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l'information nationaliste - Page 7112

  • Patries, un discours lucide sur la banlieue

    Figure atypique du cinéma hexagonal, Cheyenne Carron ne démérite en rien. Devant un Centre national du cinéma (CNC) qui, continuellement, lui refuse les subventions pour raisons politiques, la jeune réalisatrice parvient malgré tout à monter ses projets sans jamais rien concéder sur le fond. Il en fut ainsi avec L’Apôtre, dont l’intrigue relatait l’histoire d’un apostat musulman en passe de conversion au christianisme. Hélas, suite aux attentats de Charlie Hebdo, le film fut retiré de plusieurs cinémas, de crainte que celui-ci ne fût perçu comme une« provocation » auprès des musulmans de France. Et cela, au moment même où le film autobiographique d’Abd al Malik sur sa conversion à l’islam, Qu’Allah bénisse la France, était projeté un peu partout sur le territoire…

    Avec Patries, sorti ce mois-ci en DVD, Cheyenne Carron raconte les destins croisés de Sébastien, petit Blanc récemment installé en banlieue faisant l’expérience de la minorité ethnique, et de Pierre, son nouveau copain noir en pleine crise identitaire malgré une famille bien ancrée dans la culture française. Si le premier subit brimades et menaces, le second ressent en lui l’appel du Cameroun dans un besoin d’enracinement et de retour aux sources.

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  • Latin et grec : les savoirs atypiques qui font la différence en entreprise

    Bernard Gainnier est président de PwC France et Afrique francophone. Il explique que toute connaissance atypique, comme le latin et le grec par exemple, fait la différence avec les autres formations en développant des esprits plus originaux et indépendants, moins formatés, et représente un atout pour l'entreprise :

    "Je n'ai aucune qualité particulière pour intervenir dans ce débat qui déchaîne les passions - même quand c'est pour souligner que la raison a besoin de ces langues mortes! -, sauf peut-être pour attester, en tant qu'acteur économique et patron d'une société qui recrute chaque année en France des centaines de jeunes diplômés, de l'intérêt de ces disciplines, dites «marginales», pour le monde de l'entreprise. Parce qu'elles jouent un rôle, bien connu, dans la formation de l'esprit. Mais surtout parce que, transformation digitale et nouveaux modèles économiques aidant, les bouleversements considérables auxquels nous assistons aujourd'hui se traduisent par une mutation en profondeur des besoins en ressources humaines.[...]

    Mais la guerre des talents redonne aussi de l'intérêt à des disciplines et à des savoir-faire plus classiques. Tout simplement parce que ceux qui les possèdent ont une façon de raisonner, de communiquer, d'innover qui n'est pas identique aux autres. Et cela vaut pour tout un champ du savoir qui va de la linguistique à la sociologie, de l'histoire aux mathématiques pures et ainsi de suite.

    Nous sommes entrés de plain-pied dans l'économie de la connaissance et de l'innovation permanente. Cette dernière ne se réduit pas aux savoir-faire technologiques nouveaux et très pointus - aussi essentiels soient-ils. Nous avons besoin de compétences et d'origines diversifiées, de sensibilités multiples, d'hommes et de femmes qui ne pensent pas tous pareillement, selon les mêmes schémas intellectuels et les mêmes codes. C'est un facteur de création de valeur et c'est cela la vraie diversité à laquelle je crois.[...]

    Et le latin et le grec dans tout cela? Ils peuvent ne jouer aucun rôle direct, n'avoir aucune place effective dans l'entreprise, même si à titre très anecdotique on sait que les noms de marque raffolent du latin (Vivendi, Navigo, Vivarte, etc.). Ils n'en constituent pas moins l'un des très nombreux bagages «atypiques» qui peuvent aider ceux qui les possèdent à faire leur chemin dans l'entreprise.[...]

