l'information nationaliste - Page 7035
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Journal de bord de Jean-Marie Le Pen n° 417
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La France n'est pas une terre d'islam
Faisant allusion à la célèbre citation de l'historien français Marc Bloch,
"Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération" (L'étrange défaite, 1940)
Marion Maréchal-Le Pen a déclaré hier :
"Qui n'a pas vibré au sacre de Reims et à la fête de la Fédération n'est pas vraiment Français (...)
Nous ne sommes pas une terre d'Islam, et si des Français peuvent être de confession musulmane, c'est à la condition seulement de se plier aux mœurs et au mode de vie que l'influence grecque, romaine, et seize siècles de chrétienté ont façonné. Chez nous, on ne vit pas en djellaba, on ne vit pas en voile intégral et on n'impose pas des mosquées cathédrales"
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Pour les Français à nouveau tentés pas Nicolas Sárközy de Nagy-Bocsa…
Nicolas Sarkozy a vanté son bilan en matière d’antiterrorisme : « J’ai été en charge de la sécurité de la France de 2002 à 2012. De 2002 à 2011, il n’y a pas eu un seul attentat en France. » Le président des Républicains choisit bien ses dates, puisque Mohamed Merah a perpétré ses attentats en mars 2012. C’est également sans compter les attentats en Corse.http://www.contre-info.com/
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À la merci de l'islamisme turc
Le battage insupportable autour de cette parlotte stérile, au nom ridicule de Cop21, a fait passer au second rang une rencontre infiniment plus importante pour l'avenir de nos pays, entre les dirigeants européens et le chef du gouvernement turc.
Elle s'est conclue à Bruxelles en cette fin de semaine le 29 novembre. Elle n'a pu conduire à aucune solution concrète quant aux problèmes urgents à propos des flots incontrôlables de migrants, vrais ou faux réfugiés.
En revanche des principes très graves ont été avalisés.
Angela Merkel a caractérisé, sans peut-être s'en rendre compte, sa propre dérive personnelle. Celle, qui avait construit sa popularité en 2010 sur la répudiation du modèle multiculturel, a demandé tout simplement "que l'immigration illégale devienne légale". Sans doute croyait-elle définir la normalisation de la migration des peuples, expression par laquelle on désigne en allemand ce qu'on appelle en français les grandes invasions.
Même l'éditorialiste du Monde l'a remarqué : la négociation se déroulait entre une Europe "désunie et velléitaire" et la Turquie. Elle a pris des aspects intolérables. Le gouvernement d'Ankara a littéralement tenté de tordre le bras à famille divisée des 28 États-Membres. Et, malgré toutes les réticences qu'exprimaient pour la plupart, ses interlocuteurs, il y est parvenu.
"Le Monde" parle d'un "accord a minima et sans calendrier."
Et certes, depuis 52 ans que le mirage de l'adhésion turque est agité, depuis bientôt 30 ans que la candidature officielle d'Ankara a été déposée, tout le monde devrait comprendre non seulement que la greffe ne peut pas être effectivement opérée, mais aussi que la conformité du régime turc avec les critères européens n'a cessé de se dégrader du fait de la lente mais comme inexorable poussée obscurantiste dans le centre de l'Anatolie et dans les faubourgs d'Istanbul, adossée à un régime de plus en plus autoritaire.
L'erreur majeure imposée en 1993 par M. Juppé donnant, sans adhésion, le statut hybride de membre de l'Union douanière, fait de ce pays un partenaire incontournable. Sans avoir opéré les réformes exigées par l'Europe, ayant même reculé sur de nombreux terrains,non seulement il lui fait librement concurrence mais, mieux encore, il va obtenir de plus en plus de siéger dans ses conseils.
La décision catastrophique de Mme Merkel en 2015 d'appeler ouvertement à un vaste remplacement de population permet au gouvernement turc de tirer parti des 2,2 millions de gens qui ont fui la guerre dans laquelle personne n'ose rappeler les responsabilités directes des nostalgiques de l'Empire ottoman au pouvoir à Ankara.
Je rappelle à ce sujet que depuis l'été 2014 les révélations constantes des défenseurs turcs de la laïcité à propos des soutiens d'Erdogan aux djihadistes syriens en général et à Daech en particulier, sont passées sous silence dans notre pays.
