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  • Une idée qu'elle est bonne !

    «Les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent», chantait Stephan Eicher. Croissance zéro, déficit agravé, taxes en hausse, peu d'emplois créés, beaucoup d'emplois détruits. Au milieu du marasme, Jean-Philippe Chauvin, qu'il est inutile de présenter [en photo], a lancé une idée de ruralisation pour combattre le chômage. Il est rare en pays cartésien que l'on s'attaque intelligemment aux symptômes sans vouloir régler d'abord la ou les causes du mal, ce qui aboutit le plus souvent à n'aboutir à rien car l'entreprise est colossale. L'idée pleine de bon sens est développée dans un billet du 8 janvier intitulé Une Piste contre le chômage. Prolongeons sa piste, nous en ferons un chemin. Lisez-le, ce n'est pas long, sachant qu'il n'est pas nécessaire non plus d'attendre l'établissement d'une monarchie fédérative.

    Rénover l'habitat rural n'est pas une idée folle si elle ne convoque pas de gros crédits budgétaires, parce que les territoires vont être essorés par l'Etat central à compter de demain matin, c'est dans le brouillon du projet de loi de finances 2014. Sans justifier une par une les composantes du projet ci-dessous par un chapitre critique complet, en voici l'épure :

    §.1- But à atteindre : rénover l'habitat ancien en groupant les interventions sur une, deux communes non encore mortes pour commencer, afin d'apporter une masse critique de population supplémentaire en termes de services publics de proximité et de chalandise.

    §.2- Cadre géographique : le département. S'il n'est pas sollicité de concours financiers importants du Conseil général, il apportera sa pierre à l'édifice en termes d'autorisations et règlements divers, urbanisme, adductions, voirie... Le conseiller général peut en tirer gloire, ce qui n'est jamais négligé.

    §.3- Population visée : familles nombreuses mal-logées dont un adulte travaille, afin d'atteindre plus facilement des chiffres dans un premier temps, de transférer des secours publics tant qu'il y en aura, parfois un savoir-faire ou un talent utilisable à destination, et pour parier sur l'avenir par les enfants.

    §.4- Biens visés : biens abandonnés, successions vacantes, biens délaissés pour cause de rénovation lourde. Le soutien d'agences immobilières locales peut être déterminant pour sélectionner les biens transformables et ceux qui sont des loups.

    §.5- Moyens d'acquisition : les hoiries vacantes pourraient être préemptées par le département qui les céderait à la structure d'aménagement privé du paragraphe 7. Les biens abandonnés devraient être déclarés tels et cédés par la même procédure. Les biens à céder contre numéraire pourraient être achetés par des SCI associant la structure du paragraphe 7 et la famille intéressée (les valeurs sont généralement faibles, voir plus bas des prix bretons affichés avant transaction).

    §.6- Moyens de rénovation : c'est peut-être en ce "détail" que gît le diable. Le bénévolat n'est pas la solution ; trop d'aléas, connotation "restos du coeur". Il n'y a pas d'autre voie que de passer par un SEL¹ ou un groupe Castor². Les Impôts locaux risquent fort d'entraver l'exécution des programmes de rénovation car ils ne captent rien sur un SEL bien mené. A creuser sans retard !

    (1) Système d'Echanges Locaux. L'esprit du SEL est par ici
    (2) Coopératives d'autoconstructeurs ayant des accès matériaux et conseils

    §.7- Structure d'accueil : une association loi de 1901 dédiée à la rénovation rurale, appelant à cotisations le plus largement possible et organisant des souscriptions village par village ou SEL par SEL.

    §.8- Travail : le programme de rénovation donne déjà des heures de travail rémunérées d'une façon ou d'une autre. Sans atteindre l'autarcie, potager et basse-cour contribuent à l'ordinaire de manière sûre. Mais tout emploi extérieur au système ou à sa plus proche périphérie soulage le projet, d'où l'intérêt d'une qualification marchande des candidats. Pour mémoire, un salarié au SMIC 2013 coûte 21330 euros par an TTC.

    Cet épure n'a que le mérite, s'il existe, de créer huit points de discussion et réflexion. Ce peut peut être le squelette d'un dossier qui développerait les huit points en huit chapitres constitués chacun d'une présentation, une critique franche, de tableaux et références qui vont bien (EHESS, CNRS...) ; à la réunion desquels on obtiendrait un modèle solide servant à la promotion du projet par divers canaux (recherche d'associés, soutiens départementaux, presse, réseau immobilier...). Après la confection du Plan de développement, il faudrait commencer par un canton dans un seul département. Peut-être à lancer après les cantonales mais à préparer dès maintenant pour le faire mousser pendant la campagne électorale de 2015.

    A vous les studios !

    90m2 sur 400m² à 22000€ à déb. au Morbihan

    130m² à cloisonner dans les Côtes d'Armor, 18000€ à déb.

    4 murs droits de pierres, charpente et volige sur place, 15000€ à déb. avec 400m² en Îlle & Vilaine

    http://royalartillerie.blogspot.fr/
  • Conférence du Cercle Non Conforme et de Solidarité Identité (30/03/13)

    Conférence du Cercle Non Conforme et de Solidarité Identité (30/03/13)
    Venez soutenir la prochaine mission de Solidarité Identité auprès des Boers d'Afrique du sud!
    Le Cercle Non Conforme et Solidarité Identité organisent une soirée événement de soutien aux Boers d'Afrique du sud.
    Xavier Eman, journaliste (Novopress, Radio Courtoisie, Elements...), membre de Casapound Italia, trésorier de l'association Solidarité Identités, viendra présenter son association qui intervient auprès de nombreux peuples en lutte à travers le monde pour leur survie (Serbes du Kosovo, Karen de Birmanie, Boers d'Afrique du sud, ...).
    Ruben Rosiers, militant solidariste flamand, responsable du projet de Solidarité Identité pour l'Afrique du sud, présentera plus précisément la mission auprès des Boers.
    Au terme de cette conférence, DJ Nederfolk animera une soirée totalement non-conforme.
    boer4.JPG
    La conférence aura lieu à la frontière franco-belge le 30 mars 2013 et démarrera à 18h00. La soirée débutera à 20h00.
    Le lieu sera communiqué par mail 24 heures avant la conférence aux personnes qui en auront fait la demande à l'adresse suivante: reservation.cnc@gmail.com (France) ou stopboergenocide@hotmail.com (Belgique/België).
    Le prix d’entrée est fixé à 6€. Vous trouverez sur place des stands et de quoi vous restaurer.

