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  • Aux Champs-Elysées, un dimanche de printemps...

    « La Manif pour tous » de ce dimanche 24 mars a réuni des foules très importantes dont le nombre exact de participants s’approche sans doute plus du million et au-delà que des 300.000, chiffre avancé par la préfecture de police sans beaucoup de conviction. Lors de cette réunion géante, des discours fort intéressants et parfois surprenants y ont été prononcés, qui mériteraient d’être écoutés plus précisément et débattus, quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur le sujet du mariage nouveau et de ses conséquences

    Mais, au-delà du « fond » de la discussion et des prises de parole, il y a eu ce que les journalistes étrangers ont beaucoup plus sévèrement jugés que les médias hexagonaux : les « débordements » et la « répression », toutes choses dont j’ai personnellement été le témoin, un témoin loin d’être indifférent à la situation en question.

    Arrivé en retard à ce rassemblement, je suis descendu à la station de métro Kléber et j’ai suivi le flot de drapeaux bleus, blancs, roses, égayé aussi de drapeaux tricolores français et de ceux des provinces de France : d’ailleurs, difficile de faire autrement, encadré par des forces de l’ordre à la fois débonnaires et impressionnantes. En quelques minutes, alors que je voulais rejoindre le gros de la manifestation pour écouter les discours, je me suis retrouvé à l’ombre d’un Arc de triomphe visiblement fermé au public, tout comme les sorties de métro qui y mènent, et au milieu d’une foule bigarrée mécontente et frustrée de ne pouvoir ni défiler sur les Champs (transformés en camp retranché sur une partie de l’avenue, avec grilles, camions, boucliers et forces de l’ordre lourdement équipées) ni passer du côté de la manifestation officielle…

    Personnellement, quand je me promène dans la rue, manifestation ou pas, j’arbore une belle fleur de lys sur ma chemise ou ma veste, et cela était le cas, ce dimanche comme les autres jours : je dois avouer que, à la fin de la journée, j’avais encore plus de raisons d’être royaliste que d’ordinaire… J’avais aussi sous le bras ma pochette remplie de journaux, papiers, livres, et… copies d’élèves ! Et, dans la poche, ma plaque de Camelot du Roi que Guy Steinbach m’a remise il y a plus d’une vingtaine d’années déjà, une sorte de talisman que je garde par devers moi les jours d’épreuve et qui me rappelle, à son contact, mes devoirs de militant et d’homme d’honneur

     

    Une plaque de Camelot du Roi : la mienne est jaune et rouge, mais du même graphisme.

    Soudain, une odeur âcre envahit le lieu et je vois tomber des jeunes et des moins jeunes devant et à côté de moi tandis qu’une clameur monte vers le ciel : « ils gazent ! ». Des gens courent, cela hurle, tousse, pleure… « Les salauds », disent certains : mais non, ce ne sont pas eux, les CRS ou les policiers en civil, qu’il faut seulement dénoncer, même si c’est bien eux qui vident leurs bonbonnes de gaz sur les manifestants, mais c’est contre ce « désordre établi » qui gouverne et qui est le vrai coupable, cette République qui ne veut rien entendre de ce que les gens ont à dire et qui confisque, à chaque élection, les désirs des citoyens au fond de ses urnes qui ont cessé d’être magiques et miraculeuses !

    La suite des événements n’a fait que confirmer mes craintes : une répression classique qui nous rappelle que, malgré ses grands principes affichés, « la République gouverne mal, mais elle se défend bien », comme l’affirmait déjà Anatole France du temps de la IIIe République, celle-là même née de l’écrasement de la Commune de Paris et si peu soucieuse d’écouter les catholiques et les ouvriers du pays.

