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  • Le souvenir d'une jeunesse royaliste...

    Les déménagements sont toujours des épreuves et des redécouvertes, et j'en fais à nouveau l'expérience teintée d'amertume et de nostalgie : la maison familiale, celle qui a entendu nos cris d'enfants et abrité notre jeunesse, avec ce jardin dans lequel nous avons tant joué, bercés par les aboiements joyeux d'Indienne, l'épagneule fidèle, n'est plus qu'une demeure en sursis que nous vidons de cinquante ans de souvenirs et de plus d'un siècle de mémoires accumulées, et ce depuis les années de la pharmacie du Progrès de mon grand-père Lechaptois, après la Première guerre mondiale. C'est aussi l'occasion de récupérer et de sauver (mais qui cela intéressera-t-il après moi ? Peut-être quelque jeune chouan pas encore né...) des morceaux de ma propre histoire politique, depuis la deuxième moitié des années 1970 : certes, je n'ai pas retrouvé le premier « journal » politique que j'avais rédigé sur la mort du général Franco, ce dictateur espagnol qui avait eu la bonne (et la seule bonne ?) idée de restaurer la Monarchie avant de mourir en ce mois de novembre 1975 ; mais les correspondances politiques, en un temps où le courrier ne se faisait pas à l'ordinateur, sont là, rangées dans un carton, tandis que les coupures de presse, les collections des revues royalistes (parfois un peu désordonnées et incomplètes) ou les petites marges blanches découpées du quotidien Ouest-France sur lesquelles j'inscrivais des slogans royalistes avant de les glisser dans des livres ou des journaux de la Documentation du lycée Chateaubriand, débordent de sacs plastiques dont certains sont siglés de « La Restauration Nationale » (nom officiel du mouvement royaliste maurrassien d'A.F. depuis 1955). Dans un autre grenier, non loin de là, s'entassent des collections d'Aspects de la France des années 1950 à 1980, mais aussi de La Revue Universelle des années 1920-1940 et des exemplaires de La Nation Française, l'hebdomadaire de Pierre Boutang et de Michel Vivier, et d'autres publications monarchistes, sans oublier les affichettes royalistes locales, parfois simples photocopies de slogans et de dessins fleurdelysés, souvent signées du Cercle Jacques Bainville de Rennes-2 : en somme, une véritable caverne d'Ali Baba royaliste !

    Tout cela me ramène à mes premières années militantes, à la fin de la décennie 70, lorsque les ordinateurs n'existaient que pour quelques entreprises ou administrations et n'avaient pas encore envahi notre quotidien, et que les téléphones mobiles n'étaient qu'un phantasme d'auteurs de science-fiction. La politique se faisait autour de soi, dans son milieu scolaire ou professionnel, dans la rue et au cœur des familles, par le tract, la brochure et la parole, et les cafés avoisinant les lycées et les facultés retentissaient constamment des débats enflammés qui suivaient les cours d'histoire ou de français, qui étaient alors très marqués par les discours dominants de l'après-Mai 68. Au lycée Jean-Macé, les panneaux d'affichage des étages étaient couverts d'affiches des différents groupes qui s’entre-déchiraient furieusement, de l'extrême-gauche trotskiste à l'extrême-droite du Front de la Jeunesse et de l'Eurodroite, de l'UNCAL communiste au Cercle Charles Maurras local, ce dernier tenant quelques réunions (autorisées par l'administration du lycée) dans une salle du rez-de-chaussée destinée aux activités d'études ou syndicales, ou de club de la presse, je crois... Mais c'est au lycée Chateaubriand que j'ai vraiment commencé à militer politiquement, et c'était encore la grande époque du militantisme, même si cet établissement, moins central que Jean-Macé, apparaissait aussi moins politisé. Si ma mère m'avait offert pour mes quinze ans les « Œuvres capitales » de Maurras, gros volume à la couverture d'un bel orange vif, c'est à « Chatô » que j'ai vraiment découvert le royalisme par le biais de l'hebdomadaire Aspects de la France, mais aussi du mensuel L'Action Française étudiante, alors vendu en kiosque au carrefour de la rue de Fougères (aujourd'hui Jean Guéhenno et rue du Général Guillaudot), du boulevard Sévigné et de la rue de La Borderie.

    Le temps a passé, et la politique est beaucoup moins prégnante dans notre société, sa place étant désormais parfois occupée par la religion, et surtout par une logique économique de la société de consommation qui ne pousse pas vraiment à réfléchir ni à s'engager dans la Cité : d'ailleurs, que d'anciennes ministres comme Mmes Vallaud-Belkacem et Kosciusko-Morizet annoncent renoncer à la politique, ne serait-ce que pour un temps, après Mme Fleur Pellerin, la plus catastrophique ministre de la Culture de M. Hollande, et cela pour rejoindre de grandes entreprises en profitant de confortables émoluments, est tristement révélateur de l'état d'esprit des élites républicaines contemporaines, état d'esprit qui, au-delà des personnes, condamne sans doute la République elle-même, en tant qu'idéologie et institutions sans pour autant porter atteinte au noble sens du mot, la Res Publica, que l'on peut traduire par « la Chose publique » et qui reste aussi la raison d'être de la Monarchie royale en France.

    Le temps a passé, mais la nostalgie qui parfois m'envahit de sa douce amertume, ne doit pas et, d'ailleurs, ne peut pas fonder une politique pour notre temps : on ne construit rien sur le « C'était mieux avant », mais il s'agit bien plutôt d'appliquer une forme d'empirisme que l'on pourrait qualifier (au-delà du qualificatif habituel d'organisateur que Maurras a popularisé) d'ordonnateur, en tirant des expériences passées ce qui peut permettre le meilleur (ou le moins pire...) pour les générations présentes et à venir. En ce sens, et au regard de l'histoire, la Monarchie royale reste, qu'on le veuille ou non, la formule institutionnelle la plus souple et, sans doute, la plus socialement juste dans sa volonté de préserver l’État des pressions des puissances féodales, politiques comme économiques et financières, comme nous le rappellent les exemples fameux de Jacques Cœur et de Nicolas Fouquet qui en ont fait les frais... Une Monarchie qui ne soit pas figée sur ses représentations de 1830 ou de 1848, mais se projette en 2018 et dans les années d'après, sans oublier ce qu'elle a été et sans négliger ce qui a été depuis qu'elle n'est plus, et en préparant ce qu'elle sera et devra être pour durer.

    En quittant une dernière fois ce grenier de la Motte Brûlon qui fut ma chambre durant de longues et heureuses années, et en franchissant le portail d'une propriété qui a cessé d'être nôtre, j'ai vieilli, d'un seul coup. Nous ne sommes pas encore en Monarchie, et ma jeunesse est définitivement morte, le 12 février de cette année 2018, mais il reste l'avenir, toujours à fonder comme la Monarchie est, elle, à refonder : c'est encore assez pour poursuivre les combats de ma jeunesse, en cette vieillesse qui s'annonce...

    Jean-Philippe CHAUVIN

    http://nouvelle-chouannerie.com/

  • Immigration : “Vous serez bienvenus chez nous” - Journal du Mardi 20 Février 2018

  • Pour la mémoire de Michel Déon, une mobilisation sans précédent, par Francis Bergeron

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    Devant le raz-de-marée de protestations, Hidalgo a cédé. Ce qui était encore juridiquement impossible lundi matin l’est devenu en fin de journée !

