Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

géopolitique - Page 981

  • Syrie : l’UE autorise la livraison d’armes aux rebelles

     

    Syrie : l’UE autorise la livraison d’armes aux rebelles

    PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) - Au terme d’une journée de négociations marathon, les vingt-sept pays de l’Union européenne ont réussi in extremis à trouver un compromis quant au renouvellement des sanctions imposées à la Syrie.

     

     

    Qu’a‑t‑il été décidé ?

     

    Le Royaume‑Uni et la France militaient pour une levée de l’embargo sur les armes afin de pouvoir armer la rébellion, pourtant de plus en plus composée de djihadistes internationaux. En face, l’Allemagne, les Pays‑Bas, l’Autriche, la Tchéquie ou encore la Roumanie souhaitaient un renouvellement des sanctions pour tout le monde. Finalement, l’accord maintient toutes les sanctions économiques et financières, mais soustrait de cette réglementation européenne la possibilité de livrer des armes à la rébellion islamiste.

     

    Mais que se passe‑t‑il sur le terrain ?

     

    L’armée arabe syrienne, l’armée gouvernementale, a enregistré des succès notables ces dernières semaines en reprenant des bases militaires occupées par les rebelles, ou des postes‑frontières. Peut‑être le retour sur le devant de la scène des fameuses armes chimiques n’est‑il pas anodin. Deux journalistes du Monde ont ainsi ramassé des échantillons qu’ils auraient trouvés par terre. Ces échantillons vont être étudiés par la police afin de tenter de prouver la présence d’armes de destruction massive en Syrie.

     

    Cela peut‑il apaiser la situation ?

     

    Certes non, car en représailles la Russie a livré des missiles sol‑air S300 au gouvernement syrien afin de lui permettre de répondre aux attaques étrangères, comme par exemple celle faite par Israël contre un dépôt d’armes sans aucune somation. Moscou et les puissances occidentales proposent désormais l’organisation d’une conférence Genève 2 pour réunir autour de la table les différents protagonistes.

     

    Crédit image : DR.http://fr.novopress.info

  • [Paris] Mercredi 5 juin 2013 : BERNARD LUGAN AU CERCLE DE FLORE

    VENEZ NOMBREUX AU CERCLE DE FLORE, LE MERCREDI 5 JUIN 2013 À 19.15

    ÉCOUTER BERNARD LUGAN, historien français spécialiste de l’Afrique, directeur de la revue "l’Afrique Réele"

    Il viendra nous parler de

    LES GUERRES D’AFRIQUE, des origine à nos jours, objet de son dernier livre.

    Le Cercle de Flore - 10 rue Croix-des Petits-Champs, 75001 (M° Palais-Royal) Escalier A, 2étage.

    Pour ceux qui le désirent, Bernard Lugan signera son ouvrage à la fin de sa conférence

    http://www.actionfrancaise.net

  • Pourquoi la Turquie menace-t-elle la Syrie ?

    Après le double attentat qui a endeuillé la Turquie, le Premier ministre Erdogan a tenté d’imputer le carnage à la Syrie. Cependant, la presse turque penche plutôt pour une provocation israélienne. En définitive, l’accusation gouvernementale devrait tomber à l’eau : Erdogan n’ayant plus la capacité d’imposer une guerre contre la Syrie à son pays.

    JPEG - 32 ko
    Deux véhicules bourrés d’explosifs ont explosé le 11 mai à Reyhanli (sud-est), une petite ville située à 8 kilomètres de la frontière syrienne et qui accueille de nombreux réfugiés syriens. L’attentat a fait 51 morts et plus d’une centaine de blessés.

    Le pouvoir turc a accuse les services secrets syriens d’avoir perpétré les attentats terroristes à Reyhanli. D’après les résultats préalables de l’enquête menée par les Turcs, des membres d’un service secret syrien seraient mêlés à l’attentat. Beşir Atalay, le vice-Premier ministre turc a déclaré que presque toutes les personnes liées aux attentats sont identifiées ; d’après des sources divergentes, de cinq à dix personnes ont été arrêtées.

    Le ministre des Affaires étrangères turc a déjà clamé que son pays a droit à « n’importe quelle réponse » [à l’encontre de la Syrie]. Le Premier ministre a quant à lui remarqué que les attentats pourraient aussi être une provocation car près de 25 000 réfugiés syriens vivent dans la ville. Le chef du gouvernement n’exclut pas que ce soient des adversaires de la réconciliation nationale syrienne qui aient provoqué l’explosion.

    Damas a déclaré de son côté que le pouvoir syrien n’a rien à voir avec ces attentats. Le ministre de l’Information syrien, Omran az-Zoubi, a souligné en direct sur la télévision nationale que « personne n’a le droit d’émettre de fausses accusations ».

    Rappelons que le 11 mai dans la ville frontalière de Reihanly près de 40 personnes sont mortes et plus de 100 ont été blessées à la suite d’explosions. Deux voitures piégées ont sauté dans des endroits fréquentés – devant la mairie et la poste – de cette ville située près de la frontière syrienne. Quelques heures après des autochtones ont attaqué le camp de réfugiés syriens.

    Évidemment, les États-Unis ont condamné les attentats. John Kerry, secrétaire d’État, a souligné —en exprimant ses condoléances aux proches des victimes— que la nouvelle des explosions a « fait très mal » à Washington.

