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  • 1793 : L’Août sanglant (partie 2)

    Le 19 janvier 1794, le général Louis-Marie Turreau présente devant les députés de la Convention un plan d’extermination de la Vendée. La «Grande Armée Catholique et Royale» est finalement écrasée à Savenay. Au début de l’année, Henri de La Roche Jaquelein est tué lors d’une embuscade, et d’Elbée est exécuté. Alors que l’insurrection vendéenne semble vaincue pour de bon, la Convention poursuit ses représailles. Le plan de Turreau est le suivant : 24 colonnes pénétreront en Vendée avec la consigne de tout brûler et de tout massacrer. 2.000 Vendéens sont massacrés à Angers, 1.500 à Noirmoutier, 1.800 aux carrières de Gigant près de Nantes. Le représentant en mission Carrier fait noyer 4.000 personnes dans la Loire. Les horreurs perpétrées par ces colonnes leur vaudront dans l’Histoire le qualificatif d’ « infernales ».

    Le plan de Turreau échoue malgré tout. Il a eu l’effet inverse de ce qui était escompté : la Vendée est prête à reprendre les armes. Il est destitué le 13 Mai. Les besoins de la guerre extérieure font que la Convention évacue la Vendée, laissant le temps à la région insurgée de respirer. À Paris,  Robespierre est tombé, la politique de Terreur touche à sa fin. Fatiguée de la guerre civile, la Convention envoie des émissaires à Charette pour lui proposer la paix. Les pourparlers ont lieu à la Jaunaye, près de Nantes. Lazare Hoche prend la tête de l’armée républicaine de Vendée. Il proscrit les pillages et les représailles, ordonne à ses troupes de respecter la liberté religieuse, selon les stipulations de la Jaunaye. On dira de lui qu’il fut le «pacificateur de la Vendée». Dans le même temps, les paysans, dans la mesure où le culte catholique n’était plus menacé, ne voient plus de raisons pour se battre. La paix est finalement signée le 17 février 1795. Charette exige et obtient la liberté religieuse pour la Vendée contre sa soumission à la république.

    Cependant, un ancien chef vendéen, François Charette de la Contrie, tente de reprendre le combat. Le 25 juin 1795, il passe une alliance à Belleville avec des émigrés royalistes et organise un débarquement en Vendée avec le soutien des anglais, en guerre contre le gouvernement de Paris. Ce débarquement, prévus sur la presqu’île de Quiberon échoue lamentablement. Charrette, isolé dans le bocage avec quelques partisans, traqué, est finalement pris le 23 mars à Saint-Sulpice-le-Verdon et fusillé le 29 mars 1796. Un autre chef vendéen, Stofflet, rentre en guerre en janvier 1796 sur ordre des princes émigrés. Il est cependant capturé et fusillé à Angers le 25 février 1796.

    Une question mémorielle

    Au gré des circonstances, comme le souligne Daniel Linderberg (4), la mémoire de la guerre civile a été interprétée, réinterprétée selon les besoins du moment et ce dès le XIXe siècle. Toujours est-il que « depuis 1793, la France est malade de la Vendée » (5). La Vendée reste une « région mémoire » (6), dont les paysages sont marqués par le souvenir de la guerre civile. Il y a quelques dizaines d’années encore, des charniers datant de cette période étaient découverts. La question vendéenne revint sur le devant de la scène à l’approche du bicentenaire de la révolution (1989). En effet, en 1986 la thèse très médiatisée de Reynald Seycher « Le génocide franco-français, la Vendée-Vengée » (préfacée par Pierre Chaunu) a fait l’effet d’une bombe. Deux enjeux majeurs gravitent autour de la question vendéenne : le nombre des victimes et la qualification du phénomène (s’agit-il d’un génocide ?).

    L’estimation du nombre des victimes des guerres de Vendée a longtemps oscillé entre 50 000 et 500 000 morts, voir Six cent mille pour les estimations les plus hautes. Ce dernier chiffre vient du pacificateur de la Vendée, Hoche lui-même. Ce dernier affirme ce chiffre dans une correspondance avec le ministre de l’intérieur dans laquelle il se plaint de certaines critiques estimant sa gestion de la répression trop modérée : « Qu’ils aillent à Beaulieu,, aux Quatre-Chemins, à La Baffière, dans toutes les forêts qui couvrent leur pays, ils y verront la terre couverte de leurs concitoyens ! Six cent mille Français ont péri dans la Vendée. Veut-on encore du sang … ? » (7). Ce chiffre est cependant sans doute surévalué. Il convient en effet de rappeler que « Hoche n’avance aucun élément précis pour appuyer ce chiffre et qu’il partage avec ses contemporains une incapacité à évaluer correctement des grands nombres et une volonté évidente sous le Directoire de « charger » les responsables de la période jacobine » (8). Les ambiguïtés de ce chiffre ne l’ont pas empêché d’avoir une grande postérité. Rien ne précise s’il vise la seule Vendée, ou l’Ouest de la France dans son entier, ou s’il prend en compte les victimes d’un seul camp ou des deux camps. La mémoire commune vendéenne, d’après la Revue du Souvenir vendéen, s’en tient quant à elle au chiffre de 300 000 morts vendéens. En réalité, il est extrêmement difficile de définir précisément le nombre de morts : « Comme François Lebrun l’a opportunément rappelé, les historiens ne disposent d’aucun moyen direct pour évaluer le nombre des morts, une fois qu’ils se sont entendus sur ceux qu’il faut prendre en compte. » (9) Les recherches menées depuis une vingtaine d’années, en histoire démographique, permettent cependant de mieux approcher ce qui a été la réalité du nombre de victime.

