Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

culture et histoire - Page 1796

  • Du cœur rebelle à l’âme insoumise. Le magistral présent de Dominique Venner

    Dans l’après-midi du 21 mai 2013, Dominique Venner se donnait la mort près de l’autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Des commentateurs peu avisés ont réduit ce geste ultime à une protestation contre la légalisation du « mariage » homosexuel. Ils n’ont rien compris à cet acte, car en homme méthodique, précis et rigoureux, Dominique Venner avait depuis longtemps pensé et arrangé son départ. Il a aussi tenu à préparer les esprits réceptifs à la sortie de son ouvrage capital, Un samouraï d’Occident. Le Bréviaire des insoumis.

     

    Dédié à son épouse Clotilde et terminé au solstice d’hiver 2012, ce livre paraît dès juin. Il comprend un prologue, six chapitres, un épilogue, une biographie succincte et une série de conseils pratiques destinés aux plus jeunes des lecteurs. Plus qu’un témoignage, cet essai se veut didactique. « Ce Bréviaire a été écrit par un Européen pour des Européens (p. 289). »

     

    La couverture reproduit la partie centrale de l’admirable gravure d’Albrecht Dürer Le Chevalier, la Mort et le Diable, un chef-d’œuvre devant lequel le fondateur de La Nouvelle Revue d’Histoire médita longuement. Entouré du Diable et de la Mort, le Chevalier n’en poursuit pas moins son chemin, ce qui fait de lui l’« incarnation d’une figure éternelle en cette partie du monde appelée Europe (p. 16) ». Nullement professoral ou sentencieux, le propos tranche par un solide optimisme parce que Dominique Venner croît au réveil des peuples albo-européens. Certes, il constate que l’Europe pour l’heure demeure « un ensemble veule, amnésique, informe et culpabilisé (p. 290) ». Tout semble perdu et pourtant il réside toujours dans le tréfonds de l’âme européenne le potentiel d’une renaissance historiale. Mais, pour cela, il importe à la fois d’examiner sans aucune complaisance le passé, plus ou moins immédiat, et de renouer avec un héritage délaissé.

     

    Faire son devoir : un savoir-être

     

    Fort logiquement, et ses fidèles lecteurs le savent, Dominique Venner insiste sur l’intemporalité des écrits d’Homère qui forment « nos poèmes fondateurs (p. 167) » et dont les thèmes traversent toute notre littérature. « Aux Européens, le poète fondateur rappelle qu’ils ne sont pas nés d’hier. Il leur lègue le socle de leur identité, la première expression parfaite d’un patrimoine éthique et esthétique qu’il tenait lui-même en héritage et qu’il a sublimé de façon que l’on dirait divine. Les principes qu’il a fait vivre par ses personnages n’ont pas cessé de renaître jusqu’à nous, montrant que le fil secret de notre tradition ne pouvait être rompu. Ainsi l’avenir prend-il racine dans la mémoire du passé (p. 232). » Il précise qu’« aux Européens de l’avenir, Homère a légué des modèles et des principes de vie sous forme d’une triade : la nature comme socle, l’excellence comme but, la beauté comme horizon. Les Européens modernes sont restés sensibles à la vision poétique de la Nature portée par Homère (p. 220) ». Moins éloigné que l’œuvre homérique, le stoïcisme représente « une école de vie très actuelle (p. 240) ». « Par le souci de la tenue, le stoïcisme s’apparente à une sorte d’idéal aristocratique (p. 270) » qui resurgit au fil des âges. Ainsi salue-t-il le néo-stoïcisme présent dans La Princesse de Clèves dédaigné par un médiocre président hexagonal originaire de Neuilly. Il découvre même du stoïcisme – un sens élevé du devoir – dans le film de Stephen Frears The Queen (2006).

     

    Sous d’autres formes, l’esprit stoïcien peut exister ailleurs, en particulier au Japon, pas celui des manga, des sushi et du karaoke, mais du Bushido, de l’Hagakure et de l’éthique samouraï. « Le comparatisme modifie l’angle de vue, il élargit la vision et donne à penser autrement (p. 97). » Comprendre l’altérité du Japon traditionnel lui permet de mieux saisir l’unité sapientielle européenne et ses spécificités. Dominique Venner pense en effet en Européen de langue française. Il n’oppose pas la France à l’Europe, il les intègre plutôt dans le même continuum. Afin de bien dépasser cette opposition faussée et fallacieuse, il préfère employer le néologisme boréen « pour éviter les équivoques sur le mot “ européen ”, mis parfois parfois à des sauces douteuses. “ Boréens ” désigne les Européens de souche ancienne. Ce terme a un sens plus ample que “ Indo-Européens ”, employé surtout en linguistique (p. 187) ».

     

    L’usage de ce néologisme n’est pas neutre. En habile combattant des idées qu’il fut toujours, Dominique Venner sait que « choisir le nom par lequel on désigne un adversaire, le nommer, c’est déjà s’imposer à lui, le faire entrer sans qu’il le sache dans son propre jeu, préparer son anéantissement ou, à l’inverse, se libérer de son emprise (p. 28) ». Employer le bon vocabulaire est déjà en soi un atout majeur dans la guerre culturelle dans laquelle les Boréens jouent leur avenir. « La fin de la guerre d’Algérie a fait sortir de la France de l’histoire. […] Dès la conclusion de cette petite guerre, ressentie par les Français comme la fin pour eux de toutes les guerres, le pays fut livré aux seules perspectives de l’économie marchande, du régime de l’argent, des loisirs de masse et de la consommation comme seul destin (p. 43). » Il s’en prend ouvertement à la « métaphysique de l’illimité » et développe des analyses proches de la décroissance. « Les sociétés modernes et techniquement développées ne sont pas seulement dépendantes des puissances financières. Elles sont prisonnières de leur croissance économique, condition de leur existence et aussi de leur survie dans la compétition des puissances. La croissance est une nécessité vitale pour ces sociétés, dont elle est le moteur. Sans croissance, perdant leur principal justification, ces sociétés s’effondreraient. Or la croissance est elle-même dépendante de la consommation de biens inutiles, autrement dit du gaspillage des ressources de chaque pays et de la planète en général (p. 61). » Loin d’un idéal viril, sobre et frugal d’existence authentique, la course échevelée à la production et à la consommation dans un cadre pacifié détraque les comportements traditionnels. « L’effacement de la guerre à l’horizon de notre histoire a entraîné la disparition de la masculinité dans les sociétés ouest-européennes (p. 44) » si bien qu’il considère le féminisme comme une régression notable de la féminité boréenne au profit de l’idéologie marchande. Quant à la fumeuse théorie du genre, il en pense le plus grand mal. Ajoutons pour notre part qu’il s’agit d’une incroyable escroquerie intellectuelle et d’un nouveau lyssenkisme venu, cette fois-ci, de l’Ouest.

