la lecture droite gauche suivante : extrême droite, Fn, Ump, Udi, Modem, Ps, Fg, extrême gauche. Dans un tel cadre, la formulation Fnump a un sens en raison de la proximité topologique des deux mouvements. En revanche, le terme Fnps n'en a pas. On comprend dès lors l'échec de Nicolas Sarkozy à faire passer son message auprès des Français. Quant au problème du report des voix ou du maintien du Front National lors du second tour, il peut se traduire aussi bien par une victoire de l'Ump que du Ps ou du Fn. Faudrait-il alors évoquer « Fnump » ou « Fnps » ? Le fait est que l'Ump et le Ps sont tellement égocentrés, qu'ils ne peuvent l'un et l'autre accepter la présence d'une troisième force politique qui, au vu des sondages récents, est justement devenue la première.
    La nouvelle donne aujourd'hui, c'est que maintenant, la présence au second tour du Front National va devenir courante. Et les Français de s'en apercevoir. Que la présence du Front puisse, tantôt lui bénéficier à lui même, à l'Ump ou au Ps, cela n'est nullement le problème du Front.
    Dès lors où il y a suffrage universel, c'est au Peuple de trancher. Et c'est très bien ainsi. Et c'est tant pis pour ceux qui naguère avaient le monopole du pouvoir et qui se plaignent aujourd'hui de bientôt le perdre.

    Alain Rebours

    http://www.voxnr.com/cc/a_la_une/EukVAEZVlAWEnaJHUh.shtml

  • Pourquoi l’Occident hait-il Poutine ? La raison secrète

    Les raisons officielles
    Nous savons tous que les gouvernements occidentaux, emmenés par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, se sont retournés contre la Russie. Les raisons données par les médias sont nombreuses: la Russie a essayé d’empêcher l’Ukraine de rejoindre l’Union européenne. La Russie a aidé les « rebelles pro-russes » à abattre le MH-17.
    La Russie a « envahi » illégalement la Crimée. Des milliers de troupes et de tanks russes combattent en Ukraine. Certains d’entre nous pensent que ces affirmations sont de la propagande de guerre à l’intention des citoyens de l’Ouest dans le but de justifier des sanctions contre la Russie et de faire monter les tensions militaires.
    Les raisons géopolitiques

    Beaucoup moins largement débattues, mais beaucoup plus importantes, il y a les raisons géopolitiques qui considèrent les zones de conflit entre les intérêts économiques des Etats-Unis et ceux de la Russie ; et ceux de la Russie et de la Chine.
    Pour le moment, l’Union européenne est très dépendante de l’énergie russe. Les Etats-Unis aimeraient faire cesser cela. Le conflit en Ukraine est un élément important du processus visant à séparer économiquement l’UE de la Russie. Mais il y a aussi un programme plus vaste. La Chine et la Russie dirigent les BRICS, ce groupe de pays rassemblant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Les pays des BRICS veulent développer un système économique mondial qui ne dépende pas du dollar US. Ils veulent être indépendants du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. La Chine a aussi suggéré à l’Europe qu’elle se joigne à elle et à la Russie dans ce qu’elles appellent la Nouvelle route de la soie, qui s’étend dans toute l’Eurasie, de Lisbonne à Shanghai.
    Inutile de dire qu’il n’y a pas de place pour les Etats-Unis dans ce plan, ce qui donne une autre raison de couper les liens économiques entre la Russie et l’Union européenne.
    La raison secrète – La guerre qui n’a pas eu lieu

