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  • Rebatet : « J’aspire à la dictature »

    Lucien Rebatet est né le 15 novembre 1903 dans une famille bourgeoise et catholique de Moras-en-Valloire, un village du nord de la Drôme. Son père est notaire. Il a des origines italiennes par sa mère dont le nom de jeune fille est Tampucci et compte parmi ses ancêtres Hippolyte Tampucci, un grand ami de Gérard de Nerval, qui participa au mouvement romantique. Très tôt il est fasciné par l'armée, en ces années où la France rêvait de revanche. Rebatet va poursuivre ses études secondaires, notamment à Saint-Chamond, chez les Pères Maristes. Il gardera un souvenir très sombre de « ces années d'exil moral et physique dans un pays affreux ». Malgré son éducation catholique, il exècre cette atmosphère religieuse et supporte mal la discipline très sévère qu'imposent les Pères. Mais il va découvrir Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, la peinture et la musique. La révélation de Wagner et des autres grands musiciens allemands va lui faire oublier ses sentiments anti-Boches. Après le baccalauréat, il commence des études de droit et prépare une licence de philosophie. Il va séjourner deux ans et demi à Paris où il vivra, dira-t-il, « les années les plus riches de son existence »

    Etudiant pauvre, assoiffé de liberté et de culture, il survit en assurant des surveillances dans des lycées. La politique ne l'intéresse pas encore vraiment, mais il lit L'Action française qu'il définit comme « le seul journal lisible ». Il loue « le grand bon sens de Machiavel » qui voyait l'humanité telle qu'elle est, contre les divagations du progrès continu et les quatre vents de l'esprit. En 1924, Rebatet écrit à un de ses amis n'avoir « jamais eu dans les veines un seul globule de sang démocratique » et il ajoute : « Nous souffrons depuis la Révolution d'un grave déséquilibre, parce que nous avons perdu la notion du chef... J'aspire à la dictature, à un régime sévère et aristocratique ». En 1927, il effectue son service militaire en Allemagne comme deuxième classe. C'est le bonheur. Il retrouve son goût pour l'armée et l'art de la guerre. Sa conscience politique se développe. Le voici abonné à L'Action française. Il admire Mussolini, méprise les partis de gauche et participe à plusieurs actions des Camelots du Roi. Et puis, il lit Nietzsche... Installé à Paris, il fréquente les peintres, les cinéastes, les écrivains, les musiciens.

    REBATET JOURNALISTE

    Il entre en journalisme dans le quotidien de Charles Maurras pour y tenir une petite rubrique musicale. Et puis, il se voit aussi confier la critique cinématographique qu'il écrira en usant du pseudonyme de François Vinneuil. Il est très vite reconnu comme l'un des critiques les plus brillants et les plus influents de Paris. Nommé secrétaire de rédaction des pages littéraires, il côtoie Charles Maurras, Robert Brasillach et Thierry Maulnier. Il va épouser en 1933 une jeune étudiante roumaine, Véronique Popovici. Leur mariage, qui durera jusqu'à la mort de Rebatet, sera « parfaitement heureux ». Véronique Rebatet fera preuve d'un courage, d'une fidélité, d'une ténacité extraordinaires durant les années de prison vécues par Lucien. Ce dernier, en plus de l'Action française, collabore à d'autres journaux et revues dont Candide, La Revue universelle et surtout, à partir de 1932, à Je suis partout où il tient la rubrique cinématographique. Il effectue en même temps ses premiers reportages politiques et apparaîtra rapidement comme l'un des rédacteurs les plus en vue, des plus virulents. Rebatet se montre déçu par Charles Maurras, sa germanophobie, sa désinvolture, faisant, paraît-il, des mondanités avec des duchesses décaties quand Paris était à feu et à sang le 6 février 1934. On lira dans Les Décombres des pages extraordinaires dans lesquelles Rebatet ne se montre guère tendre avec le maître de Martigues. Et puis, les événements se précipitent.

    REBATET FASCISTE

    Tout contribue à orienter Rebatet vers le fascisme et l'antisémitisme. Il est séduit par la politique hardie de Mussolini, l'incroyable rétablissement de l'Allemagne nationale-socialiste. Il est révolté par le "bellicisme" des juifs et leur place démesurée dans la vie politique, commerciale, artistique et intellectuelle de la France. Rebatet est très marqué par la lecture de Bagatelles pour un massacre de Céline. Il découvre lors de plusieurs visites en Allemagne et en Europe centrale, les réussites des nationaux-socialistes et la crasse des ghettos juifs.

    Bref, Rebatet est devenu le spécialiste de la « question juive » et apparaît comme le plus antisémite des journalistes de Je suis partout, ce qui n'est pas peu dire. Brasillach le décrit ainsi : « Toujours justement irrité, le plus opiniâtre et le plus violent d'entre nous. Il est un des plus remarquables polémistes que je connaisse : car il a tout, la verve, le style, la verdeur, le don de voir, le talent de caricaturer, et même parfois le sentiment de justice. Toujours en colère contre les hommes, les choses, le temps, la nourriture, le théâtre, la politique, il établit autour de lui un climat de catastrophe et de révolte auquel nul ne résiste ». Rebatet est, par ailleurs, un conférencier hors pair, usant de sa voix de stentor et de son élocution facile.