    Anders Fog Rasmussen, le secrétaire général de l’OTAN, a aussi eu le temps d’exprimer son soutien aux victimes. Mais pour l’heure il n’y a pas eu d’information au sujet d’une quelconque réunion d’urgence de l’Organisation à propos de ces attentats. Les représentants de l’Alliance déclarent qu’il n’est pas prévu pour l’heure d’activités communes en réponse aux explosions mais que l’OTAN attend des Turcs un rapport détaillé sur les faits.

    Aleksei Puchkov, président de la commission des Affaires étrangères à la Douma russe a déclaré, un jour plus tôt, que ce serait la faute de la Syrie [pour l’Occident et la Turquie]. C’est ce qu’il s’est passé. Certains spécialistes estiment que les explosions de Reihanly pourraient transformer la guerre civile syrienne en conflit international.

    Said Gafourov, directeur scientifique de l’Institut de la connaissance de l’Orient et de l’Afrique, estime dans un entretien à Odnako que des actions militaires directes de la part de la Turquie sont pour l’heure peu probables :

    « Je n’exclus pas la possibilité que la Turquie mène une réponse militaire, mais je pense que cette possibilité est peu probable. Avant tout, la Syrie n’a rien à voir avec les événements et plus encore, tout le monde le comprend tant en Turquie qu’en Syrie. Le plus important c’est que le commandement des forces armées turques, qui n’a pas du tout envie de mener une guerre impopulaire contre la Syrie, le comprend très bien, comme il sait que si par malheur les autorités politiques l’obligent à entrer en guerre contre les Syriens, il y aura tout de suite une émeute sur les arrières-flancs des Turcs. Et ce ne seront pas seulement les Kurdes qui se révolteront (alors même qu’à priori des pourparlers sont en cours avec eux), mais aussi les alaouites qui représentent une grande partie de la population de la Turquie rurale et justement de l’Anatolie orientale. Ainsi, il y aura le feu aux arrières, et les divisions turques se retrouveront entourées d’ennemis, c’est pourquoi l’armée ne veut pas du tout guerroyer.
    Ensuite, la Turquie est membre de l’OTAN. Or l’OTAN a déjà déclaré par la parole de son leader Rasmussen que l’organisation ne participera pas au conflit syrien hors du cadre d’une décision du Conseil de sécurité où les positions de la Russie et de la Chine sur le sujet n’ont pas évolué.
    Enfin, les Syriens n’y sont vraiment pour rien. Évidemment, Erdogan peut essayer de changer quelque chose, notamment en espérant une petite guerre-éclair, mais tout le problème vient du fait qu’il ne réussira pas une petite guerre victorieuse, et en plus, lorsqu’il faisait campagne pour le pouvoir, son principal slogan électoral était « zéro soucis avec les voisins », alors que maintenant il a des problèmes avec tous les pays frontaliers de la Turquie, la Grèce, l’Irak, la Syrie, l’Arménie etc.
    Cet attentat est un événement intérieur à la Turquie. Je pense qu’il y a le risque qu’en Turquie —du moins dans sa partie orientale— se produise la même chose qu’au Liban ou en Syrie, c’est-à-dire une guerre civile intercommunautaire, pas tant sur le fondement de la religion (en principe les alaouites sont des gens pacifiques qui ne revendiquent pas leur appartenance religieuse) que sur celui de l’ethnie. Dans cette même province du Hatai, à Alexandrette, il y a beaucoup d’arabes de religions diverses, des Kurdes, des Turkmènes… Et si la provocation marche et que l’on sache qui des parties turques au conflit a organisé cette explosion, il y a une forte probabilité que les gens contrattaquent pour se venger.
    Par ailleurs la Turquie n’a pas une situation économique si bonne que ça. C’est-à-dire que le miracle économique turc qu’Erdogan avait atteint lorsqu’il menait une politique mesurée est aujourd’hui menacé. Par exemple, la rupture des échanges commerciaux et économiques avec la Syrie a étrangement surtout frappé très fort l’économie, justement dans la partie du pays qui soutient Erdogan, pas à Istanbul mais dans les provinces intérieures. D’un côté la guerre augmente évidemment le crédit, de l’autre tout peut se retourner.
    Ainsi, le seul argument pour soutenir l’hypothèse selon laquelle Erdogan commencerait la guerre serait une décision strictement personnelle pour remonter ses espérances électorales, mais l’opposition sera telle dans l’administration turque (dans l’élite politique et militaire, les partis au pouvoir et l’opposition) qu’il ne se passera rien de sérieux. Les Turcs ne sont pas si bêtes pour attaquer la Syrie sans se garantir du soutien de tout le bloc de l’OTAN
     »

     

     

    Traduction : Louis-Benoît Greffe

    Source :  Odnako (Fédération de Russie)
    Hebdomadaire d’information générale. Rédacteur en chef : Mikhail Léontieff

    http://www.voltairenet.org

  • Guerre en Syrie : victoire de la realpolitik et défaite du mainstream médiatique ? Par Alexandre Latsa

    Guerre en Syrie : victoire de la realpolitik et défaite du mainstream médiatique ? Par Alexandre Latsa

    Сe 22 mai 2013, l’armée syrienne semble en passe de remporter une bataille locale importante, en reprenant le contrôle d’un des principaux bastions de l’opposition, la ville de Qousseir [Note de Novopress : aujourd'hui 25 mai, la bataille n’est pas terminée mais parait toujours tourner à l'avantage de l'armée syrienne, malgré l'apport aux rebelles il y a deux jours d'une grosse cargaison d'armes à l'instigation de l'Arabie saoudite].
    Cette victoire militaire, qui devrait être confirmée dans les jours qui viennent, arriverait alors que l’Etat Syrien a repris le contrôle de plusieurs dizaines de localités ces dernières semaines.

