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  • Enquête sur la droite en France : Laurent Dandrieu : « Nous sommes le parti du péché originel »

    Rédacteur en chef à Valeurs actuelles, Laurent Dandrieu est l'auteur de Woody Allen, portrait d'un antimoderne (CNRS éditions).

    Monde et Vie : Les notions de droite et de gauche ont-elles encore une signification ?
    Laurent Dandrieu : Droite et gauche sont des notions relatives, qui n'ont jamais constitué des blocs idéologiques hermétiques, cohérents et immuables : beaucoup d'idées passent de l'une à l'autre, s'y retrouvent dans des proportions et des combinaisons variables. Cette porosité donne régulièrement naissance à l'illusion qu'il n'y aurait plus ni droite ni gauche, et que les hommes de bonne volonté « des deux rives » pourraient se retrouver autour de « valeurs » communes, comme le souverainisme, la nécessaire régulation du capitalisme ou la conception méritocratique de l'école.
    Mais tous ceux qui ont tenté de jeter des passerelles entre droite et gauche ont toujours fini par revenir sur leur rive d'origine, leurs culottes passablement trempées, parce que ces passerelles ont fini par ployer sous le poids d'une réalité très lourde : c'est, au-delà des convergences particulières, la persistance d'une divergence fondamentale, qui est que droite et gauche n'ont pas la même vision de l'homme, et donc de la société.

    Au fond, qu'est-ce qui différencie, à vos yeux, la droite de la gauche ?
    On peut les différencier par la croyance ou non au péché originel.
    Nous autres, gens de droite, nous sommes le parti du péché originel, nous croyons que l'homme est et restera toujours un animal blessé, empêtré dans sa volonté de bien faire par sa constitutive faiblesse, et que le but de la politique est d'épauler cette faiblesse par des institutions fortes qui lui permettent, malgré elle, de construire et d'aller de l'avant.
    Pour la gauche, en revanche, l'homme est un être naturellement bon, qui tend par le sens de l'histoire vers toujours plus de perfection, la seule chose qui l'en empêche étant les archaïsmes du passé, dont il appartient à la politique de le libérer. L'homme de droite sait qu'il est un héritier et, comme disait Maurras, qu'il trouve en naissant dans un pays de civilisation infiniment plus qu'il n'y apporte : c'est ce trésor de civilisation que la politique se doit de protéger et de transmettre ; pour lui, la Tradition est la condition de tout progrès.
    L'homme de gauche, lui, refuse cet héritage car c'est l'avenir qui est porteur de bonheur et de liberté, non le passé qui nous enferme et nous limite : la politique, c'est rompre avec la tradition au nom du Progrès.

    Trouvez-vous dans les débats politiques actuels un écho de cette distinction fondamentale ?
    La question du « mariage gay » me semble fournir une bonne illustration de la façon dont l'utopie de gauche revient à nier le réel, et dont les visions antagonistes de l'identité structurent aujourd'hui l'affrontement droite-gauche. La gauche n'aime pas le réel, parce qu'il s'oppose à ses utopies libératrices. Le réel, si vous l'acceptez tel qu'il est, est d'abord une limite. Les chrétiens savent bien que le premier stade du progrès spirituel, c'est le réalisme, c'est-à-dire s'accepter tel qu'on est, avec ses défauts, ses blessures et ses faiblesses, ses « épines dans la chair » aurait dit saint Paul. Cette acceptation est douloureuse, mais finalement positive, parce que c'est elle qui nous permet de grandir et d'avancer. L'homme moderne, lui, est en perpétuelle révolte contre ses limites et cela l'entraîne dans un processus sans fin de dénégation du réel. C'est ainsi qu'on en vient à nier la différenciation sexuelle : à la distinction naturelle entre homme et femme, on prétend désormais substituer le genre, qui est une identité sexuelle non plus subie, mais choisie, et modifiable à l'infini.
    Cette détestation de son identité objective, conçue comme quelque chose qui enferme et non qui enracine, l'homme moderne occidental l'étend à la civilisation et à la société qui l'ont façonné. C'est l'origine de la fascinante haine de soi qui paralyse aujourd'hui l'Occident et de l'obsession de la repentance.

    Le libéralisme est-il de droite ?
    Dans la mesure où il fait primer la liberté sur tout autre impératif, notamment spirituel ou moral, je pense que non. Toute la difficulté de la droite est de concilier son conservatisme et son attachement aux libertés ; son refus du relativisme, sa croyance que certaines formes de société sont préférables à d'autres et donc le souci de fixer des cadres à l'activité humaine qui favorisent le bien commun, et sa volonté (en partie en réaction contre la tentation de la gauche de construire un homme nouveau, qui emprunte toujours des voies contraignantes) de préserver les libertés et le pré carré de la responsabilité humaine. Si je crois que cette défense des libertés est bien essentielle pour la droite, je redoute aussi avec Jean-Claude Michéa la pente naturelle du libéralisme qui est de détruire toutes le contraintes (voir le repos dominical) que le conservatisme sait être nécessaire. Surtout, le fond du libéralisme est un relativisme qui revient à nier à la société le droit de décider ce qui es bien et mal, et donc à laisser à chacun une liberté morale totale - fût-ce au prix de lois contraignantes. C'est tout le paradoxe du « mariage gay »

    Comment expliquer que dans un pays en constante droitisation, la droite soit en capilotade ?
    Par le fait que la droite n'est pas de droite. Ayant tourné le dos depuis des décennies à toute forme de réflexion, la droite est particulièrement vulnérable aux effets de mode, aux diktats médiatiques, aux injonctions « morales », à l’imprégnation par l'idée de gauche d'une évolution inéluctable de la société. Sarkozy puis Copé ont franchi un cap supplémentaire avec l'affichage cynique du fait qu'ils n'étaient pas là pour le bien commun, mais pour assouvir une ambition personnelle.
    L'échec final de la « ligne Buisson » est inscrit dans l'inanité de faire tenir à des responsables politiques un discours droitier qu'ils récitent sans y croire, et qu'a démenti toute leur pratique politique quotidienne.