    Madame Hidalgo n’avait pas mesuré l’extrême popularité de Michel Déon. Cet écrivain, par la longévité de sa carrière, a enchanté plusieurs générations de lecteurs. Il a donné de l’Irlande, de l’Italie, de la Grèce, une image renouvelée et enchanteresse. Ce sont des livres que l’on glissait – et que l’on glisse toujours – dans ses bagages pour Spetsaï, pour Patmos, voire pour Vancouver au Canada. Il a aussi largement contribué à démarxiser le monde intellectuel, dans le cadre de ce que l’on appelle un peu abusivement le mouvement ou le courant des « hussards », un courant toujours plus étudié, qui fascine toujours plus.

    Une extraordinaire bienveillance

    Par ailleurs, en tant qu’académicien, en tant que membre de nombreux jurys littéraires, en tant qu’influent lecteur pour les maisons d’édition, il a toujours fait preuve d’une extraordinaire bienveillance et d’une non moins extraordinaire capacité d’écoute. Sans jamais renier ses idées, tout en réaffirmant son admiration pour Charles Maurras et la monarchie (Mes arches de Noé), il s’est engagé pour tous les écrivains chez qui il identifiait une musique particulière, ceci indépendamment de leurs opinions, de leurs modes de vie, de leur appartenance à tel ou tel cercle intellectuel.

    Oui, écoute et bienveillance. Relisez ses « pages françaises » et ses « pages grecques », sa correspondance avec Félicien Marceau ou avec André Fraigneau, qui racontent le défilé de ses visiteurs, ses engagements personnels pour aider de jeunes confrères qu’il estimait talentueux C’est bien pourquoi des intellectuels de tous bords se sont mobilisés pour sa mémoire.

    Reconnaissons à Etienne de Montety, le responsable du Figaro littéraire, le mérite d’avoir pu solliciter en un temps record ces écrivains qui savent ce qu’ils doivent à Déon, et ce que lui doit plus globalement la littérature.

    De Jean Raspail à Yasmina Reza

    La pétition pour qu’une place soit trouvée dans un cimetière parisien avait été signée par cent écrivains, c’est-à-dire par tout le monde, serait-on tenté d’écrire, vraiment tout le monde, d’Emmanuel Carrère à Frédéric Beigbeder, de Didier Decoin à Grégoire Delacourt, de Nicolas d’Estienne d’Orves à Antoine Gallimard, de Franz-Olivier Gisbert à Irène Frain, d’Anne Goscinny à Milan Kundera, de Bernard-Henry Levy à Eric Neuhoff, de Michel Onfray à Amélie Nothomb, d’Erik Orsenna à Bernard Pivot, de Jean Raspail à Yasmina Reza, de Tatiana de Rosnay à Jean-Marie Rouart, de Jean-Christophe Rufin à Eric-Emmanuel Schmitt, de Philippe Sollers à Delphine de Vigan, de Frédéric Vitoux à Didier Van Cauwelaert, d’Alain Finkielkraut à Michel Houellebeck, de Philippe Labro à Jean-René van der Plaetsen, en passant par Sempé, Guillaume Musso… Oui, apparemment ils étaient tous là. Il est très rare de rencontrer une telle unanimité. L’Académie française, les membres de l’Académie Goncourt, les lauréats du Goncourt, de l’Interallié, du Renaudot, les fabricants de best-sellers, les modernes et les classiques. Tous ont manifesté leur incompréhension face à ce scandale, cette pseudo impossibilité pratique d’enterrer à Paris l’urne funéraire de l’un des plus célèbres écrivains contemporains.

    Madame Hidalgo s’était abritée derrière des arguties juridiques pour que Déon ne soit pas mis en terre parisienne. Elle ruine donc ses propres arguments en cédant à la pression. Ce qui prouve bien que son opposition avait pour seule source son sectarisme, sa rigidité intellectuelle. Elle accepte qu’un cimetière parisien accueille l’urne funéraire. Elle nous avait menti en prétendant que c’était impossible. C’est – enfin – la première reculade dans la gigantesque entreprise d’épuration littéraire en cours.

    Francis Bergeron

    Article repris du quotidien Présent

    https://fr.novopress.info/

  • Ernst Jünger face aux titans et aux étoiles du Caucase

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    par Benjamin Fayet

    Ex: https://www.philitt.fr

    À l’automne 1942, après deux années passées à l’état-major parisien du général Hans Speidel, Ernst Jünger part en mission dans le Caucase. L’offensive allemande contre l’URSS atteint, cette année-là, son apogée. Les divisions du Reich s’apprêtent bientôt à refluer après avoir atteint Stalingrad et les rives de la Volga. De ce voyage dans les ténèbres, l’auteur d’Orage d’acier en tirera un texte court et dense sobrement intitulé Notes du Caucase, inséré dans son Journal parisien.

    331405963.jpgPasser des écrits d’Ernst Jünger sur la Première Guerre mondiale à la lecture de son journal parisien, tenu entre 1940 et 1944, peut surprendre. Que reste-t-il alors de l’officier héroïque de 1918 ? Que reste-t-il de celui qui célébrait avec une dimension mystique sa plongée dans la fureur de la guerre des tranchées ?  Que reste-t-il encore de cette expérience combattante qui fit de lui un des officiers les plus décorés de l’armée allemande ? Au cours de ces 20 années, l’homme a incontestablement changé. De son Journal parisien, ce n’est plus l’ivresse du combat qui saisit mais, tout au contraire, l’atonie confortable de la douceur de vie parisienne. S’y exprime la sensibilité d’un homme qui ne semble avoir conservé du soldat que l’uniforme. La guerre y semble lointaine, étonnamment étrangère, alors que le monde s’embrase. L’homme enivré par le combat, le brave des troupes de choc a désormais disparu. L’écrivain semble traverser ce terrible conflit éloigné de toute ambition belliqueuse, porté par cet esprit contemplatif qu’il gardera jusqu’à la fin de sa vie. Celui du poète mais aussi de l’entomologiste, l’homme des « chasses subtiles » comme il appelle lui-même ses recherches d’insectes rares. Et c’est encore, non pas en soldat, mais en naturaliste qu’il semble percevoir, dans le ciel de la capitale occupée, les immersions subites et meurtrières de la guerre. Ainsi, quand il observe, une flûte de champagne à la main, les escadrilles de bombardiers britanniques, la description qu’il en fait prend davantage la forme de celle d’un vol de coléoptères que de l’intrusion soudaine d’engins de morts, prêts à lâcher leurs bombes sur la ville.

    Ces occupations dilettantes, Jünger les complète par l’exercice fréquent de mondanités. L’officier multiplie les rencontres avec l’élite culturelle de la capitale. Aussi bien Drieu la Rochelle, Picasso, Jouhandeau, Gide que Céline deviennent les acteurs d’un théâtre parisien qu’il dépeint avec l’intérêt de l’esthète francophile. En revanche, ce que son journal n’évoque que de manière lapidaire et voilée est la place prise par la Wehrmacht en France dans le mouvement d’opposition à Hitler et à la SS. La capitale occupée devient au cours de la guerre un foyer d’opposition dans lequel de nombreux officiers sont liés au comte de Stauffenberg, futur auteur à l’été 1944 de la tentative d’assassinat contre le Führer. Opposé à toute forme d’attentat, Jünger souhaite cependant fermement le renversement du dictateur nazi. Son texte La Paix, dont la lecture marque profondément le général Rommel, devient l’écrit politique sur lequel s’appuient les conjurés. C’est donc officiellement pour un voyage d’étude militaire et, officieusement, pour sonder l’état d’esprit des officiers du front de l’Est qu’il quitte Paris en novembre 1942. Il doit rejoindre les troupes engagées sur les rives de la Volga, bientôt témoins de la destruction de la  VIe armée allemande du général Von Paulus.

