culture et histoire - Page 1360
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Perles de Culture n°57 - Exposition de Velasquez au Grand Palais
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"La machine à abrutir
Jusqu’à présent, la qualité des médias audiovisuels, public et privé confondus, n’était pas vraiment un sujet. Puis le président de la République découvre que la télévision est mauvaise. Il exige de la culture. En attendant que la culture advienne, l’animateur Patrick Sabatier fait son retour sur le service public. En revanche, des émissions littéraires disparaissent. C’est la culture qui va être contente.
Avec l’alibi de quelques programmes culturels ou de quelques fictions « créatrices », les défenseurs du service public le trouvaient bon. Ils ne sont pas difficiles. Comme si, à l’instar d’une vulgaire télévision commerciale, on n’y avait pas le regard rivé à l’Audimat. Comme si la démagogie y était moins abondante qu’ailleurs.
Les médias ont su donner des dimensions monstrueuses à l’universel désir de stupidité qui sommeille même au fond de l’intellectuel le plus élitiste. Ce phénomène est capable de détruire une société, de rendre dérisoire tout effort politique. A quoi bon s’échiner à réformer l’école et l’Université ? Le travail éducatif est saccagé par la bêtise médiatique, la bouffonnerie érigée en moyen d’expression, le déferlement des valeurs de l’argent, de l’apparence et de l’individualisme étroit diffusées par la publicité, ultime raison d’être des grands groupes médiatiques. Bouygues envoie Jules Ferry aux oubliettes de l’histoire.
Lorsqu’on les attaque sur l’ineptie de leurs programmes, les marchands de vulgarité répliquent en général deux choses : primo, on ne donne au public que ce qu’il demande ; secundo, ceux qui les critiquent sont des élitistes incapables d’admettre le simple besoin de divertissement. Il n’est pas nécessairement élitiste de réclamer juste un peu moins d’ineptie. Il y a de vrais spectacles populaires de bonne qualité. Le public demande ce qu’on le conditionne à demander. On a presque abandonné l’idée d’un accès progressif à la culture par le spectacle populaire. Victor Hugo, Charlie Chaplin, Molière, René Clair, Jacques Prévert, Jean Vilar, Gérard Philipe étaient de grands artistes, et ils étaient populaires. Ils parvenaient à faire réfléchir et à divertir. L’industrie médiatique ne se fatigue pas : elle va au plus bas.
Chacun a le droit de se détendre devant un spectacle facile. Mais, au point où en sont arrivées les émissions dites de « divertissement », il ne s’agit plus d’une simple distraction. Ces images, ces mots plient l’esprit à certaines formes de représentation, les légitiment, habituent à croire qu’il est normal de parler, penser, agir de cette manière. Laideur, agressivité, voyeurisme, narcissisme, vulgarité, inculture, stupidité invitent le spectateur à se complaire dans une image infantilisée et dégradée de lui-même, sans ambition de sortir de soi, de sa personne, de son milieu, de son groupe, de ses « choix ». Les producteurs de télé-réalité — « Loft story », « Koh-Lanta », « L’île de la tentation » —, les dirigeants des chaînes privées ne sont pas toujours ou pas seulement des imbéciles. Ce sont aussi des malfaiteurs. On admet qu’une nourriture ou qu’un air viciés puissent être néfastes au corps. Il y a des représentations qui polluent l’esprit.
Si les médias des régimes totalitaires parviennent, dans une certaine mesure, à enchaîner les pensées, ceux du capitalisme triomphant les battent à plate couture. Et tout cela, bien entendu, grâce à la liberté. C’est pour offrir des cerveaux humains à Coca-Cola que nous aurions conquis la liberté d’expression, que la gauche a « libéré » les médias. Nous, qui nous trouvons si intelligents, fruits de millénaires de « progrès », jugeons la plèbe romaine bien barbare de s’être complu aux jeux du cirque. Mais le contenu de nos distractions télévisées sera sans doute un objet de dégoût et de dérision pour les générations futures.
