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actualité - Page 3624

  • L’Humanisme c’est la guerre (II/VI)

    Ou comment faire de Jean Bodin l’icône de l’humanisme.

    Aux racines de notre monde

    Réinterpréter l’aphorisme de Jean Bodin devrait nous permettre de comprendre comment on en est arrivé là. C’est un homme du 16e siècle prenant acte de toutes les mutations s’opérant à cette époque qualifiée de ‘Renaissance’ par les Moderne, car elle rompt avec l’esprit du ‘Moyen-âge’ animé par une conception religieuse de l’Homme. Aux 14e et 15e siècles, peste et guerres incessantes amènent à s’interroger sur la viabilité de pratiques politiques d’essence religieuse. Les mutations surviennent. Alors que le 13e siècle était un âge d’or, le 14e et le 15e sont catastrophiques. La peste noire aurait fait mourir un tiers, voire la moitié de la population européenne, faisant entre 40 et 100 millions de victimes. C’est ensuite la Renaissance. La féodalité cède le pas à la constitution des Etats envisagés plus stables qu’un modèle politique reposant sur le morcellement de l’espace politique.

    Les royaumes deviennent des Etats. Les langues forgent l’esprit national. François 1er (1539 : ordonnance de Villers-Cotterêts) impose le français comme la langue du Royaume de France, obligeant les Anglais à construire leur propre langue au nom d’une rupture identitaire. L’Europe sort d’une crise démographique majeure ayant amputé sa population. On sait où est l’Amérique. Etc. C’est dans ce contexte de mutations profondes qu’un auteur s’interroge sur les fondements de la puissance politique. Machiavel (1469 – 1527) est reconnu comme l’auteur rompant avec le principe de l’élection et de la morale comme fondements du pouvoir pour lui préférer des pratiques plus terrestres. Apparaîtra alors la raison d’Etat culminant avec le Traité de Westphalie (1648) où la France catholique soutient les princes protestants allemands contre la maison des Habsbourg à la tête de l’Empire, elle aussi catholique. L’Eglise de Rome cesse dès lors d’être le pivot de la géopolitique européenne. Le protestantisme s’impose. Ayant été éliminé de France, la laïcité s’y substituera pour porter la Modernité. La cosmologie change avec la confirmation de l’héliocentrisme. La Science sera dans son prolongement la philosophie de référence de la Modernité. Dans son ouvrage majeur ‘Le Prince’, Machiavel analyse les jeux de pouvoir et montre comment devenir prince et le rester. Mais ces conseils sont pratiques, contrevenant aux impératifs moraux de l’époque. A l’origine de la RealPolitik fondant la raison d’Etat, le Machiavélisme est donc par essence immoral.

    Comprendre Jean Bodin

    C’est dans ce contexte que s’inscrit l’œuvre de Jean Bodin avec comme conclusion que le fondement de la puissance politique, c’est l’Homme. D’où la nécessité d’en instrumentaliser de plus en plus pour renforcer la puissance du Prince et donc par dérivation, de l’Etat. Il est alors impératif d’augmenter cette population, soit par croissance interne, soit par croissance externe.

    Les_Six_Livres_de_la_Republique_-_1576_-_couverture.jpgLes six livres de la République, de Jean Bodin

    La première sera soutenue par l’émergence d’une techno-science dont Ambroise Paré (1510-1590) en est, par exemple, un des premiers contributeurs. La maladie n’est plus une manifestation d’essence divine, mais un fléau que la techno-science combat. Quant à la croissance externe, elle sera alimentée par des conquêtes territoriales et l’exploration du monde dont la découverte des Amériques en 1492 pose le premier jalon. Le monde que nous vivons est créé à cette époque. L’encouragement à l’immigration allogène des pouvoirs publics contemporains est une manifestation de cet esprit dont les racines plongent dans le 16esiècle.

    Ainsi, alors que les pratiques sociales entre 500 et 1500 reposaient sur une économie du Salut, – le pécheur cherchant le salut de son âme – l’épanouissement du capitalisme au 16e siècle conduit à la valorisation de postures d’essence chrésmatiques. Le but est alors d’accumuler de la monnaie pour elle-même. Les mercantilistes encourageront cette pratique car elle est un moyen de renforcer la puissance du Prince par l’impôt. Adam Smith (1723-1790) louera l’égoïsme comme moteur de l’économie à l’origine de la richesse des nations, etc. Quant à Karl Marx (1818-1883), en phase avec Jean Bodin, il verra dans le prolétaire le réel créateur de plus-value économique, mais non plus au service du Prince, mais ‘volée’ par le capitaliste. L’économie politique devient alors la discipline de référence pour organiser les rapports sociaux avec comme but de favoriser l’artificialisation de l’écosphère. On appelle cela « le développement » ou « la croissance » aujourd’hui.

    Par un travestissement délicat à exposer en quelques lignes, cet humanisme envisagé comme le fondement de la puissance du Prince et de l’Etat s’est métamorphosé en impératif moral faisant de l’Homme l’essence de toute chose, justifiant sa transcendance à l’égard du monde naturel. La conséquence est que le dernier des éléphants vaut moins que le 7.678.456e humain apparu sur terre. Aussi, les humanistes ‘moraux’ pervertissant l’aphorisme de Jean Bodin voient dans les écologistes fondamentalistes les tenants d’un nouvel ordre politique dont l’Homme ne serait plus au sommet, mais simplement une partie de Gaïa. Luc Ferry a limpidement résumé cette posture dans le “Nouvel ordre écologique”… pour la combattre au nom de l’Humanisme.