    Enfin, la méthode qu’a utilisée R. Sécher pour quantifier le nombre des victimes n’est pas exempte de reproches. Ne pouvant pas compter commune par commune il a cherché une méthode de remplacement. Cette méthode, selon Claude Langlois, « inclut des approximations fâcheuses […] dégage des résultats ambigus » (10). A titre d’exemple, Sécher surévalue la population de la Vendée militaire en incluant la population des villes (quand la majorité des combattants était des ruraux). Par conséquent, le chiffre de 600 000 morts reste une évaluation peu vraisemblable, d’autant plus qu’il s’agit de la population approximative de la Vendée insurgée.

    Cette question est liée à celle de la dénomination génocidaire des guerres de Vendée. Nous venons de voir que la thèse du « génocide » s’appuie sur un chiffre surévalué des victimes. L’utilisation du terme « génocide » pour qualifier la guerre de Vendée n’est pas un fait nouveau. La perception des évènements, autrefois religieuse, a fini par prendre un autre tour. La cruauté, la brutalité, le sadisme des tortionnaires des colonnes infernales est finalement apparu digne de comparaison avec les grands génocides du XXe siècle (notamment en ce qui concerne le massacre de civils, notamment les enfants). La perspective de Pierre Chaunu apporte néanmoins une idée importante : la Révolution serait la matrice des pratiques génocidaires modernes (même si la forme de répression utilisée en Vendée présente des similitudes avec celles utilisées sous la monarchie, par exemple, le sac du Palatinat) (11).

    Selon nous, l’idée de considérer la guerre de Vendée comme un génocide est cependant critiquable. Premièrement, le peuple vendéen ne représentait pas un groupe ethnique à part, dont on aurait voulu se débarrasser. Le vocable utilisé par la Convention pour désigner les insurgés vendéens (« sauvage », « barbare ») ne diffère pas de celui utilisé précédemment par l’Etat royal moderne pour désigner les émeutiers ou les révoltés. De plus, tout lecteur fréquentant nos milieux sait à quel point le terme de « génocide » est fluctuant. Il est de même paradoxal de fustiger les revendications victimaires chez nos adversaires (antiracisme institutionnel, shoah buisness, chantage à l’antisémitisme) et de soutenir indument le même type de revendications quand cela nous renvoie à notre combat. Enfin cela ne fige-t-il pas l’image d’une partie de la lutte nationale et catholique sous les traits d’un martyr sans fin, et donc dans une posture d’infériorité permanente face à la République ? Ne s’agit-il pas d’un autre mythe incapacitant ?

    Ce qui nous semble important de souligner concernant cet épisode de notre histoire est qu’il s’agit avant tout d’une guerre civile aux atrocités initiales partagées, coûteuse autant pour les troupes de la République envoyées sur place que pour les combattants de la Vendée. L’opposition entre les deux camps est avant tout culturel, politique, civilisationnel. Il est toutefois clair que la Révolution ouvre un nouveau cycle dans l’histoire de la violence en politique. La Terreur est-elle le fruit d’une minorité fanatique, ou était-elle imposée par les circonstances ? N’est-elle pas le fruit de l’idéologie révolutionnaire elle-même ? L’idéologie des droits de l’homme promue depuis le 26 Août 1789 rend inhumain quiconque ne va pas dans le sens de ceux qui la prônent. Par conséquent, tout adversaire du camp des droits de l’homme, peut aussi devenir un adversaire du genre humain, et par conséquent, perdre son humanité, ce qui autorise la mise en place de tous les moyens, y compris les plus extrêmes, pour en venir à bout.

    En conclusion, malgré une occultation quasi-opaque en dehors des milieux universitaires, nationaux-catholiques et de la Vendée elle-même, les évènements tragiques des guerres de Vendée posent de nombreuses questions centrales. Celle notamment des crimes de la République, dont l’horreur semble inversement proportionnelle à l’humanisme autoproclamé des coupables. La répression de la Vendée est sans doute une première dans la mesure où pour la première fois que des individus se soulevaient contre la République, la réponse de celle-ci sera celle de tous les autres régimes démocratiques ou républicains modernes : la destruction systématique, au nom des droits de l’Homme. Ces épisodes rentrent aussi dans la longue et sanglante histoire des guerres civiles en France. Conflits civils qui en France comme ailleurs sont souvent les plus brutaux, les plus atroces, les plus mortels (Fabienne Manière rapproche d’ailleurs les guerres de Vendée à la Guerre de Sécession Américaine pour ce qui est de la violence). Conflits civils dont le spectre n’est jamais très loin. Enfin, ces évènements posent la question des mythes incapacitants produits par l’histoire. Paradoxalement, la revendication d’une reconnaissance du caractère génocidaire de la répression de la Vendée (ce qui a finalement peu d’importance compte tenu du fait que cela ne changera rien), si elle laisserait espérer, en cas de victoire, le changement des regards du plus grand nombre sur ces évènements, pourrait constituer un mythe purement incapacitant, en fixant l’attention sur l’horreur de la violence subie plus que sur l’héroïsme des combats menés.

