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Une repentance empoisonnée
Une fois encore, la France s’est excusée. Unis dans la repentance, confits dans la culpabilité, les Français ont été invités à suivre par procuration le nouveau chemin de croix qui leur était imposé par François Hollande à Alger, accueilli par un Abdelaziz Bouteflika qui avait tout organisé pour que cette journée de la repentance française soit en tout point celle du triomphe d’une Algérie unie face au sombre passé colonial.
Bouteflika pouvait-il rêver plus grand triomphe ? Après avoir sévèrement matraqué l’opposition, organisée de façon embryonnaire à l’occasion d’un printemps algérien qui n’a jamais vraiment existé, l’inoxydable chef d’Etat algérien a tranquillement traversé la tourmente, essuyant à peine quelques embruns, alors que ses anciens amis ou rivaux, Ben Ali, Moubarak, Kadhafi ou Assad, ont été presque tous balayés par la nouvelle tempête du désert qui a soufflé sur le monde arabe.
Non seulement Bouteflika a survécu, et même mieux que survécu, mais voici que l’éternel oppresseur, l’indispensable objet du ressentiment, l’inusable colonisateur, vient s’agenouiller à ses pieds et lui demander pardon. L’initiative ne peut pas mieux tomber. Elle intervient au moment le plus opportun pour renforcer le pouvoir et la crédibilité du président algérien, depuis quatorze ans maintenant au pouvoir, dans un pays toujours affligé d’une économie souffreteuse en raison de l’incurie et de la corruption des dirigeants, incapables de tirer profit des immenses ressources naturelles de l’Algérie pour favoriser son développement, mais toujours aussi prompts à s'enrichir en vertu d’une avidité insatiable. En venant présenter ses excuses au nom de la France, Hollande est venu avant tout légitimer un système corrompu qui nuit en tout premier lieu aux Algériens eux-mêmes.
Le président français pensait-il lui aussi au pétrole algérien en venant à Alger se plonger dans le bain de foule préparé par Bouteflika ? Alors que le problème énergétique semble plus que jamais déterminer les soubresauts de la géopolitique mondiale, il pourrait sembler important de garder la main sur le très raffiné Sahara Blend[1] algérien, du moins tant que les sociétés publiques algériennes qui exploitent cette manne seront encore en mesure d’en extraire les dernières gouttes du désert, pour le plus grand mais le plus éphémère profit des dirigeants algériens qui confisquent les ressources en même temps que l’avenir de leur pays. Par-dessus les visages rieurs et les manifestations de joie des algériens amenés ce jour-là par bus entiers pour acclamer son acte de contrition, le regard de François Hollande était-il fixé sur l’horizon du Sahara, là où se trouvent les principales installations d’extraction et de raffinage d’un pays qui est le troisième producteur de pétrole en Afrique ?
La repentance a un prix et les larmes, fussent-elles de crocodiles, se monnayent. Au-delà du sempiternel combat anticolonial que Bouteflika a besoin de rappeler de temps à autre pour faire oublier aux Algériens sa gestion calamiteuse, l’Algérie a désespérément besoin des subsides que l’ancien colonisateur est seul en mesure de lui accorder pour maintenir en vie une économie de rente placée sous perfusion et une industrie gazière et pétrolière bien peu compétitive. Etrange paradoxe qui voit donc le président français venir s’excuser au nom de l’histoire tout en cautionnant le pouvoir corrompu d’un dirigeant qui pourrait symboliser à lui seul l’égoïsme crapuleux d’une caste représentant tout ce qui peut maintenir à l’heure actuelle l’Algérie dans le sous-développement chronique. Bouteflika n’hésite pas en tout cas à pratiquer toutes les formes de chantage pour solliciter régulièrement l’aide de ceux à qui il demande de s’excuser. Ainsi, pendant que les bonnes âmes entrent en pâmoison et s’enivrent de grandes déclarations, de dignité retrouvée et d’amitié recouvrée, le jeu de dupes se renouvelle entre la France et l’Algérie : je continue à profiter des richesses de mon pays sans rien faire pour en assurer le plein développement mais tu m’accordes, mon ami François, avec ta repentance inespérée, un formidable soutien politique et financier qui me permet d’apparaître une fois de plus aux yeux de mon peuple comme un héros de l’anticolonialisme. Je te fais miroiter un accès privilégié aux ressources pétrolifères de mon pays et toi tu accepte d’acheter ce gaz que je n’arrive plus à écouler à un tarif qu’aucun autre pays ne m’accorderait. Bien sûr je reste le garant de la lutte contre l’islamisme qui vous terrifie tant de l’autre côté de la Méditerranée et puis j’accorde de vagues promesses de politique de développement économique afin d’offrir à ma jeunesse un avenir et de ne pas la pousser à choisir la voie de l’émigration, ce qui reste une arme politique à l’efficacité indéniable, n’est-ce pas cher François ?, tandis que cette main d’œuvre immigrée représente une appréciable armée de réserve qui permet de limiter les délocalisations et d’accentuer à loisir la pression salariale sur vos propres travailleurs selon des principes éprouvés… Et puis comment lui en vouloir d’ailleurs à cette jeunesse de choisir l’exil ? Grâce à l’oligarchie que je représente, on ne peut pas dire que vingt ans soit le plus bel âge de la vie en Algérie. Il vaut mieux émigrer dans ton pays, mon cher François, qui a de moins en moins à offrir d’ailleurs et qui met tellement d’application à se détester que ceux qui y débarquent ne comprennent pas cet acharnement tandis que leurs enfants, pour une partie d’entre eux, mépriseront les « Gaulois » encore plus violemment qu’eux-mêmes se méprisent…
Comme le rappelle fort justement Bernard Lugan, le geste de Hollande, et les exigences des Algériens, mettent en avant la compétition mémorielle au détriment du traitement historique de la colonisation. Car, des controverses autour du bilan positif de la colonisation à la surenchère de la repentance dont Christine Taubira s’est fait une spécialité, l’histoire des vainqueurs et des vaincus se fait à coups de bilans comptables ou se soumet à l’interprétation victimaire, conjuguant le pathos aux exigences discrètes d’intérêts plus sordides. Il n’est pas certain que l’Algérie ou la France tirent vraiment des bénéfices de cette repentance tardive et surjouée.