  • Lettre au Président Poutine

     

    Lettre au Président Poutine
    Monsieur le Président de la Fédération de Russie
    Monsieur Vladimir Poutine,
    Le nom de votre pays est aussi glorieux que celui de la France. Il a porté, pour les peuples du monde, autant d'espérances que le nôtre, et ses armées ont donné à la mémoire du temps les exemples les plus hauts de l'héroïsme et du sacrifice.
    Si certains moments de nos destins ont été tragiques et emplis de souffrances, la plupart de nos réalisations n'ont été ni médiocres, ni méprisables. Les regards de nos grands hommes, de nos chefs, de nos artistes, de nos écrivains, de nos penseurs, ont toujours été traversés par les rêves les plus ambitieux, et les desseins les plus nobles. Russes et Français ont partagé le sens de la grandeur.
    Nos deux pays, Monsieur le Président, ont allié le souci sacré du peuple, des petits, au sens de l'Etat. Nos rois et vos tsars, nos révolutionnaires, nos Résistants, nos Eglises, orthodoxe et catholique, ont sans cesse eu à l'esprit ce que l'homme cultive de plus beau, de plus généreux, même quand les trajectoires ont pu prendre des directions erronées. Les erreurs mêmes ne furent pas mesquines. Notre foi nous a jetés avec autant de fougue dans le Bien comme dans le Mal.
    Mais nos nations, par là même, ont quelque chose qui les singularise et les met à part du reste de l'humanité. Elles se voulurent des géants, et nos chutes ébranlèrent le monde.
    Slaves russes et latins français se reconnaissent dans un même tempérament, plein de feu et de joie.
    Vous avez, Monsieur le Président, relevé avec brio et courage votre pays qui, à la suite de la désagrégation de l'empire soviétique, menaçait de disparaître. Vous avez empêché les traîtres de lui nuire davantage, vous avez remis en ordre la société, fait repartir l'économie, et replacé la Russie au rang qui est le sien sur la scène internationale. Ses ennemis recommencent à la craindre, et ses amis à espérer.
    Notre malheureux pays, la France, est en revanche pris dans une sorte de vertige mortifère. Il semble, trahi par ses élites, s'engager furieusement, presqu'avec plaisir, dans la voie du déni de soi, de l'autodestruction et de la prostitution. Contrairement à la Russie, qui retrouve le sens des valeurs spirituelles, religieuses, qui renouvelle sa foi patriotique et éduque ses enfants en conséquence, les responsables politiques français, mus par une utopie fanatique, qu'ils soient de droite ou de gauche, font tout leur possible pour la noyer dans l'informe marécage mercantile, que l'Amérique libérale tente d'étendre à l'échelle planétaire.
    Monsieur le Président Poutine, les patriotes français connaissent la honte et le découragement. Oui, ils ont la triste et puissante impression de vivre dans un pays occupé par une force étrangère : la propagande est omniprésente, la parole de millions de patriotes est volée, déformée, ignorée, les décisions nationales sont prises au-delà des frontières, les menaces de répressions sont sournoises, la censure s'abat sur celui qui ose s'exprimer, notre mémoire est occultée.
    Monsieur le Président de la Fédération de Russie, ce serait un honneur de recevoir, de vos mains, la nationalité russe. Car la Russie est un des rares pays où la Résistance est encore un mot qui a du sens, et où liberté et patrie sont unies dans un même idéal.
    Claude Bourrinet http://www.voxnr.com
  • Le rôle objectif de la Gauche selon Michéa

    Chez Michéa, l’économie est perçue comme la religion de substitution des sociétés modernes. Le Progrès apparaît donc comme un messianisme, à la seule différence qu’il est séculier et non pas divin. Supposé scientifiquement continu donc, puisque l’Histoire aurait un sens, il vise à atteindre la fin de l’histoire. Le Machinal, la mécanisation intégrale de la vie, serait une évolution positive vers cela. L’homme, vu comme une machine, obéirait de manière mécanique à son comportement « naturellement » égoïste. Michéa pousse l’analyse encore plus loin : le Progrès serait une vision ethno et chronocentrée. Ce que Lasch, nous rappelle-t-il, nomme l’« ethnocentrisme du présent ».(1)

    En somme, le libéralisme serait un suprématisme qui s’ignore. Il nierait les alternatives à la commercial society et universaliserait « l’imaginaire spécifique » de l’Occident – d’où sa facilité à invoquer le droit d’ingérence. En outre, il postulerait (la « théorie des stades » de Smith) que chaque développement capitaliste mènerait à une société plus juste par le jeu des améliorations matérielles. Qu’il soit de mauvaise foi ou tout simplement aliéné par les mythes libéraux, le Progressiste, ce nouveau croisé, est donc la meilleure caution d’un système qu’il prétend haïr et combattre.