    En effet, pour l’écologiste, aujourd’hui, la crise écologique remet tout en question. L’Homme n’est plus envisagé comme une richesse, mais comme une auto-menace compromettant son existence.

    L’Humanisme : une manifestation de l’hybris anthropocentriste

    La conséquence est que l’Humanisme réunit maintenant toutes les postures encourageant la singularité humaine contre les déterminismes naturels. Ainsi, la mort est devenue une hérésie pour les transhumanistes alors qu’elle était vue comme une libération chez nos aïeux. On ne discutera pas de l’origine de ces postures humanistes. Son origine est controversée. Les uns la voient dans la Bible, les autres dans la philosophie grecque. Etc. Elle marquerait le début de la civilisation. Laissons les spécialistes discuter. Un regard écologique l’envisage comme la consciencisation de la singularité humaine et donc l’instrumentalisation du Tout à son service, dont la Nature. C’est le fondement de la démesure (l’hybris, ou aussi hubris, du grec ancien) anthropocentriste dénoncée par les écologistes.

    Alors que Jean Bodin écrivait; « Or il ne faut jamais craindre qu’il y ait trop de sujets, trop de citoyens : vu qu’il n’y a richesse, ni force que d’hommes : et qui plus est la multitude des citoyens (plus ils sont) empêche toujours les séditions et factions: d’autant qu’il y en a plusieurs qui sont moyens entre les pauvres et les riches, les bons et les méchants, les sages et les fous : et il n’y a rien de plus dangereux que les sujets soient divisés en deux parties sans moyens : ce qui advient ès Républiques ordinairement où il y a peu de citoyens. », les humanistes ont résumé sa posture par un impératif moral sous forme de litote : « il n’est de richesse que d’hommes » dont le sens est très différent des réflexions initiales.

    Les conséquences sont connues :

    – explosion démographique alors que l’Eglise imposait des normes sociales la contenant;
    – apport de la techno-médecine faisant vivre des individus condamnés ;
    – apport du capitalisme comme vecteur de l’artificialisation de l’écosphère, etc.

    La conséquence est une crise écologique potentiellement létale. Aussi, les écologistes attendent, – voire espèrent – maintenant la catastrophe équivalente à celle provoquant la fin du Moyen-âge comme déclencheur d’une mutation nous imposant une société éco-vertueuse, donc renouant avec les impératifs naturels. L’Ecologie en tant que science nous fournit les instruments pour penser cela, et parmi eux, les principes de fonctionnement des écosystèmes que la Modernité transgresse démesurément.

    Frédéric Villaret 27/01/2017

    http://www.polemia.com/lhumanisme-cest-la-guerre-iivi/

  • Une plongée édifiante dans la France des écoles islamiques

    « Les écoles que vous allez découvrir n’ont rien à voir avec l’école publique. Elles sont hors contrat, parfois illégales, et même clandestines. On y enseigne à des enfants un islam souvent radical. » Ainsi début ce reportage de « L’Œil du 20 heures », rubrique d’enquête du 20 heures de France 2, diffusé hier sur la chaine publique.

    France 2 s’est par exemple rendu au Mirail, à Toulouse, où se trouve une école primaire qui accueille une cinquantaine d’élèves. Elle est dirigée par Abdelfattah Rahhaoui, qui affirme que l’enseignement y est « classique ». Vraiment ? Dans le couloir, la caméra découvre une « assistante » entièrement voilée, comme si elle se trouvait en Arabie saoudite ! Et elle n’est pas la seule…

    « Dans cette classe de CM1, à 9 ans, les fillettes elles aussi sont voilées. La religion prend beaucoup de place et les réponses semblent apprises par cœur. Nous interrogeons un élève : “Pourquoi vous êtes dans cette école ?“ “Parce c’est une école musulmane, et nous on est des musulmans et pour apprendre le Coran, le français, les maths et tout et tout et l’arabe aussi…“ Sur l’emploi du temps affiché en classe, huit heures et demie d’arabe, de Coran et d’éducation islamique par semaine, le matin et l’après-midi. »

    A Saint-Denis, même topo ou presque. Là, l’école est clandestine. Déclarée nulle part ! « Nous nous faisons passer pour des parents qui cherchent à inscrire leur enfant. Nous abordons une enseignante. Elle nous explique la répartition des cours : “Le matin c’est les ateliers. Et l’après midi c’est tout ce qui est langue, arabe, Coran, anglais.“ »

    « Quant aux parents, poursuit “L’Œil du 20 heures“, leurs motivations sont religieuses. Un parent nous dit :

    “Tu vois, ta fille elle rentre, elle récite une petite sourate, des invocations, elle parle un peu arabe, c’est d’la bombe. C’est bien le Père Noël ? Non, c’est pas bien. “ »

    A voir dans son intégralité.


    L’Oeil du 20h : 31/01/17

    http://fr.novopress.info/

  • A propos de la question identitaire : l’autre nom du déracinement, c’est la barbarie

    Auteur d’un essai percutant, Le multiculturalisme comme religion politique, Mathieu Bock-Côté est interrogé par Philippe Maxence dans le dernier numéro de L'Homme Nouveau. Extrait :

    6a00d83451619c69e201b8d259a403970c-200wi.jpg"Nous assistons actuellement à une mutation de l’espace public en France. La révolution 68 est contestée dans ses fondements mêmes et les gardiens de cette révolution sont saisis de frayeur. Ils hurlent, ils insultent, ils crachent : on l’a vu notamment entre le premier et le deuxième tour de la primaire de la droite, où la gauche médiatique n’avait pas de mots assez durs pour François Fillon. Ce qu’on lui reprochait, manifestement, c’était de ne pas représenter l’ethos soixante-huitard, de témoigner de la permanence d’une certaine France historique qu’on croyait pourtant vaincue.