    Cette chute de Qousseir, qui résiste au régime depuis plus d’un an, serait stratégique pour l’Etat Syrien et lui permettrait de couper la principale route d’approvisionnement des rebelles dans le centre de la Syrie [Note de Novopress : Qousseir se trouve près de la ville de Homs, Hims en arabe sur la carte en Une].
    L’armée Syrienne devrait ensuite vraisemblablement concentrer ses forces sur Homs, ville que près de 80.000 chrétiens ont fui depuis le début de la guerre et ainsi plausiblement reprendre le contrôle du centre du pays.

    On peut imaginer qu’ensuite, le régime décide d’en finir avec Alep et lance un assaut décisif pour reprendre cette ville partiellement aux mains des rebelles, réduisant ainsi à néant toute possibilité pour ces derniers d’en faire un bastion du nord, pourquoi pas même la pré-capitale d’une région indépendante du nord. Le régime Syrien avait du reste lui-même qualifié la bataille d’Alep, qui a commencé en juillet 2012, de mère des batailles.

    Ce faisant, le régime resterait sur la tactique qui est la sienne depuis le début du conflit, c’est à dire garder le contrôle des villes et refouler les rebelles dans les campagnes, les empêchant ainsi d’exercer tout contrôle politique.

    Il semble donc bien que le gouvernement syrien reprend lentement l’avantage, une situation que la presse occidentale n’arrive même plus à maquiller, après avoir proclamé et martelé pendant deux ans et demi, depuis le début de la guerre civile, que la défaite d’Assad était évidente, certaine et toujours très proche. Cette situation remet de nouveau sur la table le projet de négociations internationales sur la question Syrienne.

    Toutefois, c’est une équation totalement nouvelle qui apparait pour ces éventuelles négociations internationales. L’image médiatique de l’opposition en Syrie s’est beaucoup dégradée, sans doute au grand dam de ses sponsors. On parle moins d’opposition démocratique, on décrit maintenant des groupes Djihadistes sans coordination, et les multiples vidéos de tortures et massacres commis par certains de ces groupes armés ont semble t-il considérablement porté atteinte à la détermination de nombre de pays occidentaux d’armer ces mêmes groupes.

    Peu à peu, une scission semble s’être en effet créée au sein des partisans du départ d’Assad, qui forment une étrange coalition entre des états occidentaux (Amérique, Israël et nations européennes) et des pays islamo-sunnites, Qatar en tête. Pour les premiers, l’absence d’une opposition politique modérée (laïque titrait même le New York Times) avec la rébellion qui n’arrive pas à contrôler le terrain, et ce malgré deux ans et demie de guerre, pose un réel problème de tactique diplomatique. Pour les seconds visiblement, la montée en puissance du Front Al-Nosra ne semble pas être un problème et l’organisation, qui a affirmé son rattachement a Al-Qaïda, vient d’ailleurs de faire des émules puisque l’opposition Syrienne comprend désormais également une brigade Oussama-Ben-Laden.

    Sur le terrain il est sans doute encore très prématuré de parler d’une potentielle victoire d’Assad, militaire ou politique, ou de dire que la Syrie ne se dirige pas vers une partition de fait. Mais sans intervention militaire étrangère, on imagine mal comment l’armée Syrienne, qui a désormais elle aussi le soutien de milliers de combattants étrangers (notamment du Hezbollah) ainsi que directement de l’Iran pourrait perdre cette guerre.

    Il y a même une hypothèse selon laquelle la guerre pourrait continuer, même en cas de départ ou d’élimination physique d’Assad, ce reportage d’un journaliste anglais tente de l’expliquer. Cette situation militaire redonne du poids à la position diplomatique russe qui depuis le début de la crise prône une solution politique. La plupart des états qui travaillent sur le dossier Syrien sont sans doute convaincus qu’une défaire militaire totale d’Assad semble de moins en moins probable, malgré les certitudes récentes du MAE Français Laurent Fabius qui n’en finit plus de ridiculiser la diplomatie française durant ce conflit.

    Il reste l’idée d’une intervention militaire sur le scénario Libyen, mais visiblement ce n’est plus a l’ordre du jour et cette fois la diplomatie Russe ne la laisserait pas se mettre en place. La solution diplomatique et politique semble prendre forme puisque des sources diplomatique affirment que Damas a désigné des représentants chargés de négocier avec l’opposition en vue d’une conférence sous égide Russo-américaine devant faire suite à celle qui s’est tenue le 30 juin 2012 à Genève.

    Finalement, le conflit syrien qui était présenté comme une lutte de démocrates contre une dictature a complètement changé de visage. Ce délire absolu du mainstream médiatique français, qui a lui par contre totalement perdu cette guerre, ne tient plus aujourd’hui et on voit désormais bien qu’il s’agit d’une guerre stratégique contre l’Etat Syrien, soutenue de l’extérieur, pour que l’axe Chiite (Liban-Syrie-Iran-Sud de l’Irak) perde son influence régionale.