    Le Progressiste, croisé de la modernité

    C’est par une foi religieuse dans le Progrès que réside l’impossibilité de toute critique, sous peine de revenir à la guerre de tous contre tous. Tel est l’argument avancé par l’intelligentsia, qui est la caution intellectuelle de la modernité libérale. En disciple d’Orwell, Michéa rappelle dans Orwell, anarchiste tory que ce dernier avait déjà analysé le socialisme de l’ancien courtisan, devenu intellectuel de la Gauche « constituée », faite d’un « monde d’idées et [de] peu de contact avec la réalité physique. » (2) Animé par le ressentiment, dénué de sensibilité morale, l’intellectuel du 20ème siècle serait prêt à rejoindre toute puissance dominante. Pour reprendre l’expression d’Orwell, il peut s’agir d’un « nationalisme par transfert » (3), à savoir l’admiration pour une puissance étrangère, totalitaire de préférence. Michéa, pour sa part, rajoute la participation au monde des associations, qui « peuvent tout aussi bien ne représenter qu’une simple démocratisation de la volonté de puissance et donc une possibilité supplémentaire de parler au nom du peuple et de décider à sa place. » (4) Par l’utilisation de la langue de bois, dénaturant la langue – dont la Novlangue de 1984 constitue l’aboutissement – l’intellectuel tronque le réel à des fins idéologiques. En résumé, l’intelligentsia est toujours à la recherche d’un maître. Aujourd’hui, les États-Unis jouent ce rôle. Dans un échange avec Bruckner et Finkielkraut, Michéa note ainsi que les élites ressemblent bien plus à leurs homologues étrangers qu’aux gens ordinaires de leur propre pays. (5)

    Pour légitimer son maintien, la « Gauche » doit faire croire que tout obstacle au Progrès réactive les archaïques et dangereuses forces du passé. Il s’agit, lit-on dans Impasse Adam Smith, de mener « une croisade au sens le plus traditionnel du terme. » (6) Mais d’autres mécanismes sont à l’œuvre. Le Progressiste, analyse Michéa dans Orwell éducateur, est certes un croyant qui se pense a-moral. Se réclamant de l’humanisme négatif et machiniste des Lumières, il est profondément inhumain. Mais il est aussi infantile et a peur de devenir adulte, « individu narcissique moderne » qui a peur de vieillir. (7) D’où la régression anthropologique qu’induit l’homme nouveau du libéralisme, dont la figure paradigmatique, outre la Caillera, est plus spécifiquement l’individu jouisseur resté au stade du Moi tyrannique, ce qui se traduit pragmatiquement par un besoin forcené de consommer toujours plus, faute d’un sens de la mesure et de la décence. Par cette anthropologie, le libéralisme détruirait donc ses propres murs porteurs. (8) Car pour qu’un système instable puisse s’instaurer, il lui est nécessaire de prendre appui sur une base – donc un précédent – stable. Puisque l’homme est supposé agir en égoïste, rien ne le pousse, explique Michéa, à respecter la parole donnée ni le contrat passé si cela peut lui être bénéfique. Si personne ne s’en aperçoit, il pourra tout aussi bien choisir d’être malhonnête s’il en tire davantage de profit – comme avec le dégazage en pleine mer, par exemple. Avec la généralisation de cette pratique, c’est le soupçon et la défiance qui remplaceraient alors la confiance. Dans L’empire du moindre mal, il citait à ce sujet l’économiste Ian O. Williamson, dont la formule résumait la situation : « Une confiance fondée sur le calcul est une contradiction dans les termes. » (9) De plus, les nouvelles classes moyennes, constate Michéa, se trouvent principalement dans le secteur tertiaire, ce qui explique plus aisément leur caution au système progressiste.

    La gauche comme caution intellectuelle du libéralisme

    En disposant du « monopole des définitions » (10) depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, la Gauche « contrôle l’industrie de la bonne conscience ». (11) Et par sa position privilégiée dans le monde du spectacle et de la communication – les NTIC (Nouvelles technologies d’information et de communication) –, la Gauche exerce l’influence la plus déterminante dans le formatage des esprits et le ralliement au libéralisme-libertaire. Elle en explique aussi plus aisément leur caution au système progressiste. Consciemment ou inconsciemment donc, la Gauche – et plus particulièrement l’Extrême-Gauche, « cette pointe la plus remuante du Spectacle moderne » (12), remarque Michéa – sont les principaux alliés objectifs du néolibéralisme qu’ils prétendent combattre. Ils pensent, par exemple, la soumission à l’industrialo-marchand comme un acte rebelle et anti-capitaliste. Par ailleurs, le marché mondial nécessite une atomisation complète des rapports sociaux ainsi qu’une aptitude au déracinement perpétuel. Pour que la commercial society puisse se pérenniser, l’homme doit être flexible, un « atome absolu ». L’erreur du militant de Gauche, relève Michéa, est donc de s’attaquer aux figures de l’Église et de l’Armée déjà détruites par le système. Conservées par la bourgeoisie, ces valeurs forment un obstacle au capitalisme, en promouvant la filiation, l’appartenance et l’enracinement. Voir dans la destruction de ces autorités traditionnelles et symboliques une victoire contre le système capitalisme est donc un non-sens. Quant au nomadisme promu par les élites, celui n’a rien à voir non plus avec ce qui s’entend traditionnellement sous ce vocable. Le « nomade Bouygues », cosmopolite, touriste, avec pour seul patrie « un ordinateur portable », n’a rien de commun avec les vraies tribus nomades. Car celles-ci, malgré leur absence de sédentarité, se sont toujours fondées, lit-on dans Orwell éducateur, sur des traditions enracinées.(13) Pourtant l’extrême-gauche libérale nie que l’universel ne s’appréhende qu’à partir du particulier. Apatride, elle craint les formes de socialité traditionnelles et ses lieux d’exercice – famille, quartier et voisins. Un amour du lointain qui cacherait en réalité un mépris des gens ordinaires de son propre pays. L’antifascisme de confort sert alors de posture rebelle qui, par une contre-culture faussement subversive, confère à ses tenants une aura de résistants. Le spectacle, devenu la meilleure des polices (14), selon Michéa, les dispense de s’interroger sur leur implication dans la collaboration de classe avec le système qu’ils prétendent combattre, mais dont ils sont dans les faits les plus zélés chiens de garde. (15)

