Dans un ouvrage, le ministre de l'éducation nationale Vincent Peillon écrit « La révolution implique l'oubli total de ce qui précède la révolution. Et donc l'école a un rôle fondamental, puisque l'école doit dépouiller l'enfant de toutes ses attaches-pré-républicaines pour l'élever jusqu'à devenir citoyen. Et c'est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l'école et par l'école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelle tables de lois ». Dans cette phrase caractéristique de l'esprit des Lumières on prône donc l'oubli total de ce qui précède, de dépouiller l'individu de son passé, de tout ce qu'a transmis la famille, pour créer un citoyen c'est à dire un homme nouveau conçu par l'État et conforme à l'idéologie républicaine.
Laurence Rossignol, sénatrice PS déclarait : « Les enfants n'appartiennent pas à leurs parents, ils appartiennent à l'État ». Les anti-Lumières, sans être explicitement des défenseurs de la famille, s'opposent radicalement à cette nouvelle vision de l'homme, c'est à dire créer un homme abstrait coupé de tout aspect charnel et de toute tradition et historicité comme Platon créait un monde des idées en se coupant du monde sensible. Pour les anti-Lumières l'homme appartient charnellement à une communauté historique de la terre et des morts, du sang et du sol.
Ce débat feutré entre intellectuels et universitaires prend une tournure radicale sur le plan politique. L'Étude des anti-Lumières permet d'approfondir par symétrie les idées des Lumières. Pour les tenants actuels des Lumières, la France commence à la révolution, puisque selon leur idéologie on fait table rase du passé, et on ne l'appelle pratiquement plus que la République. La pensée des anti-Lumières a été essentiellement une pensée réactive dans un premier temps contre la révolution française pour ensuite fonder l'idée d'un nationalisme moderne.
Globalement les anti-Lumières s'opposeront à l'idée de raison, cette dernière n'ayant été jamais vraiment définie, si ce n'est l'opposer aux préjugés et à la tradition. L'histoire a montré qu'on a tué massivement au nom de la Raison surtout lorsqu'elle était synonyme de sens de l'Histoire. Les anti-Lumières défendront les préjugés, l'autorité, la tradition, la hiérarchie, l'historicité, le plus souvent la religion même si la plupart de ceux-ci n'étaient guère croyants si l'on excepte le pasteur Herder. Ils vomiront tous la démocratie et l'idée d'égalité entre les hommes. Nietzsche a été un cas à part par son combat contre la religion et a été sans doute le plus talentueux pour ridiculiser l'idée d'égalité. Il associait dans le même mépris christianisme et démocratie.
Edmund Burke
Ce philosophe et politique irlandais a considéré la Révolution française comme la plus grande catastrophe de son époque. Il a développé son analyse dans « réflexion sur la Révolution de la France ». Burke a fait aussi une apologie de l'Ancien Régime. On ne peut faire atteinte à un ordre établi par l'Histoire.
Burke n’a pas de mots assez durs contre cette révolution qui.veut « l'extirpation de la religion ». Il faut donc que les puissances chrétiennes abattent « le mauvais génie qui s'est saisi du corps de la France ». En 1789 la peste s'est installée en Europe. Le philosophe rejette l'idée du contrat social prôné par Rousseau. Pour ce grand conservateur, il faut impérativement préserver la hiérarchie sociale et la tradition. On ne fonde pas un système politique sur une raison abstraite et de plus mal définie. Il faut faire confiance aux constructions historiques de chaque peuple.
Herder
Ce pasteur Luthérien allemand n'a pas fait que geindre sur la révolution française et a fondé les bases du nationalisme. Son christianisme ne l'a pas empêché de défendre un germanisme virulent. En termes jungiens on peut dire qu'il a exprimé l'inconscient collectif allemand ou germanique où la supériorité du Germain ou des races nordiques semblait aller de soi. Il fait l'apologie de l'idée du peuple qui doit être préservé. Herder critique bien sur la raison desséchante face à la vitalité de l'instinct.
Sa pensée pro-allemande devient même très anti-française sur le plan politique et même vis à vis du classicisme français.