    La guerre en Syrie pourrait donc faire apparaitre des réalités inattendues: Marquer le point d’arrêt définitif du printemps islamiste que la région connaît? Faire échouer la politique anti-chiite développée par les Occidentaux en collaboration avec leurs alliés sunnites? Confirmer le statut de la Russie comme protectrice des chrétiens d’Orient et des minorités en Syrie, en lieu et place de l’Europe ?

    Alexandre Latsa http://fr.novopress.info

    Source : le blog d’Alexandre Latsa sur RiaNovosti.

    Crédit de la carte : The World Factbook, domaine public.

  • La fin de partie en Syrie arrive à grands pas

    La cadence des événements en Syrie s’est accélérée ces dernières semaines. Les forces gouvernementales ont remporté contre les rebelles des victoires importantes sur le terrain, et cette situation a provoqué un mélange de provocations guerrières et de propositions de paix de la part des U.S. et de ses alliés anti-Assad.

     

    Avec la bénédiction d’Obama, les avions de combat d’Israël ont mené récemment et à trois reprises une offensive contre la Syrie ; lors d’une de ces frappes aériennes massives contre des objectifs militaires à Damas, 42 soldats syriens ont été tués. Peu de temps après, Obama finissait par accepter d’entamer des pourparlers de paix avec la Russie, qui le réclamait depuis des mois.

     

    Obama aborde ces discussions en position affaiblie ; le gouvernement syrien est en train de gagner la guerre contre les rebelles soutenus pas les US, et l’avantage sur le terrain est l’atout majeur dans tous les pourparlers de paix. Obama et les rebelles ne sont pas en position d’exiger quoi que ce soit en Syrie en ce moment.

     

    Il est possible qu’Obama veuille éviter de subir une autre humiliation dans son ingérence en Syrie en acceptant des accords de “paix” de dernière minute pour sauver la face.

     

    Il est également vraisemblable, cependant, que ces négociations de paix soient une manœuvre diplomatique habile qui a pour véritable objectif la guerre. Il n’est pas rare que des négociations de paix échouent et que cet échec soit utilisé comme motif pour relancer la guerre, puisque “les tentatives de paix ont échoué”.

     

    Et Obama a de nombreuses raisons de poursuivre la guerre : il apparaitrait comme incroyablement faible et ridicule si le président syrien devait rester au pouvoir alors que l’administration Obama a déjà annoncé que le régime d’Assad était fini et qu’elle a soigneusement sélectionné un gouvernement alternatif composé d’exilés syriens que les Etats-Unis – et leurs alliés – considèrent comme étant le “gouvernement légitime syrien”.

     

    Voici comment la BBC présente le gouvernement fantoche syrien d’Obama :

     

    “… les dirigeants politiques de l’opposition syrienne – qui font le tour des capitales du monde et se livrent à de grands discours – ne dirigent personne. Ils ont déjà du mal à contrôler les délégués dans la même salle qu’eux, à plus forte raison les combattants sur le terrain”.

     

    Si, contre toute attente, des accords de paix sont conclus, ces exilés syriens — qui ne sont véritablement écoutés que par une infime minorité des rebelles — seront ceux qui signeront ces accords.

     

    Il y a de nombreux responsables politiques aux Etats-Unis qui réclament encore à grands cris la guerre en Syrie, en la justifiant par l’accusation non établie que le gouvernement syrien aurait utilisé des ADM contre les rebelles.

     

    En réalité, cependant, à ce jour, l’ONU a seulement dit que c’était le contraire qui était vrai : il y a des preuves indiquant que ce sont les rebelles soutenus par les US qui auraient utilisé des ADM contre le gouvernement syrien.

     

    Bien sûr, ces faits ont été relégués en dernière page des journaux U.S. – quand ils ont été publiés. De la même façon, les mauvaises nouvelles annonçant que les rebelles se livraient à un nettoyage ethnique et religieux à grande échelle et commettaient de nombreuses violations des droits humains n’ont pas non plus été publiés à la une.

     

    Et les nombreux attentats terroristes commis par les rebelles soutenus par les U.S. qui ont tué des civils inconsidérément ont été pareillement largement ignorés par les responsables politiques et par les médias.

     

    La position des États-Unis est également affaiblie par le fait que la majorité des combattants rebelles sont des islamistes extrémistes, qui se battent pour le jihad et la charia, et non pas pour la démocratie.

     

    Le Guardian écrivait récemment :

     

    “la principale force d’opposition armée en Syrie, l’Armée Syrienne Libre, perd des combattants et du potentiel au profit de Jabhat al-Nusra, une organisation islamiste liée à Al-Qaïda qui s’avère être la force la mieux équipée, financée et motivée pour combattre le régime de Bachar al-Assad”.

     

    Le New York Times ajoute :

     

    “Il n’y a nulle part sur le territoire syrien contrôlé par les rebelles de force armée laïque de quelque importance”.

     

    Mais, même avec tous ces obstacles qui empêchent les États-Unis d’imposer leurs conditions au gouvernement syrien, Obama a en main des atouts importants : l’armée U.S. et l’armée israélienne.

     

    Il est possible que les frappes israéliennes contre la Syrie aient été utilisées comme outil de marchandage pour la conférence internationale sur la Syrie proposée en Russie. Si Obama menaçait de ramener la Syrie à l’âge de pierre, il ne manque pas de preuves – Afghanistan, Irak, Libye — pour qu’on prenne ces menaces au sérieux.