    Marie Bethanie

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Interview exclusive de Tony O’Neill, leader du Parti du Peuple Celte 3/5 : l’Union Européenne

    Alors que les provinces françaises se battent pour sauver leurs langues et traditions régionales, NOVOpress vous propose une interview exclusive du fondateur irlandais du Parti du Peuple Celte – PPC —. Nous publions cet entretien-fleuve en cinq parties afin de vous en offrir une lecture plus agréable. La première est consacrée à la naissance du mouvement et aux questions politiques. La seconde est axée sur la défense de la culture celte, le monde celtique et les liens que noue le PPC avec la diaspora celte dans le monde. La troisième traite des questions liées à l’Union Européenne. Les deux dernières sont consacrées à l’immigration. >

    NOVOPRESS : Après un référendum sur le mariage homosexuel, largement encouragé par l’UE, pensez-vous que l’avortement, les mères porteuses pour les couples homosexuels ou la FIV pour les couples de lesbiennes vont être les prochains sujets imposés à la population Irlandaise ? Comment les gens vont-ils réagir ?
    Tony O’Neill : Il n’y aura aucune limite aux attaques de l’ultralibéralisme libertaire culturel contre notre peuple et cela concerne l’avortement et autres abominations que vous mentionnez. La plupart des gens rejetteront ce programme imposé, mais quand ils le font, ils sont aussitôt désignés comme représentants de la « haine » et tout est fait pour les faire taire. C’est le travail du PPC que de devenir une avant-garde pour notre peuple et montrer que nous n’avons pas à nous soumettre à cette dégénérescence et que nous devons au contraire assumer notre combat.

    NOVOPRESS : L’Union Européenne veut clairement décomposer les liens familiaux en les réduisant à de simples contrats commerciaux entre individus et il semble que l’Église catholique est plutôt passive face à cette destruction. Comment expliquez-vous ce silence d’un des piliers traditionnels de la culture irlandaise ?
    Tony O’Neill : Depuis Vatican II, l’église catholique en Irlande comme ailleurs en Europe a été totalement dévoyée par ceux qui veulent voir la fin de l’Europe et tout ce qu’être européen signifie. Ce travail a été accompli avec succès et l’église en Irlande n’ose plus défendre nos valeurs morales. Au contraire elle favorise ouvertement la « compréhension » de toutes formes de pratiques qui sont à la mode. Heureusement la plupart des gens en Irlande se sont détournés de l’Église après divers scandales récents et donc le message du clergé a un effet très limité. Il y a cependant une énorme vague de soutien vers les valeurs familiales traditionnelles en Irlande et c’est à ce public que s’adresse le PPC.

    NOVOPRESS : En France quelques écrivains et politiciens introduisent l’idée que l’UE soutient ce qu’ils appellent un « grand remplacement » de population. L’idée étant d’« émietter » les peuples en communautés séparées, pour qui le concept même de patriotisme n’aurait plus aucun sens. Sentez-vous la même pression pour que l’Irlande accepte plus de soi-disant « réfugiés » ?
    Tony O’Neill : Ce qui se passe en France se passe également dans toutes les autres parties de l’Europe. C’est une simple application du principe de « diviser pour mieux régner ». C’est pourquoi nous devons nous unir en tant que peuples européens afin que nous puissions sauver l’Europe que nous aimons de la disparition.

    http://fr.novopress.info/194299/interview-exclusive-tony-oneill-leader-du-parti-du-peuple-celte-35-lunion-europeenne/#more-194299

  • 9 VÉRITÉS DÉSAGRÉABLES SUR LE CHÔMAGE

    Le message qu’un chef d’entreprise aimerait faire passer à Myriam El Khomri.

    Par Hector Allain

    Les premières déclarations de Myriam El Khomri, le nouveau ministre du Travail, ne m’ont pas convaincu. Rien de nouveau sous le soleil. En tant qu’entrepreneur, le discours ambiant sur le chômage me désespère. On hésite entre les incantations déconnectées du réel et les jérémiades fatalistes. Il est rare cependant que l’on demande aux chefs d’entreprise leur avis sur la question du chômage. C’est l’objet de cet article.

    1. Le coût du travail est bien la cause n°1 du chômage de masse

    On taxe les cigarettes pour décourager les fumeurs et ça fonctionne. On taxe le travail pour décourager les emplois, et ça fonctionne également : l’économie ne fournit pas assez de jobs. Notre taxation du travail est l’une des plus élevées au monde, de l’ordre de 80% sur le net, contre moins de 20% en Angleterre. Difficile de lutter !

    La différenciation par la qualité – l’argument des politiques de gauche pour justifier une pression fiscale exorbitante – est une option mais qui n’est valable que pour certains secteurs de l’économie comme le luxe. Par ailleurs, les entreprises françaises, davantage taxées que leurs concurrentes européennes, n’ont souvent pas assez de marges pour se différencier par le haut.

