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actualité - Page 3733

  • La déterritorialisation, vraiment ?

    Il est devenu fréquent de lire dans les différents ouvrages et articles critiques de la mondialisation que cette dernière conduirait à une « déterritorialisation ». Dans son ouvrage Au nom du peuple, Patrick Buisson écrit par exemple ceci : « Contre la mondialisation, quintessence du non lieu, qui pousse à la déterritorialisation et au délestage des attaches symboliques, le peuple des laissés-pour-compte plébiscite le lieu comme première composante du lien. Le village coutumier contre le village planétaire. Être, c'est habiter... Le bonheur est dans le pré, pas dans le terrain-vague ni dans la ville-monde. »

    Si on comprend parfaitement où veut en venir l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, ce qui est le principal me direz-vous, ce passage pose question. L'emploi du terme « déterritorialisation » est en effet maladroit.

    Le terme de « déterritorialisation » nous vient des philosophes post-modernistes Gilles Deleuze et Félix Guattari dans leur trilogie « Capitalisme et schizophrénie » : Anti-Œdipe, Mille Plateaux, et Qu’est-ce que la philosophie ?. Il s'agit d'un phénomène qui conduit un territoire, un objet, à perdre son usage conventionnel ou premier. Ce phénomène s'accompagne d'un processus de reterritorialisation qui redonne un usage à l'espace, au territoire ou à l'objet. Pour les post-modernes, cela pouvait favoriser le détournement, par l'art, de l'objet ou du support.

    Dans la mondialisation, il n'y a donc pas tant « déterritorialisation » que reterritorialisation. Le non-lieu n'est pas une absence de lieu ou de territoire, mais une représentation particulière du lieu et du territoire. Un lieu qui aurait perdu son caractère « traditionnel » au profit d'une approche fonctionnaliste pure devient peut-être un « non lieu » sociologique ou philosophique mais il ne s'agit pas d'un « non territoire » ou d'un « non lieu » géographique.

    Qu'est-ce qu'un territoire ?

    Le Dictionnaire de l'espace et des sociétés de Jacques Lévy et Michel Lussault qui est un peu la Bible des géographes hexagonaux, rappelle que le terme de territoire n'est véritablement employé dans la géographie francophone de façon officielle que depuis 1982. L'auteur de l'article, J. Lévy donne neuf définitions et usages du terme territoire.

    • Le terme « espace » est préféré au terme territoire.
    • Espace et territoire se confondent mais territoire apparaît plus opérant.
    • Le territoire est un synonyme de lieu et se réfère le plus souvent à une spécificité locale.
    • Le territoire « épistémologique » où, sortant du concept, le territoire désigne un espace socialisé. On distingue alors le réel, du discours qu'on produit autour de celui-ci.
    • Le territoire comme espace contrôle-borné. Cette définition renvoie à celle du territoire national avec son Etat et ses frontières.
    • Le territoire au sens de l'éthologie, en lien avec l'animalité. On distingue les espèces « grégaires », protégées par le groupe, des espèces « territoriales », protégées par leur contrôle d'un espace.
    • Le territoire comme un espace « approprié ».
    • Le territoire se distingue ici du « milieu » naturaliste de Lamarck puis de l'espace émanant du spatialisme cartésien géométrique. Le territoire est caractérisé par les effets, abordés sous l'angle de la géographie, de l'identité des individus et des sociétés.
    • Après une critique des huit définitions et usages précédents, J. Lévy définit le territoire comme « un espace à métrique topographique ». Celle-ci a la mérite de s'opposer, d'après les auteurs, à une autre grande famille de métrique, les réseaux.

