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culture et histoire - Page 578

  • Ardi détrône Lucy !

    Ardi détrône Lucy !.jpegArdipithecus ramidus, alias Ardi, vue par Jay H Matternes.

    On considérait jusqu'à présent que « Lucy », surnom donné à un célèbre squelette d'australopithèque (Australopithecus afarensis) vieux de 3,2 millions d'années qui avait été découvert en Éthiopie en 1974, représentait notre ancêtre le plus éloigné. Cette opinion va devoir être révisée. Dans un ensemble de 11 articles publiés dans un numéro spécial de la revue Science, 47 chercheurs (dont Gen Suwa, de l'Université de Tokyo, Tim White, de l'Université de Californie à Berkeley, Giday Wolde Gabriel, du Laboratoire national de Los Alamos, et C. Owen Lovejoy, de la Kent State University) ont présenté les résultats des études faites à ce jour sur un hominidé nettement plus âgé, l’Ardipithecus ramidus, alias « Ardi », dont les restes relativement bien conservés (le crâne, une partie de la colonne vertébrale, le bassin, les pieds, les mains et d'autres os) ont été retrouvés à partir de 1994 également en Éthiopie, près du village d'Aramis (dans le nord du pays), mais ont été datés de quelque 4,4 millions d'années.

    Ardi, qui était de sexe féminin, mesurait 1,20 m de haut et pesait environ 50 kg, soit à peu près la taille et le poids d'un chimpanzé actuel. Mais elle possédait des traits plus archaïques que ceux des chimpanzés, ce qui montre que les grands singes ont continué à évoluer après s'être séparés de leur ancêtre commun avec les humains, et surtout des traits « dérivés » typiques des hominidés car, contrairement aux chimpanzés, elle pratiquait la bipédie et pouvait marcher en se tenant redressée, tout en ayant aussi la capacité de se déplacer en se suspendant aux branches des arbres. Son cerveau n'était pas plus gros que celui d'un chimpanzé, ce qui confirme aussi que la bipédie a précédé l'évolution du cerveau chez les hominidés. Elle possédait des incisives et des canines nettement plus petites que celles des grands singes, ce qui donne à penser que les mâles de son espèce ne se livraient pas de batailles entre eux et avaient un comportement plus coopératif.

    Selon les chercheurs, dont certains considèrent déjà que sa découverte est la plus importante trouvaille paléontologique faite depuis un siècle, Ardi n'est pas l'ancêtre commun aux singes et aux humains, qui vivait il y a sans doute 6 ou 7 millions d'années, mais elle en était probablement très proche. Reste à savoir si l'on peut la considérer comme l'ancêtre de Lucy.

    Sources : Science, 2 octobre 2009

    éléments N°134 janvier-mars 2010

  • La naissance du peuple russe

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    Les Bogatyrs sont, sans doute, le plus célèbre tableau de Viktor Vasnetsov (1848-1926). Il est une pièce maîtresse de la Galerie Tretiakov, le merveilleux musée de Moscou fondé par l'industriel et collectionneur Pavel Tretiakov (1832-1898) qui renferme la plus importante collection au monde d'oeuvres russes et slaves.

    C'est une très grande toile, plus de deux mètres de haut sur plus de trois de large, que l'artiste a terminée à cinquante ans, en 1898, au sommet de sa carrière, mais à laquelle il travaille depuis bientôt vingt ans. Trois cavaliers regardent au loin depuis une faible hauteur, montés sur trois puissants chevaux de couleurs contrastées. L'un a la main sur un glaive à-demi dégainé, l'autre sur un arc, le troisième, qui domine le tableau par sa position centrale sur son cheval noir, possède une longue lance acérée mais aussi, pendue à son bras, une masse d'armes menaçante; il scrute l'horizon. Rien n'est encore violent mais tout peut le devenir si le besoin s'en fait sentir.

    Aliocha, Dobrynia et Ilya

    Dans les légendes russes, et les bylines, poésies narratives qui les transmettent oralement, les bogatyrs sont des chevaliers errants légendaires, à mi-chemin, si on peut dire, entre des héros romanesques mais encore historiques comme Les Trois Mousquetaires de Dumas et le Roland de la Légende des siècles de Hugo qui ne l'est plus vraiment. Vasnetsov portraiture ici les trois plus célèbres. Ils incarnent aussi plus ou moins chacun une vertu.

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  • GRANDS TEXTES (36) : La "Monarchie absolue", c'est la monarchie parfaite, par François Bluche

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    Voici un très court extrait (moins de trois pages, les 185, 186 et 187) d'un très gros ouvrage : le magnifique Louis XIV de François Bluche, ouvrage en tous points remarquable, et qui ne mérite que des éloges.

    On peut dire de ce livre magistral - paru le 3 septembre 1986 - qu'il constitue une Somme, sur le règne du Grand roi, un peu comme l'on parle de la Somme théologique de Saint Thomas d'Aquin.

    Le Louis XIV de Bluche ne compte en effet pas moins de... 1039 pages ! Et il est rare que l'on donne le poids d'un livre : le sien pèse 637 grammes !...