Il existe au Timor une jolie fable qui explique la formation de l’île actuelle et dit à peu près ceci : un jour, un garçon aperçut un bébé crocodile en train de mourir de soif alors qu’il tentait vainement de passer d'une lagune à la mer. Le malheureux crocodile n'était pas assez fort pour avancer en dépit de la chaleur et était condamné à mourir. Le garçon, pris de pitié, le ramassa et le porta jusqu'à la mer. Le crocodile, très reconnaissant, promit qu'il se souviendrait de cette bonté et pourrait l’aider à voyager, s’il prenait au garçon l’envie de l’appeler pour le porter sur son dos. Le garçon fit ainsi beaucoup de voyages avec le crocodile, mais un jour, ce dernier eut envie de manger le garçon. C'était son instinct animal qui le guidait en cela. Mais sa conscience le tourmentait et, avant d’agir, il prit conseil auprès des autres animaux de la forêt. Tous n’eurent pas de mots assez durs pour condamner son ingratitude. Le crocodile, honteux, prit alors le garçon sur son dos et ne pensa plus jamais à le manger. Ayant atteint un âge avancé, il lui dit alors, au seuil de sa mort: "Ami, il n'existe pas d'assez grande récompense pour la bonne action que tu as faite pour moi. Je dois maintenant mourir. Je vais me changer en une terre, un pays où toi et tes descendants vivrez de ma substance."Et le crocodile devint l'île de Timor ou les gens sont bons et s’exclament toujours, quand ils traversent une rivière : "Crocodile, je suis ton petit-fils, ne me dévore pas."
La force des mythes réside dans leur universalité. Quelle que soit la manière dont on puisse adapter celui-ci à la relation entre la France et l’Algérie, il n’en reste que, dans la fable timoréenne, le garçon qui aide le crocodile à traverser le désert et le crocodile qui fait de même pour aider l’enfant à voyager sur les mers se prêtent mutuellement assistance dans une entreprise initiatique qui consiste pour l’un et pour l’autre à dépasser la pesanteur de leur condition pour, en un mot, grandir. La France et l’Algérie, depuis l’indépendance de 1962, ont toujours échoué à accomplir ce geste mutuel et un gouffre bien plus vaste que la mer et le désert réunis les séparent. La relation entretenue par les deux pays est toujours faite de haines plus ou moins rentrées, de jalousies d’apothicaire et des mensonges que l’on se raconte à soi-même pour oublier la misère de sa condition. Comme les dieux dogons, pour citer un autre beau mythe, qui tissent la toile de l’univers, la France et l’Algérie continuent chacune de tisser le récit de leur grandeur nationale en se servant l’une de l’autre pour broder chacune un conte séduisant.
En allant présenter un pardon qu’il n’est plus l’heure de quémander, F. Hollande raconte encore la fable du génie français de l’universalisme compatissant, toujours un peu paternaliste et ridicule dans ses manifestations de générosité. Aujourd’hui mis à l’heure du politiquement correct, ce même universalisme était brandi, en d’autres temps, par Jules Ferry ou Victor Hugo pour justifier la colonisation de l’Afrique et la rendre « maniable à la civilisation »[2]
En réclamant la reconnaissance de la faute commise depuis que l’Algérie est passée de la domination ottomane à la française en 1830, Bouteflika veut faire revivre encore une fois la geste héroïque de l’indépendance à un pays qui n’a pas réussi depuis celle-ci à bâtir d’autre épopée que celle de son émancipation.
Quels que soient les intérêts économiques ou politiques servis par ces deux mensonges, leur puissance symbolique emprisonne les nations qui s’y abandonnent dans une relation mortifère et une dangereuse sclérose idéologique. Mais ceci reflète aussi la médiocrité conjointe des dirigeants français et algériens, incapables de concevoir un autre avenir commun que celui, inlassablement, promis par ce pardon empoisonné.
http://idiocratie2012.blogspot.fr/
[2]Victor Hugo. « Discours sur l’Afrique ». Actes et paroles – Depuis l’exil. 1879
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L’Iran derrière une vague de cyberattaques visant des banques américaines
Que cela soit l’Iran, c’est tellement pratique… Maintenant, si c’est vrai, alors un message: Allez y les gars, on est avec vous! Visez surtout la Goldman Sachs!!!
Si l’identité précise des auteurs de ces attaques reste inconnue, des spécialistes soulignent qu’ils utilisent de nouvelles méthodes consistant à noyer les sites internet des banques sous les demandes de renseignements, en infectant notamment les centres virtuels d’hébergement de données informatiques.Les 20 plus grandes banques américaines ont été touchées mercredi par une troisième vague d’attaques, qui ont toutes été revendiquées a priori par une groupe se baptisant les cybercombattants d’Izz ad-Din al-Qassam.
Ces attaques ont été pour la première fois évoquées en septembre 2012, selon la société de sécurité informatique Radware. Nous assistons à une attaque en continu d’un secteur industriel qui est sans précédent, pointe son vice-président Carl Herberger.
Source: Agence de presse via Romandie
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Cauchemars et rêves elfiques.
Cauchemars et rêves elfiques,
L’apparition de la Mahr.
Elfes et nains prennent aussi parfois l’aspect d’esprits nocturnes et de démons incubes, venant tourmenter les bonnes gens dans leur sommeil en leur faisant faire des cauchemars. Dans le nord de l’Europe, ces esprits étaient nommés mahr (mahren au pluriel), nom qui forme la racine de tous les mots qui, dans les différentes langues européennes, désignent le sommeil accompagné d’oppression et agité de rêves malsains : maren en danois, nightmare en anglais, Nachtmar en allemand, cauchemar en français ; mot forgé à partir du terme néerlandais mare, "fantôme", et de l’ancien verbe français chaucher, "peser" ; le cauchemar est donc un fantôme qui pèse sur le dormeur, qui l’oppresse. Chez les Latins, le cauchemar se disait phantasma, mot qui a donné "fantôme" et "fantasme".
