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  • L'État proxo

    Vendredi, jour du poisson et des morues. L'intérêt que portent les nouveaux maîtres du pays à nous peser fiscalement sous toutes les coutures a quelque analogie avec l'orgueil du propriétaire, courant les champs de coton monté sur son grand cheval noir, à mesurer l'ampleur du présage. Une classe politique que nous avons créée nous a mis en culture. La force avec laquelle elle défend ses positions retranchées des réalités qu'elle compte pérenniser en tirant le sang des pierres, s'apparente à du proxénétisme. La remise en perspective de la loi des 75% en est la preuve. On prend souvent la facilité de dire qu'au-delà de cinquante pour cent d'impôt sur le revenu des ménages, on entre dans un régime de type communiste. La soviétisation avérée de la République française depuis la Libération l'autorise. Le prédécesseur de François Normal, qui penchait plutôt pour les néo-cons, s'en était ému au point de limiter les contributions directes de chacun à la moitié de ses revenus. Le chiffre se calculant après clôture de l'année fiscale, il arrivait que certains contribuables se voient rembourser un trop-perçu, ce qui enrageait tous ceux qui ne heurtaient pas le dit-bouclier, se gardant bien d'expliquer aux "pauvres" que le "riche contribuable" avait quand même donné la moitié de ce qu'il avait gagné. Qui se souvient que l'impôt sur le revenu fut décrété en 1914 pour améliorer les finances d'un Etat qui faisait face à l'accumulation des périls mais que sa progressivité fut contestée alors au motif qu'elle risquait de rétablir au bas de l'échelle sociale les privilèges supprimés en haut lors de la réforme fiscale de la Révolution (Marcel Marion¹). Nous y sommes en plein. Comme le disait JC Maitrot, « le contribuable veut que l'État lui épargne des charges financières trop lourdes, mais de manière paradoxale, le citoyen (qui est aussi contribuable) entend voir accroître les prestations dont il pourra bénéficier, prestations fournies par les personnes publiques et financées par l'impôt ». Tant que le citoyen reste contribuable direct, ce paradoxe demeure un frein à la pression fiscale de l'Assemblée nationale. Quand il ne l'est plus - et la moitié des ménages ne contribue pas à l'IRPP - la population en jachère met en coupe réglée la population en culture par la simple règle démocratique, un homme, une voix.

    Les perspectives financières de l'année commencée sont mauvaises d'où qu'on les tire. Les anticipations du gouvernement qui ont servi à établir le taux de prédation de l'Etat pour l'exercice budgétaire sont fausses, et les rentrées fiscales insuffisantes à dépenses constantes. S'ajoute à ce constat comptable, le drainage nié des contribuables les plus riches vers l'étranger et celui, moins effectif en termes de rôle, des jeunes entrepreneurs qui partent abriter leurs espérances sous des cieux accueillants. Fureur des proxénètes qui voient le trottoir s'éclaircir. Faudra-t-il se résoudre à terminer les subventions, les fromages, les niches, les privilèges et exonérations, et tout ce qui s'apparente à du vol légal ? On prend au travail les disponibilités nécessaires à l'entretien des oisifs et des assistés qui représentent un capital électoral considérable qu'il est avisé de transformer en clientèle. Ce capital ne diminue pas - on pensait même l'accroître par le vote étranger - et le disponible rétrécit en conséquence d'une politique hostile à la valeur ajoutée. Alors que faire ? Fermer les frontières ? Lancer la police fiscale dans les présumés paradis fiscaux pour y débusquer les émigrés ? Saisir leurs biens et les vendre à l'encan comme biens nationaux ? Ce serait loger la classe politique en châteaux comme les métayers de l'Ancien régime. Déchoir les absents de leur nationalité française ? Idiot, c'est impossible, même pour la pourriture carcérale. Reste à séquestrer l'épargne résidente. Nul n'y songe ? Alors qu'on entend régulièrement tel haut-fonctionnaire, tel ministre mettre en face de la Dette la masse épargnée par les ménages ?

    On pense aussi taxer à l'américaine toute l'assiette fiscale où qu'elle se trouve au taux national, sous déduction des contributions versées à résidence selon convention bilatérale ad hoc. Pour éviter la capitation universelle des ressortissants français, il serait avisé au-delà d'un certain niveau de réussite de laisser tomber sa nationalité française ou d'en prendre une seconde. Certains l'ont fait avant Gérard Depardieu, l'idée est en chemin dans le milieu expatrié et la défaisance serait générale si une telle mesure de rétorsion passait au Palais Bourbon. Bon vent et réciproquement, la patrie s'emporte dans son coeur ; outre le fait que ses contours peuvent ne pas coïncider avec les limites de l'Etat qui l'exploite, il n'est pas besoin d'un passeport pour s'en assurer. Quand donc les hommes politiques s'exileront-ils à leur tour, laissant derrière eux leurs prébendes et l'appel à l'impôt qui les finance ? On pourrait peut-être s'en occuper ! Aux Kerguelen toujours ! L'État-nation n'a plus grand avenir quand il dévore son peuple. Toute l'histoire nous le montre.
    http://royalartillerie.blogspot.fr/
    (1) «La progressivité épargne des millions de citoyens pour en accabler quelques milliers». Cette progressivité risquait de rétablir au bas de l'échelle sociale les privilèges supprimés en haut et de rompre alors avec l'esprit révolutionnaire de 1789 (l'article excellent et complet sur l'impôt de 1914 ici).

  • Oscars 2013 : propagande en perspective

    Le 24 février prochain se tiendra la traditionnelle cérémonie des Oscars, qui récompense pour leur qualité les « meilleures » productions cinématographiques sorties depuis l’édition précédente. Si par hasard on était tiraillé par le suspens de cette 85ème édition, pas de panique ! Comme pour les élections présidentielles, les médias, en s’appuyant sur des « expertises » à la partialité indiscutable, nous indiquent qui seront les favoris dont on pourra trouver, du coup, le succès tout à fait normal.

    En l’occurrence, comme nous en informe Le Figaro [1] , il est important d’applaudir à l’avance deux productions tout juste sorties aux États-Unis et qui arriveront en France fin janvier : Lincoln, de Steven Spielberg, et Zero Dark Thirty, de Kathryn Bigelow. Les deux films ont en effet été hautement distingués récemment par le New York Film Critics Circle, une association journalistique américaine de critiques de cinéma.