Nos dirigeants nous ont livrés de la sorte à la merci de cet État, qui retrouve le rôle qu'il joua pendant des siècles, et que l'on croyait pouvoir définitivement oublier, celui de l'ennemi prenant aujourd'hui le visage de l'islamisme.
JG Malliarakis
À lire en relation avec cette chronique
"La Question turque et l'Europe" à commander aux Éditions du Trident, sur la page catalogue ou par correspondace en adressant un chèque de 20 euros aux Éditions du Trident, 39 rue du Cherche-Midi 75006 Paris.
→Retrouver l'enregistrement de cette chronique sur le site de Lumière 101
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En 2005, le frère de Brahim et Salah Abdeslam détroussait les cadavres à Bruxelles
Mohamed Abdeslam, le frère de Salah, a fait partie du gang des ambulanciers charognards, qui détroussaient des cadavres à Bruxelles. Le même Mohamed passait en boucle après les attentats sur toutes les télévisions pour défendre l’honneur de la famille.
C’est décidément une bien belle famille que les Abdeslam. Avec deux frères impliqués dans les attentats meurtriers du 13 novembre et un troisième qui détroussait les cadavres qui étaient confiés à la société d’ambulances pour laquelle il travaillait. La police mettra à jour une véritable filière de détrousseurs de cadavres. Sept ambulanciers sont rapidement arrêtés et avouent avoir dépouillé entre 20 et 30 cadavres. L’information est relevée entre autres dans un article du site belge dh.be, qui vaut le détour.
Le journaliste écrit benoîtement
nous avions évoqué des dossiers liés à des stupéfiants et à des vols. Rien de bien grave en somme.
Sauf qu’aujourd’hui, nous apprenons que Mohamed ne s’est pas rendu coupable de vols anodins.Bel état d’esprit… drogue et vol, pas de quoi fouetter un chat… le journaliste souligne d’ailleurs le laxisme de la justice belge, aussi effarant que celui que Taubira a élevé en France au rang des beaux-arts.
La justice a été relativement clémente avec ces charognards puisque Abdeslam n’a pris que deux ans avec sursis. Un sursis dont ont bénéficié tous les ambulanciers qui ont été reconnus coupables sur toute la ligne.
On appréciera au passage le « relativement », s’agissant de crimes particulièrement odieux…
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Zoom : Nicole Delépine - Tout ce que l’on vous cache sur la loi Santé de M. Touraine. (01-12-2015)
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L’un des terroristes s’était entraîné légalement en France
FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
L’un des assaillants du Bataclan s’était entraîné dans un stand de tir de la police
L’enquête autour des assaillants du 13 novembre dernier n’en finit pas de livrer des surprises. Après nous avoir appris que certains des terroristes étaient arrivés par la filière syrienne d’immigration clandestine ou encore que d’autres étaient déjà connus des services de police pour différentes raisons dont radicalisation et tentative de départ vers la Syrie ou le Yémen, nous apprenons aujourd’hui que l’un d’entre eux s’était entraîné au tir de manière parfaitement légale. En effet, Samy Amimour, qui avait été placé sous contrôle judiciaire en 2012 après avoir tenté de rejoindre le Yémen, possédait une licence de tir de la Fédération française de tir pour la saison 2011/2012 et s’entraînait au stand de tir de l’Association nationale de tir de la police.Qu’est-ce que cela signifie pour les chasseurs et les tireurs sportifs ?
C’est une nouvelle inquiétante pour tous les chasseurs, les tireurs sportifs et les citoyens soucieux de la liberté de posséder une arme. En effet, cette nouvelle pourrait avoir des répercussions graves pour ces catégories, tout d’abord en provoquant un tollé médiatique quant à la sécurisation des stands de tir, mais aussi en donnant du grain à moudre à l’argumentaire sécuritaire déployé derrière l’état d’urgence.