La Mahr est souvent considérée comme l’esprit d’un mort malfaisant qui revient hanter le sommeil des vivants, comme le démontre cette anecdote du XIIème siècle : "Après son décès, un homme est enterré par les soins diligents de son épouse et de ses proches, selon la coutume. La nuit suivant son inhumation, le mort entre dans la chambre de son épouse, la réveille et l’écrase de son poids qu’elle peut à peine supporter". (Guillaume de Newbury : Historia rerum Anglicarum)
Dans les pays scandinaves, une légende affirme que la Mahr prend plaisir à tirer l’homme par les cheveux, comme les lutins de l’ouest de la France s’amusent à tirer les crins des chevaux. Un témoignage datant du Xème siècle en apporte un sinistre exemple : "Après avoir épousé Drifa en Finlande, le roi Vanlandi regagne Uppsala. Avant son départ, il promet à sa femme de revenir dans un délais de trois ans, mais dix années s’écoulent sans qu’il songe à tenir sa promesse. Drifa convoque la magicienne Huld et lui remet une somme d’argent afin que, par ses sortilèges, elle fasse revenir son époux ou le tue. La magie de Huld provoque chez Vanlandi un vif désir de revoir sa femme, mais ses amis et ses conseiller le mettent en garde : ce désir est dû aux maléfices des Finnois, disent-ils. Vanlandi est alors pris de sommeil – réaction typique d’un homme qu’un esprit attaque ou visite – ; il va se coucher et s’endort. Il s’éveille peu après en criant que la Mahr l’a piétiné. On saisit alors la tête du roi, mais la Mahr se met à écraser ses jambes. On prend ses jambes, mais la Mahr empoigne la tête de Vanlandi et le tue". (Snorri Sturluson : L’Orbe du monde)
Il existe aussi une maladie dans laquelle les cheveux prennent la consistance du feutre, et que l’on appelle marlock en suédois, mahrenzopf en basse Allemagne et mahrenflicht en allemand, mots qui désignent une chevelure tressée et bouclée par la main de la Mahr.
En allemand, cauchemar se dit également Alp, mot dérivé de "elfe". C’est ainsi que les Allemands surnomment le cauchemar Alpdruck (pression de l’elfe) ou Alptraum (rêve elfique).
Paul Sébillot confirme la part que prennent les élémentaux dans les terreurs nocturnes des hommes : "La visite d’une catégorie assez nombreuse d’esprits, généralement de petite taille, est au contraire redoutée ; il en est qui pénètrent dans les demeures des hommes ou des bêtes que pour y exercer leur malfaisance ou tout au moins leur espièglerie : des lutins s’asseyent sur la poitrine des gens endormis, les oppressent et leur donnent le cauchemar ; d’autres s’amusent à tresser la crinière des chevaux pour s’en faire des étriers ou des balançoires, ou ils les tourmentent de telle sorte qu’au matin ils ruissellent de sueur. Les paysans emploient, pour les chasser, sans compter l’eau bénite et les talismans catholiques, des procédés variés. Le plus habituel consiste à placer, dans un récipient en équilibre, des pois, du millet ou de la cendre : le lutin, en arrivant à l’étourderie, le heurte et le renverse, et comme il est obligé de ramasser une à une ces innombrables graines, il est si ennuyé de cette besogne qu’il ne se risque plus à revenir. En Auvergne, il suffisait de déposer des graines de lin dans un coin ; le drac s’en allait plutôt que de les compter ; dans le même pays, on étendait des cendres sur le passage du betsoutsou, qui essayait en vain d’en savoir le nombre". (Paul Sébillot : Le Ciel, la nuit et les esprits des airs)
C’est également le cas du lutin nommé chaufaton dans la haute vallée d’Aulps, en Haute-Savoie, qui prend un malin plaisir à fouler de ses pieds les hommes et les femmes endormis : "D’autre fois, quand ils étaient couchés sur le foin à deux ou à trois, le chaufaton venait les oppresser et les paralyser sous un poids très lourd, comme s’ils avaient eu une pierre sur eux, les uns après les autres". (Christian Abry et Charles Joisten : De lutins en cauchemars)
Selon Claude Lecouteux (Les nains et les Elfes au Moyen Âge), ce génie domestique se transformant en cauchemar est une réminiscence du culte des ancêtres : "Nous croyons que les traditions populaires gardent le souvenir des temps anciens ; il nous semble en effet très significatif que ce soit justement un génie domestique, le chaufaton qui puisse jouer le rôle du cauchemar, car de tel génies sont souvent la forme que prend le bon ancêtre décédé, et leur culte se confond avec celui des morts bien-veillant, tutélaire". En effet, le révérend Kirk indique : "Il existe beaucoup d’endroit appelés monts-de-fées que les habitants des montagnes croient impie de saccager ou de découvrir en enlevant la terre et le bois, croyant par superstition que les âmes de leurs ancêtres vivent là. Et ils disent que dans ce but un monticule ou petit mont était élevé à côté de chaque cimetière pour recevoir les âmes jusqu’à ce que les corps qui reposent là soient ressuscités ; et ce monticule devenait ainsi mont-de-fées". (Robert Kirk : La République mystérieuse)
L’apparition de la Mahr, spectre d’un mort malfaisant, correspond donc certainement au moment historique où le culte des ancêtres tombe en désuétude. Les vivants n’honorent plus leurs défunts comme ils le devraient ; et ces derniers reviennent donc les hanter pour les punir de leur oubli et de leurs manquements.
Edouard BRASEY ( http://edouardbrasey.com/ )
Enquête sur l’existence des Fées et des Esprits de la Nature.(Filipacchi 1996).
Voir également, du même auteur : http://lapres-mididesmagiciens.hautetfort.com/archive/201...
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Guerres injustes et criminelles...Irak Inglourious bastards*
Qui ne se souvient des mots « mission accomplie » prononcés par le matamore (1) G.W. Bush depuis le porte-avions USS Abraham, le 1er mai 2003 au lendemain de la chute de Bagdad ? Si la mission était de renvoyer l'Irak à l'âge de pierre, d'y semer chaos et dévastation, et bien la mission est alors en effet pleinement accomplie !
TOUT CELA POUR QUOI ?
Aujourd'hui, huit ans et neuf mois après le début de l'Opération Iraqi Freedom (autrement nommée Choc et Effroi) les Américains ont achevé de se retirer d'Irak en traversant à l'aube du dimanche 18 décembre - presque à la sauvette - la frontière koweïtienne. Alors que reste-t-il de neuf années d'occupation ? Rien, si ce n'est une ambassade à la soviétique dans la zone verte, au cœur de Bagdad, avec ses 16 000 personnels qui y seront rattachés... un corps étranger sur une terre qui rejette avec dégoût et mépris ceux qui prétendaient les délivrer d'une odieuse dictature et leur apporter la démocratie et ses bienfaits.
