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  • Lettre d'un Hommen à ses parents

     

    Hmn1De l'un d'entre eux : 

     

    "Papa, Maman, je suis Hommen !

    Il y a maintenant un an et un mois, un homme a été élu Président de la République. Cet homme avait un programme. Notre erreur fut de ne pas avoir examiné ses propositions suffisamment attentivement et de n’avoir pas réagi lorsqu’il était encore temps. En effet, dans son programme, il s’engageait à légaliser le mariage pour personnes de même sexe ainsi que l’adoption pour les personnes de même sexe. Il annonçait un premier pas dans la destruction de la famille.

    Cet homme, François Hollande a tenu parole. Il a tenu parole contre vents et marées, contre une opposition chaque jour croissante. Il s’est entêté dans cette proposition sans se douter qu’il réveillait une jeunesse qui s’était endormie, il s’est entêté sans se douter un seul instant que nos parents, eux mêmes endormis et silencieux depuis mai 68, malgré un sursaut en 1984 pour défendre l’école privée, allaient se lever fièrement, allaient nous être un soutiens précieux, afin que nous, la jeunesse nouvellement décomplexée de France, prenions notre avenir en main.

    Alors certes, tous ne se fit pas en une semaine. Il fallut que M. Hollande nous ignore pendant des mois et des mois, qu’il envoie M. Valls nous réprimer, pour que ce réveil soit profondément encré en nous. 

    M. Hollande en méprisant plusieurs manifestations d’une importance jamais atteinte sous la gauche, en affichant un certain dédain face à une pétition signée par pas moins de 700 000 citoyens français, en accélérant un calendrier législatif afin de court-circuiter l’opposition et en multipliant les arrestations arbitraires, les gardes à vues, les gazages de femme, enfants, personnes âgées, a certes divisé la France mais a aussi réuni toutes les générations. Oui M. Hollande vous nous avez soudé face à votre projet de loi.

    Dans cette union, chacun a du trouver sa place pour contester à sa manière votre projet de loi destructeur pour la famille. Mon choix a été celui de manifester sous l’apparence des Hommen. Ce choix vous a tout d’abord inquiétés. En effet, que peuvent faire quelques jeunes, torse nu, avec un pantalon de couleur, un masque et un slogan tagué sur le torse si ce n’est s’attirer des ennuis. Pour moi, ce choix se fit plutôt simplement. Ce code vestimentaire que l’on s’impose est nécessaire car il nous permet de parler en notre nom propre mais surtout au nom de chaque jeune, de chaque personne du peuple qui se reconnaît dans notre discours. Ce qui m’a attiré est cette universalité représentée. Mais on ne réalise vraiment ce que cela implique que lorsque l’on effectue sa première action, lorsque quelques minutes avant l’action le rythme cardiaque augmente, on pense à tout ce que l’on risque, tout ce pour quoi nous nous battons…
    Hmn2Cette motivation qu’est la défense de la famille, de l’enfant nous pousse alors à nous dépasser, à éteindre la petite voix qui survient et qui nous dit : « fuis ! Il est encore temps, tu risque gros, quelqu’un d’autre pourra bien s’en charger à ta place ».

    Et c’est cette préoccupation de la famille, du plus petit que soit, qui nous pousse alors à nous jeter sur un terrain de tennis ou pour ma part à voltiger au bout d’une corde sous un pont afin d’accrocher une bannière symbolique de notre combat.

    Le risque présent dans ces moments est alors dominé par un sentiment de justice. Et ce sentiment est renforcé à chaque nouvelle action, à chaque nouvel événement.

    Alors certes, Papa, Maman, vous vous inquiétez et ca n’est pas forcément à tort, mais sachez que votre fils se bat pour une noble cause, et que petit à petit il se construit pour devenir un Homme solide pour la société française. Et son masque de Hommen est là pour vous rappeler qu’il n’est pas seul. Derrière ce masque se trouve chaque jeune qui s’est levé fièrement pour combattre cette loi injuste. 
    C’est pour cela que je vous dis aujourd’hui, Papa, Maman, je suis Hommen mais n’ayez pas peur, ayez confiance en cette génération nouvelle qui se lève et qui ne lâche rien. Cette jeunesse est belle, elle est solide et elle ira très loin dans la défense de ses idées.

    Elle est le fer de lance de l’espérance !!

    Votre fils qui vous aime".

    Lahire  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Le désordre vertueux

    Ex: http://www.dedefensa.org/

    24 juin 2013 – Parmi les pays que nous classons hors-bloc BAO, celui qui nous paraît à la fois le plus engagé, le plus actif, et, sans doute paradoxalement pour certains jugement, le plus solide, est la Russie. La Russie a un niveau économique acceptable, une puissance de sécurité considérable (jusqu’à l’arsenal nucléaire), une population qui a une immense expérience des temps difficiles après des périodes socio-politiques terrifiantes, qui est caractérisée par un patriotisme résilient que structure un mysticisme puissant avec une dimension religieuse, par un très fort sentiment d’appartenir à l’histoire, voire à la grande Histoire, enfin par une référence permanente aux principes, notamment par rapport à la politique générale du pays. (Nous nous sommes assez souvent exprimés sur la Russie, tant à propos de sa capacité de résistance à l’“agression douce“, qui s’attaque aux principes, qu'à propos de sa politique syrienne, essentiellement principielle.) La Russie représente pour nous le pays qui est le plus fortement, le plus dynamiquement antiSystème, et son socle intérieur puissant (patriotisme et dimension mystique) lui assure à notre sens une stabilité intérieure remarquable, contrairement à ce qui est en général pronostiqué à la bourse des perspectives-Système du bloc BAO. De ce point de vue, l’histoire autant que les conditions générales du pays font que son cadre structurel, fortement principiel, est extrêmement résistant, surtout dans une époque si dangereuse qui a pour effet l'avantage paradoxal pour la Russie de mobiliser les énergies.

    Nous suivons donc avec attention l’évolution de la Russie, tant dans sa capacité de résistance à l’“agression douce“, qui s’attaque aux principes, que dans sa politique syrienne, essentiellement principielle et plutôt de nature offensive. Malgré cela et comme nous l'avons déjà suggéré, et avec beaucoup de regrets conjoncturels, nous ne lui donnons pas une chance, essentiellement sur un point précis qui est nécessairement le but implicite de sa politique, – quoique ses dirigeants assurent et conçoivent. Ce pays par essence antiSystème n’a pas la capacité, par la seule action politique, même si cette action est dominante et victorieuse, même si elle est suivie par d’autres, de donner des résultats approchant du décisif contre le Système (contre la politique-Système). Cela n’a rien à voir spécifiquement avec la seule Russie et tout avec le Système, contre qui rien n’est fait tant que le décisif n’est pas accompli, et contre qui aucune force terrestre constituée ne peut accomplir ce décisif-là à cause de la puissance hermétiquement inviolable dudit Système par cette voie... (Dans les citations suivantes, il va de soi qu’en citant par exemple les USA, nous parlons du Système et de rien de moins.)

    • Le 22 avril 2013... «Observons qu’il s’agit là d’une approche rationnelle et ultra-réaliste, bien dans la manière de Poutine pour la forme diversifiée de sa politique. La Russie développe une politique appuyée d’une part sur des principes intangibles [...] d’autre part sur une tactique flexible... [...] L’entêtement russe est proverbial et sans doute admirable mais n'est qu'humain et armé de la seule logique ; il est loin, très loin d’être dit qu’il sera suffisant face au phénomène du nihilisme par déstructuration et dissolution de l’action des USA, et à la constante puissance de la politique-Système qui anime le tout...»

    • Le 5 juin 2013 : «Il est effectivement acquis, comme un premier fait objectif à leur avantage, que les Russes sont les maîtres du jeu, qu’ils sont désormais considérés comme les principaux acteurs dans la région ; mais le désordre général dans la région est un autre fait objectif très puissant sinon désormais structurel, qui échappe à leur maîtrise comme il échapperait en fait à quelque maîtrise humaine que ce soit.»

    Dans l’actualité courante, on sait également que les événements de Turquie ont pris une place importante. Ils ne cessent pas (voir Russia Today le 22 juin 2013), montrant une résilience significative malgré des mesures constantes de dispersion de la part du gouvernement Erdogan. Nous avons déjà traité cette question à deux reprises (le 3 juin 2013 et le 10 juin 2013). Notre analyse est bien qu’Erdogan, avec sa “politique syrienne”, s’est délégitimé, après avoir assuré un gouvernement brillant jusqu’en 2011, fondé sur le respect des principes tels que la souveraineté, lui assurant une forte position antiSystème. Sa politique syrienne a renversé tout cela. Étant passé de facto dans le camp du Système à cause de cette politique syrienne, il a installé les conditions pour que le malaise général qui affecte tous les pays et toutes les situations se transforment en situation de désordre. (N.B. : peut-être est-il en train de changer ?)