    Notes 

    1. Cité par Fabienne Manière, « 1793-1795, Les guerres de Vendée», pour hérodote.net. 

    2. Idem.

    3.  Les forêts seront abattues, les repaires de rebelles seront détruits, les récoltes seront coupées […] les femmes, les enfants et les vieillards seront conduits à l’intérieur ». Cité par Jean-Joël Brégeon, « La Révolution et la Terreur », dans La Nouvelle Revue d’Histoire, numéro 44, septembre-octobre 2009. Ou encore « Le ministre de la guerre donnera sur-le-champ les ordres nécessaires pour que la garnison de Mayence soit transportée en poste dans la Vendée ; Il sera envoyé par le ministre de la guerre des matières combustibles de toute espèce, pour incendier les bois, les taillis et les genêts… Les femmes, les enfants et les vieillards, seront conduits dans l’intérieur ; il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté, avec tous les égards dus à l’humanité… Les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la république. » (Extrait du décret de la convention nationale du 1er août 1793, A.D.V., 52J4). Cité par Fabienne Manière, « 1793-1795, Les guerres de Vendée», pour hérodote.net.

    4. Daniel Lindenberg, « Guerres de mémoire en France », dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire. N°42, avril-juin 1994. pp. 77-96.

    5. Jean Huguet, Un cœur d’étoffe rouge. France et Vendée, 1793. Le mythe et l’histoire, Paris, R. Laffont, 1985.

    6.  Titre de la contribution de J.-C. Martin à l’ouvrage de P. Nora, Les lieux de mémoire, tome 1, La République, Paris, Gallimard, 1984, p. 595-617.

    7.  E. Cuneo d’Ornano, Hoche, sa vie, sa correspondance, Paris, 1892, p. 227. Lettre du 13 pluviôse an IV – 2 février 1796, au ministre de l’Intérieur. Dans la même lettre, il estime que les quatre cinquièmes de la population mâle ont péri.

    8. Langlois Claude. « La révolution malade de la Vendée ». Dans: Vingtième Siècle. Revue d’histoire. N°14, avril-juin 1987. pp. 63-78.

    9. Idem.

    10. Idem.

    11. Selon François Lebrun, la Révolution a usé de la vieille pratique du « dégât », destruction systématique des habitations comme avaient fait un siècle plus tôt les armées françaises dans le Palatinat.

    http://la-dissidence.org/2014/08/30/1793-laout-sanglant/

  • 1793 : L’Août sanglant

    La période révolutionnaire fait l’objet de mémoires et d’analyses contradictoires. Le discours dominant, l’historiographie républicaine, produit évidemment un récit hagiographique de cette période, à tel point que certains de nos contemporains en viennent à considérer, consciemment ou non, que la France est née en 1789. Les épisodes les plus sanglants, les fautes, et les crimes de la Révolution étaient jusqu’à peu traités soit par euphémismes soit attribués à la seule Convention. Ainsi, la troisième république s’est-elle affirmée comme l’héritière de 1789, en rejetant l’héritage de 1793 comme si l’esprit de la première était dissociable de celui de la seconde. Si les études universitaires ont permis de prendre un recul croissant vis-à-vis des évènements révolutionnaires, la Révolution reste cependant l’objet de débats passionnels et idéologiques. Le cas de la Vendée est dans ce domaine significatif. La mémoire vendéenne dérange, fait tâche, jure avec l’enthousiasme qui entoure généralement les commémorations de la prise de la Bastille, épiphénomène devenu fête nationale… Elle reste malgré tout vivace dans les milieux catholiques et nationaux, et en Vendée même évidemment. Les soulèvements vendéens symbolisent la révolte d’un bon sens populaire, une union des ordres de la société d’Ancien Régime face à la subversion républicaine, face à l’Etat parisien, pour la défense d’un mode de vie. Malgré tout, la mémoire vendéenne parvient à égaler en excès la mémoire républicaine. En ce mois d’Août, mois au cours duquel, en 1793, la Convention a proclamé la destruction de la Vendée en rébellion face à la levée en masse de 300 000 hommes par le gouvernement révolutionnaire, il nous a paru opportun d’effectuer un retour sur ce qui apparait avoir été avant toutes choses une effroyable guerre civile dont les lignes de fractures se prolongent jusqu’à nous.

    Le contexte : la Convention et sa politique de Terreur/La Vendée avant la guerre civile

    Le 10 Mars 1793, la Convention décrète la levée en masse de 300 000 hommes, afin de lutter contre les armées de l’Europe coalisée contre la République française. Dès le lendemain ont lieu les premiers heurts entre les gardes nationaux et des paysans réfractaires à cette levée en masse (en Bretagne, dans les Mauges). Jusqu’ici indifférents à l’agitation parisienne, ces paysans refusent de verser leur sang, et de priver leurs communautés des bras nécessaires aux travaux des champs, pour une cause qu’ils estiment ne pas être la leur.

    La Vendée, quant à elle encore désignée sous le nom de « Bas Poitou » est une terre à part. Les paysans s’y caractérisent en effet par une religiosité pieuse et observant strictement le dogme catholique. Cette religiosité est héritée des disciples du père Louis-Marie Grignion de Monfort (mort en 1716), qui ont donné un nouvel élan aux pratiques religieuses dans ces régions quand celles-ci régressaient dans une bonne partie de la France.

