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culture et histoire - Page 1669

  • Ernst Jünger, un anarchiste conservateur droit dans ses bottes

    On croyait connaître l'écrivain inspiré, le soldat héroïque, le voyageur impénitent, l'entomologiste passionné... Sous la tenue et la retenue du seigneur des lettres allemandes, une belle biographie révèle les tourments d'un homme blessé.
    Deux photos peuvent résumer une vie. La première, prise à la fin de la Première Guerre mondiale, dévoile un officier arborant l'ordre Pour le mérite, la plus haute décoration militaire allemande, créée par Frédéric II. Le jeune homme, "pas très grand, mince, se tenant bien droit, visage étroit comme coupé au couteau", sera le dernier à la porter, puisqu'il meurt à près de 103 ans, en 1998. Son nom : Ernst Jünger, guerrier exceptionnel, grand écrivain, collectionneur d'insectes facétieux, voyageur au coeur aventureux.
    Sur le second cliché, il est âgé de près de 90 ans, aux côtés d'un autre individu de taille modeste, François Mitterrand, président de la République française, et du chancelier allemand Helmut Kohl, "le géant noir du Palatinat". Les trois hommes célèbrent la réconciliation franco-allemande, à Verdun, le 22 septembre 1984.
    Quel homme incarne mieux le XXe siècle qu'Ernst Jünger, héros de Grande Guerre et symbole de l'Europe nouvelle et pacifiée ? Ernst Jünger. Dans les tempêtes du siècle, c'est précisément le titre de la biographie que lui consacre Julien Hervier, meilleur spécialiste français de l'auteur d'Orages d'acier.
    Quelque chose chez Jünger ne passe pas, en France : cette rigidité, cette maîtrise, qui fait prendre cet Allemand de tradition catholique (mais athée), aux origines paysannes et ouvrières, pour l'archétype de l'aristocrate prussien protestant, le junker. Sans doute y a-t-il méprise.

    "Une dure et froide sincérité, une sobre et sévère objectivité"

    Selon Ernst Niekisch, instituteur marxiste et chef de file du "nationalbolchevisme" - l'un des multiples courants rouge-brun qui saperont la république de Weimar -, familier de l'appartement-salon berlinois de Jünger, où se côtoient artistes fauchés, demi-soldes aux abois et aventuriers en tout genre, "sa distinction ne repose pas sur un privilège social, mais directement sur le contenu intime de son être : il fait partie de ces rares hommes qui sont absolument incapables de bassesse. Celui qui pénètre dans la sphère où il vit entre en contact avec une dure et froide sincérité, une sobre et sévère objectivité, et surtout, un modèle d'intégrité humaine."
    Pour son biographe, Jünger est d'abord victime de sa monomanie : "l'obsession de la tenue", qu'il s'agisse de posture, maintien, aspect, fermeté, dignité, "surmoi", fruit d'une "anthropologie personnelle" élaborée pendant la Grande Guerre au contact du genre humain. Car le jeune soldat de 1914, nostalgique "de l'inhabituel, du grand péril", saisi par la guerre "comme [par] une ivresse", adoptant un flegme fataliste à l'épreuve du feu, vieillit d'un siècle en quatre ans et quatorze blessures, comme l'illustrent ses Carnets de guerre 1914-1918, qui viennent d'être traduits. Et y perd ses illusions.
    "Là où un homme est monté jusqu'à la marche presque divine de la perfection, celle du sacrifice désintéressé où l'on accepte de mourir pour un idéal, on en trouve un autre pour fouiller avec cupidité les poches d'un cadavre à peine refroidi." La vieille chevalerie est morte, la guerre moderne est menée par des techniciens et la transgression est au coin de la rue. Lors de son bref séjour sur le front, dans le Caucase, en 1942, apprenant par la rumeur les exactions de la Wehrmacht contre les civils, "la Shoah par balles", il est "pris de dégoût à la vue des uniformes, des épaulettes, des décorations, des armes, choses dont [il a] tant aimé l'éclat ".
    Le "junker", soldat héroïque d'un autre temps, était-il finalement modelé pour la guerre? "Lorsque je me place devant mes soldats [...] je constate que j'ai tendance à m'écarter de l'axe du groupe; c'est là un trait qui dénote l'observateur, la prédominance de dispositions contemplatives." L'aveu. Le guerrier se rêve hors de la ligne de mire et du champ de bataille. On le lui reprochera suffisamment.
    Pourquoi ne s'engage-t-il pas aux côtés des officiers instigateurs du complot du 20 juillet 1944 contre Hitler, alors qu'il est en plein accord avec eux ? Parce qu'il réprouve les actes terroristes. C'est au nom du même principe, que, militant nationaliste, il refuse, en 1922, de se joindre au corps franc qui assassine le ministre des Affaires étrangères, Walther Rathenau. Question de tenue. Jamais la fin ne justifie les moyens. Il le dira noir sur blanc aux nazis qui multiplient les appels du pied : "Ce n'est pas [...] une caractéristique majeure du nationaliste que d'avoir déjà dévoré trois juifs au petit déjeuner."

