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Europe et Union européenne - Page 1183

  • « Le procès de l’Europe » de Jean-François Mattéi, par Pierre de Meuse

    Jean-François Mattéi nous a donné il y a déjà trente mois un nouveau sujet de réflexion avec un livre intitulé « le procès de l’Europe ». La lecture de cet ouvrage est, comme toujours, pleine d’enseignements et même dispensatrice de plaisir. Jamais, en effet, on n’y trouve d’austères périodes, ni surtout de langage obscur ou ampoulé comme malheureusement de nombreux philosophes nous en infligent trop souvent le déchiffrement. Non, Mattéi parle en clair, dans un français hellénique, nous donnant sans cesse à penser avec le jeu des étymologies, un exercice que nous ont transmis les grecs, et qui révèle le sens des mots cachés sous l’acception commune. Parler avec élégance et naturel des choses graves et essentielles est le propre des grands esprits. Ils ne sont pas très nombreux par les temps qui courent. A l’érudition et la clarté, Mattéi ajoute le courage, puisque le sujet de son livre est  la culpabilisation de l’Europe et sa mise en accusation par la pensée dominante. A-t-on le droit de vouloir que l’Europe soit autre chose qu’un marché ou une expression géographique ? Peut-on être fier de son identité européenne alors que tant de penseurs, de Julien Benda à Bédarida, en passant par Frantz Fanon, pointent du doigt les crimes qui jalonnent l’Histoire de notre vieux continent, simple excroissance à l’extrémité de l’Asie ? Mattéi, non seulement se refuse à plaider coupable, mais réclame le non-lieu.  

    Avec sa connaissance exceptionnelle de la philosophie, notamment celle de Platon, mais aussi des sciences et de la musique, le philosophe montre comment la connaissance et la mesure du monde ont été possibles, non seulement par l’expérience de la main, comme l’ont fait toutes les cultures humaines, mais par deux inventions des grecs : la logique et l’abstraction, qui procèdent par généralisation et progression dialectique. Ainsi les Européens ont accumulé des inventions permettant de dominer la nature comme personne ne l’avait fait avant eux. Grâce à eux, selon Mattéi, le monde est devenu intelligible. De sorte qu’aujourd’hui, s’il existe encore des sciences et desmusiques propres à certaines cultures, personne ne conteste que LA science et LA musique sont celles que les Européens ont conçues. Les fils de l’Europe ont créé un modèle universel de la raison et l’ont offert à l’humanité. Leur société, ouverte sur les autres et sur l’extérieur, a permis l’invention de l’humanisme. En effet, c’est l’Europe et l’Europe seule, éclairée par la pensée grecque et le christianisme, qui a imaginé que l’homme, l’homme en soi, pouvait exister. Et Mattéi d’égrener les étapes de cette naissance : de la Magna Carta à la controverse de Valladolid et aux bills of Rights, jusqu’à la déclaration des Droits de l’homme de 1948.

    Bien sûr, l’Europe a déraciné des cultures, au cours de ses conquêtes, mais elle ne fut pas la seule à le faire, ce qui est indiscutable, car toutes les cultures ont prospéré sur la ruine de celles qu’elles avaient dominées. De plus, ces cultures ne pouvaient pas survivre à  l’irruption d’une abstraction qu’elles n’étaient pas en mesure d’assimiler : « La vie de l’anthropologie européenne signe, quoi qu’on fasse, la mort des cultures indigènes. La voix de la nature s’éteint quand les signes de l’écriture apparaissent : le monde ne résiste pas à la prise du concept » (p.91). D’autre part, l'auteur estime que beaucoup ne méritaient pas de se perpétuer, à cause de leur cruauté ou leur brutalité, comme les Aztèques ou les Incas. Mattéi écarte donc l’accusation, qu’elle concerne la colonisation ou la traite, dont il souligne que ce n’est pas l’Europe qui a inventé l’esclavage, mais que c’est elle qui l’a aboli. Enfin, il montre que c’est aussi l’Europe qui a fait des autres cultures les objets d’un regard neutre et attentif, grâce à la distanciation, le « regard éloigné » dont parle Lévi-Strauss. A mesure que les langues et les légendes des pays conquis disparaissaient, les savants, plus tard les ethnologues les recueillaient pieusement et même amicalement.                                              

    Reste la question ultime, et la seule à notre avis, qui mérite qu’on la pose, car elle concerne notre survie : nous reste-t-il, à nous Européens, une identité qui nous soit propre ? Pouvons-nous espérer transmettre à nos enfants quelque chose qui n’appartienne à personne d’autre qu’à nous ? Mattéi répond, formellement oui, mais son argumentation attend encore quelques précisions pour être vraiment convaincante.  

    Le philosophe passe en revue les critiques de ceux qui refusent d’admettre que l’Europe possède une identité exprimée par une culture propre, qui la distinguerait radicalement des autres cultures. Ainsi, il donne l’exemple d’Alain Badiou, pour qui « l’Europe vide ou évide la pensée », Denis Guenoun : « le vide est son avenir positif » ; Ulrich Beck : « vacuité substantielle et ouverture absolue ». En bref, tous proclament que l’identité de l’Europe est impossible et que le seul destin de l’Europe est de devenir étranger à soi. On pense immanquablement à Lévi-Strauss qui se demandait ironiquement « comment nous métisser nous-mêmes ? ». Citant  Pierre Manent, Mattéi constate la permanence et la nocivité de cet interdit jeté sur l’identité de l’Europe.   

    Pourtant, on ne peut pas vouloir une chose et son contraire. Si, comme le dit Mattéi, « la raison européenne s’est toujours identifiée à son ouverture vers l’Universel » (p.182), si la culture européenne n’est pas une culture mais une métaculture, alors elles ne nous appartiennent pas, et c’est à bon droit que les philosophes précités, quelle que soit parfois leur médiocrité, nous emprisonnent dans nos promesses inconsidérées. Si l’Europe est une Idée offerte aux autres hommes, de quel droit voulons nous l’accaparer dans notre chair ? En somme, le modèle universel de la rationalité peut il encore avoir une identité ? L’universalité du droit édifiée sur les modèles des Lumières est-elle compatible avec l’affirmation de ce qui nous est propre ? Et pour finir : peut-on encore se considérer comme une culture si l’on s’affirme comme une « culture supérieure », surtout si cette affirmation est acceptée par les autres cultures ? Les historiens savent que le peuple qui impose sa vision à l’empire qu’il a conquis perd toujours son particularisme.  