     

    Décroissance et tradition

     

    La « métaphysique de l’illimité », la religion du progrès et l’impératif économiste ruinent les peuples et leur âme, et dévastent leur habitat naturel. Chasseur confirmé et promeneur dans les sous-bois et dans les forêts, Dominique Venner déplore la dénaturation du monde et tient le seul véritable discours écologiste qui vaille. Or les excès de la modernité risquent à moyen terme de provoquer une catastrophe gigantesque, voire une convergence des catastrophes. Le traumatisme des populations, suite à ces bouleversements, sera si fort que se produira alors chez les Boréens une révolution des esprits, des représentations mentales et des attitudes. Il en devine déjà les prémices tant au sujet de l’inique loi Taubira de 2013 que des conséquences effrayantes d’une immigration massive de peuplement extra-européenne sur notre sol.

     

    Dominique Venner pressent à moyenne échéance de grands événements qui pourront être salvateurs aux autochtones boréens à la condition toutefois qu’ils renouent enfin avec leur tradition. « La tradition telle que je l’entends n’est pas le passé, mais au contraire ce qui ne passe pas et qui revient toujours sous des formes différentes. Elle désigne l’essence d’une civilisation sur la très longue durée, ce qui résiste au temps et survit aux influences perturbatrices de religions, de modes ou d’idéologies importées (p. 122). » Il n’adhère pas à la vision du monde « traditionaliste-intégrale » de René Guénon ou « traditionaliste-radicale » de Julius Evola. Pour Venner, les Européens n’ont pas à se référer à des coutumes exotiques ou à une Tradition primordiale métaphysique occultée. Pour lui, « la tradition n’est pas une addition composite. La tradition est la source des énergies fondatrices. Elle est l’origine. Et l’origine précède le commencement (p. 25) ». Cette source régénératrice protégera les Boréens des inévitables bouleversements et leur assurera une base éthique pour la reconstruction d’une vraie communauté organique. Apparaît ici en filigrane les ombres de Shiva et de Dionysos. Il est inutile de conserver « l’actuel système cosmopolite [qui] est un produit du déclin européen, de l’hégémonie américaine et du capitalisme de marché. Il ne s’identifie en rien à notre civilisation pérenne (p. 122) ».

     

    Sur les pas de l’Italien Jean-Baptiste Vico, de l’Espagnol Juan Donoso Cortès, de l’Allemand Oswald Spengler et du Britannique Arnold Toynbee, Dominique Venner se fait philosophe de l’histoire. Revenant sur une distinction célèbre et hautement polémique, il énonce que « la culture est première dans l’ordre chronologique de la fondation. Elle se rapporte à la permanence des mentalités profondes. Elle est créatrice de sens. La civilisation est une culture qui a reçu une forme historique, créatrice d’un ensemble de qualités propres dans l’ordre matériel, intellectuel, artistique et moral. Le tradition est l’âme d’une culture et d’une civilisation (p. 127) ».

     

    Réfléchissant devant la superbe gravure de Dürer, Dominique Venner rappelle que « l’image du stoïque chevalier m’a souvent accompagné dans mes révoltes. Il est vrai que je suis un cœur rebelle et que je n’ai pas cessé de m’insurger contre la laideur envahissante, contre la bassesse promue en vertu et contre les mensonges élevés au rang de vérités. Je n’ai pas cessé de m’insurger contre ceux qui, sous nos yeux, ont voulu la mort de l’Europe, civilisation, peuple et puissance, sans laquelle je ne serais rien. Ma vie s’est en partie confondue avec une époque de régression pour les Français et les Européens, précipitée par les catastrophes du Siècle de 1914, les lendemains de la Seconde Guerre mondiale, ceux de la guerre d’Algérie, en attendant la globalisation américaine. En dépit des illusions fanfaronnes entretenues en France et ailleurs, il était déjà clair pour le très jeune homme que j’étais que les deux puissances hégémoniques réunies à Yalta en 1945, Amérique et Russie stalinienne, avaient arraché aux Européens la conduite de leur destin, ce qui se répercutait dans leur vie quotidienne et leurs représentations. Cela s’est amplifié au-delà de 1990, après la fin de l’U.R.S.S., quand les États-Unis, devenus hyperpuissants, ont imposé leur mondialisation financière aux autres nations et aux peuples transformés en consommateurs de produits inutiles et jetables (pp. 16 – 17) ». Il se refuse cependant à l’inéluctabilité du déclin. Cet esprit libre et altier salue le Prix Nobel de médecine 1913, le Dr. Alexis Carrel, auteur d’un ouvrage remarquable en 1934, L’homme cet inconnu, qui a été diabolisé par quelques larves humaines. Alexis Carrel personnifie au contraire « une sagesse supérieure (p. 284) ». Inspiré par ce précédent marquant, Dominique Venner s’arrache du pessimisme ambiant et affirme que « les dérives décadentes actuelles n’auront qu’un temps, comme toutes les utopies, y compris celle du communisme, pourtant la plus puissante et la plus meurtrière du XXe siècle. À l’inverse, les enseignements de Carrel conserveront une valeur constante (p. 287) ».

     

    Pourtant, la tâche, le défi est immense. L’historien Venner se doute bien que « la puissance […] n’est pas tout. Elle est nécessaire pour exister dans le monde, être libre de son destin, échapper à la soumission des impérialismes politiques, économiques, mafieux ou idéologiques. Mais elle n’échappe pas aux maladies de l’âme qui ont le pouvoir de détruire les nations et les empires (p. 22) ». Il sait en outre que « les Européens, contrairement à d’autres peuples, sont dépourvus de mémoire identitaire et de la conscience de ce qu’ils sont. Un vieux fond très enraciné de culture universaliste, religieuse ou laïque, les prédisposait à subir l’invasion comme une chose normale que les oligarchies dirigeantes ont elles-mêmes proclamée désirable et bienfaisante (p. 21) ». Que s’est-il donc passé dans leur psyché ? Dominique Venner apporte sa explication. « En réfléchissant à ce grand retournement qui s’accompagne d’une immigration de peuplement et d’une conquête islamique de l’Europe, j’en suis arrivé à la conclusion que, si les Européens avaient pu accepter si longtemps l’impensable c’est parce qu’ils avaient été détruits de l’intérieur par une très ancienne culture de la faute et de la compassion. C’est aussi pour avoir été culpabilisé au nom de péchés qu’on ne cesse de leur enfoncer dans la tête (p. 17). »

     

    Les mythes comme recours

     