     

    Mettre ce genre de menaces à exécution est, en fait, considéré comme une politique étrangère intelligente par de nombreux responsables politiques aux États-Unis dans la mesure où un pays non aligné aura été affaibli et démantelé en tant que force d’opposition, ce qui ferait tomber le dernier obstacle à la guerre contre l’Iran.

     

    La politique étrangère des États-Unis repose entièrement de nos jours sur l’usage de la menace d’anéantissement. La puissance économique des États-Unis étant en déclin par rapport à la Chine et à d’autres pays, la carotte de l’économie a été écartée au profit du bâton de l’armée. Des tas d’”experts” en politique étrangère demandent instamment qu’Obama sorte à nouveau le bâton, de peur que ce fondement de la politique étrangère des États-Unis ne s’avère n’être que du vent.

     

    C’est l’essence de l’engagement des Etats-Unis en Syrie, qui est de risquer de déclencher une guerre régionale qui pourrait comprendre des pays comme le Liban, la Turquie, l’Irak, Israël, l’Iran, la Jordanie et l’Arabie Saoudite, avec la probabilité d’entraîner de force les grandes puissances liées à ces pays, les U.S. et l’Europe, d’une part, la Russie et la Chine, d’autre part.

     

    Le sort du Moyen-Orient, déjà très éprouvé, est en suspens.

     

    Shamus Cooke  

     

     Article original en anglais : Syria Endgame Approaching Fast, 13 mai 2013

     

    Traduction : R.R. http://www.mondialisation.ca

     

    Shamus Cooke est employé des services sociaux, syndicaliste, et écrit pour le site “Workers Action” (www.workerscompass.org)

     

    http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/they-may-be-fighting-for-syria-not-assad-they-may-also-be-winning-robert-fisk-reports-from-inside-syria-8590636.html

  • Guerre en Syrie: victoire de la realpolitik et défaite du mainstream médiatique ?

    Guerre en Syrie: victoire de la realpolitik et défaite du mainstream médiatique ? Сe 22 mai 2013, l’armée Syrienne semble en passe de remporter une bataille locale importante, en reprenant le contrôle d’un des principaux bastions de l’opposition, la ville de Qousseir. Cette victoire militaire, qui devrait être confirmée dans les jours qui viennent, arriverait alors que l’Etat Syrien a repris le contrôle de plusieurs dizaines de localités ces dernières semaines.

    Cette chute de Qousseir, qui résiste au régime depuis plus d’un an, serait stratégique pour l’Etat Syrien et lui permettrait de couper la principale route d'approvisionnement des rebelles dans le centre de la Syrie. L’armée Syrienne devrait ensuite vraisemblablement concentrer ses forces sur Homs, ville que près de 80.000 chrétiens ont fui depuis le début de la guerre et ainsi plausiblement reprendre le contrôle du centre du pays.

    On peut imaginer qu'ensuite, le régime décide d’en finir avec Alep et lance un assaut décisif pour reprendre cette ville partiellement aux mains des rebelles, réduisant ainsi à néant toute possibilité pour ces derniers d’en faire un bastion du nord, pourquoi pas même la pré-capitale d’une région indépendante du nord. Le régime Syrien avait du reste lui-même qualifié la bataille d’Alep, qui a commencé en juillet 2012, de mère des batailles.

    Ce faisant, le régime resterait sur la tactique qui est la sienne depuis le début du conflit, c'est à dire garder le contrôle des villes et refouler les rebelles dans les campagnes, les empêchant ainsi d’exercer tout contrôle politique.

    Il semble donc bien que le gouvernement syrien reprend lentement l'avantage, une situation que la presse occidentale n’arrive même plus à maquiller, après avoir proclamé et martelé pendant deux ans et demi, depuis le début de la guerre civile, que la défaite d’Assad était évidente, certaine et toujours très proche. Cette situation remet de nouveau sur la table le projet de négociations internationales sur la question Syrienne.

    Toutefois, c'est une équation totalement nouvelle qui apparait pour ces éventuelles négociations internationales. L'image médiatique de l'opposition en Syrie s'est beaucoup dégradée, sans doute au grand dam de ses sponsors. On parle moins d'opposition démocratique, on décrit maintenant des groupes Djihadistes sans coordination, et les multiples vidéos de tortures et massacres commis par certains de ces groupes armés ont semble t-il considérablement porté atteinte à la détermination de nombre de pays occidentaux d’armer ces mêmes groupes.

    Peu à peu, une scission semble s’être en effet créée au sein des partisans du départ d’Assad, qui forment une étrange coalition entre des états occidentaux (Amérique, Israël et nations européennes) et des pays islamo-sunnites, Qatar en tête. Pour les premiers, l’absence d’une opposition politique modérée (laïque titrait même le New York Times) avec la rébellion qui n'arrive pas à contrôler le terrain, et ce malgré deux ans et demie de guerre, pose un réel problème de tactique diplomatique. Pour les seconds visiblement, la montée en puissance du Front Al-Nosra ne semble pas être un problème et l’organisation, qui a affirmé son rattachement a Al-Qaïda, vient d’ailleurs de faire des émules puisque l’opposition Syrienne comprend désormais également une brigade Oussama-Ben-Laden.