Le pasteur défend le préjugé qui vient de la tradition. L'ancien élève de Kant défend le sentiment religieux qui est devenu honteux pour les Lumières. Une nation doit conserver sa religion, sa langue, ses traditions... L'homme est le produit de ses ancêtres et non pas des institutions. La culture est première selon Herder. Toutes ces idées fonderont le nationalisme allemand et même français. Ces deux nationalismes se croiseront sans cesse au cours de l'Histoire. Maurras à la différence de Herder verra la supériorité de la culture gréco latine, mais le fond idéologique est semblable. L'Allemand a fondé l'historisme. Les ennemis de la pensée herderienne sont Voltaire, Rousseau et en Allemagne bien sur son ancien professeur Kant et ses valeurs universelles. Herder comme Burke dénonce l'universel au nom du particulier. Sa haine contre Voltaire vient aussi du fait que le Français était l'incarnation du rationalisme et de l'athéisme de plus anti-chrétien ce qui ne pouvait que révulser le pasteur. « Voltaire est le représentant typique de l'esprit philosophique de la modernité idéologique et de son corollaire, la décadence française ? La sénilité du XVIIIème siècle philosophique s'exprime dans la culture française de son temps, symbole en voie de dépérissement de tout un monde, un monde où « on raisonne », où on publie des dictionnaires et des encyclopédies, le monde d'un « esprit abstrait ! Philosophie à l'aide de deux idées, la chose la plus mécanique du monde ». Le tempérament français « n'est que faux-semblant et faiblesse ».
« La philosophie de la langue française empêche donc la philosophie de la pensée ».
La pensée politique de Herder pourrait s'annoncer ainsi « Aucun humain, aucun pays, aucun peuple, aucune histoire nationale, aucun État n'est pareil à l'autre, par suite donc le vrai, le beau et le bien n'y sont pas pareils. Si l'on ne cherche pas cela, si l'on prend aveuglément une autre nation pour modèle, tout est étouffé ». On a là une définition du relativisme culturel.
Joseph de Maistre
Savoyard puisque la Savoie n'était pas encore française, cet écrivain défendit l'idée du préjugé « digue contre la raison ». Le préjugé vient d'une tradition et préserve un peuple. Il écrivit aussi cette phrase qui deviendra un lieu commun pour la pensée nationale ou nationaliste.
« J'ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes et je sais même grâce à Montesquieu qu'on peut-être Persan mais quant à l'Homme, je déclare ne l'avoir rencontré de ma vie ».
Il critique bien sur l'idée du contrat social de Rousseau. La société n'est pas une somme d'individus. L'individu seul n'est rien. Il faut une Autorité. La société est définit par ses traditions. La Religion par ses croyances communes soude une nation et crée la cohésion d'un peuple. Si les Lumières ont considéré le christianisme comme ennemi de la République, Maistre étant royaliste considère qu'il soutient le pouvoir monarchiste. Maistre est pour la hiérarchie et considère l'égalité comme une utopie néfaste. Il fut une référence pour les royalistes. Honoré de Balzac pour qui « les élections étaient un raz de marée de la médiocrité » fut influencé par le penseur savoyard. Finissons par un extrait écrit dans « Considérations sur la France de 1796 ».
« Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu'on a vu et peut-être de tout ce qu'on verra. Il n'y a plus de prêtres, on les a chassés, égorgés, avilis, on les a dépouillés. Et ceux qui ont échappé à la guillotine, aux bûchers, aux poignards, aux fusillades, aux noyades, à la déportation, reçoivent aujourd'hui l'aumône qu'ils donnaient jadis. Les autels sont renversés, on a promené dans les rues des animaux immondes sous des vêtements de pontifes. Les coupes sacrées ont servi à d'abominables orgies. Et sur ces autels que la foi antique environne de chérubins éblouis, on a fait monter des prostituées nues ».
Ernest Renan
Ce Breton particulièrement brillant et doté d'une immense culture fut reçu premier à l'agrégation de philosophie. Pour lui « l'égalité est la plus grande cause d'affaiblissement politique et militaire qu'il y ait ». « Ne comprenant pas l'inégalité des races... la France est amenée à concevoir comme la perfection sociale une sorte de médiocrité universelle »
Citons encore Renan : « s'il a pu être nécessaire à l'existence de la société, l'esclavage a été légitime ; car alors les esclaves ont été les esclaves de l'humanité, esclaves de l'œuvre divine ».
« La nature a fait une race d'ouvriers, c'est la race chinoise... une race de travailleurs de la terre, c'est le nègre... une race de maitres et de soldats, c'est la race européenne ».
« Le Nègre est fait pour servir aux grandes choses voulues et conçues par le Blanc ».
