Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

l'information nationaliste - Page 6886

  • Éric Zemmour : « David Cameron épluche les oignons, Donald Tusk pleure »

    Un compromis a été trouvé à Bruxelles entre les Anglais et les Européens pour éviter une sortie de l’Angleterre de l’Union européenne. Mais il ne semble satisfaire personne.

    « C’est la rencontre du sadique et du masochiste : l’un dit “fais-moi mal”, l’autre lui répond “pas question” ! », lâche Éric Zemmour. « Entre Londres et Bruxelles, les deux compères sont de mèche : c’est David Cameron qui épluche les oignons et Donald Tusk qui pleure », poursuit-il. Le journaliste note que « quand le Premier ministre anglais fait semblant de vouloir quitter l’Europe, le président du Conseil européen fait semblant de supporter toutes les offenses pour le retenir ». Il parle d’une « alliance de deux faibles » : d’un côté l’Anglais, « parce que son parti et son peuple veulent quitter l’Union européenne » ; de l’autre Bruxelles, « car la crise grecque et celle des migrants sont en train de saper un édifice européen déjà branlant ».

    Éric Zemmour enfonce le clou :

    Les oligarques européens ont sapé eux-mêmes des principes qu’ils jugeaient éternel. Comme l’URSS de jadis, cette construction impériale sans empire est en train de se désagréger. Tout acharnement thérapeutique serait contraire à sa mort dans la dignité.


    http://fr.novopress.info/

     

  • François-Henri de Bourbon et le schisme sévillan

    Pour la légitimité en 1883, à la mort d’Henri V, comte de Chambord, nul ne doute que les descendants de don Carlos V d'Espagne, ce frère du très libéral Ferdinand VII, ne soient pas les héritiers au trône de France.  Et il importe peu que le comte de Paris, Philippe VII d'Orléans, revendique également ses droits à la couronne. Mais à la fin de ce XIXème siècle, légitimisme et orléanisme vont devoir affronter un troisième courant inattendu. Une minorité de légitimistes ne reconnaît plus les droits au trône de Charles XI de Bourbon. C'est le schisme sévillan !

    Du duc de Madrid, Henri d'Artois, avait dit qu'il était  de ces princes « taillés dans le bois dont on fait les grands rois » veillant particulièrement à son éducation. Charles de Bourbon fera pourtant peu d'empressement à revendiquer ce trône de France dont il a hérité, lui qui avait été brièvement un roi d'Espagne sous le nom de Carlos VII durant la troisième guerre carliste (1872-1876). D'ailleurs n'avait-il pas écrit à son représentant en Espagne, le 3 septembre 1883, « cette force des liens indissolubles qui l’attachaient sa chère Espagne, à elle seule à qui il appartenait et pour toujours » !?

    Pourtant, il avait balayé toute idée de renonciation au trône de France et avait renvoyé poliment les envoyés du comte de Paris à la veille de l'enterrement d'Henri V, venus le sonder discrètement sur ce sujet. La succession ennuie suffisamment la république pour que le ministre Waldeck -Rousseau commande alors une enquête sur les mouvements monarchistes, craignant qu'une nouvelle tentative de fusion ne menaça les institutions en place. Le boulangisme n'allait pas tarder à entrer en action et avec lui, monarchistes comme bonapartistes allaient soutenir en vain le « Général revanche ».

    Alors que la République fête le centenaire de la révolution française,Charles XI de Bourbon nomme le tonitruant Henri de Valori, son représentant officiel en France. Issu d'une famille d'origine italo-provençale, l'homme s’est surtout caractérisé par l'édition de livres à petit succès, orientés sur le catholicisme ou la légitimité. Croyant et monarchiste, de Valori l'était. Il n'hésite cependant pas à railler ce Pape qui suggère fortement aux monarchistes de rallier la république. Charles de Bourbon apprécie peu cette sortie politique de son représentant et se croit obligé de le désavouer immédiatement. L'antagonisme entre le prince Bourbon et son représentant va s'accentuer quand le premier lance son champion contre le comte de Paris qui revendique alors les armes de France. Le 23 Mai 1892, Charles XI avait protesté contre ce qu’il appelait « l’usurpation des pleines armes de France par la branche des Orléans (..) » Un combat qui allait en préfigurer un autre, un siècle plus tard.