    "Tout va très bien, madame la marquise... "

    En tout cas, ce soir-là, dans la fumée des lacrymogènes et les lueurs blafardes des lumières des Champs, alors que les touristes effarés contemplaient le spectacle d’une dispersion violente de manifestants qui, visiblement, n’étaient pas venus pour en découdre mais beaucoup plus pour faire entendre leur voix, leurs voix, des vocations militantes sont nées : en quelques heures, ce sont des dizaines de jeunes (et moins jeunes) avec lesquels j’ai discuté, parfois que j’ai calmé, consolé ou conseillé, voire enguirlandé quand les slogans n’étaient pas adaptés à la situation (le slogan « Hollande démission » n’avait guère de sens, car ce n’était pas le sujet, et cela même si je peux comprendre la colère de jeunes choqués –à tous les sens du terme- par la répression)… Certains ont compris que le combat n’était pas que physique ou esthétique : ils vont réfléchir, lire, discuter, fourbir des arguments et creuser, peut-être, de nouvelles pistes intellectuelles et politiques. Ils se rappelleront, pour certains, ce que je leur ai dit, sur le bord du trottoir, au milieu de la rue ou dans le métro. L’un d’entre eux portait un nom qui est cher au cœur des royalistes, mais chut ! Il y aura des surprises, bientôt

    Hier dimanche, il faisait froid sur les Champs. Pourtant, aux arbres, l’on voyait des bourgeons… Aux arbres, et sur le macadam, sans doute !

    Au plus près des barrages, en haut des Champs, un vieil homme était assis sur son pliant, insensible aux gaz qui le cernaient et parfois le visaient : il portait une longue perche à laquelle il avait accroché un drapeau blanc frappé du sacré-cœur, un drapeau chouan qui a dominé la scène de longues heures. M’approchant de lui pour le féliciter de son calme courage, il me sourit et me dit : « en ce dimanche des Rameaux, je ne me voyais pas brandir un autre drapeau »… Tout était dit : reste à faire, maintenant !

    Un peu plus loin, devant un car de CRS, un officier regroupait ses hommes, visiblement fatigués. Au moment où je passais, s’adressant à ses hommes, il eut ces mots surprenants et, en somme, si révélateurs de la situation de notre pays, en ce dimanche comme depuis si longtemps : « Bon, pas de blessures, à part la fracture au moral ! ». Oui, « fracture au moral », c’étaient ses mots ! Il y aurait tant à dire sur ces quelques mots apparemment si simples… Mais c’est ce genre de fracture, aujourd’hui étendue à toute la société, qu’il s’agit de réduire, et au plus vite !

    http://www.nouvelle-chouannerie.com/

  • Chypre : les gros comptes siphonnés depuis l’annonce du plan d’aide ?

    Les non-résidents pourraient bien avoir réussi à récupérer une partie de leurs fonds depuis le 16 mars, malgré la fermeture des banques...

    Par MARC VIGNAUD

    Pendant que les Chypriotes faisaient la queue devant les distributeurs automatiques pour retirer quelques centaines d’euros,...

    ...certains non-résidents ont-ils réussi à siphonner leurs comptes bancaires de plus de 100 000 euros en toute discrétion ?

    C’est le scénario choquant qui se dessine alors que le nouveau plan de sauvetage européen, annoncé dans la nuit de dimanche à lundi, vise précisément à taxer lourdement les comptes bancaires les plus garnis des banques en difficulté, détenus, pour la plupart, par des non-résidents attirés par la faible taxation des entreprises.

    Passer par Londres et Moscou

    Malgré la fermeture des banques chypriotes depuis le 16 mars dernier et le gel des transactions bancaires, certains détenteurs britanniques, libanais, grecs et des ressortissants des ex-Républiques soviétiques auraient en effet trouvé la parade pour récupérer leur agent jusqu’au 25 mars. Selon l’agence de presse Reuters, ils ont notamment profité du fait que les filiales londonienne et moscovite des deux principales banques du pays au coeur de la crise, la Banque populaire de Chypre (aussi appelée Laiki) et la Banque de Chypre, sont restées ouvertes. Interrogée par l’Agence France-Presse le 27 mars, Bank of Cyprus a pourtant assuré qu’il n’était pas possible de retirer dans les agences de sa filiale britannique des fonds bloqués à Chypre.

