On sait désormais ce que sont ces « valeurs républicaines » que la quasi-totalité de la classe politique ne cesse de jeter à la face du Front national…
Ça y est, on sait désormais ce que sont ces omniprésentes « valeurs républicaines » que la quasi-totalité de la classe politique ne cesse de jeter à la face du Front national… On en arrivait à se demander si elles existaient vraiment…
Tout d’abord, grâce à Olivier Py, directeur du festival d’Avignon, indigné par le succès du candidat frontiste Philippe Lottiaux (il a devancé d’une courte tête la candidate socialiste dimanche soir, lors du premier tour des élections municipales) : « 30 % au FN, je ne reconnais pas ma ville. »
« Sa » ville, allons bon ! Comme étaient sans doute « ses » villes précédentes : Orléans, dont il était en 1997 le directeur du Centre dramatique national… ou encore Paris où il dirigeait le Théâtre national de l’Odéon en 2007 ! « Sa » ville, donc ! Comme « sa » conception du suffrage universel… et « ses valeurs républicaines » : « Je ne me vois pas travaillant avec une mairie Front national. Cela me semble tout à fait inimaginable […] Je n’envisage que deux solutions possibles : soit je démissionne et on nomme un nouveau directeur ; soit on délocalise le festival dans une autre ville. »
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Chantage et vengeance : les voilà, leurs fameuses « valeurs républicaines » !
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L'histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde
De nouvelles informations apparaissent, concernant l'attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI. par Harold James, Princeton
Le grand roman de Balzac Ies illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l'histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l'histoire secrète » - c'est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l'histoire pendant longtemps - voire pour toujours. Plus maintenant.
Ceci n'est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L'histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe. Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.
Le rôle premier de la Fed
Les réunions les plus importantes se sont déroulées le 16 septembre et le 28 octobre - à la suite de l'effondrement de la banque d'investissement américaine Lehman Brothers - et portaient sur la création d'accords bilatéraux d'échange de devises visant à assurer une liquidité adéquate. La Fed y avait décidé d'accorder des crédits en dollars à des banques étrangères en échange de devises, que la banque étrangère acceptait de racheter après une période spécifiée au même taux de change, plus les intérêts. Cela fournissait aux banques centrales - en particulier celles de l'Europe, qui faisaient face à une pénurie de dollars après la fuite des investisseurs américains - les dollars dont elles avaient besoin pour prêter aux institutions financières domestiques en difficulté.
En effet, la BCE a été parmi les premières banques à conclure un accord avec la Fed, suivie par d'autres grandes banques centrales de pays avancés, comme la Banque nationale suisse, la Banque du Japon et la Banque du Canada. Lors de la réunion d'octobre, quatre économies émergentes importantes « sur le plan diplomatique et économique » - Mexique, Brésil, Singapour et Corée du Sud - ont rejoint le mouvement, la Fed décidant d'établir des lignes de swap à hauteur de 30 milliards de dollars avec les banques centrales de ces pays.
La Fed voit d'abord les intérêts américains
Bien que la Fed ait agi comme une sorte de banque centrale mondiale, ses décisions ont été dictées, d'abord et avant tout, par les intérêts américains. Pour commencer, la Fed a rejeté les demandes de certains pays - dont les noms sont effacés dans les transcriptions publiées - de rejoindre le programme d'échange de devises.
Plus important encore, des limites furent placées sur les swaps. L'essence de la fonction de prêteur en dernier ressort d'une banque centrale a toujours été la fourniture de fonds illimités. Parce qu'il n'y a pas de limite sur la quantité de dollars que la Fed peut créer, aucun participant au marché ne peut prendre de position spéculative contre elle. En revanche, le Fonds monétaire international dépend de ressources limitées fournies par les pays membres.
Un changement fondamental dans la gouvernance mondiale
Le rôle international grandissant que la Fed joue depuis 2008 reflète un changement fondamental dans la gouvernance monétaire mondiale. Le FMI a été créé à une époque où les pays étaient régulièrement victimes des hypothèses désinvoltes des banquiers de New York, tels que l'évaluation de JP Morgan dans les années 1920 selon laquelle les Allemands étaient « fondamentalement un peuple de second ordre ». Le FMI formait une caractéristique essentielle de l'ordre international de l'après-Seconde Guerre mondiale, destinée à servir de mécanisme d'assurance universelle - qui ne pourrait pas être utilisé pour promouvoir les intérêts diplomatiques du moments.