    Sur le terrain il est sans doute encore très prématuré de parler d’une potentielle victoire d’Assad, militaire ou politique, ou de dire que la Syrie ne se dirige pas vers une partition de fait. Mais sans intervention militaire étrangère, on imagine mal comment l’armée Syrienne, qui a désormais elle aussi le soutien de milliers de combattants étrangers (notamment du Hezbollah) ainsi que directement de l’Iran pourrait perdre cette guerre.

    Il y a même une hypothèse selon laquelle la guerre pourrait continuer, même en cas de départ ou d'élimination physique d’Assad, ce reportage d’un journaliste anglais tente de l’expliquer. Cette situation militaire redonne du poids à la position diplomatique russe qui depuis le début de la crise prône une solution politique. La plupart des états qui travaillent sur le dossier Syrien sont sans doute convaincus qu’une défaire militaire totale d’Assad semble de moins en moins probable, malgré les certitudes récentes du MAE Français Laurent Fabius qui n’en finit plus de ridiculiser la diplomatie française durant ce conflit.

    Il reste l'idée d'une intervention militaire sur le scénario Libyen, mais visiblement ce n’est plus a l’ordre du jour et cette fois la diplomatie Russe ne la laisserait pas se mettre en place. La solution diplomatique et politique semble prendre forme puisque des sources diplomatique affirment que Damas a désigné des représentants chargés de négocier avec l'opposition en vue d’une conférence sous égide Russo-américaine devant faire suite à celle qui s'est tenue le 30 juin 2012 à Genève.

    Finalement, le conflit syrien qui était présenté comme une lutte de démocrates contre une dictature a complètement changé de visage. Ce délire absolu du mainstream médiatique français, qui a lui par contre totalement perdu cette guerre, ne tient plus aujourd’hui et on voit désormais bien qu'il s'agit d'une guerre stratégique contre l’Etat Syrien, soutenue de l’extérieur, pour que l’axe Chiite (Liban-Syrie-Iran-Sud de l'Irak) perde son influence régionale.

    La guerre en Syrie pourrait donc faire apparaitre des réalités inattendues: Marquer le point d’arrêt définitif du printemps islamiste que la région connaît? Faire échouer la politique anti-chiite développée par les Occidentaux en collaboration avec leurs alliés sunnites ? Confirmer le statut de la Russie comme protectrice des chrétiens d’Orient et des minorités en Syrie, en lieu et place de l’Europe ?

    Alexandre Latsa http://www.voxnr.com

  • Un député comme nous n’en avons pas en France.

    Israël-Palestine… David Shoebridge remet les pendules à l’heure

    http://fr.altermedia.info/

  • L’ASL quitte le sol syrien pour l’Europe !

    IRIB- Il y a des signes qui ne trompent pas ! Selon le site libanais, Khabar press, des centaines de membres de la milice ASL sont en train de quitter le territoire syrien pour les pays européens.
    ” Les avancées fulgurantes de l’armée arabe syrienne d’une part et l’emprise d’Al-Nosra et d’autres groupes takfiris sur l’ASL de l’autre, ont poussé des dizaines de commandants de l’Armée syrienne libre à quitter les régions nord de la Syrie et partir via la Turquie en Europe”. “Ces gens là échappent les réglements de compte des takfiris et le feu nourri de l’armée syrienne, ajoute le site qui souligne une hausse sensible des demandes d’asile politique formulées par les membres de l’ASL auprès des services d’immigration des pays européens dont l’Allemagne. Le site fait une remarque digne d’intérêt : l’Arabie saoudite comme certains autres pays du golfe Persique ont bien financé et soutenu l’ASL mais ils refusent d’en accueillir sur leur sol les membres. Il en va de même pour les réfugiés syriens. De ce fait les combattants de l’ASL trouvent en Europe une contrée plus sûre et plus digne de confiance. “Cette information est diffusée alors que le ministre allemand de l’Intérieur a récemment reconnu la présence des extrémistes salafistes allemands en Syrie et s’est inquiété que ces “éléments ne se transforment pas en une menace contre l’Allemagne dès leur retour”.

    Source…  http://fr.altermedia.info

  • Eric Zemmour : Bachar al-Assad, le revenant

    « C’est la défaite de Sarkozy, la défaite de BHL… »

  • Entretiens avec des Hommes remarquables par Georges FELTIN-TRACOL

    Madame, Mademoiselle, Monsieur, Chers Amis et Lecteurs du site,

     

    • Le n° 15 de Salut public (mai 2013) vient de paraître. Vous pouvez le consulter gratuitement sur :

     

    https://docs.google.com/viewer?url=http://troisiemevoie.fr/salutpublic/sp15.pdf&chrome=true

     

    • Nous vous rappelons la parution aux « Bouquins de Synthèse nationale » du nouvel essai de Georges Feltin-Tracol, Bardèche et l’Europe. Son combat pour une Europe « nationale, libérée et indépendante », 2013, 18 € + 3 €. À commander au :

     

    http://synthesenationale.hautetfort.com/media/00/02/2350097485.pdf

     

    • Nous vous rappelons que le samedi 25 mai :

     

    — à Paris, le Cercle Eurasia organise une conférence consacrée à « La voie eurasiste » avec les interventions d’Alexandre Douguine, « L’eurasisme hier et aujourd’hui », et d’Alain de Benoist, « L’eurasisme contre le libéralisme », le samedi 25 mai à partir de 16 h 00, 4, place Saint-Germain, Salle Lumière, 75006 Paris (7 € ou 5 € pour les étudiants et les chômeurs).