    • Le 3 juin 2013 : «Notre conviction est que cet aspect puissant de l’évolution turque et de l’évolution d’Erdogan joue un rôle fondamental dans la crise actuelle, où aspects intérieur et extérieur se mélangent pour organiser la perception d’un dirigeant politique légitime perverti dans la délégitimation, et instituer un jugement de condamnation que nourrit la psychologie ainsi orientée. C’est bien la dissolution puis l’entropisation de la légitimité d’Erdogan qui assurait son autorité, qui ont conduit par contraste à l’affirmation d’un autoritarisme illégitime, qui alimente la revendication et la colère populaires. [...] L’on voit donc que la crise turque, puisque crise il y a finalement, rejoint la cohorte des autres crises rassemblées et exacerbées par l’“insaisissable guerre syrienne”, comme une des expressions de la crise haute et, plus généralement, de la crise d’effondrement du Système...»

    • Le 10 juin 2013 : «Adressées le 4 juin, le lendemain d’une chute de 10,5% de la bourse d’Ankara, à une assemblée de l’Association des Investisseurs Internationaux en Turquie, ces paroles du président Gül se voulaient ironiques et rassurantes à la fois… “Two years ago in London, cars were burned and shops were looted because of similar reasons. During revolts in Spain due to the economic crisis, people filled the squares. The Occupy Wall Street movement continued for months in the United States. What happens in Turkey is similar to these countries…”

    »Tout cela est au fond très juste et particulièrement révélateur mais nous nous demandons avec un certain scepticisme et même un scepticisme certain s’il faut y voir de quoi rassurer les investisseurs d’un système en déroute erratique et chaotique. Qu’il l’ait réalisé ou pas, Gül signifiait à ses auditeurs que la Turquie est entrée en part très active dans la grande crise d’effondrement du Système, et l’on peut penser qu’il y a des nouvelles plus rassurantes que celle-là pour les investisseurs qui ont nécessairement partie liée avec le Système. Voilà donc la grande nouvelle, – “la Turquie entrée en part très active dans la grande crise d’effondrement du Système”. C’est bien entendu le principal enseignement de la crise turque, le seul qui vaille d’être reconnu et retenu à partir de notre posture d’inconnaissance, Erdogan ou pas, manœuvres américanistes et finaudes ou pas...»

    Aujourd’hui, nous passons au Brésil, qui connaît depuis presque deux semaines des agitations sans précédent, drainant des foules énormes qui se décomptent par millions. La protestation s’appuie sur un argument en apparence mineur, qui est passé au second plan (l’augmentation des tarifs des transports en commun, mesure sur laquelle la présidente Rousseff est revenue), et sur un argument complètement inattendu : les dépenses considérables faites par le Brésil pour préparer la Coupe du Monde de football de 2014, alors que la population connaît une détresse considérable. Dans ce pays qui constitue évidemment le temple de l’adoration du football, cette réaction est tout aussi évidemment une surprise considérable. Même le roi-Pelé , la gloire nationale par excellence (mais recyclée-Système  : «[T]he superstar turned MasterCard ambassador»), est en train de perdre son auréole... (Voir le Guardian du 21 juin 2013.)

    «More than a million people took to the streets on Thursday night in at least 80 cities in a rising wave of protest that has coincided with the Confederations Cup. This Fifa event was supposed to be a dry run for players and organisers before next year's finals, but it is police and protesters who are getting the most practice... [...]

    »But the mega-event has been the lightning conductor. Many protesters are furious that the government is spending 31bn reals (£9bn) to set the stage for a one-time global tournament, while it has failed to address everyday problems closer to home. “I'm here to fight corruption and the expense of the World Cup,” said Nelber Bonifcacio, an unemployed teacher who was among the vast crowds in Rio on Thursday. “I like football, but Brazil has spent all that money on the event when we don't have good public education, healthcare or infrastructure.”

    »It was all very different in 2007 when Brazil was awarded the tournament. Back then, crowds in Rio erupted with joy and Ricardo Teixeira, president of the Brazilian Football Confederation, was hailed as he said: “We are a civilised nation, a nation that is going through an excellent phase, and we have got everything prepared to receive adequately the honour to organise an excellent World Cup.” In the outside world, few doubted the wisdom of the decision. Football belonged in Brazil. In the home of carnival and samba, it would be a party like no other.

    »But euphoria has steadily faded as preparations for 2014 have drawn attention to the persistent ills of corruption, cronyism, inequality and public insecurity. Those who appeared to have the Midas touch in 2007 now seem cursed. Teixeira was forced to resign last year amid accusations of bribery. Former president Luiz Inácio Lula da Silva has been tainted by revelations of massive vote-buying by the ruling Workers party. Fifa too is mired in a series of corruption scandals that have led to the resignations of several senior executives.

    »The renovation and construction of most of the 12 World Cup stadiums has been late and over budget. Several have been pilloried as white elephants because they are being built in cities with minor teams. The new £325m Mane Garrincha stadium in Brasília – which hosted the opening game of the Confederations Cup – has a capacity of 70,000, but the capital's teams rarely attract more than a few hundred fans.»

    Les soubresauts de la crise d'effondrement du Système

    Si nous avons mis ces trois pays en parallèle, alors que leurs situations sont apparemment différentes ou très différentes, c’est d’abord parce qu’ils appartiennent à une même catégorie. On pourrait dire, pour simplifier, des pays du type-BRICS ; certes, la Turquie n’en fait pas partie, mais elle constitue un modèle de pays qui correspond parfaitement au BRICS, et il fut à un moment question de son adhésion, comme il y a par ailleurs une plus grande proximité entre la Turquie et l’OCS, ou Organisation de Coopération de Shanghai (voir le 2 mai 2013), qui est un organisme d’esprit et de situation assez similaires au BRICS. (Deux membres du BRICS, la Russie et la Chine, font partie de l’OCS, et un troisième, l’Inde, y a le statut officiel d’“observateur” qui lui permet d’assister statutairement à toutes les réunions de l’OCS.)

    ... En rapprochant ces trois pays, après avoir rapidement survolé leurs situations et souligné les différences de ces situations, nous voulons justement ne tenir aucun compte de ces différences, qui sont celles de leurs situations spécifiques, pour conclure à une sorte d’unité de situation générale. (Au contraire, pour voir des analyses dans ce sens que nous rejetons complètement, on peut parcourir la presse en général en allant par exemple de WSWS.org, le 22 juin 2013, à Marianne.net, le 22 juin 2013. On y retrouvera l’atmosphère de la lutte des classes des années 1950-1970 ou bien l’atmosphère du débat sur l’immigration et l’islamisme à partir des années 1980-1990.)

    Nous refusons en effet absolument le traitement spécifique de ces situations, qui est l’aliment évident du réductionnisme par quoi l’on évite d’aller au cœur du seul problème qui compte dans notre temps. Plus encore, nous estimons que ce que nous avons déterminé comme la “sorte d’unité de situation générale” de ces trois pays qui font partie d’un groupe spécifique qu’on juge plus ou moins, selon les circonstances et malgré les accidents (Turquie), de tendance antiSystème, ne doit en aucun cas être séparé de la situation générale des pays du bloc BAO telle que nous l’observons depuis au moins 2008. (Cette situation spécifique des pays du bloc BAO étant faite de protestations sporadiques de la population, sans aucune organisation oppositionnelle, donc sans offre d’alternative ; de directions politiques discréditées et impuissantes ; d’une politique générale favorisant tous les centres-Système de pouvoir, instaurant une politique de surveillance systématique de la population, etc. ; bref d’une instabilité grandissante et d’une crise générale en constante aggravation à mesure que les autorités-Système affirment lutter avec succès contre l’instabilité et la crise.)