On a le choix ? Bien peu, et pour combien de temps ? La concentration capitaliste réunit entre les mêmes mains les maisons d’édition, les journaux, les télévisions, les réseaux téléphoniques et la vente d’armement. L’actuel président de la République est lié à plusieurs grands patrons de groupes audiovisuels privés, la ministre de la culture envisage de remettre en cause les lois qui limitent la concentration médiatique, la machine à abrutir reçoit la bénédiction de l’Etat (1). Les aimables déclarations récentes sur l’intérêt des études classiques pèsent bien peu à côté de cela.
Quelle liberté ? La bêtise médiatique s’universalise. L’esprit tabloïd contamine jusqu’aux quotidiens les plus sérieux. Les médias publics courent après la démagogie des médias privés. Le vide des informations complète la stupidité des divertissements. Car il paraît qu’en plus d’être divertis nous sommes informés. Informés sur quoi ? Comment vit-on en Ethiopie ? Sous quel régime ? Où en sont les Indiens du Chiapas ? Quels sont les problèmes d’un petit éleveur de montagne ? Qui nous informe et qui maîtrise l’information ? On s’en fout. Nous sommes informés sur ce qu’il y a eu à la télévision hier, sur les amours du président, la garde-robe ou le dernier disque de la présidente, les accidents de voiture de Britney Spears. La plupart des citoyens ne connaissent ni la loi, ni le fonctionnement de la justice, des institutions, de leurs universités, ni la Constitution de leur Etat, ni la géographie du monde qui les entoure, ni le passé de leur pays, en dehors de quelques images d’Epinal.
Un des plus grands chefs d’orchestre du monde dirige le Don Giovanni de Mozart. Le journaliste consacre l’interview à lui demander s’il n’a pas oublié son parapluie, en cas d’averse. Chanteurs, acteurs, sportifs bredouillent à longueur d’antenne, dans un vocabulaire approximatif, des idées reçues. Des guerres rayent de la carte des populations entières dans des pays peu connus. Mais les Français apprennent, grâce à la télévision, qu’un scout a eu une crise d’asthme.
Le plus important, ce sont les gens qui tapent dans des balles ou qui tournent sur des circuits. Après la Coupe de France de football, Roland-Garros, et puis le Tour de France, et puis le Championnat d’Europe de football, et puis... Il y a toujours une coupe de quelque chose. « On la veut tous », titrent les journaux, n’imaginant pas qu’on puisse penser autrement. L’annonce de la non-sélection de Truc ou de Machin, enjeu national, passe en boucle sur France Info. Ça, c’est de l’information. La France retient son souffle. On diffuse à longueur d’année des interviews de joueurs. On leur demande s’ils pensent gagner. Ils répondent invariablement qu’ils vont faire tout leur possible ; ils ajoutent : « C’est à nous maintenant de concrétiser. » Ça, c’est de l’information.
On va interroger les enfants des écoles pour savoir s’ils trouvent que Bidule a bien tapé dans la balle, si c’est « cool ». Afin d’animer le débat politique, les journalistes se demandent si Untel envisage d’être candidat, pense à l’envisager, ne renonce pas à y songer, a peut-être laissé entendre qu’il y pensait. On interpelle les citoyens dans les embouteillages pour deviner s’ils trouvent ça long. Pendant les canicules pour savoir s’ils trouvent ça chaud. Pendant les vacances pour savoir s’ils sont contents d’être en vacances. Ça, c’est de l’information. A la veille du bac, on questionne une pharmacienne pour savoir quelle poudre de perlimpinpin vendre aux étudiants afin qu’ils pensent plus fort. Des journalistes du service public passent une demi-heure à interroger un « blogueur », qui serait le premier à avoir annoncé que Duchose avait dit qu’il pensait sérieusement à se présenter à la présidence de quelque machin. Il s’agit de savoir comment il l’a appris avant les autres. Ça, c’est de l’information. Dès qu’il y a une manifestation, une grève, un mouvement social, quels que soient ses motifs, les problèmes réels, pêcheurs, enseignants, routiers, c’est une « grogne ». Pas une protestation, une colère, un mécontentement, non, une grogne.La France grogne. Ça, c’est de l’information.