    Les classes populaires, pour leur part, refusent ce mythe du Progrès. Instinctivement, elles sont réfractaires à toute fuite en avant et conservent donc une dimension morale conservatrice. Ceci permet de cerner, d’après Michéa, l’incapacité qu’ont les élites – tout comme l’extrême-gauche – de comprendre les gens ordinaires qui constituent leur peuple. Le football est ici encore un exemple illustratif pratique. L’esprit jouisseur de l’intellectuel coupé du réel le ferme par avance à toute compréhension de l’ascèse et des vertus de la dépense physique. Mais surtout, le fait que le football soit « le sport populaire par excellence » (16) en fait une activité forcément beauf, vulgaire, de masse, en rupture avec l’idéalisation mécaniste que l’intelligentsia se fait d’un peuple qu’elle fantasme. Objectivement, la gauche est donc, là encore, la caution intellectuelle de l’industrialisation du sport, puisqu’elle est inapte à le comprendre, donc à en appréhender les dérives. Mais cette haine du « beauf », en réalité le travailleur des classes populaires, s’est en outre traduite par un glissement progressif. Le prolétaire, « travailleur directement exploité par les puissances du Capital », fut remplacé par la figure de l’exclu, voire du Lumpen, puis par le travailleur immigré, qui devint ensuite le simple immigré, pour aboutir à l’immigré clandestin.

    (1) Culture de masse ou culture populaire ?, préface, p.15.
    (2) Orwell (G), Le Lion et la Licorne, cité in Orwell, anarchiste tory, p.29n.
    (3) Orwell (G.), Essais, articles, lettres volume III, 101, « Notes sur le nationalisme », pp.470-472.
    (4) Orwell, anarchiste tory, p.37.
    (5) La révolte des élites – et la trahison de la démocratie, préface, p.9.
    (6) Impasse Adam Smith, p.33.
    (7) La culture du narcissisme, préface, p.12.
    (8) La double pensée, p.233.
    (9) L’empire du moindre mal, p.132.
    (10) Impasse Adam, Smith, p.84.
    (11) Ibid., p.52.
    (12) L’empire du moindre mal, p.12.
    (13) Orwell éducateur, scolies IV, [K], pp.130-131.
    (14) La double pensée, p.121.
    (15) Ce qui résulta, pour Michéa, de la défaite de « la séquence Lukacs – Ecole de Francfort – Socialisme et Barbarie – Henri Lefebvre – Internationale situationniste (séquence qui était porteuse d’une critique intransigeante, et difficilement récupérable, du mode de vie capitaliste) […] au profit de la séquence Althusser – Bourdieu – Deleuze – Foucault – Derrida, dont les conceptualisations élégantes et byzantines offraient évidemment l’avantage d’être beaucoup plus solubles dans le nouvel esprit du capitalisme (…) », La double pensée, p.57. C’est Michéa qui souligne.
    (16) Les intellectuels, le peuple et le ballon rond.

  • L’Odyssée, un grand moment de la culture européenne [vidéos intégrales]

    PARIS (NOVOpress via Belle et Rebelle A voir absolument : L’Odyssée de Franco Rossi, la plus fidèle adaptation filmée que nous connaissions de cette œuvre ! Que vous soyez passionné ou pas de mythologie grecque, certains ouvrages sont indispensables à la culture de tout européen qui se respecte. C’est le cas des poèmes épiques l’Iliade et l’Odyssée, vraisemblablement composés par Homère au VIIIe siècle avant notre ère, constituant ainsi la littérature la plus ancienne qui nous soit parvenue.

    L’adaptation de Franco Rossi n’existe pas en DVD en français, mais un passionné a fait le montage en français et la mis en visualisation sur Internet.

    Indémodables, ces chefs-d’œuvre sont une source d’inspiration constante depuis des siècles, notamment aujourd’hui pour les producteurs de cinéma… Si certains se permettent beaucoup de libertés quant à l’interprétation d’œuvres originales (Hollywood ne pouvant s’empêcher de tout passer au filtre moderne de la vision manichéenne du monde ou de faire passer des messages subliminaux au travers de menus détails), il existe parfois des petites perles dans l’océan des productions.

    C’est le cas d’une mini-série créée en 1968 par Franco Rossi, l’Odyssée, qui est aujourd’hui la plus fidèle adaptation que nous connaissions de l’œuvre éponyme. Première grande co-production européenne en couleurs pour la télévision (elle a réuni l’Italie, l’Allemagne, la France mais aussi la Yougoslavie), elle est constituée de 4 épisodes d’1h30 environ qui séduira les plus jeunes (à partir du CM2) comme les plus grands. Bien que cette série n’ait pas encore eu la chance d’être éditée en DVD en français, elle est visible sur Internet (YouTube) depuis juillet 2012 grâce à certains passionnés qui n’hésitent pas à partager gratuitement le fruit de leur travail sur la toile. En l’occurrence, un grand merci à “Francheval” qui a fait lui-même le montage entre la bande-son française et l’image remasterisée du DVD italien, il y a quatre ans. C’était laborieux, mais pour lui, la série en valait la peine.

    Rappel du synopsis :

    Succédant à l’Iliade qui raconte la fin tragique de Troie, l’Odyssée est le récit des aventures d’Ulysse, en grec Odysseus, roi d’Ithaque, qui, maudit par la fureur de Poséidon, sera balloté par les flots près de dix ans avant de retrouver sa terre natale, son épouse Pénélope et son fils Télémaque (ces dix ans d’absence s’ajoutent aux dix ans de durée de la guerre de Troie). Aidé par Athéna, le héros aux mille ruses affrontera toutes les épreuves qui se dresseront sur son chemin, faisant face à la peur, à la faiblesse de ses compagnons, à leur bêtise, à la lâcheté et à la veulerie des prétendants qui déshonorent sa femme et sa maison, et tant d’autres maux qui l’éloignent de sa patrie… Des Lotophages aux odieux prétendants, retrouvez toutes les rencontres qui ont forgé le destin unique d’un simple mortel devenu héros à force de courage et de volonté…

    Malgré l’absence dans l’œuvre de Franco Rossi de l’épisode concernant Charybde et Scylla, et quelques détails obsolètes qui feront sourire le spectateur d’aujourd’hui, l’ensemble est harmonieux et ne manquera pas de marquer en images la mémoire de nos chères têtes blondes.

