Communiqué 2013 de la Carpette anglaise
Des transports en Carpettes… anglaises
Guillaume PÉPY, président de la SNCF, distingué pour ses éminents mérites en dévotion anglophone par le jury de l’académie de la Carpette anglaise (1), présidé par Philippe de Saint Robert, réuni à la brasserie Lipp à Paris, a reçu le prix 2013 de la Carpette anglaise. Après les Smiles, les TGV Family, et autres médiocrités linguistiques, voici que la SNCF tente de nous faire ingurgiter de l’anglais, en proposant des cours de langue anglaise uniquement, dans ses trains champenois par l’intermédiaire de l’organisme SpeakWrite ; après le trop fameux sandwich SNCF voici la bouillie anglaise !
Seconde cerise amère sur le pudding indigeste de l’anglofolie, pour Tom ENDERS, président exécutif d’EADS et grand organisateur de la politique linguistique du tout en anglais dans son groupe, qui a trouvé (dis)grâce aux yeux du jury.
L’Académie a tenu à lui décerner son prix spécial à titre étranger (2) pour avoir annoncé, en anglais seulement, à tous les salariés allemands, espagnols et français de la branche « défense et espace », un vaste plan de licenciements par une vidéo… elle-même sous-titrée en anglais. Major Tom, a été retenu après un vote serré (8 voix contre 4) l’opposant à son concurrent en abandon linguistique Joachim GAUCK, président de la République fédérale d’Allemagne qui a appelé les peuples d’Europe à adopter l’anglais comme langue de communication !
Que déshonneur leur soit rendu !
Vendredi 13 décembre 2013
1 La Carpette anglaise, prix d’indignité civique, est attribué à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.
Le jury est composé de représentants du monde littéraire, syndical et associatif [Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF) , association (COURRIEL) et Le Droit de comprendre (DDC)]. En juin 2013, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, a reçu une Carpette anglaise, à titre exceptionnel, pour son obstination à faire de l’anglais une langue de l’enseignement supérieur en… France.
2 Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.
Anne Cublier, Marie Treps, Hervé Bourges, Paul-Marie Coûteaux, Benoît Duteurtre, Yves Frémion et Dominique Noguez, sont membres de cette académie.
Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
Courriel : parlerfranc@aol.com
Académie de la Carpette anglaise, chez Le Droit de Comprendre, 34 bis, rue de Picpus, 75012 Paris
Académie de la Carpette anglaise, 12/12/2013
http://www.polemia.com/prix-2013-de-la-carpette-anglaise/
actualité - Page 5878
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Prix 2013 de la Carpette anglaise
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"Le gros argent nous appelle à son secours, ne tardons pas !"
Que d'études et d'analyses sur nos adversaires et nos ennemis "extra-occidentaux" ! Qui ne sont pourtant pas toujours très intéressants, sans vouloir être offenser personne.Comme s'il était question de former des spécialistes en ethnologie de nos adversaires et de nos ennemis "extra-occidentaux". Bizarre, tout de même.Comme s'il était question surtout d'éluder d'autres interrogations plus gênantes et, à mon humble avis, beaucoup plus importantes et beaucoup plus essentielles et que je résumerai en une seule question : que sommes nous donc devenus ?Sommes nous à ce point convertis à la morale de la grande fraternité humaine que nous n'osons pas dire quelque chose de cohérent sur nous même ? Peut être, mais il y a un blocage autrement sérieux : analyser précisément notre histoire en cours, cela imposerait surtout de rompre avec bien des "mythes", des idéologies qui, en apparence nous protègent et nous servent, mais qui, j'en suis persuadé, bloquent en réalité nos pensées et nos actions. Exemple.La France pays de vieille tradition catholique ? C'est ça mon coco.En quarante ans, une bourgeoisie odieuse a transformé le catholicisme en une religion pour hypocrites rassis et consommés et chassé les derniers paroissiens normaux et humains des églises. Cette bourgeoisie a inventé un truc terrible : l'amour des embryons et des cellules embryonnaires : ça permet de se pâmer en permanence sur ce qui n'existe pas et de ne pas regarder ce qui existe, hommes et bêtes, et qui, souvent, souffre. Abasourdis par une telle hypocrisie, incapables de s'opposer à cette emprise de l'argent pur, les braves gens ont fuit les églises. Le catholicisme conciliaire en France, c'est la religion réservée d'une caste d'argent, tordue et vraiment méchante.Et c'est cette même bourgeoisie d'argent qui, périodiquement, vient chougnotter lorsque ses intérêts matériels sont en jeu. Tant qu'il est question de millions de pauvres dans les rues, elle reste évidemment barricadée dans ses forteresses, mais si l'on touche à ce qu'elle appelle la famille, c'est à dire le mode d'accumulation clanique de l'argent qui lui est spécifique, elle réunit ses troupes et sonne la charge. Pire : elle tente de mobiliser au delà de la caste et de faire pleurer sur son sort ! Cela crée hélas bien des confusions dans l'esprit de certains défenseurs de la civilisation, qui peuvent devenir passagèrement les défenseurs de leurs pires bourreaux ! Car c'est bien cette même bourgeoisie qui a tué la France rurale, généralisé les mouvements de populations et ainsi de suite, toujours pour la même raison : son fric.Il y a longtemps que l'argent fou a rendu haineuses et quasi-folles des fractions entières de la population occidentale.Cela il faut le saisir et le comprendre pour tracer et nuancer le schéma des conflits très complexes et très bizarres à l'intérieur desquelles nous sommes pris. Mais ce n'est qu'un petit exemple de ce que nous persistons à vouloir ignorer. Ignorance qui rend tout combat efficient presque impossible.Jacques-Yves Rossignol -
Vive l'Ukraine libre
Chaque jour qui passe, dans la crise ukrainienne, doit nous confirmer et nous renforcer dans plusieurs certitudes.
Ce 13 décembre, au moment de boucler cette chronique, rédigée sur plusieurs jours, la situation recèle plusieurs possibilités d'évolution, hélas très contrastées entre le pire et le meilleur.
Une chose au moins ne doit pas nous tromper. Ce pays tout entier se trouve devant un choix parfaitement clair. Celui-ci oppose d'une part un accord de libre-échange avec l'Union européenne et d'autre part la réintégration, que Moscou voudrait imposer, dans son bloc protectionniste d'un autre âge. Le pouvoir post-soviétique le qualifie d'Union douanière. Les Ukrainiens s'y retrouveraient prisonniers en compagnie de la Biélorussie et du Kazakhstan.