    Peine perdue, le comte de Paris ne renonce à rien. Enfin, il y a l'affaire Naundorff qui va précipiter la chute de Valori. Ce dernier affirme à qui veut l'entendre que le prétendant au trône semble émettre peu de doutes sur les revendications saugrenues de ce Louis-Charles de Bourbon et dont le père affirmait être le dauphin Louis XVII dont la mort au Temple  restait un mystère. S’il est un fait que le duc de Madrid s’intéressa à cette affaire de près, le manque de preuves apportées par les partisans de Naundorff acheva de le convaincre que Karl-Wilhelm Naundorff n'était qu'un vil imposteur. Et d'authentifier le petit cœur du dauphin retrouvé, conservé par le docteur Pelletan et qui sera remis à son secrétaire, Urbain de Maillé.

    Henri de Valori est congédié et Charles de Bourbon lui retire toute accréditation officielle le 20 juillet 1892. Avec le conflit avec le prétendant, s'ajoute une rancune tenace de Valori à Urbain de Maillé...qui prendra sa place. Toute cette coterie autour du prince nuit à la légitimité qui se déchire autour du cas Naundorff. Henri de Valori se répand en calomnies et publiera un article dans la « Nouvelle » revue  au titre évocateur : « François de Bourbon, duc d'Anjou ».

    En un trait de plume, Henri de Valori présente aux monarchistes déçus de l'inaction de Charles de Bourbon, un nouveau prétendant. François de Paule de Bourbon (Francisco de Paula de Borbón y Castellví) est né à Toulouse le 29 mars 1853, français par droit du sol. C'est un cadet de la famille royale d'Espagne, un cousin  germain d'Alphonse XII. Son père, le duc de Séville, fut assez atypique et marqua les esprits en 1848 en appelant les espagnols à se soulever alors que Paris détrônait au même moment le Roi Louis-Philippe Ier d'Orléans. Entre de multiples pardons et autres intrigues éphémères au côté du prince Antoine d'Orléans- Montpensier qui complote pour obtenir le trône de Madrid, le duc de Séville se veut résolument révolutionnaire. François de Paule de Bourbon est issu du mariage morganatique entre son père et d'Elena María de Castellví y Shelly et de facto a été exclu de la succession au trône. Un prétendant parfait pour de Valori. Il est français et respecte les conditions du traité d'Utrecht qui stipule qu'un prince Bourbon ne peut régner à la fois sur deux couronnes. Le jeune duc de Séville a d’ailleurs été sensible aux arguments que lui présente de Valori le 30 juillet 1894 dans un brillant raccourci juridique.

    Lors de la chute de la monarchie qui provoque la fuite d’Isabelle II (1868), le jeune prince avait proposé ses services au duc de Madrid, don Carlos et reçu le commandement d’un régiment qui allait s’illustrer à Alcora en 1873. Rallié  finalement à Alphonse XII, ce dernier lui confiera en retour le poste de général de brigade en 1875 à Cuba avant d’être nommé à l’infanterie à Saragosse puis enfin dans la cavalerie à Madrid avant de se voir nommer général de division en 1891. Autant dire que Charles de Bourbon n’avait pas apprécié cet opportunisme politique.

    Voilà donc la légitimité couronnée d’un nouveau prince sous le nom de François III et qui se pare du titre de duc d’Anjou. Le 16 septembre 1894, le nouveau prétendant écrit « (...) qu’il plie le drapeau d’Henri IV avec honneur, respectant les lois françaises et espagnoles, et saluant la France heureuse et tranquille avec sa République ». Etrange manifeste d’un prince qui reconnaît la primauté de la République sur l’héritage d’Henri IV.  Une douzaine de jours, il tente de contacter Charles XI et son fils, leur enjoignant de se déclarer prétendants au trône de France. A ce quoi, il s’engageait lui-même à renoncer à ses propres prétentions. Il ne reçut aucune réponse de la part des deux princes Bourbons. D’ailleurs, Charles XI finit par déclarer le 17 Juillet 1895 « (...) que la candidature de Don François de Bourbon ne méritait pas d’être discutée (…) ».