    Ce sont ces mêmes paysans, agités suite à l’exécution du roi Louis XVI et aux mesures antireligieuses des révolutionnaires parisiens, qui s’en prennent, le 10 mars 1793, jour de la levée en masse, aux autorités municipales. Ce soulèvement spontané couvre toute la zone du sud de la Loire qui sera connue par la suite comme la « Vendée militaire ». Le lendemain, le 11 mars, les insurgés marchent sur Machecoul, le plus gros bourg de l’endroit, où se trouvent la garde nationale et la commission de recrutement. Une altercation se produit à l’entrée de Machecoul : la foule, armée de fourches fait face à plusieurs centaines de gendarmes et de gardes nationaux. Ces derniers reculent malgré tout et refluent dans l’intérieur du bourg poursuivis par la foule. Plusieurs sont massacrés avec quelques bourgeois républicains notoires et un curé jureur (c’est-à-dire ayant approuvé la constitution civile du clergé).

    Le 12 mars, les autorités nantaises exigent que les coupables se rendent. Les insurgés constituent un Comité royal et proclament : « Le peuple du Pays de Retz […] déclare […] qu’il ne reconnaît et ne reconnaîtra jamais que le Roy de France pour son seul et légitime souverain [...] qu’il ne reconnaît plus la prétendue Convention nationale, ni les départements, ni les districts» (1).

    Dès le 11 Mars, la Convention créé un tribunal révolutionnaire, flanqué de « comités de surveillance » destinés à l’alimenter. Le 19 Mars 1793, la convention décrète la peine de mort pour les rebelles pris les armes à la main. Ces mesures précèdent l’ouverture de la politique de la Terreur par la Convention, le 5 septembre 1793. Cette politique se met en place progressivement par la suite. Elle vise, selon l’historien François Furet, à « organiser, systématiser et accélérer la répression des adversaires intérieurs de la République, entreprendre la punition expéditive de ‘tous les traitres’ ». Il s’agit donc de la mise en place d’une répression légale, institutionnelle, contre les ennemis de la république naissante. Elle répond à la pression intérieure mais aussi au sentiment d’encerclement provoqué par le déclenchement de la guerre européenne le 20 avril 1792. La façade ouest du territoire est soumise au blocus des anglais, les Autrichiens, Prussiens, Italiens et Espagnols progressent aux frontières, les fédéralistes Girondins voient leur rébellion prendre de l’ampleur, et le soulèvement vendéen fini par atteindre la Loire et Nantes. Les procédures de condamnation sont facilitées et accélérées par la loi du 22 prairial an II (10 Juin 1794) (l’acte d’accusation peut être fondé sur de simples dénonciations, et peut aller de l’incivisme à complot avec les ennemis de la république).

    Une guerre civile

    La constitution d’un comité royaliste marque le début des guerres de Vendée. Les insurgés sont en grande majorité des paysans, des artisans pour la moitié, les autres étant des laboureurs ou des travailleurs de la terre. Ils se choisissent des chefs issus de leurs rangs : Jacques Cathelineau (colporteur voiturier), Stofflet (garde-chasse). Ils manquent malgré tout d’expérience militaire. Ainsi ont-ils cherché des chefs plus expérimentés : d’Elbée, lieutenant de cavalerie, Charette, ancien officier de marine, Bonchamps, d’Autichamp, Lescure, Sapinaud, Talmond… Ces aristocrates se montrent dans un premier temps assez réticents à prendre la tête d’une armée de paysans. Ils  prennent toutefois assez vite leurs responsabilités. Parmi ces nobles, Henri du Vergier, comte de La Roche Jaquelein, âgé de seulement 20 ans, est le plus hardi : «Allons chercher l’ennemi : si je recule, tuez-moi ; si j’avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi» (2).

    Les insurgés, armés de faux et de fourches, chassent les «Bleus» (soldats de la république) et rétablissent le culte catholique dans leurs villages. S’en suit une guerre civile extrêmement brutale. Le 19 mars, une colonne républicaine de 3000 hommes commandée par le général Marcé est mise en déroute par les insurgés à Pont-Charrault. La Convention prend dans la foulée un décret punissant de mort le port la cocarde blanche du roi. Le 23 mars, une bande d’insurgés vendéens tentent d’investir Pornic mais est repoussée par les républicains et 300 d’entre eux sont faits prisonniers et exécutés sans procès. Apprenant la nouvelle, les insurgés de Machecoul exécutent leurs propres prisonniers. Le 27 mars, Pornic est prise par les Vendéens conduits par Charrette. 30 prisonniers capturés lors des combats passent devant un tribunal «royaliste» à Machecoul et sont condamnés à mort, avec quelques dizaines de républicains locaux. Les condamnés sont liés deux à deux par une corde, agenouillés près d’une fosse et fusillés. Cet épisode prendra le  nom des «chapelets de Machecoul». La guerre civile s’étend. Le 22 avril, Pornic est reprise par les républicains.