On doit avant tout, à cet égard, se méfier de l'assertion des faux-lettrés parisiens. À les entendre, il existerait deux zones d'influence, l'une "polonaise", l'autre "russe". Cette division nous est présentée en quelque sorte comme naturelle, culturelle ou historique. En mélangeant de la sorte les genres vagues, on se dispense de réfléchir et on se prépare donc à demeurer inerte et à tout accepter. Cette façon de voir, ou plutôt de refuser d'ouvrir les yeux était encore scandaleusement proposée ce 13 décembre par un Luc Ferry. Soulignons que l'ancien ministre chiraquien intervient officiellement à l'antenne "en tant qu’expert politique". (1)⇓
Réfléchissons au fait que ce schéma de dissection des pays pourrait s'appliquer aux 192 États qui composent les Nations-Unies.
Commençons par celui dans lequel nous vivons. Qui pourrait nier par exemple que Lille, capitale de la Flandre française entretient des relations avec la Belgique, que le duché de Normandie figure encore dans la titulature de la reine d'Angleterre, que Strasbourg appartient à la culture historique germanique, que Perpignan semble un faubourg de Barcelone, que l'architecture de Nice annonce celle de la Ligurie italienne etc.
On ne rassemblera pas les peuples européens si l'on s'essaye à rectifier les frontières. Nous devons estomper progressivement et patiemment les cicatrices territoriales de nos séparations résultant des accidents de l'Histoire au sein de l'ancienne Respublica christiana que nous appelons l'Europe, mais nous ne les redessinerons plus. On s'est combattu entre Européens lors des catastrophiques, héroïques mais monstrueuses guerres du XXe siècle. Cette sinistre époque post-jacobine est close depuis le discours de Robert Schuman du 9 mai 1950.
Folie que de chercher à revenir en arrière.
Folie, deuxième constatation, qui ne semble pas exempte des arrières-pensées archaïques des dirigeants moscovites.
Contrairement aux autres Européens ceux-ci théorisent un prétendu droit de regard sur ce qu'ils appellent "l'étranger proche".
S'agissant de l'Ukraine, dont les limites actuelles ont été dessinées par le Kremlin, cette attitude semble d'autant plus insupportable et même obscène que ce malheureux pays a été particulièrement éprouvé par l'Histoire criminelle et misérable du régime soviétique, depuis la tentative de son anéantissement par la famine de 1929 à 1933 (2)⇓, par l'aveuglement et l'incurie entre 1939 et 1941 de Staline allié de Hitler (3)⇓ et même jusqu'au terrible drame de Tchernobyl horrible témoignage de l'arrogante incompétence communiste. L'allégeance des Cosaques aux empereurs russes du XVIIe siècle ne crée évidemment aucune obligation de servitude pour l'avenir et ne confère aucun droit pour les héritiers du pouvoir soviétique.
Une réalité devrait sauter aux yeux de tout Français épris de Liberté : le régime mafieux dominé par les oligarques de Donetsk entourant Ianoukovitch se préparait clairement à trahir son peuple. Adossé au très cynique voisin moscovite il piétine de toute évidence l'aspiration de cette nation, laquelle fait partie de la famille européenne et le proclame.
Ce désir va bien au-delà des institutions de l'Union européenne, bien au-delà de l'économie. Il est salué en Europe, à l'unique exception des sous-bureaucrates de Paris, et de leurs valets médiatiques, qui semblent s'appliquer à répercuter des consignes de molle indifférence.
Par l'effet d'un contraste saisissant, les gens qu'on entend tous les jours vilipender, méritent ici qu'on leur rende un hommage d'autant plus sincère que nous n'y avions guère été habitués.
Un José Manuel Barroso président de la Commission européenne, si souvent accusé d'insignifiance, a ainsi osé proclamer de façon très nette que "le temps de la souveraineté limitée est fini." (4)⇓
Une Viviane Reding vice-présidente luxembourgeoise de la Commission annonce clairement qu'elle refuse d'avaliser la situation et qu'elle annule sa présence annoncée aux jeux d'hiver de Sotchi.
Un Guido Westerwelle ministre allemand des Affaires étrangères s'est rendu à Kiev saluer les manifestants de la place Maïdan, à la grande irritation de ses homologues moscovites.
Mais alors pourquoi notre glorieux Fabius, conseillé, documenté, surinformé par l'armada de nos diplomates technocrates du Quai d'Orsay, a-t-il adopté son actuelle et louvoyante ligne de conduite ? Pourquoi appelle-t-il "les parties" "à la retenue et au dialogue" ? Se souvient-il de son propre jugement à l'époque de la visite de Jaruzelski à Paris en 1985 ? Pourquoi ce report de la visite à Paris de l'opposant Vitaly Klitchko ? Faut-il y voir la trace d'un fil à la patte, – trace si visible dans le cas, malheureusement trop clair, des enfants perdus d'une certaine droite, à plat ventre devant le nouvel objet de leur servitude volontaire ?
La "Fédération" de Russie ne détient en effet aucun droit d'État en tant qu'ancienne puissance impériale sur le destin de ses voisins.
Certes il existera toujours des liens entre les deux peuples : et la nation russe pourrait, et donc devrait commencer par reconnaître tout ce qu'elle doit elle-même culturellement aux influences venues de Kiev.
Elle pourrait ainsi savoir d'où vient sa propre religion. Certains propagandistes ignares et cyniques s'époumonent à l'instrumentaliser aujourd'hui. Il la caricaturent et en déforment la relation à l'État, si mal comprise en occident. Car, malheureusement au cours de l'Histoire, le pouvoir moscovite a, de nombreuses fois, opprimé l'orthodoxie, quand il ne l'a pas dénaturée comme au XVIe siècle sous le règne d'Ivan le Terrible. Après l'époque de l'empire chrétien, sous les premiers Romanoff, ceux du XVIIe siècle, la réforme moderniste de Pierre le Grand en 1723 inaugure pour le XVIIIe siècle, l'époque du "despotisme éclairé" qui la soumet à son administration, en l'assujettissant au contrôle étatique d'un procureur du saint-synode (5)⇓ avant de chercher à la détruire sous Lénine, Staline et Khrouchtchev.
Que les communistes aient piteusement échoué à déraciner la foi chrétienne orthodoxe de l'âme russe n'autorise certainement pas, aujourd'hui, leur successeur, l'ancien fonctionnaire du KGB Vladimir Vladimirovitch Poutine, à poser en protecteur sinon en porte-parole de la religion. Rappelons en effet que la liturgie de saint Jean Chrysostome commence notamment par les prières initiales où il est dit : "ne mettez pas votre foi dans les princes, dans des fils d'hommes impuissants à sauver".