    LES ANNEES 1940-1945

    Arrivent la guerre et l'armistice. Il va se retrouver à Vichy où il adhère au « Comité de constitution du parti national unique », créé par Marcel Déat. Mais il ne tarde pas à déchanter. Il est rapidement « écœuré par les intrigues de cette cour ridiculement balnéaire, par le gaullisme qu'y affichent en toute impunité maints hauts personnages, par les inspecteurs des finances et les gens du Comité des Forges aussitôt installés aux postes de commande pour bloquer toute velléité de révolution ». Il rentre à Paris et devient chef du service politique et chroniqueur théâtral au Cri du peuple, le journal de Jacques Doriot. En février 1941, Je suis partout reparaît enfin. Rebatet rejoint évidemment l'équipe et se plonge dans l’écriture des Décombres. Je suis partout connaît un succès extraordinaire. Il va tirer jusqu'à 300 000 exemplaires en 1943 ! Rebatet y reprend ses fonctions d'avant-guerre , écrit les éditoriaux, tient la rubrique cinéma et publie des reportages politiques dont la plupart sont dirigés contre le gouvernement de Vichy. L'entrée des troupes allemandes en Russie enflamme Rebatet. Le voici un collaborateur des plus actifs. Il se situe « nettement à la gauche de la collaboration, anticlérical, antivichyste, antisynarchiste ». En avril 1942 paraissent chez Denoël les Décombres, son pamphlet extraordinaire qui va rencontrer un succès phénoménal qui fera de lui « la vedette de la saison littéraire 1942-1943 ». Il y règle notamment ses comptes avec Maurras, intitulant un des chapitres « Au sein de l'Inaction française », dépeignant ainsi le vieil homme : « Maurras, catholique sans foi, sans sacrements et sans pape, terroriste sans tueurs, royaliste renié par son prétendant, n'avait été, en fin de compte, que l'illusionniste brillant de l'aboulie ». Je ne m'étendrai pas davantage sur Les Décombres, car nous consacrerons prochainement une page dans RIVAROL à ce monument qui va être réédité dans la collection Bouquins chez Robert Laffont.

    Mais la guerre prend mauvaise tournure. Rebatet sait que la partie est perdue mais poursuit sa collaboration à Je suis partout par « pure bravade ». Lors du meeting des « pas dégonflés », en janvier 1944, il conclura son intervention sulfureuse en criant : « Mort aux j…s ! Vive la révolution nationale-socialiste ! Vive la France ! » Provocateur en diable, son dernier éditorial paru dans Je suis partout en juillet 1944, alors que les Anglo-Américains ont débarqué, a pour titre : « L'espérance est nationale-socialiste ! » Mais il faut fuir. Il quitte avec sa femme Paris en direction de l'Est dans un camion de la Wehrmacht qui fait partie d'un convoi de doriotistes et de miliciens. Direction Nancy, où ils ne restent que trois semaines avant de rejoindre Metz, puis Strasbourg puis Baden-Baden. Et puis, le 17 septembre, Rebatet va retrouver la crème de la Collaboration à Sigmaringen. Il va y passer l'essentiel des 8 mois suivants à travailler à ce roman qui sera son chef-d'œuvre, Les Deux Etendards. Le 8 mai 1945, il se livre à la Sécurité militaire de Feldkirch, en Autriche, et est transféré à la prison de Fresnes en début du mois d'octobre.

    LA CONDAMNATION A MORT, PUIS LA PRISON

    Le juge Zousmann aimerait qu'il soit exécuté le plus rapidement possible, mais la procédure prend du temps. Persuadé que ses jours sont comptés, il avance à marches forcées dans l’écriture de son livre. Le procès de Rebatet, ainsi que celui de ses compagnons de Je suis partout, Claude Jeantet et Pierre-Antoine Cousteau s'ouvre le 18 novembre 1946- On ne peut pas dire que, contrairement à Cousteau, il fit preuve d'un courage exceptionnel. Il chercha notamment à rejeter sur Maurras la responsabilité de ses premières actions politiques et confessera un certain nombre d'erreurs commises en tant que journaliste et pamphlétaire. Mais tel était Rebatet : d'un formidable courage intellectuel mais, disons, d'un courage physique tout relatif. L'auteur du livre ne raconte pas, et c'est un peu dommage, cet épisode hilarant qu'a narré Jean-Hérold Paquis, dans ses mémoires(Des Illusions, Désillusions! ), un livre extraordinaire qui est, à mon avis, avec Les Décombres, le meilleur livre de mémoires paru en cette période. Hérold Paquis sera condamné à mort et fusillé. Il raconte que le train qui transportait les fugitifs vers Strasbourg avait été survolé par des avions anglais. Le train stoppa et, à la stupeur générale, Rebatet sauta du train, se précipitant dans un champ de betteraves, cherchant à se camoufler en se couvrant la tête de fanes. L'hilarité fut générale...

