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culture et histoire - Page 1627

  • NBIC : homme augmenté ou homme asservi ?

    En France, le transhumanisme est une notion médiatiquement récente : inventer une néo-humanité passe plus par la défense des droits sexuels à la sauce LGBT que par une transformation mécanique des individus.

     

    Mais cette notion d’une humanité augmentée par la technique n’est pas qu’un fantasme de science-fiction ou le rêve de quelques savants à l’éthique atrophiée : c’est le projet soutenu par Google, l’entreprise la plus puissante du monde. Ce soutien n’est pas qu’une posture “citoyenne” : c’est un axe de développement stratégique qui pousse le moteur de recherche à acheter, fin 2013, huit sociétés de robotique, dont Boston Dynamics, spécialiste de la simulation humaine (comportement et physiologie). Et qui a poussé Apple à recruter des experts en médecine connectée et à nommer l’un de ses membres PDG de Calico, société créée par Google pour lutter contre le vieillissement.

    Cette alliance du virtuel et du réel a un nom : NBIC, pour Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et sciences Cognitives. L’idée est de faire converger ces sciences pour améliorer les performances humaines – voire l’espèce humaine, les transhumanistes n’hésitant à prédire l’immortalité pour ceux qui auront accepté de s’augmenter convenablement : Laurent Alexandre, président de DNAvision, leur thuriféraire français, le promettait lors d’une conférence TED à Paris, le 6 octobre 2012, et 2045 est la date magique à laquelle l’humanité est censée pouvoir s’affranchir de la mort (le site de propagande 2045.com regroupe tous les éléments nécessaires pour comprendre l’idéologie sous-jacente).

    Le signe NBIC lui-même, qui se présente comme une évidence, est déjà une façon de forcer le débat en présentant cette alliance comme une convergence économique “naturelle”. Les biotechnologies regroupent le séquençage du génome et la biologie de synthèse. Avec un coût du séquençage désormais inférieur à 100 euros (selon les pays et les acteurs), le marché est gigantesque, puisque connaître son génome c’est maitriser sa santé. La femme du co-fondateur de Google, Sergey Brin, a ainsi fondé la société 23andMe, spécialisé dans le séquençage et la détection des problèmes médicaux (jusqu’à ce que le gouvernement américain lui demande de suspendre cette activité). [...]

    Philippe Mesnard - La suite dans L’AF 2882

  • L’Action française sur Radio Courtoisie : l’émission

    Le français en partage du 24 mars 2014 : “L’Action française, les royalistes et les langues du royaume”

    Par Albert Salon | 24 mars 2014 | Le français en partage | Mots clés : Action française . Carrefour des acteurs sociaux . François Marcilhac . Joël Broquet . L’Action Française 2000 . Olivier Perceval . royaliste

    Albert Salon, assisté de Lydie, recevait Olivier Perceval, secrétaire général de l’Action française, François Marcilhac, essayiste, directeur éditorial de L’Action Française 2000 et Joël Broquet, président du Carrefour des acteurs sociaux sur le thème : “l’Action française, les royalistes et les langues du royaume”.

    Ecouter ici l’émission

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?L-Action-francaise-sur-Radio,7299