    Mais restons dans le domaine des idées : la véritable nouveauté, c’est qu’il est possible aujourd’hui de contester les fondements de la révolution 68 et non pas uniquement ses dérives. On se délivre ainsi du dispositif idéologique progressiste – j’entends par là que le progressisme n’accepte généralement d’être critiqué qu’à partir de ses propres principes. Il est permis de lui reprocher d’aller trop loin ou d’aller trop vite, mais on ne saurait lui reprocher dans la mauvaise direction. Ceux qui veulent faire autrement sont diabolisés. La droite avait accepté l’interdiction au point de consentir à évoluer dans le périmètre de respectabilité tracé par le progressisme. C’est peut-être ce qui éclate en ce moment. On ne se contente plus de dénoncer les effets pervers et les conséquences désastreuses de Mai 68. On remonte directement aux causes : on le critique dans ses fondements anthropologiques. Quelle conception de l’homme s’est imposée dans la dynamique des radical sixties ? On commence à comprendre que l’homme ne court pas seulement derrière l’accroissement des biens matériels ou des prestations sociales. On redécouvre la figure de l’homme comme héritier et les vertus de la continuité historique. C’est ce qui se trouve derrière la fameuse question identitaire, qui fait resurgir, si vous me passez l’expression, l’impensé de la modernité : le monde ne saurait être intégralement contractualisé, rationalisé, judiciarisé. Mais ne nous enthousiasmons pas trop vite : le progressisme est fragilisé mais il demeure dominant.

    Cette redécouverte est-elle une marque du conservatisme ?

    Oui. Je note avec bonheur un renouveau conservateur de la pensée politique française. En son centre, une conviction : l’homme doit résister à la tentation de l’ingratitude et au fantasme de la table rase, sans quoi il se décivilisera. L’autre nom du déracinement, c’est la barbarie. L’homme qui ne doit rien à ses pères et qui n’entend pas transmettre le monde à ceux qui suivront ne conserve pas le monde mais le consume. Le conservatisme est indissociable, aujourd’hui, du retour de la question nationale. Nous constatons enfin les limites d’un certain universalisme qui croit délivrer l’homme en le désincarnant. Et on ne peut pas définir un pays en faisant seulement référence à des valeurs universelles – ou comme on dit en France, aux valeurs républicaines. Par définition, les valeurs universelles ne sauraient caractériser l’identité spécifique d’une communauté politique. Il faut plutôt redécouvrir le particularisme qui fonde chacune d’entre elles. Le retour en force des thèmes de l’identité, du besoin d’enracinement, de la vision de l’homme comme héritier, du besoin d’autorité, témoigne d’une redécouverte de cette conception conservatrice du lien social. Et c’est tant mieux. Une philosophie politique repose toujours sur une anthropologie : nous retrouvons aujourd’hui certains besoins fondamentaux de l’âme humaine et nous cherchons à les traduire et les inscrire dans la cité. [Pour lire la suite, commander le numéro]"

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Piero San Giorgio - Interview d'Alain Escada a propos du ré-enracinement

  • Une presse condamnée à la vérification

    Quand on pense que des géostratèges pondent des thèses de six cents pages sur l'équilibre impossible du monde et que le blogue du Piéton les ignorent pour écouter Fanny Ardant, on se dit que l'espace-temps s'est considérablement compacté. C'était donc sur Arte-28 minutes - émission intéressante d'Elisabeth Quin quand M. Askolovitch n'y vient pas promener sa judéité affligée - que fut invitée la cinéaste Fanny Ardant pour son film Le Divan de Staline. On ne connaissait pas son coup de revers à la raquette en fonte mais ces messieurs du penser-bien ont empli leur musette, jeu, set et match, en moins de temps qu'il n'en fallut pour envoyer les balles. Que du bonheur et c'est ici (cliquer sur l'image):