    Tous ces facteurs sont importants, mais il y en a encore un autre, qui n’est jamais débattu dans les médias occidentaux. L’élément déclencheur de la soudaine hostilité contre la Russie et Poutine peut être trouvé dans presque tous les événements non déclarés qui se sont déroulés entre la fin d’août et le début de septembre 2013.
    Ce qui est arrivé dans cette période cruciale est qu’une attaque surprise de l’Otan contre la Syrie a été stoppée par la Russie. C’était probablement la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale qu’une attaque militaire planifiée par l’Occident se trouvait confrontée à une force suffisante pour exiger son annulation. On n’a pas dit aux gens en Occident pourquoi leurs dirigeants bellicistes au discours martial ont fermé les yeux. Ils ont reculé et ont décidé de changer leurs plans. Le nouveau plan : démolir l’Ukraine et s’emparer de la Crimée au profit de l’Otan. Cela, à l’évidence, n’a pas marché non plus ; et le désordre qu’ils ont créé est toujours là.
    L’attaque US/France prévue sur la Syrie
    Tôt le matin du samedi 31 août 2013, un officiel américain a téléphoné au cabinet du président Hollande pour lui dire d’attendre un appel d’Obama plus tard dans la journée.
    « Présumant que ce téléphone du soir annoncerait le début des frappes aériennes états-uniennes (contre la Syrie), Hollande a donné l’ordre à ses officiers de mettre au point leurs propres plans d’attaque. Les avions de combat Rafale ont été chargés de missiles de croisière Scalp ; on a ordonné à leurs pilotes de lancer leurs munitions d’une portée de 250 miles quand ils se trouveraient sur la Méditerranée. » (1)
    Autrement dit, à ce moment-là, les pilotes français et les troupes états-uniennes attendaient seulement l’ordre final du président Obama pour lancer leur attaque. Toutefois, plus tard le même jour, à 18h15, Obama a appelé le président français pour lui dire que l’attaque programmée le 1er septembre à 3h du matin n’aurait pas lieu comme prévu. Il devait consulter le Congrès. (2)
    Trois jours plus tard, à 6 h 16 GMT du mardi 3 septembre, deux missiles dirigés vers la côte syrienne étaient lancés « depuis la partie centrale de la Méditerranée », mais ils n’ont pas atteint la Syrie.(3) « Les deux missiles se sont écrasés en mer. » (4) Il existe différentes versions de ce qui s’est produit.
    Selon Israël Shamir:

    « Un journal libanais, citant des sources diplomatiques, a affirmé que les missiles étaient lancés depuis une base aérienne de l’Otan en Espagne et qu’ils ont été abattus depuis un navire par le système de défense russe mer-air. Une autre explication proposée par Asia Times soutient que les Russes ont utilisé leurs brouilleurs GPS, puissants et bon marché, pour rendre impuissants les Tomahawks, très chers, en les désorientant et en les poussant à l’échec. Il y a encore une autre version, qui a attribué le lancement aux Israéliens ; soit qu’ils étaient prêts à abattre les missiles, soit qu’ils observaient les nuages comme ils le prétendent. » (5)
    Les navires de guerre étaient prêts
    Il est difficile de savoir ce qu’il y a derrière ce lancement de missile raté, mais cela n’a pas déclenché de guerre. Nous pouvons tous en être reconnaissants. Sur la carte ci-dessous, nous pouvons voir l’impressionnante collection de navires de guerre en position au large de la Syrie à l’époque. (6)
    Un article dans Global Research a parlé d’un « déploiement naval massif des Etats-Unis et de leurs alliés en Méditerranée orientale au large de la côte syrienne ainsi que dans la mer Rouge et dans le golfe Persique. » (7)
    A ce moment-là, il semblait presque certain que les Etats-Unis et leurs alliés lanceraient une attaque contre la Syrie. Au lieu de quoi, l’attaque prévue a été reportée sine die. Comme le dit Israël Shamir, « les volontés de fer de l’Amérique et de l’Eurasie s’étaient croisées en Méditerranée orientale », et les Etats-Unis ont subitement décidé de reculer devant ce grave conflit militaire.
    Un commentateur a plaisanté en disant qu’Obama avait finalement mérité son prix Nobel de la paix, après ça. Voici l’évaluation de la situation par le Saker, un opposant véhément à ce qu’il appelle l’Empire anglo-sioniste. Parce que, de par sa vie antérieure, le Saker a une connaissance intime du fonctionnement des affaires militaires de l’Otan.
    « Moins remarqué, il y a eu l’envoi par la Russie d’une force navale opérationnelle, assemblée à la hâte mais compétente, sur la côte syrienne. Pas une force suffisamment importante pour battre la marine US, mais une force capable de fournir à l’armée syrienne une vision complète du ciel au-dessus et au-delà de la Syrie. Autrement dit, pour la première fois, les Etats-Unis ne pouvaient pas réaliser une attaque surprise sur la Syrie, pas avec des missiles de croisière, pas avec leur puissance aérienne. Pire, la Russie, l’Iran et le Hezbollah se sont lancés dans un programme d’assistance matérielle et technique à la Syrie, avoué, et non avoué, qui a fini par vaincre l’insurrection wahhabite. » (8)
    Pourquoi les Etats-Unis ont-ils modifié leurs plans ?
    Il nous est difficile de connaître toutes les manœuvres qui se sont déroulées en coulisses en août et en septembre 2013, mais le résultat final est clair. Après des années de tensions croissantes et de menaces, les Etats-Unis et leurs alliés ont décidé de ne pas attaquer la Syrie comme ils l’avaient prévu. Etant donné que la rhétorique et le déploiement militaire contre la Syrie semblaient suivre le scénario utilisé pour l’Irak et la Libye, il y a eu peu de débats en Occident sur les raisons pour lesquelles les Etats-Unis et leurs amis ont subitement changé leurs plans.