On demande au premier venu ce qu’il pense de n’importe quoi, et cette pensée est considérée comme digne du plus grand intérêt. Après quoi, on informe les citoyens de ce qu’ils ont pensé. Ainsi, les Français se regardent. Les journalistes, convaincus d’avoir affaire à des imbéciles, leur donnent du vide. Le public avale ? Les journalistes y voient la preuve que c’est ce qu’il demande.
Cela, c’est 95 % de l’information, même sur les chaînes publiques. Les 5 % restants permettent aux employés d’une industrie médiatique qui vend des voitures et des téléphones de croire qu’ils exercent encore le métier de journalistes. Ce qui est martelé à la télévision, à la radio envahit les serveurs Internet, les journaux, les objets, les vêtements, tout ce qui nous entoure. Le cinéma devient une annexe de la pub. La littérature capitule à son tour.Le triomphe de l’autofiction n’est qu’un phénomène auxiliaire de la « peopolisation » généralisée, c’est-à-dire de l’anéantissement de la réflexion critique par l’absolutisme du : « C’est moi, c’est mon choix, donc c’est intéressant, c’est respectable. »
La bêtise médiatique n’est pas un épiphénomène. Elle conduit une guerre d’anéantissement contre la culture. Il y a beaucoup de combats à mener. Mais, si l’industrie médiatique gagne sa guerre contre l’esprit, tous seront perdus.
Pierre Jourde
Professeur à l’université Stendhal - Grenoble - III. Auteur, notamment, de La Littérature sans estomac, réédition Pocket, Paris, 2003. "
source: http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/JOURDE/16204
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Camp Maxime Real Del Sarte 2015 - Les rois ont fait la France...
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De l’occultisme et du nazisme
Les mots « occultisme » et « nazisme » sont souvent associés dans une littérature marginale occultisante et/ou extrémiste de droite dont il est possible d’établir une typologie sommaire : 1) celle condamnant l’occultisme, vu comme une manifestation du Diable, et qui fait l’amalgame avec le nazisme ; 2) celle, partisane de la théorie du complot, percevant le nazisme comme une émanation de société(s) secrète(s) ; 3) celle exonérant le nazisme au nom du combat contre les sociétés secrètes (anti-judéo-maçonnisme) ; 4) enfin, celle des adeptes stricto sensu de l’« occultisme nazi ». Pour les auteurs de ces textes, il existe donc une lecture « occulte » du nazisme, qui fait de Hitler au choix ou simultanément un médium, un agent de forces occultes, un initié aux doctrines occultistes, une personne en contact avec des voyants, des astrologues ou avec des moines tibétains, etc., de la politique raciale nazie une politique magique, ouvertement occultiste, et de la SS un ordre chevaleresque païen qui aurait collectionné les objets mystiques comme le Graal.

Manipulations de symboles
Les éléments constitutifs du mythe occultiste du nazisme sont à chercher dans des faits historiques largement sur-interprétés, comme les spéculations sur les rapports entre les nazis et la Société Thulé, assimilée à une société secrète aux objectifs racialo-occultistes, ou sur le sens de l’utilisation faite par les nazis du svastika inversé, sens supposé maléfique, voire dans l’intérêt de certains dignitaires nazis, notamment Hess, Himmler et Hitler, pour l’occultisme et l’ésotérisme, en particulier pour les runes, les symboles religieux, la réincarnation, l’Atlantide, l’Hyperborée, l’astrologie, etc. Ainsi, les nazis utilisèrent des symboles occultistes marqués comme le svastika, qui a été utilisé par les occultistes et les francs-maçons dès le XVIIIe siècle. Mais il se retrouvait également au début du XXe siècle dans toute une littérature aryaniste, pseudo-scientifique et occultisante traitant la préhistoire germanique dont les principaux représentants étaient Guido von List et Jörg Lanz von Liebenfels, références de certains dignitaires nazis.