Renan voit dans le christianisme « non la continuation du judaïsme mais bien une réaction contre l'esprit dominant du judaïsme opéré dans le sein du judaïsme lui-même ».
« L'Islam n'est pas tombé sur une terre aussi bonne (l’Europe) a été en somme plus nuisible qu'utile à l'espèce humaine ».
« L'inégalité est le secret du mouvement de l'humanité, le coup de fouet qui fait marcher le monde ». Pour le Breton qui a été professeur au Collège de France « un pays démocratique ne peut être bien gouverné, bien administré, bien commandé ».
De tout ceci on peut dire que Renan en écrivant ne subissait pas la pression du politiquement correct qui nous terrorise de nos jours. L'écrivain conciliait l'amour de la petite patrie, la Bretagne et de la grande, la France. Il finira par accepter la République plus par patriotisme que par conviction. En écrivant « la vie de Jésus », il se braqua contre l'Église catholique. Il étudia « scientifiquement » Jésus et la Bible. Les laïcards de la république érigèrent un monument en son honneur inauguré par le « bouffeur de curés », le petit père Combes. Les catholiques de l'époque considèrent l'événement comme une provocation.
Dans cette confrontation sur l'idée de l'homme, la philosophie des Lumières s'est imposée en France même si le pays a connu quelques soubresauts. Si les écrivains des anti-Lumières ne sont guère étudiés à l'école de la république il reste toujours la littérature dont vont se délecter tous ceux qui n'ont pas le comportement pavlovien de s'agenouiller lorsqu'ils entendent le mot « démocratie ». En France, les deux écrivains de cette mouvance les plus politiques du dernier siècle furent Barrés et Maurras. Lorsque le Lorrain Barrés écrit : « Aux sources les plus intimes du Moi, ce sont les grandes forces issues du passé que l'on se trouve contraint de reconnaître », son historicisme est à l'opposé de la tabula rasa de l'idéologie républicaine. Maurras quant à lui écrira : « La nation est la plus vaste des cercles communautaires qui soit (au temporel) solide et complet. Brisez-le et vous dénudez l'individu... ». Pour le Provençal, la nation n'est pas une somme d'individus mais les constitue. Cette pensée est dans la lignée des anti-Lumières. L'agnostique Maurras considérait que le catholicisme était nécessaire pour unifier la France.
Actuellement notre république est confrontée au multi-culturalisme et vouloir gommer les particularismes culturels et religieux des allogènes comme on l'a fait pour les nationaux semble bien aléatoire. L'école de la république semble bien fragile face par exemple à un Islam conquérant et sans compromis. La grande lessiveuse de l'école républicaine comme le voulait le ministre de l'éducation nationale ne fonctionne plus comme avant.
PATRICE GROS-SUAUDEAU
culture et histoire - Page 1798
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Les anti-Lumieres
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Ile de France - Rien ne peut guérir ma rage (RIF)
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Mener une guerre culturelle frontale contre la gauche
Minute raconte l'université d'été des militants du Printemps français, qui s'est déroulée du 25 au 31 août. Extraits :
"Visiblement, les adhérents à un parti politique étaient rares. Comme le faisait remarquer sur BFM-TV le politologue Gaël Brustier à propos de ce rassemblement : « Il n’est pas sûr qu’il y ait derrière tout cela un véritable travail électoral. On assiste davantage à un rassemblement de la droite contre-révolutionnaire française, qui veut mener une guerre culturelle frontale contre la gauche pour faire basculer le pays à moyen terme. » Il existe en effet une réelle distance, voire de la défiance, de la part de ces jeunes envers l’UMP, l’UDI ou le FN. [...]
L’intellectuel organique du mouvement nous est clairement apparu comme étant Gérard Leclerc, l’éditorialiste politique de Radio Notre-Dame et de « France catholique », qui s’est attaché des heures durant à comparer ce mouvement à celui de Mai 1968, non tant pour les opposer sur le plan des idées, mais pour montrer que les deux relevaient de ce que Maurice Clavel appelait des « révoltes de l’esprit », capables de modifier en profondeur la société soit en bien, soit en mal. Selon Gérard Leclerc, le mouvement du printemps 2013 signe le réveil politique de l’Eglise catholique, en ayant balayé définitivement les chimères du progressisme chrétien."
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[Média] Prospectives Royalistes de l’Ouest

Le numéro n° 35 du nouveau journal royaliste unitaire centré sur la région ouest BRETAGNE-LOIRE ATLANTIQUE-VENDEE vient de sortir.