    Mais selon Jacques Sapir, spécialiste de la finance, qui dit obtenir ses informations par un réseau de "correspondants", notamment d’anciens élèves, dans les deux capitales, il existe d’autres moyens qu’un simple transfert de fonds entre la maison mère et sa filiale. "Prenons l’exemple d’un Libanais installé à Londres. Il va voir la filiale de sa banque chypriote et lui demande de lui faire un prêt du montant de son compte bancaire. Il lui suffit d’apporter en collatéral les dépôts sur son compte pour l’obtenir. Il n’a aucune intention de rembourser ce prêt, la filiale se servira directement sur le compte", explique le directeur d’études à l’EHESS.

    Une manoeuvre, selon lui, à la limite de la légalité, mais que les autorités ne peuvent pas empêcher. "La Banque centrale européenne ne peut légalement pas s’y opposer, car les mouvements effectués à l’intérieur d’un groupe bancaire ne sont pas considérés comme des transactions." Les clients des deux banques chypriotes à Londres et à Moscou auraient aussi utilisé d’autres méthodes de contournement comme les exceptions au gel des comptes instaurées pour le commerce de produits humanitaires, de médicaments ou encore d’approvisionnement de jets en carburant. Les entreprises confrontées à des demandes de remboursement pouvaient aussi se voir accorder des fonds pour honorer leurs appels de marge sur certains contrats.

    Des sommes incertaines

    Reste à savoir combien de non-résidents, particuliers comme entreprises, ont pu ainsi rapatrier leurs fonds de Chypre. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a d’ailleurs déclaré que la fermeture des banques avait "limité la fuite", mais que la BCE restait attentive à ce problème. Selon Chris Pavlou, jusqu’à vendredi vice-président de la banque Laiki vouée à disparaître, les sommes ainsi retirées se compteraient toutefois en millions d’euros, et non en milliards.

    Une déclaration en contradiction avec les évaluations fournies à Jacques Sapir, pour lequel les retraits d’argent des gros déposants non-résidents ont été de "4,5 milliards d’euros minimum". Pour l’instant, il ne s’agit encore que "d’évaluations au doigt mouillé", souligne l’économiste, mais cela pourrait se révéler "être beaucoup plus". Les 4,5 milliards qu’il évoque font d’ores et déjà froid dans le dos quand on pense que l’Eurogroupe espère récupérer 5,8 milliards en taxant uniquement les plus gros comptes bancaires...

    Le Point via http://www.actionfrancaise.net

  • Manif Pour Tous : Génération Identitaire en première ligne pour défendre la famille et les familles

     

    Communiqué du 27 mars 2013

    :: Manif Pour Tous : Génération Identitaire en première ligne pour défendre la famille et les familles ::

    Ce dimanche 24 mars, au sein et autour de la seconde grande Manif Pour Tous les militants de Génération Identitaire étaient en première ligne pour défendre la famille et les familles.

    Défense de la famille, comme premier lieu de définition de notre identité à travers la filiation et donc comme cellule essentielle de notre société, en participant avec une importante délégation identitaire au cortège de la Manif Pour Tous mais aussi aux différentes occupations pacifiques sur la Place de l’Etoile ou bien sur les Champs-Élysées.

    Défense des familles, en protégeant autant que possible les enfants, les femmes, les personnes âgées venus défiler pacifiquement et victimes d’une réaction totalement disproportionnée de la part des forces de l’ordre manifestement débordées par le nombre de manifestants. La responsabilité des violences dont chacun a pu voir l’illustration à travers les nombreuses vidéos ou photos circulant incombe en tout premier lieu au Préfet Boucault et au Ministre Manuel Valls.

    Les députés socialistes parlent de « casseurs », confondant certainement avec les manifestations dans lesquelles certains de leurs collègues ont fait leurs classes. Dimanche, pas une vitrine brisée sur les Champs-Élysées, pas une voiture brulée, pas une boutique dévastée. Simplement l’esprit de fronde, l’insolence et l’insoumission d’une jeunesse décidée à rappeler au pouvoir socialiste qu’il ne peut pas dicter son bon-vouloir au peuple. Que cela soit en lui imposant une loi voulue par une minorité au sein même d’une communauté minoritaire, ou en lui interdisant de circuler sur la rue la plus célèbre de notre pays.