    2. L’assistanat est une usine à chômeurs

    Tous les recruteurs le confirmeront… Il n’est pas rare d’entendre des chercheurs d’emploi décliner un entretien parce qu’un poste se situe 3 stations de métro trop loin de leur domicile ou parce qu’ils perdraient de l’argent en travaillant. Ce n’est pas une légende urbaine mais un constat.

    Avec une politique d’assistanat parmi les plus généreuses du monde, nous avons rendu le marché du chômage plus attractif que le marché du travail. Les résultats sont là. On assiste maintenant à des plans de carrières en pointillé : 6 mois de travail histoire de recharger ses droits au chômage, suivis de 6 mois de vacances. De nombreuses personnes s’enfoncent ainsi insidieusement dans la passivité, atteignant ainsi un point de non retour. La durée très longue de l’indemnisation chômage est un cadeau empoisonné pour cette raison. À force d’attendre le job idéal, de nombreux demandeurs finissent par se trouver hors jeu.

     

    3. Le système éducatif échoue 2 fois, sur la compétence, et sur le développement des bonnes attitudes

    On manque de compétences dans l’informatique, mais aussi la chaudronnerie (qui œuvrent par exemple pour l’aéronautique) ou la boucherie. Nous sommes aussi incapables de recycler efficacement des personnes d’un bon niveau mais dont les compétences doivent être adaptées. Sait-on qu’après 6 mois, de nombreux diplômés bac+5 pourraient devenir programmeurs avec un bon salaire à la clé ?

    Au risque de paraître vieux jeu, le chômage c’est surtout un problème d’attitude. Au-delà du diplôme, les qualités requises pour réussir dans l’entreprise sont simples : éthique du travail, combativité, envie d’apprendre, et un relationnel positif.

    Or, l’Éducation nationale, relayée par les médias et les politiques, développe une vision négative du monde du travail. Dans les manuels scolaires, l’entreprise fait l’objet d’aigreurs, de rancunes et d’un profond pessimisme. On est resté dans la mythologie de Germinal, un état d’esprit qui rend difficilement employable ceux qui n’arrivent pas à prendre du recul.

    4. Pôle emploi mérite sa triste réputation

    Il y a des millions de chômeurs en France, mais recruter un comptable reste lourd et complexe. Soyons honnête, Pôle Emploi n’apporte pas grand chose aux entreprises. Trouver le bon interlocuteur dans cette organisation est difficile. Le site web de Pôle Emploi est aussi conçu en dépit du bon sens. Si on se risque à l’utiliser, c’est un tsunami de CV sans aucun rapport avec l’annonce que l’on devra affronter. Pour l’employeur, Pôle emploi représente une perte de temps sur toute la ligne. Il faut privatiser ce service car il est trop important pour être abandonné à des fonctionnaires.

    5. La diversité n’est pas encore généralisée dans les faits

    Abordons un tabou. Les entreprises ne jouent pas suffisamment le jeu de la diversité. Elles privent ainsi le pays de nombreux talents. Le taux de chômage exorbitant de certaines populations issues de l’immigration n’a pas une explication simple. On ne saurait uniquement blâmer les chefs d’entreprises même s’ils doivent évoluer. Dans un contexte répressif voire haineux à leur égard, les employeurs tendent à limiter tous les risques. Ils choisissent donc souvent des profils types qui leur ressemblent.

    Soulignons également un point. Bon nombre des jeunes de banlieue, malgré leur énergie et leurs qualités, ne maîtrisent pas les codes, ni l’attitude nécessaires à une intégration réussie dans une entreprise. Parler franchement de ce problème serait déjà un bon pas vers la solution.

    6. L’hémorragie de cerveaux est une maladie silencieuse mais mortelle à terme

    Notre pays se vide de ses talents. Une étude du site Linkedin montre que nous sommes l’un des pays les plus touchés par le Braindrain, après l’Inde. Inquiétant. L’économie entre dans une phase de mutation intense et la plupart des emplois de demain n’existent pas encore. Nous hypothéquons l’économie du futur.

    Le discours de gauche classique qui consiste à tout miser sur la formation est intéressant mais sans un contexte positif pour les entreprises, il s’agit d’une illusion. Les jeunes générations sont extrêmement mobiles. Notre effort de formation bénéficie actuellement à des pays qui captent mieux les talents.

