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France et politique française - Page 2880

  • POUR FRANÇOIS RUFFIN, LA FRANCE INSOUMISE EST INCAPABLE DE GOUVERNER !

    François Ruffin, député de La France insoumise et palmé à Cannes, cette année, pour Merci patron, documentaire consacré à Bernard Arnault, patron du consortium mondial LVMH, n’est pas forcément le « mauvais garçon » qu’on croit. Parcours assez classique pour un gauchiste : il fait ses classes chez les jésuites, puis chez Daniel Mermet, dont l’émission « Là-bas si j’y suis », fait les belles heures de France Inter, ambiance géopolitique façon poil à gratter.

    Désormais, c’est chez les mélenchonistes que ça démange et qu’on se gratte, donc ; soit depuis la mise en ligne de sa dernière vidéo. La phrase qui fait tache et mouche à la fois ? « Aujourd’hui, La France insoumise peut être reconnue comme la force d’opposition. Et, en même temps, je ne suis pas sûr que les gens nous donnent les clefs du pays pour le gouverner. » Pis : « J’éprouve un certain vertige à l’idée qu’on puisse détenir le pouvoir. Je ne nous sens pas prêts. » Immédiatement, Alexis Corbière, le bras droit de Jean-Luc Mélenchon, allume un contre-feu sur Europe 1, assurant que François Ruffin est un « garçon modeste », un « gentil garçon ».

    Un « garçon » lucide, peut-être, lorsqu’il avertit : « Le défi qu’on aurait en face de nous, il est colossal. Qui sont les techniciens sur lesquels on va pouvoir s’appuyer ? Ce ne sont pas les technos de Bercy, les inspecteurs des finances, qui vont être pour un programme de transformation avec La France insoumise. […] Il va falloir affronter le Sénat, le MEDEF, les médias, la Commission européenne, la Banque centrale, le Conseil constitutionnel. On va être dans une situation conflictuelle vachement forte avec des gens qui ne seront pas préparés à ce niveau de pouvoir, de responsabilité. »

    La vérité oblige à dire que tout cela n’est pas faux. Et même vrai pour tout mouvement prétendant offrir une alternative plutôt qu’une alternance. Cette culture de gouvernement ne s’acquiert pas du jour au lendemain, le Front national en sait quelque chose. En 2007, il y était évidemment plus préparé qu’en 2002. En 2012 plus qu’en 2007. En 2017 encore un peu plus qu’en 2012 ; et pourtant… Domestiquer un système qu’on combat en permanence ? Demander à ses tenants de collaborer à leur éradication programmée ? 

    Vaste programme et équation d’autant plus impossible à résoudre que les mouvements de type révolutionnaire, de droite comme de gauche, ont renoncé à la lutte armée depuis belle lurette, hormis quelques émeutes de rue dont les fauteurs ont à peu près autant de conscience politique que le chat du voisin. Octobre 1917, c’était il y a un siècle. Et le général Boulanger ne nous rajeunit pas non plus.

    L’autre possibilité consiste, évidemment, à subvertir ce même système de l’intérieur, avec les résultats qu’on sait. Les militants d’Occident et du PFN ont infiltré l’UDF et le RPR. Pour donner des Claude Goasguen et des Patrick Devedjian. Leurs homologues trotskistes ont fait de même du Parti socialiste. Avec, au bout du compte… un Harlem Désir et un Jean-Christophe Cambadélis. Plus récemment, ce sont ceux de la Manif pour tous qui tentent encore de « droitiser » la droite. Tout ça pour aboutir sur un Laurent Wauquiez, l’homme qui pétoche plus vite que son ombre…

    Certes, il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ou de réussir pour persévérer. D’ailleurs, les activistes de gauche n’ont-ils pas fini par imposer leurs idées sociétales, avec immigrés en vente libre, bébés fabriqués dans le tiers-monde et LGBT mondialisés ? Ceux de droite ne sont-ils pas non plus parvenus à faire de même en matière de sécurité et d’immigration, phénomènes dont personne ne songerait aujourd’hui à prétendre qu’ils soient respectivement « fantasme » ou « chance pour la France » ?

