
Lors de ses vœux à la presse, le chef de l’État avait longuement défendu la liberté de la presse et la liberté d’expression, y compris « la liberté de blasphème ». On va pouvoir en mesurer in vivo la réalité pour Mila, fille de 16 ans et lesbienne revendiquée, yeux bleus et cheveux assortis, qui a la fâcheuse habitude d’étaler ses états d’âme sur Instagram. Draguée lourdement par un garçon sur ce réseau, elle répond vertement, reçoit en retour une bordée d’injures (homophobes, notamment) de la part de jeunes… « pas très catholiques », pour le dire simplement, alors elle explose : « Je déteste la religion, le Coran est une religion de haine […] L’islam, c’est de la m… […] Votre Dieu je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci au revoir. »
Les trois formes de périls islamo-terroristes évoquées dans notre précédente chronique[1] ne se séparent qu’en apparence. Toutes trois menacent, en effet, sinon d’une manière parfaitement égale, du moins d’une façon très actuelle et très convergente la France et l’Europe. Elles se manifestent sur les terrains sociologique, militaire et géostratégique : montée d’une violence intérieure intrinsèque et préoccupante ; affrontement direct en Afrique sahélienne avec les émules locales des réseaux internationaux ; confrontation en Méditerranée orientale avec un islamisme qui s’affirme et cherche à s’organiser en tant que puissance globale.

Couramment exaspérante, une litote politiquement correcte désigne l'adversaire auquel nous nous trouvons confrontés, sans référence au qualificatif qu'il se donne lui-même. Or, nous ne subissons pas seulement une guerre que nous mèneraient des ennemis incolores et abstraits. Qu'on les nomme "radicalisés" à l'intérieur ou "terroristes" à l'extérieur, dans les deux cas, il s'agit d'islamistes.
Cinq ans après l’attentat contre Charlie Hebdo, les tueries au nom de l’islam continuent, comme à Villejuif, le 3 janvier et à Metz le surlendemain.