    En homme réaliste et lucide, il ne fait pas mystère de son ethno-différencialisme, car « dans leur diversité, les hommes n’existent que par ce qui les distingue, clans, peuples, nations, cultures, civilisations, et non par ce qu’ils ont superficiellement en commun. Seule leur animalité est universelle (p. 292) ». Malheureusement, dans son histoire, l’Europe a souvent voulu effacer ces différences notables. « La croyance en notre vocation universelle est erronée et dangereuse. Elle est erronée parce qu’elle nie les autres cultures et les autres civilisations qu’elle voudrait anéantir au profit d’une prétendue culture mondiale de la consommation et des “ droits de l’homme ” qui ne sont que les droits de la marchandise (pp. 293 – 294). » À la suite de Georges Sorel, Dominique Venner perçoit la violence fondatrice, destructrice et restauratrice, inhérente, aux mythes qui « sont en fait les paroles de l’origine (arché), des images puissantes et des énergies, non des concepts. Ce sont des images polysémiques, incitant à une interprétation multiple du monde souvent plus riche et profonde que celle véhiculées par les philosophies (p. 243) ». Mais il faut au préalable briser la vieille gangue incapacitante qui enserre l’esprit européen, le christianisme. Il observe qu’il y a entre Athènes et Jérusalem « deux visions du monde en conflit (p. 92) » et assène avec raison que par ses prises de position répétées en faveur de l’immigration extra-européenne, l’Église catholique combat les Boréens. Et ce ne sont pas les joyeux participants aux J.M.J., rejetons de l’homo festivus, qui répondront aux enjeux civilisationnels de leur temps.

     

    Dans les jours qui suivirent la disparition de Dominique Venner, des sots à l’esprit étroit et rabougri s’offusquèrent de l’endroit de son suicide. Ils auraient souhaité qu’il le fît sous l’Arc de Triomphe près de la tombe du Soldat inconnu, symbole de cette folle guerre civile européenne – ils ignorent Le Siècle de 1914 -, aux Invalides, bâtiment érigé sous Louis XIV et aménagé par Napoléon Ier, deux grands étatistes alors que l’auteur de Baltikum avouait sa sympathie pour les peuples frondeurs de France, voire à l’Élysée (une fois le cordon de sécurité franchi, où aurait-il accompli son geste fatidique ? Dans la cour d’honneur ou dans le salon où mourut l’exquis Félix Faure ?) (1).

     

    D’autres eurent l’espoir qu’à l’instant final, il aurait rejoint la communauté chrétienne. Un samouraï d’Occident démontre tout le contraire. Dominique Venner convient que le christianisme est « l’héritière incongrue de l’ancienne Rome (p. 150) ». De ce fait, l’esprit européen est désormais double, schizophrène même. Son intérêt pour le Pays du Soleil levant se comprend aussi par le désir de cerner une société dont les racines essentielles, « les trois sources spirituelles […], shintoïsme, bouddhisme zen et confucianisme (pp. 110 – 111) », n’ont pas été tranchées ou en partie substituées par d’autres, plus délétères. « Au Japon, le shintô animiste et païen balaie [… la création, la vie, la mort] par son immanence. Il n’y a pas de principes transcendants, extérieurs à nous, écrit le géographe Philippe Pelletier. Il existe des déités, certes, mais agitées de passions, de désirs, de colères et de caprices, exactement comme les êtres humains, avec quelques pouvoirs en sus, mais pas davantage que cela. Le bouddhisme complique le schéma en s’attribuant la gestion des funérailles, mais le Bouddha ne peut être assimilé au Créateur des monothéismes et il n’est pas parvenu à supprimer le substrat dionysiaque du shintô. Découvrir qu’une société moderne peut fonctionner et se doter d’une éthique du vivre ensemble sans recourir à un Dieu omnipotent, omniscient et ubiquiste constitue une révolution (2). »

     

    Les méfaits du monothéisme

     

    Citant le philosophe espagnol Adolfo Muñoz Alonso, l’essayiste Arnaud Imatz écrit que « nier le christianisme, c’est […] renoncer à l’Europe historique et à l’Europe possible (3) ». Dominique Venner ne nie pas le christianisme. L’historien avisé qu’il est note que la « métaphysique de l’illimité » procède de cette religion et, pour le prouver, n’hésite pas à citer un prêtre catholique fort mal vu en cour vaticane, Eugen Drewermann. Venner n’ignore pas que le christianisme est ambivalent dans l’histoire et ce, jusqu’à nos jours. D’un côté, il y a le discours énergique de Benoît XVI à Ratisbonne en 2006 et, de l’autre, le pape François qui, pour le Jeudi saint, un 28 mars 2013, visite une prison de femmes à Rome et lave les pieds de quelques détenues dont une musulmane de Serbie. Outre cette action qui a sûrement ravi la Oumma ravie et dont le caractère scandaleux est bien plus grave que l’acte soi-disant profanateur de Dominique Venner, pourquoi le nouveau souverain pontife est-il allé dans ce centre de détention alors qu’il existe d’autres lieux de souffrances humaines (orphelinats, hôpitaux, maisons de retraite) ? Et puis, on est en droit d’imaginer que ces détenues n’ont pas été condamnées par les lois liberticides. Par cette visite, le chef de l’Église romaine a sciemment offensé les victimes de ces prisonnières. Le Saint-Siège a dorénavant sa Taubira, c’est le pape François.

     

    Dominique Venner admet volontiers que « le christianisme était lui-même profondément composite, mêlant de façon parfois conflictuelle l’héritage biblique et celui de la pensée grecque (p. 154) ». C’est une évidence : la religion chrétienne a bénéficié dans l’histoire des deux derniers millénaires d’une grande plasticité morphologique. Le christianisme orthodoxe oriental n’est ni le christianisme celtique malheureusement disparu, ni le catholicisme romain qui a lui-même régulièrement changé au cours des siècles. Le christianisme antique du Bas-Empire n’est pas le catholicisme puritain, rigoriste et bigot du XIXe siècle, le catholicisme de la théologie de la libération marxisante du XXe siècle ou le catholicisme romain solaire et syncrétique du Moyen Âge. À cette époque, « soutenue par le pouvoir politique qui lui était associé, l’Église s’était appliquée à raser ou à rebaptiser les anciens sites païens, inventant souvent de nouveaux saints pour supplanter les divinités archaïques. […] Les noms changeaient mais la dévotion populaire pour les sites sacrés était rarement abandonnée (pp. 161 – 162) ». L’Europe fut le creuset d’une riche fusion pagano-chrétienne qui, malgré les réformations successives, persiste encore à travers le culte mariale et la permanence des lieux de prière. « La construction des églises romanes ou gothiques répondait encore aux anciens symbolismes. Bâties sur d’antiques sites sacrés, elles en assuraient la perpétuation. Elles continuaient d’être “ orientées ” par rapport au soleil levant, et leurs sculptures étaient toutes bruissantes d’un bestiaire fantastique. Dans son impressionnant jaillissement, la futaie de pierre des nefs romanes et gothiques restait la transposition des anciennes forêts sacrées (p. 68) (4). »

     

    Dominique Venner ne rejette pas le christianisme, il souhaite simplement le dépasser, car le moment chrétien de l’Europe s’achève même si l’on relève une saturation d’idées chrétiennes sécularisées (5). Par ailleurs, l’Église catholique romaine œuvre désormais au service des ennemis de l’Europe. Que pensent donc les contempteurs de la mort volontaire de l’auteur du Blanc Soleil des vaincus des déclarations récents du pape Bergoglio sur ses « frères musulmans » (6) ? Quand vont-ils prononcer leur chahada ? Qu’on ne s’étonne pas ensuite des centaines de conversions par semaine d’Européens de souche désenchantés. Le concile Vatican II ne porte pas seul l’écrasante responsabilité de ces fuites. Le mal remonte au moins au concile de Trente et à la Contre-Réforme catholique ainsi qu’à la non-application des mesures prises au lendemain de la résolution du Grand Schisme d’Occident entre 1417 et 1422.