    Lorsqu'on parle de déterritorialisation, on passerait donc selon la neuvième définition du territoire au réseau. Mais on comprend bien que l'ensemble des autres définitions nous permet de nuancer l'usage abusif du terme de « déterritorialisation ». Pour ne pas prendre le sujet à l'envers, on peut déceler, chez beaucoup d'auteurs, une approche de ce concept essentiellement centrée sur l'affaiblissement des Etats-nations. Il y aurait donc « déterritorialisation » car le territoire n'est pas, ou n'est plus, cet Etat-nation borné par des frontières, contrôlant les flux entrant et sortant. C'est une vision trop rapide du phénomène car l'appropriation de l'espace par un groupe humain, que les post-modernes appelleraient la reterritorialisation, ne fait que produire une autre approche, une autre définition, du territoire. En ce sens la privatisation par des entreprises d'une partie du territoire national ne signifie pas la fin du ou des territoire(s), elle signifie simplement que l'on passe d'un usage du territoire à un autre. Par ailleurs le territoire ne peut-être limité au local, qui n’est qu’une définition du territoire parmi d’autres, quand bien même le local, que la population fréquente, habite et s’approprie quotidiennement, peut sembler être le territoire par excellence car il est un « espace vécu » pour reprendre l'expression d'Armand Frémont (au sujet de la région).

    A la suite de l'article de J. Lévy, Bernard Debarbieux donne quand à lui la définition suivante : « Agencement de ressources matérielles et symboliques capable de structurer les conditions pratiques de l'existence d'un individu ou d'un collectif social et d'informer en retour cet individu et ce collectif sur sa propre identité. » Le territoire a donc un lien avec les ressources, la reproduction, l'ordre social et l'identité. Jean-Paul Ferrier propose enfin la définition suivante : « Toute portion humanisée de la surface terrestre ». Selon cette définition, territorialisation et humanisation vont de concert selon une approche nature-culture.

    Guy Di Méo proposait en 1996 dans Les territoires du quotidien une définition qui pourrait apparaître comme dépassée et incomplète mais qui conserve pourtant une grande pertinence : « Le territoire est une appropriation à la fois économique, idéologique et politique (sociale, donc) de l'espace par des groupes qui se donnent une représentation particulière d'eux-mêmes, de leur histoire. » Cette définition appuie encore ici notre développement : il y a territoire à partir du moment où il y a appropriation par un groupe humain. Les « quartiers sensibles » sont pleinement des territoires au sens du géographe, et Michel Lussault le démontre assez bien dans son ouvrage De la lutte des classes à la lutte des places. La City de Londres est également un territoire à part entière, même si on peut en avoir une représentation négative.

    L'emploi abusif du terme « déterritorialisation » est donc une erreur conceptuelle car la mondialisation ne déterritorialise pas. Couplée à l'explosion démographique, elle a plutôt tendance à « territorialiser » de nouveaux espaces par un phénomène d'anthropisation. Les front pionniers, qu'ils soient forestiers ou maritimes, en sont des exemples. La mondialisation produit de nouveaux territoires et elle change la nature de certains autres dans le cadre d'une mutation globale des systèmes productifs. Les phénomènes d'urbanisation, de métropolisation ou de littoralisation produisent des territoires et des manières d'habiter qui diffèrent des générations précédentes mais il n'y a là dedans aucune déterritorialisation. Il y a plutôt une forte fragmentation et spécialisation spatiale. J. Lévy écrit d'ailleurs que « La mondialisation redessine la carte des lieux ».

    La mondialisation n'est pas hors sol. Le renforcement du numérique n'y change rien. Il a même favorisé un phénomène de concentration de la population et des activités dans les métropoles car le tertiaire nécessite un environnement urbain. Saskia Sassen notait dans un article : « La ville globale : Éléments pour une lecture de Paris » que la plupart des analyses omettent les infrastructures. Pourtant, comme l'a très bien théorisé le Comité Invisible, le pouvoir réside dans les infrastructures. Le capitalisme financier a besoin de lieux et de territoires : les lieux de commandement dans les quartiers d'affaire des grandes métropoles (comme la City), les lieux où on produit de l'énergie (centrales nucléaires, centrales thermiques, raffinerie de pétrole, champs d'éoliennes, ….), les lieux où sont construit les infrastructures de transport : la gare TGV ou l'aéroport. Laurent Carroué dans La planète financière, Capital, pouvoirs, espace et territoires ne dit pas autre chose : « Loin d'être désincarnée, la mondialisation financière place les territoires et les dynamiques au cœur des enjeux sociaux, géoéconomiques et géopolitiques. »

    De quoi la « déterritorialisation » est-elle le nom ?