    Sommes-nous donc face à des monuments d’originalité ? Pas si sûr… Une bonne recette qui marchait hier marche encore aujourd’hui, et si l’on regarde les teasers de ces deux opus qui nous seront bientôt servis sur un plateau doré, on peut s’attendre à des messages de fond qui donneront une impression de déjà vu…

    Ainsi, Avec Lincoln, Spielberg semble garder ses habitudes de révision manichéenne de l’histoire à la sauce mondialiste. Au cours des dernières décennies, il nous a déjà longuement exposé, dans des séquences pleines d’émotion dont on ne peut que reconnaitre la qualité cinématographique, le passé dégueulasse des peuples occidentaux, affreux génocidaires sans pitié, ignobles esclavagistes assassins. Cette haine viscérale, qui bien sûr est propre aux Blancs européens, est servie en grosse portions fumantes, jusqu’à nous en donner des nausées, dans La Liste de Schindler (1993) et Amistad (1997). [2]

    On remettrait donc le couvert avec Lincoln : le teaser nous fait comprendre immédiatement que l’on aura droit à une illustration audio-visuelle à nous faire péter la rétine de la version officielle et romancée de la guerre de Sécession : elle se résumerait à une lutte entre les forces du bien, supporters cosmopolites de l’égalité et de la liberté, et les méchants sudistes, salauds esclavagistes, sorte de nazis de l’époque, avec comme seul et unique question centrale : l’esclavage. On ne peut que regretter (sans s’étonner) que les analyses alternatives sur la guerre de Sécession ne soient pas autant promues que les productions de Spielberg... [3]

    Le film raconte donc l’épopée tragique du président Abraham Lincoln, qui a dirigé les États de l’Union pendant la guerre et surtout (on comprend que cela sera le point central du film) qui a fait accepter le 13ème amendement, supprimant l’esclavage. Ce film biographique sur le célèbre président, qui a en outre beaucoup supporté la cause de la communauté juive outre-Atlantique [4], garantit succès, honneurs et bon pactole pour Steven.

    À coté de cette détermination à épicer le film à grandes pincées de propagande au mépris de toute honnêteté historique, on peut imaginer que le choix du titre, lui, a fait l’objet d’hésitations comiques. Dans ce type de production biographique, le prénom est en effet généralement préféré au nom, afin de mettre en évidence le côté humain derrière le personnage historique. Ici, on a visiblement évité de prendre le prénom. Et oui, Il s’agit d’un film de divertissement, enfin ! Et seulement ! Inutile de jeter le doute avec ce prénom à connotation biblique !

    Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow semble être sur une autre méthodologie, plus subtile. Apparemment, il s’agira de nous raconter la traque d’Oussama Ben Laden, baptisée ici « la plus grande chasse à l’homme de l’histoire » (rien que ça…). Tout comme pour Démineurs (2008), on peut s’attendre à une stimulante ambiance « d’immersion » et à un fond apolitique de façade. Seulement là, les journaux frétillent autour de ce film, qui s’annonce très controversé car il montrerait... la torture dont auraient fait usage les services américains pour parvenir à leurs fins [5]

    Ah ! C’est incroyable ! De la torture pratiquée par des services secrets ! Quelle horreur ! Comment cela est-il possible ? A-t-on vu un jour une chose pareille dans l’histoire ?! Quelle subversion, quelle provocation que d’en parler !

    Ce qui est bien avec cette tartufferie, c’est qu’on en oublierait presque d’autres questions qui se posent sur cette affaire d’attentats du 11 Septembre et de Ben Laden débusqué, dont la dépouille, aux preuves matérielles restées « confidentielles » [6] a été balancée à la va-vite en haute mer. Pas certain, cependant, qu’un film traitant de ces vraies interrogations, sources de débats qui pourtant font rage, loin du box office, serait en bonne position pour un Oscar….

    Bref, Hollywood nous apparaît comme un véritable nectar du mensonge de la démocratie contemporaine. Le 7ème art d’aujourd’hui prétend ne proposer que du « divertissement » ou, au pire, de « l’information » et de la « sensibilisation ». Les deux exemples cités, tout comme le long historique d’Hollywood, nous prouvent pourtant que toutes ces images, ces sons, ces scènes d’émotions, en bref ces mélanges sensoriels percutants, qui pénètrent en force dans l’esprit amorphe du spectateur d’aujourd’hui (qui, en France, passe plus de trois heures par jour devant la télévision et va en moyenne quatre fois par an au cinéma) sont porteurs de nombreux messages.

    Ces messages sont facilement lisibles : depuis la culpabilisation à outrance des peuples enracinés jusqu’à la promotion du nomadisme, du transgenre et du cosmopolitisme en passant par des nouveautés comme l’anti-islam, Hollywood est décidément bien l’exposition condensée de l’idéologie mondialiste. Par l’impact de sa propagande audio-visuelle, elle en est aussi le moteur.

    Il serait tant souhaitable que le Français éteigne la « téloche » et arrête d’aller entretenir son diabète en se gavant de pop corn au cinéma, car par son consentement passif se réalise la destruction de sa civilisation, et s’organise des interventions militaires meurtrières en Orient. Ces souffrances, ce sang versé comme toujours pour l’intérêt des mêmes et assumés de force par d’autres, ça ne sera pas dans un film à sensation au Pathé du coin. Ça sera pour de vrai.

    http://www.egaliteetreconciliation.fr

    Pour un autre cinéma, visitez la DVDthèque de Kontre Kulture :

    Notes

    [1] http://www.lefigaro.fr/cinema/2012/12/04/03002-20121204ARTFIG00463—zero-dark-thirty-et-lincoln-recompenses-a-new-york.php

    [2] Voir l’analyse de David Duke au sujet d’Amistad : http://www.youtube.com/watch?v=_tfDcyODfUw.

    [3] Voir par exemple l’excellent article de Christian Boucher : http://www.voxnr.com/cc/di_antiamerique/EFpAZkAAplvyvGDxRW.shtml.

    [4] Voir http://www.aish.com/j/f/Abraham_Lincoln_and_the_Jews.html (lien en anglais).