    Afin de répondre à cette question restée sans réponse valable, quelle que soit la forme sous laquelle on l’énonce, il convient de se demander si l’Europe ne s’est pas empoisonnée avec ses propres concepts. Elle a, nous dit l’auteur, créé le modèle d’une « société ouverte ». Peut-être trop ouverte, au point de détruire toutes les légitimes différences ? Elle a, poursuit-il, osé l’ouverture à l’ « homme ». Mais qu’est-ce que l’homme ? Croit-on qu’après avoir fabriqué un tel concept, il va rester sagement limité aux passions humaines communes, à la littérature ou aux fins dernières ? Et laisser intacts traditions, langues, religions et particularismes ? Et les Droits de l’Homme dont le Pape Pie IX disait qu’ils étaient « une monstruosité », non pas parce qu’ils sont des droits, mais parce qu’ils se prétendent attachés à l’homme. Souvenons nous enfin de ce fameux quolibet de Maistre : « l’homme, je ne l’ai jamais rencontré ! » 

    Osons nous demander, en espérant que notre éminent ami ne nous en tiendra pas rigueur, s’il ne conviendrait pas, au lieu d’accepter sans réserve tout l’héritage accumulé depuis l’École  de Salamanque jusqu’aux Lumières, de faire sécession de cette Europe mentale, incompatible avec notre survie, et de nous demander à quel moment les choses ont commencé à déraper. Une telle démarche nous permettrait, comme disent les juristes, d’accepter la succession « sous bénéfice d’inventaire ». Après tout avons-nous toutes les raisons de nous glorifier de notre cadeau de la raison universelle offert au monde ? Le voyageur peut constater aisément en visitant les pays de tous les continents,  que  le monde s’enlaidit à mesure et à proportion de son européanisation. C’est le visage hideux de la modernité, certes, mais comme le montre Mattéi, c’est notre œuvre.                      

    Or, de Vico à Herder, à Maistre, Donoso Cortès et Spengler, nombreux furent les penseurs qui contestèrent et rejetèrent « l’idée d’une intelligibilité qui régirait aussi bien le monde que l’homme », refusèrent «  l’idée de raison universelle » et espérèrent « en finir avec l’idée linéaire menant l’humanité vers le progrès » (p.121). Avaient-ils tort, ou n’étaient-ils pas européens ?  

    Osons aussi regretter que notre Europe contemporaine n’ait pas conservé comme les grecs classiques, à côté de leur philosophie, une poésie épique, qui façonnait les esprits et les volontés vers les vertus vitales. Osons déplorer encore que notre société ait perdu le sens du tragique, dont Mattéi nous dit qu’il « s’enracine dans le théâtre des Grecs plus que dans leur philosophie », ajoutant que «  c’est toujours cette dernière qui donne le la ».  

    N’allons pas jusqu’à souhaiter, comme Platon qui exigeait que les poètes restassent en dehors de la cité, réserver le même sort aux philosophes, afin que l’Europe, telle Ulysse « abandonne son nom de « Personne », Ουτις, lorsque le fils de Laërte aura retrouvé, avec la terre natale, son identité (p.93). 


    Jean-François Mattéi, Procès de l’Europe, Grandeur et misère de la culture européenne, PUF, 22 €, 264 p.

  • Boxing day à Florange

    Les quatre cents kilomètres à la mer pénalisent les deux haut-fourneaux de Hayange, dit-on au siège d'ArcelorMittal. Avant de poursuivre, précisons que Florange n'est que l'adresse des bureaux du site sidérurgique contesté, qui s'étire dans la vallée de la Fensch, au nord de Metz, sur un maillage ferroviaire privé exploitant 250 kilomètres de voies. Sur ce site intégré, on va du magma à la canette à boisson en partant du coke fabriqué à Serémange et du minerai aggloméré à Rombas vers les hauts-fourneaux de Hayange, qui coulent la fonte pour l'aciérie de Serémange-Erzange. Les brames passent aux laminoirs à chaud puis à froid, écrouissage, étamage à Ebange. Depuis l'arrêt de la phase liquide les brames viennent de Dunkerque, mais l'excellence est dans le train à froid dont ArcelorMittal ne veut se séparer car l'outil, qui livre entre autres les constructeurs automobiles allemands, est réputé pour sa qualité.
    Ainsi que l'expliquait Serge Fuss de la CFDT après l'arrêt technique du second haut-fourneau, l'intégration complète du process, phase liquide et laminage à froid, est « un grand atout économique, car cela nous permet, par exemple, d’utiliser les gaz des hauts-fourneaux et de l’aciérie pour faire fonctionner les laminoirs. La sidérurgie est très haute émettrice de gaz à effet de serre, mais chez nous, le bilan carbone est beaucoup plus favorable qu’ailleurs : peu de transports, hormis le minerai qui arrive par voie fluviale, les expéditions qui partent par le même chemin ou par la voie ferrée, et des hauts-fourneaux qui polluent presque deux fois moins que nos concurrents, car nous maîtrisons l’injection de poussières de charbon qui freine la formation de gaz carbonique ».
    Et d'autres mettent en avant que la clientèle des produits finis est à proximité, voire sur place à Florange même comme Tata-Steel Rail et Thyssen-Krupp Presta, et que la distance moindre des bassins industriels de transformation en aval amortit quand même un peu le coût d'approche des matières premières apportées de la mer.
    Deux rapports ont conclu à la viabilité du site intégré : l'un officiel, établi par une commission ad hoc dirigée par M. Pascal Faure fut remis en juillet dernier au gouvernement qui semble-t-il ne l'a pas lu, sauf M. Montebourg ; l'autre, interne, déniché récemment par les syndicats, est réfuté par la direction financière de la firme qui n'aurait pas chargé la mule de tous les coûts induits qu'elle doit porter. Il y a pour le moins un gros doute. Le rapport Faure devrait être passé au crible d'un expert, un sidérurgiste (Francis Mer à tout hasard, ancien patron d'Usinor-Sacilor et ministre des finances de Jacques Chirac), sur la base des calculs faits par ArcelorMittal dans le deuxième rapport. Ce serait plus logique que de continuer la partie de poker-menteur entre MM. Mittal et Ayrault où l'on sait d'avance qui ramassera le pot.

    On pourrait alors poser une question toute simple : pourquoi ArcelorMittal persiste-t-il à vouloir garder la cokerie de Serémange afin de fournir les hauts-fourneaux de Dunkerque qui retourneront les brames ainsi coulées aux laminoirs d'Ebange ? C'est son affaire, me direz-vous ! Mais vous tirez sur 400km le charbon primaire puis sur 400km le coke en retour et sur 400km ensuite les brames dans l'autre sens, détruisant l'économie de l'alternative. A moins que de stopper les deux hauts-fourneaux de Hayange ne sécurise l'importation de brames russes qui en 2011 arrivaient par vingt mille tonnes/mois !
    Si après les deux rapports précités, il était confirmé pour la troisième fois par cette contre-expertise que le site intégré de Florange est viable économiquement, il serait alors temps de bloquer le dépeçage indien et d'exproprier l'opérateur « mondial », par tous moyens légaux, afin de conserver autant que faire se peut les bases industrielles lourdes qui nous restent, car c'est de la destruction de notre industrie dont on parle et pas que de six cents emplois.
    L'affaire est éminemment politique, au sens noble. Elle devrait enthousiasmer un pouvoir socialiste ayant une affection particulière pour les masses laborieuses et démocratiques. Pas du tout. Eblouis, un peu jaloux, mais si contents d'approcher la Fortune, nos apparatchiks de province se sont laisser hypnotiser par Kaa le python du Livre de la Jungle ! Et pour apaiser les syndicats ahuris ils ont nommé le sous-préfet de Thionville(sic) "contrôleur" du développement des nouveaux processus sidérurgiques à très basses émissions de carbone (ULCOS en anglais) !