    7. Les aides publiques sont souvent toxiques

    Chasser les aides prend du temps et fait courir des risques à une entreprise : un crédit impôt recherche, c’est un contrôle fiscal garanti, tout le monde le sait. La part d’arbitraire est importante et fait peser une épée de Damoclès sur les entrepreneurs.

    Une partie des aides aboutissent donc dans les poches de grands groupes : grâce à des services juridiques performants, elles peuvent parler d’égal à égal avec l’administration fiscale. Les petites entreprises s’en remettent souvent à des « chasseurs de primes » qui se payent en prenant une quote-part des aides collectées, parfois jusqu’à 20%. Ces officines sans grande valeur ajoutée d’un point de vue économique captent une partie non négligeable de l’aide publique.

    Les aides posent aussi un problème, d’ordre idéologique cette fois. Elles font apparaître les chefs d’entreprise comme d’horribles profiteurs, nourrissant ainsi un discours hostile à leur encontre.

    8. Pour simplifier l’économie, il faut réduire le nombre de fonctionnaires

    Malgré les progrès de l’e-administration, notre pays reste trop complexe : professions protégées, règles en tout genre restreignant l’activité, difficultés à obtenir des autorisations notamment pour les permis de construire. La création d’une société commerciale nécessite encore des échanges de documents-papier, un comble en 2015.

    Cette complexité est coûteuse, mais elle ralentit aussi l’économie, une faiblesse mortelle dans un monde qui va de plus en plus vite. Tous les entrepreneurs font le même constat : à chaque fois que l’on simplifie d’un côté, on ajoute de nouvelles complexités de l’autre. La machine administrative est vindicative. Le problème ne sera pas résolu par des déclarations d’intention ou par des réformes. C’est humain, les fonctionnaires justifient leur raison d’être en créant des règles et des occasions de contrôle. Nous ne pourrons simplifier la vie des Français qu’en éliminant des postes de fonctionnaires.

    9. La gestion paritaire sclérose le pays

    On se plaint depuis des années de nos 3500 pages de Code du travail mais personne n’agit. Si les choses restent en l’état, c’est que les règles sont déterminées soit par les parlementaires, soit par des syndicats peu représentatifs, fortement implantés dans le secteur public. Le système paritaire a montré sa capacité à défendre les employés, aux dépens de la création d’emploi. Il a été créé à une époque où fumer dans les salles de classe était encore possible, où conduire ivre et sans ceinture de sécurité n’était pas pénalisé. Il est temps de tourner la page.

    ***

    Ce tableau est assez noir mais lucide. Si nous n’agissons pas, nous serons rapidement poussés à la crise financière dès que les taux d’intérêt remonteront. C’est une question d’années, peut-être de mois. Un cercle vertueux est pourtant possible : parvenir à réduire le coût de l’État, couper drastiquement l’assistanat permettraient de créer un immense appel d’air au niveau de l’emploi qui remplira alors les caisses de la nation. Les politiques étant discrédités, il faudra que la population prenne les choses en main. Cela passe par un effort d’éducation ; cet article étant une modeste contribution nécessitant évidemment d’être enrichie.


    Hector Allain a développé la thèse de l’obsolescence de l’État dans son livre À la découverte du fabuleux miracle français.

    Contrepoints

    http://www.actionroyaliste.com/

  • L’Allemagne tente de se sortir du conflit syrien

     L’Allemagne tente de sortir du rôle qui lui a été assigné durant le conflit syrien. Le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, cherche à organiser une réunion au sommet entre grandes puissances pour négocier la paix. Mais ce projet sera très difficile à réaliser, à la fois parce que l’Allemagne a une lourde responsabilité dans la guerre et parce que la France persiste à vouloir détruire la République arabe syrienne.

    Lorsque les États-Unis passèrent à l’attaque de la Syrie, en 2003, ils sollicitèrent l’Allemagne et Israël avant de confier l’opération au Royaume-Uni et à la France. À l’époque, les services secrets allemands participèrent aux côtés du Mossad à l’assassinat de Rafic Hariri en fournissant une arme qu’ils étaient les seuls à détenir [1]. L’idée était de provoquer une réaction populaire anti-syrienne, puis de faire débarquer les Marines pour repousser l’« occupant », conformément au plan de l’US Committee for a Free Lebanon et du Middle East Forum de Daniel Pipes exposé dans Mettre fin à l’occupation syrienne du Liban : le rôle des États-Unis (Ending Syria’s Occupation of Lebanon : The U.S. Role) [2]. Cependant l’opération échoua puisque la Syrie, soulignant qu’elle était militairement présente au Liban à la requête de la communauté internationale (Accords de Taef [3]), évacua le pays lorsque la rue en fit la demande.