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    Vers les ténèbres

    Après un épuisant voyage, il arrive à Kiev le 21 novembre 1942, capitale ukrainienne du départ de son expédition vers le front. Mais là encore, c’est en observateur passif qu’il aborde ce voyage au plus près pourtant de l’affrontement des deux titans totalitaires qui s’affrontent de Petrograd à la Mer Noire. Et c’est toujours avec ce regard naturaliste qu’il observe cette guerre. Contraint de traverser la rivière Pchich, il se voit confronté à une apocalypse wagnérienne, une vision effroyable  que le génie de Jünger retranscrit avec une saisissante beauté dans un panorama digne des infernales représentations du peintre Jérôme Bosch : « Comme des fourmis, des centaines et des milliers de porteurs, en longues files, charrient vers le front des madriers et des barbelés. En même temps, clamés par une voix surhumaine, des chants de Noël emplissent l’énorme cirque des montagnes : la propagande d’une compagnie de propagande allemande joue “Stille nacht, Heilige nacht”. Et parallèlement, sans arrêts, les lourds coups de mortiers que la montagne répercute. Tout ceci ressemble à un grand cirque enfermé en un cercle démoniaque, et qui n’admettrait dans son enceinte, hormis les couleurs mornes, que la couleur rouge. Ici il n’y a que violence et douleur qui, toutes deux, viennent s’y confondre. » Jünger s’enfonce encore un peu plus dans les ténèbres sur ces terres embrasées où se joue l’avenir du monde. Mais le contact avec le front et le froid de la Russie n’ôte toujours pas la dimension poétique à son regard. Il conserve sa capacité à saisir l’enchantement au-delà de la mort et des destructions. Face à la nature qui l’environne ou à la guerre qu’il subit, Jünger ne quitte jamais la position du contemplateur. Il n’est plus l’homme des coups de main militaires mais des coups d’œil poétiques ; l’esprit perméable à la beauté sous toutes ses formes. Comme l’écrit le critique littéraire Bruno de Césolle, il « fait sienne l’idée du philosophe allemand Johan Georg Hamann dit le “Mage du Nord”, à savoir que la contemplation, et non l’action, est à l’origine de toutes choses ». Une forme de résistance intérieure au monde moderne comme au nazisme et à la destruction, prémisse de ce « recours aux forêts » qu’il théorisera durant l’après-guerre dans son Traité du rebelle. Une nuit, alors que le fracas d’un duel d’artillerie se fait entendre, c’est la magnificence du ciel étoilé qui le bouleverse alors : « Que sommes-nous devant cette splendeur ? Qu’est donc notre éphémère tourment ? »

    Les signes de l’apocalypse

    Plus il s’enfonce à l’Est, plus sa vision idéalisée de la guerre s’effrite face à ce qu’il semblait déjà percevoir dès la Première Guerre mondiale. Plus encore qu’en 1914, la nouvelle forme de guerre industrielle aboutit à transformer le soldat en rouage d’une machine dans laquelle les anciennes vertus chevaleresques n’ont plus leur place. « Autrefois, écrit-il, alors que nous rampions dans les cratères de bombes, nous croyions encore que l’homme était plus fort que le matériel. Cela devait s’avérer une erreur. »  Dans son livre Le Travailleur, écrit en 1932, il prophétisait déjà l’emprise de la technique sur les hommes et le travail. Celle-ci s’étend maintenant à la guerre, soldats et travailleurs sont maintenant  devenus les enfants de la technique. L’étincelant des médailles, la beauté des uniformes, les couleurs des drapeaux et les rêves de gloire s’effacent brutalement dans ce conflit mécanique dans lequel s’enfonce la civilisation. Eléments contrastés que développera également son frère Frederich Georg dans son livre majeur : La perfection de la technique. Le soldat comme l’officier ne sont plus qu’un minuscule rouage de la superstructure.

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    Sur le front de l’Est, plus qu’ailleurs, les soldats sont maintenant des pièces interchangeables à la conscience broyée qui renonceront à s’engager dans la conjuration. Il est ainsi confronté à un effondrement moral du soldat allemand dont les crimes de masse, commis sur ce front, sont le terrible symptôme. Lui qui saluait militairement les porteurs d’étoile jaune à Paris est confronté à de multiples témoignages qui font état d’exactions envers les Juifs et les populations occupées. « Ce sont là des rumeurs, que je note en tant que telles ; mais il est sûr que se commettent des meurtres sur une grande échelle » S’il avait encore un doute sur la destruction définitive de l’idéal chevaleresque, il est désormais levé. Le heaume a été remplacé par le casque d’acier. Avec l’âge industriel, le nihilisme l’a emporté : « L’homme a donc atteint ce stade que Dostoievski décrit à travers Raskolnikov. Il considère alors ses semblables comme de la vermine. » Son ami Carl Schmitt écrit dans Le Nomos de la terre une idée similaire alors que les villes allemandes s’embrasent une à une sous les vagues de bombardiers alliés : « Le bombardement aérien n’a pour sens et fin que l’anéantissement. » Alors que Stalingrad s’apprête à tomber et que son humeur s’assombrit face au futur cataclysme militaire qu’il pressent, il reçoit l’annonce de la mort de son père le 8 janvier 1943. Il quitte alors précipitamment la Russie et retourne chez lui à Heidelberg.

    Malgré la brièveté de ce voyage de trois mois, il s’envole vers sa ville natale avec maintenant quelques certitudes : les officiers allemands sur le front de l’Est ne soutiendront pas la conjuration. Il a acquis aussi l’intime conviction que l’Allemagne se dirige vers une inexorable défaite, la marche funèbre du Crépuscule des Dieux résonnera à Berlin.  

    http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2018/02/17/ernst-junger-face-aux-titans-et-aux-etoiles-du-caucase.html

  • Retour des djihadistes : des stratégies différentes pour l’Europe, la Russie et les USA

    Face au recul de Daesh, le problème du retour des djihadistes se pose plus que jamais.

    Rapatriés dans leur pays d’origine ou traduits en justice en Irak ou en Syrie, chaque pays a sa propre stratégie.

  • Le « moment » régalien

    Notre-Dame-des-Landes. Fin de 50 ans d'atermoiements : plus d'aéroport, plus de ZAD ?

    3374229269.jpgPar Jean-Baptiste DONNIER

    PHILOSOPHIE POLITIQUE. Il est des constantes dans l'histoire, surtout quand il s'agit d'une vieille nation comme la France. Et puis il y a cet art qui consiste à saisir les opportunités.

    En bon sophiste, l'actuel occupant de l'Elysée-Bourbon a le sens du kaïros, du moment favorable, cet instant fugace où tout peut se décider, où la temporalité historique, comme visitée par un dieu, semble favoriser toutes les audaces. Il a donc parfaitement compris qu'il avait ramassé le pouvoir à l'un de ces moments où la France, lassée des jongleries démagogiques de quelque saltimbanque de passage, appelle de ses voeux un pouvoir vrai c'est-à-dire, selon l'expression de Boutang, un pouvoir qui sauve.