     

    Les ecclésiastiques sont en revanche guère diserts concernant les conditions de vie sordides des derniers Français d’origine boréenne dans les banlieues de l’immigration de l’Hexagone. Ce traitement discriminatoire pratiqué tant par des religieux que par des laïques a « fait de [Dominique Venner] un insoumis (p. 14) ». « J’ajoute aussitôt que j’ai bien d’autres motifs de révolte et d’insoumission dans ce monde que l’on nous a fabriqué : sex, fun and money. Je confesse mon dégoût pour l’imposture satisfaite des puissants et impuissants seigneurs de notre décadence, corrompus jusqu’à l’os, asservis aux vraies puissances et aux nouvelles mafias. Oui, les arrogants ou pitoyables seigneurs des médias et de la pub, des religions, de la politique ou de la finance m’inspirent plus de mépris que de vraie révolte. Se révolter serait leur reconnaître une épaisseur qui leur fait défaut. […] Aujourd’hui, devant ces nains prétentieux et malfaisants, je suis un insoumis (p. 14). » Le terme est important car, on l’a vu, « les mots sont des armes. Se donner à soi-même ses propres mots, et d’abord se donner un nom, c’est affirmer son existence, son autonomie, sa liberté. Ainsi pouvons-nous assumer le nom d’insoumis. En langage clair, je ne “ marche ” pas (p. 29) ».

     

    Avec de telles saillies, Dominique Venner ne retombe pas dans l’action politique, l’activisme qu’il pratiqua naguère avec ardeur et jubilation. Il prévient toutefois ceux qui seraient tentés par le militantisme qu’« une action politique n’est concevable sans le préalable d’une mystique capable de la diriger et de riposter au “ nous ne sommes rien ”. Quelle mystique ? Celle de clan, bien sûr, des sources et des origines, autrement dit de notre tradition et de notre identité (p. 25) », d’où la nécessité impérieuse de retrouver son identité propre. L’insoumission est un combat majeur, une quasi-« guerre sainte », d’abord en son for intérieur avant d’être extériorisée. « Exister c’est combattre ce qui me nie. Être un insoumis ne consiste pas à collectionner des livres impies, à rêver des complots fantasmagoriques ou de maquis dans les Carpates. Cela signifie être à soi-même sa propre norme par fidélité à une norme supérieure. S’en tenir à soi devant le néant. Veiller à ne jamais guérir de sa jeunesse. Préférer se mettre le monde à dos que se mettre à plat ventre. Dans les revers, ne jamais se poser la question de l’inutilité de la lutte. On agit parce qu’il serait indigne de baisser les bras, et mieux vaut périr en combattant que se rendre (p. 28). » Mais pourquoi insoumis ? Parce que « l’insoumis est en rapport intime avec la légitimité. Il se définit contre ce qu’il perçoit comme illégitime. Face à l’imposture ou au sacrilège, il est à lui-même sa propre loi par fidélité à la légitimité bafouée. L’insoumission relève d’abord de l’esprit avant de recourir aux armes (p. 29) ». Par conséquent, l’insoumission fermente l’insurrection qui est d’abord morale et intellectuelle avant d’être, dans une seconde phase, physique et militaire. Et les motifs d’insurrection ne manquent pas. « Dans nos pays d’Europe, notre époque est […] saturée de tyrannies masquées. Contre elles, je me suis insurgé (pp. 27 – 28). » Par ailleurs, Dominique Venner s’insurge « contre l’invasion programmé de nos villes et de nos pays, […] contre la négation de la mémoire française et européenne (p. 291) ».

     

    Une nouvelle pensée autochtone

     

    Contre ce délitement programmé, Dominique Venner en appelle au sursaut et à « une nouvelle Réforme (p. 294) » qui « donnerait toute leur place aux multiples visages de la Vierge protectrice, Notre Dame, la Madone, déjà présente dans l’Antiquité la plus ancienne, sous la forme apaisante des fées bienfaisantes du monde celtique ou des grandes figures d’Athéna ou d’Artémis dans la Grèce ancienne (p. 296) ». Il invite par conséquent les Européens réveillés, « différenciés » ?, à « une Antiquité vivante que nous avons pour tâche de réinventer. Ainsi avons-nous entrepris de recomposer notre tradition pour en faire un mythe créateur. Cela ne peut se faire seulement par des écrits et des paroles. L’effort intense de refondation doit être authentifié par des actes ayant une valeur sacrificielle et fondatrice (p. 298) », ce qui implique de payer de sa personne.

     

    « Sans la mort, il n’y aurait pas de vie, pas d’enfantement, pas d’éveil, pas de renouvellement, pas d’accomplissement (p. 222). » Déjà « chez Homère, la vie, cette petite chose éphémère et si commune, n’a pas de valeur en soi. Elle ne vaut que par son intensité, sa beauté, le souffle de grandeur que chacun – et d’abord à ses propres yeux – peut lui donner (p. 197) ». Dans l’ancien Japon, « le seppuku n’était pas seulement pour les bushi une façon d’échapper à un déshonneur. C’était aussi le moyen extrême d’afficher leur authenticité par un acte héroïque et gratuit (p. 113) ». Construire sa mort reste paradoxalement le plus beau témoignage de vitalité. « Seule la mort subie n’a pas de sens. Voulue, elle a le sens qu’on lui donne, même quand elle est sans utilité pratique (p. 115). » La gratuité tend souvent à l’héroïsme, ce que ne comprendront jamais bourgeois et frustrés de l’existence. S’« il n’y a que deux manières sérieuses de vivre, proclame José Antonio Primo de Rivera : la manière religieuse et la manière militaire, ou plutôt une seule, parce qu’il n’y a pas de religion qui ne soit une milice ni une milice qui ne soit animée par un sentiment religieux (7) », il existe une multiplicité de manières de mourir. Celle de Dominique Venner est probablement en temps de paix la plus digne.

     

    Un samouraï d’Occident. Le Bréviaire des insoumis prône la révolte tranquille des Boréens de notre temps. En attendant la révolution des jeunes mâles blancs, l’heure sonne pour l’insoumission. L’appel de Dominique Venner a déjà été entendu. Le 23 juin 2013, lors d’un grand rassemblement unitaire de soutien, place Dauphine à Paris, au prisonnier politique anti-« mariage pour tous » Nicolas Bernard-Buss, le député F.N. du Vaucluse, Marion Maréchal – Le Pen, concluait son discours par une invitation à l’insoumission. L’auteur du présent texte ne peut que s’en réjouir, lui qui lançait dès 1999 Insumisioa ! en basque (8). Par ce don magistral, Dominique Venner nous indique la voie libre, indépendante et souveraine d’un autre destin continental. En avant donc pour l’insoumission contre le monde moderne, ses robots et ses clones !