Vous pouvez le télécharger ici
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Fraction - Trois Compagnons
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La bibliothèque de Camille Galic (arch 1988)
Fascinée par l'histoire des civilisations et la linguistique, Camille Galic voudrait savoir jouer de toutes les langues (ancienne élève des Langues Orientales, elle en parle quatre et en lit près d'une dizaine) et affirme ne s'intéresser à la politique que parce que la politique s'est toujours trop intéressée à elle. Française d'Algérie de la sixième génération, on la trouve en mai 58 - l'année du bac - sur le forum d'Alger - pour l'armée, mais contre De Gaulle - et, en mai 68, à la Sorbonne, mais cette fois comme journaliste, à Rivarol. Camille Galic, qui avait choisi le métier de journaliste pour voyager, a bourlingué de l'Albanie au Zimbabwe - qui reste pour elle la Rhodésie. Depuis qu'elle a succédé à Maurice Gaït - qui, avec Lucien Rebatet, lui a « tout appris » comme directrice, rédactrice en chef et éditorialiste de l'hebdomadaire d'opposition nationale et européenne », elle ne quitte plus guère son « placard » des Marais.
Il était une fois... j'avais à la fois une bibliothèque et le temps d'y flemmarder, m'abîmant pour trois jours et trois nuits dans les « Deux Etendards » de Rebatet, à mes yeux le plus grand roman du XXe siècle, et qui devra bien être reconnu pour tel un jour. ou fréquentant dans la même soirée la « Négresse blonde » (« Bérénice, la belle Youtresse ... ») de Georges Fourest, le « Roi Pausole », de l'exquis Pierre Louys et « Trois Hommes dans un bateau », de Jérôme K. Jerôme, tous de très vieux amis.
Fini. J'ai toujours la bibliothèque, mais mes soirées sont occupées par la lecture des quotidiens et des hebdos.
Ma bibliothèque relevant donc du passé (et peut-être de l'avenir), restent les piliers de la table de chevet, ceux qu'on peut abandonner après quelques pages et retrouver avec le même bonheur le lendemain. D'abord, pour les soirs où l'on est vanné, les « livres-cocons », où l'on a l'impression d'avoir appris à lire. Dans mon cas, « Les histoires comme ça » de Kipling, « Les contes du chat perché » ou la « Belle image » de Marcel Aymé, les « Contes d'Andersen », les « Mille et une nuits » (traduction Galland), et la Bible, dont on fuira comme la peste les traductions récentes, privées de toute poésie et illisibles à force de cuistrerie.
Vivent les pamphlets et l'évasion !
À portée de la main, les « Choses vues » du père Hugo et «Hugothérapie» de Cousteau pour dégonfler le mythe du dit Hugo, le «Cyrano» de Rostand et le théâtre de Corneille. Pour se débarrasser des scories laissées par une journée de rewriting, un retour aux sources de la langue s'impose avec « Jacques le fataliste » ou le Gobineau des « Nouvelles asiatiques ». Pour oublier les soucis du lendemain, s'endormir avec « The Inimitable Jeeves », de Sir P.G. Wodehouse, inimitable inventeur d'un univers euphorisant où les membres de la Chambre des Lords se ruinent, non pas pour des danseuses, ce qui serait d'un commun ! mais pour « L'Impératrice de Blandings », « le plus beau cochon du monde » ou pour une vache porte-crème (du Devon). Pour se réveiller gonflé à bloc, en revanche, je conseillerai les «Contre» (« la Bourgeoisie », « la Plèbe », « L'Amour »). où l'essayiste Robert Poulet cède la place au pamphlétaire incisif et, bien sûr. « Les Décombres » : autant Céline me paraît maladif, plaintif, révulsif, autant Rebatet est, pour moi, synonyme de santé, de pétulance ravageuse. Une déferlante !...
S'il arrivait que je me retrouvasse au chômage, ou au contraire embastillée pour overdose de travail, moi qui suis paresseuse comme une couleuvre, je m'évaderais volontiers vers le Vieux Sud en relisant « Autant en emporte le vent », de Margaret Mitchell et, dans la foulée, « Le blanc soleil des vaincus » où Dominique Venner démonte les causes économiques, et non pas humanitaires comme on voulut le faire croire, de l'agression nordiste contre le Dixie. Evasion aussi avec la série des «Rêves» de Benoist-Méchin et, en compagnie de Michel Peissel, vers les royaumes tibétains «Mustang», «Ladakh» ou de t'Serstevens, merveilleux «inviteur» au voyage.