    [5] http://lci.tf1.fr/cinema/news/zero-dark-thirty-polemique-autour-de-l-utilsiation-de-la-torture-7739585.html

    [6] http://www.cbsnews.com/8301-503544_162-20059739-503544/obama-i-wont-release-bin-laden-death-photos/

  • Pourquoi le Québec, l’Écosse, la Flandre et la Catalogne ne seraient-ils pas indépendants…

    C’est quand même Charles de Gaulle (ex-président français) qui s’est exclamé le 24 juillet 1967 à l’hôtel de ville de Montréal : « Vive le Québec libre ! »
    C’est aussi la communauté internationale qui a immédiatement reconnu l’indépendance du Monténégro après le référendum de mai 2006 et cela, selon le principe de l’autodétermination des peuples à disposer d’eux-mêmes.
     Que l’on se rappelle aussi en France du référendum le 8 février 1962 qui accorda l’indépendance à l’Algérie…
     Quant au Kosovo, partie de la Serbie depuis le XIIème siècle, il s’est proclamé unilatéralement indépendant le 17 février 2008 et a été légitimé par plusieurs États de l’Union européenne, dont la France, et par de nombreux autres États comme les USA.
    Ce pays, de 11.000 km2 et de 2,2 millions d’habitants aurait-il plus d’influence ou de poids économique que la Catalogne (32.000 km2 et 7,3 millions d’habitants), que la Flandre (13.000 km2 et 6,7 millions d’habitants) ou que le Québec (1.600.000 km2 et 8 millions d’habitants).
    Et ne parlons pas du PIB par habitant ! Kosovo = 2.700€ ; Monténégro = 3.000€ ; Malte = 20.000€ ; Québec = 26.000€ ; Ecosse = 28.000€ ; Catalogne = 31.000€ ; Flandre = 33.000€.
    Pourquoi encore refuser aux uns ce que l’on a accordé aux autres ?
    Ces régions qui aspirent à leur autonomie totale seraient-elles vouées aux abîmes si elles proclamaient leur souveraineté ?
    Est-ce que la désolation, la récession et les faillites ravageraient ces contrées dès leur indépendance ?
    Pourra-t-on encore longtemps affirmer que l’Écosse, la Catalogne, la Flandre ou le Québec n’ont aucune raison de se séparer d’un État centralisateur et omnipotent ? Que ces nations auraient moins de justification d’exister que des pays comme Malte, la Slovénie, la Macédoine ou le Monténégro ?

    Assez d’hypocrisie : les Flamands, les Écossais, les Québécois et les Catalans méritent eux aussi leur souveraineté !

    http://www.francepresseinfos.com/

  • Le désert rural a bien été planifié par les Chambres d'Agriculture

    L'intervention, au dernier congrès de la Coordination Rurale, de François Lucas, son ancien président et aujourd'hui son vice-président, mérite une attention particulière. Il présenta en effet l'essentiel d'un rapport commandé par le ministère du Plan en 1988, peu diffusé par ses auteurs, et que des manifestants de la Coordination découvrirent lors d'une occupation un peu musclée des locaux de l'APC A, en septembre 1992. Pour Lucas s'y trouve développé en fait « le volet agricole du Xe Plan 1989/1992 » avec les lignes de force de ce qui deviendra la sinistre Politique Agricole Commune. Dans un premier temps le rapport fut transmis par le gouvernement français au Commissaire européen à l'Agriculture, Ray Me Sharry, lequel l'imposa aux autres pays européens pour en faire la PAC 1992. « Ses auteurs, explique-t-il, sont un agglomérat de hauts fonctionnaires de l'Agriculture et de très hauts dignitaires du syndicalisme agricole et de ses épiceries : Mutualité, Crédit Agricole, ANIA (Association nationale des Industries Alimentaires) etc. », avec en maître d'œuvre l'APC A, organe directeur des Chambres d'Agriculture, et son président d'alors, Louis Perrin. « Parmi ces personnalités, déguisées en agriculteurs, on trouve : Luc Guyau, ancien président de la FNSEA puis de l'APC A, actuel directeur du conseil de la FAO. Philippe Mangin, président du syndicat mastodonte qui représente les coopératives agricoles de France. Henri Jouve, président d'une des principales MSA, celle d'ArdècheIDrôme/Loire. Etc. »
    Ce rapport, « privilégiant par-dessus tout le choix d'une agriculture orientée vers le marché », aboutit le 23 décembre 1988 sur le bureau du ministre au Plan Lionel Stoléru, ancien président de la Chambre de Commerce France/Israël. On doit déjà à cet apparatchik UDF de triste mémoire les lois qui ouvrirent la France au déferlement migratoire, lorsque, entre 1978 et 1981 il était en charge du ministère des Travailleurs manuels et immigrés dans le gouvernement Barre 3.
    Ces lignes de force expliquent évidemment l'effondrement - planifié - d'une agriculture qui jusqu'à ce que l'Europe apparaisse avait été florissante.
    Parmi les plus décisives, celle qui consista à faire de « l'agrandissement des propriétés nécessaires à la compétitivité une nécessité », fut sans doute la plus nocive. Vingt-cinq ans plus tard et un millions de paysans en moins, elle est toujours d'actualité.
    Affirmant que les 2 ou 3 principaux pays producteurs suffiraient, à l'horizon 2000, pour nourrir l'ensemble de la population européenne, les auteurs du rapport, rappelons le, placés sous la tutelle des Chambres d'Agriculture, brandirent la menace d'une surproduction impliquant la nécessité structurelle d'exporter ainsi que celle de satisfaire les Industries Agro-Alimentaires (IAA) au risque que celles-ci n'aillent s'approvisionner ailleurs. On voit donc clairement esquissé le schéma global qui, un quart de siècle plus tard, a délibérément enchaîné les agriculteurs résiduels aux géants multinationaux et à la mondialisation agro-alimentaire placée sous le signe des exportations généralisées.
    La chose est d'autant plus scandaleuse, et François Lucas le fait très justement observer, que « la soi-disant surproduction européenne n'est qu'un excédent d'importations. L'Europe des Douze de cette époque-là manque de 7 millions d'hectares pour pouvoir être auto-suffisante ».
    D'où cette affirmation figurant dans le Rapport en page 53, à la fois aberrante et
    criminelle, surtout avec le recul des 25 dernières années : « L'Uruguay Round - qui précéda la dévastatrice OMC -,est à la fois une chance à saisir et un défi à relever si on veut mettre fin aux déséquilibres des marchés, abandonner une guerre commerciale stérile et asseoir l'avenir de l'agriculture sur des bases solides ». Bien entendu ces trois affirmations sont parfaitement oiseuses et ne sont que le résultat de la détestable politique mondialiste poursuivie depuis des décennies par les Eurocrates. Ce que souligne Lucas dans un commentaire judicieux : « Il faut se souvenir que, le 20 septembre 1986, François Guillaume, ministre de l'Agriculture et ex-président de la FNSEA a signé les Accords de Punta del Este qui lancent cet Uruguay Round responsable de tous nos maux ». On ajoutera ici que Guillaume, tiers-Mondiste et mondialiste actif, fut pendant 14 ans député gaulliste et haut responsable RPR, parti auquel il avait rigoureusement inféodé la FNSEA. Mais lui n'hésita pas, lorsque, à l'occasion des législatives de 1997, il fut très menacé sur sa gauche, à se rapprocher du Front National.
    François Lucas ne manque jamais une occasion de proclamer bien fort qu'il n'a pas les mêmes valeurs que le Front National. Espère-t-il rallier ainsi les suffrages, dont il a grandement besoin, d'électeurs qui pensent très exactement le contraire de ce qu'il dit ?
    Et c'est bien dommage parce qu'une partie de son discours ne peut que ravir la majorité des paysans. Surtout lorsqu'il martèle que « le credo des auteurs de ce rapport, c'est celui d'une agriculture compétitive qui ne retrouvera une raison d'exister que lorsqu'elle saura produire que le moins cher. En embrassant le mythe de la vocation exportatrice de l'agriculture européenne, ils ont empoisonné notre métier ». Nous ne pourrions mieux dire.
    P. A. Rivarol du 11 janvier 2013