    Georges Feltin-Tracol http://www.europemaxima.com/

    Notes

     

    1 : Pour comprendre le choix déterminant de Notre-Dame de Paris, il faut se reporter à l’excellent article de Jean-Yves Le Gallou, « Dominique Venner. Pourquoi avoir choisi Notre-Dame de Paris ? », mis en ligne sur Polémia, le 23 mai 2013.

     

    2 : Philippe Pelletier, « Le dépouillement par le Japon », dans Libération, 17 juillet 2013, souligné par nous.

     

    3 : Arnaud Imatz, « Introduction » dans Juan Donoso Cortès, Théologie de l’histoire et crise de civilisation, introduction, textes choisis et bibliographie de Arnaud Imatz, Cerf, coll. « La nuit surveillée », Paris, 2013, p. 88.

     

    4 : Dominique Venner se réfère à la découverte sous le chœur de Notre-Dame de Paris en 1711 de quatre piliers païens celtiques, dits « des nautes ». Cf. le bel hommage de Robert Steuckers, « En souvenir de Dominique Venner », mis en ligne sur Euro-Synergies, le 1er juin 2013.

     

    5 : La théocratie totalitaire des droits de l’homme est une transposition flagrante, séculière et profane, de principes chrétiens « devenus fous » (G.K. Chesterton). Sur ce sujet, cf. Carl Schmitt, Théologie politique I et II 1922 – 1969, Gallimard, coll. « N.R.F. – Bibliothèque des sciences humaines », Paris, 1988, et Augusto Del Noce, L’époque de la sécularisation, Éditions des Syrtes, Paris, 2001, et du même auteur, « Le marxisme meurt à l’Est parce qu’il s’est réalisé à l’Ouest », pp. 124 – 129, dans Krisis, « Mythe ? », n° 6, octobre 1990.

     

    6 : Le 8 juillet 2013, le nouvel évêque de Rome se rend à Lampedusa, l’une des principales portes d’entrée de l’immigration extra-européenne, et déclare se « tourner en pensée vers les chers immigrés musulmans qui commencent le jeûne du Ramadan, avec le vœu d’abondants fruits spirituels. L’Église vous est proche dans la recherche d’une vie plus digne pour vous et vos familles », cité dans Le Figaro, 9 juillet 2013. À Lyon, le cardinal Philippe Barbarin a autorisé l’ouverture des locaux paroissiaux aux clandestins délinquants car sans-papiers… L’ethno-masochisme fait-il maintenant partie du dogme catholique ?

     

    7 : cité par Arnaud Imatz, op. cit., note 1, p. 133.

     

    8 : cf. Georges Feltin-Tracol, « Insumisioa ! », dans Roquefavour, n° 12, août 1999, repris ensuite dans Orientations rebelles, Les Éditions d’Héligoland, Pont-Authou, 2009.

     

    • Dominique Venner, Un samouraï d’Occident. Le Bréviaire des insoumis, Pierre-Guillaume de Roux, Paris, 2013, 317 p., 23 €.

  • Gironde : Les surprenants mécènes du Parti communiste

    BORDEAUX (NOVOpress via Infos Bordeaux) – A l’instar de tous les mouvements politiques, le Parti communiste possède un bulletin de liaison qui informe les adhérents des actualités du parti.

    Peu connu du grand public, et possédant un tirage confidentiel, « Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest », publie un numéro spécial à l’occasion de la fête de l’humanité.

    La lecture de ce journal dirigé par Frédéric Mellier réserve une surprise de taille. La publicité est y omniprésente. Mais pas celle de sociétés appartenant à des sympathisants communistes, souhaitant se faire connaître et apporter leur obole, mais celle d’institutions ou de sociétés telle que Régaz-Bordeaux (qui assure la gestion du réseau de distribution de gaz et dont un certain nombre de collectivités territoriales sont actionnaires) ! [En Une, l'une des 2 pleines pages de publicité de Régaz-Bordeaux ]

     

    Les villes de Bordeaux, Pessac, Ambarès, Lormont, Bassens et Floirac, la région Aquitaine, l’entreprise Régaz-Bordeaux, le château Haut-Marbuzet (également partenaire de la Licra), la CUB, Suez Environnement… sont fiers de s’afficher dans le journal local d’un parti qui a soutenu des régimes sanguinaires dans le monde entier.

    Contacté par Infos-Bordeaux, Eric Destarac, directeur de la communication de Régaz-Bordeaux, semble très gêné par les demandes d’explications, et apporte des réponses confuses. « Cet état de fait est historique et pratiqué depuis de nombreuses années, mais je comprends que cela puisse surprendre ».

    Quand on lui demande si Régaz-Bordeaux est prêt à acheter des encarts publicitaires dans l’hebdomadaire local de l’UMP et du Front national, celui répond tout d’abord par la négative, puis rajoute « C’est une très bonne question, mais il faudrait demander à nos dirigeants ». On imagine déjà la réponse !

    http://fr.novopress.info/141249/gironde-les-surprenants-mecenes-du-parti-communiste/#more-141249

  • Dictature fiscale

    Face à la pression fiscale, l'Action française 2000 revient sur l'imposition :

    "Faut-il rappeler que, pendant longtemps, en monarchie, les impôts n'étaient levés que pour financer une guerre ou une rançon ? L'histoire de l'imposition sous la monarchie n'est pas limpide, mais elle montre aussi l'efficacité des contre-pouvoirs qui en limitèrent bien souvent la systématisation. La Révolution établit quant à elle une fiscalité bourgeoise (exclusivement fondée sur le patrimoine, et non sur le revenu ou les échanges commerciaux) qui ne sera corrigée, beaucoup plus tard, qu'avec Proudhon. Aux nombreux privilèges (lois privées) et exonérations, la Révolution substitua l'universalité, la permanence et l'obligation : « nul citoyen n'est dispensé de l'honorable obligation de contribuer aux charges publiques » (1793). Ce principe n'a pas évolué (ou peu), ce qui n'est pas le cas de l'article 14 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : « Tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée. » Mme Touraine l'a donc fait pour nous... ou du moins pour la commission de Bruxelles, même si cette dernière ne joue, sur ce point précis, qu'un rôle de contrôleur budgétaire que nos gouvernements successifs n'ont pas été en mesure de tenir. Ceux-ci ont, en effet, une responsabilité historique concernant l'accroissement de la dette publique, qui n'a pas empêché la désindustrialisation et la perte de compétitivité économique, alors que le déficit public ne devrait être envisagé que lorsque les ressources à court terme de l'État ne permettent pas de financer les investissements nécessaires à la prospérité future du pays. Depuis trop longtemps, le déficit sert à financer le déséquilibre budgétaire engendré par les dépenses inconsidérées de l'État en matière sociale, européenne ou tout simplement de fonctionnement. D'où la croissance continue des impôts et taxes qu'il faut corréler à l'incapacité de l'État à se réformer en profondeur.