    D’un côté comme de l’autre, la bataille des idées est gagnée. De l’autre comme de l’un, cela ne signifie pas pour autant que tel ou tel puisse parvenir aux plus hautes fonctions – les seules qui comptent, à la fin des fins.

    Que la question posée par François Ruffin soit bonne ou mauvaise n’est pas le problème, tant elle est légitime et méritait d’être posée.

    http://bvoltaire.com/francois-ruffin-france-insoumise-incapable-de-gouverner/

  • Esclaves en Libye : les larmes de la manipulation (redif)

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    18 novembre, le monde découvre grâce à une vidéo de CNN l’existence de marché d’esclaves en Libye. Le parallèle avec le petit Aylan est vite fait. La presse et le monde pleurent. Les coupables sont tout désignés l’Europe et sa politique migratoire.

    Une émission présentée par Jean Yves Le Gallou et Hervé Grandchamp.

  • L'Hebdo Politique avec J-C Martinez et B. Lugan : Macron en Afrique, le one man show du startuper

  • Un dictionnaire du conservatisme pour détricoter la modernité

    6a00d83451619c69e201b7c9387c03970b-250wi.jpgChristophe Boutin, Frédéric Rouvillois et Olivier Dard publient aux éditions du Cerf un dictionnaire du conservatisme, d’Abstraction à Zouaves pontificaux, de Jean-Paul II à Benoît XVI (mais pas François), du Tea Party à Sens Commun (mais ni FN ni LR), on y trouve des entrées aussi diverses que "la Manif Pour Tous", "Subsidiarité", "Transhumanisme", "Louis Veuillot" et "Jacques Perret"...

    Ce dictionnaire auquel ont collaboré une centaine d'intervenants, dont certains bien connus de ce blog, évoque des hommes, des valeurs (Équilibre ou Honneur), des moments historiques (monarchie de Juillet ou Révolution), des institutions (Institut ou Sénat), des perspectives futures (développement durable ou transhumanisme) comme des mythes (Antigone ou Père). 

    C'est Chantal Delsol qui a eu la charge de l'entrée "Famille". Extrait :

    "Le commencement de la période moderne voit se déployer des récusations acerbes de l'institution familiale. Celle-ci repose nécessairement sur la hiérarchie et sur l'inégalité, pour des raisons bien compréhensibles de différence d'âge et d'expérience - c'est la loi du genre de toute transmission. Or la modernité s'affaire à mettre en cause toutes les inégalités. Chez les idéologues des révolutions modernes (de 1789 à 1917), la société parfaite se compose d'égaux, et les institutions génératrices d'inégalités sont considérées comme des étapes historiques, appelées à disparaître autant qu'elles sont apparues. De Sade à Engels, on s'applique à montrer le caractère transitoire d'une institution considérée comme obsolète. C'est bien pour mettre un terme aux errements de la famille que Sade en appelle à la prostitution généralisée et que Staline parvient à enlever deux millions d'enfants à leurs parents pour les élever dans des orphelinats d'Etat (le communisme en fera autant partout, en témoigne le sort réservé aux enfants grecs après la Seconde Guerre mondiale). Les inspirateurs et continuateurs des révolutions idéologiques ont tendance à penser que m'institution familiale ayant produit certains vices humains, sa disparition effacerait ces vices (comme il en va de l'Etat ou de la propriété privée).

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Endettement : Anne Hidalgo, l’Obama parisienne…

    Parfois, deux graphiques valent mieux que des pages d’explications. Ces deux graphiques montrent la capacité exceptionnelle de gestion de la gauche apatride, ou plus exactement, pluripatride. Voici un taux de croissance gigantesque dont la gauche peut se gargariser. Ou pas.

    Endettement de la ville de Paris, dirigée par la sépharade espagnole Anne Hidalgo :

    Endettement des Etats-Unis, dirigés par le musulman kenyan Barack Hussein Obama :

    dette_obama-300x170.jpg

    C’est vrai que l’immigration c’est un enrichissement… mais ça dépend pour qui !