    Comment la droite peut-elle se reconstruire ?
    Elle ne pourra le faire que par une reconstruction intellectuelle : mais il ne faut pas l’atteindre des partis politiques, que ces questions indiffèrent. Ce travail ne pourra venir que de la base.
    Propos recueilli par Hervé Bizien monde&vie

  • Retraite : Parisot veut reculer l’âge de départ

    La présidente du Medef met encore une fois sur la table la question d’une nouvelle réforme des ­retraites, mais dans un sens ­différent de l’exécutif.

    Bien qu’empêtrée dans sa tentative de modifier les statuts pour rester à son poste deux ans de plus, Laurence Parisotn’a rien perdu de sa détermination à faire «bouger les lignes», pour reprendre le slogan du programme présidentiel du Medef en 2007. Lors de sa conférence de presse mensuelle mardi, où elle est apparue fatiguée et les traits tirés, la présidente de l’organisation patronale a mis encore une fois sur la table la question d’une nouvelle réforme des ­retraites, mais dans un sens ­différent de l’exécutif. «Il est ­illusoire de croire que les difficultés sont derrière nous après la ­réforme de 2010», a ­martelé la ­patronne des ­patrons.

    Pour Laurence Parisot, les choses sont même presque aussi simples qu’en 2008 lorsqu’elle avait été la première à préconiser un recul de l’âge de départ à la retraite pour équilibrer à terme les régimes de retraite. Elle avait proposé de repousser le curseur jusqu’à 63 ou 65 ans, s’attirant alors les foudres de Nicolas Sarkozy au prétexte qu’une telle mesure ne figurait pas dans son programme de campagne. «Tous nos voisins ont choisi, à l’horizon 2035 ou 2040, de reculer l’âge légal de départ à 66 ou 67 ans, a-t-elle expliqué. On ne pourra pas résoudre les problèmes que nous connaissons avec des mesures du type de désindexation des pensions. Nous devons lancer le débat sur des orientations claires à moyen terme et la question de l’âge légal devra être reposée.»

     

    Un trou de 20 milliards

    Les mesures conservatoires à court terme, qui doivent être arrêtées par les partenaires sociaux pour sauver les régimes complémentaires de la banqueroute, ne suffiront pas. Le mal est plus global. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) l’a d’ailleurs clairement indiqué en décembre en chiffrant à 20 milliards d’euros le besoin de financement de l’ensemble des régimes en 2020. Et il devrait le refaire le 23 janvier en publiant un nouveau rapport, bien plus complet, sur «l’état des lieux du système français».

    La réforme à venir, en tout cas, ne pourra être que globale. Pour la présidente du Medef, l’âge de départ ne devra pas être la seule variable d’ajustement. «C’est une combinaison optimale entre recul de l’âge de départ et allongement de la durée de cotisation qu’il convient de trouver», assure-t-elle. Non sans souffler quelques orientations plus générales sur les dépenses sociales qui lui tiennent à cœur et qu’elle répète à l’envi dès que l’occasion se présente.

    «Je suis frappée de voir que le gouvernement n’aborde jamais la question, a-t-elle donc fustigé. François Hollande nous dit qu’il va devoir baisser de 60 milliards d’euros les dépenses publiques sur le quinquennat mais ne donne jamais les modalités ni les pistes pour y parvenir.» Pour elle, c’est pourtant on ne peut plus clair, la solution passe aussi par «une réforme du financement de la protection sociale, de l’Assurance-maladie».

    Le Figaro  http://fortune.fdesouche.com

  • Dénoncer le nouvel ordre moral ! (archive 2011)