    Le fond de son argumentaire est l'ancillarité de la presse qu'elle traite de "laquais", avec leur goût de l'alarme ad hitlerum et leurs champions bien propres sous les cheveux. Elle plaide pour des contre-pouvoirs à l'hégémonie. Sans le dire mais elle le sait, elle défend la multipolarité de la puissance. On ne peut qu'applaudir puisque l'impérium non contré n'a bénéficié aux hommes qu'un fois sur terre, une seule, à l'époque de l'Empire romain qui mit en musique la supériorité grecque sur Mare Nostrum. Tout le reste de l'histoire est un long hurlement de terreur dans des guerres de conquête ! Puis la bombe atomique vint ! L'espèce humaine théorisa enfin la menace de la foudre jupitérienne qu'elle inventa pendant les RTT de Vulcain. Chacun désormais se regarde, laissant ci et là quelques attardés s'entretuer, et les boutiques ouvrent chaque matin à 8h30, dimanche compris bientôt !
    Cette menace de désintégration du noyau, comme disent les assureurs de la trouille, n'a pas prévenu le grand désordre des esprits libérés qui renaissent quand la gangue officielle commence à se fendiller. Ainsi a-t-on des révélations parmi les vedettes à plateaux qui sans sortir leurs tripes, parlent d'eux-mêmes et non plus selon le programme. Inimaginable, il y a seulement un an. L'effet Trump ? Citons Yves Calvi qui accuse réception en direct de l'enfumage des agences dans l'affaire d'Alep, Bruno Roger-Petit qui distingue le Maréchal auquel François Mitterrand prêta serment de la Collaboration à laquelle il ne participa pas, de Pascal Praud qui sur iTélé laisse percer le bon sens tout court à contre-courant, de Sonia Mabrouk qui se lâche en beauté... Et toutes les chèvres retraitées de la vieille presse parisienne, les Levaï, Elkabbash, Okhrent, Sinclair, Labro et autres fabricants de "valeurs" de nous prévenir que "la parole se libère". Ah bon !
    A peine la puissance stratégique se redistribue-t-elle entre les continents que le consensus du quatrième pouvoir monolithique se brise. C'est là que ça devient intéressant. Ne cherchons pas qui lance les dés, il n'y a pas beaucoup d'acteurs libres de leurs décisions sur la planète. Zéro même si on inventoriait les contraintes internationales. Mais on distingue des intérêts affirmés et non convergents entre les Etats-Unis d'Amérique, la Chine et la Russie. Le reste joue en division II, III et Nationale. La presse va devoir tout de suite se spécialiser dans l'étude approfondie des trois grands précités pour ne pas se louper devant les réseaux sociaux, et ne plus se satisfaire de petites phrases ou d'informations bidonnées par les communicants ayant leur rond de serviette chez le marquis. Vu le niveau général des stagiaires, il va y avoir des morts dans le journalisme.
    Tout ceci pour dire que l'apparition du dictateur Poutine et de l'imprécateur Trump au balcon du monde change du tout au tout les méthodes d'information depuis qu'est déclarée la guerre hybride. Hybride ou triple comme on veut : la guerre ouverte ; la cyberguerre ; la guerre de désinformation. Le prêt-à-penser est cuit ! On est entré dans l'ère de l'infusion, du goutte à goutte. Il faut maintenant que ces messieurs de l'intelligence quotidienne décortiquent l'information servie par les canaux de communication pour en extraire une vérité. De puissants moyens numériques l'altèrent ou la fabriquent, et ne survivront dans la presse de demain que les analystes. Fini les atlas géopolitiques, les instituts de pensée formatés, les sondeurs payés au pourcentage ! Comme on le disait au cabinet de Versailles dans les salons de Vergennes :La plus grande erreur dans le maniement des affaires extérieures est de partir inflexiblement de certaines idées fixes qui ont fait leur temps. A chaque époque appartiennent ses difficultés, les caractères, les incidents qui lui sont propres. Tout vient de changer. Réactivité donc ! Instantanéité du doute, gros doute ! Bienvenue aux Anonymous, aux hackers, au mecs qui en ont entre les oreilles, aux geeks acharnés. Les autres feront Le Jeu des Mille Francs à l'Alcazar de Rodez. Terminé les miquets brevetés de l'école de journalisme, on peut fermer ces structures de propagande qui ressemblent de plus en plus à ce que fut l'Ecole des Cadres du parti communiste ! Tout se fait au garage maintenant, comme le rock ! Les madrasas gauchistes vont se vider. Et qu'en est-il des madrasas royalistes ?
    Pour répondre présent dans le domaine de l'information criblée, le mouvement royaliste peut balayer devant sa porte avant que d'autres ne le fassent à ses dépens (Acrimed, Mediapart, Le Canard Enchaîné...) et s'entraîner tout de suite à purger ce qu'il diffuse. Voulez-vous des exemples ? Cherchez et vous trouverez. Tout se vérifie, tout se sait.
  • Journal du mercredi 1 février 2017 - Immigration / Les clandestins se réinstallent à Calais

  • Politique magazine, numéro de février : « Le nouveau monde »

    2195241988.jpgDécouvrez le numéro de février !

    DOSSIER : Le réveil des nations

    Printemps des peuples, retour des nations, permanence des états. La prise de pouvoir de Donald Trump et le choix d’un Brexit « dur » par Theresa May annoncent une nouvelle donne mondiale. En France, un souffle d’espoir, porté par le retour du peuple, est-il en train de se lever ? 

    Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture !

    Sommaire

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    http://lafautearousseau.hautetfort.com/index-1.html

  • Trump, un discours d’intronisation historique, nationaliste, protectionniste et populiste

    Il est un sujet d'émerveillement permanent : l'impartialité de la presse. Nous l'avons vu une fois de plus ce 20 janvier à l'occasion de la prestation de serment du 45e président de l'Union américaine, Donald Trump. L'on aurait pu croire que les harpies médiatiques auraient mis un bémol à leurs invectives après le vote de la Nation le 8 novembre, puis après que les Grands électeurs l'eurent confirmé le 19 décembre eh bien non, il n'en a rien été. Au contraire, les coups ont redoublé. Le lundi précédent la cérémonie d'investiture, le service public hexagonal en la personne de Patrick Cohen sur France Inter, laissait une humoriste à la petite semaine et à l'esprit de pissotière, Sophie Aram, ironiser laborieusement sur de supposées parties fines, salacement arrosées et filmées, auxquelles le président américain aurait participé naguère en compagnie de prostituées moscovites. Ce faisant, la donzelle eût dû être débarquée dans l'heure car en France l'insulte à chef d'État étranger est encore punie par la loi(1). Quant à ceux qui tolèrent et encouragent de tels écarts, ils montrent quel noble usage ces gens font de la liberté de la presse et des deniers publics. Mais que dire à une époque où tout est dénigré, rabaissé, où plus rien n'est respecté ?