Que reste-t-il de neuf années de bruit et de fureur ? Rien, si ce n'est des monceaux de cadavres et l'exaspération de haines inexistantes du temps de l'épouvantable dictature baasiste, nationale, socialiste et laïque. L'Amérique rappelle aujourd'hui ses troupes dans la honte et le déshonneur, lesquels ont éclaté dans l'ultime descente de la Bannière étoilée le 15 décembre, dans l'arrière-cour d'une zone aéroportuaire sécurisée... c'est le dos à un mur vaguement masqué par un filet de camouflage usagé que Léon Panetta, secrétaire américain à la Défense, a prononcé l'éloge funèbre d'une entreprise qui restera dans l'histoire comme une extraordinaire foirade achevée en apothéose avec le refus de Bagdad d'accorder une quelconque immunité aux soldats américains qui auraient été chargés de poursuivre la formation de l'armée indigène. C'est sur ce cinglant camouflet que le président Obama s'est en vérité résigné à signer le 21 octobre le retrait total des troupes... Désormais, ne subsistent plus de la formidable armée de 171 000 hommes et de leurs 505 bases que 157 soldats devant poursuivre la formation des officiers irakiens et un contingent de Marines pour la protection de l'ambassade !
Précisons que lors de cette pitoyable cérémonie d'adieux aux armes, ni le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki ni aucun autre ministre n'avait cru nécessaire de se déplacer, déléguant la représentation du gouvernement au seul le chef d'état-major de l'armée irakienne, le général Babaker Zebari. Quelle humiliation pour l'Amérique et pour l'Occident embarqué tout entier, volens nolens, dans la faillite de l'impérialisme mégalomaniaque et irresponsable des néoconservateurs judéo-protestants américains... À moins, bien entendu, que semer le chaos n'ait été le véritable objectif pour la faction de schizophrènes, ou de grands initiés, qui - tel l'emblématique Michael Leeden(2) - se font adeptes et chantres de la théorie du chaos constructif et ont trouvé dans l'Irak martyr, pour leur psychopathie messianique, un terrain d'expérience grandeur nature.
UN BILAN CONSTERNANT, OU PIRE, EFFRAYANT !
Un bilan consternant au regard des fleuves de sang versés et de l'infini cortège de misères et de douleurs. Un avis d'ailleurs assez largement partagé dans le camp des vainqueurs si l'on en croit les réflexions publiées par Le Figaro [16 décembre 2011] du colonel John Nagl, président du Center for a New American Security et proche du général David Petraeus, lui-même ancien commandant en chef des forces de l'Otan en Afghanistan et actuel patron de la Central Intelligence Agency… « Cela fait plus de vingt ans que nous nous battons en Irak si vous remontez à la première guerre du Golfe. Le prix payé dans ce pays par nos forces a été gigantesque, bien supérieur à tout ce que les militaires américains auraient pu imaginer. Nous avons mis à bas un dictateur qui était une menace pour la sécurité du monde, mais le prix payé pour organiser l'après-Saddam a été incommensurable... ». Ajoutons, un fiasco total !
Ceci étant, cet homme du sérail ne peut s'empêcher de se payer de mots lorsqu'il déclare - et semble (ou feint de) croire - que la Grande Amérique a « mis à bas un dictateur qui était une menace pour la sécurité du monde ». Une bien dérisoire menace après douze années de blocus, une armée dépenaillée et des pertes humaines - depuis février 1991 et avant mars 2003 - estimée au-delà du million par les organisations spécialisées des Nations unies que sont la FAO, l'UNICEF, l'OMS. Même si les chiffres produits ne sont pas vérités d'Évangiles, et même fortement minorés, ils donnent malgré tout la mesure de l'état de santé d'un pays déjà saigné à blanc en 2003 avant même le premier assaut. Que pouvait peser alors un pays de 23 millions d'habitants face au bloc démographique de quelque 400 millions d'âmes face à la coalition initiale associant les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie avec son gigantesque potentiel en terme de puissance militaire, économique et industrielle(3) ?
Au final, un bilan officiel corrigé et maquillé qui n'en demeure pas moins désastreux pour ces presque dix années de conflit : officiellement 4481 GI's morts, 32 000 blessés et mutilés, 802 milliards de $ évaporés en pure perte - pas pour tout le monde ! - et sans doute près de 600 000 Irakiens passés ad patres ou au fil de l'épée pour leur apprendre - une fois pour toutes - à vivre en bons démocrates(4) ! On pourra toujours dire que ce départ « la queue entre les jambes »(5) est un succès pour la présidence Obama puisque se promesse de rapatrier les guys aura été tenue... Oui mais à quel prix ? Reste le goût amer des mensonges éhontés relatifs aux armes de destruction massives ou à la complicité irakienne avec Al Qaïda, des tortures avilissantes infligées aux détenus sans jugement d'Abou Grahib - qualifiées de « mauvais traitements » dans les colonnes du Figaro - ou encore les Chasses du Comte Zaroff façon Blackwater (6)… une impressionnante série de meurtres et de viols perpétrés par l'armée et ses mercenaires - contractants - qui ne sont pas sans rappeler certains comportements qui accompagnèrent en 1944 l'avancée des "Libérateurs"...
Sans oublier l'exode des chrétiens d'Irak soumis à des persécutions inédites depuis l'avènement de l'islam, et contraints à chercher leur salut dans l'exil. Mais qui en a cure à Washington sachant que la majorité des 4 ou 500 000 chrétiens qui vivaient en Irak encore en 1991 [moins de 200 000 aujourd'hui] est composée de "papistes", c'est-à-dire d'Assyro-Chaldéens catholiques...
DE MORTELLES "ERREURS" ?
Des « erreurs qui ont altéré le prestige des États-Unis dans le monde arabe et leur influence mondiale » nous dit encore le quotidien de M. Dassault, et c'est peut dire... Car c'est tout l'héritage civilisationnel de l'Occident qui sort avili d'une guerre livrée pour le pétrole certes, mais plus encore pour assurer les arrières de l'État hébreu, lequel prétend ne pas devoir survivre hors d'une culture obsessionnelle du complexe obsidional de l'assiégé permanent.