    Ce terme, qui renvoyait à la philosophie mais qu'on applique désormais à la géographie, est donc souvent employé en lieu et place de « déracinement ». Les sociétés contemporaines sont « déracinées » mais elles ne sont pas « déterritorialisées ». Or le déracinement doit plutôt être étudié sous un angle anthropologique plutôt que strictement géographique. Espaces et territoires sont modelés par ces bouleversements anthropologiques mais ils ne peuvent pas cesser d'exister.

    Il faudrait distinguer de fait la mondialisation, qui est un phénomène complexe qui puise ses racines dans l'histoire (Christian Grataloup, Géohistoire de la mondialisation) et ne peut se résumer à la mondialisation néo-libérale des 30 dernières années, et la question des techniques, au final beaucoup plus vaste.

    Jacques Lévy rappelle que la mondialisation est d'abord un changement d'échelle. C'est l'étude à l'échelle mondiale des grands phénomènes géographiques, des échanges économiques et des relations entre Etats. En ce sens, et pour paraphraser Michel Lussault, la mondialisation est « l'avènement du monde », c'est à dire que le « le monde est devenu le Monde ». Mais cet avènement n'a été possible que par les progrès techniques. Pour Olivier Dollfus, qui parle de « système-monde » dès 1984 avant d’utiliser ce terme de mondialisation : « La mondialisation, c'est l'échange généralisé entre les différentes parties de la planète, l'espace mondial étant alors l'espace de transaction de l'humanité ». La mondialisation traduit d'abord l'anthropisation. Olivier Dollfus distinguait le « système-Terre » du « système-Monde ». Le premier pouvant se passer de l'homme alors que le second est lié aux sociétés humaines. Christian Grataloup estime que « Le Monde, ce sont les hommes sur la terre et reliés entre eux ; mais certains le sont beaucoup moins que d'autres. »

    Le « système-monde » tient son origine probable au sein des marges de l'Eurasie. Chinois, Japonais ou Portugais s'aventurent sur les mers. Pourquoi ? Il serait beaucoup trop long et complexe de traiter de ce sujet ici, mais, pour simplifier, et en mettant pour le moment de côté l'Amérique, le cœur du monde est essentiellement au Proche-Orient qui est un carrefour entre trois continents. Si les Européens ou les Asiatiques ont cherché à prendre la mer, c'est en partie pour contourner l'Orient islamique. L'impossibilité des Chinois et des Japonais à trouver une échappatoire va donc causer leur recul. Ils étaient isolés. La Chine se ferme autour de 1500 et le Japon sort de la féodalité à la fin du XIXeme siècle. L'Amérique a été, à bien des égards, source d'espoirs et des malheurs pour l'Europe mais sans la domination de de « nouveau monde » qui ne porte pas ce nom là par hasard, il eu été probable que l'Europe décline et soit soumise. Cette réalité, on la lit fort peu chez les défenseurs du « nomos de la Terre ». Ce sont les hommes forgés par la Reconquista, au Portugal, comme en Espagne, qui vont prendre la mer au XVeme et au XVIeme siècle. Il s'agit alors tout simplement de survie. Si les Européens n'avaient pas su s'attaquer à l'Atlantique, ils auraient été coincés entre cet océan et le monde islamique qui, contrôlant le sud de la Méditerranée, le commerce d'esclaves, la route de la soie et des épices aurait fini par nous étouffer et nous dominer. Mais c'est aussi cette ouverture Atlantique, vers l'Amérique qui impulse véritablement la mondialisation.