    Nous ne nous étendrons pas outre mesure sur les coups bas qui se sont multipliés avant l'installation de Donald Trump à la Maison-Blanche. Il s'agissait coûte que coûte de le délégitimer pour préparer le terrain à de futures manœuvres, l’impeachment par exemple. Ou à défaut il s'agirait de lui interdire de gouverner trop longtemps en préparant le terrain pour un cuisant échec aux élections de mi-mandat. Toutefois, pour la beauté de la chose, mentionnons la tentative d’accréditer l'idée que des hackers russes du FSB (l’ex-KGB) auraient fait pencher la balance électorale en faveur des Républicains sur fond de collusion entre Vladimir Poutine et le milliardaire américain. Cela au moment précis où Barack Obama effectuait un dernier tour de piste et mettait autant de bâtons que possible dans les roues de son successeur, par exemple en prolongeant les sanctions contre la Russie et expulsant en vingt-quatre heures le 29 décembre 35 diplomates russes et leurs familles(2).

    Il est assuré que plus le mensonge est énorme grossier, vil, plus il frappe les imaginations et sera cru par un plus grand nombre. Ici les ennemis du suffrage populaire (ceux qui ne veulent pas accepter le verdict des urnes), ont voulu faire accroire aux opinions crédules que l'explication de la volonté affichée de rapprochement de Donald Trump avec Moscou résidait dans le chantage qu'auraient exercé les Services russes sur le magnat américain grâce à des vidéos pornographiques. Une allégeance crapuleuse, puant le sexe et l'argent. Notons qu'à travers son président, c'est également la nation américaine qui se trouve rabaissée.

    Un dernier mot sur le traitement médiatique de l'arrivée au pouvoir d'une personnalité effectivement hors normes et dont personne ne prévoyait l'ascension hormis peut-être quelques initiés parce que son ambition n'est pas née en un jour). Certes il faudra attendre pour vérifier si Donald Trump tiendra, ou sera en mesure de tenir, ses promesses. Signalons pourtant à ce sujet la prise d'un arrêté, aussitôt le serment prononcé, remettant en cause le dispositif de protection sociale connu sous le nom d'Obamacare et qui n'était mirifique que vu de côté-ci de l’Atlantique (un système d'assurance ruineux, notamment pour les classes moyennes). Une bonne occasion de vitupérer pour les menteurs professionnels qui voudraient démontrer qu'il s’agit d'une mesure fondamentalement antipopulaire, autant dire fasciste... Ce qui serait pour le moins paradoxal de la part d’un homme taxé à tout bout de champs de populisme, c’est-à-dire de démagogie droitière. Mais la cohérence intellectuelle n'est pas le fort des diffamateurs et des hâbleurs de profession.

    Dans le même ordre d'idées, notons encore que, dans la foulée de la prestation de serment, le général James Mattis, ancien chef du corps des Marines âgé de 66 ans, était confirmé par le Sénat dans les fonctions de Secrétaire à la Défense. Or, sans connaître l'exacte chronologie des faits, cette nomination, la première de la nouvelle Administration, a coïncidé avec deux frappes américaines en Syrie éliminant coup sur coup une centaine de djihadistes dans la province d'Idlib à l'ouest d'Alep, et quarante al-Qaïdistes du Front Fateh al Cham, ex-Front al Nosra, les grands amis de M. Fabius. Un coup double totalement inédit depuis l'entrée en lice des forces aériennes des États-Unis en août 2014 à la tête d'une coalition internationale. Car jusqu'à maintenant en Syrie, le Pentagone apparemment retenait ses coups sans doute pour ne pas causer de préjudices à ses créatures(3)… Il aura fallu attendre le 30 septembre 2015 et l'intervention de la Fédération de Russie pour que la peur change de camp et que commence le reflux des troupes islamistes, révélant au passage le double jeu arabo-américain dont le seul et unique objectif était le renversement du régime de Damas. En quelques heures le nouveau président américain aura ainsi mis à bas l'édifice de manipulations et d'hypocrisie édifié patiemment par la CIA pour mener sa stratégie de balkanisation et de morcellement de l'aire géographique islamique.

    Évidemment notre bonne presse ne s'est pas le moins du monde préoccupée d'évaluer la foule massée au pied du Capitale. En revanche des équipes de tournages suivirent goulûment la centaine de casseurs manoeuvrant dans le style black-bloc pour nous accréditer l'idée que Washington, révulsée par son nouveau président, était en proie à l'émeute. Une courageuse invitée (qui ne le sera certainement jamais plus), Evelyne Joslain, osait proférer en direct à 14h25 sur la chaine BFMTV que « les Manifestants anti-Trump sont payés par Soros » à la journée et amené sur place en autocar. Cette analyste ayant également déclaré sur cette même chaîne pendant l'édition spéciale de l'investiture de Donald Trump que « Barack Obama était plus musulman dans son cœur que chrétien », elle a dû quitter le plateau. Le directeur général de BFMTV, Hervé Béroud, s'est ainsi exprimé dans un entretien accordé au site Buzzfeed : « Ce sont des propos scandaleux . On lui a demandé immédiatement de quitter le plateau. Elle nous a été recommandée par les "Républicains Overseas" puisqu'on cherchait à avoir une sensibilité pro-Trump sur le plateau. C'était une erreur. Pour nous, ce sont des propos inacceptables sur notre antenne. On les condamne fermement » Mais qu'attendre d'autre d'une chaîne ayant pour propriétaire un tenant de l'idéologie cosmopolite et libérale-libertaire, à savoir l’homme d'affaires franco-maroco-israélien Patrick Drahi ?