À l'issue d'un calvaire de vingt et un ans, l'Irak s'apprête donc à assurer désormais seul sa sécurité, mais, comme disent les commentateurs, la capacité de ses forces armées à assurer la stabilité du pays pose question ! Car l'Irak, en dépit des 900 000 membres de ses forces de sécurité formés à grand frais, est loin d'être "pacifié" quoi qu'en dise Barack Obama qui parle à son endroit, certainement sans savoir, de "stabilité" ! Qu'attendre en effet d'un État majoritairement chiite dans l'actuel contexte de tension régionale et de désignation comme cibles de la Syrie et de l'Iran, lequel pays est également chiite, eu égard à la volonté affichée des mousquetaires occidentalistes [Royaume-Uni/France/Allemagne/États-Unis] d'en découdre avec la Syrie baasiste, socialiste et nationale ? À Bagdad, les signes avant-coureurs d'épuration - ou à tout le moins de règlements de comptes - se multiplient entre les forces régulières à majorité chiite et les milices sunnites notamment la Sahwa - le Réveil. Celle-ci, forte d'une dizaine de milliers d'hommes, a été constituée par le Pentagone vers la fin 2006 dans les zones tribales sunnites afin d'y contrer la montée en puissance des islamistes radicaux soutenus et armés par l'Arabie séoudite. Or, l'intention annoncée du Premier ministre Nouri al-Maliki de démanteler ces milices - devenues inutiles selon lui - est de fort mauvaise augure, d'autant que ces dernières semaines quelque 600 personnes soupçonnées d'appartenir à l'ex-Parti Baas ont été arrêtées !
ET UN AVENIR IMMÉDIAT PASSABLEMENT INQUIÉTANT
Sur le fond, les Américains laissent - faut-il dire abandonnent ? - un pays plongé dans une crise politique profonde avec la décision du bloc laïc Iraqiya de suspendre sa participation aux séances du Parlement. Cette formation politique - celle de l'ancien Premier ministre Iyad Allaoui - forme le second groupe parlementaire avec 82 députés contre 159 pour la coalition des partis religieux chiites de l'Alliance nationale. Aujourd'hui, Iraqiya dénonce sans ambages « l'exercice solitaire du pouvoir » de Nouri al-Maliki. Celui-ci a d'ailleurs demandé au Parlement de démettre son Vice-Premier ministre sunnite, Saleh Moutlak, appartenant à Iraqiya et accusé d'avoir appartenu au Baas ! Celui-ci ne s'est d'ailleurs pas gêné pour déclarer à la chaîne CNN que « Washington laisse maintenant l'Irak aux mains d'un dictateur pire que Saddam Hussein, qui ignore totalement le partage du pouvoir, contrôle étroitement les forces de sécurité et a fait procéder ces dernières semaines à plusieurs centaines d'arrestation » !
Pour ne pas conclure, disons que le retrait d'Irak intervient dans un contexte régional de plus en plus volatile, celui des soulèvements populaires et des velléités maintes fois annoncées au plus haut sommet des États, en France, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Israël par la bouche du président Pérès, de frapper l'Iran de façon préventive et sans exclure a priori l'emploi de l'arme nucléaire... Capacité de rétorsion ou assurance vieillesse que la « Communauté internationale » reproche vertement à Téhéran de vouloir acquérir ! En fin de compte, l'enjeu et l'issue véritable de la guerre d'Irak se situe à n'en pas douter en Syrie car sans changement de régime à Damas, l'axe irano-syro-libanais se maintiendra et alors, selon toute vraisemblance, l'Irak s'agglomérerait naturellement à un bloc chiite dominant la région. Une perspective et une hantise indicibles pour les pétromonarchies au premier rang desquelles l'Arabie séoudite et le Qatar qui savent que dans ce cas de figure leurs jours seraient comptés !
L.C. Rivarol du 23/12/2011 au 5/1/2012
* Inglourious Basterds 2009. Titre du film "culte" de Quentin Tarentino, douze fois oscarisé et awardisé trente-sept fois nommé et Palmé d'or en 2009 au Festival de Cannes pour ses descriptions de boucheries innommables, de sacrifices humains esthétisants. Titre qui comporte deux altérations orthographiques par rapport à l'écriture commune : lnglorious Bastards. Film de dément ou de démon (scènes voluptueuses de mutilations d'une rare obscénité dans la violence), montrant que l'histoire fantasmée supplante désormais l'histoire réelle... interdit aux moins de 12 ans en France où les préadolescents se trouvent ainsi légalement conditionnés précocement à la folie meurtrière, laquelle devrait un jour ou l'autre, sans doute, se retourner contre ses promoteurs... les mêmes qui en tirent gloire et fortune. Film qui constitue au demeurant un symptôme de dépérissement civilisationnel et de l'engloutissement de nos sociétés dans la démence collective, soit la déconstruction traumatique de l'imaginaire collectif - et partant du psychisme individuel - car il n'est pas ici seulement question d'un banal retour à la barbarie, mais d'un angoissant glissement vers les limbes de l'infrahumain.
1) C'est sous un calicot géant portant la mention « Mission accomplie » et barrant les superstructures du porte-avions nucléaire USS Abraham que le 43e président des États-Unis prononça le 1" mai 2003 un discours retentissant annonçant la fin en Irak des « opérations de combats majeures » mais non l'achèvement de « la guerre au terrorisme ».
2) Michael Ledeen, rédacteur de la néo-conservatrice National Review, fut le conseiller pour les affaires internationales de Karl Rove, éminence grise jusqu'à sa démission en 2007 du président G.W. Bush. Ledeen occupe la « chaire de la liberté » au sein du think tank American Enterprise Institue où il œuvre aux côtés de Richard Perle. Ancien collaborateur des services secrets américains, israéliens et italiens, son nom est associé à l'attentat qui fit en 1980,85 morts à la gare de Bologne dans le cadre de ce qui s'est appelé la « stratégie de la tension », laquelle visait à barrer la route du pouvoir au PCI. Il est également l'un des membres fondateurs du Jewish Institutefor National Security Affairs et consultant du cabinet de relations publiques Benador Associates, grands spécialistes du viol des foules par la propagande de masse.