    Nous devons ajouter bien entendu que ces pays, qu’on juge effectivement plutôt de tendance antiSystème, sont nécessairement soumis au Système, ou dans tous les cas intégrés dans le Système, dans le chef des aspects financier, économique et social (avec une certaine réserve mais tout de même nullement décisive pour la Russie, dont l’exécutif fort, la tradition étatiste affirmée, etc., limitent certains aspects de la pénétration-Système aux niveau financier, économique et social). Cela implique pour ces pays plus ou moins antiSystème les maux habituels engendrés par le schéma capitaliste, et surtout de notre capitalisme-turbo actuel, de l’austérité aux restrictions de l’aide sociale, des spasmes de développement à la destruction de l’environnement, de l’accroissement de l’inégalité à la corruption, etc. Le schéma capitaliste, absolument déstructurant et dissolvant, est évidemment aussi destructeur, sinon plus dans ce type de pays, et il est universel puisqu’émanant directement du Système. Les autres pays peu ou prou dans la même catégorie, qui ne sont pas cités ici parce qu’ils ne sont pas dans l’actualité ou qu’ils ont un rôle moins affirmé que les trois cités, sont dans la même situation, – la Chine notamment, certes. La cause en est évidemment, selon notre point de vue fondamental, que le Système est “la source de toutes choses” selon les seules normes effectivement en cours dans notre “contre-civilisation” aujourd’hui, ce que nous rappelons systématiquement. Rien de construit, d’efficace à l’échelle de l’organisation d’une nation, ou d’un groupe de nations, ne peut se faire hors du Système, et par conséquent hors de ses règles... Quelques rappels à cet égard, pour affiner la définition et mieux définir la situation, avec citations de deux textes éloignés de deux ans, – où l’on voit, signe de l’affirmation et de l’approfondissement de notre point de vue, qu’“un système” est devenu “le Système” majusculé et exclusif.

    • Le 10 septembre 2010 : «D’autre part, ce qui nous invite à procéder de la sorte est le constat que nous avançons sans la moindre hésitation que la manifestation fondamentale de cette civilisation arrivée au point où elle se trouve, se fait sous la forme d’un “système” extrêmement élaboré et complexe, dont nous parlons souvent et qui est le principal objet de notre étude. Ce “système” a l’unicité, la puissance, l’universalité qui en font la source de toutes choses dans le chef d’une civilisation dont on peut dire qu’elle est une “contre-civilisation” »)

    • Le 29 septembre 2012 : «Le Système est complètement fermé… Il est hermétique, selon cette définition de base que nous offrions le 20 mai 2011 : “Le Système qui régit le monde aujourd’hui est […] dans une situation de surpuissance extraordinaire, une situation de surpuissance que nous qualifierions d’hermétique dans le sens où cette situation est bouclée et inexpugnable… […] Lorsque nous disons que le Système est hermétique, nous soulignons par là que sa surpuissance s’exprime dans les deux voies essentielles de la puissance aujourd’hui. Il y a d’une part la puissance brute du système du technologisme, qui est si grande que rien ne peut être fait de structurant qui ne passe par les outils de cette puissance que contrôle, voire qu’engendre le Système, comme seule source de puissance matérielle et technique dans le monde. Il y a d’autre part la puissance d’influence du système de la communication, qui détermine la perception unique, et donc l’état de la psychologie. Cette formule idéale détermine l’hermétisme du Système, qui fait que rien n’est possible hors du Système.” L’hermétisme du Système est donc d’abord l’hermétisme du au souffle de sa surpuissance qui vous cloue sur place, qui fixe les moyens de son hermétisme autour de lui, comme une centrifugeuse créant une atmosphère qui lui est propre et séparant hermétiquement son monde des autres, et réduisant à néant toutes les tentatives antiSystème élaborées, rationnelles, construites à l’intérieur du Système lui-même, en utilisant nécessairement certaines de ses normes...»

    Ainsi, lorsque nous parlons d’actions ou de collectivités, de nations, etc., antiSystème, il est entendu que nous parlons d’entités qui sont à l’intérieur du Système mais qui, pour une raison ou l’autre, par tel moyen ou tel autre, parviennent à exercer une action antiSystème de l’intérieur du Système. Cela rejoint d’ailleurs notre appréciation principale du phénomène antiSystème, qui est d’une logique évidente, qui est que le système antiSystème ne peut s’organiser qu’en fonction du Système puisque tout est dans le Système. D’une façon générale, également, son action, que nous qualifions évidemment de “Résistance”, est impuissante en elle-même, en tant que telle, et elle acquiert au contraire toute son efficacité essentiellement en “jouant avec le Système” ; c’est-à-dire, en retournant contre lui la force du Système, notamment pour éventuellement exacerber son processus de surpuissance et accélérer prodigieusement sa transmutation en processus d’autodestruction.

    (Voir par exemple le 2 juillet 2012 : «L’intérêt de la résistance est moins de détruire, ou d’espérer détruire le Système, que de contribuer à l’accélération et au renforcement de son autodestruction. [...] L’opérationnalité de la résistance antiSystème se concentre naturellement dans l’application du principe fameux, et lui-même naturel, de l’art martial japonais aïkido : “retourner la force de l'ennemi contre lui...”, – et même, plus encore pour notre cas, “aider la force de cet ennemi à se retourner naturellement contre lui-même”, parce qu’il est entendu, selon le principe d’autodestruction, qu’il s’agit d’un mouvement “naturel”.»)

    Ainsi nous trouvons-nous, dans les trois cas évoqués, et malgré les différences parfois considérables entre ces trois cas, dans une même situation paradoxale et contradictoire. Ce n’est pas une surprise puisque, lorsqu’il s’agit du Système, de ses spasmes et de ses convulsions, nous sommes absolument dans une situation qui ne peut se définir que par le paradoxe et la contradiction. D’un côté, on peut juger dommageable que des pays qui semblent plus ou moins d’orientation antiSystème se trouvent confrontés à des troubles intérieurs (certains le regrettent tant qu’ils insinuent que la main de la CIA se trouve pour une part non négligeable dans les troubles au Brésil, – ce qui peut se concevoir, certes, mais pour partie et sans action fondatrice, selon la “doctrine” dite du “prendre le train en marche”, comme éventuellement, pour ce qui est de la “doctrine”, dans le cas turc pour ceux qui restent favorables à Erdogan). Au pire et dans le meilleur des cas pour notre conception, on peut juger dommageable qu’un pays nettement d’orientation antiSystème (la Russie) ne puisse espérer (selon nous) pousser sa politique pourtant brillante et surtout principielle jusqu’à une issue antiSystème achevée. Mais ce jugement conjoncturel est infondé sur le fond, puisque l’action de la Russie exacerbe effectivement la surpuissance du Système et la transmue presque simultanément en processus d'autodestruction (l’exemple de la Syrie est évident).

    D’un autre côté, ces pays étant tout de même dans le Système, parce qu’il ne peut en être autrement, leurs troubles affectent le Système qui est un ensemble absolument universel, hermétique, fondé sur une intégration absolue et totalitaire de toutes les forces existantes. Le Système ayant comme objectif l’équation dd&e (déstructuration, dissolution & entropisation), son but est l’entropisation de tout ce qui figure en son sein, c’est-à-dire tout ce qui figure dans cette “contre-civilisation” complètement globalisée et à laquelle rien d’humain, ni rien de la nature des choses et du monde, ni rien de structurant finalement, ne doit pouvoir échapper dans son chef. Par conséquent, les parties de ce tout qui connaissent des troubles interférant sur la bonne marche de l’objectif dd&e vers l’entropisation, constituent un grave problème, voire un revers pour le Système. Par conséquent, ce qu’on pourrait interpréter comme des événements satisfaisant le Système puisque touchant des pays antiSystème, – notamment les troubles en Turquie et au Brésil, la position de la Russie qui semblerait susciter des forces à l’intérieur de ce pays conduisant à la mise à l’index de ce pays, dans tous les cas par rapport au bloc BAO, – tout cela constitue en réalité des préoccupations majeures pour le Système par définition, par rapport au fonctionnement des processus de globalisation. Même si la politique du Brésil, type-BRICS, est perçue avec une certaine hostilité par le Système, les troubles au Brésil le sont encore plus et conduisent le Système à souhaiter finalement que le gouvernement brésilien rétablisse le calme (éventuellement, ce serait encore mieux, en modifiant sa politique dans un sens pro-Système). Même si la politique de Poutine, notamment syrienne, est perçue avec une hostilité considérable par le Système, la Russie est tout de même nécessairement perçue comme faisant partie du Système évidemment, et tout est fait pour affirmer que la Russie évolue pour se rapprocher du bloc BAO, et tout le monde, du président-poire Hollande au Premier ministre Cameron, répète régulièrement que la Russie va être bientôt “des nôtres”. Leur sottise conjoncturelle à cet égard, – concernant la vérité des événements en cours, – répond de leur complète loyauté au Système reflétant l’emprise-Système sur leurs psychologies absolument épuisées et dévastées.