    L’Allemagne joua encore un rôle décisif avec Israël lorsque l’ambassadeur US, Jeffrey Feltman, organisa la Commission d’enquête internationale chargée par Ban Ki-moon de faire la vérité. Berlin fournit l’ancien procureur Detlev Mehlis, qui avait déjà rendu d’invraisemblables services à la CIA en attribuant un attentat du Mossad à Berlin à Mouamar el-Khadafi, et l’ancien commissaire de police Gerhard Lehmann et agent du BND, qui se trouva par la suite impliqué dans les crimes commis par la CIA dans des prisons secrètes [4]. Mais, là encore l’opération échoua puisque, après avoir accusé les présidents Émile Lahoud et Bachar el-Assad d’avoir commandité l’assassinat de Rafic Hariri, la Commission Mehlis s’effondra dans le scandale des faux témoins [5].

    L’Allemagne encore s’impliqua dans la guerre actuelle, cette fois aux côtés du Royaume-Uni et de la France, en confiant la présidence de la réunion du « Groupe de travail sur le relèvement économique et le développement » des « Amis de la Syrie », à un haut diplomate, Clemens von Goetze. En juin 2012, il partagea lors d’une réunion à Abu Dhabi les richesses de la Syrie entre les États qui accepteraient de saboter la Conférence de Genève. Avant même d’avoir renversé la République arabe syrienne, les alliés se répartissaient les concessions d’exploitation de son gaz. Le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, créa un secrétariat permanent, doté d’un budget de 600 000 euros, pour gérer le pillage des hydrocarbures qu’il confia à Gunnar Wälzholz qui avait déjà servi identiquement contre l’Afghanistan [6].

    Lorsque la France sabota la Conférence de Genève, l’Allemagne toujours aida à réaliser le plan —conçu dès 2007 par John Negroponte, alors directeur du Renseignement national US— de guerre de type nicaraguayen. Il s’agissait de multiplier les groupes terroristes pour « saigner » le pays. Elle mit à disposition la coordination internationale des Frères musulmans, toujours présente sur son territoire, à Aix-la-Chapelle, depuis la Guerre froide. C’est actuellement depuis là que la retraite d’Ahrar el-Sham, d’al-Qaïda, de Daesh et des autres est organisée.

    Pourtant, aujourd’hui, le gouvernement Merkel constate l’efficacité des bombardements russes, les atermoiements états-uniens, et le bouleversement de l’équilibre stratégique international. Il cherche donc à se retirer de ce combat perdu et à faire la paix avec la Syrie. Ce revirement correspondrait évidemment à un rapprochement tant attendu —et tant redouté par Washington— entre Berlin et Moscou.

    Cette évolution peut être expliquée au public à l’occasion de la crise des migrants. Préparée un an à l’avance à la demande du patron de l’industrie lourde Ulrich Grillo et exécutée par le président Recep Tayyip Erdoğan, le Haut-commissaire aux Réfugiés António Guterres, et le spéculateur George Soros, des centaines de milliers de personnes ont traversé les Balkans pour aller travailler à moindre prix en Allemagne [7]. Toutefois, l’opération s’est interrompue avec le début de l’intervention militaire russe, les Allemands ayant peur que des jihadistes fuyant les bombardements ne se mêlent aux migrants et aux réfugiés. D’ores et déjà, la population allemande se dresse contre les étrangers car le patronat a profité de l’occasion pour abolir le salaire minimum dans plusieurs États fédérés. Du coup, la « crise des réfugiés » fournit un possible alibi à un changement de politique face à la Syrie.

    Quoi qu’il en soit, le rapprochement entre l’Allemagne et la Syrie sera difficile à négocier. Le ministre des Affaires étrangères et ancien patron du Renseignement, Frank-Walter Steinmeier, espère pouvoir organiser une réunion de type 5+1 (format de Vienne pour l’Iran) pour résoudre le conflit syrien. Mais la Russie le pousse à être plus ambitieux et à réunir autour de la table le président Poutine, la chancelière Merkel, le président Hollande et le président el-Assad (format Normandie comme pour l’Ukraine).