    Le schisme sévillan attire un certain nombre de monarchistes. Des déçus du légitimisme aux aventuriers, en passant par les perdus de cette cause. A cette époque, ce terme n’est pas utilisé. Cette expression est née de deux écrivains à la sensibilité légitimistes, Stéphane Rials  (Que sais-je ? Le Légitimisme) et Stéphane Drouin (1983. Les non ralliés deux fois : les blancs d’Espagne de 1883 à nos jours –1997).  François de Bourbon, élu député de Barcelone en avril 1896,  décide de s’affirmer et attaque au tribunal le 7 juin suivant le duc d’Orléans pour « usurpation d’armes de France ». Il perdra l’affaire.

    De Valori s’épuise et meurt subitement le 17 février 1898. Et avec lui les prétentions du prince. Le sévillanisme survit faiblement à son fondateur. Le prince François de Bourbon sera même incarcéré sur ordre de la régente Marie-Christine de Habsbourg- Lorraine qui voyait en lui un danger pour son pouvoir.

    Le prince finira gouverneur des Baléares alors que la première guerre mondiale éclate. Ironie de l’histoire, Alphonse XIII le fera entrer au Conseil de guerre et de la Marine en 1917. Une décoration de la Toison d’or plus tard, la république tombe en 1931, il est autorisé à rester en Espagne. Lors de la guerre entre nationalistes et républicains, plusieurs de ses enfants et petits-enfants seront fusillés par ces derniers. Il se réfugiera alors à l’ambassade du Chili avec sa seconde épouse afin d’échapper à ce massacre. La chute de Madrid en 1939 sauvera le Prince d’une mort certaine.

    Mais qui le rattrapera naturellement le 28 mars 1942.

    Le mouvement sévillaniste survivra jusqu’en 1910 avec en 1903 la création d’un « Comité national du grand parti royal de France ». Une presse se développa  même avec « La Royauté nationale » (1903-1904) ou « l’Union Nouvelle » (1904-1909). Un dernier Comité dit « Charles X » fut fondé (et dirigé par André Yvert 1895-1975) et placé sous le haut patronage du duc de Séville François de Bourbon, peu après la seconde guerre mondiale mais qui connut une vie toute aussi éphémère tant le duc ne se sentait pas concerné par cette prétention.

    La légitimité pouvait retrouver son unité jusqu’au prochain schisme dans les années 1980 avec cette fois un prince de Parme. Mais ceci est encore une autre histoire.

    Frédéric de Natal

    http://www.vexilla-galliae.fr/civilisation/histoire/1787-francois-henri-de-bourbon-et-le-schisme-sevillan

  • Julian Assange doit être accueilli !

    Assange-150x150.jpgCommuniqué de Bruno Gollnisch, député européen et membre du bureau politique du Front National

    La réclusion de Julian Assange vient d’être condamnée l’ONU. J’avais défendu son cas plusieurs fois au Parlement européen, y compris récemment devant Mme Merkel et M. Hollande.

    Il est particulièrement scandaleux qu’une Europe qui laisse entrer sur son territoire des centaines de milliers voir des millions de personnes hâtivement qualifiées de « réfugiés politiques », refuse ce statut et l’asile à l’homme qui lui a révélé l’ampleur de l’espionnage de « l’allié » américain à notre détriment.

    Monsieur Assange n’a trouvé refuge qu’à l’ambassade d’Equateur où il vit comme un prisonnier craignant, s’il met le pied sur le territoire britannique, d’être extradé aux USA par le biais d’une procédure odieuse et ridicule intentée contre lui en Suède.