    Si la mondialisation peut passer comme l'apogée d'une économie dérégulée, elle fut donc dans un premier temps une convergence progressive des économies nationales au sein d'une « économie-monde » comme l'écrivait Fernand Braudel. Ceux-ci ont vu dans l'ouverture économique et l'accroissement des échanges des facteurs de puissance, dès l'époque des Grandes Découvertes. En France l'Etat a été un puissant facteur de déracinement, y compris sous la présidence du Général de Gaulle. Comme nous l'avions déjà expliqué ici (http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2015/08/0...) Le rapport du groupe 1985, composé de haut fonctionnaires, d'experts et de techniciens prévoyait l'augmentation des mobilités et l'avènement du nomadisme : « Si les techniques de l'automobile et du chemin de fer paraissent avoir atteint le stade de la maturité, où peu d'innovations spectaculaires sont à prévoir, il n'en est pas de même pour les transports aériens, et on doit s'attendre à l'apparition de nouvelles techniques. Le résultat sera une mobilité qui, au moins pour certains individus, confinera à l'ubiquité. Cette mobilité n'est pas un fait exceptionnel : les sociétés nomades étaient caractérisées par une mobilité extrême au regard de laquelle l'actuelle mobilité des Américains du Nord ne paraît pas sans précédent ; c'est plutôt la vie sédentaire, liée d'abord aux activités agricoles et plus tard aux lourds investissements fixes de la société industrielle qui peut paraître surprenante. » dans Groupe 1985, Réflexions pour 1985, Paris, La Documentation française, 1964

    Si nous sommes déracinés, c'est d'abord en raison des techniques et des technologies en particulier les transports, le numérique et l'accroissement de la vitesse qui concerne l'ensemble de notre existence, de la vitesse de nos véhicules à la vitesse d'envoi d'un courriel. Une abondante littérature peut aller dans ce sens, on mentionnera évidemment pour la réflexion sur la vitesse à Vitesse et politique, essai de dromologie, publié en 1977 par le philosophe et urbaniste Paul Virilio. On songera aussi, même si plus ancien, à La France contre les Robots, de Georges Bernanos, que nous avions chroniqué ou évidemment au Système technicien de Jacques Ellul.

    On aurait tort donc de ne s'en tenir uniquement à des aspects économiques. Au même titre que Saskia Sassen pointait l'oubli des infrastructures chez de nombreux analystes, on note souvent l'oubli des techniques. La technique n'est pas neutre et c'est par les progrès techniques que les sociétés humaines se retrouvent bouleversées. Bien que son livre soit un plaidoyer vegan et pro-théorie du genre soutenue par une philosophie déconstructiviste, Sapiens de l'historien israélien Yuval Noah Harari, traduit en près de 30 langues, explique remarquablement bien comment la révolution néolithique a bouleversée non seulement l'humanité, mais aussi la planète.

    Revenons en aux géographes français, et plus particulièrement à Roger Brunet. Il définissait le « système-monde » de cette façon en 1992 : « le Monde vu comme un système, tel qu'aucun de ses points n'apparaît plus comme isolé, que l'information circule vite et même quasi instantanément autour du globe, que tous les lieux sont plus ou moins interdépendants, que les décisions d'un Etat ou d'une entreprise sont susceptibles d'avoir des répercutions lointaines, et qu'il est indispensable de prendre conscience de cette solidarité de fait. »

    La définition de Roger Brunet mentionne l'isolement. Alors que les Européens ont fait basculer le centre du monde de l'Orient vers l'Atlantique, les peuples d'extrême-orient se sont retrouvés isolés. Leur retour progressif dans le Monde vient donc du basculement progressif vers le Pacifique de l'économie mondiale. Mais il leur aura fallu cinq siècles. L'autre élément important de la définition de Roger Brunet est la vitesse de circulation de l'information. La vitesse et le numérique qui favorisent la mondialisation actuelle peuvent apparaître comme une « nouvelle révolution néolithique » au sens où il y a bouleversement total des sociétés. Et si les sédentaires y voient une « déterritorialisation » c'est parce qu'ils assimilent le territoire à la sédentarité. Ce qui est une erreur. Les nomades aussi habitent sur des territoires, sur les « grands espaces » tant vantés par la géographie des pan-idées : panslavisme, pangermanisme, pan africanisme... Le déracinement n'est pourtant pas le nomadisme au sens des « peuples nomades » car il est marqué par une forte discontinuité territoriale et des mobilités accentuées par la vitesse. Le nomade n'avait pas les moyens d'abolir la distance, l'homme mondialisé peut d'une certaine manière abolir la distance. Il raisonne d'abord en terme de temps.