    Hitler et Brecht pour anges gardiens

    Jünger est sans doute le seul homme à avoir été protégé à la fois par Adolf Hitler, lorsque les nazis veulent liquider cet "officier méprisant", et par Bertolt Brecht, quand ses camarades communistes veulent en finir avec ce "produit de la réaction". Qui peut bien être ce diable d'homme protégé par de tels anges gardiens? Un de ses biographes allemands l'a qualifié d'"anarchiste conservateur".
    Jünger est à fois un homme d'ordre et en rupture de ban. Lorsque, à peine âgé de 16 ans, il s'engage dans la Légion étrangère, c'est pour déserter à Sidi Bel Abbes et emboîter le pas de Rimbaud dans de nouveaux Jeux africains. Lorsque, après la guerre, il expérimente les drogues - auxquelles, blessé à la tête, il a goûté, dès 1918 - auprès d'Albert Hofmann, l'inventeur du LSD, c'est sous contrôle médical.
    Au fond, Jünger-le-corseté déteste la politique, les organisations et la technique. Il abhorre le nihilisme des nazis et celui de Céline, dont il dresse un portrait accablant dans ses Journaux parisiens. Pour venir à bout du Mal, il mise sur la liberté - celle du hors-la-loi scandinave du Traité du rebelle -, sur Eros (l'amour est l'adversaire du Léviathan) et la création artistique.
    Lors des terribles ébranlements politiques dont il est témoin, Jünger ressent "une grande sensibilité sismographique", mais il ne se départit pas de son rôle de spectateur. Depuis l'enfance, il se réfugie dans les livres et la nature. Le sentiment, alors éprouvé, que "la lecture est un délit, un vol commis contre la société" ne l'a jamais quitté.
    Il lit partout et par tous les temps. Sous les déluges d'obus, "alors qu'avec effroi tu penses que ton intelligence, tes capacités intellectuelles et physiques sont devenues quelque chose d'insignifiant et de risible", il avale les grands Russes, Gogol, Dostoïevski, Tolstoï, et les Aphorismes sur la sagesse dans la vie, de Schopenhauer.
    Sa passion pour les insectes, métamorphosée au fil du temps et des désillusions en entomologie, leur étude scientifique, nourrit ses Chasses subtiles. Les cicindèles, sous-groupe des coléoptères, ont sa préférence. L'une de ces créatures porte d'ailleurs son nom : Cicindela juengerella juengerorum.

    Ecologiste avant l'heure, il balance entre action et contemplation

    A partir des années 1950, il parcourt la planète, attentif aux bonnes nouvelles - fécondité inépuisable du monde naturel, pertinence des techniques primitives - comme aux mauvaises : dégâts du tourisme de masse, suprématie du béton, règne bruyant des moteurs. Les réflexions de cet écologiste avant l'heure - les Verts allemands le détestent - alimentent les cinq tomes de Soixante-dix s'efface, son oeuvre ultime.
    Et si, finalement, la clef de cet homme balançant entre action et contemplation se logeait dans son combat contre la dépression - aux pires heures de l'Allemagne, à la mort, en uniforme, de son fils aîné, en 1944 à Carrare, et après guerre, à la suite du suicide du cadet - et contre une Sehnsucht insondable ? Son éditeur Michael Klett en émet l'hypothèse à l'enterrement de l'écrivain. "Lors de coups d'ailes plus légers de l'ange de la Mélancolie, ajoute-t-il, il se plongeait dans la contemplation d'une fleur, s'épuisait en d'interminables promenades ou s'imposait un emploi du temps rigide quasi digne d'un ordre mystique." Ainsi était Ernst Jünger. Mais il n'en a jamais rien dit. Question de tenue.