    Cette situation doit cesser. Julian Assange doit être accueilli sur le territoire de l’Union européenne, n’en déplaise au « Big Brother » de Washington.

    http://gollnisch.com/2016/02/05/35294/

  • Eric Zemmour : "Le carton du Front National aux régionales est dû à Daesh et à madame Merkel"

    Dans l’émission Paris Première, Eric Zemmour s’est livré, à l’occasion d’un débat sur une éventuelle réorientation du programme économique du FN, à un décryptage politique qui n’a pas vraiment plu à Florian Philippot, actuel numéro 2 du FN :

    Eric Zemmour : Vous avez bien compris que cette attaque économique, c’est un prétexte pour vous attaquer. Ce que l’on vous reproche au Front National, c’est d’avoir fait main basse sur un parti en gouroutisant Marine Le Pen (…)

    Au Front National, vous êtes détesté, quand on fait des votes, vous arrivez loin non seulement derrière Marion Maréchal-Le Pen mais aussi Louis Aliot et aussi Steeve Briois. Vous n’êtes pas aimé au sein du parti, tout le monde me le dit (…)

    Depuis dix minutes, on ne parle que d’économie alors que le carton du Front National aux régionales, que ça vous plaise ou non, est dû à Daesh et à madame Merkel. Vous avez été sauvé par Daesh et Merkel qui vous ont ramené aux fondamentaux du Front National sur l’immigration et l’islamisation.

    Florian Philippot : C’est beau comme du Minute...

    Philippe Carhon

  • L'étoile Hillary Clinton pâlit...

    La favorite de la primaire démocrate a subi un désaveu dans l'Iowa et devrait perdre dans le New Hampshire. De quoi faire douter ses partisans.
    Hillary Clinton a surpris tout le monde lundi soir à Des Moines en prenant la parole à l'issue de la primaire démocrate dans l'Iowa, alors que les résultats du vote n'étaient pas encore complets et que ceux qui étaient tombés la montraient au coude-à-coude avec Bernie Sanders. En effet, à la stupéfaction de sa propre équipe de campagne, elle a déboulé sur l'estrade au beau milieu de la retransmission du discours de victoire de Ted Cruz qui créait l'événement du côté républicain. Et, bousculant le programme prévu, et notamment les discours de Bill et de sa fille Chelsea qui étaient censés intervenir, elle se déclara super soulagée, avant de remercier l'Iowa de son vote, comme si elle était victorieuse et qu'elle avait connaissance de chiffres dont les membres de la presse, dubitatifs, ne disposaient pas encore.
    Sans doute cherchait-elle ainsi à prendre son rival de vitesse avant qu'il ne se déclare lui-même victorieux, tant cette annonce aurait été humiliante pour elle, avant sa défaite annoncée dans le New Hampshire acquis à Sanders, alors qu'elle était partie avec 40 points d'avance sur lui au début de la campagne
    Mais, après tout, pourquoi pas ? D'autant qu'elle a simplement pris un peu d'avance puisqu'elle a été officiellement déclarée gagnante d'un des scrutins les plus serrés de l'histoire des primaires démocrates le lendemain après-midi avec 49,8 % des voix contre 49,6 % pour Sanders. Et que la stratégie de « c'est celui qui le dit qui l'est », qui n'a rien de neuf, aurait sans doute soulevé moins d'objections chez un homme.
    On la soupçonne d'un manque d'authenticité
    Sauf que sa réaction ne risque pas d'arranger sa réputation alors que son électorat peine à lui faire confiance en la soupçonnant d'un manque d'authenticité, voire d'honnêteté. Et elle pourrait même confirmer l'impression que le clan Clinton forge ses propres règles sans se plier à la loi commune. Or, c'est notamment cela qui lui a été reproché à propos de ses e-mails qu'elle a préféré gérer depuis sa boîte mail personnelle plutôt que suivre le protocole imposé par la Maison-Blanche pour des raisons de sécurité et de confidentialité.
    Bref, Hillary Clinton aurait pu s'abstenir de ce faux pas alors qu'elle apparaît si affaiblie. Elle peine, en effet, à convaincre. Y compris les femmes, qui devaient constituer le socle de son électorat. En effet, les plus jeunes se sont ralliées à Bernie Sanders. Les plus traditionnelles la jugent carriériste. Quant aux féministes de sa génération, qui ont fait sauter le tabou d'un président noir en élisant Obama, elles estiment désormais d'autant moins urgent de faire sauter celui d'une femme à la présidence qu'elles ne jugent plus Hillary Clinton crédible pour défendre la cause des femmes : n'a-t-elle pas soutenu son mari, et donc cautionné ses frasques, sans même chercher à divorcer depuis qu'il a quitté la Maison-Blanche ?
    La charge de Carly Fiorina
    Enfin, elle ne parvient pas à susciter l'enthousiasme, car elle manque tragiquement d'émotions. Elle est toute en volonté, en compétences, en combativité, et elle apparaît froide, dure et robotisée. Un défaut aussitôt exploité par Carly Fiorina, sa rivale républicaine, qui la décrit comme une femme de pouvoir qui aime en user et en abuser sans comprendre que le peuple aurait besoin, pour le lui confier, de lui faire confiance et donc de la connaître, et qui enfonce le clou en se présentant, au contraire, sous un jour humain et familial en disant qu'à l'inverse d'Hillary elle aime passer du temps avec son mari. Un coup aussi bas que celui de Trump déclarant : « Si Hillary Clinton ne peut pas satisfaire son mari, qu'est-ce qui l'autorise à croire qu'elle pourra satisfaire l'Amérique ? »
    De sorte que, tour à tour accusée de ne pas être assez féminine ou pas assez féministe, Hillary Clinton se heurte à une quadrature du cercle dont elle ne parvient pas à sortir.