    Rebatet et Cousteau seront condamnés à mort par la Cour de Justice de Paris, le 23 novembre 1946. Rebatet passera les quatre mois et demi suivants dans la sordide section des condamnés à mort de Fresnes, les chaînes aux pieds et dans l'attente de son exécution ou de sa grâce. Il sera gracié par le Président de la République, Vincent Auriol, suite à la mobilisation d'intellectuels, dont Albert Camus, François Mauriac, Jean Paulhan et Paul Claudel qu'il avait pourtant, pour certains, durement vilipendés. Avant de quitter la section des condamnés à mort, il écrivit sur le mur de sa cellule les fameuses paroles de Mathilde de La Mole dans Le Rouge et le Noir : « Je ne vois que la condamnation à mort qui distingue un homme. C'est la seule chose qui ne s'achète pas. » Sa peine ayant été commuée en travaux forcés à perpétuité, le voici contraint de marcher « 25 kilomètres par jour à briser des souliers pour l'armée » ! Rebatet va enfin, après deux ans et demi de ce régime, pouvoir récupérer la dactylographie de son roman et y mettre le point final. En février 1952, Gallimard publie Les Deux Etendards, cet extraordinaire chef d'œuvre, dans l’indifférence quasi-générale. Pol Vandromme décrira ce livre comme « l'histoire d'amour la plus belle de toute la littérature contemporaine » et le journaliste Philippe Meyer raconte que « François Mitterrand divisait le monde en deux : ceux qui avaient lu Les Deux Etendards et ceux qui ne l'avaient pas lu... » Mais la parution de l'ouvrage contribue cependant à accélérer sa libération. Il est relâché le 16 juillet 1952, après sept ans et deux mois de prison.

    UNE NOUVELLE VIE COMMENCE

    Sa nouvelle vie est loin d'être facile. Il se retrouve interdit de séjour à Paris où réside pourtant sa femme. Il mène une « existence demi-misérable dans un pavillon de Montmorency » et connaît les pires difficultés à gagner sa vie. Mais il retrouve le journalisme, assurant, toujours sous le pseudonyme de François Vinneuil, la rubrique cinématographique de Dimanche-Matin, puis, plus tard, du Spectacle du Monde et de Valeurs actuelles. Et puis, motivé par les événements d'Algérie, il retrouve une tribune politique à RIVAROL où il écrira jusqu'à sa mort en 1972. Les idées qu'il défend dans notre hebdomadaire reflètent une évolution certaine de sa pensée et nous apparaissent, pour quelques-unes d'entre elles, comme fort contestables. Il se montre étonnamment progressiste sur la question de la décolonisation, qu'il juge "irréversible", dénonçant violemment le racisme des Blancs envers les populations colonisées. Farouchement opposé à De Gaulle, il soutient, comme Tixier au demeurant, Mitterrand au deuxième tour de l'élection présidentielle de décembre 1965. Il approuve l'Alliance atlantique, ce qu'il convient, certes, de situer dans le contexte de la menace soviétique. Plus étonnant encore, Rebatet soutient Israël pendant la guerre des Six-jours en juin 1967 et exprime son admiration pour le général Moshe Dayan, ce que nous ne pouvons évidemment approuver.

    Mais Rebatet reste à bien des égards le personnage qu'il a été. Il reste inflexible dans son anticommunisme et son mépris de la démocratie. Une « profession de foi » intitulée « Comment peut-on être fasciste ? » paraîtra après sa mort. Il y écrit : « Je reste un fiévreux du fascisme car je tiens le marxisme pour le fléau majeur de notre siècle ». Vers la fin de sa vie, Lucien Rebatet était devenu un homme aigri qui a « beaucoup trimé, pour un modeste profit, avec une résignation coupée d'accès de rage », s'indignant qu'on ait « conspiré à lui fermer le bec ». Robert Poulet le décrit ainsi. « Il a eu des torts, il n'était pas sympathique ; il grognait ou gueulait tout le temps. » Quant à Jean Paulhan, qui a beaucoup soutenu Rebatet, il a déclaré : « Il est toujours mécontent ». Robert Poulet l'avait dépeint ainsi, peu de temps après la disparition de l'homme des Décombres : « Un petit homme vif, le masque taillé pour l’invective, le vocabulaire poissard, qui, tout à coup, s'affinait d'une manière exquise, l'esprit toujours en éveil, le cœur dur et la peau ultra-sensible, une amertume affreuse, à cause de la "conspiration du silence", mais l'assurance d'avoir raison un jour de tous les muets-par ordre et des sourds-volontaires ». L'amertume de Rebatet s'explique aussi par ses problèmes de santé. Il souffrait de rhumatismes qu'il avait contractés en prison et qui n'en finissaient pas de s'aggraver. Le 24 août 1972, alors qu'il se trouve à Moras en vacances, il est foudroyé par un infarctus. Au moment de sa mort, il projetait d'écrire Une histoire de la peinture, qui aurait fait pendant à son Histoire de la musique, un livre exceptionnel qui est unanimement admiré, mais il travaillait surtout, depuis décembre 1970, à ses mémoires. Lucien Rebatet repose au cimetière de Moras-en-Vallore où l'a rejoint, en octobre 1988, sa fidèle épouse Véronique.

    Notre temps manque cruellement de polémistes et de pamphlétaires du talent, du courage et de la force d'un Rebatet.

    R.S. Rivarol du 1er octobre 2015

     

    Lucien Rebatet, de Pascal Ifri, 120 pages, 17 euros port inclus ; collection Qui suis-je ? A commander dans nos bureaux.