    Entretien avec Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique
    La vingtième université d'été de Renaissance catholique a pour thème « Le nouvel ordre moral ». Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
    Parce qu'il nous semble qu'il se répand largement aujourd'hui une erreur selon laquelle il n'y aurait plus de morale. Cela n'est pas possible. En effet, toute société, dans la mesure où elle fait vivre ensemble des personnes aux aspirations et aux intérêts divers, a besoin pour des raisons pratiques de formaliser un certain nombre de règles plus ou moins arbitraires. L'archétype de ces règles arbitraires, sans incidence morale, est que sur les routes de France la circulation est à droite alors qu'en Angleterre, elle se fait à gauche. Si l'homme a toujours besoin de règles communes partagées pour vivre en société, il se trouve cependant qu'en l'espace de cinquante ans un changement complet de paradigme s'est opéré : on rougit aujourd'hui de la vertu, de la fidélité, de la tradition comme on rougissait autrefois de ses écarts de conduite. L'avortement légal et remboursé, la stérilisation de masse, la pilule contraceptive, le mariage homosexuel, l'euthanasie, le tri embryonnaire, la théorie du gender... sont devenus les nouveaux lieux communs de la bien-pensance contemporaine. Nous ne pouvions imaginer, lorsque ce sujet a été choisi en début d'année, que nous serions à ce point rejoints par l'actualité : si les débats sur les lois de révision de bioéthique étaient bien programmés, les démêlés judiciaires de Dominique Strauss-Kahn, les déclarations de Luc Ferry mettant en cause un ancien ministre, les manuels de SVT (sciences de la vie et de la terre) des classes de Première ne l'étaient pas.
    Il était de bon ton, à une certaine époque, de déclarer que tout était politique. L'affirmation selon laquelle tous nos actes ont une portée morale paraît plus fondée dans la mesure où la morale est étymologiquement ce qui a trait au comportement, aux mœurs. C'est dire l'importance et l'actualité de ce sujet. Le programme détaillé des conférences est indiqué ci-dessous.
    -  Vous parvenez  encore  cette année a opérer un mélange assez exceptionnel puisqu'au « noyau dur » de vos conférenciers habituels ou au moins réguliers (Philippe Conrad, Claude Rousseau, Jean Sevillia, Jacques trémolet de Villers...) viennent s'adjoindre de nouveaux intervenants  (Mgr Anatrella,    Laurent Dandrieu, Hugues Kéraly, Anne-Marie Libert..,).
    - Effectivement ! Il nous semble que concernant la formule d'une université pérenne dans le temps -nous en sommes à la 20e édition - il y a deux solutions : soit vous travaillez exclusivement avec une équipe fidèle qui partage toutes vos convictions, le risque étant de rapidement tourner en rond ; soit vous acceptez de faire appel à des compétences qui sur un sujet particulier vous paraissent avoir des réflexions intéressantes à transmettre. C'est clairement ce second choix que nous avons fait.
    -    Comment s'articule le programme de cette Université ?
    —    La conférence introductive sera prononcée par le professeur Claude Rousseau qui s'attachera à mettre en lumière  toutes  les conséquences du passage, dans le langage usuel, de la notion  de morale à celle d'éthique. Ensuite nos conférenciers traiteront de la manière dont a été détruite la morale traditionnelle et dans quels domaines les destructeurs de cette morale ont fait porter l'essentiel de leurs efforts : seront ainsi abordées  les  questions  de bioéthique, d'eugénisme, la promotion de l'homosexualité et la manière dont la lutte  contre le sida a été utilisée pour banaliser des pratiques que la morale traditionnelle  réprouve. Il nous est enfin apparu indispensable de consacrer une conférence à la manière dont l'ONU est un acteur majeur de la modification de la notion de famille, conçue comme l'union stable d'un homme et d'une femme ayant pour projet commun d'avoir et d'élever ensemble des enfants.
    Dans une seconde partie, nous nous attacherons à cerner quels sont les piliers de cette nouvelle morale : refus de toute discrimination, dictature du principe de précaution, utilisation de l'écologie comme moyen d'imposer un comportement identique à tous les habitants de la planète, objectif ultime du mondialisme, et diffamation de notre histoire nationale. Notre réflexion serait cependant incomplète si nous ne nous penchions pas d'une part sur les rapports de l'économie et de la morale, d'autre part sur ceux de la morale et de la politique sans omettre de mettre en exergue la manière dont les puissances médiatiques (presse, cinéma, télévision, publicité...) ont promu ces changements de paradigme.
    En conclusion, fidèle à la pensée de Benoît XVI et reprenant une partie des réflexions de notre ami Roberto de Mattei sur le sujet, je m'attacherai à montrer que, selon l'expression connue, « il n'y a pas plus sectaire qu'un libéral », et que ce relativisme généralisé engendre un système dictatorial sans équivalent à ce jour.
    En complément de ces conférences, deux témoignages nous semblent devoir intéresser les lecteurs de Présent. D'abord celui de Philippe Isnard, professeur d'histoire, de géographie et d'instruction civique au lycée de Manosque, qui vient d'être révoqué de l'Éducation nationale pour avoir animé un débat contradictoire, conformément à la loi, dans ses classes de lycée à propos de l'avortement. Il témoignera de la manière dont l'Éducation nationale impose une pensée unique totalitaire et mensongère aux élèves et aux enseignants (cf. l'entretien dans Renaissance Catholique n° 116, 6 euros franco).
    Ensuite, Adélaïde Pouchol viendra témoigner de la passionnante enquête, publiée par notre confrère l'Homme Nouveau, qu'elle a menée dans différents centres du Planning familial. En se faisant passer pour une jeune femme enceinte se posant des questions sur la poursuite de sa grossesse, elle a concrètement observé la réalité de cette institution qui a fait du droit à l'avortement libre et gratuit, selon le slogan « un enfant si je veux quand je veux », son cheval de bataille et fonds de commerce.
    Concrètement ?
    Cette Université se déroule du jeudi 14 au dimanche 17 juillet à Grand'Maisons (Villepreux, 20 km à l'ouest de Paris). Elle n'est pas réservée aux seuls adhérents de Renaissance catholique, mais elle s'adresse à toute personne de bonne foi désireuse de s'informer sur les sujets que nous traitons. Une garderie permet aux jeunes enfants d'être pris en charge pour la journée. Au-delà des conférences, ces journées sont également un temps fort de rencontres et d'échanges. Dans le domaine Spirituel, la sainte messe est célébrée tous les jours et nous nous réjouissons du nombre de prêtres de diverses communautés d'ores et déjà inscrits, six. Le père Argouarc'h de la Sainte-Croix de Riaumont nous accompagnera en pèlerinage à la collégiale Notre-Dame de Poissy où fut baptisé saint Louis. Une activité sportive est prévue pour les jeunes ainsi qu'une visite guidée du parc du château de Versailles.
    Nous restons fidèles à notre intuition originelle : éclairer les débats du présent à la lumière de la foi et de la raison, dans la fidélité à notre tradition nationale. En ces temps de désorientation générale, ces quatre journées de formation, de détente, de culture et d'amitié chrétiennes constituent notre contribution à la toujours plus nécessaire réforme intellectuelle et morale. Croire que le zapping sur internet peut remplacer la formation un peu suivie et la lecture serait une grave illusion...
    Propos recueillis par François Franc PRESENT  25 juin 2011