    Hristo XIEP

  • Le 3ème forum de Polémia sur Radio Courtoisie

    Michel Leblay, patron d’émission à Radio Courtoisie, a présenté à cette antenne les travaux du Troisième Forum de la dissidence, le lundi 27 novembre 2017 lors du Libre Journal de Dominique Paoli. Voici le synopsis de sa présentation de la matinée. Tout y est pour trouver « une bonne droite » ! Polémia

    Encore heureux qu’il existe un contrôle parlementaire des projets de loi des gouvernements et de la confection des budgets annuels grâce aux travaux des commissions ! Cela a été le cas de l’avis présenté par François-Noël Buffet sur l’asile, l’intégration et la nationalité le 23 novembre 2017 au nom de la commission en charge de l’examen du projet de loi de finances pour 2018. Les constats auxquels il procède n’ont rien de rassurant.

    Surtout il permet de s’apercevoir que le gouvernement, aidé par l’administration, n’hésite pas à tordre certains chiffres présentés à la représentation nationale alors qu’il est contraint à la transparence envers l’Europe de Bruxelles.

    La fondation Polémia a organisé, le samedi 18 novembre, à Paris, son Troisième Forum de la dissidence consacré à la droite et à son renouveau. Cette manifestation, qui a connu un très vif succès, réunissant plus de 500 participants, ne s’est pas fourvoyée dans des digressions sur quelques combines partisanes mais, au contraire, elle a été marquée par une hauteur de réflexion sur ce qu’est la droite dans son essence, d’où elle vient historiquement et quel peut être son futur.

    Dans l’agencement de la réflexion, le forum a été composé de deux demi-journées :

    – la matinée, faite de cinq interventions successives, a offert aux participants un panorama d’ensemble sur la droite, sa situation présente, son essence, son histoire et l’avenir possible du point de vue des idées et des orientations sur lesquelles elle devrait se fonder ;

    – l’après-midi, le public s’est vu proposer deux tables rondes, l’une sur l’expression des idées de droite, la censure et les poursuites judiciaires dont certaines énonciations faisaient l’objet, l’autre avec Charles Beigbeder et Philippe Christèle sur les valeurs sur lesquelles doit se fonder la parole de droite par rapport aux enjeux qui s’imposent à la société française.

    Polémia publie sur son site de manière échelonnée les textes des intervenants de la matinée.

    Michel Geoffroy : « La droite est morte ? Vive la bonne droite ! »

    Michel Geoffroy a présenté un état de la situation des forces de droite, conclu par cette observation :

    « Cependant, il serait stérile de disserter à l’infini sur les occasions perdues. L’histoire ne repasse pas les plats ! Il s’agit maintenant de reconstruire au milieu des ruines. »

    Alors, pour lui, si le clivage gauche/droite existe toujours, il n’oppose plus, comme au XXe siècle, les collectivistes aux défenseurs de la propriété privée des moyens de production, mais les libre-échangistes, les mondialistes, aux défenseurs de l’identité, de la liberté des peuples européens.

    François Bousquet : « La droite, une réalité anthropologique »

    François Bousquet a posé d’emblée ces trois questions en se référant au philosophe Robert Hertz, mort en 1915 :

    – « Pourquoi la prééminence de la main droite ? »

    – « Pourquoi, dans quasiment toutes les cultures et à tous les âges de l’humanité, sauf le nôtre, y a-t-il eu prééminence, qualitative, morale, spirituelle, de la main droite ? »

    – « Pourquoi cette suprématie, qui s’apparente à un invariant anthropologique, exception faite d’une poignée de contre-exemples ? »

    Comme à son habitude François Bousquet a développé une pensée historique et philosophique fort bien construite et parfaitement étayée, évoquant saint Augustin, les Grecs, l’Ancien Régime. Il a conclu par ces deux phrases à la hauteur de son propos :

    « Nous ne retrouverons certes pas l’innocence matinale des Grecs, ni le sentiment épique de la vie qui les habitait. Mais je crois qu’on peut encore leur emprunter cet héroïsme tragique – qui est au cœur de l’ethos de la droite – qui les a rendus à nul autre pareils et qui est le fond de l’âme européenne. »

    Nicolas Faure : « La droite : une réalité populaire. Un constat, des perspectives »

    Nicolas Faure a montré, au travers d’une enquête d’opinion du Cevipof sur un ensemble de thèmes, l’école, l’immigration, la fierté par rapport à la nationalité, que les idées de droite sont majoritaires dans le pays, tout en soulignant certaines contradictions :

    Pour 62% des Français, l’islam représente une menace pour la République. 43% d’entre eux pensent même que les enfants d’immigrés nés en France ne sont pas vraiment français.

