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Mardi à 16h00, Dominique Venner s’est suicidé, à Notre Dame, devant l’autel d’une balle dans la bouche. Comment comprendre ce geste ? Quels en sont les motifs ? Une lettre a été laissée sur l’autel, il nous dira ce qu’il veut nous dire de son acte.
J’ai eu l’occasion, voilà déjà une quinzaine d’années, de rencontrer Dominique Venner, de discuter avec lui, d’essayer de comprendre l’antichristianisme militant de cet historien qui était à la fois si froid et si passionné, si précis dans ses analyses et si lyrique dans ses perspectives, sans que le lyrisme ne nuise à l’analyse ni l’analyse au lyrisme. Dominique Venner avait une grande âme, « un cœur rebelle ». C’est ce qui m’avait fait éprouver pour lui, alors que nous étions aux antipodes l’un de l’autre, une véritable sympathie. Il m’avait d’ailleurs dédicacé son ouvrage autobiographique Le coeur rebelle : « À l’abbé de Tanoüarn qui n’est pas un cœur soumis ». Cette formule, je l’ai longtemps méditée. Je crois que c’est en cela que nous avons été en compréhension l’un de l’autre, lui et moi, dans le refus de toutes les formes de soumission. Se soumettre c’est subir, subir c’est renoncer à agir, renoncer à agir c’est accepter de ne pas servir, de ne servir à rien, de se laisser happer par le grand Néant de tous les À-quoi-bonismes, contre lequel Dominique s’est élevé toute sa vie. Contre lequel pourrait-on dire, il a tenté d’élever sa vie et son œuvre.
Son dernier post, sur son blog, appelant à manifester le 26 mai contre le mariage homosexuel, mêle la crainte d’une islamisation de la France à ce signe de décadence morale qu’est le mariage des homosexuels. « Ce ne sont pas de petites manifestations de rue » qui pourront changer quelque chose à cette formidable conjuration « du pire et des pires » que présente la vie politique française en ce moment. On devine une forme de désespoir politique, vraiment poignant chez cet homme de 78 ans, dont on pourrait penser qu’il en a vu bien d’autres, depuis les combats de l’Algérie française, les appels à la résistance d’Europe jeunesse, jusqu’à maintenant. Mais le désespoir n’est pas l’explication ultime de ce dernier geste.
« Je crois que ce suicide-avertissement, que Dominique a voulu comme une sorte d’analogie frappante avec le suicide de notre civilisation, était aussi, pour lui, la seule manière qu’il ait trouvé de passer par l’Église une dernière fois sans se renier. »
Du reste, sur son blog, ce n’est pas le désespoir qui domine le texte qu’il nous laisse : « Il faudra certainement des geste nouveaux, spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines. Nous entrons dans un temps où les paroles doivent être authentifiées par des actes ». On pense au sepuku de Mishima, il n’a pas pu ne pas y penser, en choisissant froidement le lieu et le moment et en s’interdisant de se rater. Son acte a été mûri, prémédité. Il avait remis les clés de la Nouvelle revue d’histoire ce week-end à celui qu’il considérait comme son plus proche collaborateur et son continuateur, Philippe Conrad. Sans paraître affecté. Il avait fini sa tâche, il importait de donner un sens à sa fin.
Sur son blog, il expliquait : « Il faudrait nous souvenir aussi, comme l’a génialement formulé Heidegger (Être et Temps) que l’essence de l’homme est dans son existence et non dans un « autre monde ». C’est ici et maintenant que se joue notre destin jusqu’à la dernière seconde. Et cette seconde ultime a autant d’importance que le reste d’une vie. C’est pourquoi il faut être soi-même jusqu’au dernier instant. C’est en décidant soi-même, en voulant vraiment son destin que l’on est vainqueur du néant. Et il n’y a pas d’échappatoire à cette exigence puisque nous n’avons que cette vie dans laquelle il nous appartient d’être entièrement nous-mêmes ou de n’être rien ».
« Nous n’avons que cette vie… ». Cette affirmation, pour Dominique Venner, est une donnée essentielle du problème. S’il n’y a pas d’au-delà de la vie terrestre ; pour quelqu’un qui entend aller jusqu’au bout, l’instant, chaque instant a un poids écrasant. Le chrétien comprend ce sens de l’instant et ce sens de la responsabilité, mais il ne cherche pas à aller au-delà du possible : Dieu est l’agent de nos destinée. Dieu achève l’ébauche que nous lui tendons à la dernière seconde.Et le sacrifice est encore une action, non une soumission. Dominique Venner n’a pas voulu s’en remettre à Dieu de sa dernière seconde, il ne pouvait pas faire ce sacrifice : il a souhaité la choisir. Pétri de philosophie allemande, il a repris toute sa vie l’idée de Schelling, commenté par Heidegger : « être c’est vouloir ». Esse est velle. « L’être, c’est le vouloir ». Il faut vouloir jusqu’au bout pour être vraiment. Voilà la formule d’un athéisme antinihiliste… Le sien.