    Pour prendre une référence évidente, par rapport à ce que l’on a nommé le “printemps arabe”, où l’enjeu paraissait clair face à des dirigeants-Système avérés jusqu’à la caricature grotesque, le cas présent est très différent. Les dirigeants de ces pays ne sont pas irrémédiablement des dirigeants-Système, tant s’en faut, et même pas du tout pour certains. Ils sont eux-mêmes coincés entre paradoxe et contradiction. La Brésilienne Rousseff, venue de la gauche extrême, après des années de prison et de torture de la part des militaires brésiliens commandités par la CIA, est au fond en bonne partie du côté des foules en colère. Elle ne manque pas de le dire, d’ailleurs, ce qui ne manque pas de donner un sel surréaliste à la situation. Elle lâche le plus qu’elle peut mais, arrivée à un certain point, se trouve bloquée par les sommes en jeu, les investissements, les programmes colossaux engagés pour la Coupe du Monde. Même les Russes, même un Poutine, rencontrent des limitations, bien qu’ils soient, avec l’appui de la puissance et de l’essence historique et fondée sur la Tradition de la Russie, les plus en avant dans l’audace antiSystème, presque jusqu’au défi et au mépris. Ces limitations sont celles du Système dont ils sont malgré tout partie prenante, en partie certes, dont ils ne peuvent pas ne pas tenir compte.

    Ainsi en est-il de leur position dans ces pays à la fois antiSystème et dans le Système. Finalement, cette position n’est pas originale même si elles se distingue par les politiques affichées telles qu’on les a détaillées. De façon plus générale on dira que cette position, à des degrés d’intensité très différents, est finalement universellement partagée, dans tous les pays et dans tous les continents dominés nécessairement par le Système, mais où des explosions et des projets antiSystème, très visibles ou à peine identifiés, apparaissent tout aussi nécessairement, de plus en plus souvent à mesure de la dégradation du Système, de la surpuissance à l’autodestruction. Même les pays les plus totalement entités-Système, dans le bloc BAO nécessairement, sont néanmoins, également, prisonniers du Système, et laissent échapper ici et là des manifestations antiSystème  ; les USA, on le sait bien assez, n’y échappent pas. Nous sommes dans un univers total où une bataille totale est en cours, mélangeant les uns et les autres, transcendant toutes les lignes conventionnelles, balayant toutes les étiquettes, à la mesure de la puissance extraordinaire du Système (surpuissance) et de sa crise d’d’effondrement (autodestruction). Simplement, on observera que l’épisode actuel, que nous analysons ici, avec les positions qu’on a dites, différant notamment du “printemps arabe”, marque une étape de plus, et éventuellement une avancée, dans la bataille autour du Système. Quoi qu’on fasse dans le sens des analyses spécifiques et réductionnistes, l’essentiel et l’unique chose qui compte est qu’il s’agit d’une bataille contre le Système, partout et de toutes les façons.

    Il est donc impératif de considérer ces troubles pour ce qu’ils sont en vérité, comme reflet de l’infiniment complexe opérationnalité de la situation, et reflet de la terrible et bouleversante simplicité de la vérité de la situation. Les crises ou incertitudes dans les pays et groupes de pays auxquels on vient de s’intéresser, qui se retrouvent partout ailleurs sous des formes nécessairement différentes, sont accessoires dans leur signification pour tous ces pays et groupes de pays même si elles apportent un poids terrible de troubles, une quantité énorme de malheurs et de souffrances. Le fait est que tout cela marque d’abord, on serait presque tenté d’écrire exclusivement, les soubresauts terribles de la crise d’effondrement du Système.

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • Paganisme et littérature française : Jacques Marlaud et le renouveau païen en France

     

     

    Ce texte pour prouver que les animateurs d'EROE étaient bel et bien partisans d'une coopération fructueuse et amicale à l'endroit du GRECE, tout en souhaitant conserver leur indépendance. Le comportement ultérieur de Jacques Marlaud, d'une balourdise et d'une goujaterie sans nom, ne s'explique pas autrement que par le fanatisme, la cuistrerie. Navrant. D'un côté, il y avait la main tendue, de l'autre, des coeurs fermés. C'est à cause de tels comportements que le fameux combat métapolitique de la ND/Canal historique a été un échec!

     

     

    lereno10.jpgLe néo-paganisme européen est une jungle de concepts ; pour le comprendre sous tous ses angles, il faut une connaissance approfondie des mythologies européennes, des théologies qui, sous une couverture chrétienne, renouent avec le non-dualisme anté-chrétien (Sigrid Hunke), des littératures populaires et romantiques qui traduisent de manière romanesque ou poétique des fragments de cette vision inépuisable de l'immanence du divin. La tâche n'est pas mince et l'on n'est pas prêt de découvrir, à l'étal des libraires, une encyclopédie définitive de ce monde foisonnant de diversité.
    Heureusement, Jacques Marlaud vient de combler cette lacune, partiellement seulement (mais c'est une première étape),  avec son livre, Le Renouveau païen dans la pensée française. La démarche de Marlaud débroussaille la partie française contemporaine de ce continent oublié qu'est le paganisme. Sa démarche est ainsi limitée dans le temps ("la pensée contemporaine") et dans l'espace (la France). Son point de départ est la mise en évidence d'une antithèse philosophique : celle de l'idée païenne contre la pensée rationalisante. Aux schémas des rationalismes, Marlaud oppose le retour du mythe, donc d'un polythéisme, plus apte à saisir la multiplicité du réel. Pour lui, l'utopisme et la désacralisation du monde sont les produits de l'individualisme, avatar idéologique du principe religieux judéo-chrétien du "salut individuel". À l'ère post-rationnelle, le substrat païen resurgit, à travers la croûte, le superstrat judéo-chrétiens. Les modes de vie imprégnés de christianisme, le moralisme rigide, les normes sociales sont désormais battus en brèche et ne créent plus de consensus. Et si le consensus de demain en venait à se référer au "substrat" plutôt qu'au "superstrat" ?
    Le résultat de ce grouillement néo-païen, c'est l'émergence progressive d'une « philosophie de l'affirmation inconditionnelle du monde », dit J. Marlaud. Elle se repère chez Clément Rosset, mais seulement dans le chef de l'individu et non à l'échelle collective, non chez ceux qui ont volonté de bâtir une autre Cité, imperméable aux absolus étrangers au substrat, aux absolus moribonds du superstrat d'hier.
    Après avoir esquissé les grandes lignes de ce néo-paganisme, Marlaud passe en revue les écrivains contemporains qui se situent dans cette mouvance : Montherlant, Gripari (père d'un nihilisme déculpabilisateur qui se gausse avec espièglerie des rationalisations moralisatrices), Pauwels le Faustien qui a "vacillé" à cause de la reaganite affligeant les médias parisiens et, enfin, Jean Cau l'anti-bourgeois qui a donné un visage enchanteur à cet existentialisme que Camus et Sartre avaient rendu si lugubre.
    Marlaud survole alors la littérature française et y repère les germes de paganisme. Dans ce survol, il n'omet pas le divin Rabelais. Et pour terminer, il passe en revue le travail de la "Nouvelle Droite" qui a popularisé, en France, les thématiques du paganisme et des racines indo-européennes. Un livre à lire pour fonder le consensus de demain... 

     

     

     

     

  • La leçon, par Louis-Joseph Delanglade

     

    poutine TSAR.jpgIl se passe toujours quelque chose un 18 juin. Cette année, c’était le sommet du G8, en Irlande du Nord. Avec, en vedette incontestable, Vladimir Poutine.

    Bref florilège des titres de presse : « Poutine plus fort que les 7 autres réunis !» (Boulevard Voltaire), « Poutine résiste aux Occidentaux sur la Syrie » (Le Figaro), « Poutine glace le sommet nord-irlandais du G8 » (Libération), « Poutine fait plier le G8 » (tf1), « Vladimir Poutine seul contre tous » (francetv info), « Poutine fait cavalier seul » (france info), « Pourquoi Vladimir Poutine ne cède pas sur la Syrie » (Rue 89), etc. À une exception près (M. Jamet dans Boulevard Voltaire), tous les articles mentionnés conjuguent hostilité à M. Poutine et désarroi devant l’incapacité des « Occidentaux ».

    Le fait est que le président russe a fait prévaloir son point de vue sur la Syrie, contraignant ses interlocuteurs à une piteuse reculade. Comment et pourquoi cela a-t-il été possible ? M. Jamet estime avec raison que M. Poutine « savait ce qu’il voulait et qu’il voulait vraiment ». Une « âme forte » fera toujours plier une « âme faible », selon les propos de la Galigaï : M. Poutine serait ainsi une sorte de héros stendhalien infligeant aux nabots occidentaux la leçon qu’ils méritaient de recevoir.

    Mais cette explication, purement psychologique, n’épuise pas la dimension politique de la question. En fait, M. Poutine s’est montré à la hauteur de la situation pour faire avancer les pions de la stratégie russe. M. Haski l’a bien compris, qui écrit dans Rue 89 : « ce qui compte [pour M. Poutine], c’est le rapport de force international dans lequel la Russie tient la dragée haute aux Occidentaux ». À l’opposé, les chroniques piteuses et larmoyantes de nos journaleux ne sont que le révélateur de l’inconsistance et du vice congénital des régimes et dirigeants dits démocratiques, englués dans la contradiction entre les faits et l’idéologie. En l’occurrence entre la faute que constituerait une intervention contre M. Assad et la défense des prétendus droits de l’homme.