    C'est, évidemment, l'ouvrage d'un historien, François Bluche n'étant ni ne se voulant, en aucune façon, penseur ou homme politique. Pourtant, dans ces trois pages, avec un style limpide, à la portée de tous les publics, il rendra un grand service à tous ceux qui, simplement parce qu'ils l'ignorent, ou parce qu'ils ont été trompés par un certain enseignement de l'Histoire, ne connaissent pas le sens de l'expression "monarchie absolue", qui a été, volontairement, déformé et caricaturé par une propagande mensongère, visant à éloigner les Français de leur héritage et de leur histoire vraie : ainsi, dans ces pages, François Bluche est-il, vraiment, politique, au bon sens du terme, et un excellent vulgarisateur... de la vérité, tout simplement.  

    C'est à ce titre que ces courtes pages d'un grand livre méritent d'entrer dans notre collection de Grands Textes

    La monarchie absolue

    Dès 1661 Louis XIV a donné au régime français une unité, un style. Il en est résulté presqu'aussitôt cette monarchie absolue qu'admirent alors les français, et que tentent d'imiter les rois d'Europe.

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  • Fascisme : ce cadavre de gauche

    Fascisme ce cadavre de gauche.jpeg

    « Les négociations fascistes du socialisme, de la démocratie, du libéralisme ne doivent pas faire croire que le fascisme veuille renvoyer le monde à celui d'avant 1789 […]. On ne retourne pas en arrière. La doctrine fasciste n'a pas élu comme prophète Joseph de Maistre ». Ainsi parle Benito Mussolini en 1932. Cette année-là, cela fait déjà une décennie que le Romagnol préside aux destinées de l'Italie. Une Italie certes encore monarchique - où règne Victor-Emmanuel III - mais où l'État et la société ont été peu à peu absorbés par l'idéologie fasciste.

    Mais si le fascisme italien n'est en rien une doctrine contre-révolutionnaire, est-ce à dire que ses racines se trouvent à gauche ?

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  • Les vrais rebelles de Rébellion (fin)

    Tribalisme et totalitarisme technicien

    Presque un siècle après la Commune de Paris, Mai 68 n'a certes pas été sanglant, mais son importance est considérable. Les auteurs notent l'ambivalence du phénomène : d'un côté le déploiement et la victoire de l'hédonisme et de l'idéologie libérale-libertaire, bien analysée par Michel Clouscard (et ensuite par Alain Soral), de l'autre coté, une tentative d'instaurer une autonomie ouvrière qui est le meilleur du socialisme, même si ce n'est pas tout le socialisme. Ce dernier aspect est la constitution des travailleurs comme sujet historique au-delà de l'identification à un parti politique, le PCF. C'est l'« insurrection de l’être » (Francis Cousin) face à la Forme-Capital.

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  • Les vrais rebelles de Rébellion

    Tous les rebelles ne sont pas les idiots utiles du capitalisme ! La preuve, la jeune équipe du groupe Rébellion. Dans un livre-manifeste, ses animateurs posent les bases d'une renaissance d'un socialisme révolutionnaire authentique, qui ne méconnaît pas l'exemple des grands ancêtres, bien au contraire. On leur souhaite de garder la ligne !

    Rébellion. C’est le nom d'un groupe et d'une revue. C'est maintenant un livre, présenté par Louis Alexandre et Jean Galié. Qui sont-ils. de jeunes gens qui réfléchissent au-delà des clivages partisans, qui refusent de se laisser enfermer dans les catégories de gauche et de droite instrumentalisées par l'hyper-classe mondialiste pour que rien ne change vraiment Que veulent-ils : lutter contre le despotisme du capital, sortir de l'aliénation capitaliste et salariale. Sortir d'un monde à la fois monoforme et unipolaire. Écrire pour cela ? Précisément, face au capital, il est subversif de continuer à penser et à écrire, même si on ne saurait se limiter à cela : il faut passer d'une critique théorique à une pratique critique. Mais penser reste le premier acte : c'est d'ailleurs pour cela que la pensée même est de plus en plus souvent criminalisée.

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  • Aux Mercredis de la NAR : #25 - Natacha Polony pour son livre “Changer la vie, pour une reconquête démocratique”.

    Mercredi 6 juin, aux “Mercredis de la NAR” nous recevions Natacha Polony pour son livre “Changer la vie, pour une reconquête démocratique”.

    Agrégée de Lettres modernes, auteur de nombreux essais, parmi lesquels « Nos enfants gâchés » qu’elle nous avait présenté en 2005, Natacha POLONY publie régulièrement des chroniques au “Figaro” et sur LCI et anime le média indépendant “Polony TV”.

    Le nouveau livre que Natacha Polony a accepté de nous présenter est un dictionnaire politique - “Changer la vie” - destiné à assurer la reconquête de la démocratie à la fois individuelle et collective. Pour « inventer une société vivable » et pour « reconquérir nos vies » - tels sont les titres des deux parties du livre – il importe de repenser les concepts que la « communication » politique a vidés de leur sens. Il faut savoir ce que nous entendons par « progrès », « laïcité », « nation », « souveraineté », « populisme » mais comprendre aussi ce que signifie « habiter le monde », « garder la mesure », « transmettre », « vivre », « vieillir »…