    Cécile David-Weill Le Point.fr :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuVuVkyplAkTEpzncJ.shtml

  • L’armée arabe syrienne, appuyée par l’aviation russe, prépare la grande offensive

    L’armée arabe syrienne, qui ne disposait pas d’avions de reconnaissance ni d’images satellite, est désormais épaulée par l’aviation russe. Comme prévu, l’action combinée de ces deux forces commence à se faire sentir, un mois après le début de la seconde phase des opérations conjointes. L’essentiel du pays devrait être libéré d’ici la fin mars, y compris Alep. Il semble qu’une troisième phase se prépare au cours de laquelle la Russie et les États-Unis pourraient enfin joindre leurs efforts contre Daesh au Nord-Est de la Syrie.

    Conformément à l’accord conclu en vue d’un règlement pacifique de la guerre en Syrie, il a été créé un Groupe international de soutien pour la Syrie (ISSG : International Syria Support Group), qui comprend la Ligue arabe, l’Union Européenne, les Nations Unies et 17 États, dont les États-Unis et la Russie. Le cycle des négociations, qui a pris fin le 29 Janvier 2016 à Genève, n’ayant fait aucun pas en avant, est considéré comme un échec, en raison de l’attitude totalement non constructive de l’Arabie Saoudite, qui ignore la résolution 2254 de l’Onu et continue à soutenir le renversement du président élu Bachar el-Assad par la force [1]. En outre, tous les groupes terroristes composés d’étrangers, armés et soutenus par l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie, qui ont envahi et ruiné la Syrie, veulent être représentés dans la nouvelle formule gouvernementale.

    Par conséquent, au cours des six prochains mois, il ne sera conclu aucun accord de cessez-le-feu et l’Onu devra entamer des négociations séparées avec le gouvernement syrien et les représentants des groupes soutenus par l’Arabie saoudite. La position de Riyad est d’autant plus incompréhensible, que la Russie bombarde régulièrement les positions de l’État islamique en faveur de l’Armée syrienne libre (ASL, créée par la France, armée par l’Arabie Saoudite et financée par les États-Unis et la Turquie), et que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a eu des réunions à Moscou avec des représentants de groupes armés et soutenus par l’Arabie saoudite.