Enfin, les derniers éléments « occultes » sont à chercher au sein de la SS, à son utilisation de symboles issus de l’antiquité germano-scandinave, en particulier les runes. Himmler désirait recréer une pseudo-culture germanique primitive, nordiciste, à partir d’un passé mal compris interprété par le prisme de l’occultisme völkisch afin de justifier ses prétentions à une nouvelle domination du monde. Pour cela, il créa en 1935 un institut de recherche, dépendant de la SS, l’Ahnenerbe Institut (« héritage des ancêtres »), qui associait scientifiques de renom et auteurs völkisch, recherches archéologiques scientifiques et spéculations aryanistes. Il nomma aussi à des grades élevés de nombreux occultistes, néo-païens et racistes, les aryosophes. Certains, comme Karl Maria Wiligut ou Otto Rahn, jouèrent un rôle important, dans l’élaboration après guerre du mythe de l’« occultisme nazi ». C’est Wiligut qui conçut dès 1931 le dessin des bagues runiques à tête de mort et qui élabora, plus tard, des rituels SS « païens », notamment de mariage et d’enterrement afin de donner à l’idéologie SS un aristocratisme mâtiné d’antiquité nordique. Ces idées seront reprises sans recul après guerre, par ses détracteurs comme par ses partisans, donnant corps à un nordicisme occultisant.
Une interprétation ancienne, au succès récent
Cependant, les spéculations occultistes sur le sens du racisme nazi sont apparues dès l’avènement de ce régime. À l’origine, cet amalgame a été le fait de milieux catholiques hostiles au nazisme, voire d’opposants au régime comme l’ancien nazi Hermann Rauschning. Après la Seconde Guerre mondiale, ce thème a été repris et diffusé auprès du grand public, en 1960, par le best-seller de Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le matin des magiciens, puis par leurs épigones, adeptes d’une interprétation occultiste de l’histoire, l’« histoire mystérieuse ». Depuis cette époque, ce thème a largement dépassé le cercle restreint des spéculations occultistes pour se diffuser dans la culture de masse contemporaine : littérature populaire, bandes dessinées, jeux vidéo, jeux de rôle, voire le cinéma avec les premier et troisième opus de la série des Indiana Jones (Les Aventuriers de l’Arche perdue – 1981 – et La dernière croisade –1989) dans lesquels le héros se trouve confronté à des scientifiques SS partis à la recherche de l’Arche d’Alliance puis du Graal.
Parallèlement à ces canaux de diffusion, profitant de ce succès éditorial, l’« occultisme nazi » a été repris et largement propagé par certains milieux néo-nazis, très hétérodoxes, composés d’anciens SS et d’occultistes néo-nazis comme Savitri Devi, qui fit de Hitler un avatar d’une divinité indienne, et Miguel Serrano, à l’origine de la théorie de la fuite de Hitler en soucoupe volante. Dès les années 1950, ces auteurs ont cherché à utiliser stratégiquement le thème de l’« occultisme nazi ». Ceux-ci suivent trois buts :
1) en faisant une apologie plus ou moins détournée du national-socialisme, notamment en entérinant l’idée que la SS était un ordre chevaleresque néo-païen occultiste, une élite raciale et intellectuelle ;
2) en produisant un travail de révisionnisme, voire de négationnisme, en montrant la validité globale de l’idéologie nazie, du nordicisme et de la mystique de la race.Selon les partisans de cette doctrine, les Aryens sont d’origine hyperboréenne. Race primordiale, supérieure intellectuellement et racialement, les Aryens, fuyant le cercle polaire, auraient transmis leur sagesse aux autres peuples. Ces auteurs dénient donc la faculté de fonder des civilisations aux peuples non-blancs ;
3) enfin en réécrivant l’histoire, le nazisme et les dignitaires nazis subissant un processus de « mythologisation ». Les personnages, les faits historiques disparaissent au profit d’une image mythique et le nazisme se « folklorise » : la politique génocidaire nazie reste globalement condamnée, bien que largement euphémisée mais devient un élément important de la politique magique nazie, tandis que les nazis deviennent des personnes spirituellement intéressantes.