  • Les maîtres de la Contre-Révolution XVII. MAURICE BARRÈS

    Nous hésitions à placer Maurice Barrès parmi les maîtres de la Contre-Révolution, pour la bonne raison qu'il a toujours préféré chercher les moyens d'améliorer la République plutôt que de conclure à la nécessité de rétablir la monarchie. Toutefois nous ne pouvions passer sous silence ce penseur politique dont on a fêté le cent cinquantenaire en août dernier et qui a tant contribué à rendre aux Français conscience d'appartenir à une grande nation.
    Maurice Barrès naquit le 19 août 1862 à Charmes (Vosges) (1) Sa famille paternelle était originaire de la région de Saint-Flour en Auvergne, mais sa mère dont le père fut maire de Charmes, était bien implantée en Lorraine. Son premier "déracinement" fut son séjour au collège de La Malgrange, près de Nancy, où les chenapans ne se souciaient guère de respecter sa nature réservée ; il commença alors à se réfugier dans son « culte du moi ». Après le lycée puis la faculté de droit de Nancy, Barrès vint à Paris où sa vocation littéraire le poussa à multiplier les collaborations à différentes revues. En 1884 il en créa une, Les taches d'encre, où il exposa ses premières ambitions : « Notre tâche sociale, à nous, jeunes hommes, c’est de reprendre la terre enlevée, de reconstituer l'idéal français qui est fait tout autant du génie protestant de Strasbourg que de la facilité brillante du Midi. Nos pères faillirent un jour : c'est une tâche d'honneur qu'ils nous laissent. Ils ont poussé si avant le domaine de la patrie dans les domaines de l'esprit que nous pouvons, s'il le faut, nous consacrer au seul souci de reconquérir les exilés. » L'expérience n'eut que quatre numéros... mais le talent de Barrès, « son charme insolite et maladif » (Laurent Tailhade), était maintenant reconnu par la critique.
    SOUS L'ŒIL DES BARBARES
    En 1888, dans le premier volume du « Culte du Moi » (2), Sous l'Œil des Barbares, il démontrait que notre moi n'est pas immuable, qu'il faut le défendre et le recréer constamment : « Notre premier devoir est de défendre notre moi contre les Barbares, c’est-à-dire contre tout ce qui risque de l'affaiblir dans l'épanouissement de sa propre sensibilité. » Cet ouvrage allait lui attirer l'admiration de la jeunesse, Barrès fut même salué du titre de « prince de la jeunesse ». Maurras lut d'un trait ce roman inquiet, ironique et raffiné où Barrès se faisait l'écho de toute une partie de la jeune génération qui rejetait les fausses assurances du scientisme et la scène politique étriquée du radicalisme et de l'opportunisme : « Plus il m'était nouveau, plus il me semblait m'appartenir en propre, car j'y retrouvais tout ce que je voulais », devait écrire Maurras plus tard avec enthousiasme. Ainsi commença une amitié de trente-cinq années entre les deux hommes, jusqu'à la mort de Barrès. Cette amitié allait être marquée au signe d'une estime mutuelle et du sentiment de déférence de Maurras envers Barrés malgré leurs leurs divergences d’idées grandissantes…
    Dans le second volume Un homme libre (1889), il expliquait que selon ses principes, « Il faut sentir le plus possible en analysant le plus possible », ce qui lui fit accomplir une démarche proche de celle des contre-révolutionnaires et prendre conscience de son passé, dont il était le produit et, plus spécialement, de sa Lorraine natale : « C'est là que notre race acquit le meilleur d'elle-même. Là, chaque pierre façonnée, les noms mêmes des lieux et la physionomie laissée aux paysans par des efforts séculaires nous aideront à suivre le développement de la nation qui nous a transmis son esprit [...] En faisant sonner les dalles de ces églises où les vieux gisants sont mes pères, je réveille des morts dans ma conscience [...] Chaque individu possède la puissance de vibrer à tous les battements dont le cœur de ses parents fut agité au long des siècles. »
    LES DÉRACINÉS
    Suivirent les trois volumes du « roman de l'Énergie nationale », dont le premier connut le plus grand succès de librairie du début de XXe siècle : Les Déracinés (1897). Il fut suivi de L'Appel au soldat (1900) et Leurs Figures (1902) qui témoignent sur fond de campagnes électorales acharnées de l'évolution de Maurice Barrès, naguère anarchiste et même socialiste, vers le nationalisme et le traditionalisme. Élu à sa grande surprise député boulangiste de Nancy en 1889 à l'âge de vingt-sept ans, il s'engagea dans cette voie par passion et goût de l'action plus que par réflexion…
    Le « roman de l'Énergie nationale » visait à montrer la décadence de la France à travers le destin de sept jeunes gens, sept Lorrains, Déracinés, jetés sur le trottoir parisien le cerveau enfiévré d'une philosophie de l'impératif catégorique : ils allaient vite sombrer dans l'anarchisme. L'un d'eux, Sturel, qui incarnait un peu Barrés lui-même, crut s'en sortir en utilisant l'aventure du général Boulanger comme "stimulant" tandis que leur maître kantien, Bouteiller, était devenu député opportuniste et exécrait le mouvement boulangiste, mais le général fut trop pusillanime pour tenter de prendre le pouvoir au soir de l'élection triomphale du parti boulangiste du 29 janvier 1889, ce qui donnait à Barrès l'occasion d'exprimer son sentiment sur cette affaire qui ne fut qu'un feu de paille : tout près de devenir « le cerveau de la nation », Boulanger « défaille, faute d'une doctrine qui le soutienne et qui l'autorise à commander ces mouvements de délivrance que les humbles tendent à exécuter [...] l'indigence des principes empêche un programme positif ; le général Boulanger, tout au net, manque d'une foi boulangiste qui se substitue dans sa conscience à l'évangile dont vit le parlementarisme ».
    Barrès donc était en recherche d'une doctrine. Le troisième volet du « roman de l'Energie nationale », Leurs Figures, fut centré sur le scandale de Panama qui, en quelque sorte, confirmait la justesse de l'antiparlementarisme du boulangisme. Portraitiste redoutable et sans pitié, il dut constater qu'en septembre 1893, « dès l'instant que l'opposition avait écarté les moyens révolutionnaires et refusé d'exiger une dissolution, les parlementaires ne s'étaient plus inspirés que du "sauve qui peut !" ordinaire, devant les électeurs, ils s'entraidèrent ou se trahirent selon leurs convenances, qu'ils fussent de droite ou de gauche, intacts ou tarés ». Jamais Barrès ne fut aussi près de remettre en cause le système républicain.