Et pourtant…
Pourtant, Dominique Venner a choisi l’autel de Notre Dame pour cette décision. C’est sur l’autel qu’il a posé une dernière lettre. Vraiment je ne crois pas que, s’il a fait cela, c’est pour attirer l’attention, pour que Manuel Gaz vienne sur les lieux. Il n’avait que faire de ce genre de reconnaissance « médiatique ». Son acte n’est pas médiatique, il est symbolique. Quel symbole ? Celui de la Vierge Mère, celui de l’éternel féminin, lui qui, dans son dernier blog professe « respecter les femmes alors que l’islam ne les respecte pas ». Sans doute. Mais il ne faut pas oublier qu’outre sa culture païenne, Dominique Venner possédait une solide culture chrétienne, avant que son entrée en délicatesse avec une Église qu’il voyait comme absurdement pro-FLN ne l’ait détourné de Dieu. Je crois que ce suicide-avertissement, que Dominique a voulu comme une sorte d’analogie frappante avec le suicide de notre civilisation, était aussi, pour lui, la seule manière qu’il ait trouvé de passer par l’Église une dernière fois sans se renier. Une sorte de prière sans parole, pour ce coeur inassouvi jusqu’à la dernière seconde. Dieu ? C’était trop compliqué pour lui. Mais Marie… Une femme, capable – Dieu le sait – d’exaucer enfin le désir de perfection qui a été la grandeur et le drame de sa vie.
Abbé Guillaume de Tanoüarn http://www.voxnr.com/
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) - Alors que la grande manifestation du 26 mai contre la loi Taubira se prépare, Paris grouille de préparatifs d’actions variées. Vendredi soir, le Printemps français et le Comité des avocats contre la répression policière et idéologique appellent à manifester à 19h devant le siège du Grand orient 9 rue Cadet à Paris 9ème. Les organisateurs entendent protester contre le communautarisme de la maçonnerie et le danger qu’il fait peser sur la liberté d’expression et la démocratie et réclamer la séparation du Grand Orient et de l’Etat.
Samedi soir, les collectifs Camping pour tous et Français en révolte appellent à une veillée d’armes devant le Sacré‑Coeur à partir de 21 h. Par ailleurs, les Veilleurs organisent trois grandes veillées vendredi, samedi et dimanche.
Dimanche 26 mai, trois cortèges convergeront vers l’Esplanade des Invalides depuis la porte Maillot, la porte de Saint‑Cloud et la gare d’Austerlitz. Enfin, les appels se multiplient sur les blogues et les réseaux sociaux à ne pas quitter la rue le 26 mai au soir : cache‑cache géant avec la police, sitting sur l’Esplanade des Invalides, occupation de lieux de pouvoir, veillée…
Les nuits parisiennes risquent d’être agitées.
Sous le titre La “droitosphère” en action, Cyril de Beketch signe un article dans Valeurs actuelles sur les sites Internet de droite. Extrait :
"[...] Ces sites naissent, confirment leur poids sur la Toile ou gagnent une nouvelle aura parce qu’ils informent, “réinforment”, fédèrent et relayent toutes les initiatives. Il y a bien entendu les sites de La Manif pour tous et du Printemps français, mais il faut aussi compter avec Le Salon beige, devenu incontournable pour qui veut savoir en temps réel quelles sont les actions en cours en France, mais pas seulement: il n’est pas une heure sans son lot de saluts de manifestants du monde entier, en photo ou en vidéo, pas une journée sans une invitation lancée à aller accueillir les ministres en déplacement. Et chaque fois, les films et les photos sont publiés. C’est ravageur pour le gouvernement, dont certains membres ont parfois dû annuler des visites en province (Valeurs actuelles du 2 mai) sous la pression des manifestations. Et grisant pour les participants. [...]