    Emmanuel Hecht http://www.voxnr.com/cc/dt_autres/EFAEZuuuulCyATXnGH.shtml

    Notes : Ernst Jünger. Dans les tempêtes du siècle, par Julien Hervier. Fayard, 540 p., 26 €.
    Carnets de guerre 1914-1918, par Ernst Jünger. Trad. de l'allemand par Julien Hervier. Bourgois, 576 p., 24 €.

    Source: L'express : http://www.lexpress.fr/culture/livre/ernst-junger-un-anarchiste-conservateur-droit-dans-ses-bottes_1314719.html

  • La Révolution "française", complot maçonnique

    Adam Weishaupt

    "C’est depuis Francfort, haut-lieu de l’Illuminisme contrôlé par la Maison Rothschild, que fut initialement complotée la révolution française de 1789.

    En effet, en 1782 se tint un important convent maçonnique à Wilhelmsbad. Alors bras droit de Weishaupt, l’Illuminé Knigge y prit part avant de se séparer de lui car épouvanté par ses projets. Présidé par le général prussien Ferdinand de Brunswick, ce congrès réunit des francs-maçons venus de l’Europe entière durant six mois.

    Délégué à Wilhelmsbad, le Comte de Virieu dira à son retour qu’« il se trame une conspiration si bien ourdie et si profonde qu’il sera bien difficile à la religion et aux gouvernements de ne pas succomber. » Plus tard en 1784, se réunit la Grande Loge Eclectique -fondée par Knigge- où fut décidée la mort de Louis XVI mais aussi celle du Roi de Suède Gustave III intervenue en mars 1792.

    Officiellement fondée en 1717 et puisant son origine à Londres, la franc-maçonnerie concentra ses efforts sur la France à la fin du XVIIIème siècle.

    La secte joua un rôle crucial lors de ces évènements sanguinaires, notamment un certain Mirabeau au tout début de la conspiration. Ce dernier fut le pion de prêteurs d’argent comme Moïse Mendelsohn qui le manipula. Endetté et sous contrôle, Mirabeau fut ensuite initié à l’Illuminisme de Weishaupt.

    Ce même Mirabeau était chargé de monter, en sous main, le Duc d’Orléans Philippe Egalité -grand maître du Grand Orient- contre son cousin le Roi Louis XVI. Les deux conspirateurs, francs-maçons haut degré, s’efforcèrent d’appliquer le plan de subversion illuministe. L’Illuminisme ayant alors conquis idéologiquement la franc-maçonnerie du Grand Orient elle-même créée en 1773.

    La Monarchie française était dans le même temps infiltrée de toute part, les idées nouvelles ayant séduit une large frange de l’aristocratie. L’armée se trouvait elle aussi sous la domination maçonnique par le biais des loges militaires alors que la propagande était le domaine du Duc de la Rochefoucauld, Condorcet et Sieyès."

    Johan LivernetteSynthèse du mouvement révolutionnaire mondial (2012)

    Source

    http://lacontrerevolution.wordpress.com/2014/01/07/la-revolution-francaise-complot-maconnique/#more-1702

  • 6 février 1934 : 80 ans après, l’Action française bouge encore

     

    Avec un effort louable d’information et une bonne dose de ... désinformation...

    Où l’on y apprend que l’AF « promeut le retour aux provinces de l’Ancien Régime, avec leurs parlements régionaux. » Même Maurras, en 1898, dans L’Idée de Décentralisation, juge déjà les anciennes provinces dépassées ! Et le retour au carrosses, aussi ?

     

    « Je t’emmerde ! » La dernière saillie de Manuel Valls a beaucoup fait parler d’elle, dans la presse et les couloirs du Palais-Bourbon. Le ministre de l’intérieur répondait au député UMP Pierre Lellouche qui lui reprochait d’avoir fait un parallèle entre la situation actuelle et celle de l’Europe d’avant-guerre. Dans une interview au JDD, Manuel Valls dénonçait alors une fronde d’« anti-républicains » et un climat comparable a celui des années 30, de la part d’une partie de la droite qu’il qualifiait de « réactionnaire ». Cette polémique a éclaté deux jours avant la commémoration des 80 ans d’un événement historique un peu oublié : le 6 février 1934.