En effet, certaines mesures de l’état d’urgence permettent à l’État de réquisitionner toutes les armes déclarées par les chasseurs et les tireurs sportifs bien que ces derniers aient plus souvent le profil de citoyens soucieux de leur sécurité, de leurs traditions et du respect des lois que le profil de bandits et de terroristes de cité armés jusqu’aux dents. Rappelons d’ailleurs que les restrictions autour de l’acquisition légale d’armes à feu sont nombreuses, et que les chasseurs et les tireurs sportifs sont soumis à un contrôle rigoureux de l’État. Néanmoins, ce nouvel élément pourrait pousser les pouvoirs publics à finir de désarmer légalement la population en utilisant l’état d’urgence.D’ailleurs, on parle de prendre certaines mesures à l’échelle européenne…
En effet, la Commission européenne a déposé le 18 novembre des propositions pour durcir la législation en matière de détention d’armes. Ainsi, parmi les mesures proposées, on retrouve des amendements visant à rendre plus difficile l’acquisition d’armes à feu, augmenter la traçabilité des armes et échanger des informations à l’échelle européenne sur les détenteurs d’armes. En fin de compte, ce sont les citoyens soucieux du respect de la loi et de leur sécurité qui vont payer les politiques sécuritaires visant les terroristes et les criminels. Pendant que la population est désarmée par l’État, les criminels continuent à s’armer sur le marché noir. -
LR : où est donc passée « la droite décomplexée » ?
Dans son numéro d'avant le 1er tour des élections régionales, Minute écrit :
"[...] trois ans et demi après la défaite de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, la droite ex-UMP n’a toujours pas compris qu’elle avait perdu en 2012 pour n’avoir pas tenu ses promesses et non pas pour avoir été trop à droite durant cinq ans. Non seulement cette droite-là ne s’assume toujours pas pour ce que ses électeurs attendent qu’elle soit – où est donc passée « la droite décomplexée » ? – mais elle est partie à la conquête des régions en une alliance politicienne avec les centristes de l’UDI et avec ceux du Modem(qui avaient causé sa perte en 2012 !) et qui lui interdisent toute remise en question. On se demande si ce n’est pas Alain Juppé, plutôt que Nicolas Sarkozy, qui a composé les listes ! On est sûr en tout cas que ce n’est pas Patrick Buisson…Et le FN ? Il n’est un mystère pour personne que nous avons des réserves sur certains aspects du programme du Front national : sur sa propension à privilégier le combat de la souveraineté sur celui de l’identité, sur son étatisme, et, plus grave, sur sa réticence à assumer pleinement le combat civilisationnel, trop souvent délaissé au profit des seules « valeurs républicaines » que nous estimons vides de sens et inopérantes. Ce sont principalement ces divergences qui nous ont conduits à apporter à Marine Le Pen, depuis son accession à la présidence du FN en janvier 2011, un soutien critique – mais un soutien ! – qu’elle perçoit comme une hostilité. Nous lui rappellerons seulement avec Beaumarchais que « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ». [...]"
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La démocratie directe : Démos contre Aristos par Jesús Sebastián LORENTE
Métamag est heureux d’accueillir un nouveau collaborateur en la personne de l’essayiste espagnol Jesús Sebastián Lorente, rédacteur en chef de la revue hispanique Elementos, maître d’œuvre chez l’éditeur Fides d’une nouvelle collection, « La Bibliothèque de Métapolitique » dans laquelle il vient de publier un livre d’hommage à Alain de Benoist, Éloge de la Dissidence où l’on retrouvera au sommaire des plumes connues comme celles de Jeronimo Molina ou du philosophe français Michel Lhomme. Le texte suivant intéressera probablement les élèves du Concours commun de Sciences-Po qui doivent cette année plancher sur deux thèmes : l’école et la démocratie mais il rentre tout à fait dans le cadre de notre nouvelle rubrique « Des Idées et des Hommes » d’où la traduction suivante que nous vous proposons.
La rédaction de Métamag
Franchement, je suis fatigué de lire ces tas de louanges adressées à la démocratie grecque antique, une logorrhée insistante qui ne se contente pas seulement d’entériner le ressentiment contre les limites de la démocratie libérale mais qui en plus se présente comme une sorte de régression platonicienne et romantique, bien éloignée de tout réalisme politique. Ce bourrage de crâne a atteint son apogée maximum, dans la gauche radicale espagnole [la gauche française rêvant plutôt d'une démocratie totalitaire censurant toutes les têtes qui ne pensent pas comme elle - NDT], lors de la célébration du dernier référendum grec qui ne fut que la mise en scène d’un pseudo-affrontement contre l’Union européenne, en réalité un plébiscite référendaire – avec son effet boomerang – par lequel Syriza a réussi à faire passer la souveraineté populaire sous l’arc dorique du Parthénon.