    Il apparaît qu'il fut alors très près de Maurras. Pourquoi donc ne se rejoignirent-ils pas ? En 1888, Maurras n'était pas encore acquis aux grandes vérités de la monarchie. Mais ce fut pendant cette période, du temps de la fin lamentable du boulangisme et de la naissance des ligues, que les deux hommes furent les plus proches. En 1895, on demanda à Barrès d'animer un quotidien jadis boulangiste mais qui périclitait, La Cocarde ; pendant quelques mois s'y côtoyèrent des anarchistes, des socialistes de diverses tendances, des monarchistes et des républicains. Maurras y publiait des articles consacrés aux avantages politiques et sociaux de la décentralisation et du fédéralisme. Il allait réussir à convertir Barrès à ses idées sur ces thèmes, puisque, l'expérience de La Cocarde terminée, ils menèrent campagne ensemble au rythme de conférences et de brochures.
    Survint l'Affaire Dreyfus. Avec cette affaire qui ne lui semblait avoir que « l'intérêt grossier d'un roman feuilleton », Barrès vit tout de suite qu'on venait « d'engager des questions de vie ou de mort qui ne sont pas seulement de la littérature nationale, mais des faits de vie et de mort pour la nation ». Alors s'il douta toujours que Dreyfus fût innocent, il laissait à la justice militaire le soin d'en juger ; mais lui ne voulut pas laisser la parole aux détracteurs de l'armée, de la justice et de l'Église et, en dépit de ses amis du moment, dont Léon Blum, il opta pour le camp antidreyfusard. « Des intrigants politiques ont ramassé ce petit juif comme une arme, comme un couteau dans la poussière », il s'agissait pour Barrès de « conserver la France » tout simplement. Barrés et Maurras se rejoignaient dans une même analyse et dans la défense acharnée à protéger les bastions de la justice, de l'armée et de l'Église. Ils dénonçaient ensemble l'impuissance du régime parlementaire à préserver les institutions et à défendre la société.
    À la Ligue des Droits de l'Homme et aux pétitions des intellectuels dreyfusards s'opposa vite la Ligue de la Patrie française, voulant montrer que les intellectuels n'étaient pas tous du même côté. Le président d'honneur en fut le poète François Coppée, le président effectif le critique Jules Lemaître et le secrétaire général Louis Dausset. Barrès en fut le délégué ; dans un important discours du 10 mars 1899, il insistait sur la nécessité de « restituer à la France une unité morale, de créer ce qui nous manque depuis la Révolution : une conscience nationale » Il ajoutait : « Certes, une telle connaissance de la Patrie ne peut être élaborée que par une minorité, mais il faut qu'ensuite tous la reconnaissent et la suivent. »
    Pour Maurras, rallié à la monarchie dès 1896, lors de son voyage en Grèce, « l'Affaire Dreyfus » n'avait été qu'un épiphénomène de la décadence morale, politique et intellectuelle, où sombrait la France, ligotée par le régime républicain et les principes démocratiques. La Ligue de la Patrie française, dont Barrés avait été l’un des fondateurs, ne suivait point Maurras dans ses accusations contre le régime et ladite Ligue devenait une pompe à électeurs, avec pas plus de doctrine que le boulangisme.
    C'est alors que Maurras et quelques amis, pas encore tous royalistes, créèrent la Ligue d'Action française. Le 30 octobre 1899, dans un article du Journal, Barrès rappelait l'une de ses maximes favorites ; « Il n'y a aucune possibilité de restauration de la chose publique sans une doctrine », et il ajoutait : « Rien n'est plus pressant que des efforts méthodiques pour créer une discipline nationaliste, pour élaborer quelques idées maîtresses dont le manque fit profondément la faiblesse et la stérilité d'une magnifique convulsion telle que le boulangisme »
    Le moment sembla venu pour le Provençal de prendre au mot le Lorrain et il s'empressa de lui proposer de prendre la tête de l'Action française naissante : « Ce qui me paraît essentiel, c'est que vous deveniez intellectuellement des nôtres. Par des nôtres j'entends que vous ayez une place au milieu de nous et par exemple la première »
    Si l'on en croit Yves Chiron, son judicieux biographe, « avoir la première place à l’Action française pouvait séduire Barrès, affronter la redoutable dialectique maurrassienne devait l'effrayer (3)». Il garda toujours une certaine distance. Pendant des années il allait s'essayer à être le conciliateur entre la Ligue des Patriotes de Déroulède, activiste et plébiscitaire, la Ligue de la Patrie française, machine électorale sans programme, et la Ligue d'Action française, le plus durable des mouvements nationaux et le plus doctrinal. Mais jamais Barrès n'accepta le monarchisme de l'Action française (4) ; dans sa réponse à l'Enquête sur la monarchie, il disait refuser d'arrêter l'histoire avant 1789 et il ajoutait « Ne pouvant faire que ce qui nous paraît raisonnable soit accepté de tous, pourquoi ne tâchez-vous pas que ce que la majorité accepte devienne raisonnable ? » Ce qui revenait à proposer d'améliorer la République...
    « Moi qui suis la loi des choses », écrivait-il dans Sous l'Œil des Barbares..., sa subjectivité ne le quitta jamais. Il ne voulut jamais se soumettre aux lois de l'expérience, qui eussent limité le champ de son Moi. La logique et la raison chez Maurras, la sensibilité chez Barrès. Pendant trente-cinq ans, les deux hommes en débattront jusqu'à la mort de Barrès le 4 décembre 1923, à l'âge de soixante et un ans dans sa maison de Neuilly-sur-Seine, foudroyé par une crise cardiaque. Trois ans plus tôt, le 24 juin 1920, la Chambre des députés avait adopté son projet visant à instituer une fête nationale de sainte Jeanne d'Arc.
    Michel FROMENTOUX. RIVAROL 11 JANVIER 2013
    Voir Yves Chiron : Vie de Barrès. Ed. Godefroy de Bouillon ; 2000 Préface de Jean Madiran.
    Voir François Broche ; Maurice Barrès. Ed Jean-Claude Lattes 1987.
    Numéro de septembre 1986 de la Nouvelle revue de Paris, consacré à Barrès.
    La République ou le Roi, correspondance Barrès-Maurras. Ed Pion. 1965.