  • Front National: panique à l’UMPS


    Si les partis installés voulaient enrayer la montée du Front National, il aurait fallu, depuis le début, prendre en compte ses revendications politiques, ne pas considérer ses électeurs comme des citoyens de seconde zone et ses dirigeants comme de diaboliques créatures.
    Au lieu de cela, droite et gauche confondues ont cru habile de multiplier les obstacles légaux ou réglementaires pour freiner son ascension. C’est ainsi que l’on a relevé le nombre des parrainages pour postuler à l’élection présidentielle, élevé le seuil des suffrages nécessaires pour concourir au second tour des législatives et des municipales.

    En8469-Une 1998, après que le FN eut atteint plus de 14 % des voix, on abandonna la proportionnelle intégrale aux régionales au profit d’un scrutin mixte, comportant une prime en sièges pour la liste faisant la course en tête. Ainsi, pensait-on à l’UMPS, tout était verrouillé pour empêcher le Front national de conquérir une région.
    Malgré ces manœuvres de retardement, misérablement politiciennes, les idées frontistes n’ont cessé de progresser, dans les têtes, les cœurs et les urnes. Et ce qui était efficace, quoiqu’inique, avec un Front à 15 %, ne l’est plus quand il tutoie les 30 %. Pis : la machine à éliminer la droite nationale se retourne contre ses inventeurs ! Les Républicains et les socialistes s’en aperçoivent en ce moment dans la panique. Le plus embarrassé est le PS, car ses champions locaux devront très souvent se contenter de la troisième place.

    Que faire ? On a parlé de dilemme, il faudrait plutôt user du néologisme « trilemme », car il y a trois réponses possibles et autant d’inconvénients pour le PS. Se retirer purement et simplement devant le candidat LR et être absent de l’assemblée régionale pendant six ans ; fusionner avec Les Républicains et rendre encore plus ostensible la complicité entre socialistes et libéraux ; enfin, se maintenir et être accusé d’avoir permis au FN d’accéder à la présidence d’une région.
    Pour cette dernière option, le grand maître du Grand Orient vient d’intervenir pour la proscrire, au motif que « la République est en danger », c’est pourquoi « en ce qui concerne les élections à venir, le désistement républicain est le minimum à faire ». Le grand maître n’a pu que féliciter Cambadélis et Sarkozy d’avoir anticipé ses consignes en unissant leurs efforts pour empêcher Marine Le Pen de s’exprimer sur France 2, au nom de « la solidarité entre partis républicains », dixit Sarko.

    Mais les sarkozystes ne sont pas plus à l’aise. Notamment en PACA et dans le Nord, où Estrosi et Bertrand sont condamnés au grand écart. Au premier tour, ils doivent droitiser leur discours pour tenter de prendre des voix aux candidates frontistes, tandis qu’au second il leur faut conquérir des électeurs de gauche dont l’appoint leur est nécessaire. Déjà, à la vue des sondages, nos deux sarkozystes n’attaquent plus la gauche qu’à fleurets mouchetés. Que sera-ce entre les deux tours ! Ils n’iront pas jusqu’à lever le poing en chantant l’Internationale, mais leur danse du ventre pour séduire les électeurs socialistes sera un plaisant spectacle.

    Guy Rouvrais

    http://fr.novopress.info/

  • Bon vent au Commando Ponchardier !

    Jusqu'alors au nombre de six (Trépel, Jaubert, Montfort, Penfentenyo, Hubert et Kieffer), les très prestigieuses unités de Commandos marine sont passées au nombre de sept, le 11 septembre dernier, avec la création d'un nouveau commando au nom particulièrement évocateur : le Commando Ponchardier.

    « À la vie, à la mort ! »

    Rappelons que le « Ponch' », Grand Officier de la Légion d'honneur, Compagnon de la Libération, titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 avec six citations, de Croix de guerre TOE avec 18 citations, de la Croix de la valeur militaire avec une citation, médaille de la Résistance et médaille des Evadés, est une des légendes de notre marine.

    Héros des combats de 40 et de la Résistance, Pierre Ponchardier (1909-1961) avait, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, pris le commandement d'un groupe de commandos parachutistes pour aller combattre en Indochine. Entre octobre 1945 et août 1946, au cours de plus d'une centaine de coups de main et d'opérations spéciales, Ponchardier et ses fameux « Tigres », fidèles à leur devise « A la vie, à la mort ! », allaient mener une vie d'enfer aux Viêts. Au point que le général Juin, citant son unité à l'ordre de l'Armée le 30 avril 1946, avait affirmé que « le commando Ponchardier restera pour la marine et les troupes coloniales un magnifique exemple des plus hautes qualités guerrières pratiquées dans l'union et l'enthousiasme le plus parfait ».

    Plus tard commandant du porte-avions La Fayette (1954-1955), commandant de la demi-brigade de fusiliers-marins en Algérie, major général du port de Toulon (1957), commandant  de l'Aéronavale en Méditerranée (1957-1958), sous-chef d'état-major général de la marine (1958-1960) puis commandant de la zone maritime de l'Atlantique sud et de la base de Dakar, l'amiral Ponchardier trouva la mort en janvier 1961 dans un accident d'avion au Sénégal.