Autre relecture espérée : « Le Seigneur des Anneaux », où J.R.R. Tolkien, né en Afrique du Sud, a créé, à partir des mythes nordiques et celtiques, une cosmogonie fascisante. Et morale : les bons - les Elfes - y sont beaux et blonds, les méchants - Orques ou Goblins - noirs et laids. On devrait distribuer le «Seigneur» dans tous les carnavals des potes, comme, en mai 68, on aurait dû distribuer « L'éducation sentimentale » de Flaubert à tous les «enragés» pour leur faire mesurer le ridicule des révolutions bourgeoises.
Beaucoup plus sensible au style d'un écrivain qu'à ses bonnes intentions ou à l'intrigue de son roman, je confesse un grand faible pour Anatole France : « L'Ile des dauphins », « La révolte des anges » sont pour moi des maîtres-livres, comme « L'Europe buissonnière » de Blondin «( quand Supervielle vit un nègre, il sut qu'il était à Paris» : ça date de 1953 !), « L'été finit sous les tilleuls », de Kléber Haedens ou « Le petit canard », de Jacques Laurent, petits ouvrages parfaits comme des œufs : on ne pourrait rien en retrancher, rien y ajouter. Une mention spéciale aussi au « Roman Branchu » de Pierre Gripari, chef-d'œuvre de funambulisme littéraire, et aux « derniers feux » de Monteilhet, sur l'Inquisition.
L'excellent Monsieur Grévisse
Sur l'Occupation, le roman qui m'a le plus émue reste « Mon royaume pour un cheval », de Michel Mohrt. Le grand roman sur l'Algérie reste à écrire, mais il est difficile de garder les yeux secs en lisant « Je ne regrette rien » (sur feu le 1" REP), de Sergent.
Et puis, relire les grands Anglais. Fielding «Tom Jones », Jane Austen, Thackeray (« La foire aux vanités », et le cruel et délicieux « Livre des Snobs ») et, bien sûr, Gibbon et Toynbee.
Voilà. Ayant fait le tour de cette bibliothèque si longtemps désertée que certains rayons m'ont sans doute échappé, je m'avise que je garde en mémoire bien peu de livres politiques, et aussi fort peu d'« ouvrages de dames », ce qui est un comble pour une femme. Pour me faire pardonner ce sexisme, j'ajouterai donc que Dame Agatha Christie est ma tasse de thé (quand je prendrai ma retraite, j'aimerais bien faire un mémoire d'anglais sur la hiérarchie raciale dans l'univers christien), que la seule bande dessinée que j'aie jamais été fichue de lire est « Au fil de l'Achéron » de Pscharr - autrement dit Chard, la meilleure dessinatrice et caricaturiste politique - pardon, cher Pinatel ! - à l'heure actuelle ; et que les romans de Geneviève Dormann réservent souvent d'excellentes surprises.
Mais je donnerais tout Yourcenar pour une encyclopédie Larousse, tout Giroud pour le « Who's Who » (encore une Bible), tout Desforges pour les grammaires de Grévisse et de Géorgin, et tout Duras pour les «Dictionnaires» d'Henry Coston. Bon, revoilà la politique !
National Hebdo du 16 au 22 juin 1988 -
Le "Non !" des tradis à la républaïque (arch 2005)
Douze cents auditeurs enthousiastes applaudissant debout la conférence de Michel de Jaeghere consacrée à La Christianophobie contemporaine puis l’analyse de La Loi de 1905 par l’abbé de Tanoüarn, quinze cents curieux se bousculant joyeusement entre les stands de toutes les tendances de la tradition catholique, du "choeur Montjoie Saint Denis" au "Forum Catholique" en passant par "Sensus Fidei", "Duquesne Diffusion", "SOS Tout-petits", la "bibliothèque Jeanne d’Arc" et dix autres. Les deux images donnent la mesure du succès emporté par le Congrès sur la Laïcité qu’à l’appel de S.A.R. le Prince Sixte Henri de Bourbon Parme, les Cercles de Tradition de Paris(1) avaient reuni à la Mutualité le 6 février dernier.L’objectif était de répondre fermement aux fines allusions maçonniques d’un Chirac évoquant la "colonne du temple républicain" que serait la laïcité en secouant, cent ans après la funeste loi de 1905, le joug de plus en plus pesant de la cathophobie politique et en rendant la parole à tous les catholiques qui ne se résignent pas aux silences de l’Eglise conciliaire mais aussi parfois, tradi.