    Si M. Poutine « veut » et sait ce qu’il veut, c’est-à-dire la défense de l’intérêt russe, ce n’est pas le cas de tout le monde. Mis à part le retour à d’hypothétiques et toujours instables équilibres socio-économiques, peut-on sérieusement penser que M. Hollande veuille quelque chose ? Il pourrait au moins profiter de la leçon politique donnée par le président de la puissante Fédération de Russie. Et même - de concert avec M. Fabius, un peu trop enclin aux rodomontades dès qu’il s’agit de M. Assad - se demander s’il ne serait pas intéressant de nouer avec ce grand pays, pour l’essentiel « européen », et moins indigne de confiance que beaucoup d’autres, des liens un peu plus amicaux.

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Quand le ridicule ne tue plus !

    Hilarant. A mourir de rire... Convenez qu'il aurait pu s'agir là d'un « coup du roi » ! Un Copé et un Désir au même tableau... Vous avez dit « démocratie » ? Ne riez pas, sortez vos mouchoirs !
    « A l'UMP, nous apprenons la démocratie, c'est assez nouveau ». L'aveu tombait le dimanche 2 juin sur le plateau de Dimanche+. De la part du chantre des valeurs républicaines Copé, aux prises avec les frasques de la « primaire » pour l'élection « démocratique » du candidat UMP à la prochaine élection municipale...

    N'était-ce pas tendre le bâton aux chevaliers blancs de la « démocratie », et se faire battre comme plâtre ?

    Le chevalier en chef ne s'est pas fait attendre !

    « L'UMP, comme elle l'avait montré au moment de son congrès, a un problème avec la culture démocratique » De qui ce verdict sans appel ?

    De Jean-Philippe Désir, celui que tous appellent Harlem... secrétaire général du parti de la « démocratie » incarnée !

    Celui là même qui fut élu à la suite d'une procédure qualifiée de « nord-coréenne » par certains de ses amis... alors qu'il déclarait peu avant : « Je souhaite qu'il y ait un vote (des militants) ouvert aux différents candidats, car la "légitimité du futur premier secrétaire, elle doit procéder de ce rassemblement des socialistes qui se seront exprimés par un vote démocratique ».

    La suite vous la connaissez : Jean-Philippe Désir – nous vous épargnerons le rappel de sa « carrière » et les terribles difficultés de stationnement qu'il a connu... - a été « désigné » comme au bon vieux temps des soviets !

    Il suffisait alors de prendre la mesure de la joie des militants socialistes :
    "Je suis triste de prendre conscience aujourd'hui que ma voix de militante ne vaut rien dans ce parti", commente une militante.

    "Déception!", "C'est tout sauf un parti démocratique"

    Source :

    http://www.huffingtonpost.fr/2012/09/12/harlem-desir-reactions-twitter-tweets-commentaires-opposition-ump_n_1876428.html

    Vous avez dit « démocratie » ? De grâce, ne trépassez pas de rire !

    Léon Areva http://www.lesmanantsduroi.com

  • Marché transatlantique : un pas décisif vers une gouvernance mondiale non souveraine

    Le 12 mars dernier, la Commission européenne a approuvé le projet de mandat concernant la conclusion avec les États-Unis de l'accord appelé « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement », donnant ainsi le coup d’envoi aux négociations entre les différentes parties européennes. Le mandat de négociation est inscrit à l'ordre du jour du Conseil de l'Union européenne "Commerce" qui doit l'approuver afin que les négociations puissent débuter dès le mois de juillet. Non disponible officiellement pour les citoyens européens, le projet a cependant fait l'objet de divulgations sur internet. Il a été traduit en français par l'auteure du blog contrelacour[1].

    L’objet de cette tribune[2] est donc de proposer une brève synthèse des points essentiels de ce texte de 46 articles qui, comme nous allons le voir, cache derrière une logorrhée prônant le respect des Droits de l’Homme et de l’environnement l’inscription dans le marbre du droit international l’impuissance des institutions nationales souveraines, notamment en matière de protection sociale et environnementale. Nous verrons également que, loin de n’être que de l’incrémentalisme[3], ce texte constitue un pas décisif dans le processus d’élaboration d’un gouvernement mondial purement technocratique au seul profit des intérêts financiers et dont les effets profondément morbides sont aujourd’hui bien identifiés.

    La promotion trompeuse des Droits de l’Homme et du développement durable

    A l’instar de la « charte des droits fondamentaux » qui introduisait le traité constitutionnel européen de 2005[4], et qui faisait sur cinq pages l’apologie des grands principes que sont ceux de « dignité », de « solidarité » ou encore de « justice » -principes totalement vidés de leur substance par les 182 pages économiques qui les suivaient, le mandat portant sur le futur marché transatlantique s’ouvre sur un identique affichage de bonnes intentions.

    En effet, dès le premier article il est précisé que : « L'accord devrait confirmer que le traité transatlantique de Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement est basé sur des valeurs communes, notamment la protection et la promotion des droits de l'homme et de la sécurité internationale ».

    A la suite, l’article six réitère : « Des valeurs communes dans des domaines tels que les droits de l'homme, des libertés fondamentales, la démocratie et la primauté du droit ».

    Concernant l’environnement, il est affirmé que les Parties s’engagent « envers le développement durable et la contribution du commerce international au développement durable dans ses dimensions économiques, sociales et environnementales, notamment le développement économique, le plein emploi productif et un travail décent pour tous, ainsi que la protection et la préservation de l'environnement et des ressources naturelles »

    Enfin, pour achever de nous convaincre des bonnes intentions du mandat, le même article conclue : « Le droit des Parties de prendre les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs légitimes de politique publique sur la base du niveau de protection de la santé, de la sécurité, du travail, des consommateurs, de l'environnement et de la promotion de la diversité culturelle telle qu'elle est prévue dans la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, qu'ils jugent appropriées »

    Que demander de plus ? La préservation des droits de l’homme comme de l’environnement semble être ici non seulement prise en compte, mais également laissée dans sa mise en pratique à l’appréciation des institutions souveraines. Cependant, et avant même d’entrer dans le détail du texte, une lecture attentive de ces quelques alinéas devrait nous annoncer l’hypocrisie de leur propos. En effet, les deux premiers articles cités (1 et 6) conditionnent la protection des droits de l’homme comme celle des libertés fondamentales à la notion éminemment ambiguë, pour ne pas dire tout bonnement fallacieuse, de « valeurs communes ». Il faudrait préciser ce qu’il est entendu par « valeurs communes », car qui dit « valeurs », dit manière bien précise d’interpréter et de mettre en pratique les dits principes.

    Or, loin de n’être qu’un détail sémantique –l’accord portant sur l’harmonisation des législations en termes de commerce et d’accès aux marchés, notamment publics, le recours à cette notion ne signifie ici ni plus ni moins que l’alignement des politiques européennes sur ce qu’elles ont déjà de commun avec la politique américaine, à savoir le principe ultralibéral de « concurrence non faussée » par l’intervention publique -c’est-à-dire par le contrôle des institutions souveraines, principe devant devenir nous allons le voir l’unique horizon de toute politique possible à l’avenir.

    On pourrait ici nous accuser de jouer sur les mots. Aussi, au-delà des éléments de langage, étudions la dernière proposition, sensée rassurer sur la préservation souveraineté des États parties-prenantes en matière de protections sociales et environnementales :

    « Le droit des Parties de prendre les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs légitimes de politique publique sur la base du niveau de protection de la santé, de la sécurité, du travail, des consommateurs, de l'environnement et de la promotion de la diversité culturelle telle qu'elle est prévue dans la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, qu'ils jugent appropriées  »

    Très bel exemple de sophistique, car que nous dit cette Convention en la matière ? Rien. Cette convention n’a pas pour objet d’établir une quelconque réglementation en termes de protections sociales et environnementales. Selon ses propres termes, « la finalité de la Convention consiste à créer un environnement propice permettant à la diversité des expressions culturelles de se manifester, de se renouveler et d’être profitable à l’ensemble des sociétés[5] ». Elle ne porte absolument pas sur la « protection de la santé, de la sécurité, du travail, des consommateurs, de l'environnement » mais uniquement sur la diversité culturelle. Si la convention mentionne bien le respect des droits de l’homme, il ne s’agit que ceux qui portent sur la liberté d’expression :

    « Une série de principes rappelle et garantit que toute politique et mesure destinée à protéger et à promouvoir la diversité des expressions culturelles ne contrevient pas au respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales telles que la liberté d’expression, d’information et de communication, ainsi que la possibilité pour les individus de choisir les expressions culturelles[6]. »

    Aussi, assurer la garantie du respect des libertés fondamentales concernant les protections sociales et environnementales par leur subordination à un texte qui ne les mentionne pas relève de la malhonnêteté intellectuelle la plus cynique (pour le dire trivialement, cela reviendrait pour un avocat à assurer la défense d’un salarié abusivement licencié en se basant sur le code de la route).