Le travail de ces sites Internet s’inscrit aussi dans la durée. Si tous préparent la grande manifestation du 26 mai, elle ne représente pas une fin en soi. En effet, il est toujours exclu de “lâcher”. À un internaute qui demandait : « Le 27 mai, qu’est-ce qu’on fait? », Le Salon beige répondait en relayant la réponse du blog Éthique et Société: « C’est ce jour-là que tout commence! »
Entretien avec Alain Escada, président de Civitas
Puisque la loi Taubira est maintenant promulguée, cela vaut-il vraiment la peine d'encore manifester le 26 mai ?
AE : Oui, à plusieurs titres. Des exemples existent, dans l'histoire contemporaine française, de lois promulguées et néanmoins abandonnées sous la pression populaire. Par ailleurs, l'esprit de résistance doit être entretenu de façon à contribuer à encourager un grand nombre de maires et d'élus municipaux à refuser d'appliquer cette loi inique. Enfin, il est très important de souligner que la loi Taubira n'est que la première étape d'un projet gouvernemental subversif qui ne compte épargner aucun domaine et qui se prépare à manipuler les enfants dès le plus jeune âge. Dès lors, il importe vraiment de ne rien lâcher, de maintenir la pression et de rester mobilisés. Ni la lassitude ni la résignation ne sont permises lorsqu'il s'agit de défendre la famille, socle de base de la société.
Mais l'autorité doit-elle plier devant la loi de la rue ?
AE : Notre démarche n'est absolument pas révolutionaire. Au contraire, dans le cadre qui nous occupe, c'est le pays légal qui s'obstine à vouloir imposer son plan révolutionnaire, intrinsèquement contraire à la loi naturelle et au bien commun. Et la réponse du pays réel doit être contre-révolutionnaire. Il ne s'agit pas de créer le désordre, l'anarchie. Il s'agit de rétablir l'ordre naturel et chrétien.
Pourquoi manifester séparément de la "Manif pour tous" ? Ne vaut-il pas mieux faire nombre ?
AE : Le nombre n'a jamais fait la vérité. La force n'est pas non plus dans le nombre. Les différentes manifestations de la "Manif pour tous" ont toujours reçu le soutien de foules importantes, mais pour quel résultat ? La "Manif pour tous" n'a rien obtenu. L'histoire ne donne aucun exemple d'un gouvernement qui cède devant une foule festive. Or, la "Manif pour tous" a toujours voulu maintenir les foules dans cette ambiance plus proche d'une techno-parade que d'une marche de protestation. Et les discours y ont toujours été équivoques. D'abord en faveur d'un Pacs+, puis de l'union civile. Sans parler de la lutte contre "l'homophobie" qui servira précisément au gouvernement pour installer les étapes suivantes de son plan totalitaire. Alors, je pose cette question à tous ceux qui ont fait confiance à la "Manif pour tous" sans aucun résultat : pourquoi ne pas essayer autre chose et rejoindre ceux qui ont toujours tenu un discours sans concession ? Qu'avez-vous à perdre ? Osez participer à la manifestation qu'organise Civitas.
Frigide Barjot, huée à Lyon, n'a-t-elle pas été recadrée ?
AE : Lyon, dès le mois d'octobre, est apparue comme un terreau exemplaire de mobilisation contre la dénaturation du mariage et de la parenté. Et on y a vite compris que Barjot roulait avant tout pour elle-même. Le 5 mai, les Lyonnais ont rappelé à Barjot qu'ils ne lâchaient rien, eux. Mais cela n'a eu aucune conséquence au sein de l'état-major de la "Manif pour tous". Les divagations ont continué sans que personne parmi le comité de la "Manif pour tous" ne s'en distancie. Le lendemain, Barjot déclarait au Nouvel Observateur que ceux qui n'étaient pas contents pouvaient rejoindre Civitas. Le 7 mai, accompagnée de tous les porte-parole de la "Manif pour tous" et du député UMP Mariton, elle tenait une conférence de presse en faveur de l'union civile pour les duos homosexuels. Les 14 et 15 mai, Barjot avait l'intention de se rendre à Casablanca pour y lancer un appel à Hollande pour lutter... contre la dépénalisation de l'homosexualité au Maroc et dans le monde ! Le 16 mai, Barjot tenait une nouvelle conférence de presse à Paris pour demander à François Hollande... un plan contre l'homophobie ! Pas besoin de Barjot pour cela : j'ai déjà expliqué en différentes occasions le plan totalitaire imaginé par le gouvernement sous couvert de lutte contre l'homophobie. Et le 26 mai, Barjot va faire son show habituel, demander d'applaudir ses "amis homos", délirer à propos de lutte contre l'homophobie, divaguer tous azimuts et... faire la part belle à l'UMP.