Ce n'est pas, non plus sous-estimer la culture russe d'autrefois que de considérer, après Pouchkine (1799-1837) et avant Dostoïevski (1821-1881), le pur géant de la littérature de langue russe Nicolas Gogol (1809-1852) : lorsque ce fils de l'Ukraine réaffirma, dans la correspondance qu'il adresse à ses amis, la foi de ses ancêtres ce sont bien les conformistes de la capitale qui, après avoir tant ri au "Revizor" et au "Nez", sans peut-être en comprendre le sel annonciateur, s'empressèrent de le tenir pour fou.
Ceci préfigure le traitement que leurs descendants matérialistes infligèrent un siècle plus tard à tous ceux qui récusaient encore le paradis bureaucratique désormais décadent de la stagnation brejnevienne à partir des années 1970. Dans les années 1930 ils les avaient envoyés aux îles Solovki, haut lieu religieux dont ils avaient fait un bagne homicide.
Ce n'est pas nier tout ce que le souffle de liberté chrétienne doit à des spirituels, à des théologiens ou à des pasteurs russes, que de les savoir bafoués aujourd'hui encore. Citons l'exemple du père Alexandre Men. Il fut assassiné en 1990 par le KGB. Ce crime d'État fut commis exactement un an après que le gouvernement gorbatchevien se soit prêté en 1989 à la célébration du "millénaire de la Russie".
À ce sujet, rappelons au besoin que ce grand pays n'existait tout simplement pas mille ans plus tôt en 989. Lorsqu'au XIe siècle la reine de France s'appelait Anne de Kiev, nos chroniques ne parlent pas encore de "Russie" encore moins de "Rus'" comme on veut nous le faire croire aujourd'hui. Les grands-ducs de Moscovie n'ont en fait créé la Russie qu'à partir du XVe siècle, une fois libérés du joug mongol, et après le mariage de l'un d'entre eux le prince Ivan III (1462–1505), Ivan le Grand, avec une princesse byzantine Sophie Paléologue. En 1472, elle lui apporte en dot le blason de l'Empire, l'Aigle à deux têtes. Leur fils Ivan IV, le premier, prendra le titre d'empereur (tsar) et au XVIe siècle le métropolite de Moscou recevra de son Église-mère de Constantinople le statut que l'orthodoxie nomme "autocéphalie" et que d'ailleurs, espérons-le, les métropolites de Kiev recevront un jour ou l'autre. (6)⇓
Ce n'est pas oublier l'Église orthodoxe russe, la vraie, l'Église des moines, celle des simples prêtres de paroisses et celle des croyants, celle des peintres d'icônes et des églises de bois, celles des discrètes, émouvantes et fidèles babouchkas qui transmirent en secret le baptême à leurs petits enfants, pendant la longue nuit de la persécution, que de déplorer que sa direction bureaucratique actuelle se détourne toujours aujourd'hui de la lettre et plus encore de l'esprit des statuts adoptés à l'issue du Concile de Moscou de 1917-1918. (7)⇓
Depuis "l'invention" du métropolite Serge [Ivan Nikolaïevitch Stragorodsky] par Staline en 1943, l'administration ecclésiastique factice du patriarcat de Moscou n'est jamais sortie de cette ambiguïté, et elle ne l'a jamais récusée.
Soljenitsyne en dénonçait la réalité dans sa "Lettre au patriarche Pimène" de 1972. (8)⇓ Les faits ont à peine évolué. Cette bureaucratie plaquée sur le peuple croyant s'est toujours tenue, et elle se compromet aujourd'hui encore à la botte du pouvoir d'État. Les preuves en abondent. Chacun de ses actes "diplomatiques" vont hélas dans ce sens : Kirill de Moscou n'est-il pas allé, le 29 octobre, jusqu'à saluer les conceptions politiques et sociales de l'ami du défunt Chavez et du grand chrétien Fidel Castro, Rafael Correa, président de l'Équateur, pays où l'implantation orthodoxe est malheureusement moins significative que celle des bases arrières des FARC terroristes colombiennes. Signalons que, sur le sol français, les mêmes réseaux se prêtent surtout à une misérable stratégie immobilière avec la complaisance écœurante des mafias politico-judiciaires de la Côte d'Azur et de quelques larbins parisiens déshonorés et parfaitement connus.
Ne mêlons donc pas cette réalité sordide à la beauté des chants slavons, les uns monastiques venus du tréfonds de l'Histoire, les autres issus de la grande et belle époque, celle où Rimsky-Korsakov compose sa "Grande Pâque russe". (9)⇓
Ce n'est pas ignorer ce que fut l'amitié franco-russe, amitié des élites intellectuelles, des artistes et des aristocraties d'autrefois, beaucoup plus que des gouvernants, – que de dire aujourd'hui combien la politique suivie par Poutine constitue une vraie menace pour la sécurité et la stabilité de notre continent et de nos pays.
Qu'un Obama ne le comprenne pas, ou feigne de ne pas en tenir compte, ne contredit pas notre constat.
Après tout, ce fut dès mars 1946 que Churchill, dans son discours de Fulton, met en garde contre le Rideau de fer ; ce fut dès avril 1946 que George Kennan avait envoyé son fameux long télégramme préconisant le "communism containment". Cet impératif allait servir de doctrine aux États-Unis pendant toute la guerre froide, – [jusqu'à ce que Ronald Reagan comprenne la nécessité et la possibilité d'aller plus loin et de lutter pour libérer l'Europe de l'est de l'empire du Mal.]
Mais c'est seulement un an plus tard, le 12 mars 1947, après la victoire des républicains aux élections intermédiaires de novembre 1946, que Truman franchira le pas dans son discours de Waco en annonçant l'aide à la partie encore libre du Sud-Est européen.
Regardez bien les photos de Poutine : il ne s'agit pas d'un génie mais d'un tout petit bonhomme, un apparatchik probablement inconscient du mal qu'il fait à son pays. Avec sa doctrine "eurasiatique", il ouvre la porte de la Sibérie aux ambitions chinoises et celles de l'Asie centrale et du Caucase à la pénétrante islamique chiite symétrique de la complaisance occidentale pour les wahhabites saoudiens.