    Fondamentalement, les États qui ont financé, armé et introduit en Syrie des groupes dans le but de renverser la République arabe syrienne, espéraient un changement dans l’équilibre des rapports de force pour en tirer parti. Mais ce blocage semble profiter uniquement à l’armée arabe syrienne fortement soutenue par l’aviation russe.

    Les bombardements de l’aviation russe ont visé jusqu’ici les dépôts d’armes et de munitions, des installations pour la fabrication d’explosifs, des dépôts de carburant, des parcs automobiles, des centres de commandement et de transmission des groupes armés en Syrie. Cela a eu pour effet la baisse jusqu’à 60-70 % de la capacité de combat des djihadistes, par la pénurie de munitions, l’incapacité à exécuter des manœuvres, de se coordonner et de communiquer entre eux.

    Parallèlement à ces missions, les Russes surveillent à haute altitude, 24 heures sur 24, la frontière syrienne avec la Turquie, la Jordanie, l’Irak et Israël, avec des avions de reconnaissance sans pilote. Ils ont ainsi réussi à traquer toutes les colonnes d’approvisionnement des djihadistes et à les neutraliser à 65 % n les bombardant.

    Les principales vulnérabilités restent toujours la frontière occidentale de la Syrie avec la Turquie, dans le gouvernorat d’Idlib, sur une longueur de 70 km, et le corridor nord Azaz-Jarablus, d’une longueur de 90 à 100 km, par lesquels affluent, à partir de la Turquie, des armes, des munitions et des recrues pour l’État islamique et d’autres groupes terroristes.

    Les bombardements de l’aviation russe ont également eu un effet psychologique sur les caractéristiques des opérations de combat des djihadistes en Syrie, les forçant à arrêter leurs offensives, et ne se préoccuper qu’à défendre leurs positions. Pour être en mesure d’attaquer, les djihadistes doivent créer un rapport de force supérieur à l’armée arabe syrienne, dans certaines directions. Cela n’est possible qu’avec de vastes manœuvres et une concentration des forces, facilement repérables par les avions de reconnaissance russes. Chaque fois que les djihadistes ont commis cette erreur, les bombardiers russes ont réagi rapidement et neutralisé la quasi-totalité des groupes islamistes en mouvement vers la concentration en cours.

    Suite à la stratégie mise en œuvre par la Russie, l’armée arabe syrienne a gagné une plus grande liberté d’action, matérialisée par de petites offensives qui ont abouti à la conquête des bastions des terroristes [2]. Le retrait des villes fortifiées par les islamistes a accru la mobilité des unités blindées syriennes qui ont imposé leur contrôle sur les voies de communication situées entre les localités occupées par les djihadistes. Elles ont réussi à encercler de nombreuses localités, soumises à des bombardements de l’aviation russe, avant de déclencher l’offensive terrestre.

    Par exemple, la zone du Nord des montagnes turkmènes, dans le gouvernorat de Lattaquié, occupé par des groupes terroristes soutenus par l’Arabie saoudite, la Turquie et les États-Unis, est sur le point d’être libérée par la 103ème Brigade mécanisée de la Garde syrienne. Cela permet la sécurisation globale de la frontière avec la Turquie dans le gouvernorat de Lattaquié et assure à l’armée arabe syrienne, des positions de départ pour l’offensive pour la libération de Jisr Al-Choughour, une porte d’entrée fortifiée dans le gouvernorat d’Idlib. Ce gouvernorat est entièrement sous le contrôle d’environ 12 000 djihadistes appartenant à plusieurs groupes, dont celui d’al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda).

    Dans le gouvernorat de Deraa, au sud de Damas, la 7ème Division mécanisée syrienne a créé une faille profonde sur un axe nord-sud, encerclant un groupe composé de 1 500 combattants islamistes. Après la libération de l’important nœud de communication de Sheikh Miskeenm, les 12ème et 15ème Brigades de la 5ème Division blindée syrienne ont continué l’offensive pour la conquête de la ville de Nawa. Cette commune est proche du plateau du Golan occupé, qui forme la zone de cessez-le-feu avec Israël. Avec cette manœuvre, l’armée syrienne a initié le mouvement d’encerclement de 9 500 djihadistes combattant dans l’ouest du gouvernorat de Deraa, sécurisant également la frontière avec Israël.