En dépit des démonstrations des partisans ou des détracteurs de l’« occultisme nazi », le nazisme ne fut pas un mouvement occulte. Les nazis étant le produit de leur époque, très sensible à l’occultisme, leur intérêt pour l’occultisme aryanisant apparaît donc moins comme un facteur d’influence que comme un symptôme précurseur du nazisme. Mais, à décharge, il faut reconnaître que Himmler a tout fait pour entretenir ce mythe.
Après un vif intérêt durant les décennies 1960 et 1970, et après s’être diffusée dans la culture populaire, cette littérature a décliné dans les années 1980 pour réapparaître sur Internet au début des années 2000. Cela peut s’expliquer par l’ensemble des éléments structuraux et historiques qui ont été précédemment soulignés, mais aussi par le fait que les sociétés occidentales sont avides de révélations « occultisantes ».Stéphane François
Fragments sur les temps présents :: lien
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Fraction - Hors d'Europe
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L’islam se fout de la vérité, de l’histoire et de l’identité des peuples
Boutih propose non une réhabilitation, mais un révisionnisme visant à gommer l’indicible d’une histoire musulmane anxiogène pour l’esprit humaniste occidental.
Dans l’article qu’il consacre, sur Boulevard Voltaire, au rapport présenté par Malek Boutih, Aristide Leucate juge fort pertinemment que l’ancien président de SOS Racisme, selon lequel « la réhabilitation de l’histoire musulmane » devrait permettre « aux jeunes musulmans de se sentir en phase avec les lois et modes de vie de notre pays », est un « idiot utile de l’islamisme ».
Boutih propose non une réhabilitation, mais un révisionnisme visant à gommer l’indicible d’une histoire musulmane anxiogène pour l’esprit humaniste occidental. Car la question du contrôle de l’histoire est aujourd’hui essentielle pour l’avenir du Vieux Continent. George Orwell écrivit que « celui qui contrôle le passé contrôle le futur », et ce futur pourrait bien être islamique pour des Européens qui se laissent déposséder de l’orgueil que confère un glorieux passé.
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Passé Présent n°60 - Emission spéciale NRH
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Henri Guillemin sur les causes de la guerre de 14-18 : « Morts pour la (Banque de) France »
La République des banquiers : conférences d'Henri Guillemin sur l'avant-1914« Croire à l'histoire officielle, c'est croire des criminels sur parole. »
Simone Weil (Philosophe)
« Faites attention à l'histoire que l'imposture se charge d'écrire. »
Chateaubriand
« En réalité, pour dire les choses telles qu'elles sont, et sous une apparence peut-être véhémente mais pourtant exactement fidèle à la vérité, la IIIe République était, sous une apparence de démocratie, pratiquement une oligarchie financière. Et je sais bien qu'il n'y a pas très longtemps encore, un journal sérieux disait : ‘C'est une rengaine de parler de la toute-puissance de l'argent.’ Il est facile d'appeler rengaine la constatation obstinée d'une évidence. »
Henri Guillemin, La République bourgeoise« En dépit des apparences démocratiques en France, le peuple ne contrôle pas ses gouvernements. Un groupe étroit s’est emparé des conseils d’administration des grandes sociétés financières. Ces quelques hommes tiennent entre leurs mains les banques, les mines, les chemins de fer, les compagnies de navigation, bref, tout l’outillage économique de la France. Sans oublier la sidérurgie et les fabriques d’armes d’où ils tirent de croissants profits. Ils dominent le parlement et ont à leur solde la grande presse. La guerre ne leur fait pas peur, ils la considèrent même avec intérêt. (…) Nos banques ont gardé le souvenir des bénéfices énormes réalisés par elles en 1871. »
Francis Delaisi, La guerre qui vient, 1911