    Les jeunes identitaires étaient quelques centaines parmi des centaines de milliers de jeunes Françaises et Français et tiennent à saluer tous ceux – membres d’autres associations telles que l’UNI, le FNJ ou l’AF ou venus en simples citoyens – avec qui ils ont partagé la manifestation et la lutte. C’est tous ensemble que nous avons fait se lever le Printemps français sur la capitale dimanche dernier. C’est ensemble que nous allons continuer à faire reculer le gouvernement et que nous obtiendrons le retrait du projet de loi Taubira. C’est ensemble aussi que nous pouvons dire que l’avenir ne se fera pas sans notre génération !

    —–
    GENERATION IDENTITAIRE
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  • Taubira chahutée à Lyon

    JN contre Taubira

    La garde des Sceaux Christiane Taubira a assisté mercredi à Lyon à la création du premier opéra écrit par Robert Badinter, inspiré de « Claude Gueux », drame carcéral de Victor Hugo évoquant l’homosexualité, et a été huée à sa sortie par plus de 200 opposants au mariage homosexuel, selon l’AFP (via lepoint.fr).

    Massés aux abords de l’opéra, les manifestants étaient au nombre de 250 selon la police. Ils étaient 500 selon des militants identitaires présents ce mercredi soir. L’extrême droite radicale étaient également représentée par les Jeunesses nationalistes d’Alexandre Gabriac.

    Les anti-mariage gay agitaient des drapeaux français en scandant « casse-toi Taubira » ou encore « nous sommes tous des enfants d’hétéros », détournant le slogan « nous sommes tous des enfants d’immigrés ».

    L’après-midi, une centaine d’opposants au mariage gay avaient égalementperturbé le Train industrie et innovation en gare de Perrache.

    Source : Rue89

    Autre article sur BFMTV

    Autre article sur Europe1

    http://www.jeunesses-nationalistes.fr./

  • Manif pour tous : le Bloc Identitaire porte plainte contre Yann Galut, député socialiste du Cher

    À la suite de la Manif pour Tous du 24 mars, Yann Galut, député socialiste du Cher, a accusé par un tweet, le 26 mars, les militants du Bloc Identitaire d'être des “casseurs”.
    Cette déclaration n'étant pas couverte par l'immunité parlementaire et ne reposant sur aucun fait, le Bloc Identitaire a décidé de porter plainte avec constitution de partie civile contre Yann Galut pour injure publique.
    Yann Galut est un député anonyme, guère connu que de ses électeurs. Il symbolise pourtant parfaitement une certaine nomenklatura socialiste. Permanent dès l'âge de 22 ans d'une structure para-socialiste, élu député à 31 ans, il entame une carrière d'apparatchik du système qui le conduira à devenir également vice-président du Conseil général du Cher.
    Avocat en 1996, il défend SOS Racisme et les clandestins de l'Eglise Saint Bernard. Plus récemment, il s'est illustré en embrassant sur la bouche un autre député socialiste, au prétexte de solidarité avec les homosexuels. Gageons que son épouse d'origine marocaine n'en a pas été jalouse, comprenant le désir de notoriété de son époux qui, à 47 ans, reste toujours un troisième couteau du socialisme.
    Le Bloc Identitaire forme le voeu que cette plainte à son encontre incite Yann Galut à davantage de modération et serve d'exemple à une classe politique de gauche trop encline à considérer tous ceux qui ne partagent pas leurs idées comme des délinquants ou des malades.
    À défaut de quoi, ce sera La Plainte Pour Tous !