    En première ligne

    Remettant officiellement le 11 septembre dernier au nouveau commando son fanion ainsi que les décorations héritées du groupement autonome Ponchardier, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, après avoir indiqué à ses hommes que, « désormais la mémoire de l'amiral Pierre Ponchardier guide vos pas », a expliqué que « cette création (...) intervient dans un contexte lourd de menaces directes pour la sécurité de la France et des Français - le terrorisme djihadiste étant la première d'entre elles » et que, dans ce contexte, « la force maritime des fusiliers marins et des commandos est plus que jamais au cœur de notre stratégie globale de défense. Elle est en première ligne dans la lutte contre le terrorisme. Que ce soit à l'offensive pour les commandos marine ou dans la défensive pour les fusiliers marins, qui assurent la protection de sites stratégiques ».

    Emmenée par le capitaine de corvette Yann Guillemot, qui a pas mal roulé sa bosse et commandait jusque-là la base des fusiliers marins commandos de Lanester, cette septième unité de Commandos marine, forte de 150 personnes aux compétences multiples et projetables à tout moment, viendra sans nul doute rapidement épauler ses consœurs dans leurs missions « un peu spéciales ».

    Franck Delétraz Présent du22 septembre 2015

     

    franck.delétraz@present.fr

  • Maurice Gendre : « pour beaucoup d’Européens de l’Ouest la coupe est archi-pleine »

    Chroniqueur pour l’émission francophone de Radio Bandera Nera, Méridien Zéro, Maurice Gendre est un observateur averti de l'information internationale.

    RIVAROL : Que pensez-vous des effets de la crise migratoire sur l'Europe?

    Maurice GENDRE : Nous vivons ce que j'appelle la phase 2 de la submersion migratoire. La première est celle que nous avons subie au cours des quarante dernières années. Elle avait pour but de transformer le paysage humain de l'Europe de façon continue mais en partie insidieuse.

    La phase 1 a bouleversé nos modes de vie et nos mœurs, a contribué à faire exploser nos dépenses sociales, a fait surgir de nouvelles formes de délinquance et de criminalité, a permis à un grand patronat sans scrupules de pratiquer une pression salariale sournoise, a posé les bases de possibles troubles civils d'une gravité extrême.

    On peut parler d'un des crimes les plus graves jamais commis contre la France ; une trahison sans équivalent dans l'Histoire de France qui ferait passer le honteux traité de Troyes pour un modèle de dignité.

    La phase 2, elle, vise purement et simplement à transformer la France et l'Europe en un véritable vide-ordures planétaire. Contrairement à l'ineffable Francis Huster, j'ai beaucoup de mal à croire que parmi ces marées extra-européennes se trouve le nouveau Montaigne.

    Si on en croit les mises en garde du renseignement intérieur allemand, nous avons beaucoup plus de risques d'y croiser de futurs Khaled Kelkal que l'auteur des Essais.

    De plus, l'Etat islamique (El) n'a pas fait mystère de son envie d'utiliser cette déferlante migratoire pour s'infiltrer en Europe plus aisément.

    L'arrestation en Italie d'un Marocain soupçonné d'avoir participé à l'attentat du Bardo en Tunisie, et qui était arrivé sur une embarcation clandestine partie de Libye en février dernier, constitue une première alerte très sérieuse. Mais celle-ci ne sera probablement pas prise en compte. Il y a quelques semaines, un conseiller du gouvernement libyen a également affirmé à la BBC que Daesh, implanté en Libye, faisait monter sur de petits navires des djihadistes en direction de l'Europe. Mais là encore cette menace est minimisée voire est qualifiée de « fantasme de l’extrême droite » par les Amis du Désastre comme les qualifie fort justement Renaud Camus.

    Enfin, outre des associations comme SOS Méditerranée soutenue financièrement par BNP-Paribas, il ne faut surtout pas omettre de mentionner le rôle de fondations américaines comme le très libertarien Ayn Rand Institute ou celui de l'Open Society de George Soros qui affirme sans détour sur son site soutenir les associations venant en aide aux "migrants" légaux et illégaux. En effet, certains cénacles géostratégiques américains voient d'un très bon œil cette déferlante migratoire sur l'Europe, une façon comme une autre d'affaiblir un peu plus le Vieux Continent.

    R. : La prise de position de l’Allemagne est-elle la conséquence de 70 ans de culpabilisation, de rééducation et de logique libérale ?

    M. G. : Absolument. Mais désormais on a l'impression que l'Allemagne souhaite embarquer tous les Européens dans sa pulsion de mort, son désir d'auto-anéantissement et son masochisme moralisateur ; attitude désarmante qui était déjà à l'œuvre dans le cadre de la crise grecque à travers cette volonté d'humilier toujours un peu plus les Hellènes.

    Sans parler des changements continuels de la politique berlinoise dans le conflit russo-ukrainien. Un jour des sanctions contre la Russie, le lendemain les accords de Minsk II, etc.

    Une politique de Gribouille qui s'explique aussi par les divisions au sein des classes dirigeantes allemandes : l'oligarchie outre-Rhin présente un discours moins univoque que le nôtre. Les tensions sont sourdes mais réelles entre les réseaux atlantistes et les milieux russo-compatibles par exemple.