     Thierry Meyssan

    [1] « Révélations sur l’assassinat de Rafiq Hariri », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie), Réseau Voltaire, 29 novembre 2010.

    [2] « Les plans de l’US Committee for a Free Lebanon », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 8 mars 2005.

    [3] « Accord de Taëf (23 octobre 1989) », Réseau Voltaire, 23 octobre 1989.

    [4] « Attentat contre Rafic Hariri : Une enquête biaisée ? », entretien de Jürgen Cain Külbel avec Silvia Cattori, Traduction Eva Hirschmugl , JPH, Réseau Voltaire, 15 septembre 2006.

    [5] « La commission Mehlis discréditée », par Talaat Ramih, Réseau Voltaire, 9 décembre 2005.

    [6] « Les « Amis de la Syrie » se partagent l’économie syrienne avant de l’avoir conquise », par German Foreign Policy, Horizons et débats (Suisse), Réseau Voltaire, 14 juin 2012.

    [7] « La fausse « crise des réfugiés » », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 septembre 2015.

    http://www.voltairenet.org/article189104.html

  • Hommage à Mircea Eliade (1907-1986)

    Le 22 avril de cette année, Mircea Eliade est décédé à Chicago, à l’âge de 79 ans. Cet homme était un intemporel qui prétendait appartenir à « l’avant-garde de l’humanité de demain et d’après-demain ». C’était aussi un talent à facettes multiples, à l’aise aussi bien dans la sphère des belles lettres que dans le domaine rigoureux de la philosophie. Mais il était essentiellement un observateur scientifique des religions de l’humanité. Né à Bucarest en 1907 dans une famille d’officiers et de fonctionnaires, Mircea Eliade a servi pendant quelques temps son pays dans la diplomatie. S’il n’a pas suivi la tradition familiale, c’est partiellement à cause de la prise du pouvoir par les communistes en Roumanie et c’est surtout la conséquence de ses dons particuliers.

    Parmi les impressions premières qui ont d’emblée déterminé la pensée de Mircea Eliade, il y a la profonde religiosité paysanne de sa patrie (1). Là, des traditions cultuelles immémoriales se mêlaient au christianisme, générant ainsi un syncrétisme créateur qui n’a jamais cessé de fasciner Eliade. À cette expérience existentielle première se superposèrent les souvenirs d’un voyage aux Indes, entrepris lors de sa ving-et-unième année. Eliade a étudié à l’Université de Calcutta puis s’est penché sur la spiritualité archaïque de cet immense pays, spiritualité richissime que lui ont communiqué très directement des maîtres de Yoga dans l’Himalaya. Le savoir qu’il emmagasine alors là-bas a servi de matériau pour sa thèse sur le Yoga, dont la version française de 1936 (2) a consacré sa renommée scientifique au-delà des frontières roumaines. Dès cet ouvrage, nous découvrons déjà toutes les méthodes d’investigation et les présupposés de la démarche éliadienne, qui seront exploités et systématisés dans les travaux ultérieurs (3). Eliade a toujours eu le souci d’éviter deux écueils qui guettent immanquablement la science qui prend les religions comme objets de ses recherches : soit s’essayer au déploiement d’une crypto-théologie soit ne pas prendre trop au sérieux les objets mêmes de l’investigation. Il a échappé à ces deux difficultés grâce à sa « saisie morphologique ». Eliade laisse à tout phénomène religieux sa dignité propre, car il considère chacun d’eux comme une “ hiérophanie” [manifestation du divin] originale, sans pour autant renoncer à un principe organisateur, qu’il appelait soit la « sur-historicité » soit la « non-historicité de la vie religieuse ». Il voyait, à l’instar de son prédécesseur Rudolf Otto, le “sacré” comme un “tout autre”, comme une catégorie indépendante, comme une grandeur non déductible d’une grandeur supérieure. Ainsi, Eliade pouvait considérer chaque manifestation du sacré comme égale en valeur et en dignité, que ce soit la vénération d’une “colonne du monde” ou les danses des Soufis musulmans, la parole extatique d’un chamane sibérien ou la scolastique de Thomas d’Aquin. Dans plusieurs travaux systématiques comme Les religions et le sacré (1949), Le sacré et le profane (1957) ou dans des études plus spécialisées comme, par ex., celle consacrée au chamanisme (1ère éd. 1951) [Le chamanisme et les techniques archaïques de l'extase, 1968, 2e éd.], Eliade a brossé les grandes lignes de cette interprétation globale des phénomènes religieux (4).