    Ces moments, qui reviennent régulièrement dans notre histoire des deux derniers siècles, sont la rencontre entre une France « poignarde », selon le mot d'Hugues Rebell dans sa réponse à l'Enquête sur la monarchie de Maurras, et un homme qualifié de « providentiel » parce qu'il s'est montré prêt, tout simplement, à occuper l'espace de la décision politique à un moment où celle-ci apparaît avec une forme d'évidence comme une nécessité vitale. Des deux Bonaparte au De Gaulle de 1958 en passant par Clemenceau en 1917, quelques hommes, au demeurant très différents dans leur aptitude à tenir le rôle que les circonstances leur offraient, ont su profiter de ces conjonctures épisodiques pour se hisser au pouvoir avec une facilité aussi déconcertante que celle avec laquelle ils ont pu l'exercer, au moins pendant le temps où tout leur a été possible, les obstacles annoncés ou attendus tombant les uns après les autres devant des décisions qu'en réalité tout le monde était prêt à accepter.

    LA LOGIQUE INSTITUTIONNELLE

    À cela s'ajoute, depuis 1958, une logique institutionnelle qui a fait du président de la république, ce succédané de roi inventé par les royalistes en 1871, un véritable chef de l'État. Il est devenu, dans les institutions de la Ve République, la source suprême de la décision politique. Certes, sa personnalité, le jeu des partis dont il est le plus souvent prisonnier, le peu de temps dont il dispose, peuvent réduire à presque rien l'exercice effectif de ce pouvoir souverain. Il n'en demeure pas moins que l'organe a été pensé et constitué pour cela : prendre des décisions politiques en dernier ressort. Il suffit dès lors que les circonstances lui donnent, fût-ce pour un temps très court, les moyens de se dégager de toutes les contingences qui le paralysent habituellement pour que, en quelque sorte, l'organe crée la fonction. Pour peu que celui qui l'exerce à ce moment-là se prenne au jeu et que l'opinion en ressente instinctivement le besoin vital et l'on assiste à l'un de ces « retours du régalien » qui rappelle périodiquement la nature profondément monarchique de cette étrange et paradoxale république.

    Nous vivons apparemment l'un de ces moments. L'épuisement des jeux partisans, la vacuité des discours politiques qui en étaient l'expression, la rare incompétence de politiciens entièrement déconsidérés ont permis à un sophiste intelligent de combler un vide politique qu'il a immédiatement perçu et qu'il n'a pas hésité à nommer avec une étonnante lucidité, déclarant que la politique française était marquée par un grand absent, « la figure du roi », qui « laisse un siège vide au coeur de la vie politique ». Il a très clairement vu que, en dehors de quelques moments particuliers de notre histoire, « la démocratie française ne remplit pas l'espace » laissée par ce vide, car la démocratie « ne se suffit pas à elle-même », ce qui crée « une forme d'incomplétude » qui ne demande qu'à être remplie. C'est de toute évidence à cette tâche qu'il entend désormais s'atteler ; il s'agit pour lui, d'occuper la fonction qu'il a si facilement conquise et de « réinvestir ce vide ». La - situation du pays, dont la société est ébranlée dans ses derniers soubassements, crée le terreau favorable qui appelle et rend possible ce « réinvestissement » du politique par un pouvoir qui prétend à nouveau assumer les fonctions régaliennes de l'État.

    LE RETOUR DU « RÉGALIEN »

    Significative est à cet égard la décision annoncée le 17 janvier d'abandonner le projet de construction d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes et d'ordonner l'expulsion des occupants de ce lieu qui restera comme l'un des symboles de l'incapacité de tant de gouvernements, depuis des décennies, de prendre une décision. La décision a été prise, dans un sens qui réaffirme à la fois l'autorité de l'État et le souci du bien commun, emportant ainsi l'adhésion d'une opinion dont tous les courants trouvent là un motif de satisfaction. Reste à savoir, au-delà de cette décision particulière, si le « retour du régalien » au coeur des préoccupations d'un pouvoir dont ce devrait être la nature correspond à une réalité ou ne relève, une fois de plus, que du discours. Les apparences vont incontestablement dans le sens d'un retour effectif aux préoccupations régaliennes. En quelques jours, le président de la république a renégocié un traité frontalier avec le Royaume-Uni, présenté ses voeux aux armées sur notre base navale de Toulon et assisté, depuis la place tenue par le roi dans les lits de justice, à la rentrée solennelle de la Cour de cassation. Les frontières, l'armée, la justice : ce sont bien là trois fonctions régaliennes « réinvesties » par la présence présidentielle. Mais ce qui frappe, plus encore que cette « occupation » du terrain régalien, c'est la conscience du caractère tout-à-fait particulier des décisions prises dans ces domaines dans lesquels s'exerce, à un titre éminent, la souveraineté. Dès l'exorde de son discours aux armées, le président de la république souligne ainsi le caractère singulier des décisions qu'il prend en tant que chef des armées et dont il dit mesurer le poids au regard de leurs effets immédiats non seulement sur l'exercice des missions mais sur la vie des hommes qui y sont engagés. Le discours que produit une telle conscience de la singularité de la décision politique souveraine, pour autant qu'elle soit vraie, ne peut être anodin.

    Sur le fond, néanmoins, les décisions annoncées risquent d'être fort décevantes. Le traité de Sandhurst signé avec le Royaume-Uni semble notamment se limiter à une contribution financière de la partie britannique au financement d'infrastructures frontalières qui resteront situées sur le territoire français ; c'est à se demander ce qu'il reste de la reconquête de Calais le 7 janvier 1558 par le duc de Guise, exécutant la décision prise par Henri II quelques semaines auparavant dans le plus grand secret et contre toute attente. Les décisions souveraines n'ont pas toutes la même portée ni, surtout, la même visée... Quelles que soient les intentions et même (pourquoi pas ?) les bonnes intentions, les visées à long terme sont interdites à celui dont l'éphémère apparence de souveraineté est limitée à cinq courtes années dont la majeure partie est stérilisée par la perspective de la prochaine échéance électorale. C'est la raison pour laquelle il y a malheureusement tout lieu de craindre que le moment actuel passera en ne laissant, une fois de plus, que le goût amer des occasions manquées.

    La personnalité de celui qui incarne ce moment ne fait en outre qu'accroître ces craintes. Cet homme pressé sait sans doute exploiter l'instant mais, dépourvu de conscience historique, saura-t-il maîtriser la durée ? On ne peut, hélas, qu'en douter. Le temps long paraît lui être totalement étranger, lui pour qui il n'existe pas de culture française et encore moins, semble-t-il, de nation française. Il est dans ces conditions peu probable que le vide institutionnel, un moment « réinvesti », soit durablement comblé.

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2018/02/19/le-moment%C2%A0-regalien-6027940.html

  • Soros : si vous n'avez pas aimé le père, vous n'aimerez pas le fils

    6a00d83451619c69e201bb09f4a580970d-200wi.jpgLorsque les démocrates parlent de «milliardaires républicains» maléfiques comme Sheldon Adelson ou les frères Koch, c'est toujours en termes apocalyptiques. Ils essaient d '«acheter» des élections et cachent leur influence avec de l'argent.