Les documents de la Fed montrent la marginalisation du FMI
Aujourd'hui, comme le montrent clairement les documents de la Fed, le FMI est devenu marginalisé - notamment en raison de son processus politique inefficace. En effet, dès le début de la crise, le FMI, supposant que la demande pour ses ressources resterait faible en permanence, avait déjà commencé à réduire ses capacités.
En 2010, le FMI a mis en scène sa résurrection, se présentant comme central dans la résolution de la crise de l'euro - à commencer par son rôle dans le financement du plan de sauvetage grec. Pourtant, ici aussi, une histoire secrète a été révélée - qui met en évidence à quel point la gouvernance monétaire mondiale est devenue asymétrique.
La position du Fonds monétaire compliquée, face à la crise européenne
Le fait est que seuls les États-Unis et les pays massivement surreprésentés de l'Union européenne ont soutenu le plan de sauvetage grec. En effet, toutes les grandes économies émergentes s'y sont fermement opposées, le représentant du Brésil déclarant qu'il s'agissait d'un « plan de sauvetage des détenteurs de la dette privée de la Grèce, principalement les institutions financières européennes ». Même le représentant de la Suisse a condamné la mesure.
Lorsque les craintes d'un effondrement soudain de la zone euro ont donné lieu à un débat prolongé sur la façon dont les coûts seront supportés par des restructurations et des annulations de dette, la position du FMI deviendra de plus en plus compliquée. Bien que le FMI soit censé avoir priorité sur les autres créanciers, il y aura des demandes pour annuler une partie des prêts qu'il a émis. Les pays émergents plus pauvres s'opposeraient à une telle démarche, arguant que leurs citoyens ne devraient pas avoir à payer la facture de la prodigalité budgétaire de pays beaucoup plus riches.
Une perte d'influence inéluctable, même en cas de changement de directeur général
Même ceux qui ont toujours défendu l'implication du FMI se tournent à présent contre le Fonds. Les fonctionnaires de l'UE sont outrés par les efforts apparents du FMI pour obtenir un soutien des pays débiteurs de l'Europe en exhortant l'annulation de toutes les dettes qu'il n'a pas émises lui-même. Et le Congrès des États-Unis a refusé d'approuver l'expansion des ressources du FMI - qui faisait partie d'un accord international négocié au sommet du G-20 de 2010.
Bien que le scandale qui a suivi la nomination d'un autre européen en tant que directeur général du FMI en 2011 soit de nature à assurer que le prochain chef du Fonds ne sera pas originaire d'Europe, la diminution rapide de l'importance du rôle du FMI signifie que cela ne changera pas grand-chose. Comme le montre l'histoire secrète de 2008, ce qui importe est de savoir qui a accès à la Fed.
Source
http://www.oragesdacier.info/2014/03/lhistoire-secrete-de-la-crise.html -
Edwy Plenel agent de l'étranger ? C'est ce que François Mitterrand a confié à Roland Dumas
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La fin du socialisme municipal
D'Antoine Vouillazère dans Minute :
"[...] Au-delà du vote sanction contre la politique menée depuis près de deux ans par le gouvernement, c’est le « socialisme municipal » qui s’effondre, ce système à base de clientélisme qui faisait que, par-delà les aléas des scrutins intermédiaires, le Parti socialiste con servait ses bastions.
Les résultats obtenus par la droite, UMP ou FN, dans les grandes villes, où le vote est le plus politisé, masquent en effet une autre réalité, bien plus profonde. Dans les communes de moins de 10000 habitants, où 80 % des électeurs ont voté en fonction de considérations locales, la gauche a subi des revers tout aussi cinglants comme si la colère avait, enfin, pris le pas sur la peur. [...] Or jusque-là, sur la « politique locale » ou ce qui en tenait lieu, la gauche (socialiste et communiste) avait un avantage certain, constitué de cadeaux en tout genre pour la population la plus défavorisée (ou qui prétend l’être), de discrets règlements de factures d’électricité ou de gaz sur le budget d’aide sociale – quand ce n’est pas le remboursement d’un train de pneus pour la voiture dont le malheureux, au chômage, ne peut se passer pour trouver un emploi… –, et d’emplois dans les différentes collectivités ou organismes publics ou parapublics. Facile, quand on détient la majorité dans la plupart des assemblées régionales, départementales et municipales, et par voie de conséquence dans tous les syndicats mixtes des rivières, des ordures ménagères, de l’électricité, etc. de se livrer à un traitement collectif du chômage avec l’argent de ceux qui payent des impôts… Et bien pratique pour se constituer une clientèle de redevables d’autant plus enclins à voter pour le bienfaiteur qu’ils n’avaient qu’une peur: qu’un successeur vienne faire le ménage en sabrant dans les sureffectifs qui constituent le lot commun des municipalités de gauche. Cette peur-là, qui assurait depuis les années 1970 des majorités toujours plus confortables à la gauche municipale, n’est plus.