Écoutons le journaliste polonais Artur Dmochowski de "Gazeta Polska". S'étonnant de la complaisance d'une certaine droite française, mal informée ou bien désinformée, voila ce qu'il déclare :
"... si ce que vous dites à propos d’une partie de la droite française est vrai, alors c’est qu’ils ont, eux, une vision très idéalisée de la Russie. La Russie est gouvernée de manière bien plus despotique et bien moins démocratique que l’Ukraine. C’est un pays où sont violés de manière notoire tous les droits humains fondamentaux et toutes les libertés fondamentales. C’est aussi le pays avec le plus grand nombre d’avortements au monde par rapport au nombre d’habitants. Par conséquent, prétendre qu’il s’agirait d’un pays orthodoxe où sont respectées les valeurs chrétiennes, c’est se faire des illusions. Ces illusions sont d’ailleurs en partie le fruit de la propagande de Moscou, dont nous faisons aussi l’expérience en Pologne. (...)
La vision idéalisée de la Russie chez certains Français, cette vision que vous décrivez dans votre dernière question, est encore plus naïve que la vision de l’Union européenne chez les manifestants ukrainiens de la place de l’Indépendance à Kiev." (10)⇓
Applaudissons enfin à une bonne nouvelle : la mise à bas de la statue de Lénine dans la capitale ukrainienne. Voilà au moins un acquis positif et irréversible des immenses manifestations de l'opposition. Regrettons seulement qu'il ait fallu attendre plus de 22 ans, dans ce pays qui a tant souffert dès le décret de collectivisation des terres. Espérons enfin que les circonstances permettront d'en faire autant du mausolée du chef des criminels bolcheviks sur la place Rouge à Moscou, et pourquoi pas de celui de son disciple et non moins sanglant Mao Tsé-toung sur la place Tien An-men à Pékin.
JG Malliarakis http://www.insolent.fr/
Apostilles
- C'est à ce titre qu'il est annoncé au micro de Guillaume Durand, chaque vendredi à 8 h 40 sur Radio Classique ⇑
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On croyait tout savoir depuis fort longtemps en occident sur le "Holodomor" des années 1930 : une famine systématique, imposée par les communistes à la paysannerie en tant que classe et à l'Ukraine en tant que nationalité. Un éclairage décisif est apporté par le livre-document que viennent de publier les éditions Noir sur Blanc sous le titre "Les Lettres de Kharkov". Celles-ci avaient été écrites à l'époque par les diplomates italiens, quand les régimes fasciste italien et communiste russe entretenaient des relations étayées sur leur commune hostilité au "capitalisme libéral anglo-saxon", dénoncé par les propagandes étatistes en ce temps-là [mais tout a changé, n'est-ce pas] comme responsable de la crise. Retrouvées dans les archives du Ministère des Affaires étrangères à Rome, elles viennent d'être traduites en français. On peut considérer que la tentative d'anéantissement qu'elles décrivent, sobrement mais avec une évidente horreur, a définitivement forgé la conscience nationale de tous les Ukrainiens. Le 18 novembre le métropolite Vladimir de Kiev commémorait ainsi dans des termes particulièrement éloquents le 80e anniversaire du "Holodomor", flétrissant la prétention du bolchévisme au "paradis socialiste".⇑
- cf. On se reportera à mon livre L'Alliance Staline Hitler⇑
- en réponse aux pressions de Moscou au sommet de Vilnius ⇑
- tel le "sympathique" personnage de Constantin Petrovitch Pobiedonostsev (1827-1907) lequel entravera l'édit de tolérance de Nicolas II en 1905 et que Tolstoï avait immortalisé en 1877 dans "Anna Karénine" sous les traits de son charmant mari. ⇑
- On lira ainsi de lui son magnifique "le Christianisme ne fait que commencer"⇑
- cf. à ce sujet "Le Concile de Moscou 1917-1918" par Hyacinthe Destivelle ed. du Cerf 512 pages, 2006, aux éditions du Cerf.⇑
- cf. André Martin "Soljenitsyne le croyant" Albatros, 1973, pp. 25-32. ⇑
- "Que Dieu se lève et ses ennemis seront dispersés"
- cf. Nouvelles de France le 7 décembre⇑
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interview de Farida Belghoul théorie du genre LGBT Danger pour les enfants
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Récit des arrestations abusives contre les veilleurs avant-hier
Après les photos, voici le récit de la fin de la veillée parisienne d'hier soir :
"Après une de veillée initialement prévue place de la Bourse qui, quelque peu perturbée par la pluie, a été déplacée vers le marché Saint Honoré, les Veilleurs présents ont décidé d'aller boire ensemble un vin chaud au marché de Noël des Champs Elysées pour faire plus ample connaissance.
Ainsi, peu avant minuit, ils se sont déplacés vers le marché de Noël des Champs-Elysées. Après un début de déplacement sans encombres, toujours accompagnés par des policiers en civil, une cinquantaine de Veilleurs parisiens a été brutalement repoussée par les forces de l'ordre rue du faubourg Saint-Honoré à une centaine de mètres du palais de L'Elysée.
Rapidement encerclés, il a été proposé aux Veilleurs d'être raccompagnés par petits groupes vers la station de métro la plus proche. Ne pouvant accepter d'être raccompagnés sous la contrainte, ils ont alors entamé plusieurs chants dont le Va Pensiero de Verdi et le chant des partisans. Ils ont alors été bloqués sur le trottoir, serrés contre les voitures garées le long du trottoir puis très violemment séparés un à un par les gendarmes mobiles avant de subir une fouille sommaire et d'être invités à monter dans un bus de la police nationale.
Conduits toutes sirènes hurlantes vers le commissariat de la rue de l'Evangile dans le dix-huitième arrondissement, il leur a été demandé de descendre du bus quatre par quatre, les hommes précédant les femmes. Pénétrant dans la cour d'un commissariat bardé de fils barbelés au milieu d'une haie d'une trentaine de gendarmes mobiles, Ils ont été invités à présenter un à un nos papiers d'identité à trois fonctionnaires successifs. La liste de leurs noms a été dressée à deux reprises par deux équipes différentes. Un formulaire d'interpellation a également été rempli par un fonctionnaire de police. Interrogés sur le cadre de cette procédure, le commandant de police a indiqué qu'il s'agissait d'une vérification d'identité autorisée et sous le contrôle du Procureur de la République dans le cadre d'une soit-disante manifestation non déclarée. Suite à ces relevés d'identité, les Veilleurs ont été reconduits par groupe de quatre à la sortie. Il leur a été ensuite refusé de déposer plainte.
On remarque qu'aucune charge n'a été retenue contre les interpellés, ni qu'aucun délit n'a été notifié ou même évoqué, il est donc tout à fait légitime de s'interroger sur la légitimité de cette privation de liberté humiliante dont certains Veilleurs ont été hier l'objet.