Le mythe de la démocratie grecque
L’appel à une démocratie grecque originelle et idéalisée est devenu le mantra des mouvements populistes. Il consiste à croire qu’il suffit d’adopter le même nom (postulat étymologique) pour déterminer les choses univoquement – ou les obliger à se déterminer – d’elle-même comme si la vraie démocratie ne pouvait être autre chose que le gouvernement direct, avec cette idée sous-jacente que plus la démocratie serait directe, mieux cela serait et ce, contre tous les discours destinés à critiquer le « démocratisme ». De fait, ceci nous amène à constater quelque chose d’assez inquiétant : la démocratie, qu’elle soit antique ou moderne, n’est pas une nécessité historique. Toutes les expériences de « démocratie totale » finissent toujours par des régimes de monarchie absolue, de dictatures militaires ou des tyrannies populaires. Mais laissons le temps au temps et interrogeons-nous.
D’où provient un tel mythe « démocratique » ? Pendant la Révolution française et postérieurement, à l’époque romantique, penseurs et hommes politiques, ont souvent porté aux nues les « Républiques de l’époque gréco-romaine » (Athènes, Sparte et Rome), en organisant même des discussions autour des oppositions d’« Athènes contre Sparte » ou de « Sparte contre Athènes ». Nous pouvons citer par exemple cette conception tardive de la société spartiate, présentée comme une société militarisée et prétendument raciale, défendue par les Jacobins et les nazis. Elle a même engendré un autre mythe, le mythe de Sparte absolument opposé à celui d’Athènes.
Qu’y a-t-il d’exact dans ces présentations si nous les analysons d’un point de vue postmoderne ?
Nul doute qu’au Ve siècle avant J-C, la civilisation grecque était très démocratique mais elle était aussi particulièrement aristocratique et esclavagiste, puisque la majorité de la population n’appartenait pas à l’élite citoyenne et souveraine, mais qu’au contraire, tout un groupe de femmes, de travailleurs, d’esclaves et d’étrangers (les métèques) n’était juridiquement pas libre, ni politiquement actif. En effet, la condition d’hommes libres, jouissant de la plénitude des droits politiques, n’était dévolu qu’aux seuls citoyens. Autour des années 430 avant J-C, la population pour la région d’Athènes était à peu près de 300 000 âmes. Ce qui veut dire que seul 10 % de cette population, soit environ 30 000 individus – le demos – jouissait réellement de droits politiques et civils.
À un premier niveau, la population se divisait, pour employer un vocabulaire moderne, en « nationaux » et en « sujets ». Parmi les « nationaux » – pour ceux qui naissaient à Athènes de père et de mère athéniennes (un mixte de droit du sang et du sol) – se trouvaient les hommes, les seuls aptes à devenir citoyens, et encore pas tous les hommes, parce qu’ils pouvaient aussi perdre cette condition de citoyen pour causes de guerre, pour des raisons morales ou économiques et se retrouver ainsi comme les femmes et les enfants, qui ne jouissaient pas des prérogatives de la citoyenneté. Parmi les « sujets », se trouvaient quelques commerçants, les travailleurs et les esclaves, qu’ils soient ou ne soient pas étrangers (y compris ceux des cités voisines). Par déduction, ceux-ci n’avaient aucun droit et encore moins de participer à lapolis.
Le pouvoir législatif était aux mains de l’Assemblée (Ecclesia) qui avait pour fonction d’approuver les lois, de lever les impôts et de faire la guerre et à laquelle ne participaient seulement que 3 000 citoyens environ, mais jamais la totalité… – ce fameux « tous » dont on nous rabat les oreilles avec la soi-disant « démocratie directe » ou « constituante » de l’Antiquité. La direction de l’Assemblée reposait sur un Conseil (la Boulé) composé de 500 citoyens tirés au sort. Si nous transposons à notre époque, ce serait l’équivalent de ce que représente la Commission européenne par rapport au Parlement européen, soit le paradigme même du déficit démocratique reconnu de l’UE. Finalement, en Grèce, le pouvoir judiciaire était constitué d’un tribunal (l’Héliée) qui jugeait les conflits, les réclamations et les plaintes des citoyens (mais n’oubliez pas, seulement 10 % de la population) et était formé par des citoyens choisis aussi par tirage au sort dans le cadre de l’Assemblée. L’isonomie (l’égalité devant la loi) était donc une utopie.