    Ce que nous nommons ici dictature fiscale n'est donc pas tant le poids disproportionné que prend l'impôt pour les contribuables, c'est avant tout le fait que la fiscalité soit devenue le levier incontournable et souvent unique de toute décision politique. En l'absence de souveraineté monétaire, le budget de l'État n'est structuré qu'autour des contraintes du système : maintien des "acquis" et des carottes électorales, remboursement de la dette publique et respect des critères de convergence européens, le tout couronné par l'impossibilité structurelle d'une action à long terme. Ce déficit de souveraineté est bien une des causes de la dictature fiscale, qui consiste à placer des récipients sous les fuites d'eau en se refusant à réparer le toit. Et lorsqu'il s'écroulera, ce sera, après avoir accablé le peuple pendant des années, pour laisser la place nette aux entités supranationales et au marché."

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Chronique d'album: Peste Noire - Peste Noire

     Peste Noire, Peste Noire, La Mesnie Herlequin, 201

    3788376690.jpgQuelle sauce nous a préparé Famine (pseudonyme du meneur du groupe) avec cet album éponyme ?

    A la première écoute, comme d’habitude avec les derniers opus de Peste Noire, on trouve la sauce un peu indigeste. L’ensemble apparaitrait chaotique, quelques aigus troublent notre audition et les morceaux sont assez différents les uns, des autres. Trop, peut-être.

    Mais un album de Peste Noire est comme une demoiselle un peu rétive, qui aurait gardé les valeurs d’antan, il faut prendre le temps de se familiariser avant d’espérer pouvoir pénétrer son intimité. Et après plusieurs écoutes, l’album me paraît tout à fait excellent. Je le trouve encore meilleur que L’ordure à l’Etat pur dont il reprend certains traits d'humour et les sonorités me font plus penser aux vieux PN, un peu de La Sanie des Siècles, beaucoup de Ballade contre lo Anemi Francor.

    Famine ajoute quelques nouveautés ou poursuit certaines touches personnelles, un peu de champs féminin, des instruments anciens, du rap (sur Niquez vos villes) et des samples qui sont tout à fait clairs sur le gros doigt d’honneur ultra-nationaliste que balance le groupe. Certains parleraient surement de « quenelle auditive ». Pour être plus clair, l’introduction, Le Retour de la Peste, se compose d’extraits du grand congrès de lancement de la LVF (Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme) avec entre autre un extrait du très fameux discours de Jacques Doriot. Vient ensuite Le Démonarque dont les paroles sont inspirées d'une chanson de croisade de Gaucerant de Leidier. Véritable appel à se soulever contre les ennemis intérieurs de la France. On retrouve les références à la période médiévale, omniprésentes dans la plupart des albums du groupe. Quant au morceau « La Bêche et l’Epée contre l’Usurier », qui est le meilleur morceau de l’album et pour moi un des meilleurs du groupe, il nous berce avec les paroles de Joseph Darnand et du S.O.L. Les heures sombres sont décidément partout. Rarement un morceau m'aura donné autant de frisson. Les paroles sont absolument géniales et presque tragiques vers la fin:

    "R'garde ma France
    C'qu'elle est devnue
    L'est toute rance
    Depuis qu't'es rvnu :
    Un hosto-zoo
    Une psychiatrie
    C'est tout c'qu'il en reste
    De ma patrie...
    Ma patrie."

    Musicalement, l’album est très varié, certains morceaux sont décomposés, comme souvent chez PN, en plusieurs parties donnant l’impression d‘écouter des morceaux différents. Parfois cela peut entraîner quelques longueurs. L’album demeure plutôt dynamique avec quelques passages plus calmes, comme dans « Ode », morceau qui rend hommage entre autre à la Garde de Fer de Codreanu ou aux JONS de Primo de Rivera. Fraternité européenne bien illustrée par le chant en ukrainien de Saenko, du groupe Hate Forest. Famine n’a pas fait dans la demi mesure sur cet album. Le rap s’infiltre dans « Niquez vos villes », morceau qui déplore que nos villes soient devenues laides et le théâtre d’expression de foules bigarrées et de punks crasseux. L’autre morceau qui m’a semblé ressortir de l’album est « La Blonde » qui parle de la bière. D’aucuns considéreront que les paroles sont complètement débiles, personnellement je les trouve très amusantes. Cette blonde là est fidèle, pas chiante, signe de convivialité et ravivait déjà la bonne humeur chez nos ancêtres.

    Quant aux visuels ils sont vraiment excellemment réalisés, le "digibook" est très richement décoré à l'or fin, un bel objet pour les collectionneurs. Ceux qui ne voudront pas verser 30 euros pourront toujours se consoler avec l'édition simple en noir et blanc pour "parasite social" à 8 euros. Pour ma part j'ai bien évidemment acquis le "digibook" et je ne me lasse pas de contempler les visuels.

    Plus que jamais PN poursuit dans son style propre et Famine dans son univers bien à lui. Un bon CD qui ravira les adeptes du groupe, comme moi, mais qui risque de rebuter ceux qui ont déjà lâchés prises depuis quelques années. Ce sera peut-être une très bonne découverte pour d'autres. PN a très largement dépassé le Black Metal traditionnel pour créer une sorte de post Black Metal, medieval, paillard et nationaliste totalement assumé. Une évolution très intéressante, des influences musicales qui piochent dans l'intégralité du répertoire du groupe et des paroles qui traduisent bien qu'il serait temps de se réapproprier notre pays...

    Jean http://cerclenonconforme.hautetfort.com/

  • Généralisation de la propagande à l'école en janvier 2014

    Lu sur Gènéthique :

    "En janvier prochain, de la grande section de maternelle au CM2, les élèves se verront imposer "un programme de lutte contre les stéréotypes sexistes dès l'école appelé 'ABCD de l'égalité' ". Mis en place par le gouvernement sous l'impulsion du ministère des droits des femmes, "l'ABCD de l'égalité" sera expérimenté dans dix académies, soit 600 classes au total, et une généralisation de cette expérimentation est déjà prévue, au printemps 2014.

    Le programme sera adapté à l'âge et abordera la question des préjugés dans différentes matières telles que le sport, les sciences, les arts plastiques, le français ou encore l'histoire. L'objectif? "Sensibiliser les élèves aux représentations, aux rôles assignés aux filles et aux garçons [...] et aux limites que les enfants se fixent eux-mêmes, terreau des inégalités hommes-femmes".