  • Henri Guaino (UMP) / printemps arabes : « Nous avons peut-être tous fait une erreur de jugement »

    Le député Henri Guaino (UMP), ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a évoqué une possible « erreur de jugement » sur les printemps arabes.

    « Tout cela a ouvert grand la porte aux mouvements islamistes »

    « Nous avons peut-être tous fait une erreur de jugement, en jugeant trop vite les printemps arabes qui ont déstabilisé » les pays, a concédé l’ancienne plume de Nicolas Sarkozy sur Radio Classique. « La suite de l’histoire n’est pas aussi belle qu’on pouvait le penser à l’époque ».

    « Ce qui se passe en Tunisie, en Egypte, en Syrie contribue évidemment à alimenter les mouvements jihadistes, à alimenter le désordre, déstructurer la lutte contre le terrorisme dans toute cette région. Tout cela a ouvert grand la porte aux mouvements islamistes », selon le député UMP des Yvelines.

    A propos de la Libye, M. Guaino a jugé que le pays était déjà « désagrégé bien avant que la France n’intervienne parce que c’est un Etat qui reposait sur des bases tribales et qu’une partie du pays, notamment du côté de Benghazi » faisait sécession, influencé par l’ »onde de choc » des révolutions tunisienne et égyptienne.

    Le Figaro

    NB : L’historien Bernard Lugan :
    « Ceux qui ont lancé la guerre contre le colonel Kadhafi étaient des irresponsables et je n’ai cessé de le dire depuis le premier jour. Outre qu’ils ont provoqué une réaction déstabilisatrice en chaîne, ils ont armé les jihadistes. Il faut en effet savoir que certaines des armes aujourd’hui utilisées contre nos soldats proviennent de nos propres arsenaux et qu’elles furent généreusement parachutées aux « démocrates » libyens chers à BHL. »

    Publié dans Maghreb, Monde, Politique, Proche-Orient, UMP 88 réponses

    Prise d’otages en Algérie : au moins 30 otages et 18 islamistes tués

    Addendum 18/01/13

    - Les forces de sécurité ont affirmé à l’AFP que « 18 terroristes », sur une trentaine, « ont été tués ». L’opération militaire se poursuit actuellement.

    - Féroce caricature dans « La Tribune de Genève » :

    Addendum 17/01/13

    Un Français parmi les activistes tués :
    Selon Reuters qui cite une source de sécurité algérienne, au moins onze activistes ont été tués dans l’assaut de l’armée algérienne, parmi lesquels figure un Français. Le Figaro

    - Au moins 30 otages auraient péri durant l’assaut, parmi lesquels 8 Algériens, 2 Japonais, 2 Britanniques, et 1 Français, selon une source algérienne citée par Reuters.

    - Parmi les 11 islamistes tués figurent 3 Égyptiens, 2 Algériens, 2 Tunisiens, 2 Libyens, 1 Français et 1 Malien, toujours d’après la même source. France 24

    - Fin octobre, depuis l’Elysée, François Hollande assurait :
    « En aucun cas, la France n’interviendra, elle-même, au Mali ».

    - « Nous tuerons les infidèles », disent les ravisseurs
    Les islamistes qui retiennent en otage depuis mercredi matin les employés d’un site gazier dans le Sahara algérien ont indiqué au personnel local qu’ils ne s’en prendraient pas aux musulmans mais qu’ils tueraient les otages « chrétiens et infidèles », raconte un Algérien ayant réussi à s’échapper. [...] Le Figaro

    - « Le groupe terroriste venait des frontières libyennes. » Ministre de l’Intérieur algérien

    - Alger critiqué après son assaut
    La Maison-Blanche est « inquiète », Londres regrette de ne pas avoir été prévenu et le Japon demande la fin de l’opération militaire. Le Monde

    - La prise d’otages se dénoue « dans des conditions dramatiques », déclare Hollande (i>Télé)

    - Impair du Quai d’Orsay ?
    La prise d’otage en Algérie serait potentiellement la conséquence d’un impair commis par le Quai d’Orsay . Pour des raisons de politique intérieure (sécurité), l’Algérie ne souhaitait pas que soit rendue publique l’autorisation de survol.