Comme dans n’importe quelle assemblée populaire, une minorité hyperactive et hyper participative était celle qui finalement déterminait l’agenda, le processus et les décisions politiques. Croire, en plus, que les citoyens athéniens discutaient et votaient en pensant au bien commun, au lieu de défendre leurs intérêts personnels ou corporatifs, comme le font leurs compagnons modernes, témoigne d’une naïveté absolue. Nonobstant, ce mythe de la démocratie athénienne permet de maintenir la fiction qu’un gouvernement du peuple puisse se réaliser à travers des méthodes purement démocratiques, participatives ou délibératives, alors qu’on sait bien que la réalité d’hier comme aujourd’hui, est que le soutien politique des régimes démocratiques repose principalement sur des processus de caractère technique ou bureaucratique, éloigné de la citoyenneté et toujours exécuté par une minorité. Du coup, le problème à poser n’est peut-être pas tant celui du modèle de démocratie que nous voulons mais plutôt celui de l’accès d’une minorité déterminée (aristocratique, bureaucratique, technocratique, partitocratique) au pouvoir qui doit régir les destinées souveraines du peuple.
Avant le Ve siècle avant J-C, le pouvoir politique d’Athènes repose sur une aristocratie guerrière et de propriétaires fonciers, descendant des anciens envahisseurs indo-européens. Il s’agissait d’individus suffisamment équipés et préparés pour se présenter à la guerre avec un cheval, son harnachement et toute la panoplie guerrière. La guerre n’était pas comme à notre époque, un événement déconsidéré par l’humanité mais une activité naturelle et quasi permanente, décisive pour la liberté et la prospérité de la cité car d’elle dépendait l’obtention de nouvelle terres, d’esclaves et de butin. Par conséquent, l’influence politique de ceux qui décidaient de la bataille était décisive. Cependant, l’augmentation de l’importance de l’activité commerciale favorisa la naissance et le développement d’une nouvelle classe moyenne mercantile, qui commença à guerroyer dans l’infanterie lourde, puisqu’elle était capable petit à petit d’en couvrir les frais; du coup, sa participation dans les rapports de force politiques devint décisive. C’est ainsi que les démocrates athéniens décidèrent d’octroyer aussi la citoyenneté à certains individus en fonction de leurs mérites militaires ou, ce qui déjà nous plaît moins, en fonction de leur patrimoine économique. Le demoss’ouvrait ainsi aux marchands, mais pas au reste de la population.
De fait, les hommes grecs, libérés du travail productif ou domestique par les commerçants, les travailleurs, les esclaves et les femmes, passaient leur temps au gymnase, aux compétitions athlétiques, à écouter les philosophes et les orateurs dans les espaces publics, aux tâches politiques des assemblées, des tribunaux et des magistratures, ainsi qu’à la guerre quand ils s’ennuyaient ou qu’elle était nécessaire. Disons-le : ils vivaient comme des rois ! Et comme du coup l’absentéisme à l’Assemblée était très courant, les Athéniens démocrates et participatifs décidèrent avec le temps et les excès de rémunérer la pratique de la fonction politique. Cela ne vous rappelle pas quelque chose ?… Mais en réalité, l’objectif était tout autre : empêcher que des citoyens avec très peu de ressources puissent participer aux décisions des Assemblées. Ainsi, la bourgeoisie naissante grecque remplaça l’ancienne aristocratie guerrière, exactement comme chez nous. À Athènes, les humbles furent écartés tandis qu’à Sparte, on repoussait les handicapés. Vive la citoyenneté universelle !
Ce mythe de la démocratie athénienne est en réalité un des récits modernes, propre au messianisme politique, qui fait du libéralisme la fin inéluctable de l’Histoire. Ainsi, on nous raconte, on nous fait croire qu’il y a eu, une fois dans l’Histoire, une vraie démocratie, une authentique démocratie mais que nous en avons perdu le sens suite à la trahison du peuple par une bourgeoisie alliée aux pouvoirs financiers et livrée aux marchés. Le problème est qu’il n’y a sans doute pas de régime aussi peu représentatif que celui de la démocratie grecque qui puisse être pris comme modèle pour la démocratie contemporaine et que ceux qui le revendiquent avec tant d’insistance le font à travers les prismes déformants d’une tromperie avérée, très courante en politique, qui consiste à porter aux nues la démocratie moderne sur les bases de la démocratie antique alors que la première n’est en réalité qu’une farce électorale et la seconde, une imposture que l’on prendrait pour un éden participatif. En réalité, les hellénophones indignés poursuivent ce courant de la tradition politique occidentale qui, depuis l’Époque moderne, prétend être l’héritier de l’Antiquité classique, oubliant, par exemple, la philosophie des peuples païens pré-romains et les institutions médiévales européennes.