    Maintenant, avec le recul, nous pouvons voir que cette attaque directe ratée a mené à une attaque indirecte croissante et à la montée de ce qui est maintenant connu comme l’Etat islamique.
    Deux des raisons évidentes que je peux déceler à ce changement soudain ne sont pas la sorte de choses que les dirigeants politiques occidentaux veulent débattre. L’une est le fait que ces guerres sont très impopulaires. Comme résultat des mensonges et des échecs innombrables révélés sur les guerres sauvages et inutiles en Afghanistan, en Irak et en Libye, il semble que certains politiciens écoutent leurs citoyens. Comment pouvez-vous expliquer autrement la décision inattendue du parlement britannique, le jeudi 29 août, de voter contre la participation du Royaume-Uni à toute frappe contre la Syrie?
    L’autre raison est l’étendue des concentrations de troupes de la Syrie, de la Russie et même de la Chine. (9) Les Russes et les Chinois n’ont pas seulement bloqué les Etats-Unis au Conseil de sécurité. Ils ont « voté » avec leur matériel militaire. Ils ne sont pas satisfaits de ce que les Etats-Unis avaient projeté pour la Syrie et ont fait clairement savoir qu’ils recourraient à la force pour les arrêter. Quand les Chinois ont-ils envoyé pour la dernière fois des navires de guerre en Méditerranée? La Russie et la Chine n’approuvent clairement pas la manière dont les Etats-Unis décident d’envahir un pays après l’autre.
    Qu’est-ce que ça veut dire ?
    Pour des raisons qui ne sont pas difficiles à imaginer, il y a eu peu de discussions sur la signification plus large de ces événements dans les médias occidentaux. Cependant, des commentateurs comme Israel Shamir et Pepe Escobar croient que ces événements signalent un changement important dans l’équilibre des pouvoirs dans le monde.

    Ce qui suit est tiré d’une présentation par Israel Shamir au Rhodes Forum le 5 octobre 2013:
    « Tout d’abord, la bonne nouvelle. L’hégémonie américaine, c’est du passé. La brute a été maîtrisée.»
    Nous avons franchi le cap de Bonne-Espérance, symboliquement parlant, en septembre 2013. Avec la crise syrienne, le monde a opéré un virage essentiel de l’Histoire moderne. C’était un quitte ou double presque aussi risqué que la crise des missiles cubains de 1962.

    “Les risques d’une guerre totale étaient élevés, car les volontés de fer de l’Amérique et de l’Eurasie s’étaient croisées en Méditerranée orientale. Il faudra un certain temps pour que ce que nous avons vécu fasse son chemin dans les consciences: c’est normal pour des événements d’une telle ampleur. “ (10)

    Par « Eurasie », il faut entendre la Russie et la Chine. En termes crus, ces deux pays ont simplement contraint les Etats-Unis à reculer et à annuler leurs plans de guerre. Généralement, les gens ordinaires aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et dans beaucoup d’autres pays étaient tout aussi opposés à l’attaque que le peuple syrien lui-même.

    Pepe Escobar est encore plus dramatique. Dans un article du 17 octobre, après le recul du gouvernement de Washington sur la Syrie, il explique qu’il y a eu un changement de politique à Pékin. Maintenant, pour la Chine, fini de mettre des gants diplomatiques. Il est temps de construire un monde « désaméricanisé ». Le temps est venu d’une monnaie de réserve internationale qui remplace le dollar US. (11)

    Cette nouvelle approche est présentée dans un éditorial de Xinhua. (12) Cet épisode, qui s’est ajouté à la crise financière provoquée par les banques de Wall Street, a été pour la Chine la goutte qui a fait déborder le vase.