    Florange est, bien plus que Notre-Dame-des-Landes, le dossier risqué pour le pouvoir socialiste, parce qu'en matière de sidérurgie la vérité dérive au sein d'un marché libre impossible à maîtriser depuis Paris. Une seule voie, passer le projet à des professionnels de la filière aussitôt l'expropriation décidée.
    L'absence criante de politique industrielle dont le ministère du Redressement productif n'est que l'alibi détesté, l'entêtement puéril d'un premier ministre robotique dépassé par les enjeux, la défiance des élus de terrain devant cette mollesse des chefs au premier choc sérieux, la liquéfaction continue de notre industrie et d'emplois non remplacés, tout concourt à lever un fort mécontentement dans le populaire qui peut emporter le gouvernement et ruiner la cohésion parlementaire. Mais la sidérurgie française vivra, faudrait-il passer sur le ventre du capital vagabond, parce qu'elle est la base même de notre renaissance !

    http://royalartillerie.blogspot.fr/

  • Pierre Jovanovic : “Nous avons pris le chemin de la Grèce”

    Pierre Jovanovic, de retour de reportage en Grèce (décembre 2012), partage avec Media-Investigation cette expérience qu’il compare avec la situation française.

     

    Il considère cette nation, que l’on détruit, comme un laboratoire pour le reste de l’Europe en tirant des conclusions dépassant le seul destin européen puisqu’elle sera, d’après lui, intégrée dans quelques années aux États-Unis avec une monnaie commune.

    Tout ceci va se terminer dans une guerre civile” s’exclame-t-il tout en proposant quelques conseils pour se prémunir.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Arrêtons de banquer : la Grèce, la France, l’Allemagne, l’Europe n’ont pas besoin de l’euro !

    Un  drame du laxisme, un drame de l’immigration, un drame de la  récidive : sorti de prison en septembre dernier  après 6 ans d’incarcération,  Abdallah Boumezaar a reconnu être l’auteur des coups de feu qui ont tué à Collobrières (Var) à la suite d’un «banal» cambriolage,  deux gendarmes, Alicia Champlon, une adjudante de 29 ans, et Audrey Berthaut, maréchal des logis-chef de 35 ans, mère de deux filles de 5 et 13 ans. Laxisme et  récidive sont  aussi des mots qui viennent à l’esprit au vu de la dramatique situation vécue par la Grèce et qui plombe plus largement l’ensemble de la zone euro…avec la complicité des crânes d’œufs bruxellois. Selon les médias, il resterait dans les caisses d’Athènes que deux milliards d’euros, de quoi tenir jusqu’au 20 juillet, pour payer factures, fonctionnaires et pensions de retraites…

    Confrontés aux solutions prônées par  l’extrême gauche anti bruxelloise du parti Syriza  d’Alexis Tsipras, les Grecs ont voté le 17 juin, mais sans lui  donner la majorité absolue,  pour le parti de droite pro euro  Nouvelle démocratie (ND) de Antonis Samaras. ND l’a emporté avec 29,66% des voix, s’adjugeant 129 sièges sur 300 au parlement (plus les cinquante sièges de  bonus pour le parti arrivant en tête selon la constitution)  suivi par le Syriza, (26,89 % et 71 sièges), les socialistes  du Pasok (12,28% et 33 sièges) ; le très décrié parti  l ‘Aube dorée, Chryssi Avghi,   confirme sa percée enregistrée précédemment  avec 18 députés.

    Alors que la situation financière  de l’Espagne se dégrade de manière très problématique et  pose également de manière criante  l’hypothèse d’une implosion de la zone euro, le vote grec de dimanche n’a pas  créé une vague d’enthousiasme « des marchés. »

    C’est dans ce climat que ND, parti qui quand il était au pouvoir a largement contribué au marasme actuel,  tente actuellement  de former un nouveau  gouvernement de « salut national », avec l’appui du socialiste  Evangelos Vénizélos.

    En marge du sommet du G20, à Los Cabos, au Mexique rapporte l’AFP, les présidents de l’UE, Herman Van Rompuy, et de la Commission  européenne, José Manuel Barroso,  ont déclaré en commun que les instances bruxelloises « (continueront)  à soutenir la Grèce en tant que membre de la famille de l’UE et de la zone euro ». Derrière la formule convenue, on sent poindre la méthode Coué…

    Journaliste économique au Figaro, Guillaume Guichard  rappelait dernièrement que «seul un dixième environ des 125 milliards d’euros prêtés à la Grèce depuis mai 2010 ont fini dans les caisses de l’État. Le reste a servi à rembourser dans les temps une partie de la dette colossale du pays, », «  au paiement des intérêts sur la dette, au remboursement des échéances et au renforcement des banques grecques au bord de l’effondrement. »

    Dans les faits  les médecins-vampires de l’euromondialisme veillent au grain :  « comme la Banque centrale européenne (BCE) a racheté, en 2010, entre 47 et 55 milliards d’euros de dette grecque pour ralentir la progression de la crise, c’est à elle que revient, au final, la majeure partie de l’aide. Ainsi, 88% des remboursements d’emprunts que doit effectuer la Grèce d’ici fin 2012 concernent des titres détenus par la BCE. La troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne et FMI) se paie essentiellement elle-même en octroyant l’aide à la Grèce, en concluent les économistes d’une grande banque américaine… ».

    Mais le dogme intangible du maintien de l’euro est remis chaque jour davantage en cause, et notamment encore dernièrement par Thilo Sarrazin. Ce socialiste alors membre du SPD,  avait déjà fait sensation en 2010 avec son pamphlet, LAllemagne court à sa perte (« Deutschland schäft sich ab »), un immense succès de librairie dénonçant l’immigration-invasion qui lui avait coûté son poste  au directoire de la Bundesbank.