  • Le libéralisme avance masqué

    À l'heure où chacun prétend défendre des idées - de grandes, nobles et belles idées, bien sûr - le libéral semble aujourd'hui passer à côté, avec une vision plus pragmatique des choses. Et surtout de la société. Pourtant le libéralisme est bien vivant. Plus que jamais peut-être. Mais il se dissimule...
    Le libéralisme a si mauvaise presse qu'il avance masqué. Il est accusé à raison de tous les mots : mondialisme, financiarisation, émeutes de la faim, chômage, destruction de la famille, amnésie culturelle, télé-réalité, trafics d'organes, achats de votes, marchandisation du vivant... Il s'essaye donc à brouiller les pistes, à changer les repères, et développe des stratégies de joueur d'échec.
    Tout d'abord, en assimilant libéralisme et droite - ce qui permet à la gauche de faire du libéralisme sans le dire. Les accords de libre-échange en train d'être négociés, la promotion d'une Europe systématiquement acquise à la concurrence et systématiquement opposée aux corps intermédiaires, l'individualisation croissante des systèmes de soins, tout est clairement d'inspiration libérale, mais la seule onction d'un gouvernement officiellement socialiste suffit à récuser vertueusement les accusations de libéralisme larvé (déjà proférées en 1983). Le seul défaut du récent tournant social-libéral, si l'on peut dire, est que le masque est tombé.
    La distinction libérale
    Ensuite, en distinguant libéralisme économique et libéralisme culturel, ce qui permet aux bobos de se croire tout à la fois rebelles et généreux. D'un côté une affirmation fanatique des libertés individuelles déréglées (une extension qui aurait d'ailleurs étonné les auteurs libéraux classiques), surtout quand elles permettent d'échapper à un modèle norme d'inspiration chrétienne. De l'autre une volonté marquée de planification étatique, de contraintes sociales fortes, pourvu que cet abandon de libertés soit la contrepartie d'une assurance financière : garantissant les emplois ou des allocations suffisantes, l’État dirigiste ne serait pas libéral.
    Comme l'a fort bien démontré Jean-Claude Michéa, le libéralisme culturel marche de pair avec le libéralisme économique, et les conquêtes du premier font le lit du second : plus l'individu est libéré des contraintes de la famille, de la nation, de la religion, du territoire, plus il est asservi au marché, et son seul-espoir d'accomplissement passe par sa capacité de jouissance, érigée en étalon de la liberté alors qu'elle n'est qu'une promesse de consommation continue. L'État a d'ailleurs tendance, sur le long terme, à aller vers la dérégulation économique - même si le génie français rend sa marche tortueuse ! Mais à défaut de favoriser l'économie et les citoyens français, il ouvre largement ses portes aux autres acteurs.
    Innocent de ses travers
    Enfin, en refusant de considérer tous les développements naturels de sa théorie : père indigne, il récuse tous ses enfants, comme un communiste français expliquant tranquillement que Lénine, Staline, Pol-Pot et Mao n'étaient pas vraiment des communistes. Chaque catastrophique bâtard de l'application de ses principes est tout de suite dénoncé comme une variante si viciée qu'elle ne peut en rien être imputée au modèle. « Le concept est avant tout politique, pourquoi diable cherchez-vous à le déceler dans l'imparfaite réalité ? ! » nous disent ses thuriféraires. Monique Canto-Sperber, dans une courte conférence de 2009 regrette que « cette condamnation qui souvent est sans nuance, surtout en France, laisse sur sa faim et empêche de penser ce au 'a pu être l'apport du libéralisme » (www.les-ernest.fr), tout en reconnaissant que le contexte actuel a pu entrainer le système libéral à développer des pathologies - qu'il ne recèle forcément pas dans son état chimiquement pur.
    Si l'État intervient de plus en plus, y compris dans les domaines les plus privés, c'est assurément pour garantir nos libertés; si le droit est devenu une valeur si sûre, ce n'est pas du tout parce qu'infiniment plastique il justifie chaque abus, chaque oppression et chaque privation; si l'utopie libérale se présente aujourd'hui comme un dogme auquel il faut adhérer, c'est bien sûr pour nous éviter de retomber dans de bien plus terribles errements.
    Bref, si le libéralisme veut modifier la nature humaine, c'est pour accoucher un homme nouveau, pas du tout pour le dénaturer...    
    Hubert Champrun monde & vie  18 mars 2014

  • Alger, 26 mars 1962, rue d’Isly : un crime d’État !

    En 1962, les accords d’Évian viennent d’être signés. Le gouvernement français s’est déculotté mais de Gaulle n’est pas pleinement satisfait.

    Christian Fouchet, alors ministre de l’Intérieur lors des événements de 1968, avouera avoir été l’organisateur du massacre de la rue d’Isly, le 26 mars 1962, pendant son mandat de haut-commissaire en Algérie.

    Limogé le 31 mai 1968 par le chef de l’État (de Gaulle), il avouera le 28 octobre 1969 : « J’en ai voulu au Général de m’avoir limogé au lendemain de mai 1968. C’était une faute politique. Il m’a reproché de ne pas avoir maintenu l’ordre… » « Vous n’avez pas osé faire tirer », m’a-t-il dit. « J’aurais osé s’il l’avait fallu », lui-ai-je répondu. « Souvenez-vous de l’Algérie, de la rue d’Isly. Là, j’ai osé et je ne le regrette pas, parce qu’il fallait montrer que l’armée n’était pas complice de la population algéroise. » Christian Fouchet avoue donc avoir assassiné ce jour-là des Français innocents et désarmés sur ordre de De Gaulle. [...]