Mélange de colère devant la suffisance d’élus qui se croyaient inamovibles et de prise de conscience que la gabegie ne peut plus continuer. La gauche, totalement déconnectée du peuple au niveau national, l’est devenue aussi sur le plan municipal, au point de ne même plus faire campagne – voire de dénoncer ceux qui vont à la rencontre des habitants comme des « commerciaux »! –, au point de négliger, y compris en milieu rural ou périurbain, des quartiers périphériques où l’on n’a pas vu d’élu depuis, au mieux, la campagne électorale… de 2008.
Dans la France de 2014, l’édile socialiste est devenu inaccessible. Vivant en centre ville. Retranchée derrière la secrétaire et les vitres teintées de sa voiture de fonction. Décidant de tout sans rien connaître d’autre que les avis des services techniques départementaux. Allant d’inauguration en vernissage et de réception à la préfecture en assemblée générale des associations. Et paradant, comme si c’était un but en soi d’être maire, une fin, un sommet de sa carrière, et non pas une simple délégation de pouvoirs qui implique bien plus de devoirs que de droits. Bref, des élus qui se servent avant de servir et dont la principale caractéristique est l’inertie, les deux composantes de la rente de situation. [...]"
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Municipales 2014 - Acte 1

Le premier tour des élections municipales est toujours un temps politique intéressant car il permet de prendre une photo de la situation politique de notre pays.
En effet, de nombreuses sensibilités y sont représentées allant de l’Église de la Sainte Consommation aux Identitaires en passant par les partis institutionnels.
Il permet d’avoir une analyse plutôt fine sur la sociologie des communes et les dynamiques en cours.La première dynamique, c’est l’effondrement du PS. Seuls 2 Français sur 10 ont voté pour le parti du Président lors de ce premier tour. Quelle légitimité pour ce président et son gouvernement dans ses conditions ? Cette question est une vraie question et non un « relent nauséabond de populisme offensant la sacro-sainte démocratie ». Oui le PS n’est pas légitime, comme il ne l’était d’ailleurs pas en 2012 où il est passé « par défaut », par rejet de l’ancien président Sarkozy. Nous connaissons tous le PS, qui n’a de socialiste que le nom et dont la politique économique actuelle est la même que celle de l’UMP (avec quelques nuances). Le PS nous avait déjà fait le coup en 83 avec Pierre Mauroy qui avait initié le tournant libéral de la gauche, douchant l’optimisme de son camp.
L’autre dynamique, c’est le retour en force de la droite, très probablement encouragée par la Manif pour tous, qui a (ré)activé le clivage droite/gauche, et qui a concerné un grand nombre de familles qui s‘inquiètent à juste titre de ce qu’on va apprendre à leurs enfants. Bien plus que le mariage homo en tant que tel, c’est la conception de la famille et ce qu’on apprend à nos enfants qui a produit un choc terrible dans la population. Certes il y a une déception de l’électorat de gauche, mais cela n’a pas conduit à faire monter, en réaction, l’extrême-gauche qui continue de s’effondrer lamentablement. Seules quelques vieilles municipalités « communistes » continuent de perdurer, mais pour combien de temps encore ? C’est donc la "droite" et le centre qui engrangent les voix. Même à Paris, souvent dépeinte comme une ville de « bobo cosmopolites », l’UMP arrive en tête, même à Toulouse, dépeinte comme une ville de « gauchistes », l’UMP arrive en tête. Cela ne présage rien du résultat final, mais c’est un signe.Évidemment, le phénomène incontournable, c’est l’augmentation de l’abstention, ce qui est assez marquant pour des municipales où beaucoup d’enjeux sont des enjeux locaux. Faut-il y voir un rejet des politiciens ? Ou le fait que l’offre n’était pas suffisante sur l’ensemble du territoire ? Dans certaines municipalités, il n’y avait qu’une seule liste, dans d’autres, les barons locaux étaient annoncés vainqueurs malgré la concurrence… Cette abstention n’est d’ailleurs pas une bonne chose. Alors que nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire de la Commune de Paris, il faut rappeler que l’engagement local et communal est primordial. Si ce désengagement électoral se traduisait par d’autres formes d’engagement, il serait plus intéressant, mais la réalité c’est qu’il traduit surtout une dépolitisation de nos concitoyens. Quant à ceux qui pensent qu’il s‘agit d’une arme politique, ils se leurrent. Plus de 50% d’abstention à Lille, croyez-vous que ça empêche Aubry de dormir? Non au contraire, et sa position de "maire de Lille" lui donne même droit à des aspirations nationales. Combattre Aubry en restant chez soi ? La bonne blague.