    Mais les démocrates ne parlent jamais de leurs propres milliardaires et des énormes sommes d'argent versées aux causes démocratiques par Tom Steyer, Mark Cuban et J.B. Pritzker, candidat au poste de gouverneur de l'Illinois.

    Et, bien sûr, George Soros. La portée de Soros est internationale. Il a un vaste réseau d'organisations internationales qui font la promotion de ses causes favorites. Et il est un contributeur fiable, parfois obscur, aux causes du Parti démocrate aux États-Unis.

    Mais le fils de Soros, Alexander, est en train de devenir un acteur majeur de la politique démocratique. Selon la Commission électorale fédérale, Alexander a donné 650 000 $ aux campagnes démocratiques et à divers comités en 2017.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Bataille d’Afrin: les Kurdes valsent avec Bachar : Nouvelles alliances, nouveaux enjeux et jeu complexe

    Les grands regroupements géopolitiques qui s’esquissent en Orient sont instables ainsi qu’on le découvre depuis 24 heures en Syrie.

    Arabie Saoudite-Israël-Etats-Unis vs. Iran-Turquie-Russie

    En simplifiant à l’extrême, un bloc d’intérêts communs Arabie Saoudite-Israël-Etats-Unis s’est constitué face à un autre bloc aux intérêts nationaux et géopolitiques convergents, opposé au précédent : Iran-Turquie-Russie. Les critères de ces regroupements sont infiniment compliqués, et sur le champ de bataille syro-irakien, sont appelés à se renverser rapidement, de façon parfois en apparence illogique. Il est néanmoins aisé de voir que le régime syrien lutte pour sa survie avec l’aide décisive de la Russie, que l’Iran aide tout ce qui est chiite et anti-américain, et que la Turquie rejette tout ce qui ressemble de près ou de loin à une admission du fait kurde. L’armée turque, appuyée par des rebelles syriens (souvent des ex-djihadistes), mène depuis un mois une offensive terrestre et aérienne au nord de la Syrie pour en chasser les Unités de protection du peuple (YPG), milice considérée comme « terroriste » par Ankara mais alliée des Etats-Unis et équipée par eux dans la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie.

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  • Georges Soros demande à l’Union Européenne de « réguler les réseaux sociaux »

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    Il était une fois… ça commence comme un conte de fées… Il n’y a pas si longtemps internet et les réseaux sociaux pouvaient être considérés comme un refuge pour la liberté d’expression et un courant d’air frais loin de la propagande douce des médias dominants.

    Et ce fût le cas. De très nombreux blogs, sites d’analyse, chaines YouTube se sont créés faisant en effet contrepoids aux informations officielles. Toute nouvelle création entrainant des effets d’opportunité inattendus, de nombreux sites dits « putes à clic » ont été créés pour attirer le public – et la publicité – via des informations fantaisistes. Sur un plan plus politique, l’élection de Trump et le Brexit n’allant pas dans le sens de l’histoire, les médiacrates ont trouvé une explication simple : de fausses nouvelles via internet et les réseaux sociaux ont permis ces aberrations, naissance du concept de « fake news ».

    Soros côté pile : pour l’innovation et la démocratie

    Pour mener le combat de l’Empire du Bien, nul n’est mieux placé que le milliardaire américain George Soros. Dans un article de The Guardian publié jeudi 15 février il met en garde contre la liberté des médias sociaux qui peuvent « influencer la manière dont les gens pensent et se conduisent sans même qu’ils s’en rendent compte ». Il ajoute « Ceci interfère avec le fonctionnement de la démocratie et l’intégrité des élections » et le peuple perd « sa liberté de penser ». D’où l’urgence de légiférer pour que la liberté d’expression soit plus strictement contrôlée sur internet et les réseaux sociaux. Que constate George Soros ? Que les géants Facebook et Google sont devenus « des obstacles à l’innovation ». Comprenez : ils ont contribué à libérer la parole aux Etats-Unis comme en Europe. Et plus « ils ont causé nombre de problèmes ». Comprenez : cette libération de la parole est allée trop loin. D’où sa supplique aux autorités de l’Union Européenne pour qu’elles reprennent les choses en mains.

    Soros côté face : renforcer l’autocensure des GAFA

    Habilement, Soros semble s’attaquer au monopole des GAFA mais le véritable enjeu de son discours n’est pas là et il est à double facette. Tout d’abord demander aux autorités politiques de museler Google et Facebook. Ce qui a déjà été fait en Allemagne et ce qui sera peut-être fait par la loi en France en 2018. Ensuite et surtout que Google et Facebook instaurent eux-mêmes leur propre censure pour se protéger d’une possible régulation venue de l’extérieur. Ce qu’ils sont en train de faire. Il est toujours plaisant de voir un pyromane jouer les pompiers. Au nom de l’économie Soros regrette le Brexit et la chute de la livre sterling qui affaiblirait les finances britanniques. Le même Soros le 16 septembre 1992 (Black Wednesday) spéculait contre la livre britannique, la forçait à sortir du Système Monétaire Européen (SME) et empochait un milliard de livres au passage. Au nom de la « liberté du peuple » George Soros veut instaurer « le contrôle de la liberté ». De même que dans le 1984 d’Orwell le ministère de l’Amour organisait la semaine de la Haine.

    Texte repris du site site de l’OJIM

    https://fr.novopress.info/

  • 400 000 immigrés clandestins en France ?

    C'est l'estimation du député Guillaume Larrivé :

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    Cette estimation est basée sur un rapport parlementaire rédigé par le même député au 15 février, qui précise qu'il y a 311 310 bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (soins gratuits pour les étrangers en situation irrégulière) en 2016. Mais il est douteux que les 3/4 de la jeune population immigrée clandestine ait chaque année besoin de soins médicaux...

    Capture d’écran 2018-02-20 à 07.32.54Cette estimation se base également sur le nombre d'expulsions prononcées : du 1er janvier 2012 au 30 septembre 2017, 539 832 mesures d’éloignement avaient été prononcées à l’égard d’étrangers en situation irrégulière, parmi lesquelles 120 555 éloignements avaient été exécutés. Sur cette période, 419 277 personnes sont donc restées sur le territoire sans titre de séjour.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Laurent Wauquiez peut remercier ses détracteurs, par Ivan Rioufol

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    Laurent Wauquiez n’a que des bénéfices à tirer de ce faux scandale politique suscité par des propos qui n’étaient pas destinés à être diffusés. La droite frileuse, qui s’émeut de la “violence” et de la “grossièreté” du chef de l’opposition, laisse voir sa détestation de l’homme : un rejet qui pourrait le rendre sympathique à ceux qui attendent d’un dirigeant qu’il s’affranchisse de la pensée cotonneuse, des mots enrobés, des sucreries de salon. Jeudi, Wauquiez a donné un cours devant des étudiants de l‘EM Lyon Business School de Lyon, en ayant préalablement obtenu d’eux la garantie morale de la confidentialité des propos : un engagement qui a apparemment été violé par un des participants, puisque la discussion a été partiellement diffusée vendredi soir dans l’émission “Quotidien”.