Il est de notre devoir d'interroger les pouvoirs publics sur ces agissements. De tels atteintes aux droits de l'homme, peu importe contre qui elles sont dirigées, ne peuvent subsister dans notre pays. Les Veilleurs encouragent donc fortement toutes les personnes présentes à signaler ces faits aux autorités qu'elles estiment compétentes pour faire cesser ses agissements (saisir le Défenseur des droits, porter plainte auprès du Procureur de la République, envoyer une lettre à son député etc.).
Un suivi de ces affaires va être mis en place, et certains Veilleurs travaillent dès à présent à rechercher de solutions concrètes pour que toute la lumière soit faite sur ces agissements afin de tenter de les faire cesser.
Pour rappel : une page d'aide juridique a été mise en place sur le site des Veilleurs il y a quelques semaines, vous pouvez la consulter à cette adresse http://www.les-veilleurs.eu/justice" -
Veilleurs devant Elysèe encercler par force de l'ordres, concert gratuit
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« L’Allemagne disparaît » de Thilo Sarrazin
Une note de lecture de Michel Geoffroy
À la lecture du livre de Thilo Sarrazin, on ne reconnaît plus l’Allemagne, nation cataloguée unanimement comme la première puissance économique européenne. La nouvelle Allemagne ressemble fortement à ce que nous vivons en France – hélas ! – depuis un grand nombre d’années. Toutes les évolutions négatives déjà constatées dans notre pays et qui touchent le domaine civilisationnel s’y retrouvent : l’hégémonie politico-médiatique, la dégénérescence du savoir et de la culture, l’assistance sans limite destructrice du travail, la théorie du remplacement avec son paquetage de déséquilibres, etc. Il faut rendre hommage aux éditions du Toucan qui ont traduit et diffusé « L’Allemagne disparaît », l’ouvrage de Thilo Sarrazin. Cette maison d’édition s’était déjà fait remarquer, en octobre 2011, par la publication de l’opus de l’Américain Christopher Caldwell (voir en fin d’article). Michel Geoffroy présente ce nouvel ouvrage, et engage celui qui veut bien prendre conscience de la face cachée de l’outre-Rhin à le lire et à le faire lire.
Polémia
Le livre de Thilo Sarrazin paru en 2010 a été traduit en français en 2013 aux éditions du Toucan, sous le titre L’Allemagne disparaît. On ne saurait mieux faire que d’en recommander la lecture.
Ce livre a connu, en effet, un succès d’édition impressionnant en Allemagne qui a pourtant valu à son auteur – homme de gauche – la diabolisation, la démission, en septembre 2010, du directoire de la Bundesbank et la quasi-exclusion de son parti, le SPD.
Un crime contre la pensée
Cet essai jugé hérétique et promis au bûcher médiatique n’est pourtant ni un brûlot ni un pamphlet, mais un gros rapport (près de 500 pages dans l’édition française), très documenté, comportant force références (plus de 500 notes), tableaux et diagrammes. Cela explique d’ailleurs son succès outre-Rhin.
Quel crime contre la pensée Thilo Sarrazin a-t-il donc commis ?
Celui d’affirmer, preuves à l’appui, que l’effondrement de la démographie des Allemands de souche provoquait la transformation radicale du pays ; d’affirmer aussi qu’il préférait une Allemagne allemande plutôt qu’une Allemagne où les femmes sortiraient voilées et où la majorité de la population serait d’origine immigrée – et de préconiser enfin différentes mesures visant à inverser la situation.
La guerre contre l’intelligence
Le livre de T. Sarrazin ne traite pas uniquement de l’immigration turque, loin de là. Son ambition se révèle plus vaste.
Il se consacre en effet principalement à la question de la transmission du savoir, des valeurs et de la compétitivité industrielle de l’Allemagne.
Selon lui, les performances allemandes reposaient, dès le XIXe siècle, sur un enseignement professionnel et universitaire de très bon niveau qui garantissait l’existence d’une couche importante de compétences dans la population. À cette époque la moitié des publications scientifiques se faisaient d’ailleurs en allemand.
Aujourd’hui le niveau d’exigences scolaires et universitaires ne fait que baisser, à la différence de ce qui se produit en Inde ou en Chine, alors que la seule ressource de l’Allemagne réside dans sa matière grise. L’enseignement diminue notamment les exigences en matière de mathématiques et de maîtrise de la langue : or, il s’agit de deux disciplines essentielles pour l’acquisition ultérieure de compétences universitaires et scientifiques et pour l’accès au marché du travail, car le retard pris en ces domaines ne se rattrape quasiment jamais. Cela résulte en partie des difficultés de scolarisation d’enfants d’origine immigrée mais pas seulement : les utopies pédagogiques nées des années 1960 ont aussi leur part de responsabilité.
La société des assistés
T. Sarrazin met ensuite en lumière la progression numérique au sein de la société allemande d’un groupe social qui vit désormais des transferts sociaux et non plus de son travail. L’expansion de ce groupe résulte d’abord des personnes qui, faute de compétences suffisantes, n’arrivent pas à s’employer sur un marché où l’emploi non qualifié régresse constamment. Mais elle provient aussi des minima sociaux généreux qui dissuadent d’occuper un emploi. Ces transferts augmentent en outre en fonction du nombre d’enfants, à la différence des salaires.
La fin de l’immigration du travail
Ce groupe se renforce enfin du fait de l’immigration et du regroupement familial car les minima sociaux procurent de toute façon des revenus bien supérieurs à ce que les immigrants ne pourraient jamais obtenir en travaillant dans leurs pays d’origine.
Pour T. Sarrazin ces minima sociaux obtenus sans aucune contrepartie enferment ceux qui en bénéficient dans une situation de non-emploi et de non-performance : il est beaucoup plus intéressant de bénéficier de ces transferts qui, ajoutés à un peu de travail au noir voire à quelques trafics, vont procurer finalement une situation beaucoup plus favorable que celle d’une personne qui ferait l’effort de travailler en Allemagne pour un faible salaire.
Selon T. Sarrazin, qui compare sur ce plan les politiques sociales allemande et nord-américaine, c’est la raison principale du « chômage » et de la mauvaise intégration de certains immigrés en Allemagne.
L’intégration en échec
Son analyse n’est à vrai dire pas excessivement originale, s’agissant des effets pervers des minima sociaux, sinon qu’elle provient d’un homme de gauche. Par contre, elle devient hérétique quand elle contredit le discours compassionnel et victimaire stéréotypé de l’oligarchie vis-à-vis de l’immigration : car pour lui les immigrés ne viennent plus en Allemagne chercher du travail mais seulement des minima sociaux.