  • La CGT bloque encore toute réforme en France

    Ce 10 janvier à Paris, dans une large indifférence de la population, une délégation de la CGT organisait ce qu'elle appelle un rassemblement régional devant le siège du Medef. Les permanents de la vieille centrale stalinienne apparaissaient flanqués de ceux de la FSU Fédération syndicale unitaire de l'Éducation nationale et de Force ouvrière. Bernard Thibault en fin de mandat participait comme vedette américaine à ce non-événement.

    En cette occasion, annonçait courtoisement l'Humanité : "une initiative sonore et originale sera organisée sous les fenêtres du Medef sur le thème : Le Medef veut casser le code du travail ; les salariés vont lui casser les oreilles." (1)⇓

    Ces mouvements syndicaux regroupent essentiellement des fonctionnaires et des personnels à statuts, mais ils prétendent lutter contre la précarité. Cela peut paraître d'autant plus curieux que les contrats de courte durée représentent une très faible partie des effectifs salariés du pays, et que les syndicats ne s'en préoccupent guère.

    Or, le but de la manœuvre d'intimidation ne contient aucune part de mystère. Dans les dernières 48 heures d'une négociation sur les contrats à durée déterminée, que la gauche voudrait taxer, il s'agit non seulement d'empêcher toute évolution vers ce qu'on appelle la flexisécurité mais d'enrayer tout processus de réformes dans l'économie française.

    Déjà le 13 décembre, la CGT avait annoncé (2)⇓ qu'elle tendrait à bloquer tout accord, à empêcher que le Medef signe un texte avec 2 ou 3 syndicats plus responsables. Ceci toujours au nom de la défense des précaires.

    Or, sur ce sujet la plupart des commentateurs agréés, les un en clair-obscur, les autres en demi-teinte, enrichissent la longue histoire de la langue de bois.

    Les commentaires des journalistes autour de la phase actuelle de ces négociations sur le marché du travail nous contraignent donc aujourd'hui à rappeler certaines évidences. Tant pis si cela amène à enfoncer ce que l'on peut tenir pour des portes ouvertes.

    Aucune réforme ne sera possible avec la CGT pour des raisons essentiellement historiques : on se refuse à remettre en cause un certain héritage étatiste.

    On le fait remonter aux déclarations du 1er octobre 1944 par De Gaulle à Lille : "la collectivité c'est-à-dire l'État doit prendre la direction des grandes sources de la richesse commune". Très rapidement une première vague s'abattait sur le pays. Le 15 novembre 1944 le gouvernement procédait à la confiscation des usines Renault. Le 13 décembre étaient publiées les ordonnances nationalisant les Houillères du Nord et du Pas-de-Calais.

    L'institution de la IVe république allait aggraver et accélérer le processus. Le 13 novembre 1945 De Gaulle avait été élu président du gouvernement provisoire à l'unanimité des 555 députés ; 10 jours plus tard, il annonçait la nationalisation prochaine du crédit et de l'électricité. Son équipe comprend alors 22 ministres dont 5 communistes.

    Or, le 18 janvier 1946, un projet de loi n° 300 relatif au "monopole et à la nationalisation de l'électricité et du gaz" était présenté à l'Assemblée constituante par Marcel Paul. Ministre de la production industrielle ce militant communiste agissait "au nom de Monsieur [sic] Charles De Gaulle président du gouvernement provisoire". Mais deux jours plus tard, le 20 janvier, le général démissionnait.

    Après son départ, il ne faudra pas moins de 15 projets successifs pour que la loi de nationalisation de l'électricité et du gaz soit votée le 28 mars ; elle sera publiée au JO des 8-9 avril.

    Il se trouve que la principale bataille fut livrée par les communistes et par la CGT dont ils venaient de prendre le contrôle. Ils parviendront alors à transformer cette "direction par la collectivité c'est-à-dire par l'État" (De Gaulle dixit) en vaste centre de privilèges syndicaux. Et c'est seulement le 22 juin que sera publié au Journal Officiel le décret portant sur le "statut national du personnel des industries électrique et gazière".

    Marcel Paul imposera la marque du parti communiste et de la CGT : c'est la sanctuarisation de privilèges professionnels que l'on retrouve à la SNCF et chez les fonctionnaires. Le statut de ces derniers remonte à Maurice Thorez, secrétaire général du parti communiste et ministre de la Fonction publique en 1946.

    Or, aucun des statuts, pas plus que le statut du fermage datant de la même année, n'a jamais été remis en cause.