    De son côté, Madona qui aime à s'exhiber avec un troupeau de bipèdes cornus et arbore dans ses concerts, tatouée sur le dos, une formule cabalistique en lettres hébraïques, y est allée d'une harangue à voix cassée, ridicule autant que vaine. Laïus commercialo-hystéro-sataniste dans lequel la Madone du show-biz semble avoir perdu tout sens de la mesure en clamant qu'elle rêverait de « faire sauter la Maison Blanche ». Un dérapage verbal qui en dit long sur la cassure entre l'Amérique profonde et l'establishment mondialiste, lequel voit dans l'installation d'Hollywood à Pékin(4) le nec plus ultra de l'économie de marché. À contre-sens bien entendu de la grande confrontation géoéconomique que la nouvelle Administration de Washington veut contre les Tigres et les Dragons asiatiques en vue de rééquilibrer les échanges transpacifiques, la production et les emplois au profit immédiat du peuple américain.

    Le lendemain, le 21 janvier, nos médiacrates se rengorgeaient un peu plus en annonçant cinq cent mille manifestants sur le National Mail... Là où la veille s'en trouvaient trois fois plus. Les manifestantes, majoritairement quarantenaires, de la Marche des femmes affublées d'un bonnet rose à oreilles de chat (référence aux pussy riot) dénonçant le sexisme, le racisme, la xénophobie, la misogynie du nouveau locataire de la Maison-Blanche... Mais hélas pour les militantes féministes, comme partout ailleurs les femmes ne sont pas une minorité, mais la majorité ! Et comment nous faire croire que les femmes américaines craignent d'êtres opprimées durant la mandature de Donald Trump sachant que 53 % d'entre elles ont voté en sa faveur ?

    Précisons que si les démonstrations collectives contre l'investiture de Donald Trump ont pris une allure de contestation à l'échelle de la sphère occidentale (jusqu'au Japon), elles restèrent néanmoins partout marginales. « L’avertissement retentissant » selon BFMTV, s'est en vérité soldé aux États-Unis par deux petits millions de manifestants anti-Trump à travers le pays, soit 0,63 % des 320 millions d'Américains. Qu'à cela ne tienne, la presse virtuose sait à la perfection grossir des presque non-événements pour leur donner la dimension d'un séisme. Au reste, si une révolution est intervenue ce vendredi 20 janvier 2017, c'est avant tout celle du bon sens et du retour au réel et non le maintien de la tyrannie du politiquement correct à laquelle contribuent activement des actrices, talentueuses comme Meryl Streep ou indécentes, façon Isabelle Huppert, que l'on a pu voir cracher dans la soupe républicaine au cours de la 74e cérémonie des Golden Globes, le 8 janvier dernier.

    À 70 ans, sans expérience politique, diplomatique ou militaire notable, le grossium de l'immobilier s'apprête désormais à piloter la première puissance mondiale sous le regard inquiet de ses alliés(5). Des commensaux qui se déclarent, à l'instar de Tartuffe, inquiets de l'avenir prévisible en raison d'une supposée imprévisibilité du nouveau chef de l'Etat américain. Beaucoup de sophismes dans ces préventions car un chef vaut d'abord par ceux dont il sait s'entourer. Quant à son inexpérience, parlons-en. La pratique des affaires, du big bizness à l'international montre que Donald Trump maîtrise amplement les arcanes de la négociation. Maintenant ce qui est à craindre c'est qu'il ne parvienne pas à faire suffisamment prévaloir le bons sens, le réalisme face aux idéologies concoctées dans ces marmites de sorcières que sont les think-tanks washingtoniens, fondations et autres concentration de egg heads, têtes d'œufs, théorisant le « Nouveau siècle américain » et planifiant années après années des guerres de conquête impériales.

    Dans un discours d'intronisation proprement révolutionnaire, nationaliste, populiste, défendant ouvertement la préférence nationale (acheter et embaucher américain), le patriotisme, Donald Trump a commencé le 20 janvier dernière journée du Davos 2017 par rejeter catégoriquement devant les foules assemblées, Tordre mondial né de la victoire anglo-américaine de 1945 et de l'occupation alliée de l'Europe occidentale. Écoutons-le, cela débute par une accusation-dénonciation à peine déguisée de ces prédécesseurs : « La cérémonie d'aujourd'hui revêt un sens très particulier, car il ne s'agit pas seulement de transférer le pouvoir d'une administration à une autre ou d'un parti à un autre. Nous déplaçons le pouvoir de Washington pour vous le rendre à vous, le peuple des États-Unis.. L'establishment s'est protégé lui-même, mais il n'a pas protégé les citoyens de notre pays. Et pendant qu'il festoyait dans notre capitale, il n'y avait rien à fêter dans les familles en difficulté partout dans le pays ». Maintenant « ce qui compte vraiment, ce n'est pas qui exerce le pouvoir au gouvernement, mais le fait que le gouvernement soit entre les mains du peuple américain ».

    On comprend que de grands intellectuels tel Pierre Rosanvallon, titulaire de la "chaire d'histoire moderne et contemporaine du politique" au Collège de France - excusez du peu ! - frémissent et, tout en stigmatisant le populiste à cor et à cri, considère que nous assistons à un bouleversement équivalent à la chute du Reich allemand; Considérant sur France Culture le 21 janvier que celle de l'empire soviétique en 1991 n'a pas eu la même magnitude sur l'échelle catastrophique de l'histoire moderne il est certain qu'aucun de nos grands idéocrates n'imaginaient que l'Amérique pût, en seulement quelques mois, changer de paradigme et dévier de sa course. Les globalists se retrouvent désormais le bec dans l'eau et abandonnés au bord du chemin. C'est en effet tout aussi incroyable que le démantèlement du mur de Berlin en 1989, et pourtant ! Soit l'Amérique périssait écrasée sous le poids de sa dette (une dette fédérale de 19 000 milliards de dollars) et de ses dysfonctionnements, soit elle retrouvait un second souffle. Bien sûr rien n’est joué, reste que le grand chambardement américain à toutes chances d'annoncer, après le Brexit, une reconfiguration de la carte politique européenne. Seuls maintenant d'aveugles idéologues espérant contre toute raison se maintenir aux affaires, n'en sont pas encore convaincus. Et ce ne sont pas quelques gadgets qui leur sauveront la mise tel le revenu universel ou la libéralisation du cannabis prônés par l'aimable ectoplasme Benoît Hamon arrivé en tête dimanche soir du premier tour des primaires de la gauche devant l’ex-Premier ministre Manuel Valls dans un scrutin à la participation plutôt faible qui y changeront quelque chose.