    Bon visionnage !

    Sophie P http://fr.novopress.info

    * Les vidéos peuvent être vues en plein écran, bouton en bas le plus à droite. Mettre alors de préférence la meilleure qualité, 480p (1er bouton à droite), mais cela peut ralentir le téléchargement aux heures de grand trafic.

    http://fr.novopress.info

  • Rouen: Toutes les cloches retentiront chaque dimanche à 17h00

    Un exemple à suivre dans toute la France. J.G.

    C’est une première en France qui émane des trois évêques de Haute-Normandie, Mgr Jean-Charles Descubes, l’archevêque de Rouen, Mgr Jean-François Brunin, évêque du Havre, et Mgr Christian Nourrichard, évêque d’Evreux. A partir d’aujourd’hui et chaque dimanche – « et cela ad vitam æternam », souligne l’archevêché, toutes les cloches des cathédrales et de toutes les églises des trois diocèses de Haute-Normandie retentiront pour annoncer le dimanche, « jour du Seigneur », et « rappeler ainsi à la société que commence un jour particulier, sa signification et son importance ».

    Source: Paris Normandie

    http://fninfos.fr/

  • Philippe Vardon Vs Caroline Fourest : « Nous ne voulons pas d’une France africaine, islamisée, arabisée »

    Les Réseaux de l’extrême – Les enragés de l’identité – Bande Annonce

    Diffusion le 19 février 2013 à 20h35 sur France 5.


    Les Réseaux de l'extrême - Les enragés de l... par Telerama_BA

  • Notes sur la Contre-Révolution “blanche” en Russie

    « Tout finira pas disparaître – souffrances, passions, sang, famine et la mort en masse. L'épée disparaîtra, mais les étoiles brilleront encore quand il ne restera même plus une ombre de nos corps et de nos actes sur la Terre. Pas un homme ne l'ignore. Alors pourquoi ne voulons-nous pas diriger nos regards vers cela ? Pourquoi ? » (Mikhaïl Boulgakov, La Garde Blanche, Moscou, 1923/24)
    L'histoire est généralement écrite par les vainqueurs. Les vaincus des affrontements historiques restent nuets, parce qu'ils ont été annihilés et, même, quand, plus tard, ils finissent par prendre la parole ou par écrire, on ne prête plus attention à eux. C'est le sort qui a été infligé au “mouvement blanc” ou à la “contre-révolution blanche” en Russie, qui a tenté, au cours des années de guerre civile, de la fin de 1917 jusqu'à octobre 1920, de s'opposer à la prise du pouvoir par les communistes (les bolcheviques).

    Les Blancs avaient réussi à enregistrer d'étonnants succès militaires et à lancer des offensives qui ne se sont enlisées qu'à proximité de Moscou ou de Petrograd. Sous le commandement d'officiers de l'Armée du Tsar, les troupes blanches, composées de volontaires anti-bolcheviques, se sont regroupées, après le coup de force de Lénine, en plusieurs groupes d'armées : ceux du Nord-Ouest sous les ordres du Général Youdenitch, ceux de Sibérie sous l'Amiral Koltchak et ceux du Sud, sous les ordres du Général Dénikine d'abord, puis après son échec et sa démission, sous le Général Wrangel.

    C'était au départ de petites unités, peu nombreuses — par ex. l'armée des volontaires du Sud ne comptait pas plus de 3.000 hommes en février 1918, mais ses rangs se sont étoffés progressivement jusqu'en 1919, pour monter à plusieurs centaines de milliers d'hommes — mais elles ne se sont pas recrutées, comme l'affirment péremptoirement les légendes de la gauche, dans les rangs des “réactionnaires et des grands propriétaires terriens”.

    Dans son roman Le Docteur Jivago, Boris Pasternak décrit l'attaque d'une unité blanche contre des partisans bolcheviques, chez qui Pasternak, médecin, avait été contraint de servir. Qui étaient ces Blancs ? Jivago dit reconnaître dans les visages des attaquants les traits des hommes de sa propre caste sociale :

    « C'était, pour la plupart, des garçons et de jeunes hommes issus de la bourgeoisie de la capitale, flanqués de quelques hommes plus âgés, qui avaient été enrôlés à titre de réservistes. Mais le gros de la troupe était composé de jeunes, d'étudiants, qui n'avaient derrière eux qu'un seul semestre à l'université, ou de lycéens de la 8ième classe qui venaient tout juste de se porter volontaires. Le Docteur (Jivago) n'en connaissait aucun ; mais leurs visages lui paraissaient familiers, comme s'il les avait déjà vu auparavant. Beaucoup lui rappelaient d'anciens camarades de classe... Il croyait déjà en avoir rencontré d'autres au théâtre ou en déambulant dans les rues. Il se sentait apparentés à leurs visages impressionnants, sympathiques. Leur jeunesse et leur haute idée du devoir avaient fait naître en eux un profond enthousiasme, ce qui les avait conduit à l'héroïsme, au mépris du danger. Ils fonçaient en avant, en ordre de bataille, droits et fiers, plus intrépides que les officiers de la Garde ; ils se riaient du danger et ne cherchaient pas à l'éviter en courant plus vite. Le docteur était sans arme, couché dans l'herbe, et observait le déroulement du combat. Il était de cœur aux côtés de ces jeunes gens qui marchaient vers la mort en héros. Presque tous appartenaient à des familles spirituellement proches de lui. Ils avaient été éduqués comme lui, ils étaient proches de lui par leur attitude éthique... ».