    Manuel Gomez - La suite sur Boulevard Voltaire

  • Liberté, égalité, fraternité (3)

    II – fraternité
    Enfin, la troisième idée révolutionnaire, le principe de fraternité, constitutif du régime cosmopolite imposa d’une part une complaisance sans borne pour tous les hommes à condition qu’ils habitassent fort loin de nous, nous fussent bien inconnus, parlassent une langue différente de la nôtre, ou, mieux encore, que leur peau fût d’une autre couleur ; mais, en revanche, ce beau principe nous présentait comme un monstre et comme un méchant quiconque, fût-il notre concitoyen, notre frère, ne partageait pas tous nos moindres accès de rage philanthropique. Le principe de fraternité planétaire, qui voudrait établir la paix de nation à nation, tourna vers l’intérieur de chaque pays et contre les compatriotes ces furieux mouvements de colère et d’inimitié qui sont secrètement gravés par la nature dans le mécanisme de l’homme, animal politique, mais politique carnassier. Les Français ont été induits à la guerre civile.
    Charles Maurras
    Romantisme et Révolution, Préface
    Homme de paix s’il en fut, Charles Maurras se méfie du pacifisme dont les bons sentiments mènent à des massacres, et il en voit l’origine dans le troisième terme de la devise républicaine, Fraternité.
    Actualité du texte
    Quand Maurras publie en 1922 le volume Romantisme et Révolution qui unit L’Avenir de l’Intelligence à Trois Idées politiques et dont nous étudions un extrait de la préface, il ne peut certes imaginer de manière précise et concrète la rapidité et la facilité des transports que nous connaissons et qui, en conjonction avec l’idéologie mondialiste, fait de notre temps une époque de migrations humaines comparable aux derniers siècles de l’Empire romain d’Occident. Mais si nous adaptons le vocabulaire, si nous traduisons cette langue pure, dense, élégante dans le jargon du journalisme politique d’aujourd’hui, le texte brille d’une modernité qui ne surprendra que ceux qui ignorent la puissance d’analyse et de prévision de Maurras. « Paix de nation à nation » s’appelle mondialisme, la « fraternité planétaire » peut avoir pour équivalent la « maison commune » où certains idéologues veulent contraindre l’humanité à vivre, la « rage philanthropique » est devenue la doctrine des Droits de l’homme.
    La fraternité républicaine, forme dévoyée de la charité devenue folle, ignore les hiérarchies de sentiments, de devoirs et de nécessités contingentes. Le coeur innombrable du démocrate bat pour la faim dans le monde contre laquelle il lutte globalement sans s’inquiéter de l’état de sa patrie où son prochain, au sens étymologique, risque de sombrer dans la misère.
    La République se nourrit de haines civiques
    Comme il fallait priver de liberté les ennemis de la Liberté, le moralisme démocratique a lui aussi besoin d’ennemis à dénoncer, à détester et à combattre. D’une part on aime le monde et de l’autre on hait le prochain qui ne partage pas l’idéologie de la fraternité universelle et on le présente « comme un monstre et comme un méchant ». C’est ce que le vocabulaire d’aujourd’hui appelle "diaboliser". Cette « haine fraternelle » a été parfaitement exprimée par un contemporain de la Révolution, le poète Lebrun-Ecouchard, auteur d’odes médiocres mais qui a frappé quelques belles épigrammes :
    Bon Dieu ! l’aimable siècle, où [l’homme dit à l’homme : "Soyons Frères… ou je t’assomme ! » ]
    Le système fondé sur la Liberté, l’Égalité et la Fraternité est donc un système de guerre civile. En appelant l’homme animal politique, « mais carnassier », Maurras pense, au-delà d’Aristote, à la formule d’Hobbes « l’homme est un loup pour l’homme ». Au-delà de la Fraternité qui déchire la Patrie, l’Action française veut en restaurer l’unité dans l’Ordre pacificateur et bienfaisant.
    Gérard Baudin L’Action Française 2000 n° 2744 – du 20 mars au 2 avril 2008