Alors proposons maintenant un exercice de spéculation historique, en transposant le modèle de la démocratie grecque aujourd’hui. Prenons, par exemple, un pays européen type de 40 millions d’habitants. De ceux-ci, seuls 10 % posséderait la condition de citoyens, c’est-à-dire que cela ferait environ 4 millions de gens qui auraient le droit de participer politiquement à l’Assemblée citoyenne. D’un seul coup, nous avons déjà dû retirer 36 millions de voix et de votes du processus. Mais selon quels critères avons-nous sélectionner nos citoyens ? Aujourd’hui, nous ne pouvons pas imaginer adopter des critères d’élitisme guerrier à l’ancienne ou des critères de caste économique, par trop modernes, ni d’aristocratie spirituelle, bien trop diffuse. Nous ne pouvons non plus discriminer par genre (le sexe) ou par l’origine (les étrangers). Et, naturellement, il n’y a plus d’esclaves (ou s’il y en a, ils sont heureux, comme le remarque l’essayiste espagnol Javier Portella). Aussi, nous serait-il nécessaire d’adopter une série de critères qui ne seraient ni objectifs ni conformes à la généralité. Alors allons-y : 1) posséder la nationalité par la naissance ou par paternité/maternité 2) disposer d’une certaine formation académique, par exemple universitaire 3) exercer un travail, une activité commerciale, professionnelle ou d’entrepreneur 4) être à jour de ses obligations fiscales et sociales 5) ne pas avoir été condamné pénalement pour délits ou fautes graves et 6) avoir entre 21 et 71 ans (pas moins pour immaturité, pas plus, par excès de maturité). À ce pas, si nous appliquons tous ces critères simultanément, nous n’arriverions même pas à cette minorité de 10 % de citoyens politiques. De ces 4 millions de citoyens, mettons qu’un demi-million seulement, tiré au sort, participeraient activement à l’adoption des décisions politiques. Est-ce cela que veulent nos fans de la démocratie antique ? Le Demos contre l’Aristos ?
La démocratie directe : vers une souveraineté populaire numérique ?
Traditionnellement revendiqué par la gauche, le système de la « démocratie directe », se présentant comme l’antithèse de la « démocratie représentative » qui régit la majorité des États occidentaux (où les représentants ont fini par se constituer en une oligarchie politico-financière), est aussi revendiqué par une nouvelle droite de plus en plus éloignée de conceptions aristocratiques ou méritocratiques dépassées qui n’ont rien à voir avec les principes hiérarchiques de la communauté organique.
Comment doivent être prises les décisions qui touchent toute une population ? Cette question s’est périodiquement posée depuis les temps anciens. Les Athéniens pouvaient se réunir « tous » et voter directement sur les questions. Mais qui était ce « tous », si ce ne sont les citoyens ayant des « droits politiques » ? C’est-à-dire une minorité aristocratique – descendant des anciens envahisseurs indo-européens – qui ne représentait comme nous l’avons vu, qu’approximativement 10 % de la population totale, le reste étant des travailleurs et des esclaves.
Continuons. La majorité des penseurs pensent qu’un système démocratique comme celui-ci sera toujours préférable à l’autre option : la tyrannie. Dans des représentations plus récentes de la démocratie, la taille de la population rend impraticable la prise en compte de l’opinion de chaque citoyen pour chaque décision. Pour remédier à cela, on sait que furent instaurés avec le temps des systèmes de démocratie représentative, dans lesquels la population choisit pour un certain temps quelques représentants qui se chargent de voter sur les affaires courantes. En réalité, la taille de la population n’est pas la seule raison pour l’existence des représentants. Les Founding Fathers des États-Unis, voyaient par exemple dans ce qu’ils appelaient une « vraie démocratie » – c’est-à-dire, une démocratie qui n’aurait pas de représentants – le danger de la tyrannie de la majorité : les minorités se retrouveraient totalement vulnérables devant les désirs de la majorité. Une autre objection contre le fait d’ailleurs que les citoyens s’expriment directement est qu’ils ne sauraient avoir la capacité intellectuelle suffisante pour comprendre la complexité des affaires d’État. Et pour achever le tout, on admet tacitement chez les professionnels de la politique que certains aspects liés aux intérêts et/ou à la sécurité nationale ne peuvent être rendus publics, puisque cette transparence permettrait de dévoiler une information sensible à des tiers, en plus de restreindre la capacité d’action du gouvernement.