Il aggrave son cas en montrant en outre l’absence d’homogénéité dans l’intégration des immigrés puisqu’il affirme que globalement ceux de religion musulmane réussissent le moins : ils cumulent les moins bonnes performances scolaires, le plus gros taux de non-emploi, la plus forte proportion de comportements à risques – enfin, le plus gros taux de natalité.
Attention ! L’auteur ne se rendrait-il pas coupable d’islamophobie en affirmant cela ? Voilà qui est insupportable quand on se nomme Sarrazin…
La coupe est pleine
La coupe de l’hérésie est pleine quand T. Sarrazin reprend l’analyse de tous ces facteurs sous l’angle de la question démographique. Les Allemands de souche font de moins en moins d’enfants, à la différence de ceux qui vivent des transferts sociaux et des immigrés de religion musulmane, donc du groupe qui présente les moins bonnes performances scolaires. Par conséquent, le ratio actifs/inactifs va fatalement continuer de se dégrader, l’Allemagne va perdre en compétitivité et, dans un horizon temporel proche, les personnes d’origine allemande deviendront minoritaires par rapport à celles de religion musulmane dans leur propre pays. L’Allemagne finira ainsi par s’éteindre, comme dans l’un des scénarii qu’il évoque à la fin de son livre.
Un livre contre la résignation
On ne saurait, bien sûr, résumer en quelques lignes un tel ouvrage sans le trahir.
Mais on comprend pourquoi l’analyse de T. Sarrazin ne passe pas auprès d’une oligarchie qui, à Berlin, à Bruxelles comme à Paris, ne cesse d’appeler au « grand remplacement » des Européens. A fortiori quand l’auteur refuse la résignation et préconise de fermes mesures pour inverser la tendance qu’il croit déceler : révision des minima et des transferts sociaux, respect de l’obligation scolaire et abandon du « Multikulti » et surtout mesures visant à encourager la natalité des autochtones !
Quel crime contre la pensée, qui nous renvoie bien sûr « aux-heures-les-plus-sombres-de-l’histoire-allemande », hurlent les bien-pensants ! Mais cela ne l’a pas empêché d’avoir plus de 2 millions de lecteurs outre-Rhin. En Allemagne aussi le pays réel ne correspond donc plus au pays médiatiquement légal.
La lecture de L’Allemagne disparaît donne donc à réfléchir. Car au-delà des spécificités allemandes, son livre procure un sentiment désagréable de déjà vu.
Ne sommes-nous pas tous des Allemands que l’on veut aussi éteindre et remplacer ?
Michel Geoffroy, 3/12/2013
Thilo Sarrazin, L’Allemagne disparaît, éditions du Toucan, mars 2013, 496 pages
Titre original : Deutschland schafft sich ab (DVA, Munich, 2010)
Traduction de l’allemand : Jean-Baptiste Offenburg
http://www.polemia.com/lallemagne-disparait-de-thilo-sarrazin/ -
Entretien avec Roger Waters: "Les artistes doivent s’engager pour la Palestine"
« Le mur a des oreilles ; conversations pour la Palestine » parle à Roger Waters, star du Rock et fondateur du groupe mythique Pink Floyd.LMADO: Quand avez-vous décidé de faire de « The Wall Tour » (qui a pris fin à Paris en septembre 2013) un spectacle si politique ? Et pourquoi avez-vous dédié la dernière représentation à Jean-Charles De Menezes ?
RW : Nous avons commencé à travailler sur le contenu du spectacle en 2009 avec Sean Evans et la première a eu lieu le 14 octobre 2010. J’avais déjà l’intention d’élargir le propos politique du concert, qui ne pouvait pas, comme dans les années 79/80, se limiter aux tribulations de ce gars qui n’aimait pas ses profs. Il fallait le rendre universel. C’est notamment pour cela que nous avons rajouté « Ceux que nous aimions et qui sont tombés » (Fallen Love Ones, ndt), un assemblage de photographies de personnes mortes pendant les guerres. L’idée était d’universaliser la notion de perte et de deuil que nous ressentons tous à l’égard des membres des familles tués dans les conflits. Quelques soient les guerres et les circonstances dans lesquelles elles se déroulent, ils (peuples du monde non-occidental) éprouvent autant de douleur que nous face à la perte d’êtres chers. Les guerres deviennent un symbole majeur de par cette séparation entre « eux » et « nous », aspect fondamental de tous les conflits.
En ce qui concerne Jean-Charles, nous avions pris l’habitude de conclure le morceau Brick II par trois solos. Je trouvais que c’était trop, je m’ennuyais à la fin de cette chanson. Alors un jour, assis dans ma chambre d’hôtel, j’ai réfléchi à une alternative. Il se trouve que quelqu’un venait de m’envoyer la photo de Jean-Charles De Menezes pour qu’on la mette sur le mur. J’avais donc son histoire en tête et je me suis dit que je devais en faire une chanson. Je l’ai écrite, apprise aux musiciens, et nous l’avons intégrée au concert.
LMADO: De nombreux artistes disent qu’il ne faut pas mélanger l’art et la politique, que le but n’est que de divertir le public. Que leur répondez-vous ?
RW : C’est marrant que vous posiez cette question parce que je viens de finir d’écrire un texte, qui sera un prochain album, qui y répond parfaitement. Le texte parle d’un grand-père, en Irlande du Nord, qui part avec son petit-fils à la recherche de la réponse à la question suivante : « Pourquoi tuent-ils les enfants ? » Une question qui tourmente énormément le petit garçon. Une fois que j’ai eu fini d’écrire cette chanson, il y manquait quelque chose, alors j’ai rajouté ces quelques lignes :
L’enfant demande à son grand-père : « Alors voilà, c’est comme ça ? »
Et le vieil homme lui répond : « Non, on ne peut pas partir sur cette note, donne-moi une autre note… »
La chanson suivante démarre alors et le grand-père fait un discours qui dit :
« Nous vivons sur un point minuscule au milieu d’un grand rien/ Alors si rien de cela ne t’intéresse/ Si tu es de ceux qui disent : « Roger, j’adore Pink Floyd mais je déteste tes putains de convictions politiques »/Si tu penses que les artistes doivent être muets, émasculés, bons toutous dodelinant la tête sur le tableau de bord de la vie/ Tu ferais mieux de te casser au bar tout de suite/ Parce que le temps file inéluctablement ».
Voilà ma réponse à votre question.