    Alors assiste-t-on aux prémisses d'une révolution universelle ? 1917 et la Révolution internationaliste Judéo-bolchevique d'Octobre marquent le commencement d'un siècle de tyrannie marxiste (la Chine populaire, coqueluche des peoples américains, en en étant le dernier grand avatar étatique), de terrorisme intellectuel gauchiste et de gangrène ultralibérale (ce sont des banques new-yorkaises qui financèrent le coup d'État de Lénine et Trotski). 2017 se-ra-t-il ou non le début d'un retour contre-révolutionnaire à la tradition et au bon sens contre l'idéologie invertie du progrès et de la modernité dont le seul but est de déconstruire la civilisation au profit d'une termitière planétaire à visage inhumain ?

    Bref, le vieux système bipartisan, Républicains et Démocrates qui a, à la façon des figuiers étrangleurs (Ficus aurea), dissous l’arbre de la démocratie entre leurs racines aériennes, est peut-être en cours d'implosion sous les coups de boutoirs de Donald Trump. Au demeurant les mercantis du temple démocratique n'aiment pas se faire fustiger ni voir étalées leurs turpitudes sur la place publique. Il suffisait d'observer les visages cireux du couple Clinton lors de la prestation de serment, pour être certain que, si la cause du peuple (pas au sens maoïste !) a remporté une première manche, les mauvais perdants n'ont pas dit leur dernier mot. Au Forum économique mondial de Davos, le milliardaire George Soros, grand donateur de la campagne démocrate et père des révolutions colorées, a étrillé Trump qu'il a traité d'« apprenti dictateur » et craint que « l'influence positive des États-Unis dans le monde en faveur d'une société ouverte ne s'éteigne », ce qui, selon lui, « aura des effets profonds en Europe et dans d'autres parties du monde ». Mais Soros pense que les projets et visées de Trump seront bloqués par les contre-pouvoirs institutionnels américains (Congrès, Cour suprême, média...). Le Système n'a certes pas son pareil pour transformer des défaites en victoires et diaboliser, neutraliser, bloquer ou récupérer ses adversaires. La prudence s'impose donc.

    Revenons cependant à la remarquable adresse de Donald Trump prononcée sur la colline du Capitole : « Le 20 janvier 2017 demeurera dans les mémoires comme le jour où le peuple aura repris le pouvoir dans le pays. Les hommes et les femmes laissés-pour-compte de ce pays ne seront plus oubliés. Le monde vous écoute désormais. Et vous êtes venus par centaines de milliers pour vous joindre à un mouvement historique et inédit dans l'histoire du monde. Au centre de ce mouvement, il y a la conviction que la nation existe pour servir ses citoyens. Pour donner aux Américains ce.dont ils ont besoin : d'excellentes écoles pour leurs enfants, la sécurité dans leurs quartiers pour leurs familles et de bons emplois pour tous. Ce sont là les aspirations raisonnables d'un peuple épris de justice. »

    « Le drame américain [chômage et criminalité] s'arrête ici et maintenant. Nous sommes une seule et même nation, et la souffrance [du peuple américain] est la nôtre. Ses rêves sont les nôtres et ses succès seront les nôtres. Nous partageons le même cœur, la même maison et le même destin glorieux. Le serment que je prête aujourd'hui est un serment d'allégeance à tous les Américains ».

    « Une fierté nationale nouvelle nous étreint pour élargir nos horizons et surmonter nos divisions. Rappelez à votre mémoire cette sagesse ancestrale, que nos soldats n'oublieront jamais, selon laquelle, que nous soyons noirs, basanés ou blancs, nous avons le même sang rouge du patriotisme qui coule dans nos veines ».

    « À partir d'aujourd'hui, l'Amérique aura une nouvelle vision. À partir d’aujourd’hui, ce sera uniquement "les États-Unis d’abord". Toutes les décisions en matière de commerce, de taxes, d'immigration ou d'affaires étrangères seront prises au profit des travailleurs américains et des familles américaines... Nous chercherons à garder l'amitié et les bonnes grâces des autres pays du monde, mais ils doivent comprendre que chaque pays a le droit de faire passer ses intérêts avant ceux des autres. Nous ne cherchons pas à imposer notre mode de vie à quiconque, mais nous voulons qu'il serve d'exemple aux autres... Nous allons renforcer nos anciennes alliances et en conclure d'autres afin d'unir le monde civilisé pour éradiquer le terrorisme de l'islam radical de la face de la Terre ».

    Tel fut le discours véritablement historique de ce président que les média français continuent de caricaturer et de vilipender. Les nabots de l'esprit haïssent d'instinct ce qui est plus haut que leurs bas appétits. Ce pourquoi Donald Trump fait peur. En premier lieu parce qu'il incarne la rupture avec un système dévoyé, qu'il n'appartient pas au sérail dans lequel le pouvoir des minorités et des lobbies se reconnaît, parce qu'il n'a pas fait allégeance à la tyrannie consensuelle, tout ce pourquoi il est un monstre aux yeux de l'élite ploutocratique des États-Unis.