    L’objectif réel de l’accord : passer outre la souveraineté des pays européens

    Si déjà les articles et alinéas sensés assurer le respect de la nature « démocratique » des législations européennes en matière sociale et environnementale trahissent leur propre hypocrisie, nous allons voir maintenant que le reste du mandat ne prend pas la peine de cacher ses réelles ambitions (pensant sans doute que le lecteur lambda se sera contenté des 8 premiers articles…)

    Dès l’article 2, le ton est donné : « L'accord doit être global, équilibré et pleinement compatible avec les règles et obligations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). ». L’article 4 précise : « Les obligations de l'Accord seront obligatoires pour tous les niveaux de gouvernement. »

    Quelles sont les règles et obligations de l’OMC ? Elles visent essentiellement à empêcher ce que l’on appelle le « dumping », notamment en termes de politiques agroalimentaires, « dumping » jugé contraire au principe de concurrence non faussée[7]. Or, quelles sont les pratiques de dumping que l’OMC souhaiterait voir disparaître ? Il s’agit par exemple des subventions accordées par les pouvoirs publics à des secteurs économiques en difficulté, comme ceux de la pêche ou de l’agriculture. Il s’agit également de certaines pratiques commerciales comme celles qui consistent pour un supermarché ou un producteur à revendre à perte des denrées alimentaires bientôt périmés. Il est important de rappeler que les mesures anti-dumping de l’OMC sont celles qui maintiennent les pays d’Afrique membres de l’Organisation dans un état de sous-développement en matière d’autosuffisance alimentaire, les contraignants à importer ce qu’ils devraient normalement exporter[8].

    Dans le détail, il s’agit pour cet accord de supprimer ce que l’on nomme les « barrières non tarifaires » qui feraient obstacle à la sacro-sainte concurrence non faussée. Comme le précise l’article 25,

    « L'accord visera à éliminer les obstacles inutiles au commerce et à l'investissement y compris les obstacles non tarifaires existants par le biais de mécanismes efficaces et efficients, par la promotion d'un niveau ambitieux de compatibilité de la réglementation des biens et services, notamment par la reconnaissance, l'harmonisation et en renforçant la coopération mutuelle entre les régulateurs. »

    Or, de quoi s’agit-il exactement ? Les barrières non tarifaires constituent l’ensemble des règles –d’ordre notamment sanitaires, sociales et environnementales, qui visent à protéger une nation (ou un ensemble de nations, comme l’UE) des pratiques de concurrence sauvage, par exemple celles de la Chine en matière de droit du travail[9]. Il s’agit donc pour l’accord de rendre caduque des lois cadres européennes et nationales devant garantir une certaine conception –une certaine exception culturelle, de nos modèles sociaux, dont la France représente le plus mauvais élève.

    Par ailleurs, en plus de programmer notre impuissance en matière d’intervention publique dans les pratiques économiques et commerciales, l’accord prévoit d’accroître la mainmise des grands groupes privés sur des secteurs stratégiques, tant du point de vue social et environnemental que sanitaire. En effet, l’article 25 précise :

    « L'accord […] devrait inclure des dispositions spécifiques et de fond et de procédures dans des secteurs d'une importance considérable pour l'économie transatlantique, y compris, mais sans s'y limiter, l'automobile, les produits chimiques, les produits pharmaceutiques et d'autres industries de la santé, de l'information et de la communication et des services financiers. Le but sera d'éliminer les obstacles non tarifaires existants, empêcher l'adoption de nouvelles barrières non tarifaires et d'assurer l'accès au marché à un niveau supérieur à celui fourni par des règles horizontales de l'accord. »

     

    Ce passage illustre parfaitement l’ambition réelle de l’accord : permettre aux grandes firmes de s’affranchir du droit en vigueur dans chaque pays, droit constituant pourtant l’expression de la souveraineté populaire de ces derniers. Et comme le précise l’avant dernier article, selon lequel « L'accord comprendra un mécanisme de règlement des différends approprié, ce qui fera en sorte que les parties respectent les règles convenues », les Etats-nations ne respectant pas les « règles du jeu » pourront être assignés en justice par les groupes privés jugeant que ces derniers entravent d’une manière ou d’une autre la concurrence non faussée[10]. Ce qui ne signifie, à fortiori du point de vue français, ni plus ni moins que la suppression à plus ou moins long terme de tous les garde-fous d’ordre éthique au principe de notre modèle social si durement acquis.

    Plus dramatique, c’est l’ensemble des secteurs les plus stratégiques politiquement –comme la santé et l’éducation, qui seront entièrement soustrait au contrôle populaire. Or les récents scandales en termes de santé publique, notamment induits par une première vague de privatisation de ce que l’on appelle la « vigilance pharmacologique »[11], sont bien représentatifs des effets morbides d’une telle captation par les intérêts privés de secteur relevant de l’intérêt général.

    Aussi, cet accord constituant un pas décisif dans le processus d’élaboration d’une gouvernance mondiale, donne le ton de ce projet de construction supranationale : celui d’une philosophie ultralibérale au service des grands groupes privés et au détriment des souverainetés populaires comme des libertés fondamentales individuelles et collectives.
    Les Non-Alignés


    [1] http://contrelacour.over-blog.fr/article-marche-transatlantique-le-mandat-definitif-de-negociation-de-la-commission-europeenne-traduit-en-118657212.html (Référence commune à toutes les références qui vont suivre concernant l'accord en question.)

    [2] Qui fait directement écho à notre article portant sur la gouvernance européenne, http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/de-quoi-la-gouvernance-europeenne-137802#forum3758838

    [3] Consistant à ne faire que des petits ajustements à la marge en lieu et place de réels changements structurels, ce que l’UMP reproche en ce moment à l’administration Hollande par exemple.

    [6] Idem.

  • « Le gouvernement français est sorti de son rôle en réprimant La Manif Pour Tous »

    Communiqué de « La Fédération » - Section française de l’Union paneuropéenne internationale :

    "Des millions de Français se sont mobilisés pacifiquement pour refuser le mariage homosexuel et les menaces qu’il entraîne sur la filiation. Au-delà des obligations normales qu’ont les autorités d’assurer la sécurité publique, le pouvoir politique a tout fait pour tenter de discréditer le mouvement sortant ainsi de son rôle qui est de maintenir l’ordre public et les conditions d’un débat serein. Faisant référence à l’attitude des forces de l’ordre lors de la manifestation du 24 mars 2013 à Paris, M. Luca Volontè, ancien député italien et ancien Président du groupe PPE à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a saisi le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe. Il a notamment déclaré « de nombreuses personnes dont de très jeunes enfants, des femmes et des personnes âgées ont été violentées et aspergées de gaz lacrymogène sans nécessité par les forces de l’ordre. ». Récemment, c’est un étudiant de 23 ans qui a été condamné à deux mois de prison ferme pour sa participation à ce mouvement. « La Fédération » tient à attirer l’attention des sections nationales de l’Union Paneuropéenne Internationale sur les enjeux pour la civilisation européenne soulevés à l’occasion de ces manifestations. Plus généralement « La Fédération » invite les instances de l’Union Paneuropéenne Internationale à s’interroger sur la dérive, sous la pression d’Etats membres de l’UE, des décisions de justice rendues au nom de l’Europe qui semblent s’éloigner de plus en plus des valeurs prônées par les pères fondateurs de l’Europe pour s’inspirer de principes négateurs tant de la tradition européenne constante que des fondements anthropologiques communs à tous ceux qui refusent le « meilleur des mondes »

    Fondée en octobre 1944, La Fédération est le principal mouvement fédéraliste français. Elle a compté dans ses rangs François Mitterrand, Antoine Pinay, Jacques Chaban-Delmas, Jean Lecanuet, René Coty… Elle est actuellement présidée par Laurent Grégoire. Son secrétaire général est Joël Broquet. Elle est membre du Mouvement européen et de L’Union Paneuropéenne Internationale.

    Michel Janva  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Charlemagne impose la monnaie unique à l’Europe (781)

    Depuis la chute de l’empire romain le commerce s’est anémié. Les échanges sont réduits, l’économie tourne au ralenti. Les souverains francs et mérovingiens se contentent d’imiter la monnaie romaine, d’ailleurs de plus en plus délaissée au profit du troc. Il faut attendre Charlemagne pour que l’Occident retrouve enfin une monnaie forte.