    Dans la crise migratoire, on voit bien que les obsessions du grand patronat allemand sont éloignées des inquiétudes des services de renseignement. De même, la CSU, branche bavaroise de la CDU, semble être en désaccord avec le parti-frère sur cette question.

    Semaine 1, Docteur Angela ouvre grand les frontières et propose « d'accueillir 800 000 migrants » et, semaine 2, Mister Merkel remet en cause les accords de Schengen.

    En fait, l'Allemagne ne sait tout simplement plus qui elle est, où elle va, comment et surtout pourquoi. Malheureusement, elle n'est pas la seule dans ce cas en Europe...

    R. : La responsabilité des gouvernements occidentaux est totale dans le phénomène avec leur rôle nocif dans la destruction de l'Irak, de la Libye et de la Syrie. Comment la « guerre pour la Démocratie » a-t-elle apporté les pires ravages aux pays qu'elle devait libérer de la dictature ?

    M. G. : C'est tout à fait exact. Rappelons d'ailleurs à l'impayable Fabius que l'EI n'a pas été créé par Bachar el-Assad mais a vu le jour en 2006 en Irak et s'appelait d'abord Etat islamique en Irak avant d'être  renommé  Etat islamique en Irak et au Levant à partir d'avril 2013, pour finalement s'appeler Etat islamique (El) après la proclamation du califat par Abou-Bakr Al-Baghdadi à l'été 2014.

    On ne dira jamais à quel point cette politique systématique de déstabilisation, ce prétendu « chaos créatif », ces interventions "humanitaires", ce funeste « devoir d'ingérence » remaquillé par quelques spécialistes de l'ingénierie sociale en « responsabilité de protéger » (la fameuse R2P) et la tarte à la crème du nation-building ont provoqué des centaines de milliers de morts, des blessés et des invalides en nombre incalculable, coûté la vie en très grand nombre à des jeunes soldats américains et européens sur ces théâtres d'opérations.

    Le bilan humain est effroyable, les résultats calamiteux. La menace terroriste n'a jamais été aussi élevée, les déplacements de populations prennent une tournure d'exode biblique et le chaos semble être installé pour un très long moment, en Libye notamment. Sauf peut-être si l'un des fils Kadhafi, Seif ai-Islam, revenait aux manettes. Et là, on est évidemment tenté de dire : tous ces massacres pour en arriver là. 

    Les Bush,Blair, Sarkozy, Cameron, Juppé, Fabius, BHL, Obama, Hollande, les Clinton, sans oublier les dirigeants israéliens successifs toujours en embuscade, sont responsables ET coupables de ces tragédies. Tous épaulés évidemment par les monarchies pétro-gazières du Golfe et les néo-ottomans Erdogan et Davutoglu.

    R. : Que vous inspire la campagne médiatique pour l’accueil des "migrants" ?

    M. G. : Tout d'abord, vous avez parfaitement raison de mettre "migrants,, entre guillemets. Utilisons les expressions qui conviennent et parlons de clandestins voire carrément d'envahisseurs. D'après la définition du dictionnaire Larousse "envahir" consiste à : « pénétrer quelque part en nombre, de manière abusive ou non autorisée ; occuper, faire irruption dans un lieu ». Le terme "envahisseur" convient donc parfaitement à la situation présente.

    La campagne médiatique à proprement parler est une opération psychologique de grande envergure. Même les promoteurs du « Je suis Charlie » et autres thuriféraires de l'introuvable « esprit du 11-Janvier » ont été littéralement enfoncés . Toutefois, cette entreprise de sidération, même si elle a partiellement fonctionné, n'a pas eu l'ampleur de celle de janvier dernier. Il faut dire que les Européens de l'Ouest, malgré 70 ans de culpabilisation intensive et une auto-flagellation de tous les instants, ont plus que goûté depuis quatre décennies aux "délices" du multiculturalisme mortifère et à son cortège de grandes misères. D'où un emballement somme toute très relatif pour une nouvelle campagne sur le thème « laissez venir à nous les petits immigrés ». Bien sûr, certains zombies subsistent (les Charlie notamment) et en demanderont toujours plus mais pour beaucoup d'Européens de l'Ouest la coupe est archi-pleine voire déborde totalement. Et depuis longtemps.

    Pour nos frères d'Europe de l'Est, leur seuil de tolérance est heureusement bien moins élevé que le nôtre et leur système immunitaire n'est pas aussi affaibli.

    C'est là un des très rares avantages qu'a pu présenter le soviétisme : le soviétisme pétrifie. Et quand celui-ci par bonheur se désagrège, il laisse à peu près intactes les structures ou permet de les faire renaître plus aisément, tandis que le libéralisme-libertaire, lui, liquéfie absolument tout. Difficile de rebâtir quelque chose de solide et de tangible après une liquéfaction.

    A propos du soviétisme, je me permets une parenthèse, il n'est pas inutile de remarquer que c'est déjà la courageuse Hongrie qui s'opposait au Moloch soviétique en 1956, et c'est encore aujourd'hui la patrie de Saint Etienne qui tente de faire face au monstre européiste et à ses diktats. Viktor Orban était d'ailleurs un opposant durant la période communiste. Difficile de ne pas faire un parallèle.