    Dans les extraits proposés, le président LR accuse Nicolas Sarkozy d’avoir mis sur écoute des membres du gouvernement lors de Conseils des ministres. Il pense que le candidat Emmanuel Macron a joué un rôle dans la mise en place d’une “cellule de démolition” contre François Fillon. Il annonce la chute de Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, visé par une enquête pour abus de faiblesse : Wauquiez compare ce dossier à “du Cahuzac puissance 10”. Au bout du compte, des propos certes iconoclastes, mais guère plus décapants que ceux qui peuvent être parfois tenus en “off” entre un politique et un journaliste. S’il y a scandale, il est dans la rupture du pacte de confiance qui avait été passé pour ce cours. II est vrai que la parole donnée est une valeur qui se démonétise.

    Xavier Bertrand, le patron des Hauts-de-France, a dit dimanche avoir entendu, dans les propos de Wauquiez, “les mots de la famille Le Pen, la même tonalité, la même violence”. Pour lui, “c’est pire que du Trump”. Bertrand suggère même à demi-mots que le patron LR pourrait orchestrer à son tour “des cellules de démolition” contre Darmanin ou Nicolas Hulot, avalisant ainsi un possible complot politique qu’il refuse pourtant d’envisager contre Fillon. En réalité, ces opérations groupées de dézingage de Wauquiez risquent d’être préjudiciables à ceux qui s’y prêtent. En effet, par leur fébrilité, ses détracteurs se piègent eux-mêmes en défendant la pérennité du monde aseptisé qui horripile une partie importante de l’opinion. Celle-ci en a soupé des hypocrites postures morales qui invitent à jeter des voiles pudiques sur les sujets qui fâchent.

    Fillon, dans sa stratégie présidentielle construite sur “le courage de la vérité”, avait déjà eu contre lui tous ceux qui n’étaient pas prêts à se confronter au réel. Cette même union des craintifs se met en place pour tenter d’abattre Wauquiez. Les coups seront violents. A la capacité de résistance du patron LR s’évaluera ce qu’il a dans le ventre. Son intérêt est d’avoir la meute à ses trousses, s’il se sent capable de l’effrayer. Non seulement son “parler vrai” devant des étudiants de Lyon n’a pas été un scandale, mais cette nécessité de dire les choses doit se poursuivre et s’amplifier. S’il réussit l’épreuve du feu, Wauquiez s’en grandira d’autant.

    Ivan Rioufol

    Texte daté du 19 février 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

    https://fr.novopress.info/

  • Wauquiez enregistré : une nouvelle affaire Fillon ?

    Le président de LR, Laurent Wauquiez, lors de son intervention en face d’élèves de l’École de management de Lyon, une école de commerce, a été enregistré à son insu, en dépit d’une stricte interdiction. Durant sa conférence, il tire à boulets rouges sur un certain nombre de politiciens de droite comme de gauche, de Nicolas Sarkozy, qui aurait mis ses ministres sur écoute, à Emmanuel Macron et ses proches qui auraient manœuvré contre François Fillon pendant la campagne présidentielle..

    Ce que la presse nomme déjà l’affaire Wauquiez ne fait que commencer. Se terminera-t-elle comme l’affaire Fillon ?

    A suivre…

    Francesca de Villasmundo

     http://www.medias-presse.info/wauquiez-enregistre-une-nouvelle-affaire-fillon/87684/

  • Mort de trouille, Florian Philippot refuse un débat télévisé avec Carl Lang sur LCP !

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    Florian Philippot invité de LCP ce soir dans l’émission "Ça vous regarde", dont le lancement officiel, à Arras cette fin de semaine, de son mouvement de patriotes a fait un flop remarquable, a mis son veto à la présence de Carl Lang, Président du Parti de la France, sur le plateau. L'enfant chéri des médias ferait-il des caprices de star ou craint-il un débat de fond avec un représentant de la vraie droite nationale ?

    http://synthesenationale.hautetfort.com/

  • Meta TV sur france inter / Le macron show en Afrique / Chasse aux crèches Tepatriote#3

  • Une politique pour l'an 2000 de Pierre Debray [VII]

    Nous poursuivons la publication d'une série qui devrait faire date ; qui forme un ensemble à lire en entier : une étude de Pierre Debray parue en novembre 1985 dans le mensuel Je Suis Français, sous le titre Une politique pour l'an 2000. La lecture de ces textes expliquera aux lecteurs qui ne l'ont pas connu le rôle intellectuel important de Pierre Debray à l'Action Française dans les années 1950-2000.  Cette analyse politique, économique, sociologique et historique, menée méthodiquement, à la maurrassienne, comporte de multiples enseignements, utiles aujourd'hui à notre école de pensée. Comme un stimulant de notre réflexion sur la situation présente de la France et sur l'action que nous avons à y mener. Même si le lecteur devra tenir compte des événements et des faits intervenus au cours des trois dernières décennies.  LFAR

    1ère partie : l’Homme Masse

    L'ETABLISSEMENT

    Ainsi s'est constituée une sorte de mafia, un club très fermé, si l'on préfère, où l'on n'entre que par le mariage. M. Jean Noël Jeanneney, qui appartient à l'établissement, a durement critiqué l'œuvre de Beau de Loménie. Il donne un exemple des erreurs de méthode dont il l'accuse : « Ecrire que Michel Debré s'est trouvé soudain et d'un seul coup, à partir de 1956, lié directement aux grands intérêts d'affaires parce que son père a épousé à cette date, en secondes noces, une cousine de Wendel, voilà qui est risible » Vraiment ? Par une étrange coïncidence, Michel Debré commence, précisément, en 1956, la fulgurante carrière qui fera d'un petit feudataire, l'un des principaux barons du gaullisme. Est-il lié pour autant aux grands intérêts ? Il sauvera Giscard, embringué dans une vilaine affaire, qui risquait de ruiner sa carrière, et ce en désobéissant à De Gaulle. Connaissant la probité financière de Debré, son sens de l'Etat, sa loyauté envers De Gaulle, il a bien fallu qu'il subisse des pressions auxquelles il ne pouvait ou ne voulait résister.

    L'on ne comprend rien à l'Etablissement quand on l'identifie à l'industrie. Un Citroën, un Renault se sont faits eux-mêmes. Cela leur coûtera cher. Il y a de grands patrons dans l'Etablissement comme les Wendel mais c'est parce qu’ils ont construit leur empire grâce à l'Etat et non en respectant les lois du marché. Les Peugeot, les Michelin sont demeurés en dehors, même si des liens se sont noués. L'Etablissement ne s'intéresse à l'industrie ou au commerce que lorsqu'il peut s'en emparer, en évinçant les fondateurs, qui ont pris les risques à sa place. La banque l'attire davantage mais seulement parce qu'il n'existe pas de moyens plus commodes de gruger l'Etat. En effet l'Etablissement vit en parasitede la nation, dans la tradition des publicains et des traitants mais selon d'autres méthodes, qui vont du coup de bourse au trafic des commandes publiques. Un exemple suffira. L'Etablissement fera construire les chemins de fer aux frais des contribuables et les exploitera à son profit. Prétendra-t-on que la présence de la plupart des dynasties républicaines dans les conseils d'administration des compagnies de chemins de fer relève d'un pur hasard ?