    Les insurgés parviennent à se fournir en fusils et en canons dans les villes de la région (Bressuire, Cholet, Saumur…). Ils finissent par constituer une «armée catholique et royale» d’environ 40.000 hommes indisciplinés et sans expérience militaire à l’exception d’une dizaine de milliers d’anciens soldats. C’est de plus une armée instable, la plupart de ses membres n’hésite pas à rentrer chez elle sans avoir reçu d’ordre. Néanmoins, elle parvient à remporter un certain nombre de succès, et à conquérir Angers le 18 juin. L’armée des « bleus » qui lui fait face est composée de 40.000 à 70.000 volontaires n’ayant dans l’ensemble pas plus d’expérience militaire. Le 29 Juin, le général en chef vendéen Cathelineau échoue devant Nantes, blessé, il meurt le 14 juillet 1793 et D’Elbée le remplace comme généralissime.

    Aout 1793 : la destruction systématique

    Le 1er Aout, suite au rapport effectué par Barère, appelant à la destruction de « l’inexplicable Vendée », la Convention décide d’adopter une motion qui frappe de destruction et de déportation les populations insurgées (3). La mise en œuvre de ce plan est confiée au général François Westermann. Dans les faits, les exécutants (Carrier, Francastel, Hertz, Merlin de Thionville), généraux, et commissions militaires procèdent de manière brutale et expéditive : fusillades en masse, noyades (les fameuses noyades de Nantes). Gracchus Babeuf déclarera que ce « système de dépopulation » fut la volonté et l’œuvre de Robespierre (ce qui est très simpliste et permet de dédouaner certains autres responsables).

    Le 14 août, les insurgés vendéens défont les républicains à Luçon, entrainant le soulèvement de plus de cent villages de l’Ouest. A la fin du mois d’Août, 20.000 insurgés prennent le contrôle de la région en excluant ou massacrant les républicains et menacent la capitale. Devant la menace, la Convention envoie 100.000 hommes en Vendée sous les ordres de Kléber et Haxo. Parmi eux se trouvent les «Mayençais», des soldats d’élite ayant combattu sur le Rhin. Entre le 19 et le 22 septembre, les vendéens remportent encore cinq victoires en cinq jours (Torfou, le Pont-Barré, Montaigu, Clisson et Saint-Fulgent). Les républicains sont en déroute. Des dissensions entre les chefs vendéens provoquent toutefois la première défaite grave de la révolte, le 17 octobre 1793 à Cholet.

    À suivre 

  • Halte aux mensonges sur la sortie de l’euro

    Il y a plusieurs grands scénarios possibles de retour à une monnaie nationale...   

    Régulièrement des experts avancent un argument d’autorité pour expliquer qu’un retour à une monnaie nationale serait une catastrophe, toujours le même : une sortie de l’euro impliquerait une explosion des taux d’intérêts et par conséquent une augmentation importante du montant de la dette. A chaque débat sur le sujet cette idée anxiogène revient sur le tapis.

    Les Décodeurs (déconneurs pour les intimes) du Monde l’ont doctement professé dans les colonnes du journal. Plus récemment Maître Villemot, avocat et proche de François Hollande, l’affirma sur le plateau du Grand Journal de Canal+ dans un débat face à Michel Onfray.

    Disons le tout net, tout cela est faux. Quelques notions de droit permettent de décrypter quelles seraient les conséquences d’une sortie de l’euro sur les emprunts en cours contractés par les Français.

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  • Prospectives Royalistes de l’Ouest

     Le numéro n° 46 du nouveau journal royaliste unitaire centré sur la région ouest BRETAGNE-LOIRE ATLANTIQUE-VENDEE vient de sortir.

    Vous pouvez le télécharger ici

  • Chronique de livre: Lucien Rebatet, Les mémoires d’un fasciste II (1941-1947), Pauvert, 1976.

    Lucien Rebatet, qu’on a déjà mis à l’honneur sur ce blog (Chroniques de Je Suis Partout et de Dialogue de vaincus), a laissé, avec son livre Les Décombres, paru en 1942 et plus grosse vente sous l’occupation, un témoignage irremplaçable sur les années 1938-1940. Ce livre, dans une version expurgée, fut réédité dans les années 1970 sous le nom Les mémoires d’un fasciste ILes mémoires d’un fasciste II sont donc la suite des Décombres et couvrent les années 1941-1947. Ils sont constitués des mémoires proprement dits qui vont de 1941 à 1944 (Rebatet mourut sans les avoir menés à terme) et de fragments de textes inédits ou non ainsi que d’un article rédigé en 1953.

    Comme dans les Décombres, Rebatet mêle l’actualité du moment, ses opinions et ses souvenirs personnels. On le trouve, début 1941, assez peu charmé par l’idée de collaboration. Comme beaucoup, c’est la déclaration de la guerre à l’URSS par l’Allemagne qui le fait entièrement changer d’avis. A cette époque, à la différence de Brasillach, très attaché au Maréchal Pétain, l’auteur se sent proche de Marcel Déat et vitupère déjà rageusement contre Vichy, son gouvernement composé d’ « hypocrites bourgeois » et ses clans représentant tout ce qu’il déteste : les « anglomanes, agents des banques, prélats » etc. Pourquoi collaborer, Rebatet l’explique : « Pourquoi  nous affirmions-nous fascistes ? Parce que nous avions pris en horreur la démocratie parlementaire, son hypocrisie, son impéritie, ses lâchetés (…) le fascisme représentait le mouvement, la révolution, l’avenir (…) Nous voulions le parti unique, abolissant les sectes politiciennes, le contrôle rigoureux ou l’étatisation des banques d’affaires, la défense des ouvriers et des employés contre l’inhumaine rapacité du capitalisme (…) Nous n’étions pas des convertis par opportunisme. Nous avions déjà choisi nos couleurs dix ans plus tôt (…)  Il se trouvait que nos vainqueurs vivaient sous un régime fasciste, ce qui raccourcissait les distances entre eux et nous »