    Cela parce que Donald Trump promet de rendre à la Nation américaine ce qui lui appartient : une parcelle de souveraineté quant à la maîtrise de son destin et à la défense prioritaire de ses intérêts nationaux. Tout autre commentaire serait superfétatoire. Ce recentrement (Trump a dénoncé avec bon sens le fait que les dirigeants des États-Unis avaient défendu les frontières des pays étrangers et non les frontières intérieures du pays) va assurément consacrer l'abandon de l'exportation du « modèle américain » et des délires transgenres que Condoleezza Rice (GW Bush) et Hillary Clinton (B. Obama) promouvaient en Afrique sub-saharienne et ailleurs. La planète repeinte aux couleurs Benetton ne sera plus à l'ordre du jour Chacun chez soi et les verrats seront bien gardés. La diplomatie armée (soft et hard power) dite "transformatrice" aura fait long feu. Les États-Unis n'essaieront plus de propager leurs "valeurs" messianiques et inverties aux quatre coins de l'horizon. Ouf ! Et c'est tant mieux. Déjà, dès le premier jour d'activité officielle, ont été supprimées toutes les aides publiques à l'avortement Peut-être un commencement de remise en cause du surplombant monopole du Planning familial, dont l’une des spécialités lucratives était hier la vente de foetus en pièces détachées à usage de l'industrie cosmétique(6).

    Cela se traduit au plan économique par une ordonnance signée le lundi 23 janvier afin de renégocier les Traités de libre échange, à commencer par le Partenariat Trans-Paciflque (TPP). L'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) avec le Mexique et le Canada, faute d'un « accord équitable », devrait suivre. Disons en un mot que ces accords fonctionnent sur la délocalisation des industries à la recherche d'une main d'oeuvre à bas coûts, cela en contrepartie de l'importation de marchandises bon marché, ce qui sur le papier serait bon pour le pouvoir d'achat. La consommation contre l'emploi en quelque sorte. Un marché de dupe, parce que les seuls vrais gagnants du libre-échange mondialiste nous dit Marc Rousset, sont la Chine, les multinationales et les pays émergents. Les grands perdants sont les peuples européens et les Américains ! Retour donc à un protectionnisme approprié et pragmatique afin de produire le plus possible sur les marchés intérieurs, qu'ils soient américains ou européens. Par ailleurs, tout ce qui concernait le dogme du réchauffement climatique a été effacé du site de la présidence des États-Unis d'Amérique, preuve que dans ce domaine aussi Trump entend tenir ses promesses et rompre avec l'idéologie dominante.

    Le nouveau président a également évoqué dans son discours d'intronisation les ravages causés parla drogue contre laquelle il entend lutter vigoureusement. Par ailleurs, il entend créer des millions d'emplois grâce à une politique de grands travaux et une baisse de la pression fiscale, il veut lutter contre l'immigration illégale, construire un mur tout au long de la frontière avec le Mexique. Pendant ce temps en France l'on ouvre des salles de shoot, l'on accueille massivement des migrants et le candidat arrivé en tête des primaires de la gauche et qui a de bonnes chances de l'emporter dimanche prochain, si la logique arithmétique est respectée, a inscrit a son programme ultra-immigrationniste la légalisation du cannabis et l'adoption d'un revenu universel impliquant une hausse massive des impôts de nature à ruiner les classes moyennes et laborieuses, encourageant une société d'oisifs et de tire-au-flanc qui ne se donneront même pas la peine de chercher du travail et favorisant la venue dans notre pays de millions de futurs assistés. D'un côté un discours de bon sens mettant au centre Dieu, la famille, le travail, la patrie, le dépassement de soi, le patriotisme, la préférence nationale. De l'autre un programme utopiste et aberrant prônant une société sans religion, sans travail, sans famille, sans patrie.

    Qui donc nous donnera un Trump de ce côté de l'Atlantique ?

    Jérôme BOURBON et Léon CAMUS Rivarol du 26 janvier 2017

    1) Loi du 29 juillet 1881 sur ta liberté de la presse Article 48 modifié par la loi n°2007-297 du 5 mars 2007.

    2) Au lieu de procéder à des expulsions parallèles en mesure de rétorsion, le président Poutine s'est contenté de faire parvenir un message à l'ambassade américaine à Moscou : « J'invite tous les enfants des diplomates américains au Kremlin à fêter Noël et le Nouvel An ». Réaction inédite aussitôt saluée par un twitt de D. Trump à son homologue.

    3) Dans une interview accordée à la chaîne américaine CNN, le général Wesley Clark, ancien commandant des forces armées de l'Otan, révélait froidement que « l'État islamique a été crée grâce au financement de nos amis et de nos alliés... dans le but de se battre jusqu'à la mort contre le Hezbollah ». Selon les aveux de ce haut gradé, la création de Daech par l'Occident n'a eu pour seul but que d’assurer la sécurité de l'État hébreu face au Hezbollah [afrique-asie.fr25mai16].

    4)Voir « La grande muraille » 2016. Superproduction sino-américaine de Zhang Yimou au budget de 135 millions de dollars.

    5) Propos emblématique : « Jamais, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une transition entre deux présidents aux États-Unis n'aura autant stupéfait - et inquiété - le monde, tant les déclarations du futur occupant de la Maison-Blanche ont été contradictoires » nous assène Jacques Hubert-Rodier, pisse-copie aux Échos.

    6) Voir Les droits sexuels et la destruction de l'enfance et de la famille, Marion Sigaut, Sigest, janvier 2017.