    Assurément Beau de Loménie taille des verges pour se faire fouetter quand il imagine un complot permanent des grands intérêts. Il verse dans la mythologie des deux cents familles, mise à la mode par le pauvre Daladier qui se fonde pourtant sur une réalité : pratiquement les fauteuils de régents de la Banque de France s'étaient transmis, de génération en génération, aux mêmes dynasties républicaines, depuis Napoléon 1er. Etat-major de la « ploutocratie » ? Sa fine fleur, en tout cas. N'accordons pas à ces gens, une vision assez claire des mécanismes socio-économiques, une solidarité d'idées et d'ambitions qu'ils n'ont pas. Le mythe masque plus qu'il n'éclaire. En réalité nous sommes en présence de familles qui ont une origine commune, d'antiques complicités, un même réseau de relations mondaines ce qui n'exclut ni les rivalités ni même la liquidation physique de tel ou tel des leurs. L'assassinat du Prince de Broglie, dont les causes furent si soigneusement oubliées, lors du procès des hommes de main prouve que ce milieu sait se montrer impitoyable. C'est bien d'un « milieu » dont il s'agit, comme la puissance visionnaire de Balzac l'avait pressenti : les mœurs des bas-fonds et celles du « grand monde » se ressemblent étrangement. Chaque « famille », comme dans la mafia, exploite pour son compte non la drogue ou la prostitution mais l'Etat.

    Plus l'Etat confisque la société civile, plus augmentent, pour l'Etablissement, les sources de profit. C'est pourquoi les dynasties républicaines restent bonapartistes même si elles laissent parfois croire le contraire. Elles doivent tout au premier Empire, le second renforça leur prospérité, le gaullisme leur rendit leur vigueur. Ce qu'elles craignent, c'est un Etat fort, un Etat arbitre. Dès que Louis Philippe tenta de le reconstituer, elles le liquidèrent. Par contre un Etat omnipotent et impotent leur convient parfaitement. Considérons d'ailleurs la croissance des prélèvements obligatoires. Caillaux institue l'impôt sur le revenu, Fabius celui sur les grandes fortunes, tous deux appartiennent à l'Etablissement.

    Afin d'éclairer la puissance mystérieuse de l'Etablissement, il convient de prendre un exemple. Nous aurions pu choisir Fabius mais les interférences familiales avec la Haute Banque germano-américaine rendent sa généalogie d'autant plus complexe qu'il faudrait aussi étudier celle de son épouse, Madame Castro. Cela nous conduirait trop loin. Retenons plutôt Giscard. Les origines sont claires, un père juge, une mère fille de commerçants, une bonne famille de la bourgeoisie de province, proche encore de ses racines rurales, deux fils, qui, à la façon de Rastignac montent à Paris pour faire fortune. De fait ils sont intelligents, travailleurs. A la force du poignet, René le plus doué entre au Conseil d'Etat, le second Edmond, se contente de l'inspection des finances.

    La saga des Giscard commence. On les a remarqués. René va faire un mariage superbe, il épouse une Carnot, descendante de l'organisateur de la victoire, le gratin de l'Etablissement. Edmond se contentera d'une union plus modeste. May Bardoux descend d'une lignée de fidèles serviteurs des dynasties républicaines. L'ancêtre Agénor, préfet de l'Empire proclamera la République. Le père, Jacques Bardoux a donc reçu en récompense des services d'Agénor la main d'une Georges-Picot. Le voici coopté par l'Etablissement mais il ne semble pas s'être montré digne de cet honneur. Certes il deviendra sénateur mais tentera, en vain, de jouer, toute sa vie, les éminences grises. Il ne sait même pas profiter de son mandat pour gagner de l'argent. Les Georges-Picot devaient réparer ce choix malheureux. Edmond se présenta. Il se révéla un des plus redoutables pillards d'une génération qui n'en manquait pas.

    Ce jeune inspecteur des finances constate que l'empire colonial fournit de superbes occasions de profit. Il se glisse dans l'entourage d'un grand financier, Octave Homberg qui s'empare des « terres rouges » indochinoises, dépouillant les paysans pour constituer de grandes exploitations. Ayant réussi, il devait être éliminé, conformément à la règle d'or de l'Etablissement, qui consiste à s'emparer des entreprises, dès qu'elles deviennent rentables en évinçant le fondateur à la première difficulté conjoncturelle. Edmond change de camp, et rejoint celui des François-Poncet, pour déposséder Homberg, « self made man » à l'américaine. En récompense, il devient administrateur délégué de la « société financière française et coloniale (S. F. F. C.) » dans le giron de la Banque d'Indochine.

    Le 25 décembre 1945, le ministre des finances de l'époque, devait offrir à la banque d'Indochine et à sa filiale, la S.F.F.C., un royal cadeau de Noël. Il signe un décret portant le prix de la piastre de 10 à 17 francs. En Indochine, elle vaut entre 7 et 8,50 F. Ce qui va enrichir de nombreux trafiquants. Edmond Giscard, relevé d'Estaing par la grâce du conseil d'Etat et l'entregent de son frère René, est un homme honorable. Il ne se permettrait pas de frauder. Les margoulins s'en chargent, qui travaillent artisanalement. Il utilise les délégations données aux banques pour autoriser elles-mêmes certains transferts, opérations tout ce qu'il y a de plus légales.

    Mais l'Indochine, c'est fini. En mai 1949, la S.F.F.C., présidée par Edmond Giscard, relevé d'Estaing change de nom. Elle devient la « Société Financière pour la France et les pays d'Outre-mer » (S.O. F. F.O.). Son capital social est triplé et atteint 155 millions de francs. Quant au siège de la nouvelle société, il est situé non plus 23, rue Nitot, mais 23 rue de l'Amiral d'Estaing. Il est vrai qu'entre temps, le conseil municipal de Paris avait attribué à l'Amiral d'Estaing, la rue désignée jusqu'alors du nom de Nitot, un brave homme d'orfèvre qui possédait une propriété dans le coin. Les Giscard ont le sens de la famille, surtout quand ils s'y sont installés à la façon du coucou.   

    A suivre  (A venir : « L'Etablissement » suite)

    Lire les articles précédents ...

    Une politique pour l'an 2000 de Pierre Debray      [I]     [II]     [III]     [IV]     [V]     [VI]

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2018/02/19/une-politique-pour-l-an-2000-de-pierre-debray-vii-6027913.html

  • Un discours devant les conservateurs américains pour Marion Maréchal-Le Pen

    Marion Marechal Lepen
    Marion Marechal Lepen

    L’ancienne députée FN du Vaucluse s’exprimera jeudi à la CPAC, un événement durant lequel interviendront également Donald Trump et Mike Pence.

    Serait-ce les prémices d’un retour dans la vie politique ? En retrait depuis le printemps dernier, Marion Maréchal-Le Pen va s’exprimer jeudi au cours de la CPAC (Conservative Political Action Conference), rendez-vous rassemblant chaque année aux Etats-Unis les figures du mouvement conservateur.

    D’après L’Incorrect, son discours appellera à nouer un « conservatisme des deux rives ». Selon le programme officiel de l’événement, l’ancienne députée FN du Vaucluse s’exprimera vers 11h30 au premier jour de la conférence, une heure après le vice-président des Etats-Unis Mike Pence.

    Trump et Farage aussi présents

    Le président Donald Trump sera également présent vendredi pour intervenir au Gaylord National Resort and Convention Center, un centre de congrès situé à Oxon (Maryland), près de Washington. Chacune des journées de l’événement débute par le serment d’allégeance au drapeau américain et une prière.