    Justifiant ce programme, Najat Vallaud-Belkacem, ministre du droit des femmes précise: "alors que l'école est censée être neutre dans le traitement des filles et des garçons, les études montrent que ce n'est pas le cas, en dépit de la bonne volonté des enseignants". Mais l'instauration d'un tel programme inquiète. Ainsi, Jean-Marie Andrès, un des responsable des Associations familiales catholiques (AFC) redoute " 'une démarche de déconstruction' des repères, notamment ceux transmis par les parents". Il estime que " 'les stéréotypes ont bon dos' et la vigilance doit être de mise devant ce type d'initiative"."

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • L'Education nationale contribue à la falsification historique

    Valeurs actuelles - 22/12/2011
    Réponses de Jean Sévillia à un entretien sur les manipulations de l'histoire et les ravages de l'historiquement correct.
     
    Toutes les époques sont-elles concernées par la falsification historique ?
    Toutes les époques sont concernées, mais les raisons de ces maquillages varient selon les dominantes idéologiques. Pour faire court, l’histoire est instrumentalisée, en Occident, depuis les Lumières : encyclopédistes et philosophes tressent une légende noire de l’Église, dont ils combattent le pouvoir. Au XIXe siècle, le roman national, tel que l’enseigne l’école jusqu’aux années 1950, s’inscrit dans une veine républicaine qui glorifie la Révolution et caricature l’“Ancien Régime”. L’après-guerre est dominée, jusqu’à la fin des années 1960, par l’histoire marxiste, ce qui s’explique par l’hégémonie culturelle du Parti communiste.
    Et par l’influence de l’école des Annales ?
    À ceci près que Lucien Febvre et Marc Bloch, les fondateurs des Annales, étaient des hommes d’une très grande science, de grands historiens dont les travaux n’ont pas toujours été assimilés par ceux qui les diffusaient ensuite dans les établissements scolaires. Les Annales se sont démarxisées au fil du temps, et bon nombre d’historiens issus de cette école (Georges Duby, Emmanuel Le Roy Ladurie, François Furet, Jacques Le Goff…) sont revenus à une vision classique de l’histoire, parfois à la biographie, voire à l’“histoire-bataille”. Quoi qu’il en soit, le marxisme s’effondre dans les années 1980. Un autre paradigme lui est substitué – les droits de l’homme – , et c’est encore à l’aune de ce paradigme qu’on interprète le passé. C’est cela, l’“historiquement correct” : passer l’histoire au crible de l’idéologie du moment. Ce faisant, on commet un anachronisme préjudiciable à la connaissance historique.
    Comment définiriez-vous l’idéologie dominante que vous évoquez ?
    Elle relègue la nation dans les limbes de l’histoire, condamne les frontières, rejette tout enracinement géographique et spirituel. Elle fait l’apologie du nomadisme. Elle élève l’individu au rang de valeur sacrée et proclame son libre arbitre comme ultime référence. Est considéré comme juste celui qui respecte les droits de l’homme, comme injuste – donc immédiatement condamné – celui qui les viole. Alors que l’histoire est un domaine éminemment complexe, on cède à la facilité manichéenne (les bons et les méchants) et l’on procède à des réductions abusives en braquant le projecteur sur certains événements, au risque d’en laisser d’autres dans l’obscurité. Anachronisme, manichéisme, réductionnisme : ce sont les trois procédés de la falsification historique, qui sont beaucoup plus subtils que ce qui se faisait en Union soviétique…
    Un exemple ?
    La Première Guerre mondiale. On ne perçoit plus ce conflit qu’à travers la vie des combattants de base. Ce qu’ils ont vécu fut atroce, mais on insiste tant sur cet aspect qu’on oublie la dimension géopolitique de la guerre. Comme nous sommes attachés par-dessus tout à nos droits individuels, comme nous sommes dans un moment de concorde européenne, nous ne comprenons plus ce qui les animait, ni qu’ils aient largement consenti à ce sacrifice. Nous ne comprenons plus l’expression “faire son devoir”.
    Plusieurs controverses ont éclaté sur des sujets de recherche historique, par exemple sur l’esclavage, après la parution d’un livre de l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, les Traites négrières. Essai d’histoire globale (Gallimard). Est-ce aussi l’effet de l’historiquement correct ?
    Absolument. En 2004, cet historien – dont l’ouvrage a reçu plusieurs prix – démontre que l’esclavage n’a pas été seulement le fait des Occidentaux. En 2005, il déclare, au détour d’un entretien à la presse, que « les traites négrières ne sont pas des génocides ». La condition des esclaves était certes atroce, mais l’intérêt des négriers n’était pas de les laisser mourir puisqu’ils tiraient profit de leur vente. Aussitôt, diverses associations lancent une procédure judiciaire et nourrissent une campagne si violente qu’elle provoque la réaction de nombreux historiens : un millier d’entre eux signeront un appel rappelant que l’histoire n’est ni une religion ni une morale, qu’elle ne doit pas s’écrire sous la dictée de la mémoire et qu’elle ne saurait être un objet juridique. C’est à cette occasion qu’est née l’association Liberté pour l’histoire, à l’époque présidée par René Rémond.
    De nombreux historiens considèrent que le Parlement n’a pas à s’emparer de ces questions. Qu’en pensez-vous ?
    Les lois mémorielles entretiennent une concurrence victimaire, indexée sur la tragédie que fut la Shoah. Elles ont aussi nourri des revendications d’ordre politique, de sorte qu’on peut craindre une instrumentalisation de l’histoire. Il est tout à fait légitime d’entretenir la mémoire des tragédies, de toutes les tragédies, mais la mémoire n’est pas toute l’histoire.
    Autre polémique, celle qu’a provoquée le livre de Sylvain Gouguenheim, Aristote au mont Saint-Michel (Seuil), en 2008…
    Agrégé d’histoire et docteur ès lettres, Sylvain Gouguenheim enseigne l’histoire médiévale à l’École normale supérieure de Lyon. Il souligne dans son livre que l’Occident médiéval n’a jamais été coupé de ses sources helléniques pour au moins trois raisons. Tout d’abord, il a toujours subsisté des îlots de culture grecque en Europe. Ensuite, les liens n’ont jamais été rompus entre le monde latin et l’Empire romain d’Orient. Enfin, c’est le plus souvent par des Arabes chrétiens que les penseurs de l’Antiquité grecque ont été traduits dans les régions passées sous la domination de l’islam. Conclusion : si la civilisation musulmane a contribué à la transmission du savoir antique, cette contribution n’a pas été exclusive ; elle a même été moindre que celle de la filière chrétienne. Ce livre a rapidement déclenché la mise en route d’une machine à exclure visant non seulement à discréditer son auteur comme historien, mais à l’interdire professionnellement !
    Pourquoi ?
    Parce qu’il est couramment admis que l’Occident n’aurait eu connaissance des textes antiques que par le truchement du monde islamique. L’essor de la culture occidentale ne pourrait donc pas s’expliquer sans l’intermédiation musulmane. Quiconque n’épouse pas cette thèse – enseignée dans les collèges – est voué aux gémonies. Il était naguère impossible de critiquer le communisme, il est aujourd’hui presque interdit d’évoquer l’islam. Il est quand même symptomatique que deux journaux français seulement – Valeurs actuelles et le Figaro Magazine – , aient parlé du livre de Christopher Caldwell, Une révolution sous nos yeux, qui explique que les populations musulmanes sont en train de redessiner l’avenir de l’Europe… Le système médiatique français reste politiquement très homogène.
    Les programmes d’histoire n’échappent pas à la polémique. L’Éducation nationale est-elle à l’abri de la falsification historique ?
    Je suis navré de le dire, mais l’Éducation nationale est au coeur de ce système. Les commissions des programmes sont constituées d’enseignants qui, pour beaucoup, sont inspirés par le “pédagogisme” ambiant, donc en accord avec l’idéologie dominante. Le retour à la chronologie est infime, l’histoire est toujours enseignée de façon thématique aux enfants. Qu’un agrégé d’histoire fasse du comparatisme entre les sociétés ou à travers les siècles est très intéressant, mais cela n’est guère adapté à des enfants qui n’ont ni les connaissances ni les repères chronologiques nécessaires. Le problème est d’autant plus important que le système scolaire français est très concentré.
    Mais l’école de la République, celle d’Ernest Lavisse, diffusait elle aussi un message idéologique…
    L’histoire républicaine était nationale. Parfois caricaturalement, mais cette approche avait au moins la vertu de donner aux enfants, qu’ils soient bretons ou provençaux, un patrimoine commun, presque un héritage spirituel. “Nos ancêtres les Gaulois”… Les choses étaient scientifiquement contestables, mais elles avaient un sens. L’histoire, telle qu’on l’enseigne aujourd’hui, sort de ce cadre national, car le credo politique actuel est de mettre à bas les nations. D’où le bannissement des grands hommes de notre histoire.
    Comment expliquez-vous que la France doute à ce point d’elle-même ?
    La nation française est une construction de l’État. Or, l’État a été dépossédé – démocratiquement, c’est vrai – des attributs de sa puissance. Au profit de quoi, de qui ? On ne sait pas très bien : de Bruxelles ? De Francfort ? La crise de la nation est évidemment liée à celle de l’État.,
    Les choses peuvent-elles évoluer ?
    Bien sûr. Les générations passent, les idéologies aussi. Mais ne me demandez pas de prédire l’avenir : nous avons assez à faire avec le passé !
     Propos recueillis par Fabrice Madouas
    http://www.jeansevillia.com/index.php?page=fiche_article&id=199