Vous trouvez anormal que l'UMP soit valorisée au sein de la "Manif pour tous" ?
AE : La décision du Conseil Constitutionnel illustre parfaitement la duplicité de l'UMP. Le Conseil Constitutionnel est composé de personnes issues du sérail politique, majoritairement proches de l'UMP. C'était le seul niveau de pouvoir où la droite n'avait aucune peine à bloquer la loi Taubira. Mais ils ont préféré la voie de la complicité. Et, dans la foulée, les communiqués de Jean-François Copé et d'Hervé Mariton n'ont pas une fois parlé d'abrogation de cette loi inique. Copé a dit qu'il respectait cette loi ! Mariton a annoncé qu'il célébrerait lui-même les "mariages" homosexuels ! Et les mêmes ont le culot de continuer à vouloir parader le 26 mai prochain en tête de la "Manif pour tous". Copé appelle l'UMP à y participer et à en faire une manifestation "contre la gauche". C'est prendre les défenseurs de la Famille pour des imbéciles. Face à la loi Taubira, l'UMP n'a fait que de la mise en scène théâtrale. Faux duel gauche-droite avec pour choix des armes des épées en bois et des pistolets à eau.
Le mot de la fin, s'il fallait encore convaincre de manifester le 26 mai et de le faire à vos côtés ?
AE : Je lance un appel aux Veilleurs, Campeurs, Hommen et à tous ceux qui souhaitent un printemps français, à tous les défenseurs de la Famille, aux catholiques et aux patriotes que compte la France : organisons un sursaut contre-révolutionnaire ! Ceux qui tiennent absolument à faire un passage à la "Manif pour tous" pourront d'abord participer à la manifestation avec Civitas, qui finira plus tôt que la "Manif pour tous", et rejoindre ensuite celle-ci. Mais il est impératif de rompre avec l'ambiance flonflons qui a démontré toute son inefficacité. Et pour conclure, je ne voudrais pas manquer de rappeler toute l'importance de la prière. C'est d'autant plus nécessaire que cette haine de la famille qui anime tant de dirigeants politiques a pour corollaire la haine du christianisme.
26 mai à 14h30 - Manifestation
"Ennemis du mariage, de la famille, de la France : du balai !"
de la place Général Catroux (métro Malesherbes) à l'Opéra.
Des cars s'organisent à partir de différentes villes. Les infos se trouvent sur le site Civitas.
Les manifestations, si justifiées, si imposantes soient-elles, les cris, les slogans, l'exaltation des participants, celle des militants, où se mêlent, parfois, le bon grain et l'ivraie, les initiatives heureuses et les erreurs ou bavures de tous ordres, les plateaux de télé, les discours et les débats, des "meneurs" sans-doute contestables, les possibles tentatives de "récupération" tout cela finit par passer, par s'oublier. Dans ce monde de l'éphémère et de l'artifice, une actualité, très vite, chasse l'autre.
C'est pourquoi, dans cette affaire, qui met en cause la cellule de base même de notre société, comme de toute société humaine, une réflexion de fond, nous a, dès le début, semblé nécessaire. Cela reste; cela ne s'oublie pas; cela peut servir, demain ou après demain.
C'est la raison pour laquelle nous avons regroupé ces douze contributions - mises en ligne de janvier à avril de cette année - sur cet unique document où elles pourront toujours être consultées. Elles sont classées par date, de la plus récente à la plus ancienne.
Les commentaires, nombreux, souvent fort intéressants, pourront être consultés en cliquant sur les liens du sommaire qui renvoient au jour de parution.
Lafautearousseau
Sommaire
I. 14.01.2013 - Jean-François Mattéi article du Figaro : "Mariage pour tous et homoparentalité".
II. 22.01.2013 - Chantal Delsol, entretien avec Jean Sévillia (Figaro Magazine).
III. 29.01.2013 - Thibaud Collin, article dans Le Monde du 15 janvier.
IV. 05.02.2013 - Hilaire de Crémiers, note parue sur le site de Politique Magazine, le 15 janvier.
V. 12.02.2013 - Sylviane Agacinski, conférence dans le cadre des Semaines sociales. (VIDEO) et entretien sur Europe 1 (VIDEO).
VI. 19.02.2013 - Bruno Nestor Azérot, député de la deuxième circonscription de la Martinique (GDR), discours prononcé le mercredi 30 janvier à l'Assemblée Nationale. (VIDEO).