Balayant par un clair courant de bonne humeur les réticences bécassonnes de certains, cette manifestation a rappelé par sa tenue, sa profondeur, sa parfaite organisation mais aussi sa souriante simplicité les journées fameuses des universités d’été de Renaissance catholique(2).
On reconnaissait d’ailleurs dans la foule, parmi les visages avenants des habitués autour des stands de la presse amie (Présent joliment représenté par sa directrice Jeanne Smits en famille, Certitudes, Minute, Monde et Vie, l’AF et bien entendu Le Libre Journal et sa directrice Danièle de Beketch), l’abbé Laguerie, l’abbé Aulagnier qui signait son livre "la Tradition sans peur", Anne Brassié, Alain Sanders, François Foucart.
Tout ce monde était venu, à l’invitation de l’historien Christophe Mahieu, écouter les orateurs rappeler les origines et dévoiler les ressorts cachés de la Loi de 1905 dont la république citoyenne et grand-orientale va célébrer le centenaire.
Après une ouverture en fanfare assurée par un très beau film consacré à sainte Jeanne d’Arc et par un exposé du brillant écrivain qu’est Yves Amiot sur La Loi de 1905, point d’orgue de l’anticléricalisme républicain, Maxence hecquart (qui, l’après-midi, devait donner une très belle conférence) avait réuni l’abbé Claude Barthe, mesuré à son habitude, le très... passionné Daniel Hamiche de Radio Courtoisie, le magistral Olivier Pichon, historien et directeur de Monde et Vie, le directeur de la rédaction du Libre Journal et l’abbé Prieur qui dans un bref mais magnifique exposé apporta la réponse aux menées des ayatollahs du laïcisme : la royauté de Notre Seigneur.
Puis Michel de Jaeghere livra, en avant-première, les conclusions de son Enquête sur la christianophobie contemporaine, travail remarquable d’intelligence de finesse et de passion qui valut à son auteur ce que l’on appelle en d’autres lieux une "standing ovation". Rassurons les amateurs pressés qui en cherchaient fébrilement le texte de stand en stand : cette enquête sera publiée prochainement par Renaissance Catholique.
L’après midi, Philippe Pichot-Bravard, historien, rappela La première Séparation de l’Eglise et de l’Etat : 1795, Aymeric Chauprade, géopoliticien, et Philippe Conrad, historien confrontèrent leurs réponses à la grande question de ce début de millénaire : Le choc des civilisations est-il inévitable ? John Laughland et Christophe Reveillard livrèrent leur point de vue sur l’affaire de L’Euro-club chrétien qui conduisit récemment la Commission de Bruxelles à exclure le pourtant bien falot Rocco Buttiglione, jugé trop catholique.
Puis l’abbé Guillaume de Tanoüarn, toute verve déployée, livra Les Significations de la Loi de 1905 et l’organisateur de cette journée parfaitement réussie, le jeune mais talentueux Christophe Mahieu, résuma le triple non de la France catholique au mondialisme cathophobe :
Non, M. Chirac, la laïcité n’est pas l’une des « colonnes du Temple » de notre République !
Non, M. Sarkozy, la « laïcité positive » ne doit pas mener l’Etat français à subventionner les mosquées et à fermer les églises.
Non, M. Barroso, l’Europe ne sera pas un club antichrétien.
Le Libre Journal http://www.france-courtoise.info/05/342/page.php?id=13nou -
De toute ma haine mais aussi de mon amour...
J’ai bien souvent l’impression que je n’en ai plus pour longtemps. Depuis quelques années je suis en situation de réelle réussite. Pourtant, le monde contemporain est toujours, et son existence ostentatoire est une injure à mon Etre. Chaque fois que je sors de ma tanière – pour la première fois peinte avec des murs ornementés par des agrandissements d’images picorées sur internet dans lesquelles je me reconnais – je ressens l’altérité d’un monde qui m’est hostile.