    La fatigue de plus en plus visible de l'équipe gouvernementale amène beaucoup de Français lucides à s'interroger. Rassemblée depuis mai-juin 2012 autour de Jean-Marc Ayrault la formule peut-elle durer ? On se demande dès lors ce que pourra être l'étape prochaine de la présidence Hollande. Et d'imaginer, au sein de la gauche, une franche rupture avec le parti communiste, une ouverture aux "centristes", un "tournant social démocrate" etc.

    Tout cela supposerait beaucoup de remises en cause et de changements. Difficile de croire que ceci se passera sans une grave mutation et sans une pression dramatique résultant de la dégradation de la situation économique. Le "capitaine de pédalo" s'en montrera-t-il capable ?

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

    Apostilles

    1. cf. "L'Humanité" du 8 janvier.⇑
    2. cf. AFP du 13 décembre 2012 à 15 h 38. La délégation CGT était ce jour-là conduite par le successeur de Thibault, le camarade Le Paon. ⇑
  • Notre Dame Des Landes : un nouvel arrêté fantôme ?

    Regardez bien ceci. Voici l’illustration à titre expérimentale de la conception socialiste du droit. Plus ça va, plus l’idéologie de la gauche républicaine se contente de puiser en elle même sa propre légitimité. Pas de liberté aux ennemis de la libertés disaient-ils en 1793, et voilà qu’aujourd’hui la gendarmerie sert l’arbitraire sectaire , comme elle le fit naguère en saccageant toute forme de vie dans le boccage breton et vendéen.

    Ces gens qui n’ont que les mots égalité et démocratie à la bouche ne connaissent , au nom de leurs concepts abscons, que la matraque comme mode de gouvernement. Souvenons nous en après le 13 janvier, car cette tendance totalitaire va s’étendre à tout le pays. (NDLR)

    Depuis le 30 novembre, la préfecture de Loire-Atlantique prend presque chaque semaine des arrêtés pour interdire le transport de carburants, d’explosifs et de produits inflammables sur les deux communes de Notre-Dame des Landes et de Vigneux-de-Bretagne, et de matériaux de construction sur certaines voies de la ZAD. A ces arrêtés s’ajoute depuis hier le retour en fanfare de la tactique des arrêtés-fantômes : ceux qui justifient l’action des gendarmes, mais qui ne sont pas publiés, donc ne peuvent être appliqués. Ou comment l’Etat « de droit » dérive dangereusement à Notre-Dame des Landes, zone de non-droit… juridique.

    Des arrêtés en ce sens ont été pris le 30 novembre, complétés par de nouveaux le 7 décembre, prolongés d’une semaine le 17 décembre, pris encore le 24 décembre http://breizhjournal.wordpress.com/... Leur délai courait jusqu’au 7 janvier. Ce jour-ci est donc sorti un nouveau recueil d’arrêtés, qui reprend les termes des arrêtés précédents et prolonge leur effet jusqu’au 21 janvier à 23h. [...]

    La suite sur Breizhjournal

    http://www.actionfrancaise.net

  • "Mariage pour tous" : Mots codés et fausses questions

    Le projet de loi sur le mariage des personnes de même sexe comporte de grands risques pour la société. Cette loi institutionnaliserait en effet une situation artificielle et confuse pour tous, même pour les familles ‘naturelles’, pour lesquelles le sexe des parents géniteurs serait nié, contre toute évidence, par les étiquettes de ‘parent 1’ (ou A) et parent 2’ (ou B).

    Ce serait une sorte de mensonge légal, préjudiciable au climat de clarté indispensable à l’éducation, et de mauvaise augure pour l’avenir de notre civilisation. De plus pour satisfaire le désir d’enfant de certains adultes, la loi priverait l’enfant soit d’un père soit d’une mère. Enfin, si elle allait jusqu’à la procréation médicalement assistée, la loi serait contraire à l’éthique en instrumentalisant la personne donneuse de gamètes et en gommant délibérément pour l’enfant à naître l’identité d’un de ses géniteurs biologiques. Présentée comme une ‘réforme de civilisation’ par le Garde des Sceaux, cette loi mérite donc un profond débat. Mais il est actuellement étouffé, car déclarer son opposition au projet de loi c’est très probablement s’exposer à être taxé d’homophobie : très peu se risquent donc à contester ouvertement le projet.

    Le projet de loi identifie par un même mot et gouverne par une même règle deux réalités de nature aussi différente que le mariage d’un homme et d’une femme, et l’union de deux personnes de même sexe. Or ces deux réalités sont fondamentalement différentes pour la société puisque la première produit les enfants qui formeront la société future, tandis que la deuxième est stérile. On ne peut donc éviter de se demander les implications à long terme d’une telle démarche.

    Pourtant, par un préjugé dominant, celui qui émet un doute sur le bien-fondé du projet de loi s’expose au jugement d’homophobie. Même dans les conversations privées, le débat est largement verrouillé, la cause est entendue : c’est une bonne loi, elle va dans le sens de l’égalité en supprimant des discriminations entre les couples. Et s’il n’était pas signe d’homophobie, un désaccord sur ce projet ne pourrait être que ringardise. Le sujet est donc pratiquement tabou. Il s’ensuit que l’opinion majoritaire des Français est inconnaissable. Rien ne prouve qu’en leur âme et conscience ils soient majoritairement favorables à ce projet et à la refonte correspondante du code civil. Mais, fort de sa majorité politique dans les deux chambres, le gouvernement peut faire passer le projet en très peu de temps, alors que rien ne presse pour réformer des centaines de paragraphes du code civil ! Si cela arrivait je songe à la civilisation dans laquelle évolueraient plus tard nos enfants et petits enfants, et cela m’empêche parfois de dormir. [...]

    par Odile MACCHI, de l’Académie des Sciences - La suite sur France Catholique

    http://www.actionfrancaise.net/

  • Bernard Lugan : « Le massacre imaginaire du 17 octobre 1961… » (Boulevard Voltaire)

    Face à la propagande concernant la manifestation algérienne du 17 octobre 1961 à Paris, laissons parler les chiffres. Ce jour-là, il y eut trois morts, mais le seul relevé dans le périmètre de la manifestation avait pour nom Guy Chevalier, retrouvé le crâne fracassé devant le cinéma Rex.

    [...] la seule victime retrouvée dans le périmètre de la dite manifestation étant française « de souche », une conclusion s’impose : le prétendu « massacre » d’Algériens du 17 octobre 1961 n’a pas fait le moindre mort algérien… Et pourtant, la gauche française organise chaque année une cérémonie à la mémoire de ces « martyrs algériens ». [...]