VII. 26.02.2013 - Daniel Godard, professeur de Lettres Classiques, une réflexion d'un point de vue linguistique : "la voix de la langue française".
VIII. 06.03.2013 - Bertrand Vergely, le point de vue du philosophe et théologien, la question du mariage gay appelle dix remarques.
IX. 12.03.2013 - Danièle Masson, agrégée de l'Université, "Paradoxe et mensonges du mariage pour tous"
X. 20.03. 2013 - Réflxion de Fabrice de Chanceuil du point de vue de l'écologie humaine.
XI. 28.03. 2013 - Michel Maffesoli et Hélène Strohl : "Normaliser le mariage ?"
XII. 04.04. 2013 - Eric Zemmour : "Une analyse hautement politique"
De Guillaume Bernard dans Valeurs actuelles :
"Quand 1 million de personnes défilent dans la rue, à deux reprises, contre le mariage homosexuel, celles-ci sont tellement ignorées par le pouvoir qu’un référendum sur cette question leur est même refusé. Quand les Français se prononcent par référendum contre le traité établissant une Constitution pour l’Europe, les principales dispositions de ce texte leur sont tout de même imposées par le traité suivant, celui de Lisbonne, ratifié directement par l’exécutif.
Ne sont-ce pas là deux exemples récents d’authentiques dénis de démocratie ? Puisque leurs élites politiques et intellectuelles leur imposent leurs choix, faut-il nécessairement en conclure que les Français ne vivent pas en démocratie et que leurs élites font preuve d’un profond cynisme ? Or, celles-ci n’ont nullement mauvaise conscience : leur attitude est, à leurs yeux, rationnelle et parfaitement “morale”. Pourquoi ? Parmi les différents régimes théoriquement envisageables, la démocratie semble être celui qui, à l’époque contemporaine, l’a idéologiquement emporté. Il est certain qu’elle est le système politique le plus en concordance avec l’hypothèse artificialiste posée par la philosophie moderne.
Puisque la société serait le résultat d’un contrat social, il est logique de faire reposer la prise de décision sur ceux qui sont à l’origine de l’existence du corps politique : les citoyens. Mais le peuple se tromperait gravement s’il s’imaginait participer à la même démocratie que ses élites. Pour lui, la démocratie consiste en un processus décisionnel : elle est un moyen permettant d’identifier l’assentiment du plus grand nombre. Mais la démocratie moderne, celle des élites, n’est pas neutre : elle ne saurait se réduire à une “simple” technique de prise de décision. En effet, ce régime est l’aboutissement et l’incarnation du processus qui a théoriquement permis au corps politique d’exister — le contrat social — ; la démocratie moderne repose sur la négation de l’existence d’un ordre cosmologique des choses s’imposant à l’homme. Elle a donc un contenu idéologique fort et doit favoriser la construction d’un avenir conforme aux principes établis lors du supposé passage de l’état de nature à celui de société. Toute autre orientation doit être bannie. Ainsi, les élites intellectuelles, gardiennes de la démocratie moderne, s’efforcent-elles de rejeter hors du débat légitime les positions considérées comme dépassées ou rétrogrades et les sujets supposés témoigner de “phobies” irrationnelles ou contraires aux principes fondateurs. [...]
S’il y a concordance entre la volonté (formatée ? ) des électeurs et des élus, tant mieux, les textes n’en seront que plus facilement appliqués. S’il y a divergence, tant pis : c’est que le peuple n’a pas encore compris le sens inéluctable du progrès. En refusant le mandat impératif et en méprisant la démocratie directe, les élites politiques reconnaissent ouvertement que leur démocratie n’est pas celle du peuple. Combien de temps cette distorsion pourra-t-elle encore durer ?"
Jean-François Copé avait tenté le pari de ressouder l’UMP autour de l’opposition de la majorité des Français, et d’une encore plus grande du peuple de droite, au mariage homosexuel. C’est pour cela que l’UMP, qui n’a jamais eu quand elle était au pouvoir une politique volontariste de défense de la famille (à part le regroupement familial…) et qui a accompagné voire devancé toutes les dérives sociétales imposées par le magistère moral de la gauche, avait affiché son soutien aux manifs pour tous. Jusqu’à la tentative indue d’accaparer ce mouvement, notamment dans la prise de parole publique. Pourtant, n’en déplaise également à Mme Barjot (dont le pseudonyme correspond assez mal avec la gravité de ce qui se joue ici), cette mobilisation du pays réel est aussi la manifestation plus globalement d’une résistance face aux attaques contre notre identité française et civilisationnelle, dans tous les domaines.