    Cette fois avec « L’Europe n’a pas besoin de l’euro » (paru le 22 mai), de nouveau en tête des ventes Outre-Rhin,   le tollé des bien-pensants est aussi grand.  Il est certain que la remise en cause de  religion de la monnaie unique est la transgression d’un tabou quasiment aussi fort que le  refus du multiculturalisme obligatoire, les deux voguant d’ailleurs  souvent  de conserve…  

    Dans une (longue)  tribune libre publiée sur le site Nouvelles de France et reprise sur Polemia,  Philippe Simonnot s’interrogeait : « Que dit donc de tellement sot ou méprisable l’ancien banquier d’obédience socialiste ? Qu’Angela Merkel a tort de dire que  si l’euro échoue, l’Europe échoue . Thilo Sarrazin nous donne pourtant un message de raison et d’espoir en ne liant pas le sort du Vieux Monde à une monnaie condamnée. »

    « Quoi encore ? Que les pays qui violent continuellement le pacte de stabilité doivent quitter la zone euro. Logique ! Si l’on ne respecte pas les règles d’un club, ne doit-on pas le quitter ? »

    « Encore ceci : Thilo Sarrazin s’insurge contre les eurobonds (la création d’euro-obligations  appelés encore « eurobonds »,  qui remplaceraient les bons du Trésor émis par chaque Etat, NDLR) prônés par la France, mais aussi par une grande partie de l’opposition allemande de gauche et écologiste. Et il accuse cette dernière d’être motivée par ce réflexe  très allemand  de penser que  l’on aura définitivement expié l’Holocauste et la Guerre Mondiale quand nous aurons mis toutes nos affaires, et aussi notre argent, entre des mains européennes. Là, il est allé trop loin pour la bonne pensée des deux côtés du Rhin ou des Alpes. Halte-là ! »

    Et l’auteur de l’article de relever que « déjà, en 1969, Franz Joseph Strauss (décédé en 1988, il fut président du parti conservateur Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU), ministre-président de la Bavière, ministre fédéral des finances, NDLR)  avait déclaré : un peuple qui a engrangé de tels succès économiques a le droit de ne plus rien entendre à propos d’Auschwitz ».

    Sans rentrer dans ce débat là, saluons chez Thilo Sarrazin une exigence  d’honnêteté,  de cohérence pas si courante.  Et la classe politicienne eurolâtre et antinationale ferait bien pareillement  de méditer sur ce souhait formulé déjà par Cicéron en  55 avant Jésus-Christ,  douze  ans avant son assassinat,  et déjà cité par Bruno Gollnisch dans l’hémicycle du parlement européen :

    « Les finances publiques doivent être saines, le budget doit être équilibré, la dette publique doit être réduite, l’arrogance de l’administration doit être combattue et contrôlée, et l’aide aux pays étrangers doit être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite. La population doit encore apprendre à travailler au lieu de vivre de l’aide publique. » Tout est dit !

    http://www.gollnisch.com

  • La folie des grandeurs des “euro-mandarins”

    On défilait hier dans l’Europe entière contre l’austérité, à l’appel de syndicats bien souvent complices  de l’idéologie l’euromondialiste . Celle là même qui broie littéralement actuellement la Grèce. Un peuple grec qui certes, n’est pas totalement pour rien dans ses malheurs en donnant les clés de sa destinée aux politiciens qu‘ils ont jusqu’alors constamment réélu. Mais ce constat s’applique aussi à notre pays et à bien d’autres au sein de l’Union européenne…Une austérité que les nababs de l’hyper-classe bruxelloise réservent aux autres, mais certainement pas à eux!

     Les projets architecturaux pharaoniques, -souvent propres aux Etats totalitaires soit dit en passant…- des institutions européennes en sont une nouvelle illustration, dans une course au gigantisme budgétivore particulièrement indécent.

    Du passé faisons table rase : pour l’édification du futur siège du Conseil européen et Centre de presse international, nos grands architectes ne vont pas hésiter à massacrer Le Résidence Palace, un joyau de l’Art déco. Tout en prenant bien soin de conserver la piscine existante pour leur propre confort. D’ores et déjà le devis initial a été dépassé de 40%. Pourquoi se gêner, ce sont les contribuables européens qui payent !

    Un constat clairement exposé dans l’article paru à ce sujet sur le site mailonline le 5 novembre et dans le Irish Daily Mail. Son auteur relève justement que « Les euro-mandarins veulent non seulement de l’argent pour leurs augmentations de salaire, leurs retraites mirobolantes, financés par le contribuable, et  pour l’éducation d’élite de leurs enfants, mais aussi pour leurs nouveaux projets (architecturaux) impériaux.»

    « Une frénésie de construction » qui est comparée ici  avec le goût du faste d’un « Louis XIV à Versailles », lequel à sa décharge,  était tout de même d’une toute autre envergure, sur le plan esthétique comme politique,  que les velléités  architecturales et les ambitions des  petits marquis qui président actuellement au fonctionnement des institutions de l’UE.

    Cet article cite pour décrire cette frénésie, « un ancien mandarin européen de premier plan, Derk-Jan Eppink. M. Eppink, un Néerlandais , est maintenant un membre du Parlement européen, mais avant cela, il a travaillé pendant sept ans comme haut fonctionnaire à la Commission européenne

    M. Eppink évoque cette fièvre ultra-dépensière dans une vidéo qu’il a posté sur YouTube (http://www.buildingsagency.be/realisatieberichten_fr.cfm?key=146). Ainsi il rapporte que 240 millions d’euros ont été dépensés afin que président de l’UE Herman Van Rompuy dispose « d’ un nouveau bureau pour accueillir les réunions du Conseil européen ». Un bâtiment boursouflé de « vanité », en forme d’œuf, vitré (photo), actuellement en cours de construction « juste à côté du siège du Conseil déjà vaste et moderne.»

    Mais ce n’est pas tout. M Eppink relève que «la construction la plus grotesque est en cours  à Francfort. Il s’agit de la construction de la Banque centrale européenne, la BCE.. (Son coût) a été estimé à 800 Millions d’euros ». Un budget lui aussi allégrement dépassé puisqu’il est maintenant de 1,2 Milliard d’euros ( !!!) et il reste encore deux ans de travaux. »

    Une BCE qui préche « l’austérité en Grèce, en Espagne, au Portugal , en Italie, en Irlande» et qui, pour elle-même,  jette l’argent par les fenêtres  (…). Le siège de la BCE reflète le pompeux, le goût  du  prestige et du pouvoir, comme l’aime les dirigeants européens»,  poursuit le parlementaire néerlandais.

    Et d’évoquer encore le projet de construction d’un « immeuble de prestige, la Maison de l’histoire européenne » pour un budget prévu d’environ 60 millions d’euros. Mais il ya un problème. Sous la fondation coule une rivière souterraine. Maintenant, les fondations doivent être renforcées, sinon, le bâtiment s’effondrerait». Selon un architecte, cette opération « doublerait le coût de construction qui s’élèverait finalement à plus de 120 Millions d’euros»!