3) Au total ce sont vingt nations qui se coaliseront successivement pour gérer la paix impossible d'Irak où la situation devient rapidement intenable. Notons que ni la France, ni le Canada, le plus proche allié des États-Unis, ne participeront à une guerre qu'ils peuvent a posteriori se féliciter d'avoir évitée... et à une occupation incomparablement plus coûteuse en vies humaines et en exactions de toutes sortes que ne l'aura jamais été l'occupation allemande en Europe de l'Ouest. Les échelles de classement dans la barbarie seraient décidément à revoir !
4) Selon les sources l'évaluation du nombre de victimes irakiennes varie de 1 à 10. Wikileaks s'appuyant sur ses interceptions de données militaires américaines fait état de 109 032 morts : 60 % des décès concerneraient des civils, soit 66 081 personnes. Quelque 23 984 insurgés, 15 196 membres des forces gouvernementales irakiennes et 3 771 autres membres de la coalition complètent ce sinistre tableau. En octobre 2006 cependant, la revue médicale britannique de renommée internationale, The Lancet, évaluait le nombre de morts irakiens dus à la guerre à 655 000. Celle-ci avait comparé les taux de mortalité dans les foyers interrogés en 2006 à des chiffres officiels de 2003. D'autres bilans font monter le nombre de morts au-delà du million, ainsi l'Institut de sondage britannique Opinion research était parvenu à évaluer le nombre de morts entre mars 2003 et août 2007. Remarquons que les pertes subies par les contractants, personnels civils armés, ne sont pas répertoriées.
5) Le 25 mars 2003, l'ancien inspecteur de la Commission d'enquête des Nations unies pour le désarmement, et ancien officier du corps des Marines, Scott Ritter, déclare sur l'antenne de la radio TSF : « Les États-Unis vont quitter l'Irak la queue entre les jambes, sur une défaite. [...] À chaque fois que nous affrontons les troupes irakiennes, nous pouvons gagner quelques batailles tactiques, comme nous l'avons fait pendant dix ans au Vietnam, mais nous ne serons pas capables de gagner cette guerre, qui est à mon avis perdue ». Jugement vérifié même si Ritter s'est trompé quant au calendrier de la débâcle. Ce "patriote", comme il aime à se présenter, eut le courage de révéler que, lorsqu'il œuvrait au sein de l'Unscom - United nations spécial commission dont il a démissionnée en 1998 voir supra -, il y œuvrait pour le compte conjoint de la CIA et du Mossad israélien.
6) À la fin du premier semestre 2009, le nombre de contractuels travaillant en Irak pour le compte du Pentagone est estimé à 132 610, soit l'équivalent en nombre de soldats américains déployés. Afin de faire la lumière sur les fraudes massives étant intervenues dans les contrats attribués par le Pentagone en Afghanistan et en Irak, un rapport officiel du 7 juin 2009 rédigé par une Commission bipartite - Commission on Wartime Contracting in Iraq and Afghanistan associant Démocrates et Républicains - avance le chiffre de 250 000 pour les personnels contractuels - mercenaires - présents sur les deux fronts. En Afghanistan, les 68 197 mercenaires sont aussi nombreux que les hommes sous l'uniforme ! Le recours au mercenariat ayant au demeurant été dopé par l'élection du Prix Nobel de la Paix, Barak Obama.
7. Si la violence est en baisse après le pic sanglant des années 2006 et 2007, les attentats, les exécutions sommaires et les enlèvements restent fréquents dans le pays : en novembre 2011,187 Irakiens, dont 112 civils, 42 policiers et 33 soldats ont trouvé la mort lors d'attaques ; le mois précédent ce sont 258 personnes qui avaient perdu la vie dans des circonstances analogues. -
Crise ou coup d'Etat - Entretien avec Michel Drac
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Le “père” de l'avortement légal en Grande-Bretagne met en garde contre la légalisation…
Il s'appelle Lord David Steel, libéral. C'est lui qui, en 1967, a donné leur forme aux lois autorisant l'avortement en Grande-Bretagne, on l'appelle même leur « architecte ». A l'heure où l'Irlande s'apprête à prévoir elle aussi des situations où il sera légalement possible de mettre fin à la vie d'enfants à naître, il a fait des déclarations surprenantes, presque comme des regrets. « Je n'avais jamais envisagé qu'il y aurait autant d'avortements », explique-t-il à propos de la loi britannique qu'il a fortement contribué à adopter, prévoyant la dépénalisation jusqu'à 28 semaines dans diverses situations.
Une loi qui permettrait aux femmes de réclamer un avortement sur la foi de cases cochées sur un formuaire serait « très difficile à mettre en œuvre », a-t-il averti : c'est pourtant la voie envisagée pour les cas de danger pour la vie de la mère et éventuellement en cas de menace de suicide de la femme enceinte qui repose encore plus sur ses déclarations subjectives (ou opportunistes).Lord Steel le dit tout net : « Je crois que ce serait une erreur d'essayer de fixer une loi pour l'avortement pour les catégories comme le suicide ou le viol. »Pourquoi ? Parce que sans de telles catégories, on arrive déjà à quelque 200.000 avortements par an en Grande-Bretagne, soit une grossesse sur cinq. Pourtant la loi britannique ne prévoit pas l'avortement pour raisons sociales… Niamh Ui Bhriain, responsable du Life Institute en Irlande, commente : « Ce que l'expérience britannique nous apprend, c'est que la légalisation de l'avortement pour cause de (risque) de suicide conduirait à l'abus massif de la loi. En Grande-Bretagne, la plupart des avortements sont pratiqués pour des raisons sociales – mais la justification officielle de la mise à mort de l'enfant est le risque pour la santé mentale de la mère. »On sait aussi qu'aujourd'hui en Grande-Bretagne un tiers des avortements sont pratiqués sur des femmes ayant déjà subi un avortement, et un nombre croissant de femmes en sont à leur cinquième avortement… Toujours selon les critères supposés restrictifs de la loi.« Il semblerait qu'on soit en train de faire l'erreur en Irlande d'essayer de définir les circonstances où chaque avortement pourra être pratiqué et c'est là un chemin à parcourir qui est sans espoir », a déclaré Lord David Steel, cité par l'Irish Independent.Lord Steel reste personnellement favorable à l'avortement mais semble préférer un loi qui ne crée pas d'emblée une sorte de droit automatique à l'intervention… Cela n'en fait pas un « pro-vie », loin s'en faut, mais souligne tout de même le fondamental danger des lois systématiques qui est de faire exploser le nombre d'avortements.Niamh Ui Bhriain rappelle à cette occasion que de 1992 à aujourd'hui, pas un seul avortement sur une femme irlandaise pratiqué en Grande Bretagne n'a eu pour cause la nécessité de « sauver la vie de la mère ».En Angleterre et au Pays de Galles, depuis 1967, seuls 143 avortements (sur plus de 6 millions) ont eu pour motif la volonté de « sauver la vie de la mère » ou de l'empêcher de « subir un dommage grave sur le plan physique ou mental » (voir ici). -
Où vont nos sous quand on crache au bassinet ?