  • Anatomie d'un monstre : l’Église a sorti le bistouri

    L’Église a été la première institution à s'opposer au libéralisme. Ça continue aujourd'hui... où elle est devenue la seule alternative crédible.
    Il y a toujours une ambiguïté à propos de la critique du libéralisme. La plupart, s'ils critiquent ce système philosophique, politique et économique qui repose, comme son nom l'indique, sur l'absolutisation de la valeur de liberté, c'est en mettant en cause la mollesse, la lâcheté, l'inefficacité, la supposée inconsistance de l'organisation libérale. Quant à l’Église, elle a très vite compris que le libéralisme n'était pas condamnable à cause de sa faiblesse, mais parce que, sous ce nom avenant se cache l'organisation absolument moderne du despotisme. Paradoxe facile ? Pas du tout. C'est la militante féministe allemande Rosa Luxembourg qui définissait le libéralisme comme « le système du renard libre dans le poulailler libre ». Est libérale l'organisation qui, par principe, met à égalité le renard et la poule. C'est évidemment toujours pour le plus grand profit du renard, qui s'en lèche encore les babines.
    L'absolutisme de la liberté
    Il se trouve que Rosa Luxembourg, en définissant ainsi le libéralisme, s'est sans doute inspirée d'un slogan qui a couru durant tout le XIXe siècle : « L’Église libre dans l’État libre » répétait Montalembert et ses amis qui s'autodésignaient comme les catholiques libéraux. La liberté de l’État est évidemment, à vue humaine et sans en appeler aux forces de l'Esprit, infiniment plus puissante que la liberté de l'Eglise. Si les deux partenaires, juxtaposés depuis l'origine du christianisme, ont la même liberté, c'est l’État qui se réservera naturellement la part du lion. Clemenceau avait bien vu le parti à tirer de la position libérale : il reprenait l’Évangile, « rendez à César ce qui est à César » et il concluait logiquement, en tant qu’État libre et ne se gênant pas le moins du monde : « Mais tout est à César ». Staline était dans le même registre lorsqu'il se posait dédaigneusement la question : « Le pape combien de divisions ». Il est évident qu'à libertés égales, le pouvoir spirituel non seulement est toujours perdant, mais au fond, dans une configuration totalement libérale, il est perdu.
    Non, ce n'est pas un complot
    L'analyse du phénomène est plus compliquée aujourd'hui, car - c'est une conséquence du règne de l'idéologie libérale - il est très difficile aujourd'hui de situer les centres du Pouvoir. Le président de la République ? Dans notre monde libéralisé, son pouvoir n'est plus rien. La Commission de Bruxelles ? L'affaire ukrainienne suffit à montrer le peu de pouvoir réel dont elle jouit. Les États-Unis sont intervenus pour empêcher la paix avec la Russie. Mais aux États-Unis qui détient véritablement le pouvoir ? Barack Obama ? Évidemment non. La logique des décisions lui échappe, il est là pour les appliquer et les faire appliquer. Mais c'est l'idée libérale qui fonctionne, dans une sorte d'idéocratie mondialisée : ainsi peut-on dire que la Russie de Poutine n'étant pas assez libérale, elle ne peut pas prétendre arbitrer le conflit inter-ukrainien. Nous ne sommes pas devant un complot avec ses grands initiés. Il n'y a pas de grands initiés, il n'y a que de petits manipulateurs planétaires. Mais la prime est systématiquement donnée à la liberté. Les autres critères n'existent pas. C'est ce que l'on constate aussi dans l'affaire mondiale du mariage homosexuel et c'est ce qui risque d'engendrer une hypersexualisation de l'enfance (le prochain enjeu des libertaires est là : le genre n'est vraisemblablement qu'un prétexte).
    L’Église a tenté de prendre en marche le train de la mondialisation libérale. Je pense aux déclarations du pape Pie XII sur l'importance d'un gouvernement mondial (qui à l'époque pouvaient apparaître comme des déclarations opposées à l'Internationale communiste), reprises aujourd'hui et précisées par Benoît XVI qui, en 2007, dans Caritas in veritate, proposa d'instaurer un Conseil des sages dont les décisions puissent s'imposer aux différentes nations, dans certains domaines comme l'écologie. Problème annexe l'écologie, direz-vous peut-être... Pas si sûr, derrière l'écologie il y a le problème de l'énergie, du développement de l'atome, de la société de consommation comme société du déchet, etc. Que diable allait faire Benoît XVI dans cette galère de l’ultra-modernité ?
    Vatican II et le libéralisme
    La vérité c'est que Vatican II contenait au moins potentiellement une ouverture à l'idéologie libérale, comme j'ai essayé de le montrer naguère dans Vatican II et l’Évangile. Si ces germes avaient produit du fruit, la vérité catholique serait restée l'apanage de quelques cénacles résistants et la grande Église tout entière aurait versé dans l'apologie d'une « foi » à géométrie variable, pure expression de la liberté individuelle, différente en chaque personne. Heureusement Jean Paul II en particulier à travers un enseignement très dogmatique de la morale a interdit cette dérive. Aujourd'hui cette Église qui s'est petit à petit ressaisi d'elle-même, après la transe conciliaire, est dans le collimateur du libéralisme mondial. Autrefois on invitait les papes à l'ONU, pour les remercier de leurs inclinations mondialistes. Aujourd'hui l'ONU envoie un blâme public à l’Église catholique, signifiant me semble-t-il qu'elle ne souhaite plus recevoir les leçons de l'Homme en blanc et qu'elle préfère les lui administrer préventivement. C'est que le libéralisme, cette dictature de la liberté individuelle, est structurellement intolérant pour quiconque doute de son postulat unique. Tant que l’Église prétendra enseigner une vérité, elle sera l'adversaire. 
    Abbé G. de Tanoüarn monde & vie 18 mars 2014