     

    — à Lyon, à 14 h 00, Tomislav Sunic fera une conférence sur « L’occidentalisme contre l’Europe » à l’invitation du G.U.D. – Lyon et d’Europe Identité. P.A.F. : 3 € et pour les informations et l’inscription obligatoire :

     

    CONFERENCE.SUNIC@YAHOO.FR

     

    *

    **

     

    Par ces temps de misandrie avérée, de dénonciation de toutes formes et manifestations de sexisme, de recherche servile d’une indifférenciation totale inaccessible, les Éditions Alexipharmaque n’hésitent pas à publier un recueil d’entretiens avec seulement des hommes au risque de provoquer la vindicte proverbiale des mégères clitocrates, gynolâtres et autres « Hyènes de garde ». La parité n’est pas respectée dans ce bouquin ! Que fait donc la police de la pensée ?

     

    Le Cercle Curiosa a interrogé neuf personnes très différentes les unes des autres. À part le refus de se couler dans le cadre conforme du politiquement correct, quoi de commun entre le néo-platonicien Luc-Olivier d’Algange et le marxiste post-situationniste Francis Cousin ? L’eurasiste russe Alexandre Douguine et le musicologue post-punk Klaus Charnier ? Préfacé par Alain de Benoist, ce recueil d’entretiens n’est pas une enquête. Le Cercle Curiosa a pris soin de poser à chacun d’eux des questions spécifiques, d’où le sentiment de se trouver devant une mosaïque originale.

     

    Les réponses varient en qualité suivant la personne interrogée et un esprit chagrin pourrait qualifier l’ensemble de déséquilibré. Ce serait dur, car ces entretiens éclairent parfois une facette de la vie de l’interlocuteur. Par exemple, outre une réaffirmation de son eurasisme, Christian Bouchet en profite pour en finir (définitivement ?) avec certaines légendes colportées à son encontre. Il condamne l’ésotérisme nazi, manifestation particulière d’un spiritualisme de bazar, alors que « le national-socialisme allemand fut totalement dépourvu d’arrière-plan occultiste (p. 34) ». Il revient sur Aleister Crowley et confirme qu’il n’est pas thélémite (partisan de Crowley). Il prend au contraire de très nettes distances et, s’il avait à se trouver un mentor, ce serait certainement Evola et Guénon.

     

    Luc-Olivier d’Algange ne parle pas de son passé. Il préfère méditer sur le destin du Beau à l’heure où triomphent le Laid et l’Informe. « Notre temps est celui du totalitarisme désincarné : les exploiteurs sont aussi interchangeables et asservis que ceux qu’ils s’illusionnent d’asservir. La confusion de tout donne ce qu’elle doit donner : l’informe qui est le pire conformisme, étayé par la technique dont l’essence est de rendre toute activité humaine impossible sinon par son entremise. Ce ne sont plus les hommes qui échangent entre eux par l’entremise des machines mais les machines qui communiquent entre elles par l’intermédiaire des hommes (p. 19). » Contempteur incisif de la modernité, Luc-Olivier d’Algange participe à la guerre des idées sur le versant esthétique, philosophique et poétique.

     

    Personnalité inconnue, voire clandestine, Klaus Charnier aime se situer « à gauche et à droite […] dans le seul but de nier la dichotomie politique qui structure artificiellement les systèmes politiques démocratiques contemporains (p. 48) ». Cet expert en musiques industrielles estime avec raison « ridicule de réclamer “ de l’identité ” et de “ défendre l’Occident ” (p. 46) ». Il a compris la vacuité oxymorique d’une « identité occidentale » supposée ou d’un soi-disant « Occident identitaire » ! Il insiste principalement sur le fait que « l’Europe disparaît en tant que telle au nom de ses propres principes (p. 46) ». Il fait un diagnostic lucide et pense que « le “ nihilisme ” n’est jamais qu’une phrase préparatoire pour celui qui est assez fort pour le surmonter (et s’auto-engendrer à nouveau), une phase terminale pour le faible qu’il détruira. En ce sens, il est un vitalisme en attente (p. 52) ».

     

    Cette attente, Laurent James tient à la combler par une véritable réponse eschatologique. Aidé d’une subtile et précaire combinaison celtico-christiano-eurasisto-parvulesquienne, il promeut un « Royaume eurasien » parousique. Or cet idéal eurasien ne contredit-il pas sa croyance que « la Gaule est un pays occupé depuis mille cinq cent ans (p. 154) » ? Certes, la construction politique de la France par l’intermédiaire d’un État, incarnation de la puissance régalienne, s’est réalisée sur une fusion plus ou moins contrainte d’ethnies d’origine boréenne, mais de là à réclamer le départ des Romains, des Francs, des autres Germains, des Normands… Qu’il prenne garde à la réaction de l’officine sur-subventionnée S.O.S. Racisme ! Après le racisme anti-blanc, à quand un procès pour « barbarophobie » ?

     

    C’est avec une conception chrétienne assez proche, mais plus conceptualisée, qu’Arnaud Guyot-Jeannin concilie le christianisme et les identités. Il avance que « l’universalisme chrétien intègre les identités en les dépassant. L’universalisme moderne assimile ces mêmes identités en les absorbant. Le christianisme transfigure les hommes dans leur singularité et leur diversité (p. 107) ». Favorable au fédéralisme français et européen, il assure que « la civilisation européenne se compose de plusieurs nations et peuples qui renvoient à de multiples identités qui en font sa richesse. Un fédéralisme européen basé exclusivement sur les ethnies et les régions ne [lui] semble plus viable. Elle doit prendre sa juste place entre les régions et la fédération à venir (p. 114) ».