    Guillaume Bernard : « La guerre à droite aura bien lieu »

    Le texte n’a pas encore été publié mais il reprend pour une part l’argumentation développée dans le numéro 166 de la revue Éléments (juin-juillet 2017).

    Guillaume Bernard a approché le sujet sous l’angle de la science politique. Il a fait un rappel historique. De ce point de vue, il a observé que la cristallisation du clivage droite/gauche s’est faite essentiellement sous la Ve République.

    Un élément essentiel de la démonstration est probablement l’idée selon laquelle nous assistons à une inversion dans le sens du mouvement des forces politiques tel que l’observait en 1932 Albert Thibaudet (Les idées politiques de la France).

    Ce que Thibaudet appelait le sinistrisme signifiait un glissement des formations politiques de gauche vers des partis plus radicaux, ce qui emportait dans le même déplacement les partis de droite. Aujourd’hui, face à une gauche intellectuellement épuisée, depuis la décennie 1990 il se dessine un mouvement dextrogyre par un glissement des idées de la droite vers la gauche (libéralisme, organicisme social) et une radicalisation de l’électorat de droite.

    À la question « Faut-il attendre un chef ? » Guillaume Bernard a répondu que Jeanne d’Arc n’a pu intervenir que parce qu’il y avait déjà des résistants à Orléans.

    Bruno Mégret : « Question identitaire et question européenne sont maintenant liées »

    Dans une intervention politique empreinte de hauteur, Bruno Mégret a fait passer un souffle dans la salle qui a incontestablement manqué dans la dernière campagne présidentielle. Il s’est résolument situé dans une perspective européenne qui est à ses yeux un enseignement fondamental de la campagne.

    « La position des Républicains était de soutenir l’Europe de Bruxelles, conformément aux injonctions du Système. »

    « La position du Front national était d’en sortir conformément à ses principes souverainistes. »

    Pour lui, « ces deux options sont des impasses. La question européenne est désormais la pierre angulaire du renouveau de la droite. Il se dit convaincu que « la question identitaire et la question européenne sont désormais liées ».

    Tout en reconnaissant que « l’appartenance à notre nation est capitale car elle est une part de nous-mêmes… Face aux défis civilisationnels, géopolitiques, économiques, selon ses termes : « Il faut ériger l’Europe en un pôle de puissance ! » Et il ajoute : « Le projet d’Europe puissance, c’est pour la droite la synthèse féconde entre tradition et modernité. »

    La conclusion de Jean-Yves Le Gallou en fin de journée est en vidéo sur le site de Polémia :

    Michel Leblay 28/11/2017

    https://www.polemia.com/le-3eme-forum-de-polemia-sur-radio-courtoisie/

  • Macron, président des rêves

    6a00d83451619c69e201bb09db45de970d-800wi.jpgSelon Hilaire de Crémiers, dans son analyse du numéro de novembre de Politique Magazine.

    Emmanuel  Macron caresse son imagination. il y met sa volupté. Sua cuique voluptas.  Son rêve était de faire de la politique et la politique n’est pour lui rien d’autre que la réalisation de son rêve. C’est ainsi qu’il la conçoit. Rien pour l’instant n’arrête le rêve macronien. Autour de lui, pas d’obstacle, des serviteurs zélés ou insignifiants.  