Conférences indispensables de Henri Guillemin :- MP3 à télécharger : http://www.ecosynchro.org/henri-guillemin-mp3.phpLivres non moins indispensables : http://www.priceminister.com/s/henri+guillemin,http://www.utovie.com/catalog/henriguilleminhistoire-c-24_35.html, etc.(1) L’autre avant guerre - 1871-1914 - L’ordre moral - Henri Guillemin
(2) L’autre avant guerre - 1871-1914 - La république des républicains - Henri Guillemin
(3) L’autre avant guerre - 1871-1914 - Début du colonialisme - Henri Guillemin
(4) L’autre avant guerre - 1871-1914 - Le général Boulanger - Henri Guillemin
(5) L’autre avant guerre - 1871-1914 - De Boulanger à Dreyfus - Henri Guillemin
(6) L’autre avant guerre - 1871-1914 - L’affaire Dreyfus - Henri Guillemin
(7) L’autre avant guerre - 1871-1914 - La défense républicaine - Henri Guillemin
(8) L’autre avant guerre - 1871-1914 - L’occident dévore le monde - Henri Guillemin
(9) L’autre avant guerre - 1871-1914 - La république bourgeoise - Henri Guillemin
https://www.youtube.com/watch?v=hClDN2ojrAY
(10) L’autre avant guerre - 1871-1914 - Le Maroc - Henri Guillemin
https://www.youtube.com/watch?v=6XSipRliZ5Y
(11) L’autre avant guerre - 1871-1914 - La guerre qui vient - Henri Guillemin
https://www.youtube.com/watch?v=qIGvjmxyzmg
(12) L’autre avant guerre - 1871-1914 - Le socialisme, Jaurès - Henri Guillemin
https://www.youtube.com/watch?v=I8Ao1e9RYyk
(13) L’autre avant guerre - 1871-1914 - L’explosion de 1914 - Henri Guillemin
https://www.youtube.com/watch?v=72PtZve-Yvc
http://www.agoravox.tv/actualites/europe/article/henri-guillemin-sur-les-causes-de-50396
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III.- Coutumes et communauté
Nous continuons aujourd'hui notre cycle "Patrie" commencé le 8 juin, destiné aux jeunes militants et à ceux qui iront au CMRDS 2015, à partir des cours de philo d'André Bridoux (1893-1982). Voici la troisième des quatre lectures espacées de quinze jours.
I.- Terroirs et frontières
II.- Race, langage
III.- Coutumes et communauté
IV.- Patrie et humanitéPréambule
Le lien territorial que nous avons évoqué dans la première lecture se double naturellement d'un lien économique au sens large. Un territoire met à la disposition du peuple qui l'occupe des ressources dont l'exploitation et l'augmentation sont régies par un ensemble de règles d'intérêt général, le principe de base étant celui de propriété. Mais le foisonnement d'intérêts communs en un lieu donné ne suffit pas à constituer une patrie ni à fusionner un peuple, le désenchantement européen est là pour nous le prouver s'il en était besoin. Nous n'approfondirons pas l'élément économique de la patrie car il est secondaire dans sa formation. Il y aura d'autres occasions¹.
C'est maintenant le chapitre le plus épineux de la série depuis qu'affluent sur notre territoire des étrangers bien décidés à continuer leurs propres coutumes jusqu'à parfois les valoriser en extrayant des règlements sociaux les bénéfices inattendus chez la grande majorité des autochtones. On n'est pas obligé non plus de croire dur comme fer à l'inintégration des immigrants, l'exotisme a beaucoup de pertes en ligne finalement et que ce soit dans les domaines cultuels ou culturels il est de bon ton dans les milieux de droite de minimiser la quantité de "fuyards" qui cherchent par tous les moyens à s'assimiler. Bref, qu'en dit André Bridoux ?
31.- La communauté d'habitudesLe sentiment de la patrie procède pour une bonne part du sentiment d'être ou de se retrouver chez soi : sentiment particulièrement vif quand, après un long séjour à l'étranger, on rentre dans son pays, au milieu d'hommes qui ont les mêmes goûts, se plaisent aux mêmes conversations, aux mêmes divertissements. Tout change d'un pays à l'autre : la nourriture, le vêtement, le coucher, la manière de distribuer la journée, de travailler, de se distraire, de sentir, de penser.