    Une entité bruxelloise constate M. Eppink, comme avant lui Bruno Gollnisch qui l’a dénoncé dés ses premiers pas de parlementaire européen, totalement dominée par « l’hubris ». Cette démesure dans laquelle les Grecs anciens voyaient un des plus grands dangers pour l’individu comme pour la société.

    Oui, mille fois oui, il est vraiment temps de mettre au rencart cette Europe là, insulte vivante non seulement aux Européens frappés par la crise, mais au vrai génie de notre civilisation.

    http://www.gollnisch.com

  • Révoltes populaires en Slovénie le 21 décembre

    Les révoltes de novembre sont à la base d'un mouvement populaire qui s'organise durablement. Les protestations spontanées mais nébuleuses des ces dernières semaines (on sait ce que l'on rejette mais on ne sait pas ce que l'on veut) ont égrainé dans une dizaine de villes slovènes ainsi que dans le centre-ville de la capitale Ljubljana, où se sont réunis 5000 manifestants selon la police. Les contours de leurs revendications sont de plus en plus clairs et s'accompagent de revendications de plus en plus concrètes. Aujourd'hui on pouvait lire les revendications suivantes sur Facebook.

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    Une foule slovène
    Récupéré sur le site d’information http://www.siol.net/novice/svet/201...

    Des iniciateurs des protestations slovènes on publié pour la première fois leurs exigences sur un mur internet de Facebook :

    1. Nous exigeons des élites politiques qu'elles quittent le pouvoir. Que ce soit au parlement, au gouvernement, dans la coalition ou dans l'opposition.
    2. Nous exigeons de tout ceux qui sont sortis de la coalition avec le peuple qu'ils quittent aussi leurs postes.
    3. Nous exigeons l'introduction d'un instrument de défiance populaire, car selon la constitution slovène c'est le peuple qui détient le pouvoir.
    4. Nous exigeons une réforme radicale du système judiciaire car nous voulons un État de droit.
    5. Nous exigeons des procédures juridiques rapides et efficaces contre tous ceux qui ont acquis leurs propriétés d'une manière douteuse.
    6. Nous exigeons le retrait des richesses d'origine inconnue. L'élite politique et éconnomique qui a administré l'argent public doit prouver la source de ses avoirs. La Slovénie et ses richesse ne sont pas la propriété de nouveaux ultrariches (tajkun) mais de l'ensemble des citoyens.
    7. Nous exigeons que les banquiers prennent la responsabilité de leurs actes car nous - les citoyens - ne payerons plus les erreurs causées par l'avidité de certains autres.
    8. Nous exigeons la mise en place d'une commission constitutionnelle incluant des citoyens chargée d'apporter les changements nécessaires dans la constitution slovène.
    9. Nous exigeons une influence accrue du peuple sur la constitution du parlement slovène.
    10. Nous voulons un renouveau de la Slovénie dont les fondements seront la morale, la justice sociale, ainsi que la souveraineté populaire ; et nous nous opposons sévèrement à toute division artificielle du peuple (s'appuyant par exemple sur une idéologie en relation avec l'histoire).

    Je pense que ces exigences sont suffisament réalistes et proches des faits observés il y a quelques mois en Islande, et en les circonstances actuelles je ne vois pas d'autre changement assez radical qui fût réalisable. Dans le même ordre d'idée, il me semble que la cause de la misère dans laquelle nous vivons déjà et qui nous précipite à la catastrophe, n'est pas à chercher dans les individus criminels de l'élite, mais dans le système capitaliste néolibéral, complètement débridé depuis la chute du mur de Berlin et qui montre maintenant son vrai visage. Il s'agit du vol rapace d'une élite peu nombreuse envers la majorité du peuple au moyen d'une corruption systématiquement construite. La corruption fait partie du capitalisme néolibéral, sans elle il ne peut exprimer ses tendences rapaces. Une prise de conscience est nécessaire : la solution ne consiste pas chasser des personnes concrètes de la position politique mais en un changement du système qui pousse pour l'instant tout détenteur de autorité dans les bras de la corruption dès qu'il pénètre les arcanes du pouvoir. Tout détenteur de pouvoir, que ce soit de la sphère économique ou économique, et qui ne veut pas accepter les méthodes corruptrices de la gouvernance, celui-là perdra bientôt sa position.

    Il est nécessaire de créer un nouveau monde sur la base des nouveaux meneurs mondiaux et de leurs priorités : la révolution informatique porte des hommes pourvus de grandes connaissances informatiques, ils maîtrisent réellement les machines sans lesquelles le temps présent ne peut plus fonctionner. Les informaticiens (entre autre les réseaux sociaux) doivent prendre conscience de leur pouvoir politique et éloigner de nous le système actuel organisé sur la base d'une pseudo démocratie capitaliste et néolibérale (celle qui au moyen de la corruption et de l'argent trompe les masses). Ils doivent imaginer de nouvelles règles de fonctionnement dans lesquelles l'argent (la possession) n'aura plus le rôle central, mais le savoir. Peut-être cela sonne-t-il utopiste, mais je vous garantis que ce temps n'est pas si éloigné.

    Zlatko Tišljar

    Traduit à la louche par votre serviteur à partir d'un blog de l'auteur

    http://www.agoravox.fr

  • Catherine Ashton

    L’Union européenne ne se résume-t-elle pas dorénavant à cela : une oligarchie de plus en plus fermée et de moins en moins démocratique, plus avide d’argent que de pouvoir, méprisant ouvertement les électeurs et restaurant par touches successives un Etat totalitaire sous un déguisement « soft » ? La nomination récente de Catherine Ashton comme Ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne semble autoriser une réponse affirmative.
     
    Dès le départ qualifiée de « pygmée politique » par le député européen britannique Nigel Farage et jugée « totalement incompétente » comme dénuée « d’expérience politique et diplomatique » par Pierre Moscovici, ancien Ministre délégué aux Affaires européennes, ou encore taxée « d’amateurisme » et « d’incompétence » par Libération, Catherine Ashton a en quelques mois accumulé gaffe sur gaffe et fait à présent la risée de l’Europe sur la scène internationale. Il semble qu’Ashton ait été choisie par Gordon Brown pour la seule raison que l’Union européenne voulait une femme à ce poste. On n’aurait rien trouvé de mieux… La première explication pour ce choix désastreux s’inscrit dans la thèse que les puissants du monde, en particulier les Etats-Unis, veulent une Europe unie, certes, mais faible, impuissante et désorganisée. Ils veulent une Europe comme relai d’un pouvoir mondialiste, mais un relai docile. La nomination d’Ashton s’expliquerait ainsi. L’adoption forcée et antidémocratique du Traité de Lisbonne cadre parfaitement avec cette thèse puisqu’il a donné à l’Europe trois présidents – un Président de la Commission, un Président tournant et un Président permanent – dont on a appris après-coup que leurs attributions respectives n’étaient pas bien délimitées.
     