    Les adversaires se disputent,  s’entretuent, se perdent dans les luttes picrocholines si chères à l’esprit partisan. Pour l’heure aucune réaction nationale n’est pour lui à redouter ; non pas qu’elle n’existe pas dans une partie de l’opinion française, mais tout est fait – et depuis longtemps – pour réduire à néant ses velléités d’expression politique.  La machine à broyer ne cesse pas de remplir son office. Ainsi Macron était-il sûr de gagner l’élection présidentielle. Comme il se croit aujourd’hui sûr de l’avenir…ce qui, en revanche, est moins assuré. Les réalités du monde viennent à sa rencontre ou plutôt il va les heurter ; la confrontation comporte des risques pour lui. Il ne peut sortir du rêve qu’à son détriment. Pour paraphraser Mitterrand et, au-delà, le Cardinal de Retz, c’est son ambiguïté à lui. Il croit posséder son rêve, mais c’est  son rêve qui le possède. Il doit le poursuivre dans la recherche continuelle de sa consistance en espérant trouver  facilité et le même bonheur  qu’à ses débuts. Ne faut-il pas que le peuple français marcher sur ses pas ? N’est-il pas forcé de s’assurer la maîtrise du calendrier politique et électoral sur lequel il travaille et fait travailler ?

    Il sait ramasser les mises. Mais ramasser les mises ne suffit pas. Que faire ? Où aller ? Mieux gérer les fonds publics ? Est-ce si certain ? Les derniers budgets de la nation et de la Sécurité sociale montrent les limites de l’exercice : c’est toujours et encore chercher des recettes dans les poches des honnêtes gens pour combler les facilités du laxisme. Les déficits ne diminuent pas et la dette continue à s’alourdir inexorablement et maintenant dangereusement :  les chiffres, eux, ne mentent pas.

    Macron, dit-on, redonne du lustre à la fonction présidentielle, ce qui n’est pas très difficile après ses prédécesseurs ; mais il y a beaucoup d’esbroufe et d’inconscience dans son comportement. Visiblement il ne sait pas commander ; il n’a jamais obéi. Il fâchera les gens. Il a le prestige de la mise en scène ; il n’a pas l’autorité de la vraie compétence. Sa parole ne crée rien ; elle se fait plaisir a elle-même ; elle n’ a pas d’efficacité dans l’ordre des choses malgré toutes ses prétentions à l’efficience. 

    Beaucoup de mots, de semblants d’idées ne font pas un redressement politique et économique, sinon en imagination. « Son progressisme « affiché  n’est que flatus vocis.

    Macron pense pareillement se pousser sur la scène internationale en jouant des coudes.  Il y a une   ridicule enflure qui se dégage de ses attitudes et qui gêne.  Il est faiseur de leçons, encore pire que son prédécesseur ; il distribue des points ; ses appréciations sont toutes marquées par la même idéologie  républicaine d’une grotesque simplicité qui sépare le monde en bons et en méchants. Ses propositions stratosphériques de recomposition de l’Europe et du monde ne tiennent aucun compte de la vérité des choses de la terre. Il ne voit pas que l’Europe et le monde changent. De sorte qu’il ne cesse d’être surpris par l’actualité à laquelle il répond par à-coups saccadés, comme dernièrement au Moyen-Orient. Dans ses visions, rien n’est jamais prévu de ce qui se passe vraiment.  

    Il se plaint, dit-on, de ses collaborateurs qui l’assaillent de fiches insanes, inutiles,  verbeuses ; mais c’est à son image et à l’image de notre République qui ne fonctionne que dans la vanité des carrières et la frivolité des opinions.

    La question est donc de savoir où « le marcheur Macron » emmène la France. Personne ne le sait et lui, vraisemblablement, moins que personne : de vastes considérations qui affectent des allures philosophiques, ne font pas un but. Ni des jugements péremptoires n’indiquent une direction.

    De fausses idées

    Ce garçon, pour qui l’écoute et l’étudie attentivement, est sans profondeur d’esprit, sans grandeur d’âme, sans épaisseur de caractère. Intelligent, doué incontestablement, il lui a manqué une formation ; il est privé d’une doctrine juste et vraie. Il n’a pas de repère pour s’orienter dans les difficultés du monde ; il n’a  à son usage que le baratin de la post-modernité qui ne lui donne aucune maîtrise ni des évènements ni des évolutions du monde.  