     

    Comment expliquer une telle manipulation ? Le montage, car il s’agit bien de cela, a réussi grâce à la mobilisation d’un lobby particulièrement actif appuyé sur des militants totalement immergés dans les cercles de pouvoir et d’opinion qui ont :

    1- Joué sur les dates, ajoutant des morts antérieurs et postérieurs à la manifestation du 17 octobre 1961.

    2- Comptabilisé des morts qui n’avaient aucun lien avec ladite manifestation.

    3- Inventé des noyades policières dans la Seine, attribuant à la police celles qui furent le fait du FLN. Ainsi, pour tout le mois d’octobre 1961, sur les 34 cadavres d’Algériens retirés de la Seine ou de la Marne, notamment aux barrages de Suresnes et de Bezons, puis conduits à l’Institut médico-légal, (la Morgue), la quasi totalité était des victimes du FLN.

    4- Inventé des cimetières clandestins et des charniers dont nulle trace n’a jamais été retrouvée.

    5- Manipulé les chiffres en additionnant les cadavres non identifiés reçus à l’Institut médico-légal au nombre des disparus et à celui des Algériens transférés administrativement en Algérie après qu’ils eurent été arrêtés le 17 octobre.

    6- Compté plusieurs fois les mêmes individus dont les noms furent orthographiés différemment.

    Les faits sont donc sans appel et pourtant, vautrée dans un ethno-masochisme devenu pathologique, la gauche française continuera inlassablement à commémorer un prétendu massacre et à exiger l’auto-flagellation nationale.

    Sans s’être le moins du monde documenté, comme lors de ses deux discours de Dakar et d’Alger, François Hollande a engagé la responsabilité de la France dans un massacre imaginaire, fruit de la plus grossière propagande. L’Histoire lui demandera donc des comptes.

    Boulevard Voltaire  http://histoire.fdesouche.com

  • Italie: pour Beppe Grillo, « Casapound, ça vaut mieux que Monti ! »

    ROME (NOVOpress) – Scandale en Italie après les déclarations de Beppe Grillo (photo), le très médiatique leader du mouvement « 5 Stelle »( 5 étoiles) parti populiste et « anti-système » qui occupe une place croissante dans la vie politique italienne.

    L’ancien comédien a en effet déclaré que « Casapound, ça vaut mieux que Monti » et que « un militant de Casapound pouvait entrer à 5 Stelle ».

     

    Ces phrases ont été prononcées à l’occasion d’un débat improvisé avec Simone Di Stefano le candidat de Casapound pour les élections régionales dans le Lazio. Les deux hommes politiques se sont en effet croisés devant le tribunal de Rome à l’occasion du dépôt des logos de leurs mouvements respectifs en vue de la campagne électorale.

    Au milieu des militants des deux mouvements et de nombreux journalistes, Beppe Grillo a également refusé de se définir comme « antifasciste » arguant que « c’était une problématique  qui ne l’intéressait pas ».

    Des propos qui ont immédiatement déclenché l’ire de l’extrême-gauche italienne dénonçant rageusement la « complaisance » de Beppe Grillo envers les « fascistes du troisième millénaire ».

    http://fr.novopress.info

  • Low intensity operations. Subversion, insurgency & peacekeeping (Frank Kitson)

    "Ce livre aux tirages confidentiels n'a jamais été traduit dans notre langue et nous n'en connaissons que cinq exemplaires dans les bibliothèques universitaires françaises (voir le catalogue SUDOC). De fait, la diffusion à un large public de ce texte pourrait à elle seule faire basculer des équilibres géopolitiques entiers." (Gouverner par le chaos)

    11 septembre 2001, attentat de la rue des Rosiers, profanations de Carpentras, affaire Mohamed Merah, affaire Breivik, tuerie d’Aurora, massacre de Raçak (voir B. I. n°138), génocide de Srebrenica (et d’autres), Kosovo, Libye, Syrie, Iran, et probablement tuerie de Newton, comme l’a sous-entendu l’ami Gendre… Toutes histoires qui ont en commun de puer l’intox au vu des rapports officiels comparés aux incohérences qu’elles manifestent. Des histoires banales de la guerre de quatrième génération, dite G4G, celle de l’information. Mais comme l’écrit l’auteur du présent livre, de bonnes communications permettent d’exercer une influence sur les événements. En d’autres termes, selon l’Ecole de Guerre Economique, la guerre est désormais cognitive, elle vise à contrôler la réalité construite par l’individu pour garantir la suprématie de l’intrigant.

     

    Le général Frank Kitson reste à ce titre l’une des figures de proue de la guerre cognitive, bien qu’aucun de ses ouvrages n’ait été traduit en français à ce jour. Sa doctrine découle de son expérience d'écrasement des révoltes anti-coloniales autochtones dans les pays occupés, qu'il consacra dans son manuel Low intensity operations. Subversion, insurgency & peace-keeping (1971), que l'on pourrait rebaptiser « Petit manuel pratique de la révolution colorée ». Le contexte géopolitique dans lequel écrit Kitson s’illustre par trois facteurs qu’il énonce : 1) l’Angleterre défendra ses intérêts nationaux, 2) elle ne pourra pas se contenter de l’isolationnisme. Depuis des siècles elle a dû agir pour survivre, ce qui reste valide aujourd’hui, 3) les pays doivent se battre pour défendre leurs intérêts, dans des limites qui excèdent leurs frontières géographiques. Si l’Angleterre s’allie aux Etats-Unis, leur alliance devra combattre où leurs intérêts seront menacés. Comment faire pour empêcher le pays-cible de se révolter (subversion & insurrection) ? Kitson propose le peace-keeping (maintien de la paix), appellation euphémisée de la contre-subversion. (1) Et à la lecture de son exposé, il est plus qu’aisé de comprendre que ce livre soit quasi introuvable.