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  • L'Italie eurosceptique de Beppe Grillo

    Surprise à l'italienne : aux dernières législatives, le meneur du Mouvement cinq étoiles, a recueilli près de 25 % des suffrages aux élections législatives et sénatoriales de février 2013. Sa particularité: être hostile à l'Europe de Bruxelles.
    Il est Italien, s'appelle Beppe Grillo, et est connu comme humoriste. Ce qu'il est... mais pas seulement. Preuve en est que, le mois dernier, la formation politique de Beppe Grillo, le M5S, a remporté environ un quart des voix transalpines, faisant jeu égal, ou presque, avec Silvio Berlusconi - qu'on disait, pour sa part, fini.
    Devant eux, ce n'est pas Mario Monti, mais la coalition de gauche. Quant à l'ex-président du Conseil imposé à l'Italie par Bruxelles, contraint à la démission au vu des résultats de sa politique, les Italiens, en ne lui accordant que 10 % de leurs suffrages, l'ont renvoyé dans les cordes. Il est vrai qu'aller de Goldman Sachs au Palais Chigi, à Rome, en passant par la Commission européenne, et sans la faveur d'une élection, ne prédispose pas à la popularité.
    Bruxelles, justement, en a des sueurs froides, qui croyait la démocratie devenue son jouet sur l'étendue de son territoire. Or voilà qu'un homme réputé anti-européen, et que l'on voudrait bien traiter de clown - comme certains politiques allemands l'ont fait à leurs dépens -, réussit, par le seul mérite de sa popularité et de sa gouaille, à mettre KO debout son champion - qui ne se gênait pas, jusque-là, et malgré sa situation délicate, pour faire la leçon à son homologue britannique David Cameron. Et par là, à rendre l'Union européenne plus impopulaire encore qu'elle ne l'était...
    En attendant, et malgré les tentatives de certains politiques de relancer le système des urnes, une large majorité d'Italiens manifeste son souhait qu'on lui donne un nouveau gouvernement, plutôt que de recommencer ce qui pourrait bien ressembler à une farce électorale. Et ce, malgré les analyses plus ou moins savantes qui déclarent l'Italie ingouvernable...
    Beppe Grillo ne semble pas étranger à ce sentiment populaire. Non que son programme soit apparemment très clair aux yeux de ses électeurs. Mais il a le mérite de leur dire qu'on ne leur imposera pas, lui présent, plus d'Europe qu'ils n'en peuvent supporter. Raison pour laquelle, notamment, il a renvoyé Pier Luigi Bersani, patron de la coalition de gauche, à son rêve impossible, en refusant de lui prêter main forte pour une alliance gouvernementale. Ni même d'accorder le vote de confiance à un gouvernement, quel qu'il soit, dirigé par ledit Bersani... On ne saurait être plus clair. Et la raison affichée de ce refus est très nette : c'est encore l'Europe.
    L'Italie « K.O. debout »
    Certes, Grillo se défend d'être anti-européen. Il affirme souhaiter seulement un plan B pour l'Europe... mais c'est quasiment la même chose, puisque les européistes les plus convaincus, quelle que soient leur origine, sont d'accord pour affirmer qu'il n'y a jamais eu - mieux : qu'il ne peut pas y avoir - de plan B pour l'Europe. « Qu'est-il advenu de l'Europe ? », répond-il.
    Pour le savoir, il veut remettre la question européenne entre les mains de ses concitoyens : « Je ferai un référendum en ligne sur l'euro, sur la directive Bolkenstein, sur le traité de Lisbonne - tous ces sujets, pour lesquels notre Constitution a été laissée de côté. » Ça ne laisse effectivement guère de place à l'idée d'une coalition avec la gauche de Bersani... à tel point qu'il affirme avoir décidé de quitter la scène politique si les élus de son parti décidaient, contre son avis, d'une telle alliance.
    Il y a à cette volonté de revoir l'Europe une raison essentielle. Et c'est au quotidien économique allemand Handelsblatt notamment, qu'il est allé la donner, en soulignant que l'Italie est « de facto déjà sortie de la zone euro », qu'elle est « KO debout », et qu'il lui faudra « cinq à dix ans » pour retrouver la croissance.
    D'où la nécessité qu'il affirme de renégocier la dette italienne. « Quand les intérêts atteignent cent milliards d'euros par an, on est mort », affirmait-il voilà quelques semaines. Et, précisait-il, la situation est à ce point précaire en Italie que « dans six mois (…) on ne pourra plus payer les retraites et les salaires du service public ».
    Alors, quand on lui parle du soutien de l'Europe, Beppe Grillo rigole. Il est convaincu que les pays en mesure d'aider l'Italie ne le feraient que le temps nécessaire « pour récupérer les investissements de leurs banques dans les obligations italiennes ».
    « Après, claironne-t-il, ils vont nous laisser tomber. »
    Il ne faut pas chercher plus loin la raison de son succès. Voilà un langage, proche de leurs préoccupations, que comprennent les Italiens !
    Olivier Figueras monde & vie 19 mars 2013