    Tout son art consiste à masquer par l’apparence de la fermeté sa fragilité existentielle, par la brillance de sa parole sa vacuité essentielle. Rien que la  manière de reprendre à son compte tous les « tics » des vulgaires usages qui nous viennent du monde anglo-saxon et qui encombrent notre vieil univers civilisé, ces « celles et ceux », ces « toutes et tous »  qui se veulent de la galanterie et qui ne sont que de la goujaterie, manifestent une méconnaissance grave  de notre génie national ; toutes ces manies sont d’un ridicule achevé. il est constamment dans la faute de goût. S’imaginer que la France devient « moderne » en se complaisant dans les théories absurdes « du genre », en avalisant toutes les sottises pseudo-scientifiques qui envahissent les boniments des journalistes et des faiseurs d’opinion, révèle une médiocrité d’esprit inquiétante. Il ne saura résister à rien, ni à la PMA, ni à la GPA, ni à tout ce qui s’en suivra. La ralliement de Juppé est un signe qui ne trompe pas.

    Il n’a, pour ainsi dire, rien retenu des leçons de Paul Ricoeur qu’il a, pourtant, fréquenté. Il ne s’est approprié que l’importance de la symbolique pour la tourner à son avantage, sans même en percevoir le sens essentiellement religieux et la portée eschatologique. Sa philosophie est de quatre sous,  sa phénoménologie narcissique.

    En fait il a ramassé ses idées en se frottant de culture au gré de sa scolarité et de ses accointances ; il a assimilé la vulgate et la dogmatique de Science-Po et de l’ENA. Rien au-delà. D’où cette impression qu’il récite toujours des cours. Comme Hollande ! Il est entré avec aisance dans les milieux financiers – et pas n’importe lesquels – dont il a épousé les intérêts, les manières, les conceptions. Il est leur homme. D’où ce regard froid qui juge de haut, sans complaisance, qui acquiesce ou qui rejette, qui ne connaît que le rapport à l’argent, à la réussite, à l’utile, à ces fameuses « masses critiques » selon le jargon,  celles qui justifient la décision économique et la détermination financière. Il ignore – et cette ignorance est un mépris – le petit, le faible, l’insignifiant dans le domaine de la quantité, de la valeur marchande, l’histoire, la géographie, le milieu humain, la force de la tradition, le respect du passé, l’engagement moral , le souci de la vérité. D’où ses tromperies et ses astuces sur le patrimoine, sur l’écologie, sur les territoires. Pour lui, ce qui compte, c’est d’être gagnant. Notre président est un Rastignac qui ne se contentera pas de la France : il vise l’Europe ; il l’a suffisamment fait entendre. Il est prêt à sacrifier les intérêts français à sa divinité. Ainsi, a-t-il déjà annoncé qu’il renoncerait unitéralement et spontanément au Commissaire français pour mieux avancer dans l’intégration fédérale.

    Le 11 novembre n’a mérité d’être célébré par lui que comme une leçon de philosophie et d’éthique républicaines. Ce n’est plus la célébration de la lutte et de la victoire d’un peuple français qui voulait rester français sur une terre française et à jamais française ; c’est la victoire dont ne sait quel Droit désincarné, quelle Démocratie universelle dont la France – ou plutôt la république française – aurait été l’héroïne. D’où l’idée de ne plus jeter de lumière jusqu’au 11 novembre 2018 que sur le seul Clémenceau, ce qui évite de parler des militaires et ce qui permet d’insister sur la manière dont les gouvernements républicains ont récupéré à leur profit cette si coûteuse et noble victoire. Tout Français quelque peu cultivé sait en quelle paix stupide ces gouvernements incapables ont transformé cette victoire pour aboutir vingt après au plus grand désastre de notre histoire. Macron qui se croit novateur, n’est que notre Briand d’aujourd’hui. Il est encore des Français pour savoir ce que ce nom signifie.

    Les mêmes néfastes idées produiront les mêmes effets. Les discours pacifistes et européistes de Macron  prêt à abandonner tous les intérêts français ne satisfont qu’ aux exigences d’un rêve égotique. Ni l’Europe ni le monde n’obéiront à Macron. Il ne fera qu’affaiblir, désarmer et détruire un peu plus la France.    