    Là aussi, comme nous l'avions déjà rapporté, le Groupe 1985 avait été visionnaire et écrivait en 1964 :

    « Et alors que la notion de distance est actuellement la plus utilisée pour traiter de ce sujet, c'est en fait une fonction du temps passé, du confort et du prix qui sera sans doute, et à juste titre, de plus en plus souvent mise en jeu dans l'avenir : qu'il soit possible d'aller d'un bureau grenoblois à un bureau parisien en deux heures, pour cent francs, dans un bon siège, et la vie de la province sera changée ; point n'est besoin de savoir quelle sera la part de l'avion de l'automobile ou de l'aérotrain là-dedans — ni de penser aux 600 kilomètres qui séparent les deux villes, et qui seront toujours 600 kilomètres. On peut imaginer, par exemple, qu'en supposant un confort convenable — et indispensable — trois ordres de temps de voyage pourront être considérés : — inférieur à une demi-heure, qui peut être accepté deux fois par jour (habitat - travail) — inférieur à deux heures, qui peut être admis une fois par semaine ; — de l'ordre d'une nuit, plus exceptionnel. »

    L'économie dont nous parlons actuellement doit beaucoup à la vitesse et aux techniques. Nous produisons des objets qui nous permettent de « gagner du temps », les micro-ondes ou les machines à laver, mais aussi d'être connectés avec nos ordinateurs ou nos téléphones portables. Ajoutons à cela, même si cela concerne plutôt d'autres pays, la production de voitures. Et si la Chine est intégrée à la mondialisation, c'est bien pour nous permettre d'aller plus vite, d'être connectés et de gagner du temps.

    Il n'y a donc pas ici « déterritorialisation » car il y a tout au contraire un aménagement très important du territoire : usines, routes, quartiers pavillonnaires, centres d'affaire, centre commerciaux. Le déracinement va de paire avec l'aménagement du territoire donc avec la territorialisation. C'est parce qu'on a aménagé nos territoires, pour les rendre plus productifs, que des milliers d'enfants de paysans se sont retrouvés dans les usines et les bureaux en France. En effet rappelez vous qu'une des définitions de territoire est « toute portion humanisée de la surface terrestre ». Quoi de plus humanisé qu'une métropole ? Et pourtant quoi de plus déraciné qu'un habitant de cette métropole ?

    Pour qu'il y ait véritablement déterritorialisation géographique, il faudrait qu'il y ait un phénomène de reflux de l'œkoumène. Si la mondialisation est « l'avènement du Monde »  et va donc de paire avec une extension de œkoumène, alors la déterritorialisation devrait être comprise comme le phénomène contraire. Le déracinement doit beaucoup plus aux évolutions techniques qu'à la mondialisation stricto sensu et l'évolution de la mondialisation sous sa forme actuelle est corrélée aux progrès techniques.

    Peut-on de fait « démondialiser » uniquement en restaurant les frontières nationales ? Rien n'est moins sur. La simple restauration des frontières nationales nous conduira surtout à revenir au fonctionnement économique avant le tournant des années 70/80 mais cela n'influera que peu sur les habitants. La mondialisation, dès l'origine, est corrélée au capitalisme, y compris national, donc à la société produite par le capitalisme. En France, on estime que la population est urbanisée à 82% et qu'elle est sous influence urbaine jusqu'à près de 95% ! Tout retour en arrière paraît donc utopique en l'état. La population ne veut pas tant revenir au village coutumier que lutter contre son déclassement. La norme sociale de l'après-guerre, c'est la famille des Trente glorieuses, pas le paysan-paroissien dans son village.

    Jean/C.N.C.