  • Champs-Élysées, 24 mars 2013 : la fracture

    La gauche, arrivée au pouvoir sans que nul n’y prenne garde, avec seulement 30% des inscrits, s’arroge le droit et le devoir de changer la civilisation.
    Les Français, étrangers dans leur propre pays par la grâce des gouvernements des quarante dernières années, privés de leur souveraineté et de leur monnaie, endettés par les largesses à crédit de gouvernants qui comblèrent ainsi l’insatiable appétit des syndicats, abêtis par une régression intellectuelle orchestrée par « l’éducation nationale », se voient imposer, toujours au nom de « l’égalité », une transgression morale qui videra de tout sens leur mode de vie.¢
    À force d’être dupés, par leur vote pour des potentats locaux, et ensuite de se trouver parqués par ces élus pour une fin de vie silencieuse, les Français ont perdu les modes opératoires de la révolte et ceux de la défense du Bien et de sa liberté.
    Or voilà qu’à l’appel d’un groupe improbable d’animateurs sociaux, ils délaissent leur confort et descendent en masse dans les rues de Paris le 13 janvier 2013 pour réclamer qu’on les respecte.
    Et ils croient que les totalitaires qu’ils ont placés au gouvernement vont les entendre, mieux, les écouter.
    Mais ceux-là qui sont ministres, sont aussi marxistes, gramcistes, voire trotskistes, et pensent qu’ils sont le Bien, au moins l’Avenir, et qu’eux dans la rue, sont la piétaille enfermée dans ses traditions morbides, et qu’ils doivent les en extraire.
    On va leur changer la vie.
    On va les faire changer de civilisation.
    Et ce sont des incultes venus de bien des régions du monde qui veulent accoucher d’une « civilisation » qui illuminera ces Gallo-Romains attardés.
    Alors, ces derniers constatent qu’on se moque d’eux et se réveillent. Certes il est un peu tard pour ceux qui depuis vingt ans les appellent à la lucidité, mais enfin, les écailles leurs tombent des yeux et ils reviennent à Paris le 24 mars, plus nombreux.
    Les autres, ceux qui sont installés dans les palais nationaux, les ignorent. Celui qui a la charge du maintien de l’ordre se rend au spectacle. Monsieur Valls, applaudit madame Valls quand plus d’un million de citoyens le conspue : c’est dire s’il s’en inquiète !
    Les voici ces Français, entassés dans un corral allant de l’Arc de Triomphe de l’étoile à celui de la Défense.
    Et quelques chefs de patrouille affublés d’une femme de spectacle, les ont dotés de bleu pastel, de rose bonbon et de blanc seringua.
    On leur dit qu’ils ont raison, que c’est intolérable, mais qu’il faut respecter la loi, alors qu’on les a conviés à la contester, et même encouragés à y désobéir si d’aventure elle devait être adoptée.
    Au  pied du podium sur-sonorisé, certains ont apporté des drapeaux français. Pensez-vous qu’ils soient naïfs ! Comme s’il s’agissait de défendre la Patrie !
    Mais eux sont venus sauver la France du désastre. Rien d’autre ne pouvait réunir autant de peuple.
    Et les plus jeunes, qui savent que les illégitimes sont ceux qui écrivent la loi veulent l’imposer, passent les barrières et se répandent sur la place de l’Etoile en chantant la Marseillaise et en criant « Hollande démission ».