C’est surement cela qui explique la désormais fameuse « poussée » du FN/RBM qui a réussi à arriver en tête dans de nombreuses villes. Il ne faut pas la surestimer. On s’amusera d’ailleurs du caractère ultra ciblé géographiquement de ce vote. Les communes majoritairement FN étant entourées de communes où parfois le FN est totalement absent. Preuve que la politique de terrain fonctionne. En effet il n’y a guère de raisons objectives pour que deux communes voisines aient une distribution aussi différente du vote alors qu’elles subissent souvent les mêmes problèmes. Un bémol cependant, la situation locale peut influer, comme à Hénin-Beaumont avec les affaires judiciaires ou à Béziers* avec le bilan désastreux du maire sortant. Il n’empêche que cela est l’illustration qu’il est possible de s’imposer politiquement dans un contexte qui illustre la gabegie de nos gouvernants. Cependant, la route est encore longue, et quelques communes FN/RBM ne sont pas en mesure de changer radicalement la marche en avant de l'oligarchie.
Autre élément important, la réussite des candidats médiatiques : Bayrou, Copé, Jacob, Wauquiez, Collard, Ménard, Philippot, Dupont-Aignan, Aubry, … tous arrivent en tête ou sont déjà élus. Les Français cherchent peut-être aussi à se rattacher à des personnalités. Et c’est surement le plus étonnant, car cela contredit l’idée de « sanction » de la classe politique puisque les principales figures sont en tête. Il faudra donc voir en quelle mesure il y a une sanction de la classe politique ou si ce n’est pas plutôt un basculement à droite qui se manifeste durablement. D’ailleurs, les résultats des candidats souverainistes et nationalistes sont plutôt bons, si l’on prend un spectre large allant de Dupont-Aignan à Benedetti en passant par les FN, RBM et Divers droite.

Le second tour réservera surement son lot de surprises, puisqu’il permettra de valider un grand nombre de stratégie de boutiquiers. En effet il nous permettra non seulement d'observer les secteurs où il y a une porosité entre l’UMP et le FN et ceux où, au contraire, l’UMP fait cause commune avec le PS, voire le PC, dans ce front républicain de carnaval. Pour notre part, nous appelons nos lecteurs à poursuivre leur vote par un engagement militant ou à traduire leur abstention en geste politique en aidant à la création d’une alternative populaire, nationale et sociale.
Jean
* à Béziers, Robert Ménard est soutenu par le FN, mais aussi par d'autres formations, comme DLR.
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"L'Imperium contre le mondialisme" - entretien avec Gabriele Adinolfi
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La vraie surprise du premier tour
L'Express de ce 24 mars, peut-être pour attirer le chaland, parle des "dix surprises du premier tour" de ces élections municipales. Or, dans l'Histoire politique française il s'est produit, sans doute, plusieurs fois des retournements inattendus entre les deux tours. Mais ce que souligne le scrutin du 23 mars vient de suffisamment loin pour qu'on doive en prendre acte et en tirer els conséquences.
Remarquons d'emblée que la "surprise" ne vient pas, à nos yeux, de l'effondrement du PS et de la poussée du FN, mais de l'ampleur du premier phénomène dont le second tire naturellement, quoique partiellement, parti.
Sans doute est-il trop tôt pour discerner quels mouvements réels et durables se sont produits dans l'opinion. Il faut attendre pour cela de disposer de chiffres complets, non plus en pourcentages, mais en valeurs absolues. Au moment de la présidentielle de 2012, on pouvait consulter les chiffres des villages, puisqu'ils ne comportent qu'un bureau de vote : c'est en effet à ce niveau que doit se situer toute étude des évolutions de l'électorat. Elles se révèlent très différentes de ce que disent les commentateurs, et nous le soulignions alors. Or, cette étude ne peut s'effectuer dans le cadre de ce scrutin puisque la France rurale ne vote pas ici sur des listes politisées. Rappelons aussi que les listes urbaines sont beaucoup plus encadrées par le système, beaucoup plus quadrillées par l'idéologie officielle, qu'elles sont subventionnées, etc.