    Paula Corbulon

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2017/12/macron-pr%C3%A9sident-des-r%C3%AAves.html#more

  • Journal Présent : 35 bougies et 9000 cartouches – par Francis Bergeron

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    J’ai sous les yeux le numéro de Présent des 1er et 2 janvier 1986. Il porte le numéro 989. Il est illustré par un dessin de Chard : « On tient le bon bout », nous dit un petit personnage appelé Dupont, coiffé d’un béret. François Brigneau, qui partage à l’époque la direction politique et la direction de la rédaction avec Jean Madiran, assure la « chandelle » de ce numéro pour dire aux lecteurs : « Présent entre dans sa cinquième année. C’est un bel âge. Rares étaient ceux qui croyaient que nous l’atteindrions. Ils nous voyaient emportés au galop d’une maladie du premier âge et il n’y aurait pas eu grand monde pour suivre le petit cercueil de bois blanc au cimetière des espérances mortes. »

    Que dire alors de ce Présent numéro 9 000, qui va entrer dans sa 36e année d’existence ? Deux ou trois choses qui méritent d’être rappelées.

    D’abord cette pérennité exceptionnelle : votre quotidien Présent va donc dépasser la durée de vie d’un autre quotidien, celui qui était la référence absolue pour François Brigneau et Jean Madiran : L’Action française, celle de Maurras, Bainville et Daudet. Et pour le coup, je pense que les fondateurs eux-mêmes n’imaginaient pas une telle longévité pour Présent.

    Ensuite, la fondation de Présent a correspondu à un moment de l’histoire de notre pays particulièrement inquiétant, avec le retour au pouvoir des communistes, dans les valises de Mitterrand, 35 ans après la fin de la guerre. Pouvait-on alors imaginer que, 35 ans plus tard, les menaces sur l’identité française, certes différentes, seraient plus graves encore, et multiformes ? « Mariage » homo, PMA et adoption d’enfants, islamisation, dhimmitude et terrorisme, errances papales et christianophobie ; et, malgré cela, la déception des présidentielles du printemps dernier. Les civilisations sont mortelles, rappelait Jean-Marie Bastien-Thiry, lors de son procès.

    Comme lors de l’avant-guerre de 14 avec L’Action française quotidienne, comme en 1981 avec les communistes au pouvoir, un sursaut est nécessaire, la résistance doit se muscler. Et Présent tiendra son créneau, avec sa provision de cartouches.

    Présent doit peser plus lourd et son influence doit progresser

    Mais le dernier point qui mérite d’être rappelé, c’est que Présent, dans son effort actuel, ne peut compter que sur vous, sur ses lecteurs. Nous savons ce que nous vous devons. Le talent, le dévouement, les sacrifices des collaborateurs du journal ne pourraient rien si vous ne répondiez pas présent à Présent. Présent doit peser plus lourd et son influence doit progresser encore, pas seulement dans notre camp.

    Mais Présent est fragile financièrement. Plus que cela, Présent est en risque. Comme toujours, nous diront nos plus anciens lecteurs, qui se souviennent des appels fréquents de Jean Madiran, et qui rappellent aussi que L’Action française de Charles Maurras vivait de sa « souscription permanente ».

    Mais permettez-moi de vous dire que les temps sont plus durs, aussi : les abonnements internet qui se substituent progressivement aux abonnements papier (les retards dans la distribution postale n’y sont pas pour rien) n’apportent pas le même niveau de marge à l’entreprise Présent. Et l’équilibre financier, rétabli depuis quatre ans seulement, est à la merci du moindre incident : un procès, la défaillance d’un fournisseur, une augmentation de charges imprévue…

    Alors que Noël approche et que nous fêtons ce 9 000e numéro en famille, c’est-à-dire avec vous, nos lecteurs et amis, et tous ceux qui nous ont envoyé un message d’amitié que vous lirez dans ces pages, offrez à vos proches un abonnement à Présent. Au plaisir d’offrir, vous ajouterez le plaisir et la nécessité d’afficher vos convictions, grâce à Présent.

    Francis Bergeron

    Article repris du quotidien Présent

    https://fr.novopress.info/