
Par Pierre Boisguilbert, journaliste spécialiste des médias et chroniqueur de politique étrangère ♦ Ainsi, pour le président Macron, la colonisation est une erreur doublée d’une faute. On le savait déjà. Après son infamante sortie algérienne sur les « crimes contre l’humanité » prétendument commis par la France outre Méditerranée, il a cru bon d’en remettre une couche à Abidjan le 21 décembre.
La colonisation est une mondialisation
Juger moralement un mouvement historique inévitable, et sur lequel il est impossible de revenir, est stupide. Le monde a été colonisé par les Européens tout simplement parce qu’il ne pouvait pas ne pas l’être. L’énergie de la « race blanche » dans sa volonté de découverte et d’expansion a changé le monde pour toujours et à jamais, comme celle de la Horde d’or mongole avait changé la Russie. Il n’y a eu en fait dans l’histoire qu’une seule véritable mondialisation : la colonisation. Parfois, il est vrai, cruelle et prédatrice. Mais aussi porteuse de progrès et de santé pour les populations soumises, en même temps qu’elle faisait reculer l’esclavage, le cannibalisme et la sauvagerie. Son histoire, notamment pour la France, a révélé des hommes d’un courage exceptionnel mais également d’une grande humanité, et donné lieu à des épopées qui participent à la fierté de notre histoire.

Depuis Abidjan, Emmanuel Macron a indiqué samedi 21 décembre que la colonisation a été « une faute de la République ». En février 2017 déjà, en pleine campagne électorale, il présentait sur une chaîne de télévision algérienne la colonisation comme « un crime contre l’humanité ». Selon lui, la France devait présenter ses « excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels elle a commis ces gestes de barbarie ». Le lendemain de l’entretien accordé à la chaîne de télévision algérienne, celui qui était alors député LR, Gérald Darmanin, avait tweeté pour fortement critiquer cette prise de position. Le vent a tourné, le tweet le plus rapide est cette fois venu de Benalla : « Non, la colonisation n’a pas été une mauvaise chose : infrastructures éducatives, de transports, de communication, de santé, augmentation de l’espérance de vie, elle a été une chance pour les pays colonisés. » Il a raison sur le fond, le comique étant que cela vienne de lui. Il faut en effet avoir l’esprit formaté pour ne pas voir combien la France a apporté à ses colonies.