    - Un drone américain sur place
    Selon David Martin, correspondant de CBS News, un drone américain a survolé le complexe, donnant ainsi aux autorités américaines un aperçu de la situation.

    - Explosion entendue sur place
    La chaîne britannique Skynews évoque une importante explosion de gaz sur le site il y a environ une demi-heure. La cause n’est pas connue. Algérie360

    - 600 otages algériens libérés par l’armée (agence). APS / Le Figaro

    - 7 otages étrangers restaient vivants après l’assaut de l’armée selon ANI.

    - 4 otages étrangers ont été libérés par l’armée algérienne

    L’armée algérienne affirme avoir libéré quatre otages étrangers à la suite de son assaut, affirme l’agence officielle APS. Après l’assaut, l’armée contrôle totalement le site. Algérie360

    Hollande fait toute confiance à Alger

    François Hollande a confirmé jeudi la présence de Français sur le site algérien où des islamistes retiennent des otages, disant avoir toute confiance en Alger « pour trouver les solutions les meilleures ». Libération
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    34 des otages retenus sur le site gazier d’In Amenas par des islamistes et 15 preneurs d’otages ont été tués dans les frappes de l’aviation algérienne, affirme l’agence de presse mauritanienne ANI. Reuters / Le Figaro

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  • Contre le mariage homosexuel !

    La mobilisation continue.
    Nous devons être  plus de 4, 5 millions à signer cette demande, pour obtenir un vrai  RÉFÉRENDUM !
    Le gouvernement  annonce que la loi permettant aux personnes de même sexe de se marier, sera  votée début 2013.
    > > Certains sont  contre, d'autres pour. Mais combien exactement ?
    > > Le gouvernement  affirme que "l'opinion y est majoritairement favorable" mais ne s'appuie sur  aucune étude, aucun sondage. Comment savoir si comme le  gouvernement, vous pensez que l'opinion est effectivement favorable, alors  pourquoi pas un référendum ?
    > > Si au contraire,  vous ne voulez pas de cette loi, alors le référendum est l'unique chance de  faire entendre votre voix, l'unique chance de faire barrage à la proposition  de loi.

    >  Dans tous les  cas, donc, signez la demande de référendum populaire, prévu par l'article 11  de la constitution, en cliquant  sur :http://www.referendum-officiel.fr/ 
    > > 10% du corps  électoral (soit 4,5 millions de personnes) doivent signer cette demande. Ce  sera difficile, mais on peut y arriver si nous nous mobilisons tous en signant  la demande et en faisant suivre ce mail...
    Merci de penser à envoyer à vos contacts en utilisant le champ Cci

  • Pire qu'une “FEMEN” ! Une militante anti-avortement arrêtée aux Etats-Unis

    Une agression d'une rare violence a abouti, le 9 janvier à Huntsville, Alabama, à l'arrestation d'une femme qui prétendait exercer des pressions morales et psychologiques sur des femmes qui allaient pacifiquement utiliser les services de la clinique d'avortements de la ville. On peine à imaginer les conséquences graves de son geste sur la santé physique et mentale des clientes de la cliniques si elles avaient été directement victimes de cette attaque ; en l'occurrence, elle a frappé une manifestante pour le droit à l'avortement.
    Joyce Fecteau, 75 ans, s'était postée devant la clinique pour prier le 22 décembre dernier, en compagnie d'autres activistes. Non seulement elle était entièrement habillée, mais elle avait en outre la tête couverte et elle avait même omis d'expliquer son geste en criant des slogans, préférant un silence nécessairement coupable et méprisant et la récitation de prières. Dans un débordement de haine l'activiste a répandu de l'eau bénite sur le trottoir.
    (C'est dire l'agressivité de son geste, que l'on comparera à son détriment avec la manifestation « rigolote » des FEMEN à Paris contre une cortège anti-mariage gay. Les FEMEN, elles, avaient choisi de venir ensemble, témoignant d'un mouvement citoyen partagé, la poitrine dénudée pour marquer leur vulnérabilité, des inscriptions sur le corps pour rendre leur geste intelligible et des extincteurs à la main dont elles avaient aspergé de nombreuses personnes, y compris des enfants en poussette, en hurlant leur mal-être et leur désapprobation.)
    Par la suite Lisa Cox, qui à ce moment-là participait à une manifestation pro-avortement devant la clinique, a indiqué que Fecteau lui avait envoyé une « substance inconnue » dans la figure. « Cela aurait pu être de l'ammoniaque ou de la javel », a-t-elle déclaré en déposant plainte. C'était pire. C'était de l'eau bénite.

    Le 9 janvier, la police est venue identifier Joyce Fecteau qui était une nouvelle fois en train de prier, et elle a été promptement embarquée pour être dans la foulée inculpée du délit d'« harcèlement ». On peut voir comment elle a résisté aux forces de l'ordre vers la minute 5 de la vidéo mise en ligne notamment ici.