    Partagé entre Paris et son village natal de Moras, dans la Drôme, Lucien Rebatet décrit sa vie, ses activités, ses rencontres. En premier lieu, la publication desDécombres qui est un succès retentissant, son travail de journaliste politique et de critique et surtout sa passion pour la littérature. Il commence en effet à cette époque à rédiger ce qui deviendra Les deux étendards. Ce manuscrit qui grossit de mois en mois est sa principale obsession et il y travaille le plus possible. A certains moments, sa littérature devient en effet sa « seule passion », sa « seule ambition ». Comme dans les Décombres, nous avons droit à très nombreux portraits et anecdotes. Celles-ci concernent aussi bien les partis politiques de l’époque que des figures plus ou moins connues, toujours croquées avec talent. L’image de mystique un peu fou donnée à Alphonse de Châteaubriant, directeur du journal La Gerbe, est ainsi délicieuse. Céline est désigné comme« notre prophète », Mussolini, quant à lui, est « notre patron ». Les amis et collègues de Rebatet ne sont pas oubliés eux non plus : Brasillach, Cousteau, Lesca, Lambreaux…

    C’est à partir de 1943 que les choses se corsent : le Reich n’est plus invincible. Stalingrad est « la plus lourde défaite de l’Occident ». A Je suis partout, on commence à discuter de l’avenir du journal, ce qui aboutira au départ de Brasillach, ami cher de l’auteur, et à la reprise de l’hebdomadaire par ce dernier et Cousteau. La situation se dégrade pour l’axe et 1944 s’annonce mal. Les revers militaires s’intensifient et, en France, les maquis agissent de plus en plus. Face à leurs pillages et assassinats, il déclare ainsi que « la mollesse de la répression nous indignait ». La situation intérieure change et les collaborateurs voient que le vent a tourné inéluctablement. Philippe Henriot et d’autres sont assassinés. On reçoit des menaces de mort. On sent que certains attendent de se venger. A Paris, on commence donc à sérieusement douter pour sa vie tandis que le débarquement et ses suites n’apportent aucune nouvelle de nature à changer la donne. Le 18 août 1944, ce sera finalement le départ vers Allemagne où Rebatet et sa femme Véronique, au terme d’un épique voyage en compagnie de nombre de grandes figures de la collaboration, arriveront à Sigmaringen, siège du gouvernement français en exil.

    Si Rebatet n’est pas resté en France, comme Brasillach par exemple, c’est pour deux raisons : il se doutait bien qu’on ne lui pardonnerait pas bien des choses (Le dernier éditorial qu’il avait signé pour Je suis partout avait encore pour titre « L’espérance est nationale-socialiste »…) et, de plus, il n’envisageait pas une seule seconde la vie clandestine. Pour reprendre ses mots : « Je n’avais pas la moindre aptitude physique ou morale à la clandestinité ». La fuite en Allemagne est toutefois ressentie par celui-ci comme une énorme humiliation, « la plus terrible catastrophe de mon existence ». C’est abandonner son pays, sa famille, ses biens personnels (dont sa collection de disques et de livres à laquelle cet amoureux de l’art tenait énormément). C’est faire le bilan d’un engagement : « Mon choix n’a rien eu de vil : la collaboration d’abord pour épargner à mon pays les pires conséquences de la défaite que nous avions prévue, ouvrage de nos pires ennemis les antifascistes de tout poil, ensuite par horreur du bolchevisme. Je n’ai brigué aucune place. J’ai gagné de l’argent uniquement par ma plume, pour défendre ce que je croyais vrai… ». Rebatet en veut aux Allemands qui perdent la guerre car « ils n’ont ni voulu ni su prendre la tête de la révolution fasciste en Europe, de l’Ukraine à la Bretagne ».

    Une fois en Allemagne, à Sigmaringen, Rebatet retrouve tout le petit monde de la collaboration qui le fatigue de plus en plus. Ne voulant pas participer à « cette parodie » de gouvernement français ni de près, ni de loin, il voyage un temps dans l’Allemagne en guerre. Il y voit les bombardements meurtriers des alliés, assiste aux destructions massives de ceux-ci et est frappé par le courage des Allemands qui les subissent. Il s’arrête un temps pour travailler au monastère de l’ordre noir d’Hildesheim (Episode évoqué par Saint-Loup dans Götterdammerung). Cette collaboration restera infructueuse mais Rebatet se félicite d’y avoir rencontré les « nationaux-socialistes les mieux dégagés du pangermanisme, les plus conscients de la mission européenne du fascisme ». Son retour à Sigmaringen lui donne l’occasion de continuer son roman mais également de brosser un superbe portrait de Louis-Ferdinand Céline qui est, lui aussi, arrivé dans cette « Colonie française » en novembre 1944. L’auteur de Mort à crédit détone dès son arrivée par son allure plus que négligée qui ne fait qu’étonner ceux qui le voient comme « l’écrivain fasciste, le prophète génial ». Du portrait haut en couleurs laissé par Lucien Rebatet, voici quelques phrases: « la mansuétude de tous les officiers allemands était acquise à Céline. Et il la fallait très large, pour qu’ils pussent fermer leurs oreilles à ses sarcasmes. Car Louis-Ferdinand était bien le plus intolérant, le plus mal embouché de tous les hôtes forcés du Reich ».