    R. : Les média du Système évoquent les théories complotistes pour attaquer les thèses dissidentes. Que vous évoque ce genre d'arguments ?

    M. G. : Difficile de ne pas y voir une forme d'embarras. Aujourd'hui pour qui se donne l'effort de fouiller et de creuser un peu, tout ou presque, peut être trouvé. Pierre Hillard a découvert des dossiers incroyables en travaillant quasi uniquement à partir de sources ouvertes !

    Les ploutocrates transnationaux sont comme les tueurs psychopathes. Très souvent ces derniers ne peuvent s'empêcher de revenir sur les lieux de leurs crimes, l'hyper-classe, quant à elle, ne peut s'empêcher de laisser à droite à gauche (sur internet notamment) les traces de ses méfaits. Et le tout consultable gratuitement et librement sur les sites officiels des gouvernements, des fondations, des officines et autres organisations para-gouvernementales. Peut-être faut-il aussi voir derrière ces preuves de culpabilité laissées ça-et-là, tels des Petit Poucet maléfiques, un sentiment d'impunité et de toute-puissante qui confirme, s'il en était encore besoin, que certains dirigeants sont d'authentiques sociopathes.

    L'accusation de complotisme est certes très commode, mais elle relève de plus en plus de la pensée-réflexe voire d'une diversion pure et simple qui ne vise qu'à paralyser l'empêcheur de tourner en rond. Il suffit de la balayer d'un revers de la main et de poursuivre sereinement son argumentation en renvoyant - et c'est là le point crucial - vers les sources officielles aussi souvent que cela est possible.

    R. : Autre menace majeure pour l'avenir de l'Europe, en quoi consiste le Traité Transatlantique entre l'Union Européenne et les Etats-Unis ?

    M. G. : Pour résumer en une phrase : le traité transatlantique (TAFTA) a pour objectif d'abaisser les barrières tarifaires et non-tarifaire s entre les Etats-Unis et TUE. Cela concerne donc les droits de douane (de façon secondaire), mais cela vise surtout à harmoniser (comme ils disent pudiquement) les normes sociales, sanitaires, législatives et environnementales entre les deux rives de l'Atlantique.

    Si par malheur le TAFTA venait à entrer en vigueur, il serait le pendant de l'OTAN sur le plan économique. Le TAFTA est le stade suprême d'un des segments du mondialisme, l'occidentalisme.

    Une façon pour les Etats-Unis d'arrimer de manière quasi-irréversible l'Europe et de la couper de la Russie.

    Enfin, il faut dire un mot des tribunaux spéciaux d'arbitrage (ISDS) qui présentent le risque immense de permettre aux grandes entreprises de faire condamner et plier les Etats qui auraient une législation trop protectrice à leurs yeux ; législation « trop protectrice » qui contreviendrait à la concurrence libre et non faussée, au libre-marché et entrerait donc en opposition avec l'esprit du traité. Le poids de ces tribunaux spéciaux pourrait faire disparaître le peu de souveraineté étatique qui aurait encore échappé au rouleau compresseur bruxellois.

    R. : En Ukraine, le bras de fer entre l'Occident et la Russie se poursuit. Quel est l'enjeu réel de ce conflit voilé ?

    M. G. : Je vous renvoie aux déclarations très éclairantes et très instructives (les fameuses preuves dont nous parlions plus haut) formulées par le fondateur de Stratfor (surnommée la CIA de l'ombre), George Friedman, devant le Chicago Council on Global affairs, le 4 février 2015 (la vidéo est disponible sur la Toile) : « L'intérêt primordial des Etats-Unis pour lequel nous avons fait des guerres pendant des siècles, lors de la première, la deuxième et la guerre froide, a été la relation entre l'Allemagne et la Russie parce que, unis, ils représentent ta seule force qui pourrait nous menacer et nous devons nous assurer que cela n'arrive pas. [...] Ce que vous faites, si vous êtes un Ukrainien, ce qui est essentiel, c'est d'établir le dialogue avec le seul pays qui vous aidera, et ce pays, ce sont les Etats-Unis. La semaine dernière, il y a une dizaine de jours, le général Hodges, commandant de l'armée américaine en Europe, s'est rendu en Ukraine. Il y a annoncé que les formateurs américains viendraient désormais officiellement, et non plus officieusement ; il a remis des médailles aux combattants ukrainiens - ce qui est contraire au règlement de l'armée qui ne permet pas de décorer des étrangers - mais il l'a fait. Ce faisant, il a montré que c'était son armée. [...] Faisant tout cela, les Etats-Unis ont agi en dehors du cadre de l'OTAN, parce que dans le cadre de l'OTAN il doit y avoir un accorda l'unanimité et n'importe quel pays peut opposer son veto sur n'importe quoi [...]La question à l'ordre du jour pour les Russes est : vont-ils créer une zone-tampon qui serait au minimum une zone neutre, ou bien l'Occident s'introduira tellement loin en Ukraine... et s'installera à 100 km de Stalingrad et à 500 km de Moscou. Pour la Russie, le statut de l'Ukraine représente une menace pour sa survie, et les Russes ne peuvent pas laisser faire. [...]