    L’autre explication repose sur le passé de Catherine Ashton : une femme qui est un pur produit de la classe politique, qui n’a jamais exercé de profession et n’a jamais été élue nulle part. Ashton est une ancienne militante du CND (Campaign for Nuclear Disarmament), une organisation de gauche qui luttait contre la défense nucléaire de l’Europe en pleine guerre froide. Elle était trésorière de cette organisation dans les années 80 quand le CND reçut d’importantes donations en argent. Le CND a toujours refusé de révéler l’origine de ces dons, ce qui laisse penser que des organisations communistes et – pourquoi pas ? – l’Union soviétique – pourraient avoir été impliquées. C’est l’opinion de plusieurs membres du Parlement européen d’Europe centrale, par exemple Hynek Fajnon, un député tchèque, pour qui il ne fait aucun doute que l’Union soviétique a soutenu financièrement le CND. Ce qui a servi l’obscure activiste de gauche qu’était Catherine Ashton, c’est d’épouser Peter Kellner, journaliste et commentateur politique, mais surtout ami personnel de Tony Blair. Kellner, devenu entretemps le Président de YouGov, une organisation de sondage politique, a obtenu pour sa femme en 1999 le titre de « baronne Ashton of Upholland » et un siège à la Chambre des Lords.
     
    A partir de là, la carrière politique de cette femme sans expérience ni qualification, s’est accélérée au grand étonnement de tous et par le seul effet de pistons dus à Kellner et Blair. Elle qu’on dit « plus propre à diriger à un conseil paroissial », n’a jamais été élue à aucun de ses postes politiques. La seule chose qu’elle ait jamais gagnée par un vote c’est le titre de « Politician of the Year 2006 » du groupe homosexuel Stonewall. Or elle est aujourd’hui parmi les dirigeants politiques les mieux payés au monde : mieux que Sarkozy, mieux que Merkel, mieux qu’Obama. Dans une classe politique où rien ne compte tant que le pouvoir et l’argent et où l’on est prêt à tout pour l’obtenir (jusqu’à accepter un titre de noblesse), Catherine Ashton s’est particulièrement bien débrouillée puisqu’elle gagne aujourd’hui 363 000 euros par an (30 250 euros par mois) incluant une prime au logement et un budget de représentation, mais sans compter deux chauffeurs et une multitude d’autres avantages. Tout cela pour un poste sans obligation de résultats et sans responsabilités directes. Le pire qui puisse lui arriver c’est de le perdre… fortune faite. Si elle survit à son mandat de 5 ans, elle bénéficiera d’une pension de 70 439 euros et d’une prime de départ de 510 500 euros.
     
    La nomination de Catherine Ashton s’inscrit donc parfaitement dans la logique de fonctionnement de l’Union européenne. Le personnel politique doit être grassement payé et, si possible, pas trop qualifié. Il doit tout devoir à l’Union européenne et sentir que sans elle il ne serait rien. On peut tout attendre de gens qui renoncent à avoir une conscience ou un jugement personnel. Ils se montreront d’une flexibilité totale, fermeront les yeux sur toute irrégularité, fraude, abus ou injustice. Le seul fait de vivre dans le monde artificiel et privilégié de l’Union européenne suffira à les couper des réalités de la société et les préparera à accepter comme normale la dérive oligarchique et antidémocratique des institutions.
     
    Christophe Buffin de Chosal http://www.libeco.net/

  • La Grèce sous la dictature de la Commission, de la BCE et du FMI - Nigel Farage

  • Comment le Conseil de l’Europe impose l’avortement à l’Irlande et à la Pologne

    L’Irlande est un symbole en Europe de résistance à l’avortement ; mais il est sur le point de tomber sous la pression conjuguée du Conseil de l’Europe et de groupes de pression pro-avortement. Le peuple irlandais s’est toujours opposé fermement à l’avortement : à trois reprises, par référendum, il a refusé la légalisation de l’avortement et a accordé une protection constitutionnelle à l’enfant à naître, dont la vie bénéficie d’une protection égale à celle de sa mère.

    L’avortement est ainsi toujours interdit, sauf lorsque jugé nécessaire par les médecins pour sauver la vie de la mère.

    Or, le Conseil de l’Europe est au cœur d’une campagne visant à imposer « par le haut » l’avortement à un peuple qui l’a refusé « par le bas » à trois reprises lors des referendums de 1983, 1992 et 2002.

    Précisons que le Conseil de l’Europe a été crée pour défendre la démocratie et les droits de l’homme. La Cour européenne des droits de l’homme fait partie du Conseil de l’Europe ; son rôle est de veiller au respect par les États des droits et libertés garantis par la Convention européenne des droits de l’homme. Les États condamnés doivent se conformer aux arrêts rendus par la Cour à leur encontre ; ils disposent d’une liberté quant au choix des moyens à mettre en œuvre à cette fin. Cette exécution des arrêts est réalisée sous la supervision politique du Comité des Ministres, c’est-à-dire des ambassadeurs des 47 États membres.

    Le 16 décembre 2010, dans l’affaire A. B. et C. contre Irlande, alors qu’il n’y a pas de droit à l’avortement dans la Convention, la Cour européenne a condamné l’Irlande au motif que sa réglementation de l’avortement ne serait pas claire, car elle n’aurait pas permis à une femme enceinte désireuse d’avorter de savoir si elle pouvait bénéficier de l’exception à l’interdiction de l’avortement. Cette femme, ayant eu antérieurement un cancer, craignait que sa grossesse altère sa santé. Estimant qu’elle ne parviendrait pas à obtenir auprès de médecins la possibilité d’avorter en Irlande, elle subit un avortement en Angleterre. [...]

    La suite sur NdF

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  • La France d’en-bas contre l’Europe d’en-haut par Georges FELTIN-TRACOL

    Le 29 mai dernier, à une forte majorité, le corps électoral français a rejeté la ratification du Traité constitutionnel européen (T.C.E.). Trois jours plus tard, le 1er juin, les électeurs néerlandais ont fait de même, plus massivement encore. Cette double victoire du non a plongé l’eurocratie dans la consternation, l’hébétude et la rage. Malgré la nette victoire du oui survenue au Luxembourg le 10 juillet suivant, l’état comateux du T.C.E. demeure.

     

    La vigueur du non français a surpris les observateurs. Il signifie le cinglant désaveu du peuple envers une certaine manière de faire campagne. Matraqué par une intense propagande « oui-ouiste » orchestrée par la quasi-totalité du personnel politique, reprise et démultipliée par la grande presse et les grands médias, l’électeur, d’instinct, s’est opposé à ce nouveau « bourrage de crâne ». « Ce non est bien évidemment une réaction automatique, immédiate, à l’ultimatum qu’a été dès le début ce référendum, commente Jean Baudrillard. Réaction à cette coalition de la bonne conscience, de l’Europe divine, celle qui prétend à l’universel et à l’évidence infaillible, réaction à cet impératif catégorique du oui, dont les promoteurs n’ont même pas supposé un seul instant qu’il pouvait constituer un défi – et donc un défi à relever. Ce n’est donc pas un non à l’Europe, c’est un non au oui, comme évidence indépassable » (Libération, 17 mai 2005).