    Si Pasternak, dans ce passage, dresse un monument aux classes moyennes russes, comme contrepoids au bolchevisme, d'autres témoins contemporains confirment ses sentiments. Un officier, qui a participé à la guerre civile en servant sous les ordres de l'Amiral Koltchak, écrivit, bien des années plus tard, que l'officier de l'armée impériale russe était « psychologiquement plus proche des simples paysans-soldats que les intellectuels socialistes ou communistes » (cf. Fedotoff-White, The Growth of the Red Army).

    La plupart des chefs militaires de la contre-révolution blanche venaient de milieux socialement très modestes. Le Général Anton Ivanovitch Dénikine — Commandant-en-chef de l'armée des volontaires dans le Sud de la Russie —  était issu d'une famille de serfs. Son père, non libre à sa naissance, était devenu, après la libération des paysans, officier subalterne. Dénikine insistait toujours pour dire qu'il était devenu général de l'armée impériale russe par ses propres efforts et non pas par naissance, fortune ou relations. Il est intéressant de noter que Dénikine n'était pas un monarchiste acharné. Il ne tolérait pas la propagande monarchiste dans ses troupes et utilisait plutôt la formule de “la Grande Russie, unie et indivisible”, qu'il s'agissait d'arracher aux griffes des bolcheviques.

    Tout comme Dénikine, l'Amiral Koltchak était un officier de métier sans fortune, et aussi un explorateur polaire bien connu à son époque ; il sera trahi par les légionnaires tchèques de l'ancienne armée du Tsar et livré aux communistes qui l'exécuteront. Le seul baron parmi les chefs militaires blancs était le Général Piotr Nikolaïevitch Wrangel, mais il n'avait pas non plus de fortune personnelle. Son père était directeur d'une compagnie d'assurances à Rostov sur le Don. Sa famille ne possédait qu'une propriété foncière très modeste. Au départ, Wrangel aurait dû devenir ingénieur des mines. Il a changé ses plans et opté pour la carrière d'officier.

    Notre objectif, dans cet article, n'est pas de relater les exploits militaires, les victoires et les défaites des Blancs. La critique du mouvement blanc a été déjà maintes fois formulée : les chefs de l'armée blanche, souligne-t-on souvent, étaient trop “impolitiques” et ne comprenaient pas la dimension idéologique de leur combat contre les communistes. Les Blancs opéraient depuis la périphérie contre le centre, fermement aux mains des bolcheviques et de Lénine. Les actions des Blancs étaient insuffisamment coordonnées voire manquaient totalement de coordination. L'orientation “grande-russe” du mouvement blanc suscita des conflits avec les mouvements anticommunistes non russes visant l'indépendance des nations périphériques du Caucase, de l'Asie centrale et des Pays Baltes.

    Quoi qu'il en soit, on peut poser la question aujourd'hui, après tant de décennies, après que les acteurs de l'époque soient tous descendu dans la tombe : une victoire blanche sur les Rouges dans la Russie d'alors aurait-elle préservé l'humanité d'une succession de souffrances inutiles ? Les Russes et les ressortissants des autres nations tombées ultérieurement sous la coupe des Soviétiques auraient-ils échappé au goulag ? Il est même fort probable que bon nombre de communistes, massacrés pendant les grandes purges de Staline, épurés, auraient plutôt survécu sous un régime blanc, non communiste, que sous l'emprise de leur propre idéologie.

    Les communistes et les historiographes de gauche évoquent souvent la “terreur blanche”, qui aurait fait rage pendant la guerre civile. Indubitablement, des excès ont été commis dans les deux camps, chez les Blancs comme chez les Rouges : c'est le lot de toutes les guerres civiles. Mais la terreur, au départ, n'a pas été déclenchée par les Blancs, qui ne possédaient pas d'instruments de terreur, à l'instar de la Tcheka, créée par Lénine, c'est-à-dire la “Commission extraordinaire pour la lutte contre la contre-révolution”, qui a précédé la GPU, le NKVD et le KGB. Beaucoup d'officiers blancs étaient choqués par l'extension de l'anarchie, de la brutalité, par la multiplication exponentielle des assassinats pendant la guerre civile russe. Ainsi, l'un des principaux commandeurs des troupes blanches, le Colonel Drosdovski, écrivit le 25 mars 1918 dans son journal :

    « Comme les hommes sont détestables quand ils ont peur, ils sont alors sans la moindre dignité, sans style, ils deviennent vraiment un peuple de canailles qui ne mérite plus que le mépris : ils sont sans vergogne, sans pitié, ils méprisent scandaleusement ceux qui sont sans défense ; dans les prisons, ils ne connaissent plus de retenue dans leur déchaînement et leur méchanceté, mais devant les plus forts, ils sont lâches, serviles, rampants... ».

    La Crimée, dernier bastion

    Après l'échec de toutes les tentatives blanches de marcher sur Moscou, les forces anticommunistes n'avaient plus qu'un dernier refuge au début de 1920 : la Crimée, presqu'île de la Mer Noire. C'est justement dans ce dernier bastion, dans cette “Île de Crimée”, qu'on a pu observer l'ébauche d'une alternative russe au communisme totalitaire. Homme de droite, le Général Baron Wrangel, qui prit le commandement en Crimée après la défaite et la retraite des troupes blanches, a montré qu'il n'était pas seulement un chef d'armée capable, mais aussi un chef politique. C'est lui qui a dit qu'il fallait « mener une politique de droite avec une main de gauche ». Wrangel déclara que « la Russie ne pouvait plus être libérée par l'effet d'une campagne victorieuse des Blancs et par la prise de Moscou, mais par l'organisation politique d'une parcelle — même modeste — de terre russe où régnerait un ordre, offrant des conditions de vie telles qu'elles séduiraient les hommes croupissant sous le joug des Rouges ».

