
À partir de l'ADN d'un fémur fossile vieux de 45 000 ans, une équipe de généticiens placée sous la direction de Svante Pääbo, de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionnaire de Leipzig, et comprenant notamment Qiaomei Fu, Janet Kelso et David Reich, est parvenue à déchiffrer le plus ancien génome d'Homo sapiens connu à ce jour. Le fémur en question a été découvert par hasard au bord de la rivière Irtych, près du village sibérien d'Ust'-lshim, dans la région d'Omsk, par un sculpteur d’ivoire qui recherchait des défenses de mammouth. Cette trouvaille pourrait avoir des conséquences considérables pour l'étude des premiers peuplements de l'Europe. Elle « suggère que l'histoire des premiers hommes modernes en Eurasie est plus complexe qu'on ne le pensait », a d'ailleurs déclaré Jean-Jacques Hublin, lui aussi professeur à l'Institut Max Planck de Leipzig. Selon la théorie classique, les premiers hommes modernes sont en effet arrivés d'Afrique il y a tout au plus 40 000 ans. Or, le fémur de l'homme d'Ust'-lshim est plus ancien. Pour expliquer cette divergence, les chercheurs sont donc d'obligés d'imaginer une vague de peuplement antérieure à celle dont sont issus les Européens du paléolithique supérieur du type CroMagnon, vague dont on ne sait quasiment rien, car il est pour l'instant impossible de l'associer à un type particulier d'industrie lithique.



Député français au Parlement européen, ancien ministre et ancien président du Conseil général de Vendée, Philippe de Villiers vient de publier chez Albin Michel une biographie très originale du grand chef royaliste Charette. Il a bien voulu revenir pour Monde et Vie sur cet étonnant succès.