    La question à laquelle nous n'avons pas de réponse est : Que va faire l'Allemagne ? La vraie inconnue dans l'équation européenne ce sont les Allemands. Pendant que les Etats-Unis mettent en place le cordon sanitaire entre l'Europe et la Russie, pas en Ukraine mais à l'ouest, et que les Russes essaient de trouver comment tirer parti des Ukrainiens, nous ignorons la position allemande. L'Allemagne est dans une situation très particulière : l'ancien chancelier Gerhard Schrôder est membre du conseil d'administration de Gazprom et ils ont une relation très complexe avec les Russes. Les Allemands eux-mêmes ne savent pas quoi faire : ils doivent exporter, les Russes peuvent acheter ; d'autre part, s'ils perdent la zone de libre-échange, ils doivent construire quelque chose de différent. Pour les Etats-Unis, la peur primordiale est la technologie allemande et le capital allemand, avec les ressources naturelles russes et la main-d'œuvre russe, ce qui est la seule combinaison qui a fait très peur aux Etats-Unis pendant des siècles » (sic)

    R. : L'intervention russe en Syrie sera-t-elle une aide importante pour écraser les islamistes ?

    M. G. : Depuis quelques semaines, cette intervention paraissait inévitable. Les Russes sont légitimement terrifiés à l'idée de voir les djihadistes de Daesh débarquer en masse dans le Caucase. Ils ont décidé de frapper de façon directe et officielle contre l’EI. Les Russes savent que la chute de Damas ouvrirait les Portes de l'Enfer, donc ils veulent tout faire pour éviter cette catastrophe.

    Le risque d'un désaccord russo-américain sur ce dossier pourrait être cependant lourd de conséquences si des incidents avaient lieu entre les deux superpuissances militaires.

    R. : Dans une période aussi noire, voyez-vous des raisons de garder l’espoir ?

    M. G. : Soyons honnêtes, c'est extrêmement difficile. Mais l'Espérance est au cœur même de notre foi. Nous ne pouvons donc baisser les bras. C'est un Devoir. Et comme l'a enseigné Dominique Venner, il ne faut jamais sous-estimer l'imprévu dans l'Histoire.

    Et j'ajouterai qu'en ce qui concerne la France, malgré l'acharnement de quelques-uns, sa vocation surnaturelle n'a peut-être pas été totalement engloutie. Donc sait-on jamais, il n'est pas dit que la Fille aînée de l'Eglise ait dit son dernier mot.

     

    Propos recueillis par Monika BÉRCHVOK. Rivarol du 15 octobre 2015

  • En Pologne, l'extrême-gauche c'est le centre...

    Une petite information est passée inaperçue dans nos deux posts (ici et ici) relayant les élections législatives en Pologne et la nette victoire du PiS : la gauche a totalement disparu du parlement.

    "La gauche sera totalement absente du nouveau Parlement, en raison de la concurrence que se sont livrée ses deux formations. La coalition Gauche unifiée, qui obtient 7,55% des voix, n'atteint pas le seuil d'éligibilité (de 8% pour les coalitions), essentiellement en raison du succès inattendu du jeune parti Razem, qui totalise 3,62%."

    Sans-titre
    En jaune avec 22 sièges, c'est le parti Nowoczesna (Moderne) du néo-libéral Ryszard Petru qui est un parti centriste...

    Philippe Carhon

  • Le Général Desportes sur l’opération Sentinelle : L’armée n’est pas un stock de vigiles à déployer devant les lieux de culte !

    Ancien élève de Saint-Cyr et général de division de l’Armée de Terre, le général Vincent Desportes s’est fait le grand défenseur de son corps d’armée dans les opérations extérieures de la France. Ses critiques de la stratégie américaine – donc française – en Afghanistan lui avaient valu d’être débarqué en 2010 du commandement du Collège interarmées de défense.

    L’armée française a-t-elle aujourd’hui les moyens de faire face aux menaces ?

    Nous sommes dans une situation extrêmement critique. D’un côté, les menaces s’accroissent, le feu a pris tout autour de l’Europe, de l’Ukraine au Sahel en passant par le Moyen-Orient. De l’autre, les capacités de notre défense sont constamment réduites : moins 25 % sous Nicolas Sarkozy et à peu près la même chose sous François Hollande…

    Lire la suite sur le site Les Echos…

    http://www.contre-info.com/

  • Socialisme soviétique et mondialisme, mêmes méthodes ?

    En 1985, Youri Bezménov, qui avait fait carrière à l’agence de presse soviétique Novosti – paravent du KGB – et était passé à l’Ouest en 1970, expliquait lors de son interview sur le sol américain le processus de mise en place du système marxiste-léniniste auquel œuvrent les gauchistes, des « prostitués politiques », selon ses dires.

    Il passe par la « subversion idéologique » qui doit infiltrer tous les secteurs de la vie : édition, journalisme, cinéma, éducation, politique et finance, unis comme en un seul pour répandre la bonne parole vantant les bienfaits d’un « paradis sur terre » qu’apportera une société socialiste ou communiste, « quel que soit le nom », précise-t-il. C’est la phase 1 de démoralisation : changer la perception de la réalité de la population afin de détruire ses mécanismes de défense à l’égard de « ses propres intérêts, ceux de sa famille, de sa communauté […] »

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