Aujourd’hui, il existe un mouvement pour la démocratie directe, appelée aussi démocratie pure ou démocratie non-représentative, qui a commencé par être revendiquée par la gauche radicale, mais qui est maintenant défendu plus que tout par une nouvelle droite, une nouvelle droite dissidente de la tournure oligarchique du néo-libéralisme. En prenant toujours le « modèle suisse » comme exemple à imiter (démocratie locale ?, démocratie fédérale ?), l’essayiste français Yvan Blot a révolutionné la pensée conservatrice par rapport aux « essences de la démocratie » avec ses livres La démocratie directe etL’oligarchie au pouvoir, proposant un retour à la fonction souveraine du peuple.
Les défenseurs de la démocratie directe remarquent que la technologie actuelle permet de rendre le comptage de millions de votes aussi facile que celui de dizaine de bulletins. On peut donc facilement envisager maintenant que chaque loi qui dans la démocratie représentative est votée en chambre, disons au parlement, puisse être voter directement sans de trop grandes complications au niveau d’une région ou d’une nation. La tyrannie de la majorité n’aurait alors aucune raison d’être une menace pour autant que se maintient un certain degré de débat et de consensus, chose qui devient de plus en plus possible grâce aux diverses plateformes numériques – forums, blogues, moyens de communication interactifs – qui ont commencé de surgir récemment un peu partout. L’idée que les gens ordinaires ne soient pas capables de comprendre les thèmes et de décider ce qui leur convient le plus a toujours été l’argument de ceux qui se sont opposés à une plus grande démocratisation de n’importe quel système de gouvernement. Et cependant, la corrélation entre ce que nous pourrions appeler le niveau de démocratie d’un pays (entendu comme l’homogénéité de la distribution de la responsabilité politique parmi sa population) et son niveau de développement social ne saurait être plus clair : il nous suffit simplement de comparer les pays les plus démocratiques comme la Suisse (où cinquante mille signatures suffisent pour rendre effectif un référendum souverain) avec les plus autoritaires, disons la Corée du Nord ou le Venezuela. De plus, il n’est pas du tout sûr que cacher les aspects les plus obscurs de la politique contribue au bien commun de la population. En général, on peut dire que tous les arguments posés en faveur des représentants, excepté celui sur l’infaisabilité de compter les multiples bulletins de vote, ne dépendent que du préjugé qui postule que par le biais de quelques circonstances indéterminées, les représentants seraient des personnes forcément plus justes, plus sages ou plus capables que le citoyen ordinaire. Ceci nous paraît être au contraire un argument en faveur de l’oligarchie plus que de la démocratie.
Ainsi, nous devons reconnaître que la démocratie est un système en évolution, qui n’a jamais été achevé, même par l’éternelle polémique entre la démocratie représentative et la démocratie participative. Probablement, l’élection de représentants fut autrefois une des meilleures options pour le fonctionnement de la société mais la technologie actuelle est en train de modifier profondément la donne, comme tant d’autres domaines. Si nous voulons donc rendre plus démocratique notre système, la première chose que nous devons effectuer, c’est opérer un changement de paradigme par rapport aux personnes avec lesquels nous passons un « contrat » – que nous choisissons ou que nous désignons – pour réaliser certaines fonctions politico-administratives: il nous faut nous éloigner de l’idée primitive du leadership et nous rapprocher d’une autre, celle de la « fonction publique », entendue comme celle de serviteurs publics qui honoreraient nos instructions, mais ne prendraient pas les décisions à notre place. Il est important de remarquer que cela n’implique pas une perte des libertés de l’individu en faveur de la majorité mais au contraire, avec l’abondance des plateformes sur Internet consacrées au débat, cela implique qu’une plus grande expression des idées, des nécessités et des inquiétudes de la communauté soit rendu possible.
Nous avons besoin d’un système qui permette de gérer les décisions communes. Dans ce monde de réseaux sociaux, de logiciels libres et de désillusion croissante face à la classe politique, la démocratie directe peut donc être une option viable de transition entre ce que nous appelons encore la « démocratie représentative » et un système de « démocratie pure », ce serait d’ailleurs non seulement un système plus équitable, mais aussi un système aussi probablement plus efficace, in fine une authentique souveraineté populaire, un populisme réellement démocratique.