     

    Déçus, amers et vindicatifs (comme le prouve l’hallucinant et édifiant éditorial de July dans Libération du 30 mai), les tenants du oui ont beau jeu de souligner l’hétérogénéité du non. Pour la circonstance, la distinction gauche-droite a su s’éclipser au profit d’une convergence circonstancielle et momentanée de périphéries radicales, contestataires et oppositionnelles contre un centre modéré, gouvernemental et installé. D’après les enquêtes d’opinion, la majorité des électeurs « nonistes » provient de la gauche. Pour le démographe Hervé Le Bras, il ne fait aucun doute que « la carte des résultats du référendum donne un verdict clair : le non de 2005 épouse la géographie de la gauche, pas celle de l’extrême droite » (Libération, 1er juin 2005). « L’importance de la victoire du non, insistent Bruno Cautres et Bernard Denni, doit donc assez peu aux souverainistes qui, à la différence de 1992, ne se retrouvent en nombre qu’au F.N. et au  M.P.F. » (Libération, 7 juin 2005). Annie Laurent confirme cette analyse en précisant qu’« à l’aune des élections régionales de 2004, la gauche parlementaire représente 44 % du vote non, la droite parlementaire 18 % et le F.N. 28 % » (Le Figaro, 14 juillet 2005). « Pour le philosophe Philippe Reynaud, signale Nicolas Weill, “ ce qui l’a emporté, c’est avant tout une problématique sociale, antilibérale et anticapitaliste ” » (Le Monde, 4 juin 2005).

     

    Un non pluraliste

     

    La part de la gauche dans le succès du non est indéniable. Il faut toutefois appréhender ce non de gauche comme passéiste et rétrograde. Tout au long de la campagne, les dissidents des Verts et du P.S. (Fabius, Mélenchon, Emmanuelli, Montebourg), José Bové, le P.C.F., la L.C.R., Lutte ouvrière, l’extrême gauche et la C.G.T. ont défendu l’« exception française », les « acquis sociaux » et le droit illimité et incompressible à la « gréviculture ». Critiquant surtout la troisième partie économiciste du texte, ils ont encouragé une certaine conception de la France, sœur jumelle survivante de l’Albanie maoïste d’Enver Hodja, dernière réserve à dinosaures bourdivins, ultime « Sovietic Park » au monde. La gauche revendicative a favorisé un non de résignation, car elle est incapable de comprendre les défis du XXIe siècle, aveuglée par une grille de lecture antédiluvienne remontant à la Ire Révolution industrielle ! Ne soyons pas surpris d’y retrouver d’indécrottables utopistes, d’ineffables pacifistes et de pitoyables tiers-mondistes. Ainsi, Libération (31 mai 2005) rapporte le témoignage d’un étudiant appelé Jérôme qui a voté « non » parce qu’il n’a « pas envie de créer une seconde superpuissance qui, comme les États-Unis, pillerait les pays d’Afrique » (sic). La sottise idéologique reste d’actualité !

     

    La deuxième composante du non rassemble la nébuleuse souverainiste, national-républicaine et nationiste, c’est-à-dire le F.N. et le M.P.F., bien évidemment, mais aussi le M.N.R., les gaullistes de Charles Pasqua et de Nicolas Dupont-Aignan, les chevènementistes, les royalistes, le Parti des travailleurs de Daniel Gluckstein (catalogué « national-trotskyste »), les chasseurs de C.P.N.T., etc. D’une argumentation plus fondée, leur non n’est pas moins présentiste et paradoxal. Ils condamnent, à juste titre, ce qu’entreprend l’Europe technocratique, c’est-à-dire l’éradication et le remplacement des identités populaires par un grand marché planétaire, tout en reproduisant cette démarche ethnocidaire dans l’Hexagone. Plus exactement, la bureaucratie bruxelloise reprend la méthode jacobine républicaine hexagonale afin d’édifier un super-État centralisé européen. Ne s’exemptant pas de contradictions, ils défendent avec acharnement la langue française, mais méprisent les langues régionales et vernaculaires ! Au nom d’une francophonie mythique, ils acceptent les migrants du Maghreb et d’Afrique noire, mais accusent le « plombier polonais » et la « coiffeuse hongroise » de « manger le pain des Français ». Dans Le Figaro du 31 juin 2005, un certain Nordine, chauffeur de taxi de son état, explique son vote négatif par un raisonnement xénophobe : « L’Europe va s’épuiser en voulant renflouer l’Est. Les Roumains et les Polonais que je vois ici ne respectent rien. » Tiens donc ! Les « jeunes » des banlieues qui brûlent les voitures viendraient-ils d’Europe de l’Est ? L’information sensationnelle vaut son pesant de cacahuètes. Le discours souverainiste atteint ici ses limites. Son fixisme autour d’une France idéalisée par les « quarante rois qui… » (on connaît la chanson) et les « hussards noirs de la République », l’empêche de comprendre les grandes mutations de notre temps. Il est intéressant de remarquer que les territoires dont les élus sont des ténors de l’État-nation (la Vendée pour Philippe de Villiers, les Yvelines pour Christine Boutin, Maison-Laffitte pour Jacques Myard, les Hauts-de-Seine pour Charles Pasqua) ont porté le oui en tête.

     

    La dernière catégorie du non ressort de la marginalité. Elle n’en est pas moins fondamentale, car porteuse d’une ambition européiste s’appuyant sur l’identité, la souveraineté et la puissance. C’est un non d’avenir qui entend bouleverser l’actuel paysage politique et politiser l’enjeu européen. C’est déjà en bonne voie puisque « les référendums sur l’Europe réussissent là où échouent les élections au Parlement européen : créer un espace démocratique pour organiser le débat autour de la construction européenne » (B. Cautres et B. Denni, art. cit.). Ce non d’avenir dépasse de loin le non droitier et le non gauchiste. En effet, « si l’on retient qu’il s’agissait d’abord d’un non identitaire s’opposant à un élargissement sans limites, à une fédéralisation d’éléments clés des politiques nationales, et à une réduction des protections sociales nationales sans contreparties apparentes pour les salariés exposés, la réponse ne peut résider dans un replâtrage de l’Union. C’est une refondation de la construction européenne qui s’impose » (Christian Saint-Étienne, Le Figaro, 18 et 19 juin 2005). Et l’auteur d’ajouter, avec pertinence, que « le non social est un non identitaire au sens où les salariés ont l’impression qu’on veut casser les protections nationales pour mieux les laminer dans une Union qui, du fait d’un élargissement sans limites, a changé de nature ». « Est-ce à dire que la question sociale primerait désormais sur la question nationale ? “ L’une et l’autre sont liées ”, fait observer l’historien de l’Europe Robert Frank, de l’université Paris-I. Le chômage que la France connaît depuis des décennies représente un ferment “ destructeur de l’identité nationale ”. Aujourd’hui, pense M. Frank, “ l’identité nationale est multiple et superpose plusieurs attachements, régionaux, nationaux mais également européens ”. Plutôt que de malaise, il préfère parler d’une “ crise de l’identité européenne des Français ” » (Nicolas Weill, art. cit.).