    D’autres responsables importants de l’administration Trump sont également annoncés, ainsi que des parlementaires du Parti républicain, comme le sénateur Ted Cruz, des personnalités conservatrices des médias et d’anciens militaires.

    L’eurodéputé britannique Nigel Farage, à la tête de la campagne victorieuse pour le Brexit, sera présent lui aussi. Il avait reçu un accueil chaleureux l’année dernière après avoir fait l’éloge de la victoire « tout à fait remarquable » de Donald Trump à l’élection présidentielle de novembre 2016.

  • 40 Days for Life : 29 bébés à naître sauvés de l'avortement

    6a00d83451619c69e201bb09f4ccd8970d-200wi.jpgLa coordination internationale des 40 Days for Life indique qu'au lundi 19 février, 29 bébés à naître ont été sauvés de l’avortement au 6ème jour de la campagne de Carême.

    Cette campagne, lancée le mercredi des Cendres, se déroule en 354 lieux différents aux États-Unis et aussi dans 24 autres pays.

    Pendant les quarante jours du Carême, des milliers de cœurs purs se réunissent devant des avortoirs, 24 h sur 24 et 7 jours du 7 pour prier afin de faire reculer l’avortement et obtenir que des mamans enceintes renoncent à y recourir.

    Depuis le lancement des campagnes des 40 Days for Life, en 2007, les responsables estiment que plus de 14 000 enfants à naître ont été sauvés de l’avortement.

    Depuis des années, Riposte Catholique s’associe à ces campagnes par des “prières de l’arrière” : prier chaque jour une dizaine de chapelet aux intentions de la campagne et pendant toute la durée du Carême. Près de 1 000 personnes déjà prient en France à ces intentions. Signalez-nous que vous voulez y participer en confirmant votre adhésion à daniel.hamiche@gmail.com qui coordonne depuis des années cette chaîne de prière.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • UNE JOURNALISTE DONNE UN COURS DE DÉONTOLOGIE AU GOUVERNEMENT…

    La video a buzzé tout le week-end…

    http://www.bvoltaire.fr/journaliste-donne-cours-de-deontologie-gouvernement/

  • Mathieu Bock-Côté chez Nicolas Demorand ... Un moment d'intelligence et de franc-parler détonnants

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    Il y a pratiquement trois ans que nous avons découvert (et repris très souvent) les écrits - nombreux, foisonnants, profonds - de Mathieu Bock-Côté et sa pensée si proche de la nôtre à bien des égards. Sans-doute sur l'essentiel. 

    Mathieu Bock-Côté se défend d'être un antimoderne, encore que nous ne soyons pas très sûrs qu'il ne le soit pas. Pierre Boutang voulait « une monarchie moderne ou affrontée au monde moderne ». Mathieu Bock-Côté, dans les domaines dont il traite, nous paraît correspondre assez bien à ce double qualificatif.

    Mathieu Bock-Côté a fait bien du chemin au fil de ces trois années. Notamment en France. Son passage sur France Inter, hier matin, est un moment d'intelligence et de franc-parler détonnants chez ces parfaits tenants du dogme et de la doxa dominants. Nous nuancerions beaucoup son optimisme à l'égard d'Emmanuel Macron dont nous attendons les actes plutôt que les discours. Mais Mathieu Bock-Côté a énoncé hier matin face à Nicolas Demorand un certains nombre de ces vérités qui sauvent dont les lecteurs de Lafautearousseau ne pourront que se réjouir.  Lafautearousseau   

    Mathieu Bock-Côté

    Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d'Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007), de Le multiculturalisme comme religion politique (éd. du Cerf, 2016) et de Le Nouveau Régime (Boréal, 2017).

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Pour la reconnaissance du génocide vendéen, par Francis Bergeron

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    9054-20180220.jpgDeux députés, Emmanuelle Ménard et Marie-France Lorho, viennent de déposer un projet de loi pour une reconnaissance officielle du génocide vendéen. Ce n’est pas la première fois qu’un tel projet est déposé. En 2008, neuf députés, dont le centriste Hervé de Charrette, avaient déjà fait une telle proposition. Plus près de nous, le 18 janvier 2013, plusieurs députés de droite, dont Lionel Luca, Alain Marleix et Marion Maréchal-Le Pen, avaient également tenté de faire voter une loi, composée d’un article unique : « La République française reconnaît le génocide vendéen de 1793-1794. » Ce projet avait suscité l’ire de l’entourage de Mélenchon, considérant que son ciment en était uniquement « la haine de la Révolution ». Mais, surtout, la gauche avait stigmatisé le soutien du FN à ce projet d’un élu UMP. Affolés, deux signataires s’étaient immédiatement désistés.

    Pourtant la connaissance historique a fortement progressé depuis l’époque des hussards noirs de la République, où l’on enseignait que la Révolution était un bloc et que les Républicains n’avaient affronté que des brigands en Vendée.

    La proposition de loi de Mesdames Menard et Lohro reprend le même schéma et comprend quelques améliorations et habiletés formelles.

    L’article premier évoque le rétablissement de la vérité historique au nom de ce même idéal républicain qui, depuis deux siècles, la cache. Le second article rappelle que cette loi de génocide n’a jamais été abrogée, et en demande donc la suppression. Quant au troisième article, il précise que cette reconnaissance du génocide ne donnerait pas lieu à sanctions ni à réparations.

    Pour bien caractériser l’aspect génocidaire des massacres de 1793-1794, le préambule rappelle les 200 000 morts de cette guerre civile qui ne porta jamais ce nom et précise que, sur ce chiffre, les victimes vendéennes ont été 170 000. Ces exterminations n’ont épargné ni les femmes, ni les vieillards, ni même les enfants, y compris les nouveau-nés.

    On retrouve dans ces guerres vendéennes, selon les rédacteurs du projet, les caractéristiques du génocide. Les assassinats collectifs ont été exigés par la Convention, qui dirigeait le pays. La façon dont étaient qualifiés les insurgés vendéens ne laisse aucun doute sur le caractère génocidaire des crimes, qui sont des crimes contre l’humanité. « L’ennemi doit être anéanti jusqu’au dernier », ordonne par exemple Garnier, envoyé en mission pour surveiller l’exécution du plan.

    Loi mémorielle ? Repentance ?

    Dans leurs rapports, les représentants de l’Etat parlent de « race mauvaise », « race maudite », « race infernale », « race de brigands », « race impure ».

    Restent deux questions : est-il opportun de créer une nouvelle loi, mémorielle ?

    Oui car, depuis deux siècles et plus, les Vendéens attendent cette reconnaissance, mais sans réclamer pour autant sanctions ou censure, à la différence des lois mémorielles de type Pleven et Gayssot.

    Ne faut-il pas voir dans cette affaire une nouvelle illustration de la pratique de repentance ? Absolument pas, car il ne s’agit pas d’autodénigrer la France, comme sur les questions de l’esclavage, mais de constater que des Français ont tenté d’exterminer d’autre Français, en l’occurrence une population entière, sur des bases sociales, ethniques et religieuses. Il n’y a pas de repentance à exiger de qui que ce soit, mais la simple reconnaissance d’un fait historique.

    Francis Bergeron

    Article repris du quotidien Présent

    https://fr.novopress.info/

  • Jeudi 22 février, l'émission "Synthèse" sur Radio Libertés consacrée au nouvel album des Brigandes

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