    Caractéristique de la position politique de ce général blanc est l'appel qu'il a lancé en juin 1920 et qui mérite d'être cité in extenso :

    « Écoute, ô peuple de Russie ! Pourquoi combattons-nous ? Pour la foi qu'on nous a souillée et pour les autels que l'on nous a profanés. Pour la libération du peuple russe du joug des communistes, des vagabonds et des criminels qui ont complètement ruiné la Sainte Russie. Pour la fin de la guerre civile. Pour que les paysans, qui ont acquis la terre qu'ils cultivent de leurs mains, puissent poursuivre leur travail en paix. Pour que le travailleur honnête ne doive pas végéter misérablement au soir de sa vie. Pour qu'une vraie liberté et une vraie justice puissent régner en Russie. Pour que le peuple russe puisse choisir lui-même, par élection, son souverain. Aide-moi, ô peuple russe, à sauver la patrie ! ».

    Mis à part le terme “souverain”, qui pourrait être mésinterprété, un “souverain” que le peuple russe serait appelé à élire, nous avons affaire ici à un programme qui respecte les critères de l'État de droit, mais dans une optique conservatrice. Mais la formule de “souverain” prend une autre connotation quand on la découvre dans le texte original russe : en effet, ce texte utilise l'expression de “khosyaïn” qui, traduit, signifie aussi “maître de maison”, “hôte” et “chef naturel”. Wrangel a souligné à maintes reprises qu'il ne s'envisageait nullement comme le “khosyaïn” de la future Russie. Le Général blanc a formulé ce qu'il envisageait comme forme étatique pour la future Russie non communiste :

    « De l'autre côté du front, au Nord, règnent l'arbitraire, l'oppression, l'esclavage. On peut être d'avis différent quant à l'opportunité de telle ou de telle forme d'Etat. On peut être un républicain, un socialiste ou même un marxiste extrême et considéré malgré tout que la dite “république des soviets” est l'exemple parfait d'un despotisme calamiteux, qui n'a encore jamais existé dans l'histoire et sous le knout duquel non seulement la Russie mais aussi la nouvelle classe soi-disant au pouvoir, le prolétariat, va périr. Car cette classe, elle aussi, comme tout le reste de la population, a été mise au tapis ».

    Cette analyse du Général Wrangel date de 1920 mais, après 70 ans, elle reste étonnamment pertinente et actuelle. Wrangel a dit, dans le programme alternatif qu'il opposait au bolchevisme :

    « Bien-être et liberté pour le peuple ; introduction des sains principes de l'ordre civil dans la vie russe, c'est-à-dire de principes étrangers à la haine entre classes ou entre nationalités ; union de toutes les forces de la Russie et poursuite du combat militaire et idéologique jusqu'au moment tant attendu où le peuple russe pourra décider lui-même comment la Russie devra dans l'avenir être gérée ».

    Le Général a évoqué “l'ordre minimal” qu'il voulait instaurer dans les territoires qu'il viendrait à contrôler, « afin que le peuple, s'il le souhaite, puisse s'assembler librement et dire sa volonté en toute liberté ». À quoi le commandeur blanc ajoutait : « Mes préférences personnelles n'ont aucune importance. Au moment où j'ai pris le pouvoir entre les mains, j'ai mis à l'arrière-plan mes affinités personnelles à l'endroit de telle ou telle forme étatique. Je m'inclinerai sans condition devant la voix de la Terre russe ».

    Face au monarchiste V. Choulguine, Wrangel énonçait les objectifs de sa politique : il voulait, disait-il, sur le territoire de la Crimée, « sur ce petit bout de terre, rendre la vie possible... En un mot, (...) montrer au reste de la Russie : vous avez là le communisme, c'est-à-dire la faim et la police secrète, et, ici, chez nous, vous avez une réforme agraire, nous avons introduit l'administration locale autonome (la semstvo), nous avons créé l'ordre et rendu la liberté possible... Je dois gagner du temps, afin que tous le sachent et voient que l'on peut vivre en Crimée. Alors il sera possible d'aller de l'avant... Alors les gouvernements que nous prendront aux bolcheviques deviendront pour nous une source de puissance... ».

    L'héritage de Stolypine

    Dans sa réforme agraire et dans la concrétisation de l'administration autonome, le Général Wrangel s'est inspiré du grand réformateur conservateur de l'époque du Tsar, le Premier Ministre Piotr Arcadéëvitch Stolypine, victime en 1911 à Kiev d'un attentat perpétré par un révolutionnaire, qui était aussi au service de l'Okhrana, la police secrète du régime tsariste. L'un des plus proches conseillers politiques de Wrangel venait de l'entourage immédiat de Stolypine, c'était Alexandre Vassiliévitch Krivochéine, mort en 1921. Krivochéine était d'origine paysanne. Son grand-père l'était. Son père était devenu Lieutenant-Colonel dans l'armée. Sous Stolypine, Krivochéine s'était penché sur les problèmes de la réforme agraire. Il voulait surtout renforcer économiquement et socialement les positions des paysans russes libres, aisés et industrieux. Dans un certain sens, Wrangel a poursuivi les réformes de Stolypine en Crimée. L'objectif de Stolypine, avant sa mort violente en 1911, avait été de couper l'herbe sous les pieds des révolutionnaires en pratiquant une politique de la propriété intelligente et modérée et en créant une caste moyenne solide composée de paysans.

    struve10.jpgLe deuxième conseiller important de Wrangel, qui fut de facto son “ministre des affaires étrangères”, était Piotr Berngardovitch Struve. Au départ, Struve était marxiste, mais redevint plus tard orthodoxe, ce qui contribua à faire de lui un conservateur et un nationaliste russe éclairé. Struve a défendu la cause de Wrangel et celle de la “Crimée blanche” auprès des alliés occidentaux, les Britanniques et les Français, que devaient évidemment solliciter les “forces combattantes de Russie méridionale”. Mais les négociations avec les Français et les Britanniques ont été décourageantes et humiliantes pour les Blancs : Paris posait des conditions pour accorder son aide militaire et pour livrer des vivres, notamment essayait d'obtenir de Wrangel qu'il promette de rembourser les dettes que l'Empire russe avait contractées auprès de la France. Les Britanniques en avaient assez de la guerre civile russe dès 1919. Ils menaçaient Wrangel de mettre un terme à toutes leurs aides et d'abandonner les Russes anti-communistes à leur sort, si l'armée blanche osait lancer une offensive contre les Soviétiques.