    Il est par ailleurs ailleurs significatif que, dans cette quête, il soit entré en contact avec CG Jung et Ernst Jünger mais n'ait jamais pu trouver le moindre terrain d’entente avec une quelconque de ces théologies officielles occupées à détruire systématiquement les traditions spirituelles sur lesquelles, généralement, elles reposent. Avec cet échec de dialogue, Eliade a fini par comprendre qu’il existait une étroite relation entre le phénomène contemporain de sécularisation et l’incapacité des représentants attitrés des religions à conserver l’héritage qui leur a été confié. C’est la raison essentielle qui a motivé son désir de doter la science des religions d’une “fonction royale”, celle de rassembler le savoir religieux de l’humanité et de sauver ces acquis de l’emprise d’un monde sans foi. Et si Eliade, dans les dernières années de sa vie, a succombé progressivement au pessimisme, il n’a toutefois jamais abandonné son espoir en une “nouvelle humanité” (5). Sa vision était animée d’une conviction solidement enracinée : celle qui affirmait que la religiosité appartenait à la plénitude de l’être-homme et qu’après une ère de “voilement du sacré”, cette religiosité retrouverait sa dignité originelle.

    L’image qu’Eliade se donnait de l’avenir montrait une profonde analogie avec les formes propres aux cultures traditionnelles et à leur mode de croyance. L’impression qui demeure en Eliade, après qu’il ait existentiellement approché le “christianisme cosmique” des paysans roumains et la spiritualité de l’Inde, c’est une solide et inébranlable confiance, une confiance qui sait que l’on peut réactiver le “mythe de l’éternel retour”. Cette confiance est aussi un rêve, celui qui voit un nouveau retour de l’homme dans le cycle que sempiternellement l’histoire détruit pour, ensuite et sans cesse, ré-inaugurer de nouveaux commencements, où la nature et le sacré se voient restaurés et réunis.

    La part apportée par la Roumanie à l’histoire spirituelle européenne est encore largement méconnue. Mircea Eliade, qui a passé plus de la moitié de sa vie en exil en France ou aux États-Unis, doit être considéré pourtant comme un des représentants les plus originaux, les plus profonds et les plus féconds de ce paysage intellectuel roumain si peu exploré. En tant que professeur d’histoire des religions à l’Université de Chicago, il a marqué du sceau de son esprit des générations et des générations d’étudiants. Après sa mort, ses livres nous lèguent un colossal testament spirituel. Un testament, un héritage, pourtant encore incomplet quand on sait que son Opus Magnus, l’Histoire des Idées religieuses commencée en 1976, demeure inachevé. Souvenons-nous comment le journal Le Monde a annoncé la mort d’Eliade : en titrant « Le philosophe du sacré est mort ».

    ► Karlheinz Weißmann, Vouloir n°30, 1986.

    ♦ notes en sus :

    1. Lire à ce sujet « La religiosité cosmique de la Roumanie » (B. Radulescu, 1997).

    2. Il en donnera une version vulgarisée dans Techniques du Yoga (1948). Voir aussi ses deux études : « Le problème des origines du Yoga », « Chamanisme et technique yogiques indiennes », in : Yoga, science de l'homme intégral, Jacques Masui (dir.), Les Cahiers du Sud, 1953.