EN PLEINE CRISE, POUR NOEL, ALORS QUE TOUS LES FRANCAIS SE SERRENT LA CEINTURE, ILS SE PRENNENT 20 MILLIONS D’EUROS DE PRIMES !
● AYRAULT
Budget primes : 5 850 000 €
nombre de membres de son équipe : 456
Soit 12 829 € en moyenne par personne● VALLS
Budget primes : 1 547 532 €
nombre de membres de son équipe : 252
Soit 6 141 € en moyenne par personne● TAUBIRA
Budget primes : 983 000 €
nombre de membres de son équipe : 169
Soit 5 817 € en moyenne par personne● TOURAINE
Budget primes : 878 408 €
nombre de membres de son équipe : 64
Soit 13 725 € en moyenne par personne● MONTEBOURG
Budget primes: 679 058 €
nombre de membres de son équipe: 57
Soit 11 913 € en moyenne par personne● BELKACEM
Budget primes: 552 001 €
nombre de membres de son équipe: 47
Soit 11 745 € en moyenne par personne● MOSCOVICI
Budget primes : 730 304 €
nombre de membres de son équipe : 67
Soit 10 900 € en moyenne par personne● FABIUS
Budget primes : 1 091 082 €
nombre de membres de son équipe : 150
Soit 7 274 € en moyenne par personne● DUFLOT
Budget primes : 580 950 €
nombre de membres de son équipe : 57
Soit 10 192 € en moyenne par personne● PEILLON
Budget primes : 616 000 €
nombre de membres de son équipe : 61
Soit 10 098 € en moyenne par personne● Lebranchu,
Budget primes : 543 636 €
nombre de membres de son équipe : 55
Soit 9 884 € en moyenne par personne● Fioraso,
Budget primes : 564 000 €
nombre de membres de son équipe : 58
Soit 9 724 € en moyenne par personne● Lurel
Budget primes : 552 347 €
nombre de membres de son équipe : 63
Soit 8 767 € en moyenne par personne● Aurélie Filippetti,
Budget primes : 642 710 €
nombre de membres de son équipe : 91
Soit 7 063 € en moyenne par personne● Sapin
Budget primes : 500 291 €
nombre de membres de son équipe : 75
Soit 6 671 € en moyenne par personne● Fourneyron
Budget primes : 541 770 €
nombre de membres de son équipe : 53
Soit 10 222 € en moyenne par personne● BATHO
Budget primes : 900 720 €
nombre de membres de son équipe : 173
Soit 5 206 € en moyenne par personne● LE FOLL
Budget primes : 370 457 €
nombre de membres de son équipe : 75
Soit 4 939 € en moyenne par personne● PINEL
Budget primes : 466 268 €
nombre de membres de son équipe : 39
Soit 11 956 € en moyenne par personne● Bricq
Budget primes : 454 052 €
nombre de membres de son équipe : 38
Soit 11 949 € en moyenne par personne● Le Drian
Budget primes : 967 238 €
nombre de membres de son équipe : 158
Soit 6 122 € en moyenne par personneSource JDN cliquez ici
via Synthèse nationale -
Histoire : Les premières prévisions économiques
1941: en pleine guerre, étaient publiées au Royaume-Uni les toutes premières prévisions économiques modernes. Cette étude portait sur le calcul de la croissance du PIB, améliorant ainsi les bases de l’analyse empirique économique.
Les auteurs du rapport, James Meade et Sir Richard Stone, recevront tous deux le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques (équivalent du Prix Nobel d’économie), l’un en 1977 et l’autre en 1984.
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Guillaume Bernard : le populisme pourrait conduire à une recomposition de la droite
Maître de conférences à l'ICES (Institut Catholique d'Etudes Supérieures à La Roche sur-Yon), Guillaume Bernard a, notamment, codirigé l'ouvrage « Les forces politiques françaises »(1).
Monde et Vie : Existe-t-il sinon des types d'homme du moins des valeurs de droite distinctes de celles de gauche ?
Guillaume Bernard: De récentes enquêtes d'opinion ont confirmé que certaines valeurs pouvaient être identifiées comme des marqueurs de droite (l'ordre, la nation, le mérite) ou de gauche (la solidarité, la tolérance, les services publics). Il en va de même pour les préoccupations. En dehors des angoisses communes - comme le chômage -, les sympathisants de droite s'inquiètent plutôt de l'insécurité, ceux de gauche plutôt des inégalités sociales.
Le clivage droite-gauche est donc une réalité ?
La majorité des Français (environ 60 %) le considèrent comme dépassé, cette position étant dominante depuis le milieu de la décennie 1980. Et pourtant, de trois quart à 80 % d'entre eux acceptent de se positionner à droite ou à gauche. Ainsi, le clivage droite-gauche est-il un critère de classement relatif, mais psychologiquement intégré et électoralement efficace. Il n'est cependant pas le seul, ni même le plus pertinent pour analyser la composition des forces politiques françaises. Doctrinalement parlant, les lignes de fracture passent plus au sein même de la gauche (acceptation ou non de l'économie de marché) et de la droite (acceptation ou non du multiculturalisme) qu'entre elles.
Le référendum de 2005 sur le traité établissant une constitution pour l'Europe a montré qu'il existait une véritable opposition entre modérés (plus ou moins de droite ou de gauche) et extrêmes (effectivement de droite ou de gauche), étant précisé que le fait de se trouver, à un moment donné, dans une position extrême sur l'échiquier politique, ne signifie pas nécessairement que l'on est idéologiquement extrémiste.
Historiquement, qu'est-ce que la droite ?