    Le 8 mai 1945, Lucien Rebatet se constitue prisonnier en Allemagne. Il a réussi à sauver le manuscrit des Deux étendards en le confiant à sa femme. Emprisonné à Fresnes, il est condamné à mort le 23 novembre 1946 en même temps que Pierre-Antoine Cousteau mais sera finalement gracié quelques mois après. C’est l’évocation de cette période de prison qui constitue la fin de l’ouvrage. Cette partie reprend un article de 1953 paru dans le Crapouillot : « On ne fusille pas le dimanche ».

    Cette suite des Décombres est un autre témoignage capital sur ces années qui virent basculer le destin de la France et de l’Europe. On regrette que ce livre, paru en 1976, soit difficile à trouver ; il mériterait bien une réédition tant pour sa matière que pour l’indéniable talent de plume de son auteur.

    Rüdiger / C.N.C.

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2012/09/27/lucien-rebatet-les-memoires.html

  • PS : après les envolées contre la finance, la valse avec le Medef [Présent n° 8176]

    Exit les déclarations de guerre à la finance et les discours enflammés qui effarouchaient la City ! L’économie sinistrée et les chiffres catastrophiques du chômage aidant, le pouvoir socialiste en est aujourd’hui réduit à faire ce qu’il reprochait hier à Nicolas Sarkozy : la « danse du ventre » devant les « boss » du Medef. Un patronat aux anges, bien sûr, qui a applaudi debout mercredi l’intervention de Manuel Valls.

     

    Une du n°8176 de "Présent"

    Une du n°8176 de “Présent”

    Danse avec les loups

     

    Sa venue était d’ailleurs symbolique, puisque Valls était le deuxième Premier ministre seulement à se rendre à l’université d’été du Medef depuis sa création en 1998. Et il n’y est pas allé pour rien. Devant quelque 3.600 patrons réunis dans le parc du campus de l’école de commerce HEC à Jouy-en-Josas, Manuel Valls a en effet déclaré : « Cessons d’opposer systématiquement (…) Etat et entreprises ! D’opposer chefs d’entreprise et salariés ; organisations patronales et syndicats ! (…) Mesdames et Messieurs les chefs d’entreprise, Mesdames et Messieurs les entrepreneurs, la France a besoin de vous. La France a besoin de ses entreprises. De toutes ses entreprises. » Puis, rendant hommage à leur rôle dans la création de richesses, à la mobilisation de leurs salariés mais aussi au fait qu’« elles risquent les capitaux de leurs actionnaires », le Premier ministre s’est exclamé : « Moi, j’aime l’entreprise ! (…) Il est absurde de parler de cadeaux aux patrons. (…) Une mesure favorable à l’entreprise est une mesure favorable à tout le pays ! » Un discours évidemment très apprécié des patrons du Medef qui attendent avec impatience – entre autres – l’autorisation du travail le dimanche ou encore le recours à l’immigration. Et Pierre Gattaz, peu auparavant, appelait déjà à « cesser de raisonner en termes de donnant-donnant », allusion aux contreparties attendues des entreprises en termes d’emploi…

     

    La face la plus abjecte du libéralisme

    Symbole de ce revirement gouvernemental, qui n’en est pas vraiment un puisqu’il était conseiller économique du président François Hollande et a contribué à élaborer le pacte de responsabilité : l’arrivée à Bercy dugolden boy Emmanuel Macron. C’est-à-dire de la face la plus agressive et la plus abjecte du libéralisme. Millionnaire de gauche, ancien énarque, ancien de la banque Rotschild, Macron fut en 2007 le rapporteur de la fameuse Commission Attali, qui préconisait notamment le recours massif à l’immigration, avec l’arrière-pensée d’entraîner une baisse générale des salaires et la dissolution des peuples… En fait, une fois précisé que le mondialiste enragé, partisan du nouveau nomadisme et de la fin des nations, Jacques Attali, est son mentor(1), tout est dit.

    Sauf que, comme le rappelait Pierre Frehel dans Le Républicain lorrain, «les entreprises ne créeront des emplois qu’en fonction de leurs besoins et pas pour les beaux yeux du Premier ministre, fût-il énamouré. »

    Franck Delétraz

    (1) Il faut lire les ouvrages d’Attali pour bien mesurer le caractère délirant de la pensée qui anime cet homme…

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  • La guerre des graines

    Les graines sont-elles une marchandise ou un bien commun de l’humanité au même titre que l’eau ou l’air ? Dans un avenir très proche, les agriculteurs n’auront peut être plus le droit de replanter leurs propres graines.

    En Europe, une loi émerge pour contrôler l’utilisation des semences agricoles… Derrière cette confiscation, 5 grands semenciers qui possèdent déjà la moitié du marché des graines et cherchent à étendre leur privatisation.

    De l’Inde à Bruxelles, en passant par les campagnes françaises et l’Ile du Spitzberg à 1000 kms du Pôle Nord, Stenka Quillet et Clément Montfort enquêtent sur cette Guerre des Graines qui

    menace plus d’un milliard d’agriculteurs sur la planète.

    http://www.contre-info.com/

  • Libye: est-il encore possible d'empêcher la création d'un "Etat islamique d'Afrique du Nord" ?