    Les Germains avaient adopté le système monétaire de l’Empire Romain, dont la monnaie de référence était le sou d’or, c’est à dire le solidus d’or créé par l’empereur Constantin. Cependant, le précieux métal étant rare en Europe occidentale, c’est en Orient que les Francs se le procuraient.

    Les conquêtes de l’Islam au VIIème siècle rendirent l’approvisionnement de plus en plus difficile. Dès la fin du VIIème siècle, le sou d’or n’est presque plus frappé en Occident, mettant ainsi le système bi-métallique (or-argent) en faillite. Charlemagne arrive au pouvoir, la situation s’est encore dégradée. Le droit de monnayage n’est plus alors un droit royal : il a été accaparé par les Eglises et les particuliers. Seul le denier d’argent (40 deniers pour un sou d’or au VIIème siècle), reste en circulation. La disparition du numéraire oblige la population à faire le plus souvent usage du troc : en grains, en chevaux, en bétail, en volailles. Dans certaines régions, on compte en grains de poivre pour calculer de petites valeurs !

    Une fois son pouvoir affirmé et son royaume unifié sous sa seule autorité, Charlemagne limite la frappe de monnaie à l’usage royal et impose en 781 une monnaie uniquement constituée d’argent. Décision qui lui permet de contourner la pénurie de métal jaune.

    Le roi des Francs change également la présentation des pièces : d’un côté son monogramme entouré du nom de la ville où il a été frappé, de l’autre son titre “Carolus rex” (puis imperator) entourant une croix.

    Dans la livre de 491,179 grammes qu’il a choisie comme étalon (et qui correspondait au poids qui servait aux moines du mont Cassin à peser le pain) il taille 240 pièces et non plus 264 comme le faisait son père, Pépin le Bref. Un denier valait donc 1/240e de la livre. Même si la livre disparaît concrètement, tout comme le sou, ces deux monnaies subsistent comme monnaie de compte. Toutefois, pour faciliter les échanges les plus usuels (il faut payer l’indispensable sel en monnaie et non plus en grains de poivre ou en dizième de vache), Charlemagne impose le demi-denier qu’on appelle obole et même des quarts de denier (encore appelés pistes). Il arrive même à l’empereur d’être obligé de vendre ses manuscrits les plus précieux pour trouver de la monnaie, comme le veut la coutume, à distribuer aux pauvres.

    En revanche , l’argent est abondant depuis que les mines d’argent de la montagne du Harz (en Allemagne) produisent du minerai de grande qualité, fondu sur place. Et surtout, depuis que le souverain victorieux a fait main basse en 795 sur le trésor des Avars, dont l’empire couvrait une partie de l’actuelle Hongrie et de l’Autriche.

    La monnaie est enfin saine, abondante, unique, donc honnête ce qui ne signifie pas qu’elle ait été acceptée aussitôt. On ne saura jamais comment les gens ont vécu cette réforme. Interdiction est faite de recevoir les vieux deniers. Obligation d’utiliser les nouvelles pièces “acceptées” par tous, en tout lieu, toute cité, tout marché. L’homme libre qui désobéira paiera 15 sous l’amende. L’esclave fraudeur perdra sa marchandise et sera fouetté nu devant le peuple. Si l’esclave a agi sur ordre de son maître, celui-ci paiera l’amende de 15 sous.

    Une seule exception à la dictature de l’argent métal : les pièces d’or frappées à Uzès, qui sont si belles et si rares que l’on a longtemps cru que c’étaient des médailles.

    chrisagde.free.fr   fortune.fdesouche.com

  • Scandale au Parlement Européen : argent facile, champagne à gogo et autres privilèges

    Tom Staal, l’animateur hollandais de GeenStijl TV, s’est rendu aux parlements européens de Strasbourg et de Bruxelles en compagnie du député européen Daniël van der Stoep, également hollandais. L’animateur expose les gaspillages et les excès que leur simple visite a permis de mettre en évidence.