    Elle devait expliquer son geste par la suite en indiquant qu'elle avait été incommodée par l'odeur des substances brûlées par les manifestantes pro-avortement et que son médecin lui avait recommandé d'éviter d'inspirer les fumées dégagées, car elles la rendent malade. C'est pourquoi elle était venue armée d'un brumisateur permettant de répandre un peu d'eau – bénite en l'occurrence – pour protéger son visage. « Je ne peux pas dire si un peu de cette eau a été portée par le vent sur le visage de cette dame », a-t-elle déclaré à la presse.
    L'organisatrice de la manifestation pro-avortement, Pamela Watters, a indiqué qu'elle pensait l'agression sur Mme Cox délibérée. Ce que son groupe faisait brûler, a-t-elle précisé, c'était un fagot de sauge et d'autres herbes séchées volontiers utilisés dans les rituels New Age, païens ou chamanes. Tout autre chose que les gouttes d'eau de Fecteau, témoins de l'obscurantisme et de la superstition de cette dernière.
    Joyce Fecteau n'en est pas à son premier méfait. Cette mère de sept enfants, catholique bien entendu, a passé sa vie à apporter de l'aide matérielle et un soutien de compassion aux femmes tentées d'avorter pour les aider à choisir la vie. Kelly Manley, de Huntsville Right to Life, est même prêt à témoigner qu'elle a contribué à sauver des centaines de bébés et autant de femmes de la douleur de l'avortement, et qu'il n'est pas rare de voir l'une des femmes qu'elle a ainsi aidées venir la remercier avec émotion en la retrouvant lors d'une de ses fréquentes stations devant la clinique d'avortement.
    Une telle obstination mérite certainement la mobilisation accrue des forces de l'ordre.
    Cela dit, si vous n'êtes pas d'accord, sachez qu'une manifestation de soutien à Mme Fecteau se tiendra lors de son passage devant le juge, le 21 février prochain. Ai-je besoin de préciser qu'elle sera pacifique ? Alors si vous passez par là…

    © leblogdejeannesmits

  • La bonne Mémoire de Marion

    Le Front National prend l’Histoire de France dans son entier, ses pages sombres comme ses pages lumineuses. Jean-Marie Le Pen, Marine, Bruno Gollnisch, ses dirigeants l’ont expliqué et répété à de nombreuses reprises. Au discours  de Valmy prononcé en 2007 par l’actuel président d’honneur du FN et célébrant cette bataille symbole de la Révolution en arme,  faisait écho quelques mois auparavant l’hommage rendu par le Menhir aux Vendéens « victimes du génocide révolutionnaire, aux hautes figures de la chouannerie, les Charette, La Rochejaquelein ou Lescure », « aux  étendards éternels de la vieille France catholique et royale… »

    Une Révolution française qui fut aussi un drame pour notre pays avec sa fureur destructrice entraînant la perte  de joyaux inestimables de notre patrimoine,  les meurtres, les exécutions de masse de 90 000 Français dont des milliers de prêtres, une  immense majorité d’ouvriers et d’artisans qui ont été guillotinés.

    Sans oublier bien sûr les 200 000 victimes civiles de l’épuration ethnique des Colonnes infernales républicaines, paysans vendéens et  bretons , hommes, femmes et enfants exterminés. Comme le proclamait fièrement à l’époque le bourreau du peuple vendéen, le général Westerman : « il n’y a plus de Vendée, elle est morte sous notre sabre, libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer ».

    Bruno Gollnisch se félicite donc  que Marion Maréchal-Le Pen,  qui fait de nouveau pleinement honneur au mandat que lui ont confié ses électeurs, et au nom d’un Devoir de Mémoire bien légitime,  même s’il est  hélas trop  souvent mis à toutes les (mauvaises) sauces, ait déposé  une proposition de loi demandant « la reconnaissance du génocide vendéen de 1793-1794 ». Celle-ci a été enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale mercredi.

    Il est heureux que  plusieurs députés aient cosigné ce  texte. Non seulement  Véronique Besse et Yannick Moreau,  députés « non-inscrits » de droite, élus du département de Vendée, mais aussi les UMP Dominique Tian, Alain Leboeuf ,  Philippe Vitel, le chef de file de la Droite populaire Lionnel Luca et l’ancien secrétaire d’Etat aux Anciens combattants puis à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales,  Alain Marleix.

    En février 2008, Marguerite Lussaud, candidate FN dans le canton de Bourgneuf dans le pays de Retz, avait souhaité que « la mémoire des enfants victimes du génocide vendéen de 1793-1794 soit honorée de la même manière dans les écoles des territoires concernés ». « La République doit désormais reconnaître ses crimes, elle qui n’est jamais en retrait pour reconnaître ceux des autres (shoah, génocide arménien, etc.) ». Les victimes de cette terrible guerre civile doivent être  « réhabilitées, réintégrées dans la mémoire nationale »  affirmait-elle.

    Son vœu fut alors méprisé par les élus et les exécutifs de « droite ». Bruno Gollnisch le relevait lors d’un colloque de l’AEMN au Japon en 2010, les indignations des défenseurs des droits de l’homme et autres humanistes républicains sont souvent à géométrie variable : « Il y a les bons et les mauvais criminels de guerre».

    «  Les bons criminels de guerre, ceux-là qui sont pardonnés, sont les vainqueurs. C’est ceux qui ont bombardé et fait éclater sous des chaleurs de trois mille degrés les femmes, les vieillards, les enfants, de Hiroshima, de Nagasaki, de Dresde ou d’ailleurs. Ca, ce sont les bons. Et puis il y a les mauvais, qui sont dans le camp des vaincus. »

    Le Front National lui, se situe résolument dans le camp de la liberté et de la vérité.  Dans tous les domaines.

    http://www.gollnisch.com