Constatons que le travail d'implantation locale a fini par porter ses fruits et que ce qui s'observe partout s'est vérifié, aussi, à Hénin-Beaumont et à Forbach et dans pas mal de villes, et pas seulement en faveur de ce parti faut-il le signaler.
Mais c'est, en plus de tout cela, le sentiment d'écœurement qui a donné un coup de pouce général aux diverses formes d'opposition. On a beaucoup parlé, et à juste titre, des promesses sociales non tenues, de l'échec économique du pouvoir actuel, de l'effacement international et européen de la France etc.
Tout cela joue indiscutablement.
Il faut aussi rappeler, cependant, que les plus grandes poussées d'indignation de l'année 2013 ne se sont pas investies sur les terrains auxquels un certain matérialisme voudrait pouvoir les cantonner. Si monstrueuse soit-elle, la pression fiscale, pas plus que le monopole de la sécurité sociale, etc. tout cela n'a pas mobilisé autant que les atteintes à la famille et aux mœurs.
Au titre de celles-ci on doit inclure aussi le cas, unique au monde, d'un chef d'État, renégat manifeste du catholicisme familial, prétendant instituer le mariage pour tous et s'en dispensant lui-même. Que ce personnage fasse honte à une partie de l'opinion, mériterait une attention plus soutenue des observateurs.
Qu'enfin le parti de ce politicien dont la capacité à gouverner reste encore à démontrer, et dont le seul métier connu, pour ne pas parler de mérite, se limite aux manipulations, se soit investi ces dernières semaines dans les atteintes judiciaires, effectivement partisanes, contre son prédécesseur et rival n'a fait qu'assombrir le tableau.
La bonne surprise de ce premier tour semble donc le réveil d'une opinion française qu'on aurait pu croire installée au château de la Belle au Bois Dormant. On ne peut donc que souhaiter la prolongation et l'amplification du phénomène.
JG Malliarakis http://www.insolent.fr/ -
Villes FN de 1995 : la grande désinformation médiatique
Ni échec électoral, ni faillite financière, ni censure.
Pour les médias de propagande, l’expérience municipale FN de 1995 a, au mieux, tourné en eau de boudin, au pire, été « catastrophique » : des affirmations démenties par les faits à Orange, à Marignane et à Vitrolles et qu’il faut fortement corriger à Toulon. Ni échec électoral, ni faillite financière, ni censure.
Echec électoral ? Trois maires sur quatre renouvelés en 2001 !
En 2001, Jean-Marie Le Chevalier fut sévèrement battu à Toulon mais ses collègues, quoique élus en triangulaires (Orange, Marignane) ou d’extrême justesse (Vitrolles) furent réélus. Trois réélus sur quatre, c’est une statistique plutôt bonne après un premier mandat, d’autant que les circonstances politiques (divisions du FN notamment) étaient très défavorables.
Faillite financière ? Non : redressement de la situation !
Sur ce sujet il n’y a pas photo : dans les quatre villes FN la situation financière a été redressée, la fiscalité maîtrisée, la dette réduite. Sur la longue durée le bilan d’Orange est remarquable et sert désormais de modèle à tout le Vaucluse et à la Drôme provençale.
http://www.polemia.com/histoire-economique-mairies-fn-elles-auraient-merite-le-triple-a/
Censure des bibliothèques ? Non : tentative d’y rétablir un minimum de pluralisme
Plus de 40.000 livres sont publiés chaque année en France. Les bibliothèques municipales en achètent quelques milliers, généralement à partir de listes établies par les syndicats et les associations de bibliothécaires, le choix mêlant classiques, nouveautés incontournables et œuvres « bien pensantes ». Les maires FN de 1995 n’ont nulle part voulu interdire ces achats, ils ont simplement voulu établir un minimum de pluralisme. En juillet 1995, Libération s’étranglait sur le thème : « A Orange, c’est pire que la censure, le maire a fait acheter des livres ». Dans un supplément récent du Monde sur « Le FN et la culture » on reprochait encore à Jacques Bompard « d’avoir fait acheter 70 livres » en 1995. Quelle horreur !
Affaires ? Persécutions judiciaires à Toulon
En dehors des habituelles polémiques, rien de sérieux en termes d’affaires à se mettre sous la dent à Orange, Marignane, Vitrolles. A Toulon, un maire adjoint (au logement) indélicat fut condamné et le maire Le Chevallier fit l’objet de plus de 10 poursuites : mais il finit, à une exception près, mineure d’ailleurs, par gagner tous ses procès, rarement en première instance, souvent en appel, toujours en cassation. Le seul problème c’est que les médias choisirent d’ignorer les décisions judiciaires lorsqu’elles lui donnaient gain de cause.