Avec le temps, se tissent des habitudes communes qui se stabilisent et constituent un des principes d'union les plus solides. Les peuples se cristallisent dans leurs coutumes traditionnelles et finissent par apparaître sous les traits d'images familières dans lesquelles ils se reconnaissent, se contemplent, et se comparent. Un Français, un Anglais, un Allemand ne vivent pas seulement pour eux-mêmes, mais pour l'opinion qu'ils prêtent aux autres sur la France, sur l'Angleterre, sur l'Allemagne.
Ces dissemblances d'habitudes et de physionomies créent des oppositions souvent difficiles à vaincre, rendent délicates les ententes de peuple à peuple, hasardeux les mariages entre étrangers et très pénibles des épreuves telles que l'exil ou la transplantation : épreuve bien connue des missionnaires. Malgré toute leur charité et malgré l'accueil souvent affectueux qu'ils reçoivent, ils ne tardent pas à se trouver très isolés au milieu de populations dont les habitudes leur restent impénétrables.
32.- Le sentiment d'être chez soi
Se sentir chez soi, ce n'est pas seulement jouir d'habitudes familières ou de les retrouver, mais avoir conscience d'être son maître et de ne pas subir la loi de l'étranger (ndlr : c'est justement ce que nous sommes en train de perdre en Europe occidentale). Être Français, c'est avoir la certitude que la France est à nous, que chacun la possède en entier et qu'en conséquence, ses institutions et ses lois, qui sont comme des règlements d'administration, ne sauraient procéder d'une autorité étrangère, mais ne peuvent se concevoir que s'ils sont approuvés par nous et même que s'ils émanent de nous. A cette seule condition ils nous apparaissent non comme une contrainte insupportable, mais comme une protection de tous les instants.
Les institutions peuvent beaucoup pour développer le sens de la patrie. Ce sens s'est prodigieusement accru au moment de la Révolution, par le fait d'une législation égalitaire qui associait l'ensemble des habitants à la vie du pays, mettait en œuvre toutes les énergies et éveillait la conscience d'une destinée commune. Ce sens peut au contraire être mis cruellement à l'épreuve quand les lois d'un pays donnent à une partie de ses habitants l'impression qu'ils sont dépossédés de leur patrie. Chacun sait par exemple tout ce que la Révocation de l'Edit de Nantes a coûté à la France.
33.- La communauté des souvenirs et des aspirations
La patrie, c'est aussi l'ensemble des souvenirs qui composent une histoire commune : souvenirs grâce auxquels les racines de notre être plongent dans le plus lointain passé et nous rendent solidaires de tous ceux qui vécurent avant nous, si bien que, pour reprendre un mot d'Auguste Comte, la patrie se compose de plus de morts que de vivants.
Ces souvenirs ressuscitent pour nous des triomphes et des deuils qui nous causent toujours des émotions très vives ; et à l'évocation de ces temps révolus répond nécessairement la pensée d'un avenir dont nous ne pouvons imaginer l'interruption, mais dont la prolongation nous est assurée par l'ardeur d'un vouloir vivre commun. L'homme se sent ainsi relié à quelque chose qui le dépasse de beaucoup, non seulement dans l'espace, mais dans le temps.
34.- Les sentiments que la patrie nous inspire
L'amour de la patrie est naturel en nous. D'origine complexe, ainsi que nous venons de le voir, c'est un sentiment très fort. Il n'a pas moins de pouvoir sur l'homme que les sentiments familiaux avec lesquels il a maintes affinités, et il a beaucoup plus d'ampleur. L'homme qui est ému par l'amour de la patrie, sans cesser d'être lui-même (ndlr : on notera la réserve post-nazisme), se sent pénétré d'une réalité plus haute, plus large, meilleure que lui dont il est cependant dépositaire, qu'il doit défendre et faire durer. Insistons sur ce point.