    Scandale au Parlement Européen : Argent facile... par LeJournalduSiecle

    http://www.contre-info.com/

  • Tourbillon en rond, à petit patapon, du Mistral vers la Russie

    Au rythme des grands drames de la grande politique française.
    C’était le temps où l’on pouvait encore croire que, par le biais de l’incident d’une vente d’armements avancés, dits « stratégiques », la France pourrait retrouver une grande stratégie forcée par la quincaillerie. On eut cet espoir avec deux perspectives simultanées, dont l’une (le porte-hélicoptères Mistral à la Russie) se concrétisa, et l’autre pas (le Rafale au Brésil).
    La polémique qui accompagna cette vente fut sévère, à la fois de la part des stratèges du parti des salonards, à la fois des alliés qui veulent le bien de la France et ainsi de suite. Les perspectives de « grande stratégie » se sont effacées, au rythme des admirables choix français de grande politique humanitaire, de la Libye à la Syrie, qui ne suscitent pas chez les Russes une particulière estime ; au rythme des grands drames de la grande politique française, du mariage gay déployé à l’image d’une sorte de « plan Schliefen » postmoderniste par le stratège Pierre Bergé à la mort récente d’un jeune homme militant qui fit trembler la République sur ses bases. En France, Sire, on s’occupe désormais de choses sérieuses.
    Parmi celles-ci (les choses sérieuses), il y a la leçon constante de démocratie et d’humanitarisme qu’on se doit d’adresser à la Russie. Même un Fillon, qui connaît pourtant les dossiers, qui a une certaine estime pour les Russes et qu’on croirait doté d’une colonne vertébrale un peu plus ferme que l’habituel éclair au chocolat, s’estime obligé, retour d’un voyage en Russie (en mars 2013), confirmant qu’il s’entend parfaitement avec les Russes, que c’est une entente suffisante pour espérer enfin, – enfin, vous dit-on, – les faire changer d’avis sur la Syrie. Effectivement le moment est bien choisi, l’ambition judicieuse, le projet original. Et tout le monde-Système, lors de l’interview de Fillon à cet égard, gobe la chose et s’en trouve conforté. Grand bien leur fasse.
    Alors, le Mistral, au milieu de cette tempête eschatologique, cela fait un peu décalé. Il se dit le plus sérieusement du monde, à Paris ou sur le chemin de Paris, que la plupart des dirigeants politiques au pouvoir, du président-poire à quelques autres, ignorent complètement cette affaire, et pour quelques-uns d’entre eux l’ignoraient encore complètement il y a quelques semaines jusqu’à ce que l’on le leur rappelle. Littéralement, ils n’étaient pas au courant, et, nous insistons, il faut prendre cette remarque au pied de la lettre ; c’est-à-dire qu’ils avaient vaguement été au courant de l’affaire lorsqu’on le leur en avait parlé, lors de la signature de l’accord, et qu’ils avaient oublié, et peut-être ont-ils, depuis, pour ceux à qui l’on en a parlé, oublié ce qu’on leur a récemment rappelé…
    (Nous l’avions pourtant rappelé, nous, par allusion, au président-poire mais peut-être le président-poire ne nous lit-il pas assez abondamment, assidûment et précisément. Le 27 mai 2013, nous écrivions : «“La Russie continue de fournir des armements. Il faut lui adresser un signe. [...] Oui, un signe, que nous aussi nous pouvons armer” [déclarait Hollande]. Ainsi sera-t-il dit qu’“il peut le faire !”, selon l’observation tonitruante de Francis Blanche. Le président Poutine en sera informé, lorsque la France lui livrera son premier porte-hélicoptère classe Mistral : “Nous aussi, nous pouvons armer”.»)
    Le ministre français de la défense Le Drian en a tout de même été instruit, le 3 juin 2013 selon Novosti, par une remarque de son collègue japonais, passablement inquiet. « Le Japon est préoccupé par les futures livraisons de porte-hélicoptères de classe Mistral à la Russie, a déclaré lundi à Singapour le ministre japonais de la Défense Itsunori Onodera. “Cette décision rompt l’équilibre des forces en Extrême-Orient”, a souligné M. Onodera lors de négociations avec son homologue français Jean-Yves Le Drian en marge d’une réunion des ministres de la Défense des pays d’Asie-Pacifique participant au 12e Dialogue Shangri-La ».
    Quand ces unités seront-elles livrées ? Jusqu’à ces derniers temps, l’on disait unanimement et sans incertitude de langage, l’année prochaine pour le premier classe Mistral, baptisé Vladivostok ; l’année d’après, en 2015, ce serait le tour du Sebastopol. Le conditionnel utilisé ici répond à une incertitude nouvelle qui nous habite devant deux dépêches Novosti qui semblent curieusement contradictoires. Ces dépêches (l’une du 20 juin, l’autre d’hier, du 23 juin) rapportent des déclarations très récentes du vice Premier ministre Rogozine, chargé de la production industrielle d’armement.
    • Le 20 juin 2013, Rogozine déclare que tout sera livré dans les délais prévus et dément des indications que lui-même, selon la dépêche, aurait données sur un retard dans la livraison de la poupe (fabriquée par le chantier naval de Saint-Petersbourg et livrée au chantier naval français assurant la maîtrise d’œuvre). Le texte réaffirme la livraison du Vladivostok pour 2014.
    «Les informations et les rumeurs sur l’incapacité de l’usine de la Baltique à remettre [à l'automne prochain la poupe du premier porte-hélicoptères] dans les délais prévus ne correspondent pas à la réalité. Le navire de classe Mistral sera prêt à temps”, a indiqué M. Rogozine. Le vice-ministre russe de la Défense avait pourtant fait état il y a deux jours des retards dans la remise de la poupe du BPC. M. Rogozine a ajouté que le premier Mistral serait complété avec des équipements et des systèmes d’armes russes. [...]
    »…Le premier navire, baptisé “Vladivostok”, sera livré à la Marine russe en 2014 et le second, “Sébastopol”, en 2015 ».
    • Un texte de Novosti, du 23 juin 2013, donne des information notablement différentes. D’abord, l’annonce d’un retard dans la construction de la poupe (retard qui est démenti) n’est pas mis au débit de Rogozine, mais du ministre adjoint Borisov. Ensuite et surtout, la date de livraison du Vladivostok est citée pour octobre prochain (2013, par conséquent), celle du Sébastopol pour octobre 2014… La dépêche rappelle les dates de livraison données par ailleurs des deux classe Mistral sans autre commentaire qu’un énigmatique “initialement”.
    « L’assemblage du deuxième porte-hélicoptère de classe Mistral destiné à la Marine russe sera achevé en octobre 2014… [Il] sera prêt [à équiper la Marine russe] en octobre 2014″, a indiqué le vice-premier ministre. M.Rogozine a en outre précisé que l’Usine de la Baltique de Saint-Pétersbourg achevait ces jours-ci la poupe du premier porte-hélicoptères. Le premier BPC Mistral sera remis à la Marine en octobre prochain… [...] Le premier navire, baptisé “Vladivostok”, devait initialement être livré à la Marine russe en 2014 et le second, “Sébastopol”, en 2015 ».
    Laissons ce mystère de la date de la livraison, qui ressemble à une salade russe pouvant avoir certains rapports avec des difficultés internes du ministère de la défense et des domaines qui lui sont liés, notamment après le renvoi récent du ministre de la défense pour corruption. Officiellement, tout le monde est très content de l’avancement de la production (voir Novosti, le 31 mai 2013). En principe, le Vladivostok serait opérationnel en 2015 (là aussi conditionnel de rigueur en fonction de ce qui précède, avec tout de même à l’esprit que l’opérationnalité du navire se fait évidemment après un délai important suivant la livraison effective du navire). Quoi qu’il en soit pour le plus tard, – deux ans, c’est court par les temps qui courent, et la “guerre syrienne” pourrait bien être toujours en pleine activité.
    En principe, les deux navires doivent avoir leurs ports d’attache à Vladivostok et à Petropavlovsk-Kamtchatski, sur les côtes russes du Pacifique (voir Novosti le 16 avril 2013). Mais le même officiel de la défense cité dans cette nouvelle, Roman Filimonov, déclare que «[d’]autres bases potentielles sont à l’étude ». En effet, en même temps que les Russes annonçaient la création d’une escadre navale permanente en Méditerranée, avec sans doute la base de Tartus comme port d’attache, tout cela en corrélation au moins conjoncturelle avec la crise syrienne, quelques précisions intéressantes avaient été données à Novosti le 28 février 2013.
    « Les porte-hélicoptères français de classe Mistral qui équiperont la Marine russe pourraient être utilisés comme navires de commandement en Méditerranée, a déclaré jeudi à RIA Novosti une source haut placée au sein de l’état-major des forces armées russes. “Théoriquement, ces bâtiments de guerre peuvent servir de navires de commandement pour le groupement opérationnel [qui sera déployé en Méditerranée]…».
    Du coup, l’affaire prend une couleur intéressante. On peut imaginer, la crise syrienne toujours tambour battant, le Vladivostok cinglant vers Tartus, toutes voiles dehors, sous le regard attristé et nostalgique de “la belle et bonne et alliance” de décembre 1944, du Charles-de-Gaulle et de ses Rafale. Compte tenu en forme d’hypothèse qu’entretemps la position de la France dans la crise syrienne, décidément trop modérée, se serait radicalisée, il pourrait y avoir des occurrences intéressantes, des rencontres qui ne manqueraient pas de sel, ou de piquant.
    Si l’on élargit le cercle critique de l’étrange « coopération » entre la France et la Russie, au niveau de la sécurité et des activités militaires, on trouve divers petits faits significatifs des tensions qui sont en train de se développer, qui rendent l’affaire du Mistral et les ambitions supposées (de « coopération stratégique », justement) tout à fait étranges. C’est ainsi qu’il existe des indications significatives selon lesquelles les Français demandent avec insistance, et avec des arguments de pression également significatifs, aux pays baltes de faire le maximum pour développer une stratégie de harcèlement de la Russie dans divers domaines de la communication, de la bureaucratie, voire dans les relations frontalières. Le cas est intéressant parce que les Français, à tour de rôle comme d’autres pays de l’OTAN, assurent avec leur aviation militaire la sécurité aérienne de ces pays, – on le suppose, contre des pressions ou un harcèlement supposés de la part des Russes. Cette initiative s’apparente beaucoup, d’une façon indirecte mais néanmoins familière, à la tactique de l’“agression douce” que les USA eux-mêmes développent contre la même Russie.
    Doit-on ajouter que le Salon du Bourget n’a pas contribué nécessairement à détendre les relations militaires franco-russes. L’emplacement des avions sur l’aire d’exposition, selon certains, – mais pas nous, – qui y jetèrent un œil n’était pas fait pour mettre en valeur les avions russes, y compris le formidable Su-35, actuel meilleur avion de combat lourd du monde… L’incident de l’hélicoptère Ka-52 n’a pas non plus détendu l’atmosphère, tel qu’il est rapporté par Novosti le 17 juin 2013 : « Les organisateurs du 50e Salon aéronautique du Bourget ont annulé au dernier moment le vol de démonstration de l’hélicoptère russe Ka-52 Alligator, prévu ce lundi, annonce lundi un correspondant de RIA Novosti. Selon un représentant du groupe “Hélicoptères de Russie”, le Ka-52 Alligator a mis en marche ses moteurs et s’est placé sur la piste de décollage, comme prévu par le programme des vols de démonstration. A ce moment, le comité d’organisation du Salon lui a enjoint de couper les moteurs et de regagner sa place. Le vol de l’hélicoptère russe a été remplacé par celui de deux hélicoptères franco-allemands Tigre, construits par Eurocopter ».
    «  Selon une source au sein de la délégation russe, “les organisateurs ont expliqué la modification du programme par la présence du premier ministre français au Salon”. La délégation russe a exprimé son étonnement face à la décision inattendue des organisateurs du Salon, qui ont empêché l’hélicoptère russe de voler et fait preuve de favoritisme envers les hélicoptères d’Eurocopter. L’interlocuteur de l’agence a supposé que si les Tigre avaient volé après le Ka-52, ils auraient moins attiré l’attention du public ».
    De même et à l’inverse, on doit savoir qu’il existe toujours nombre de petites manœuvres de coopération militaire franco-russe. Les Français ont remarqué qu’en certains cas ces temps derniers, ces manœuvres sont décommandées, du côté russe, quasiment la veille ou tout juste, de la date prévue, semant ainsi une pagaille coûteuse. Pour les militaires français, cette sorte d’  « incident » indique sans aucun doute la mauvaise humeur des Russes et doit être interprété comme des marques tangibles de la tension entre les deux pays. Les causes, comme on le sait, ne manquent pas, à commencer bien entendu par l’étrange politique française dans l’affaire syrienne qui peuvent conduire à une position de confrontation quasiment directe entre la France et la Russie.
    …Là-dessus, on se réunira, dans la plus franche amitié coopératrice, pour fêter la livraison du premier classe Mistral à la flotte russe. On peut imaginer les binettes des uns et des autres, s’ils sont présents, du président-poire à son ministre des affaires étrangères qui a découvert in illo tempore que « Assad ne mérite pas d’exister », et qui pourrait désormais découvrir que « ni le Vladivostok ni le Sébastopol ne méritent d’exister »… A moins que nous décidions qu’après tout, ces porte-hélicoptères et navires de contrôle et de commandement ne sont rien d’autre que des ferry boat camouflés, pour assurer le service des touristes, de Grèce en Turquie via le Bosphore, à destination finale de la station balnéaire de Tartus, en Syrie.
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    24 juin 2013