Il est communément admis - depuis René Rémond - qu'il a existé, depuis la Révolution française, même s'ils sont inégalement distribués selon les époques, trois courants concurrents de droite : la droite traditionaliste (contre-révolutionnaire, catholique sociale), la droite autoritaire (bonapartiste, gaulliste) et la droite libérale (orléaniste). La première a toujours été de droite tandis que les deux autres ont glissé du centre à droite. C'est ainsi que, à la fin du XIXe siècle, la droite réactionnaire a été repoussée à l'extrême droite. De nos jours, ces étiquettes sont difficilement utilisables, ne serait-ce que parce qu'aucun des partis classés à droite n'incarne à lui seul une tendance doctrinale. Plusieurs classifications ont donc été proposées : elles distinguent généralement les droites libérale, conservatrice (ou morale) et protestataire (ou nationale).
Faut-il comprendre qu'il n'a quasiment jamais existé une droite mais toujours des droites ?
Oui. Car, depuis deux siècles, la vie politique française connaît un mouvement « sinistrogyre », selon l'expression d'Albert Thibaudet : les nouvelles tendances politiques apparaissent par la gauche de la scène politique, ce qui provoque un glissement vers la droite des idées et des organisations nées antérieurement à gauche. Entre le XVIIIe siècle et la fin du XIXe siècle, le libéralisme est passé de gauche à droite. Le radicalisme a connu le même mouvement, le faisant évoluer de l'extrême gauche au XIXe siècle au centre-gauche ou au centre-droite au XXe siècle.
Ce mouvement de fond est-il toujours à l'œuvre ?
La chute du mur de Berlin a, semble-t-il, mis un terme à cette évolution. Toutefois, cela ne signifie pas qu'il n'y ait pas, encore, une domination dans le monde intellectuel et médiatique des hommes se réclamant d'une des idéologies de gauche. Mais, le renouvellement de ces dernières est comme au point mort : lorsqu'elles apparaissent prétendument nouvelles, comme l'écologisme, il s'agit surtout d'une présentation rénovée d'idées souvent anciennes (le malthusianisme). À l'inverse, il semble que la novation vienne de la droite avec ce qu'il est convenu d'appeler, faute de mieux, le populisme qui s'épanouit partout en Europe. Cette tendance a composé, comme l'a analysé Dominique Reynié, un discours réunissant une défense des patrimoines matériel (le niveau de vie) et immatériel (le mode de vie). En réussissant à rassembler des électeurs venant de droite et de gauche, le populisme peut être le déclencheur d'un mouvement dextrogyre, repoussant vers le centre et la gauche les organisations de droite modérée. En France, cela pourrait conduire à une recomposition de la droite, passant par une refondation de partis unissant des tendances appartenant, à ce jour, à des organisations distinctes.
Peut-on se dire, sans schizophrénie, libéral en économie et conservateur d'un point de vue culturel et social ?
Le libéralisme repose sur le principe qu'il n'existe pas de valeurs en soi, mais uniquement par la rencontre des volontés. Par conséquent, il paraît plus que délicat de combiner une authentique philosophie libérale avec la défense des corps sociaux naturels (famille, nation). En fait, l'incompréhension dans ce domaine vient d'une confusion entre le libéralisme et l'hostilité à la bureaucratie et au fiscalisme : or, la seconde n'implique nullement l'adhésion au premier, de même que la défense d'un Etat fort et protecteur n'est pas synonyme de collectivisme.
On entend dire que Nicolas Sarkozy a « droitisé » son discours tandis que Marine Le Pen l'a, au contraire, « gauchi » ; qu'en pensez-vous ?
La nécessité pour tous les partis d'être des organisations « attrape-tout » se traduit par la coexistence en leur sein de « sensibilités » différentes et une segmentation du discours électoral. Les partis ne s'adressent plus à la nation en général, ni même à un milieu social déterminé (prolétariat, bourgeoisie), avec un programme d'ensemble. Ils visent des types d'individus identifiés par leurs faiblesses ou leurs inquiétudes. Le discours devient donc modulaire : au fur et à mesure d'une campagne, les offres idéologiques peuvent se succéder sans qu'il y ait forcément la recherche d'une cohérence. Raisonner en terme de doctrines est, électoralement, obsolète. La campagne de Nicolas Sarkozy de 2007 en est une parfaite illustration. En outre, les mots sont souvent polysémiques : l'identité nationale, par exemple, renvoie-t-elle à l'idée d'un corps social ayant une identité propre au-delà de ceux qui le composent (d'où l'exigence d'assimilation des étrangers), ou à celle d'une société dont l'identité n'est que le résultat de la somme des parties qui y coexistent (d'où l'acceptation du multiculturalisme) ? Une habile imprécision permet à chacun de trouver son compte dans le discours électoral.
Nicolas Sarkozy vous paraît-il être un homme de droite ?
Le candidat Sarkozy est, du moins, un homme de la synthèse des droites. Il y puise certaines idées et références. Cela permet de réconcilier des tendances concurrentes, parfois hostiles. Mais cela présente le risque de réduire la pensée de droite à un « PPDM » (plus petit dénominateur commun).
Avec Marine Le Pen, le discours du Front national a-t-il changé ?
Les fondamentaux restent les mêmes. Le discours du FN s'articule autour de la dénonciation d'une triple insécurité : physique et matérielle (délinquance), économique (mondialisation) et culturelle (immigration). Certains semblent regretter que la candidate de ce parti ait édulcoré les positions de la droite extrême en matière de mœurs. Mais, en termes purement électoraux (et non doctrinaux), elle ne prend pas de risque inconsidéré car, d'une part, les cathos « tradis », qui sont a priori plutôt réactionnaires, ne représentent qu'un poids électoral infime ; et, d'autre part, les cathos « modernes » se prononcent majoritairement pour des forces politiques m rées. La question de fond est de savoir, ce que j'ignore, si elle adapte son discours par stratégie ou par conviction.
Un pronostic pour les prochaines présidentielle et législatives ?
Les droites sont très largement majoritaires mais l'anti-sarkozisme, par hostilité ou par déception, est susceptible d'empêcher un candidat de droite de gagner la présidentielle. Par conséquent tout est possible, y compris, pour le vainqueur de la présidentielle, s'il s'agit du Président sortant une cohabitation ou, du moins, une majorité parlementaire relative.
Propos recueillis par Jean-Pierre Nomen monde & vie. 24 mars 2012
1). Guillaume Bernard, Les forces politiques françaises, Paris, PUF, 2007