    (Photo : D.R.)Ce jour-là, dans un contexte de crise politique et économique, auquel il faut ajouter un très fort anti-parlementarisme, environ trente mille anciens combattants et membres de ligues d’extrême droite, rassemblés place de la Concorde, tentent de marcher sur l’Assemblée nationale. La répression policière qui s’ensuit fera 15 morts et 2.000 blessés. La « crise du 6 février 1934 », comme on l’appelle encore, entraînera la chute du gouvernement Daladier et marquera longtemps aussi bien l’imaginaire collectif que l’histoire politique française. [...]

    La suite sur Fait religieux

  • Théorie du genre – La vidéo du défi lancé par Civitas à Vincent Peillon déjà vue par plus de 100.000 Français

  • Farida Belghoul sur Meta TV – Libre Antenne du 31 janvier 2014

  • La reculade sur la loi famille était manigancée

    Lu sur France Catholique :

    "Ainsi donc, au soir d’une nouvelle grande Manif pour tous, on apprend que le gouvernement renonce à présenter son projet de loi Famille, après qu’il avait fait savoir plus tôt dans la journée qu’il s’apprêtait à refuser tout amendement sur la PMA et la GPA...

    On voit bien des raisons possibles à une telle reculade. Mais il faut admettre qu’on n’y comprend goutte.

    Ce débat sociétal arrangeait jusqu’à présent la gauche parce qu’il divisait une droite sans conviction et mettait en particulier (mais pas seulement) l’UMP face à ses cruelles contradictions morales. Est-ce que maintenant le risque de division allait atteindre la gauche elle-même ? Oui sans doute à entendre quelques porte-parole des Verts en particulier. Il est certain que pour un François Hollande "président normal", qui avait prétendu vouloir une société apaisée, il était temps de mettre la pédale douce... Mais pourquoi ne s’en est-il pas rendu compte plus tôt ?

    Une autre hypothèse est que tout cela était prévu, manigancé, dès le premier jour. J’invite nos amis à lire l’essai de Philippe Arino (L’homophobie en vérité) qui a eu quelques éclairs de génie à ce sujet. Quand on voit comment les choses se passent aujourd’hui, on se dit qu’il est peut-être le seul à avoir vu clair depuis plusieurs mois.

    François Hollande se permet une habileté pour démobiliser un adversaire décidément trop mobilisé à quelques semaines des élections municipales et européennes. En fait, cela ne change sans doute rien sur ses objectifs profonds. La GPA n’est-elle pas déjà sur les rails grâce à la circulaire Taubira "régularisant" l’état civil des enfants commandés à des mères-porteuses à l’étranger... La PMA n’est-elle pas déjà inscrite dans la jurisprudence européenne (sur le mode de la "non-discrimination") à partir du moment où le mariage pour tous est passé dans la loi française ? Loi Famille ou non, la démolition de la famille est en bonne voie.

    Le seul problème de cette stratégie machiavélique, c’est que les militants socialistes ne sont pas tous assez subtils pour la comprendre. Alors il faut la leur expliquer pour les calmer. Et c’est le tout aussi peu subtil Valls qui s’en charge. Du coup la manœuvre est mise à nu devant tout le monde. Oui ce gouvernement, qu’il avance ou qu’il recule... se moque ouvertement du monde... Combien de temps cela peut-il durer, même avec la complicité de quasiment tous les médias ?"