  • Le système politique d’’Auguste Comte

    « Le parlementarisme est un régime d’intrigues et de corruption où la tyrannie est partout et la responsabilité nulle part.
    Depuis plus de trente ans que je tiens la plume philosophique, j’’ai toujours représenté la souveraineté du peuple comme une mystification oppressive et l’’égalité comme un ignoble mensonge.
    Tout choix des supérieurs par les inférieurs est profondément anarchique. Il n’’a jamais
    servi qu’’à dissoudre graduellement un ordre vicieux.
    Tout être devant se former de ses semblables, l’’Humanité se décompose d’’abord en cités, puis en familles, mais jamais en individus.
    Aucune institution finale ne saurait surgir tant que persistera l’’anarchie actuelle des opinions et des mœurs. Jusqu’’à ce que de fortes convictions et des habitudes systématiques aient librement prévalu envers tous les cas essentiels de la vie sociale, il n’’y aura de véritable avenir que pour les diverses mesures propres à faciliter cette reconstruction fondamentale »
    Auguste COMTE

    Auguste Comte (1798-1857) est peu connu, peu aimé, peu lu. Littré, disciple infidèle, a déformé sa pensée en faisant du positivisme un ennemi de la religion catholique alors que Comte a toujours affirmé son respect, son admiration de l’’Église et la dette de reconnaissance que lui doit à jamais la civilisation pour avoir sauvé l’’héritage antique. Toutes les autres religions sont destructrices, à commencer par le protestantisme, « insurrection mentale de l’’individu contre l’’espèce ».
    “Doctrine de constatation”
    « Le positivisme est une doctrine de constatation » écrit Maurras dans La Démocratie religieuse. En s’’appuyant sur Aristote qu’’il appelle « prince des philosophes », Auguste Comte, désireux de donner à l’'art qu’'est la politique un fondement ferme, a étudié scientifiquement les lois de l’’ordre et du mouvement dans la constitution et le développement des sociétés. Il a fondé la science des phénomènes sociaux, la physique sociale ou sociologie. C’’est dans le 4e volume de sa Philosophie positive qu’'il emploie pour la première fois ce néologisme devenu depuis un terme courant. Comte et Sainte-Beuve ont inspiré « l’’empirisme organisateur ».
    « Les morts gouvernent les vivants », dit aussi Auguste Comte. Cette image saisissante montre le poids du passé dans la vie sociale. La morale sera donc dépendante et non indépendante comme celle de Kant. La famille étant le fondement de toute société humaine, Comte tourne le dos à tout individualisme. Ses raisonnements positifs le mènent à des conclusions identiques à celle du catholique Bonald. Pour que la famille, base de toute vie humaine, soit préservée, le mariage sera indissoluble car « la seule idée du changement y provoque ».
    Évolution de Comte
    Les disciples abusifs ont déformé l’’image du maître. Certes, marqué par les préjugés de son temps, Comte s’’est affirmé républicain et a écrit des pages critiques contre la monarchie, mais son idée républicaine est intéressante par l’’horreur qu’’elle manifeste envers le parlementarisme et le suffrage universel. Sa république est dirigée par un dictateur qui choisit lui-même son successeur. D’’ailleurs, l’’anarchie dans laquelle sombra l’’Europe après 1848 le mena à considérer la monarchie comme « moyen de salut extrême ». Son Appel aux conservateurs (1854) représente une étape décisive dans cette évolution, conservateur désignant à ses yeux les hommes qui se rattachent à l’’école de Maistre et de Bonald.
    En dépit de ses faiblesses et ses insuffisances, le positivisme d’’Auguste Comte occupe une place considérable dans la philosophie politique. Charles Maurras a pu dire qu’’il était allé par lui à la « vieille doctrine nationale de la monarchie » (AF mensuelle, 1er mars 1904).
    Gérard Baudin L’’Action Française 2000 du 7 au 20 septembre 2006
    * Le vocabulaire et le style de Comte rebutent le lecteur. Taine a écrit sur une page : « je renonce à aller plus loin ». Pour aborder l’œ’œuvre vaste et difficile de ce puissant penseur (Cours de philosophie positive, Système de politique positive, Considérations sur le pouvoir spirituel… ), on lira deux études : Le Système Politique d’’Auguste Comte de Léon de Montesquiou, livre tiré du cours donné par l’’auteur à l’’Institut d’’AF en 1906, et Auguste Comte dans Romantisme et Révolution de Charles Maurras.