     

     

    Précisons que la subversion, telle que définie par Roger Mucchielli, est une pré-progagande ou sub-propagande, « action préparatoire ou concomitante destinée uniquement à déconsidérer le pouvoir et à détacher de lui ceux qui auraient eu l'intention de le défendre en cas de péril. » (2) Intrinsèquement désymbolisante, elle cherche à détruire la Loi sous de faux prétextes, pour ensuite faire appel à d'autres valeurs au moyen de la propagande. La nouvelle configuration – asymétrique – du conflit détonne d'avec la guerre traditionnelle. Elle constitue désormais (« modern warfare ») un enclenchement (interlocking) d'actions dans les domaines politique, économique, psychologique et militaire. Déstabilisatrice, il s'agit d'une guerre de contournement destinée à atteindre l'objectif principal. Pour cela, les scénarios possibles doivent être anticipés, et il faut avant tout connaître les facteurs propices au déclenchement de la subversion et de l'insurrection, au nombre de trois : 1) changement de l'attitude des peuples envers l'autorité, 2) développement des techniques d'influence sur la pensée et les actions des hommes (littérature, télévision, avec diffusion de photos pour influencer l'opinion etc.), 3) limitation imposée dans les formes de conflit par la dissuasion nucléaire. Ce dernier principe est déterminant. La guerre a changé de nature. Roger Mucchielli précisait qu'auparavant, la guerre psychologique était l'auxiliaire de la guerre armée. Désormais, les rapports se sont inversés. La paix, note-t-il, n'est d'ailleurs qu'une appellation de la guerre psychologique, omniprésente même dans les pays alliés, et dont le but est la menée d'une guerre économique. De manière plus actuelle, Kitson nous permet de comprendre comment le mondialisme organise la contre-insurrection quand des patriotes s’insurgent contre l’ingérence de pays étrangers dans leurs affaires. Au cas où des naïfs penseraient encore que le false flag relève du délire…

     

    Plusieurs traits saillants émergent de la doctrine Kitson. Les agents de subversion doivent endoctriner et organiser le peuple (après une désorganisation préalable de sa structure sociale – tribaliser pour détruire). Si une cause n'existe pas, il faudra l'inventer (faux-débats style théorie du genre, faux-problèmes, etc.). Si elle existe mais n'attire pas assez, il faudra la modifier en conséquence. Et si une « bonne » cause existe mais a perdu de son attrait, il faudra la revivifier. Territoire et population doivent être maillés et infiltrés pour être subvertis. Kitson propose de créer un pseudo-gang (counter-gang) et de l'entretenir par des soutiens locaux, afin de lui faire infiltrer un véritable groupe ennemi – avec une histoire suffisamment crédible (selon l’illustration proposée par Kitson – voir diagramme de Kitson en annexe au bas de cette chronique –, dans des organisations subversives secrètes, nous trouvons des membres des corps politique, financier, propagandiste et enfin militaire). Pour précision, ce groupe ennemi peut être par exemple un gouvernement non-aligné, ou une association, disons Soros-sceptique. Mais la manière d'organiser la contre-subversion est aussi importante que l'opération elle-même. Il faut par exemple introduire un élément allié, tel un ambassadeur – voir le projet Rivkin (3) – pour s'assurer de la direction d'une politique conforme aux intérêts alliés. Les hommes-liges doivent être introduits dans les postes-clés pour agir sur la direction du pays en amont. En conséquence, l'usage de la force doit être restreint, qui plus est pour limiter la mauvaise image répercutée dans l’opinion mondiale, et les agents parvenus se doivent de réaliser les concessions promises pour ne pas être accusés de mauvaise foi.

     

    Le gouvernement colonial (allez disons sous contrôle Bilderbergo/Round Tablo/Commission Trilatéralo/Sièclo/Sionisto/Maçonnique) doit organiser sa propre propagande pour saper les fondements de la subversion qui s'oppose à lui. Ce procédé doit s’effectuer en trois temps : 1) Evaluations et appréciations doivent être faits par des hommes entraînés qui rapporteront leurs informations au gouvernement à divers niveaux pour la mise en place d’une politique adaptée, 2) cette politique prendra une forme spécifique via des media de propagande tels les films, émissions, articles de journaux, prospectus, etc., 3) cette propagande devra être diffusée grâce à tous les moyens techniques disponibles. Les agents d'influence créeront une réalité à laquelle ils feront adhérer le peuple, au moyen d’opérations psychologiques (ou psy-ops). En effet, Kitson note que les guerres subversives et insurrectionnelles se jouent en dernier ressort dans l’esprit des gens. On comprend mieux le rôle primordial joué par les media en tant que caisse de résonnance de la subversion pratiquée par l’Etranger. Par la désinformation (notamment l’image) et une habile ingénierie des perceptions, ces media de masse peuvent conditionner le peuple pour lui inculquer des idées subversives et s’en servir à point nommé (cf. le « choc des civilisations » ou la peur de l’extrême-droâââte). Sur le plan cognitif, il suffit de penser à l’hypothèse Sapir-Whorf sur l’interconnexion entre langage et pensée, l’un et l’autre se conditionnant mutuellement dans une cybernétique (la causalité circulaire stimulus-réponse). On obtient des glissements sémantiques novlangue où contre-insurrection et contre-subversion sont rebaptisées « défense intérieure et développement », tandis que le rétablissement de l’ordre est appelé opération de stabilisation. En outre, Kitson regrette que les gens écrivent rarement à propos de leurs mécontentements car il serait alors possible d’anticiper sur les menaces subversives. On comprend dès lors depuis plusieurs années l’explosion de la propagande en faveur des réseaux sociaux et des diverses formes de storytelling (4), afin de tenter de réduire progressivement l’incertitude à zéro dans les procédés d’essais-et-erreurs de l’ingénierie sociale.

     

    Des éléments autochtones (collabos) doivent par ailleurs être incorporés, recrutés car ils limitent la marge d'erreurs, étant natifs du pays et intégrés dans la culture locale. Kitson rappelle que l’utilisation d’étrangers durant l’épreuve de force en Malaisie fut en effet peu concluante. De préférence, ces autochtones doivent être jeunes (car plus malléables). Ils aideront à proposer une forme de propagande efficace pour agir contre l'ennemi. Ils aideront également à identifier les agents réellement subversifs (le rôle délateur des sacs à merde gauchistes), ce qui facilitera leur élimination, tandis que les subversifs  (prioritairement) non agressifs seront cooptés  / corrompus par le gouvernement et se feront ainsi les hérauts de la cause du colon, à l’instar du virus nécessaire au vaccin. En complément, Kitson promeut un dernier élément contributif de l’armée : la contre-organisation, où le gouvernement contrôle le peuple pour empêcher la subversion (la dissidence donc) de le faire, une démarche qui doit passer plus par l’action que par la propagande. Là où Kitson rappelle que le contrôle de la population algérienne s’est fait par l’armée française par l’introduction de cartes d’identité ou le marquage du bétail, nous avons droit aujourd’hui aux passeports biométriques et aux puces RFID, ou dans un autre style à l’instauration de luttes horizontales et au soutien du pouvoir aux erreurs génétiques que sont les racailles.