    Les policiers, gendarmes et CRS n’y croient pas, ne s’opposent pas vraiment, mais ferment les Champs-Élysées en hâte.
    La grande masse ne suit pas, écoutant les joueurs de flûte sur leur podium perchés. Il y a même des Raffarin pour oser venir leur faire la leçon, alors qu’il approuvait il n’y a guère le mariage entre messieurs et entre dames. Mais devant un million de votants, on n’est pas à un mensonge près.
    Avenue Foch, des Français appuyés contre les barrières sont aspergés, les yeux dans les yeux, par d’autres Français casqués qui épinglent à leur tableau de chasse un vieil homme, peut-être leur père, et quelques enfants (Neveux, cousins, frères, fils ?).
    Est-il possible que derrière la tenue de samouraï du 21ième siècle on perde toute affection, toute fidélité ? Même certains mercenaires ont plus d’honneur.
    Enfin, on laisse libre la moitié de l’Etoile mais on empêche la venue de ceux des avenues Foch et Carnot. Sur quel prétexte, ceux-là plutôt que ceux-ci ?
    D’ailleurs, ayant remis en place un cordon de CRS en haut de la Grande Armée là où la brèche a été ouverte et alors que l’Etoile est toujours occupée par des centaines de manifestants que l’on ne chasse pas, on le retire aussitôt.
    Alors qu’on croit bloquer les Champs-Élysées à l’Etoile et qu’on fait le méchant avenue Foch, on laisse ouvertes les rues donnant sur les Champs-Élysées et par lesquelles la foule s’y rend sans encombres.
    Çà et là, des escouades de gendarmes ou de CRS parlent aux citoyens en colère, ailleurs, à quelques dizaine de mètres on les matraque, la police discute calmement avec les manifestants ici, avec un brassard elle réprime violemment là.
    On sent les ordres et les contre-ordres, les sympathies et les antipathies, c'est-à-dire une confusion et une déchirure au sein même de l’appareil de maintien de l’ordre.
    Enfin, on comprime ceux qui sont installés au Rond-point des Champs-Élysées et que l’immense foule de leurs amis n’a pu rejoindre sur l’ordre d’une Barjot en rose qui réclame de l’autorité qu’elle charge les « fachos » qui sont sur les Champs-Élysées.
    Si cette masse avait suivi, la cinquième république eût vécu sa dernière nuit et le pays aurait peut-être pu reprendre en main son destin.
    L’Histoire dira s’il s’est agi d’une erreur des organisateurs ou de leur volonté d’empêcher l’aboutissement du mouvement.
    S’il s’avère qu’ils étaient en « mission », leur responsabilité sera lourde et il faudra qu’ils rendent des comptes. Car, au point où nous en sommes, la Constitution est morte, et seul un nouveau régime, réécrivant les règles de l’état et ne signant que les engagements nécessaires après s’être retiré des traités, pourra offrir un avenir au nom de France.
    En 1958, cela s’est accompli grâce à la révolte et dans l’illégalité jusqu’à la régularisation offerte par un homme d’état nommé René Coty.
    En 2013, rien de tout ceci n’existe, ni hommes d’état, ni armée patriote et forte. Du Peuple seul pourra surgir l’âme qui refondra la nation.¢
    Georges Clément, Écrivain, Membre du Comité de Lépante
    Ancien membre du Conseil national souverainiste
    Ancien vice-président de la Voix des Français
    Ancien président de SOS Spoliations et violences
    Ancien président du Comité francilien de défense du Franc