    Beaucoup d'officiers de l'armée blanche soupçonnaient alors les puissances occidentales, et surtout les Britanniques, de n'avoir pas d'autre intérêt que de laisser les Russes s'entretuer dans une longue guerre fratricide et de ne pas vouloir accorder aux Blancs une aide substantielle, car, disaient-ils, l'Occident ne voulait pas d'un régime fort non communiste en Russie.

    Dans les premiers jours de novembre 1920, les Rouges attaquèrent avec des forces nettement supérieures en nombre l'ultime bastion “Crimée”. Wrangel, à ce moment-là, venait encore de se rendre utile à l'Occident ingrat : pendant la guerre polono-soviétique, il a mobilisé en face de lui des troupes rouges si bien qu'en été 1920, l'armée rouge, aux portes de Varsovie, fut contrainte, faute d'effectifs suffisants, à reculer et à se replier, lors du fameux “miracle de la Vistule”.

    Après la fin de la guerre polono-soviétique, le gouvernement de Lénine lança immédiatement toutes les forces rouges disponibles contre la Crimée. La percée soviétique à travers l'isthme de Perekop décida du sort de Wrangel et des Blancs : toutefois, le dernier des commandeurs blancs réussit encore à sauver 145.693 personnes, soldats et civils, en les embarquant sur des navires qui mirent le cap sur Constantinople. C'est ainsi que commença la première grande émigration russe. Dans une dernière allocution prononcée sur le sol russe devant des élèves-officiers, Wrangel déclara le 1er novembre 1920 à Sébastopol :

    « Abandonnée par le monde entier, notre armée exsangue quitte la patrie, après avoir combattu non pas seulement pour notre cause russe, mais pour la cause du monde entier. Nous partons pour l'étranger, non pas comme des mendiants qui tendent la main, mais avec la tête haute, conscients d'avoir accompli notre devoir jusqu'au bout ».

    Dans un entretien accordé au journal Velikaïa Rossiya (La Grande Russie), qui paraissait sur le “territoire libre”, Wrangel avait déclaré le 5 juillet 1920 :

    « L'histoire honorera un jour le sacrifice et les efforts des hommes et des femmes russes en Crimée, car, dans la solitude la plus complète, sur le dernier lambeau libre de la Terre russe, ils ont combattu pour le bonheur de l'humanité et pour les lointains bastions de la culture européenne. La cause de l'armée russe de Crimée, c'est de se constituer en un grand mouvement de libération. Nous combattons une guerre sainte pour la liberté et pour le droit ».

    Et, à l'époque, Wrangel fut prophétique : tant qu'il n'y aura pas en Russie une « véritable puissance étatique », de quelque orientation que ce soit, une puissance reposant sur « l'aspiration pluriséculaire de l'humanité à vivre sous une loi, à bénéficier de droits personnels et de propriété [et sur] le respect des obligations internationales », il n'y aura pas de véritable paix en Europe.

    Émigré en Yougoslavie, Wrangel est mort en 1928. Son corps fut enseveli dans la petite église russe de Belgrade. Quand les communistes prennent le pouvoir en Yougoslavie, la pierre tombale et l'inscription sont recouvertes d'un tableau.

    ► Carl Gustav Ströhm, 1989. (article tiré de Criticón n°115, sept.-oct. 1989)

    http://www.archiveseroe.eu

  • Sapir : “L’Euro ne peut plus être sauvé, c’est une cause perdue”

    Intervention de Jacques Sapir sur BFM TV le 18/02/2013, à l’occasion du G20.

  • Tanzanie : un chrétien décapité parce qu’il vend de la viande non hallal

    L’agence International Christian Concern a fait parvenir une dépêche, en date du 14 février dernier, rapportant l’assassinat du pasteur Mathayo Kachili, de l’Église des Assemblées de Dieu : décapité par des musulmans lundi dernier dans la ville de Buseresere, dans la région de Geita, en Tanzanie.

    Les chrétiens de la région ont en effet ouvert récemment des boucheries, destinées à vendre de la viande aux chrétiens. Sans doute la viande qui y était vendue n’était-elle pas hallal , peut être y vendait-on aussi du porc. De quoi contrarier les musulmans sans doute… Sauf que ces boucheries, ouvertes par des chrétiens pour des chrétiens, ne se substituaient pas aux boucheries musulmanes, et le ravitaillement des musulmans n’était pas en cause.

    Cela étant, les musulmans exigèrent la fermeture immédiate de ces boucheries “impures”. Sans effet. Un groupe de jeunes musulmans attaqua alors les boucheries chrétiennes, vers 9 h du matin jeudi dernier, à coup de gourdins, de bâtons, de couteaux et de machettes, blessant de nombreux chrétiens. Apprenant cette attaque, le pasteur Mathayo Kachili et d’autres chrétiens se précipitèrent sur les lieux pour repousser les assaillants. Quand les assaillants reconnurent le pasteur, ils l’attaquèrent et le décapitèrent. Le pasteur laisse une femme et plusieurs enfants.

    Curieusement, la grosse presse a donné peu d’écho à cette tragédie. Sans doute ne faut-il pas laisser penser que l’islam, religion d’amour et d’eau fraiche -toute son histoire l’atteste-, puisse disposer à ce genre de méfaits. Ce serait évidemment nourrir l’amalgame. Ce crime est sans doute le fait de certains « intégristes », en marge de leur propre religion. Bien sûr…

    http://www.contre-info.com/