     

    En dernier lieu, la pacification peut se pratiquer par divers moyens d'influence et de pression. Le contrôle de l'information en fait partie, en s'assurant des amitiés et sujétions au sein des divers organes de presse. La pression économique est elle aussi un moyen de subversion (une certaine loi de 1973 ?). Dans les divers domaines, des organisations séparées sont utilisées pour opérer à différents niveaux de ce type G4G de la campagne militaire. Le tout sans oublier, bien entendu, de former l'ensemble du corps militaire aux opérations psychologiques pour les appliquer au moment opportun… (5)

     

    Au-delà de Low intensity operations, Michel Collon offre des éléments complémentaires qui parsèment les autres écrits de Kitson, non traduits en français eux non plus. Kitson est considéré comme le théoricien des attentats sous fausse bannière ou faux drapeau, dits false flags. Il s'agit de commettre un attentat terroriste, ou un massacre, ou toute autre action, qui sera attribué à l'ennemi afin non seulement de le discréditer aux yeux de l'opinion internationale mais également de légitimer une intervention et ainsi l'invasion d'un pays stratégiquement précieux. Ces false flags serviront de justificatif à une stratégie de la tension qui donnera au pouvoir les arguments légitimes pour se montrer répressif. Ceci entre dans une stratégie de la diversion comme la fabrication, poursuit Collon, d'une guerre de religions, et que le général Francart qualifie de « création d'incidents » : « créer une diversion, diviser une coalition, entraîner la confusion entre les unités d'un même camp, etc. » (6)  De faux documents, de type propagande noire, pourront être fabriqués pour servir les vues du gouvernement. La démocratie, explique Francart, doit entretenir le consensus sur le « sens significatif » (les faits) pour légitimer l'action entreprise et assurer la conviction du sujet collectif. La musique devra servir à attirer les jeunes avec un message faussement dépolitisé. Enfin, point qui apparaît le plus important à Michel Collon, Kitson promeut la mise en place et la popularisation de faux mouvements « spontanés », « présentés comme neutres et indépendants, en réalité financés et téléguidés afin de diviser et affaiblir le soutien au camp adverse. » (7) Cette méthode reste la plus actuelle dans les stratégies de déstabilisation d'un pays adverse. La pragmatique anglo-saxonne applique la propagande aussi bien aux pays amis qu'ennemis et cela même en temps de paix, précise Francart. Quant aux États-Unis seuls, révèle Didier Lucas dans La guerre cognitive, le Pentagone créa en novembre 2001 le Bureau d'influence stratégique, qui autorise la manipulation, la propagande et les opérations sous couverture dans les pays amis comme ennemis. La désinformation à l'égard des agences de presse y est encouragée (Reuters, AFP). Et si le bureau a été fermé parce que l'opération a été révélée au public, rien n'est cependant remis en cause dans ses fondements par l'administration américaine. (8)

    Concluons en notant qu'au vu des allégeances des membres de notre gouvernement (9), le changement, ce n'est pas maintenant.

     

    Notes :

     

    (1) Le peace-keeping selon Kitson : « preventing by non-warlike methods, one group of people from fighting another group of people. », p.4.

     

    (2) La subversion et l’insurrection selon Kitson : « Subversion, then, will be held to mean an illegal measures short of the use of armed force taken by one section of the people of a country to overthrow those governing the country at the time, or to force them to do things which they do not want to do. It can involve the use of political and economic pressure, strikes, protest marches, and propaganda, and can also include the use of small-scale violence for the purpose of coercing recalcitrant members of the population into giving support. Insurgency will be held to cover the use of armed force by a section of the people against the government for the purposes mentioned above. », p.3.

     

    Le général précise que les deux peuvent se dérouler en même temps et être soutenus par des pays étrangers (cf. les psy-op contre la Serbie, l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Iran, l’Ossétie du Nord, etc.). Selon Kitson, l’échec de la subversion entraîne un glissement vers l’insurrection.

     

    (3) Pour rappel : http://www.defrancisation.com/le-projet-rivkin-comment-la-mondialisation-utilise-le-multiculturalisme-pour-assujettir-des-nations-souveraines/

     

    (4) Le lecteur peut se reporter à Storytelling, de Christian Salmon. Egalement, le reportage tiré de son livre : Orliange (Anthony) & Salmon (Christian), Storytelling. La machine à raconter les histoires, 2009. Documentaire visible (trois vidéos) sur http://www.notre-ecole.net/le-storytelling-ou-lart-de-raconter-les-histoires/

     

    (5) Certes, concède Kitson, les opérations psychologiques représentent un danger pour la liberté, mais moindre comparé à la subversion et à l’insurrection d’une population. Ou comment justifier hypocritement l’état d’exception, Batman-CIA et Jack Bauer contre chaque Bane qui sommeille en nous.

     

    (6) Francart (Loup), La guerre du sens. Pourquoi et comment agir dans les champs psychologiques, p.286.

     

    (7) Collon (Michel), « Comment la CIA mène la « guerre psychologique » », http://www.michelcollon.info/Comment-la-CIA-mene-la-034-guerre.html, 6 mars 2008. Le lecteur peut également se reporter aux articles « Actualité des stratégies de manipulation de Gregory Bateson, ancien agent de l'OSS », Horizons et débats n°35, http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=2317, 13 septembre 2010 et Price (David H.), « Gregory Bateson et l'OSS : la Seconde Guerre mondiale et le jugement que portait Bateson sur l'anthropologie appliquée », Horizons et Débats n°35, http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=2316, 13 septembre 2010.

     

    (8) La guerre cognitive, pp.236-237.

    (9) Saluons le courageux Emmanuel Ratier : http://www.egaliteetreconciliation.fr/Gouvernement-Ayrault-au-16-mai-2012-12223.html

    ***

    Annexe : Diagramme de Kitson

    Diagramme de Kitson

    http://www.scriptoblog.com