2014 : que les électeurs se rassurent, les maires FN seront bien surveillés par l’appareil d’Etat
Le précédent de 1995 ne doit donc pas dissuader les électeurs de tenter une expérience municipale Front national. Mais il est certain que les maires FN n’auront pas la tâche facile. Car ils se heurteront à une triple partialité :
- celle des médias ;
- celle des conseils régionaux et généraux qui tenteront de leur refuser toutes subventions (en contradiction avec le principe d’égalité) ;
- celle de la direction politique de l’appareil d’Etat qui les « criblera » dans son contrôle de légalité administratif et financier comme il l’avait fait après 1995.
Mais, après tout, ce dernier point peut rassurer les électeurs : les édiles qu’ils se seront choisis seront bien surveillés !
Jean-Yves Le Gallou
http://www.polemia.com/villes-fn-de-1995-la-grande-desinformation-mediatique/Lien permanent Catégories : actualité, élections, France et politique française, lobby 0 commentaire -
Les chiens aboient, la caravane passe
Marine Le Pen l’annonçait hier dans une conférence de presse tenue à Nanterre, Jean-Claude Dreistadt, la tête de la liste FN à L’Hôpital (Moselle) qui a obtenu 23,98% le 23 mars, mènera la nouvelle liste pour le second tour qui est le fruit de la fusion avec celle du candidat divers droite Jean-Marcel Labach (18, 18% des voix). L’opposition nationale apportera aussi le soutien qui lui a été demandé par Philippe Geoffroy à Sevran (Seine-Saint-Denis), à la tête d’une liste divers droite arrivée en troisième position au premier tour avec 13,48% des voix. Autre cas d’une union pour faire barrage au socialo-communisme, Dominique Joly, candidat FN à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), en troisième position avec 26,05% face à la candidate communiste Sylvie Altman arrivée en tête (38, 88%), fusionnera avec le candidat divers droite, Philippe Gaudin (31,80%). Celui-ci bénéficiait jusqu’alors du soutien de l’UMP, de l’UDI et de Debout la République. Jean-François Copé a rappelé que les membres de l’UMP qui ne respecteraient pas les oukases en apportant leur soutien aux listes patriotiques engagées contre la gauche et l’extrême gauche, seraient immédiatement exclus.
Les médias français et internationaux continuent de commenter longuement ce matin cette déroute de la gauche et surtout cette très nette ascension électorale du FN. C’est à souligner, les tentatives d’explication rationnelles des résultats de ce premier tour l’emportent sur les procès en sorcellerie et autres mauvais fantasmes à l’endroit du FN.
Bien sûr il existe de notables exceptions. Les piliers de la gauche bobo-mondialiste bien-pensante, réitèrent leurs psittacismes creux, leurs pitoyables mantras antifascistes. Libération, quotidien en chute libre (77 000 ventes quotidiennes….officiellement) ou les commissaires politiques déguisés en clowns de Canal plus ( 300 000 abonnés perdus en un an !) y vont toujours de leurs petits crachats habituels sur ces mauvais Français qui votent FN.
Péquenots frontistes qui ne sauraient avoir droit aux lumières culturelles a énoncé le délicat Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon. Lundi sur France Info, celui-ci a déclaré qu’ « (il ne se voyait pas travailler) avec une mairie Front National. Donc je pense qu’il faudrait partir. Il n’y aurait aucune autre solution. Je ne vois pas comment, d’ailleurs, le Festival pourrait vivre, défendre ses idées, qui sont des idées d’ouverture, d’accueil de l’autre. Je ne vois pas comment le Festival pourrait vivre à Avignon avec une mairie Front National, ça me semble inimaginable. »
Marine n’a pas manqué de rappeler au citoyen Py, ce matin sur France Info, le caractère « pitoyable » de sa saillie, émanant d’un homme qui « s’accorde des pouvoirs qu’il n’a pas. Il n’est pas propriétaire du Festival qui appartient à tous les Français. S’il n’est pas content, qu‘il démissionne». A titre indicatif rappelons aussi que notre candidat en Avignon Philippe Lottiaux, est un fin connaisseur du monde culturel mais aussi que la présence d’un maire de droite nationale comme Jacques Bompard,à la tête de la ville d’Orange depuis 1995 , n’a nui en rien au rayonnement et à la pérennité des Chorégies…
Le combat contre les patriotes est aussi mené, de manière bien caricaturale, par l’escroc intellectuel Bernard-Henry Lévy qui jouit encore d’un large crédit… dans des médias de plus en déconsidérés par nos compatriotes. Dans une indigente tribune publiée dans Le Point, et reprise sur le site de sa revue de très mauvaise facture, La Régle du Je(u), il cherche encore à semer la haine en s’attaquant de manière bien grotesque à certains candidats FN.