  • RELIRE MAURRAS : La défense du pays, parent pauvre de la République

    L'Enquête sur la monarchie est non seulement un des livres fondateurs du mouvement d'Action française, mais, aussi dans son édition définitive de 1925, une sorte de bréviaire que chaque royaliste devrait relire régulièrement.
    L'Enquête fut d'abord publiée en feuilleton dans La Gazette de France au cours des premiers mois de l'année 1900. Dans la préface de la première édition, parue en librairie en 1909, Charles Maurras souligne « l'impuissance du régime démocratique et républicain à défendre sérieusement contre ses propres forces les secrets de l'État ». Dans l'édition de 1925 figurent les "discours préliminaires", où l'auteur dénonce l'impréparation de la France à la guerre. Dans le discours III, il critique « une conception théorique mal avouée », propre à certains intellectuels, et leur « volonté de sacrifier la patrie à l'humanité ». Dans le discours IV, il définit « la vraie république par la domination des intérêts, passions, volontés des partis sur l'intérêt majeur du peuple français, sur son intérêt national, tel qu'il résulte des conditions de la vie du monde. [...] On avait de l'argent, on le dépensait, mais pour contenter l'électeur, et non pour le protéger, ni pour le sauver. » Et de rappeler qu'un ministre « avait allégué qu'au début du XXe siècle ce pays s'était laissé prendre à la chimère d'idéalisme, à la chimère de la pacification universelle ».
    Dénatalité en chiffres
    Le discours V montre par des chiffres que non seulement la république n'avait pas su préparer la guerre, mais qu'elle n'avait pas su non plus préparer la paix. Alors qu'entre 1870 et 1914, l'Allemagne avait gagné trente millions d'habitants, l'Angleterre quatorze, l'Italie dix, la France n'en avait gagné que deux millions d'âmes pendant le même temps, alors qu'elle était sous l'ancien régime, le pays le plus peuplé d'Europe. Maurras juge la République coupable de cette dénatalité. Il pointe « cet individualisme éthico-social qui exige l'irréligion de l'État, [...] l'action du fisc en matière de successions, les traditions morales et les ressources physiques des foyers qui furent méthodiquement saccagées, [...] l'organisation ouvrière conçue de manière à rendre inévitable la guerre des classes ». La démocratie est pour Charles Maurras le mal qui désintégrait notre pays et qui décourageait le peuple. Dans le discours suivant, intitulé La Victoire de la France, Maurras s'applique à démontrer que si nous avons pu gagner la guerre c'est parce que nous étions, pour un temps, revenus à des valeurs d'Ancien Régime : « La guerre victorieuse s'acheva comme elle avait commencée, écrit-il : après la dictature de Joffre, celle de Clemenceau. [...] Les hommes de l'Action française clamaient tous les jours : l'autorité et l'ordre sont les conditions de la victoire. [...] Le gouvernement [républicain] obligé de sauver la France, [...] doit se séparer de lui-même [...] et faire des emprunts aux partis qu'il a le plus combattus. [...] En sorte que, s'il les avait anéantis complètement, jusqu'à étouffer toute la tradition, il ne lui fût resté ni une idée, ni un fonctionnaire pour son propre salut. »
    Plus loin, Maurras explique que nous avons été les jouets de nos alliés et de nos adversaires : « Bismarck disparu [...], nous avons subi Guillaume II près de vingt-cinq ans et nous sommes pliés aux méandres de son caprice. De 1900 à 1912, nous fîmes les pacifistes, les bons européens. Cependant, depuis 1900, lui-même ne défendait plus la paix. [...] Vers 1912 il nous a décidés. [...] Nous nous sommes engagés au même sentier de la guerre. Mais [...] de 1912 à 1918, son empire, son état-major y ont présidé, en ont réglé les phases, déterminé les prétextes. [...] C'est son action qui du dehors mena notre politique. [...] Notre démocratie, matière inerte et brute dont toute l'initiative, [...] se réduisait à l'élémentaire volonté de rester française. [...] En optant pour la démocratie, nous avions inscrit cette absence (un libre pouvoir qui anime un État raisonnable et humain ) dans la ligne de nos destins. »
    Certes, ajoute Maurras, nous avions vaincu, mais au prix fort, et en cédant sans combat à la révolution, à Wilson, à ce qu'on pût appeler les démocraties alliées. Guillaume II, lui, préserva l'avenir de l'Allemagne. Nous savons où cela nous a amenés.
    Louis de Galice L’ACTION FRANÇAISE 2000 Du 1er au 14 mars 2012