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Non, le nationalisme n’est pas un péché

    Renaissance catholique a organisé son université d’été du 14 au 17 juillet 2007 dans le cadre magnifique de Grand’Maisons à Villepreux, autour du thème : Le nationalisme est-il un péché ?, thème actuel, puisqu’en face des assauts socialistes et mondialistes, ce terme a toujours mauvaise presse, en Europe tout au moins.
    Après le mot de bienvenue de Jean-Pierre Maugendre, président du mouvement, qui salua le rappel à Dieu de Daniel Raffard de Brienne décédé le 7 juillet, après avoir appris la parution du motu proprio concernant l’officialisation de la messe de saint Pie V, dont il avait fait l’un des combats de sa vie, il appartenait au professeur Claude Rousseau de poser la question sur le plan philosophique : « Qu’est-ce qu’une nation ? ». Une nation, c’est un peuple qui a pris conscience de lui-même et qui a accepté des lois, c’est-à-dire qui a construit un État. L’homme étant un être fini, la philosophie traditionnelle pense que les nations sont indispensables pour que chacun puisse aimer son prochain. Seul Dieu peut aimer tous les hommes. Comme disait Maurras, qui fut souvent cité durant ces quatre jours, la nation est d’abord une « amitié ». C’est pourquoi l’Église traditionnelle et les papes ont toujours défendu un nationalisme sain.
    Michel De Jaeghère a posé ensuite la question de savoir qu’elle avait été la raison du conflit entre le christianisme primitif et l’empire romain, autrement dit les persécutions contre les chrétiens avaient-elles des raisons politiques ? Le christianisme a-t-il hâté la chute de Rome ? À ces deux questions il a répondu par la négative. On dit toujours que c’est à cause du monothéisme et de leur refus d’adorer l’empereur et les idoles que les chrétiens furent persécutés, mais on oublie que les Juifs étaient dans le même cas qu’eux et ils furent tolérés...
    Mondialisme et islamisme
    Le mondialisme, qui nie la diversité du monde et des peuples est un projet porté aujourd’hui par les États-Unis qui se heurtent à la rivalité de la Chine, et dans une moindre mesure de la Russie. Aussi, comme l’a montré Aymeric Chauprade, l’Amérique veut-elle affaiblir ses rivaux : la Russie en suscitant des révolutions comme en Ukraine ou en Géorgie et en créant un bouclier anti-missiles, l’Europe en la pressant d’intégrer la Turquie, la Chine, en contrôlant toutes les ressources pétrolières. Comme la Russie contrôle à elle seule 25 % des ressources énergétiques, les Américains cherchent à l’opposer à l’Europe.
    En face de ce mondialisme évangéliste on trouve l’islamisme qui est une conséquence de la création de l’État d’Israël, ainsi que du sentiment de revanche que les Arabes ont à prendre à la suite de la longue décadence qu’ils ont subie depuis le XVIe siècle. La décolonisation bâclée qui a ressemblé à une déroute et la déchristianisation consécutive au Concile, ont montré aux musulmans les plus fanatisés que c’était l’heure de la revanche.
    Philippe Maxence a opposé les gallicans et les ultramontains, en soulignant les dangers présentés par les premiers, et en faisant ressortir que l’ultramontanisme est né de la disparition du roi, protecteur de l’Église et “évêque du dehors”. Jusqu’en 1926, l’Action française fit la synthèse entre ces deux tendances, c’est-à-dire entre l’obéissance légitime au pape en matière spirituelle, et l’indépendance en matière politique. Sa condamnation bouleversa ce nécessaire équilibre.
    Il revenait à Me Tremolet de Villers d’opposer le patriotisme d’ancien régime, patriotisme charnel à base d’amour, et le nationalisme révolutionnaire fondé sur l’idéologie, porteur de haines et de guerres depuis plus de deux cents ans.
    Patriotisme et nationalisme
    L’abbé Bruno Schaeffer, en partant des encycliques, a montré que le nationalisme, y compris le nationalisme intégral, est parfaitement compatible avec les enseignements du magistère, car le nationalisme véritable est source de justice et de charité. Il n’y a que le nationalisme exagéré totalitaire, issu de la révolution, qui soit condamné par l’Église.
    Avec son extraordinaire talent, Jean Madiran a parlé de Maurras et du “nationalisme intégral”. Maurras a fait la synthèse politique des différents auteurs contre-révolutionnaires. Il a été le co-inventeur, avec Barrès, du nationalisme français et l’inventeur du nationalisme intégral, c’est-à-dire du nationalisme qui va jusqu’au bout de sa conséquence logique, jusqu’à la monarchie seule capable de sauver la France. Maurras a été hanté en effet par la survie de notre pays.