A la différence des valeurs religieuses ou scientifiques, par exemple, qui participent toujours de l'éternel et demeurent, dans ce qu'elles ont sans doute d'essentiel, indépendantes de nous, la patrie est une valeur d'ordre humain, de caractère temporel et historique. Elle nous dépasse dans le temps et dans l'espace, c'est entendu, nous venons de le dire ; mais elle dépend de nous. On se fait aisément illusion. Parce qu'elle nous a précédés, on croit que la patrie nous survivra ; on la croit même éternelle. La vérité est qu'elle peut mourir ; il suffit que se relâchent un instant l'union des peuples, leur vigilance et leur esprit de sacrifice.La patrie est la création continue de tous ses enfants. Chacun peut sentir et expérimenter sa responsabilité envers elle ; il dépend de lui, à chaque instant, de l'affaiblir ou de la sauver.
La prochaine lecture élargira la réflexion à l'humanité.(1) L'histoire de notre pays nous fait assister à un riche développement de dons variés, mais elle ne nous fournit qu'une traduction incomplète des aptitudes de la France. Nos générations auraient tort de se complaire au spectacle du passé au point d'oublier que dans nos montagnes, nos fleuves, nos mers, bien des énergies attendent encore leur tour (AB). En 1945 on ne parlait pas encore des Zones économiques exclusives dont la France maritime est si riche (clic), mais vu le profond silence des pouvoirs sur ces richesses maritimes inexploitées, on peut penser que le caractère cul-terreux de la classe politique française l'empêche de se projeter au-delà de l'horizon réel, celui sur lequel on "pose" un sextant.
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L’art contemporain est un mécanisme provocateur et financier
Aude de Kerros, artiste et auteur de Sacré art contemporain, répond à L'Homme Nouveau à propos de la réalisation d’Anish Kapoor dans les jardins du château de Versailles : le « Vagin de la Reine ». Extrait :
"C’est un piège, comme d’habitude. C'est un chef-d'œuvre dans son genre puisque son but est de piéger les médias et le spectateur. Cela implique de générer un scandale, de créer de l'événement et un intérêt médiatique : le « Vagin de la Reine » fonctionne très bien. Lorsqu’une œuvre contemporaine est fabriquée, l'artiste pense « les Français seront blessés si l’on s’attaque à leur patrimoine ». Celle-ci a été faite il y a longtemps, et elle a changé de nom pour l'occasion, afin qu’elle ait un rapport avec son contexte.
Chaque réaction augmente la valeur de cet objet, qui n'est en réalité qu'un produit financier. L'art contemporain se résume à ça. [...] C’est pour l'artiste la seule manière de créer un produit financier : il faut choquer. [...] Le scandale ne réside pas dans le « Vagin » lui-même, mais dans la complicité de l’État français. L’art contemporain n’en est pas un : il est conceptuel, et veut profiter de son contexte, mais l’œuvre en soi est sans intérêt. Tout cela constitue un vaste montage financier et mondain entre le grand collectionneur, les institutions et l’artiste, ou devrais-je dire le producteur car en lui-même et sans les autres acteurs il n'existe pas. Il n'a aucune autonomie.
L’artiste dit lui-même qu’il voulait mettre du "chaos" dans l'ordre : la provocation est-elle une caractéristique de l'art contemporain ?
L’art contemporain est effectivement un mécanisme provocateur et financier. Le but est de fabriquer de la médiatisation pour avoir de la cote. Lorsque les gens l’auront compris, ils pourront faire la différence avec l'Art. [...]
Tout cela relève d'une entreprise de destruction de la civilisation, au sein d'un marché financier gigantesque. Et ça continuera aussi longtemps que les gens ne voudront pas comprendre.
[...] Le problème est qu’il faudrait démonter intégralement le système, et se tourner vers le gouvernement : il doit se justifier ! Combien est-ce que cela coûte aux contribuables ? Pourquoi les artistes français ne sont-ils pas sollicités, si ce n’est parce que leurs œuvres n'atteignent pas le million de dollars ? Nous devons leur demander des comptes. Et pourquoi Anish Kapoor a-t-il eu droit à la légion d'honneur ? Pourquoi lui a-t-on livré Versailles sur un plateau d’argent ? [...]"