Tout à l’heure, je suis passé par un bureau de poste où j’ai vu une femme mince et enceinte, le ventre proéminent et non voilé, injure au bon goût. Il en est de même des piercings, instruments érotiques, qui viennent bien souvent attirer le regard sur un bide graisseux. L’idée majeure que les arabes ou les noirs soient le problème majeur m’insupporte. Qu’ai-je à faire d’eux sachant que je ne suis ni arabe, ni noir ? En revanche, ce qui m’embarrasse vivement, c’est le fait que les Français – mais aussi tous les peuples européens – ont trahi l’Europe pour l’occident. Le fait n’est pas récent et il ne faudrait donc pas mettre en cause le jeunes avec l’éternelle ritournelle. Je puis assurer le lecteur que ma génération – je suis né au milieu des années soixante – était déjà vérolée. C’est peut être au demeurant Louis Pauwels qui la le mieux qualifiée : « génération du rock débile et du Sida mental ». En ce sens Jeune, n’hésite pas à le faire savoir à ton aîné dès lors où ce dernier te dépeindrait une France à l’époque préservée. Quelque part, ils sont, les Anciens, responsables de la catastrophe que nous vivons. C’est en effet depuis 1984 que le Front National est connu de tous. Cependant, si les suffrages ont doublé – un succès – ils ne sont aujourd’hui que 20% à apporter leur suffrage. Mais que font donc les autres ?
Elève bien peu scolaire en terminale C, je suivais des études afin d’obtenir un baccalauréat polyvalent, bien à tort qualifié de scientifique. La meilleure preuve en est que si reçu en « maths sup », je le fus aussi en hypokhâgne. Aujourd’hui, le bac S ne permet plus cette polyvalence, baccalauréat scientifique et technique qu’il est. On peut y voir d’ailleurs une chute, les esprits universels étant devenus techniciens, simples spécialistes de leur discipline, sans donc ouverture d’esprit. Les élèves de ma terminale C étaient à mes yeux des buses, incarnant totalement le nouvelle France, celle qui nie au quotidien son essence. Membre de l’élite, ces élèves exercent aujourd’hui des responsabilités importantes – et ils doivent très bien le faire – avec tout ce que cela peut comporter de dangereux pour l’idéal qui est le nôtre. S’ils étaient scolaires et polis, force est de constater qu’ils étaient dans l’incapacité de répondre aux questions qui n’étaient pas au programme. Encore et toujours le positivisme. A titre d’exemple, baise-main et baise-pied sont conformes au bon goût français. Quant à la bitte dans la chatte, même les animaux y ont accès. Et bien évidemment, il y a un lien majeur entre une pseudo-élite très spécialisée et technicienne et l’efficacité non désintéressée de « la bitte dans la chatte ». Dans les deux cas, c’est l’utile qui est privilégié : mentalité ango-saxonne, indigne des Angles comme des Saxons…
Certains savent. Moi non. Comme tous les lettrés, je sais la complexité. Il y en aura toujours pour préférer les certitudes à la Vérité ou à l’Ethique. Je me demande à ce titre aussi si tout l’engagement d’Alain de Benoist, n’a pas été d’un point de vue strictement politique – je laisse donc de côté ses riches analyses philosophiques – la volonté d’éradiquer la Réaction, prisonnière qu’elle est de préjugés, obérant donc la prise de pouvoir. Je sais la fascination que l’on éprouve en France pour le courage malheureux : le vrai héros en France est celui qui décède après avoir très bien agi ; en ce sens, l’holocauste de Dominique Venner, s’il est grec, est conforme au génie français. Il suffit de nous remémorer Camérone ou Bazeilles, Dien Bien Phu où le sacrifice des cadets à Saumur pour comprendre et ressentir le fait français. Le Français authentique, justement parce qu’il a un rapport privilégié au Concept et à l’Idée, ne peut qu’en mourir, sa vie n’ayant au fond, que très peu d’intérêt.
« Messieurs les Anglais, tirez les premiers. »Philippe Delbauvre http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EFZlEEylZkapNaLgYc.shtml
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Hotel Stella Comme une envie
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Massacre maçonnique de la princesse de Lamballe
[Un texte tiré de la revue L'Héritage]
Parlant des Francs-Maçons et de leurs forfaits, dans son admirable encyclique Humanum Genus, le Pape Léon XIII a écrit ces lignes : « Il n’est pas rare que la peine du dernier supplice soit infligée à ceux d’entre eux qui sont convaincus, soit d’avoir livré la discipline secrète de la Société, soit d’avoir résisté aux ordres des chefs ; et cela se pratique avec une telle dextérité que, la plupart du temps, l’exécuteur de ces sentences de mort échappe à la justice établie pour veiller sur les crimes et pour en tirer vengeance. »
Rien n’est plus vrai, en effet.