    3. Cf. La nostalgie des origines : Méthodologie et histoire des religions (1971) : Les travaux de Mircea Eliade sont le produit d’une monumentale digestion d’ouvrages d’ethnologie, d’histoire, de philologie et de phénoménologie. Ici, il se penche sur ce substrat de sa pensée et, pour une fois, fait œuvre critique, tout en s’adressant à l’honnête homme plus qu’au spécialiste (p. 14). L’histoire des religions est l’objet principal de la suite d'essais qui constituent cet ouvrage. Une clé (sans doute pas la plus grande) de l’étrangeté de la conception de l’histoire des religions chez Eliade nous est donnée ici lorsque nous comprenons qu’en anglais comme en français, Eliade désigne par “histoire des religions” ce que recouvre le terme de Religionswissenschaft (p. 17) : histoire comparée des religions, mais aussi ethnologie, phénoménologie et sociologie, comme en témoigne le chapitre “L’histoire des religions de 1912 à nos jours” (p. 37-84). Ce survol qui embrasse les principaux auteurs de sciences humaines des religions en arrive à tirer de “l’histoire des religions” un enseignement essentiellement relativiste et universaliste : relativiste, parce que toute expression religieuse est conditionnée par son époque ; universaliste à cause du débordement qu’il suppose au-delà des religions connues. Mais le temps a, en définitive, peu de rapports avec cette historicité culturaliste ou phénoménologique, selon les perspectives : en tous cas, il revient à l’historien des religions, non de rassembler des faits selon une certaine chronologie, mais de les interpréter dans une perspective transhistorique (p. 147-48). Des autres essais, on retiendra surtout “mythe cosmogonique et histoire sainte”, où l’auteur confronte sa pensée à quelques auteurs dont Lévi-Strauss, auxquels il reproche un comparatisme trop étroit. Par ailleurs, M. Eliade s'intéresse au mythe non dans sa structure, mais dans la manière dont il renvoie à la « totalité primordiale » (p. 165). Mais où situer cette “totalité” ? Aux origines, certes, mais aussi à une eschatologie religieuse ou sécularisée. D’où les développements sur le mythe paradisiaque dans l’« American Dream », futur prodigieux et aussi paradis perdu. Mentionnant seulement le chapitre sur « l’initiation et le monde moderne » (p. 222-48), on remarquera à nouveau l’impact lévi-straussien sur le dernier chapitre : « Remarques sur le dualisme religieux : dyades et polarité » (p. 249-336). Mais chez M. Eliade le caractère opératoire de la dualité fait place à une typologie des rapports dualistes. (François-A. Isambert, Archives de sociologie des religions n°33, 1972).

    4. Cf. L'“Homo religiosus” et son expérience du sacré : Introduction à une nouvelle anthropologie religieuse, Julien Ries. Cerf, 2009.

    5. Cf. David Cave, Mircea Eliade's Vision for a New Humanism, Oxford University Press, 1993. 

    Mircea Eliade et la Redécouverte du Sacré (documentaire de Paul Barba Negra pour France Régions 3, 1987)

    http://www.archiveseroe.eu/recent/31

  • Le FN réclame la démission de Laurent Fabius pour le mandat d’arrêt contre son fils

    Alors que Thomas Fabius fait l’objet d’un mandat d’arrêt américain pour avoir utilisé des chèques en bois dans des casinos de Las Vegas, le parti a appelé son père, ministre des Affaires étrangères de l’Elysée, à quitter ses fonctions. 

    «Le Front National estime que le mandat d'arrêt lancé aux Etats-Unis contre le fils du ministre français des Affaires étrangères ne permet pas à ce dernier de conserver cette fonction», écrit le FN dans un communiqué ce vendredi 30 octobre. «Il n'est pas envisageable en effet que des considérations personnelles, qui peuvent constituer autant d'éléments de pression, ne viennent perturber l'action d'un ministre naturellement amené à discuter et négocier très régulièrement avec les Etats-Unis sur des sujets de la première importance. Laurent Fabius doit donc abandonner le porte-feuille (sic) ministériel des Affaires étrangères et se faire remplacer à ce poste par une personne qui pourra travailler en toute sérénité», écrit le parti de Marine Le Pen. 

    Thomas, le fils aîné du ministre des Affaires étrangères, est visé par une procédure judiciaire de l’Etat du Nevada pour avoir distribué 3,5 millions de dollars de chèques en bois dans des casinos de la capitale du vice, Las Vegas, lors d’un soir de 2012. Si le mandat d’arrêt n’est pas international, Thomas Fabius risque néanmoins d’être arrêté s’il pose le pied sur le territoire américain. 

    Au cours de sa nuit de folie, l’homme serait passé par plusieurs établissements de jeu, réglant avec des bons de paiement d’une valeur allant jusqu’à un million de dollars. La justice du Nevada l’accuse d’avoir su que les chèques ne seraient pas acceptés lorsqu’ils seraient encaissés par les casinos. 

    Thomas Fabius, connu pour mener un train de vie luxueux, est par ailleurs sous le coup d’une procédure judiciaire française pour faux, escroquerie et blanchiment d’argent.

    Source

    http://www.oragesdacier.info/