    Voici ce qui est peut-être le paragraphe le plus important de l’éditorial cité :
    « Au lieu de remplir ses obligations comme une puissance dirigeante responsable, un Washington égocentrique a abusé de son statut de superpuissance et a même introduit davantage de chaos dans le monde en transférant ses risques financiers à l’étranger, provoquant des tensions régionales dans des conflits territoriaux, et menant des guerres injustifiées couvertes par des mensonges. (13)

    Dans sa nouvelle stratégie, la Chine s’appuie sur au moins trois principes. Le premier est de stopper les aventures militaires des Etats-Unis. Toutes les nations doivent respecter le droit international et régler les conflits dans le cadre des Nations unies. Le deuxième est d’élargir l’adhésion à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international pour inclure des pays émergents et en développement. Le troisième est de travailler à une « nouvelle monnaie de réserve internationale qui doit être créée pour remplacer la domination du dollars US ». (14)

    Peut-être est-ce pour cette raison que les dirigeants à l’Occident ne célèbrent pas cette guerre qui n’a pas eu lieu. Les Russes et les Chinois ont forcé l’Occident à respecter le droit international et à éviter une guerre illégale. De plus, les Chinois voient cela comme le commencement d’une nouvelle ère dans la politique mondiale. Ils veulent « désaméricaniser » le monde.

    Cela signifie que les Etats-Unis et leur petit groupe d’amis en Europe de l’Ouest et au Japon devront reconnaître qu’ils ne peuvent pas prendre de leur propre chef toutes les décisions importantes dans le monde.

    Notes
    Source: Australianvoice; traduit par Arrêt sur Info

    1. Cité d’après un article de David Axe, « Les bombardiers français étaient chargés, les rebelles syriens étaient déployés – Tous attendaient le OK d’Obama pour attaquer »; https://medium.com/war-is-boring/69247c24253f (en anglais)

    2. http://israelmatzav.blogspot.com.au/2013/09/france-was-ready-to-strike-syria-obama.html

    3. http://beforeitsnews.com/middle-east/2013/09/two-missiles-launched-toward-syria-fall-into-the-sea-2454030.html

    4.http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/10282788/Missiles-launched-in-Mediterranean-towards-Syrian-coast-claims-Russian-defence-ministry.html

    5. http://www.globalresearch.ca/the-war-on-syria-the-september-2013-military-stand-off-between-five-us-destroyers-and-the-russian-flotilla-in-the-eastern-mediterranean/5355644

    6. https://fbcdn-sphotos-b-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash3/1176205_566256046755921_1140583716_n.jpg

    7. http://www.globalresearch.ca/massive-naval-deployment-us-and-allied-warships-deployed-to-syrian-coastline-before-the-august-21-chemical-weapons-attack/5347766

    8. http://thesaker.is/submarines-in-the-desert-as-my-deepest-gratitude-to-you/

    9. http://www.redflagnews.com/headlines/alert-china-sends-warships-to-syria-joining-russian-warships-in-mediterranean-sea

    10. http://www.globalresearch.ca/the-war-on-syria-the-september-2013-military-stand-off-between-five-us-destroyers-and-the-russian-flotilla-in-the-eastern-mediterranean/5355644

    11. http://www.alternet.org/world/de-americanized-world-and-china

    12. http://news.xinhuanet.com/english/indepth/2013-10/13/c_132794246.htm. Cela semble être le même important éditorial analysé par Jeff J. Brown dans le post de Wikileaks « Baba Beijing’s Belly Laugh Felt Round the World »,http://www.wikileaksparty.org.au/baba-beijings-belly-laugh-felt-round-the-world-2/. La seule différence que je peux voir est que Jeff Brown se réfère à un auteur nommé Tang Danlu, tandis que le site web de Xinhua se réfère à Liu Chang comme l’auteur de l’article.

    13. http://news.xinhuanet.com/english/indepth/2013-10/13/c_132794246.htm

    14. http://www.alternet.org/world/de-americanized-world-and-china
    Source : 
    Al manar :: lien