    Les deux actions offensives sont des indications claires de la préparation d’opérations terrestres de grande envergure, qui seront probablement lancées en mars. Cette hypothèse est basée sur le fait que, durant la dernière semaine, la Russie a intensifié les missions de reconnaissance, et a doublé le nombre de drones de type Dozor en Syrie dans le but de surveiller strictement les mouvements rebelles.

    L’armée arabe syrienne est le seul adversaire de tous les combattants islamistes en Syrie, le plus lourdement armé (avec des véhicules blindés, des mitrailleuses, artillerie lourde, des armes antichars) et avec une grande expérience de combat. La profondeur du territoire occupé par les djihadistes, ainsi que leur capacité de combat diminue exponentiellement, et leur moral, qui est au plus bas, augmente les chances qu’ils soient prêts à se rendre sans combattre.

    Par conséquent, la tâche immédiate de l’élimination des groupes islamistes sur la ligne de contact, représente l’objectif le plus difficile pour l’armée syrienne et nécessitera un long moment. Il n’est pas exclu que, pour la neutralisation des points de résistance terroriste, l’armée arabe syrienne reçoive le soutien de détachements indépendants de commandos Spetsnaz ou d’un bataillon mécanisé des forces terrestres russes. Ceux-ci opèreraient avec des transporteurs 8 × 8 Boomerang ou le nouveau blindé T-15 Armata, que les Russes veulent tester en situation de combat. Le T-15 Armata a le même châssis et le même type de blindage que le nouveau char russe T-14 [3]. Une fois passé ce grand obstacle, pour la mission suivante, les troupes syriennes soutenues par l’aviation pourraient réaliser une offensive à un rythme de 20 km par jour dans le sud, l’ouest et le nord de la Syrie.

    Prenant en compte les erreurs commises au cours de la première phase de la campagne de Syrie, les Russes ont déployé, de manière permanente, 12 bombardiers lourds Tu-22M3 à la base aérienne de Mozdok en Ossétie du Nord [4]. A partir de cette base aérienne, un Tu-22M3 peut atteindre la Syrie après deux heures et 44 minutes et peut effectuer quotidiennement deux missions de bombardement en Syrie.

    Pour protéger ses bombardiers Tu-22M3 durant leur survol de l’espace aérien de l’Irak et le nord de la Syrie —où évoluent les avions de la coalition anti-ÉI dirigée par les États-Unis—, la Russie a déployé à la base aérienne de Hmeymim, l’une des quatre batteries de missiles anti-aériens S-400. Une seconde batterie a été déployée à la base aérienne syrienne de Kuweires, située à 30 km à l’est d’Alep. Dans le cadre de l’offensive de printemps, la Russie va utiliser 64 avions de combat stationnés à la base aérienne de Hmeymim, dans le gouvernorat de Lattaquié (24 Su-24M2, 12 Su-25, 12 Su-34 et 16 Su-30SM). Après l’achèvement du processus de modernisation de l’aviation militaire syrienne, la Russie peut compter sur 66 à 130 avions modernisés syriens (9 MiG-29SMT, 21 Su-24M2, 36 Yak-130, et probablement 64 MiG-23-98) et 112 autres avions syriens non modernisés, mais réparés par les Russes et prêts, de type MiG-21, Su-22M4, et L-39 [5].

    Traduction
    Avic
    Réseau International  

    [1] « Du Communiqué de Genève à la Résolution 2254 », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 décembre 2015.

    [2] « La situation militaire actuelle en Syrie », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 22 janvier 2016.

    [3] « Exclusif : les secrets du nouveau char russe T-14 Armata », Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau international, 30 avril 2015.

    [4] « Les erreurs de la Russie en Syrie », Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau international, 28 novembre 2015.

    [5] « La Russie modernise les forces aériennes de la Syrie », Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau international, 27 janvier 2016.

    http://www.voltairenet.org/article190161.html