LMADO: Quand est prévue la sortie de ce nouvel album ?
RW: Je n’en ai aucune idée. Je travaille énormément sur de nombreux projets. Demain, Sean Evans vient chez moi pour une première écoute d’une démo d’une heure et six minutes. Je dois avouer que c’est assez sérieux, pas très joyeux, mais il y a de l’humour quand même, j’espère. En tout cas, c’est extrêmement radical et pose des questions importantes. Vous savez, ça ne me dérange pas d’être le seul à poser ce genre de questions. Enfin, ce n’est pas entièrement vrai, j’aimerais évidemment que plus d’artistes écrivent sur la politique et les réalités de la situation que nous vivons.
Même si c’est d’une manière qui pourrait être considérée « extrême ».
Il est très important que Goya ait fait ce qu’il a fait, que Picasso ait peint Guernica, et que tous ces romans anti-guerre aient été écrits et publiés pendant et après la guerre du Vietnam.
LMADO: Vous évoquez le fait d’être un des seuls, dans votre situation, à prendre des positions politiques radicales. Par exemple, en ce qui concerne la Palestine, vous parlez très librement de votre soutien au boycott culturel d’Israël. Ceux qui s’opposent à cette stratégie disent que la culture ne devrait pas faire l’objet d’un boycott. Qu’avez-vous à répondre à cela ?
RW: Je comprends leur opinion, et il est bon que tout le monde en ait une et puisse l’exprimer, mais je ne peux pas être d’accord avec eux. Je pense qu’ils ont entièrement tort. La situation en Israël/Palestine avec l’occupation militaire, le nettoyage ethnique, les politiques racistes et le régime d’apartheid mis en place par Israël est inacceptable.
Les artistes ne devraient pas collaborer avec un pays qui opprime un autre peuple et en occupe les terres comme le fait Israël. Ils devraient refuser les propositions et décliner les invitations. Je n’aurais pas jouer pour le gouvernement de Vichy pendant la seconde guerre mondiale. Je n’aurais pas jouer non plus à Berlin à cette époque. Mais beaucoup l’ont fait, prétendant que l’oppression des Juifs était terminée.
Ce n’est donc pas une situation inédite. Mais maintenant ce sont les Palestiniens qui se font massacrer. Chaque être humain devrait se demander : qu’est-ce que je peux faire ?
Toute personne qui regarde de plus près la situation comprendra que l’alternative la plus légitime à la résistance armée est le mouvement BDS (Boycott Désinvestissement et Sanctions). Lancé en 2004 à la demande de la société civile palestinienne, le BDS, aujourd’hui soutenu par la société civile globale partout dans le monde, est une forme de résistance non-violente légitime face au brutal régime d’oppression israélien.
Je suis en train de finir la lecture du livre de Max Blumenthal « Goliath: Life and Loathing in greater Israel ». C’est à vous glacer le sang. Le livre est extrêmement bien écrit à mon avis et Blumenthal, qui est un très bon journaliste, s’assure toujours que ce qu’il écrit est correct. Il donne également la parole à l’autre côté, les rabbins d’extrême droite en l’occurrence. Leur point de vue est tellement bizarre et extrême qu’il est difficile de croire qu’ils pensent réellement cela.
Ils croient à des choses très bizarres, comme, par exemple, que les non-juifs ne sont sur terre que pour servir les Juifs ou que les gens qu’ils ont expulsés en 1948, et continuent de mettre dehors depuis lors, sont des sous-humains.
Les similitudes avec ce qui s’est passé dans les années 30 en Allemagne sont tellement évidentes que je ne suis pas surpris de voir l’ampleur que prend chaque jour le mouvement pour la justice dans lequel vous et moi sommes engagés. Ce qui nous voyons en Palestine est une violation évidente des droits humains fondamentaux. Chaque être humain devrait en être informé et s’impliquer pour y remédier.
Le Tribunal Russell sur la Palestine, par le biais duquel nous nous sommes rencontrés, faisait un travail très important en essayant de mettre tout cela en lumière.
LMADO: Revenons sur le boycott culturel, vous n’êtes qu’une minorité de personnalités à tenir une position claire sur ce sujet. Alors que vous pourriez profiter de votre succès et mener une vie tranquille, au moins politiquement, pourquoi avoir choisi de prendre cette position radicale ? Pourquoi pensez-vous que vous soyez si peu nombreux à vous engager dans ce sens ? Et pourquoi, à votre avis, certains artistes que l’on entend souvent s’insurger contre la guerre restent-ils muets quand il s’agit de la Palestine ?
RW: Aux États-unis où je vis, cela peut s’expliquer par deux facteurs. Premièrement, ils ont peur. Deuxièmement, l’implacable propagande qui commence dans les écoles israéliennes et se poursuit par le biais des fanfaronnades de Netanyahu est déversée sur la population américaine notamment par Fox News, mais pas seulement, également par CNN et, en fait, par tous les médias de masse. Par exemple, à mon avis, quand ils annoncent à grand cris : « Nous avons peur de l’Iran qui va avoir l’arme nucléaire », c’est comme un énorme sceau de conneries qu’ils vident dans le cerveau des citoyens crédules. C’est une tactique de diversion. Ils nous ressassent le même mensonge depuis vingt ans : « Tout ce que nous voulons c’est faire la paix ». Et ils reviennent sans cesse sur l’accord presque trouvé entre Clinton, Barak et Arafat à Camp David et qu’ « Arafat a fait complètement foirer ! », ils disent.
Eh bien, non, ce n’est pas vrai. Ça ne s’est pas passé comme ça. Ce qui est vrai, par contre, c’est que depuis 1948 aucun gouvernement israélien n’a jamais pensé sérieusement une seule seconde créer un État palestinien. Ils s’en sont toujours tenus au plan de départ de Ben Gurion : virer tous les Arabes du pays et créer le Grand Israël.
Ils disent donc qu’ils veulent la paix tout en faisant la guerre, ça fait partie de l’opération de propagande. Mais depuis dix ans, c’est tellement grossier et évident. Par exemple, après le discours qu’Obama a tenu au Caire sur les Arabes et les Israélien, tout le monde a dit « Wow, ça c’est un tournant, les choses vont changer ! ». Et puis Obama est allé en Israël et ils lui ont dit « Au fait, on construit 1200 logements supplémentaires dans les colonies. ». Il s’est passé exactement la même chose l’année dernière quand Kerry a annoncé « Je vais essayer de réunir les deux parties pour faire la paix. » Alors Netanyahu lui dit « Vas te faire foutre ! On construit 1500 logements et en plus on les construit en zone E1. Voilà le plan. » Leur jeu est tellement évident qu’il faut avoir un QI en-dessous de la température ambiante pour ne pas comprendre ce qui se passe. C’est tout simplement ridicule. Vous savez, j’ai lu un article dernièrement où il était écrit : « Apparemment, seul le Secrétaire d’État des États-Unis croit que les négociations de paix en cours sont réelles, personne d’autre au monde ne le croit. »
La situation est très compliquée. C’est pour cela que vous, moi et tous ceux qui s’intéressent à leurs frères et soeurs, sans discrimination de religion, de race, de couleur ou de quoi que ce soit, devons rester solidaires.