    Lu sur le blog officiel de Bernard Lugan :

    "Au point de vue militaire la situation libyenne a considérablement évolué depuis mon précédent communiqué en date du 17 août dernier:

    - A l'Est, en Cyrénaïque, l'offensive du général Haftar a été bloquée par les milices islamistes; le 22 juillet, à Benghazi, le quartier général de ses forces spéciales a même été pris d'assaut.
    - A l'Ouest, en Tripolitaine, les milices de Misrata (Frères musulmans) et les salafistes de Tripoli surarmés par le Qatar et par la Turquie, paraissent prendre peu à peu le dessus sur les milices berbères de Zenten dans la région de l'aéroport principal de Tripoli. Le second aéroport de la capitale, celui de Maïtigua, est déjà contrôlé par les islamistes d'Abdelhakim Belhaj.
     
    La stratégie des salafistes, des Frères musulmans et du Qatar est désormais claire: faire de la Libye une base de déstabilisation régionale. De fait, l'Egypte et l'Algérie sont directement menacées cependant que la Tunisie n'arrive pas à liquider les maquis des monts Chaambi. Quant au Maroc, il va être dans les prochains mois la cible d'un nouveau mouvement fondamentaliste baptisé Unicité et jihad au Maghreb al-Aqsa. Au Sud, le Mali, le Niger et le Tchad vont automatiquement subir la contagion de la situation libyenne.
     
    Le processus de déstabilisation de la Libye a été très largement pensé et supporté par le Qatar qui, dans un premier temps, a utilisé Al-Jazira pour diaboliser le régime Kadhafi. Le bras armé de cet insatiable et arrogant petit émirat fut Nicolas Sarkozy qui, subverti par BHL, imposa l'intervention internationale en reprenant à son compte les mensonges d'Al-Jazira au sujet d'une menace inventée sur les populations de Benghazi.
     
    La situation étant aujourd'hui ce qu'elle est, est-il encore possible d'empêcher la création d'un "Etat islamique d'Afrique du Nord " avec toutes les conséquences régionales qu'aurait un tel événement ?
    Les Européens n'ont comme d'habitude qu'une seule solution à proposer: encore et toujours la démocratie. Le 4 août, jour de sa première réunion à Tobrouk, ils ont ainsi reconnu la légitimité du nouveau parlement pourtant élu par à peine 10% des électeurs, et ils ont appelé ses membres à une "gouvernance démocratique"... Il est difficile d'être davantage déconnecté des réalités, d'être plus prisonnier des nuées, de l'idéologie...
     
    La solution réaliste comporte deux volets, l'un est militaire, l'autre politique:
     
    1) Comme je l'annonçais dans mon communiqué daté du 15 juillet 2014, une triple intervention de l'Egypte, de l'Algérie ( en dépit des déclarations contraires du Premier ministre Sellal) et de la France est dans les cartons.
    2) Si une telle intervention n'a pas encore débuté c'est parce qu'elle doit impérativement se faire en appui à une résistance libyenne. Or, et je viens de le dire, le général Haftar a perdu sa crédibilité. Il devient donc urgent et nécessaire de reconstruire le système d'alliances tribales qui existait du temps du colonel Kadhafi. Sans lui, il n'y aura pas d'intervention étrangère permettant d'abord de contenir, puis ensuite de réduire les salafistes d'Ansar al Charia et leurs alliés en Cyrénaïque, les résurgences duGICL (Groupe islamique combattant en Libye) en Tripolitaine et les Frères musulmans de Misrata.
     
    Or, que cela plaise ou non, Seif al-Islam, le fils du colonel Kadhafi, est le mieux placé pour constituer un tel rassemblement (voir à ce sujet mon communiqué du 17 août). A défaut, toutes les forces islamistes risquent d'être engerbées et coagulées dans un futur "Etat islamique d'Afrique du Nord" à l'imitation de l'EIL d'Irak."

    Marie Bethanie

  • La gauche au pouvoir confie l’économie à la Banque Rothschild

    L’image de la gauche en prend un fameux coup. Définitivement oubliée, la cause ouvrière. L’expression « gauche caviar » n’aura jamais été autant à propos qu’avec ce gouvernement Valls II approuvé par François Hollande.

    Quand même, nommer Emmanuel Macron ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, fallait oser ! Lui, l’énarque devenu gérant de la banque Rothschild…

    Emmanuel Macron, il est vrai, est, malgré son jeune âge, un ami de longue date de cette gauche caviar. L’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée assume sans complexe son ancien rôle de banquier d’affaires chez Rothschild. Lorsque Macron a été, pendant deux ans, le conseiller du président de la république sur les dossiers économiques et financiers, il ne manquait pas d’être simultanément l’oreille des patrons à l’Élysée.

    Ils doivent trouver la nouvelle saumâtre, ceux qui ont voté Hollande en faisant confiance à sa tirade  «Mon ennemie, c’est la finance!»

    Pour compléter le portrait d’Emmanuel Macron, ajoutons qu’il est un spécialiste des œuvres de Machiavel et qu’il fut rapporteur de la Commission Attali en 2007.

    http://medias-presse.info/la-gauche-au-pouvoir-confie-leconomie-a-la-banque-rothschild/14515