« L’on tremble de colère (sic) à la pensée d’avoir eu à imprimer, ici, le nom de ces personnages et la trace de leurs infamies». « On ne peut pas, si l’on est républicain, donner les clés de nos villes à des femmes et à des hommes (du FN, NDLR) qui sont, eux, du côté du pire » (sic) écrit le philosophe pipo(le). Nos compatriotes les plus lucides savent eux pertinemment de quel côté penche le piètre BHL, et ce n’est pas celui de la France. Un homme bien incapable d’endosser autre chose que son costume de boutefeu en sommant toujours les Français de se battre entre eux, et de verser leur sang pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres.
C’est cette incapacité qui frappe plus largement la classe politicienne à défendre la France et les Français d’abord qui explique cette montrée en puissance du Front National. Et ce n’est pas un simple remaniement ministériel, ou un simple changement de cap dans les limites du carcan euromondialiste, qui enrayera la désaffection qui frappe l’exécutif socialiste.
Autant dire que la question qui agite certains politologues consistant à savoir si les scores élevés engrangés par le FN s’expliquent par les déceptions répétées des électeurs vis-à-vis des politiques menées depuis 2007 par l’UMP et le PS, ou sont le fruit de la dédiabolisation, n’a pas tellement lieu d’être.
Bruno Gollnisch l’a dit et répété, la diabolisation du Mouvement national existe bien au niveau des « élites », mais ne fonctionne plus guère auprès de notre peuple. Ce sont les événements, le déclin de notre pays sous la conduite des partis de l’Etablissement, l’adhésion croissante aux idées nationales qui contribuent à faire tomber les préventions des Français à l’encontre du FN.
Un mot enfin pour noter que comme dans beaucoup de villes la poussée du FN a eu comme conséquence une abstention moindre du corps électoral, cela autorise quelques observateurs à en tirer la conclusion que l’opposition nationale a fait le plein des voix au premier tour. Bref, qu’il ne progressera pas pour emporter d’autres communes qu’Hénin-Beaumont au second.
Rien n’est moins sûr de notre point de vue, a fortiori dans les communes où la progression du FN s’est faite au détriment du PS. Prisonnier de dogmes, d’une idéologie qui ne peut remettre la France sur les rails, François Hollande n’est en outre pas pressé de changer de fusible en remplaçant juste après le second tour un Jean-Marc Ayrault totalement démonétisé…alors que les élections européennes du mois de mai s’annoncent encore plus catastrophiques pour le PS et ses alliés européistes…
http://gollnisch.com/2014/03/26/les-chiens-aboient-caravane-passe/
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Panique à bord du Titanic
« Le Front National a réussi dimanche son opération de banalisation en réalisant une très forte poussée au premier tour des élections municipales en France. Il pourrait apparaître comme un parti de gouvernement dans un pays durement frappé par la crise économique » est-il écrit aujourd’hui dans l’article consacré aux municipales sur le site de La Tribune de Genève. « En gérant localement des villes, le FN relève maintenant le défi d’apparaître comme un parti de gouvernement, fait valoir Nonna Mayer, spécialiste du FN au Centre national de la recherche scientifique (CNRS)». Un constat qu’un PS en pleine crise d’autisme, arc-bouté sur sa ligne Maginot baptisé Front républicain, ne veut ni voir ni comprendre. Son Premier secrétaire Harlem Désir, a également prévenu solennellement les candidats PS, notamment ceux de Perpignan, Fréjus et Béziers arrivés en troisième position : ils seront privés de l’investiture de la rue de Solferino s’ils ne retirent pas leurs candidatures dans ces villes où le FN arrive en tête. Son alter ego, Jean-François Copé, a quant à lui fait savoir que « le candidat (ou candidate) UMP qui serait tenté(e) de passer un accord » avec le FN pour faire battre la gauche socialo-communiste serait « immédiatement exclu(e). »
Sylvain Crépon, spécialiste es FN à l’université de Nanterre, estime que les scores enregistrés par l’opposition nationale dimanche sont une « performance ». De fait cette percée évoquée par nous hier est incontestable : les listes FN-RBM récoltent 16% de suffrages en moyenne dans les 597 communes où elles étaient en lice, sont en tête dans 16 villes de plus de 10 000 habitants, 330 d’entre elles sont qualifiées pour le second tour, dont 114 triangulaires, 77 quadrangulaires, 22 pentagulaires dans les villes de plus de 30 000 habitants.