Le système de démocratie directe pourrait s’exercer à travers des médias informatiques et/ou télématiques en ligne qui permettraient à n’importer quel citoyen (identifié par sa carte d’identité électronique ou sa signature numérique) de proposer des idées et/ou de voter pour celle des autres. Un tel système identifierait les propositions faites sur des thématiques similaires pour permettre à celui qui propose son idée de savoir si celle-ci a déjà été présentée, et dans un tel cas y ajouter simplement son vote. Au bout d’un certain temps, les propositions qui auraient accumulé le plus de votes seraient soumises à référendum à travers le même système. Une forme de gestion de ce type pourrait être appliquer simultanément à différents niveaux (local, régional, national, continental). Des consultations ponctuelles sur les grands sujets ou les grandes décisions, des consultations périodiques pour vérifier le travail des gouvernants, des contrôles financiers pour vérifier les travaux et les chantiers publics, des consultations décisionnelles pour renverser ou changer de gouvernement, des consultations légitimes pour nommer ou pour renouveler les membres des principales institutions… Un rêve qui, lamentablement, n’échappe pas à l’utopie: nos oligarchies politico-financières n’admettront peut-être jamais une souveraineté d’une telle ampleur.
Pourtant, notre postmodernité politique, en posant de nécessaires limites, tireraient de fructueux bénéfices d’une telle démocratie directe. Ce serait un antidote puissant contre la séparation du pouvoir entre gouvernants et gouvernés et la désaffection croissante pour la politique. En percevant seulement et de manière tangible, la contribution directe à la prise concrète de certaines décisions, on réussirait à conjurer le danger de percevoir les institutions comme une contrainte hétéronome. Les consultations directes éviteraient en effet l’oligarchisation de la politique, en donnant l’opportunité au peuple de se prononcer sur les matières fondamentales.
De plus, le prétendu facteur de division que certains attribuent aux référendums pourra ici se transformer en son contraire au sein de sociétés relativement homogènes, puisque les fausses dichotomies entre les partis, d’une utilité seulement domestique et aux résultats désastreux pour le « vivre ensemble », pourraient être ici balayés par les volontés majoritaires concordantes.
Jesús Sebastián Lorente
• Traduit de l’espagnol par Michel Lhomme et d’abord mis en ligne sur Métamag, le 10 novembre 2015.
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En finir avec les lunettes roses
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Deux semaines se sont écoulées depuis les horribles attentats du 13 novembre. Deux semaines de deuil, mais aussi d'opérations militaires. Deux semaines de tractations internationales en vue d'une coalition élargie. Deux semaines de recueillement et d'hommages mais aussi deux semaines de communication gouvernementale. Deux semaines de mesures policières mais aussi deux semaines pendant lesquelles Mme Taubira n'a pas pris le temps d'apprendre les paroles de la Marseillaise. Deux semaines de débat feutré entre les trois grandes forces politiques qui se partagent l'opinion.
Pour l'instant, en dépit de certaines évolutions de fait, de glissements de terrain, de drapeaux plus ou moins timidement arborés à nos fenêtres, de gestes un peu plus hardis au sein des institutions musulmanes, on éprouve le sentiment que les idées officielles n'ont guère plus bougé que pendant les dix mois qui nous séparent des attentats, non moins atroces commis en janvier. Commis, doit-on le souligner par les mêmes réseaux. Ceux-ci, on le sait désormais, de façon très claire sont certes adossés à des logistiques et des mots d'ordre venus du Porche Orient ; ils se situent en relation avec la guerre de Syrie ; mais les seuls ressortissants étrangers se révèlent belges, et avec des patronymes et des prénoms dont le non-spécialiste hésite à les situer entre Flandres et Wallonie. (1)⇓
Il s'agit dons bien, pour les titulaires de papiers français, des produits de notre monopole scolaire républicain, laïc et obligatoire où, certes, on ne leur a pas appris un métier mais où on leur a inculqué la haine de la France, l'ignorance de son histoire et le mépris de ses régnicoles.
Pour notre pays, par conséquent, l'heure est venue de penser un peu moins aux larmes et un peu plus au réveil viril des citoyens, de moins regarder le monde avec des lunettes roses et de comprendre clairement où se situe l'ennemi, afin de mieux l'écraser dans sa tanière.
JG Malliarakis
Apostilles
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