Pour cette manifestation parisienne du 26 mai, Jean-François Copé ne pouvait faire autrement que de maintenir les consignes de participation. Un choix tactique de la part d’un homme qui avant son accession contestée à la présidence de l’UMP, expliquait le 11 mars 2010 à la Sorbonne qu’il « ne (savait) plus » s’il était pour ou contre le mariage homo…En 2011, c’était un club de réflexion très proche de l’UMP, Fondapol, qui prônait comme de nombreux cadres de ce parti l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe, la légalisation de la GPA pour les couples « mariés ou pacsés », y compris homosexuels…
Cet appel à la participation de l’UMP au rassemblement de dimanche prochain a eu pour effet de précipiter la crise qui couvait au sein d’une formation tiraillée entre sa base droitière et ses dirigeants libéraux-progressistes. Certains d’entre eux ont d’ores et déjà avoué qu’ils n’abrogeraient pas cette loi Taubira en cas de victoire en 2017.
Première victime collatérale de cette fracture, l’égérie anti-FN Nathalie Kosciusko-Morizet qui comme Bernard Accoyer, Luc Chatel, Bernard Debré, François Fillon ou encore Alain Juppé, a demandé à ses amis de ne pas participer au rassemblement du 26 mai.
Le soutien de NKM au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels –elle n’a pas voté contre la loi Taubira à l’Assemblée- lui a valu une attaque en règle d’une partie de l’UMP qui conteste sa capacité à fédérer l’électorat traditionnel de la droite. Il est clair que du fait de l’affichage de ses convictions profondes, Mme Kosciusko-Morizet voit disparaître la (toute) petite chance qu’elle avait de succéder à Bertrand Delanoë à la mairie de Paris. Si l’on rajoute à cela le fort embouteillage de candidats sur le créneau du vote bobo dans la capitale, l’affaire est pliée…
NKM, pas plus que MM. Copé, Fillon et consorts n’ont été en vérité capables de comprendre ce que des millions de nos compatriotes ont ressenti. A savoir que comme le disait Dominique Venner, dont le geste ultime planera aussi sur cette manifestation, « À l’origine, on pensait que le projet socialiste de loi sur le mariage gay était l’un de ces attrape-nigauds par lesquels les politiciens amusent la galerie. Et puis on a compris que derrière l’attrape-nigauds s’était glissé l’un de ces projets pervers par lesquels les fanatiques de la déconstruction et de la mondialisation veulent détruire les dernières charpentes qui structurent les sociétés européennes. »
Le Front National est le seul mouvement politique d’envergure à parler d’une seule voix, cohérent dans sa défense des valeurs traditionnelles. Aussi, Bruno Gollnisch apporte de nouveau son soutien franc et massif à cette manifestation du 26 mai contre la décadence, qui verra une nouvelle fois des dizaines de milliers d’électeurs, de sympathisants et d’élus nationaux dans la rue, notamment Marion Maréchal-Le Pen.
Dire que le mariage, c’est l’union d’un homme et d’une femme n’est pas stricto censu un dogme catholique et cette conviction est partagée par nombre d’athées ou d’agnostiques. Mais Bruno fait sienne aussi les raisons de cette mobilisation résumées notamment par Bernard Antony, à savoir « par fidélité aux valeurs chrétiennes et humaines du respect de la vie et de la famille. »
Il approuve pareillement les 20 000 maires qui ont déclaré, dans un texte public, au nom d’une clause de conscience, qu’ils ne célébreront pas de « mariage » homosexuel. Il y a neuf ans, Noel Mamère en sa mairie de Bègles avait été sanctionné pour avoir célébré un mariage homosexuel ; désormais un maire ou un adjoint qui refuserait de célébrer ce type d’union peut encourir la révocation, cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende !
Nous l’avons vu les immenses foules qui défilent contre la loi Taubira depuis l’automne se mobilisent aussi, plus ou moins consciemment, pour en finir avec ce système à tuer les peuples.
Face au règne des partis qui ont œuvré au déclin français ou accompagné notre pays dans sa chute, le Front National, mouvement de la concorde nationale comme l’a rappelé Marine, incarne plus que jamais la nécessaire Révolution patriotique. Notre objectif reste le même : redonner la parole aux Français, amener nos idées au pouvoir, œuvrer pour l’avènement de ce « Grand Soir » qui verra l’abolition de ce régime inique.