«Ce score est inédit, mais pas historique, car il rejoint ceux obtenus par le parti dans les années 1990 dans le sud», « on revient dans la logique des années 1990 » affirme l’universitaire qui évoque les élections municipales de 1995 où le FN s’était maintenu dans 119 villes de plus de 30 000 habitants au second tour et avait fait élire trois maires, à Toulon, Marignane (Bouches-du-Rhône) et Orange (Vaucluse). «La page de la scission de Bruno Mégret a été tournée, rendant le FN plus fort. Les mégrétistes ont réintégré le FN ou ont quitté la politique», « cette page tournée, le Front National retrouve son socle d’électeurs.»
Mais pour autant poursuit Sylvain Crépon, s’il y a bien désormais « trois forces », « il continue à y avoir bipolarisation de la vie politique française, on ne peut pas dire qu’il (le FN, NDLR), a mis fin à la bipolarisation gauche-droite». «Il y a plutôt maintien de la bipolarisation, avec un brouillage des frontières entre droite modérée et droite extrême», affirme de son côté Nonna Mayer à l’AFP.
En fait de brouillage constate Bruno Gollnisch, il apparait surtout que les Français expriment de plus en plus clairement leur rejet des vieux chevaux de retour du Système, leur intérêt, leur curiosité, leur adhésion vis-à-vis du programme alternatif porté par le Front National. Nous sommes bien entrés depuis vingt ans, et particulièrement depuis quelques années, dans une phase de transition, de recomposition politique, ce que M. Crépon et Mme Mayer n’ignorent pas…
Alors, il est tout aussi évident que les menaces d’un Système qui panique devant la remise en cause de son hégémonie sur les esprits, les leçons de morale administrées par l’UMPS aux Français ayant voté FN et/ou à ceux qui ne l’ont pas fait dimanche dernier mais s’apprêtent à le faire au second tour, ne fonctionnent plus. Ou à tout le moins, avec beaucoup moins de pouvoir de nuisance qu’avant.
Elles s’avèrent même plutôt contre-productives et nous doutons très fortement que les socialistes les plus malins voient d’un bon œil le départ de la Tournée anti-FN organisée par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et SOS racisme, dans des villes susceptibles de se donner un maire FN dimanche prochain.
A Hénin-Beaumont, ces deux pseudopodes du PS sont arrivés après la bataille. Ils ont appelé hier à la «mise en place d’un comité de vigilance» et organisé une manifestation des opposants au FN. «Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos», ont braillé devant l’hôtel de ville les… 32 manifestants présents…rameutés en bus.
«On veut pousser les gens à se mobiliser pour voter contre le FN et pousser les partis localement à tenir le front républicain» explique l’indigné Sacha Reingewirtz, nouveau président de l’UEJF, qui évoque les mânes du pauvre Mendés-France à l’appui de son discours. Un garçon aussi déconnecté du réel que le sont Harlem Désir et ses autres clones, qui feignent d’ignorer que même leurs électeurs ne croient plus depuis longtemps au fantasmatique danger fasciste!
Certes, note encore Bruno Gollnisch, tout cela est du théâtre, et il s’agit surtout pour tous ces vertueux démocrates de justifier les grasses subventions touchées ici ou là. C’est aussi au nom de considérations bien matérielles que l’apparatchik socialiste Samuel Thomas, ex vice-président de SOS racisme, délégué général des Maisons des potes , appelle les candidats dans les villes sensibles à signer ses engagements pour lutter contre les discriminations dont seraient victimes les quartiers pluriels.
«C’est dans ces villes que les électeurs anti-racistes pourront être mobilisés au second tour», a-t-il expliqué à l’AFP, promettant un coup de pouce des jeunes issus de l’immigration, champions de l’abstention, en faveur des candidats de la gauche. Là aussi ce n’est pas gagné, au regard du mépris, et c’est un doux euphémisme, des jeunes des quartiers pour la clique cornaquant SOS racisme.
La chasse au gaspillages et à l’arrosage clientéliste qui sera initiée par les mairies FN n’est à l’évidence pas du goût de nombreuses sangsues autoproclamées « républicaines », « citoyennes », adeptes du « vivre-ensemble »…