     

    Cette perception fédéraliste enracinée multiscalaire pourrait recueillir l’assentiment de Thibault Isabel. Outre des réponses aux divers problèmes actuels comme la technique, le paganisme au XXIe siècle ou le psychisme malmené de l’homme moderne, il salue l’actualité de l’œuvre de Proudhon. Fédéraliste intégral avant la lettre, « Proudhon a eu le mérite de penser une véritable alternative au système de l’argent – et une alternative qui ne se contente pas de remplacer la tyrannie du commerce par la tyrannie de l’État. Le sens a besoin de proximité : c’est donc à travers la proximité de la vie locale, et en d’autres termes à travers une relocalisation généralisée de la vie (économique, politique, familiale et culturelle), que nous pourrons réaccéder au sens (p. 142) ».

     

    Ce point de vue ne risque pas d’emporter l’adhésion de Francis Cousin. Partisan de l’anti-politique radicale et nostalgique de l’unité primordiale entre le politique, l’économique, le droit, l’art et le religieux, il conteste et dénonce dans l’ensemble des manifestations actuelles les propos significatifs de la marchandisation. « Dans ces conditions, l’auto-organisation communiste de l’humanité en ses diverses Communes fédérées d’ici et d’ailleurs, ne sera nullement demain une démocratie directe mais un retour élargi et universalisé au génos de l’Être lequel sera nécessairement anti-démocratique puisque la démocratie est par essence le système de la domination directement accomplie de la valeur d’échange circulant adéquatement aux exigences de l’équivalent-général : l’argent en tant qu’étalon de libre mesure de tous les hommes égaux dans le temps-marchandise de leur mort programmée (p. 58). » Corrosif, n’est-ce pas ?

     

    Les propos du théoricien russe du néo-eurasisme, Alexandre Douguine, sont relativement concis. Leurs brièvetés n’empêchent pas une véritable leçon de russologie donnée aux lecteurs français. « L’Église russe et la Papauté sont des choses peut-être trop différentes pour qu’elles puissent se comprendre mutuellement (p. 86). » Par conséquent, il est impossible d’effacer le Grand Schisme d’Orient de 1054 et de réunifier orthodoxes et catholiques ! En revanche, « nous pouvons cœxister en joignant nos efforts contre l’ennemi commun qui est le Diable, l’atlantisme et le monde moderne (p. 88) ». En traditionaliste conséquent qui médite sur la chute du monde contemporain, Alexandre Douguine veut « libérer Guénon du contexte New Age, néo-spiritualiste et sectaire qui tend à monopoliser son discours et à le marginaliser. Les théories de Guénon peuvent être lues dans une optique sociologique et parfois postmoderne (p. 86) ». Par cette réappropriation fondatrice, Douguine confirme son opposition entière à l’État-nation d’essence bourgeoise. Il soutient au contraire la voie vers l’Empire au sens traditionnel du terme.

     

    Le « Sujet radical » douguinien semble avoir trouvé un bon représentant en Michel Drac. Pour l’inventeur du concept de B.A.D. (bases autonomes durables), « nous ne sommes pas là pour corriger le système, ni même pour l’aider à s’auto-corriger. Rien ne peut nous faire plus plaisir que de le voir incapable de s’amender. Certes, le spectacle est consternant, mais hauts les cœurs : pire ça sera, mieux ça sera ! Parce que pire ça sera, plus vite toute la boutique sera par terre ! (p. 95) ». Le quotidien va s’aggraver dans les prochaines années (ou dans les prochains mois). Malgré l’apathie généralisée sciemment entretenue par des médiats chlorophormistes, Michel Drac juge probable « que nous allons assister à la généralisation d’une révolte diffuse, produite spontanément pour les masses dans un réflexe collectif. Sans élite pour la canaliser, cette révolte ne débouchera sur rien de probant, même si elle peut momentanément fragiliser le système. Conclusion : le boulot, c’est de produire une élite capable, le jour venu, de chevaucher cette révolte pour lui donner un sens. La providence s’occupera de nous donner une révolte à canaliser. Mais le canal, il faudra le creuser nous-mêmes (p. 99) ». La formation de cette avant-garde élitaire exige une rupture complète avec le monde actuel. Michel Drac en vient alors assez logiquement à prôner la construction progressive d’« une contre-société, qu’[il] appelle “ fractionnaire ” pour indiquer que c’est plus qu’une dissidence, quasiment une sécession a-territoriale. C’est la voie de l’avenir, celle qui rendra possible la construction d’un rapport de force (p. 95) ». Plus que pertinente, l’idée est géniale et profonde aux applications presque immédiates.

     

    On remarque la richesse et la diversité des entretiens. Bien sûr, le Cercle Curiosa aurait pu aussi interroger Tomislav Sunic, Gilbert Sincyr, Sylvain Roussillon ou tel ou tel directeur de site non-conformiste. Ce sera probablement pour le second tome de rencontres avec des dissidents remarquables !

     

    Georges Feltin-Tracol http://www.europemaxima.com/

     

    • Le Cercle Curiosa, Entretiens avec des Hommes remarquables, Alexipharmaque, coll. « Les réflexives », préface d’Alain de Benoist, 2012, 170 p., 19 €.