    Philippe Prévost a ensuite étudié la condamnation de l’Action française en montrant que cette condamnation n’avait obéi à aucune règle de droit, et que ses causes avaient été politiques et non pas religieuses, comme le prouve la levée de la condamnation en 1939. En effet, les prétendus hérétiques de Pie XI ont été réintroduits dans l’Église sans qu’ils aient abjuré leurs erreurs imaginaires. Les archives du ministère des Affaires étrangères confirment cette hypothèse, à défaut de celles des principaux acteurs de cette affaire qui ont, comme par hasard, brûlé ou disparu...
    Philippe Conrad a retracé avec brio la naissance du sentiment national au Moyen-Âge. Les chroniqueurs de l’époque faisaient remonter l’origine des dynasties (mérovingiens, carolingiens et capétiens) aux Troyens à l’exemple des Romains, afin de leur donner plus de lustre. On était loin de la vérité historique, mais on peut se demander si la prise de la Bastille moindre mesure de la Russie. Aussi, comme l’a montré Aymeric Chauprade, l’Amérique veut-elle affaiblir ses rivaux : la Russie en suscitant des révolutions comme en Ukraine ou en Géorgie et en créant un bouclier anti-missiles, l’Europe en la pressant d’intégrer la Turquie, la Chine, en contrôlant toutes les ressources pétrolières. Comme la Russie contrôle à elle seule 25 % des ressources énergétiques, les Américains cherchent à l’opposer à l’Europe. célébrée de nos jours par la république ne relève pas du même genre mythologique.
    « Tous les nationalismes se valent-ils ? » À cette question, Christophe Revillard répondit que, par essence, toutes les nations se valent, mais qu’existentiellement elles sont inégales, tout comme les hommes. Par sa mission chrétienne, sa durée, la France devrait être la première des nations, mais depuis le prétendu siècle des Lumières, notre pays s’épuise à défendre de vaines idéologies. Aujourd’hui, la république repose sur le laïcisme ou les droits de l’hommerie. C’est tout dire !
    Européisme et immigration
    C’est en vertu de ces absurdités que la France est rongée par l’immigration, comme le fit ressortir Jean-Pierre Maugendre. Depuis le regroupement familial, les étrangers peuvent venir pour s’installer, pour profiter, voire pour nous coloniser. Les Français de souche se sentent progressivement remplacés par des peuples venus de partout. Il faudrait supprimer de toute urgence le droit du sol et la double nationalité qui constituent un véritable scandale.
    Enfin et très brillamment, Bruno Gollnisch a montré que l’Union européenne était une construction anti-nationale à cause de l’extension infinie de ses compétences, de la création d’une citoyenneté européenne destinée à remplacer les citoyennetés nationales, de l’utilisation d’un régionalisme dévoyé, de l’insertion dans le mondialisme et du mépris des peuples, ce qui est congénital à la démocratie. Ainsi, après le rejet de la constitution européenne Mme Merkel déclara : « Gardons la substance, mais changeons les mots ». Ainsi ne parle-t-on plus de constitution, mais de traité simplifié, alors que l’essentiel de la constitution s’y trouve. On ne fait plus référence aux symboles européens, mais ils sont toujours là. De même, on fait référence à la charte des droits, bien qu’elle n’apparaisse plus dans le traité. Le ministre des Affaires étrangères disparaît au profit d’un haut représentant... L’Union européenne joue contre l’Europe car elle refuse toute définition de ses frontières et toute référence au christianisme.
    Signalons enfin qu’un remarquable DVD Gaston fut projeté le 15 juillet. Ce DVD raconte le drame d’un retraité, qui ne parvient plus à vivre en paix dans son village, envahi par des Marocains qui font régner la terreur. Exaspéré, il tire sur cinq d’entre eux et les blesse. Incarcéré, il se suicide deux jours plus tard. On peut acheter le DVD pour 20,00 euros plus 4 euros de frais de port auprès de D.P.F., 86190 Chiré-en-Montreuil.
    On peut féliciter les organisateurs, en particulier Jean-Pierre Maugendre et Michel De Jaeghère, pour la réussite de ces quatre journées qui ont vu passer plus de trois cents personnes.
    Yves Lenormand L’Action Française 2000 du 2 août au 5 septembre 2007