La Franc-Maçonnerie profite de toutes les circonstances pour frapper ceux dont elle a décidé la mort.
Quand ses victimes sont des personnages en vue, elle prend, d’ordinaire, ses mesures pour que l’assassinat soit mis sur le compte des passions politiques ; ainsi elle opéra surtout pendant la Révolution. Par exemple, il est certain que plusieurs meurtres essentiellement maçonniques furent commis à Paris, à la faveur des horribles massacres de septembre.
Citons le cas de la princesse de Lamballe.
Cette infortunée princesse, qui fut – personne ne l’ignore – l’amie dévouée de la reine Marie-Antoinette, avait eu la faiblesse, en 1777, de se laisser affilier à la Franc-Maçonnerie, dont elle ne soupçonnait pas les tendances.
Le but de la secte était, à cette époque, d’accaparer quelques personnes de la Cour, surtout celles admises dans l’intimité des souverains. La princesse aimait les fêtes ; on la prit par son point faible.Elle fut initiée par la Loge La Candeur, de Paris.
En 1781, elle fut élue Grande Maîtresse de la Mère Loge Ecossaise d’Adoption, c’est-à-dire qu’elle fut mise à la tête des Loges de Dames. Le jour de son installation, la « Sérénissime Sœur de Lamballe », le maillet en main, put entendre le Frère Robineau lui chanter, au nom du rite, des couplets fort galants :
« Amour, ne cherche plus ta mère/Aux champs de Gnide ou de Paphos/Vénus abandonne Cythère/Pour présider à nos travaux. Etc… »D’un esprit très léger, elle ne comprit pas ce qui se tramait dans les Loges et n’ouvrit les yeux que lorsque la Révolution eut éclaté.
Mais alors elle fit son devoir sans aucune défaillance. Elle s’efforça de réparer le mal dont elle avait été la complice inconsciente. En novembre 1791, elle prit l’initiative de la surveillance qu’il était nécessaire d’exercer sur tous les foyers de conspiration. La secte jura de lui faire payer de sa vie son loyal retour au bien.Au 10 août 1792, la princesse de Lamballe suivit, avec le plus grand courage, la famille royale à l’Assemblée, puis au Temple. Dans la nuit du 19 au 20 août, elle fut transférée à la Force.
Son sacrifice était héroïque ; elle savait, la malheureuse, quel sort l’attendait. On en a la preuve.
En effet, c’est après la fuite de Varennes (juin 1791) que la princesse avait eu les preuves du rôle joué par la secte. Chargée d’une mission en Angleterre, elle avait constaté, avec douleur, l’influence que les Loges exerçaient sur Pitt, le conseiller du roi Georges ; celui-ci avait refusé son intervention, Pitt avait été jusqu’à dire que Louis XVI n’avait que ce qu’il méritait. Après un court séjour en Angleterre, la princesse était passée à Aix-la-Chapelle ; c’est à ce moment qu’elle avait brisé les liens maçonniques. Elle avait rompu avec la secte, et, circonstance significative, fait aussitôt son testament ; ce document, qui a été publié, est daté du 15 octobre 1791. Puis, elle était rentrée en France, pour lier son sort à celui de la famille royale.
Le 3 septembre 1792, à la Force, elle comparut devant le tribunal de sang, présidé par le franc-maçon Hébert. Sa vaillante attitude a été immortalisée par Peltier et Bertrand de Molleville. Conduite dans la rue du Roi-de-Sicile, elle fut égorgée par les massacreurs. Un de ces misérables voulut lui enlever son bonnet avec la pointe d’un sabre et la blessa au front ; un autre la renversa d’un coup de bûche ; elle fut achevée à coups de sabre et de pique. Son corps fut mutilé, telle était la rage de ces scélérats ; on lui arracha le cœur ; on coupa sa tête, qui fut promenée, au bout d’une pique, jusque sous les fenêtres du Temple.
Plus tard, en 1796, ses assassins furent jugés. L’un des principaux, Nicolas Le Grand, franc-maçon, fut condamné à vingt ans de fers ; un autre, nommé Charlat, également franc-maçon, s’était engagé pour aller combattre les Vendéens, mais il fut tué par ses camarades, à qui il faisait horreur à raison de sa participation au crime.