Et ce n’est pas facile, notamment ici aux États-Unis. Le lobby juif est très puissant en général et dans l’industrie de la musique en particulier. Je ne citerai pas de noms mais je vous promets que je connais des gens qui ont peur de se faire détruire s’ils se montrent solidaires avec moi. J’ai parlé avec certains d’entre eux qui m’ont demandé : « T’as pas peur pour ta vie ? » et j’ai répondu : « Non, je n’ai pas peur. »
Après les attentats du 11 septembre 2001, deux ou trois membres de mon groupe, citoyens américains, ont décidé de ne pas poursuivre la tournée que nous étions en train de faire. Je leur ai demandé : « Pourquoi, vous n’aimez plus la musique ? ». Ils m’ont répondu : « Si, on adore la musique, mais nous sommes Américains, c’est dangereux pour nous de voyager comme ça, ils essaient de nous tuer. » Là j’ai pensé : « Wow ! »
LMADO: En effet, le lavage de cerveau fonctionne.
RW: Oui c’est évident, ça fonctionne bien. C’est pour cela que je suis content de faire cet entretien avec vous parce qu’il est important de faire autant de bruit que possible. J’étais ravi que ce journal de droite israélien, Yedioth Ahronoth, publie mon entretien avec Alon Hadar. Même s’ils l’ont sorti de son contexte et fait résonner différemment de ce qu’il a réellement été, au moins ils l’ont publié, ils ont publié quelque chose. Vous savez, je m’attendais à ce qu’ils m’ignorent complètement.
Vous savez, il y a quelques mois, Shuki Weiss (important producteur de concerts israélien) m’a offert cent mille personnes à cent dollars le billet pour venir jouer à Tel Aviv. Je me suis dit : une seconde…. ça fait 10 millions de dollars, ça ! Comment ont-ils pu me proposer ça à moi ? J’ai pensé : Putain Shuki, t’es sourd ou juste complètement con ? Je suis membre du mouvement BDS et je n’irai jouer nulle part en Israël car ce serait légitimer les politiques de ce gouvernement !
J’ai une confession à vous faire. J’ai écrit à Cindy Lauper il y a quelques semaines. Je n’ai pas publié la lettre, ne l’ai pas rendue publique, mais je lui ai écrit parce que je la connais un petit peu. Elle a travaillé avec moi sur The Wall à Berlin. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai beaucoup de mal à comprendre qu’elle donne un concert à Tel Aviv le 4 janvier prochain. Je trouve ça répréhensible mais je ne connais pas son histoire personnelle et les gens doivent se faire leur propre avis sur cette question.
LMADO: Bien sûr, mais vous pouvez les y aider. En faisant ce que vous faites, je suppose. En transmettant le message, en leur écrivant, vous pouvez les aider à y voir plus clair. Je pense que c’est cela dont ils ont besoin.
RW: Certainement, mais pour y voir plus clair il faudrait qu’ils se rendent en Terre Sainte, qu’ils visitent la Cisjordanie ou Gaza ou Israël, ou ne serait-ce qu’ils se rendent à n’importe lequel des checkpoints pour voir à quoi ça ressemble. Tout ce qu’ils ont à faire c’est visiter. Ou lire, lire un livre ! Se renseigner sur l’histoire. Qu’ils lisent le livre de Max Blumenthal et viennent me dire « Oh, tiens, je sais ce que je vais faire…. je vais aller faire un concert à Tel Aviv. » Ça serait un bon programme ! (ironique).
source : http://lemuradesoreilles.org/
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540 CRS pour... 80 manifestants
Le régime est aux abois. La signature, hier, du pacte d’avenir breton par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s’est effectuée sous très haute surveillance. Dès 14 h, le quartier de l’école des hautes études en santé publique était complètement bouclé par un impressionnant dispositif policier. Pas moins de 500 CRS ont interdit tout déplacement autour de l’établissement dans lequel était attendu, à 16 h 30, le Premier ministre accompagné de 4 autres ministres.
Pourquoi un tel déploiement de force : officiellement pour faire face aux éventuelles manifestations de protestation dont les Bonnets rouges. Ils étaient présents mais étaient à peine une quinzaine. Avec les autres organisations, le nombre des manifestants se chiffrait à moins de 100. Et parmi ces manifestants une trentaine de la Manif pour tous.
Il faut continuer à les harceler.
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Tentative LGBT de faire taire Philippe Arino
Le lobby LGBT n'a aucun autre argument que le recours à la terreur intellectuelle ou aux forces du régime socialiste pour faire taire Philippe Arino.
Le conseiller municipal de Paris et président du groupe PCF-Parti de gauche au Conseil de Paris Ian Brossat, par ailleurs homosexualiste notoire qui a profité de la loi Taubira cet été, a fait parvenir un courrier au ministre de l'Éducation Vincent Peillon afin de l'alerter sur les interventions de Philippe Ariño dans plusieurs lycées privés, notamment au lycée Blanche de Castille de Nantes, puis au lycée Saint Thomas d'Aquin dans le 7e arrondissement à Paris.
Ces deux lycées sont des établissements sous contrat d'association avec l'État. Ian Brossat écrit :
«Dénoncés par de nombreuses associations militant contre la discrimination et pour l'égalité des droits, son livre L'homosexualité en vérité ainsi que ses interventions publiques paraissent particulièrement inappropriés dans le cadre scolaire. L'idéologie qu'il soutient en effet, et qui a nourri son opposition farouche au mariage pour tous, stimule plus l'homophobie qu'autre chose, et enferme l'homosexualité dans une caricature singulièrement étroite.»
«J'aimerais connaître les mesures que vous comptez prendre pour protéger les jeunes Parisiens qui le fréquentent d'un discours discriminant et douteux». Sic
Le ministère va-t-il oser interdire les interventions de Philippe Arino et, si oui, les écoles catholiques sous contrat cèderont-elles ?