     

    Préparer la Grande Europe identitaire et populiste

     

    Dépassant la stupide et stérile querelle gauche-droite, le non d’avenir identitaire et populiste, car populaire, sait, comme semble le convenir Emmanuel Todd, que « les milieux populaires, ouvriers et employés, représentent 50 % du corps électoral, et que cette proportion explique les instabilités du système politique français. Les ravages du libre-échange, dont souffrent les milieux ouvriers, ont encore radicalisé leur révolte. […] La vraie nouveauté est l’entrée en fureur d’une parties des classes moyennes » (Emmanuel Todd, Le Nouvel Observateur, 9 – 15 juin 2005). Attirons toutefois l’attention sur le discret mépris à l’égard des couches populaires. E. Todd semble leur reprocher l’instabilité politique comme s’il croyait que la politique ne fût que la version sophistiquée de La Petite Maison dans la prairie et non l’acceptation du conflit. C’est indéniable : « le non, de “ gauche ” ou d’extrême droite, confirme le géographe Jacques Lévy, contient une incontestable composante nationaliste, à la fois sous la forme d’un protectionnisme commercial, relancé à propos des services par la directive Bolkenstein, et d’un refus de la libre circulation » (Libération, 1er juin 2005). Il en résulte « une recomposition du champ politique. Au clivage gauche-droite s’est substituée une ligne de partage qui oppose schématiquement le “ peuple ” aux “ élites ”, les radicaux aux modérés, les électeurs anti-système à ceux qui se reconnaissent dans les partis de gouvernement. En ce sens, le 29 mai n’est pas un nouveau 10 mai, mais bien plutôt un super-21 avril. Or cette recomposition s’est opérée autour du rapport à l’État et à la nation. Plus précisément, la question sociale a rejoint la question nationale » (Claude Weill, Le Nouvel Observateur, 9 – 15 juin 2005).

     

    Plus généralement, la victoire du non démontre la faillite des oligarchies. Le 29 mai restera comme une magnifique claque donné à un Établissement plus attiré par les lubies mondialistes libérales-libertaires de la « Nouvelle Classe » que par les inquiétudes légitimes du peuple. Il est cependant navrant d’employer le beau mot d’« élite » pour désigner les couches dirigeantes maffieuses qui monopolisent la politique, l’économie, les syndicats, la culture, les médias, et qui asservissent la France. Si elles forment une élite, c’est très sûrement dans la gabegie des ressources, le détournement des finances et le conformisme politique ! Elles sont les élites de la nullité; une parodie d’élite. Le seul terme adéquat qui leur convient est celui d’« oligarchie ». Dans Sinistrose. Pour une renaissance du politique (Flammarion, 2002), Vincent Cespedes observe que la France vit en non-démocratie : en-dehors de l’exercice d’un droit de vote formel et illusoire car sans grand effet, le citoyen est réduit à la figuration politique. Le fort taux de participation sur un sujet a-priori jugé compliqué par les oligarques prouve a contrario l’intérêt du peuple pour la Res Publica.

     

    Emmanuel Todd croit que « les gens du oui ont choisi leur défaite. Les gens du oui, compétents, les élites, se sont refusé, ou ont été incapables, de définir une Europe effectivement protectrice » (art. cit.). La dénonciation reste bien modeste. Traduirait-elle en fait sa lassitude et son agacement de Todd de faire partie des perdants, une fois encore après Maastricht en 1992 ? « La classe politique française toute entière porte dans cet échec une énorme responsabilité, écrit pour sa part Alain Caillé. Vis-à-vis de l’Europe, elle n’a su que cumuler arrogance, ignorance et incompétence. Arrogance aussi longtemps qu’elle a cru pouvoir donner le la en Europe. Ignorance de la réalité des autres pays qui rejoignaient l’Europe. De la réalité tout court. Incompétence dans le rapport aux nouvelles institutions européennes. Les députés français y brillent plus souvent par leur absence que par leur force de proposition. Force est de constater qu’aucun des grands partis français n’a su développer un discours sur l’Europe, totalement absente de la dernière présidentielle ou des dernières législatives » (Libération, 24 mai 2005). « Cela signifie, poursuit Jean Baudrillard, la faillite du principe même de la représentation, dans la mesure où les institutions représentatives ne fonctionnent plus du tout dans le sens “ démocratique ”, c’est-à-dire du peuple et des citoyens vers le pouvoir, mais exactement à l’inverse, du pouvoir vers le bas, par le piège d’une consultation et d’un jeu de question / réponse circulaire, où la question ne fait que se répondre oui à elle-même » (art. cit.). Le scrutin du 29 mai 2005 indique l’état de sécession du peuple. Son exaspération peut, à plus ou moins long terme, virer en révolution, avec le risque d’une reprise en main possible par les gauchistes et leurs alliés islamistes.

     

    Néanmoins, « le non identitaire ouest-européen pourrait servir de socle à un renouveau de la construction européenne [car] s’interdire d’analyser les non français et hollandais pour ce qu’ils sont, c’est s’interdire de penser la refondation de l’Europe. L’avenir de l’Europe ne peut se construire que sur la vérité et la lucidité » (Christian Saint-Étienne, art. cit.). La construction européenne voulue par ses fondateurs dans une direction intégratrice fonctionnaliste paie maintenant au prix fort son absence de politisation. « Car, insiste Alain Caillé, le défaut majeur auquel a succombé la construction européenne est connu : avoir préféré l’élargissement économique à sa consolidation politique » (art. cit.).

     

    L’urgente et souhaitable politisation ne doit pas toucher que les instances européennes, elle doit aussi concerner la France et ses terroirs. L’alternative est désormais simple : ou les oligarchies sourdes, autistes et aveugles poursuivent leur travail de dissolution des identités ethniques, culturelles et populaires dans le grand chaudron de la mondialisation avec les inévitables réactions de résistance et de rejet, ou les peuples retrouvent leur citoyenneté,  recouvrent, enfin, le pouvoir de décider de leur destin.

     

    Georges Feltin-Tracol http://www.europemaxima.com