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/le-cercle-non-conforme/

  • Eviter le choix du pire

    Comme avant lui Renaud Dély, Gilles Kepel, Jean-Jacques Bourdin, Mourad Boudjellal ou Patrick Bruel (liste non exhaustive), Emmanuel Macron dans son livre-programme «Révolution», établit un parallèle entre le FN à l’Etat islamique (EI). «Cette France», écrit-il, «républicaine par nature, qui est la nôtre, a des ennemis. Les républicains ne peuvent jamais faire l’économie de les nommer. (..) Il y a les islamistes qui veulent l’asservir et qui, l’expérience le montre, n’apportent que le malheur et l’esclavage. Il y a le Front National qui, animé par une absurde nostalgie de ce que notre pays n’a jamais été (sic), lui fait trahir ce qu’il est». Dans le même registre de la symétrie foireuse, Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI,  expliquait en novembre de l’année dernière que l’Etat islamique  était « bénéficiaire de la montée du FN » qui«favorise la propagande» de l’EI…mais sans prôner, comme le fait M. Macron, l’instauration de la proportionnelle afin que le courant national soit représenté à la hauteur de son poids électoral à l’assemblée…

    De rétablissement de la proportionnelle,  il n’était pas question hier lors de l’ultime débat entre MM. Fillon et Juppé, les deux hommes tombant d’accord sur l’essentiel et notamment sur leur volonté commune de  «lutter contre les extrémistes », d’ «(a)battre le Front National».  Notons au passage que la question centrale, décisive  de notre inféodation à l’Europe liberticide bruxelloise n’a pas été évoquée une seule fois hier soir. Ce qui est assez aberrant  quand on  pour but, juste avant le second tour de cette primaire,  d’afficher  son courage, sa volonté  de redresser notre pays… sans  lui faire recouvrer  son indispensable liberté de manœuvre et de décision?

    Non,  l’obsession, reste bien le poids électoral  de l’opposition patriotique  que  François Fillon conteste lui aussi. Nous le rappelions, il affirmait l’année dernière, le 19 février 2015 sur l’antenne de BFM TV, qu’il voterait «sans hésiter » au second tour pour le candidat du PS contre Marine Le Pen à la présidentielle. Cela n’a pas empêché  l’ex conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, invité hier matin d’Europe 1,  d’affirmer qu’ «à sa manière – moins triviale, moins brutale que celle de Sarkozy», M. Fillon a mené «une campagne de transgression des tabous».  «Maurice Druon avait l’habitude de dire qu’en France, il y a deux partis de gauche dont l’un s’appelle la droite. C’est cette anomalie française qui est en train de prendre fin. Fillon assume une droite conservatrice ». La veille pourtant, François Fillon, toujours au micro d’Europe 1 affirmait qu’il n’était «certainement pas réac», «certainement pas conservateur»…et certainement pas décidé, il l’a redit  hier soir,  à  remettre en cause le mariage pour tous, ni l’adoption pour les couples homosexuels.

    «On assiste à ce que j’appelle, la révolution conservatrice» affirme M. Buisson. «C’est le mot de Napoléon à ses ministres: N’ayez pas peur du peuple, il est encore plus conservateur que vous. C’est en cela que Juppé, qui s’est fait le porte-parole de la modernité, tient un discours absolument ringard. Il ne se rend pas compte que cette révolution conservatrice est partout à l’œuvre dans la société occidentale ». Comme le notait Bruno Gollnisch quelques heures après  la défaite d’Hillary Clinton, «le peuple est beaucoup plus au fait des réalités que les élites dans leur tour d’ivoire et qui échappent aux réalités». Mais ce réalisme est-il vraiment partagé par M. Fillon?

    L’interrogation est majeure: une droite réactivant les vieilles recettes du thatchérisme, aujourd’hui, obsolètes dans un monde saccagé par la violence de la mondialisation,  recettes abandonnées aussi bien en Angleterre que par  un Donald Trump plaidant pour le protectionnisme,  serait conservatrice de notre identité française ?  Est-ce là  la ligne Maginot, la   «bataille idéologique» que M. Fillon se targuait hier soir d’avoir gagné?

    Pareillement, cette bataille ne va pas jusqu’à faire sauter un des grands tabous partagé par l’ensemble des partis du Système,  puisqu’il refuse de  plaider en faveur du  nécessaire rétablissement de la préférence nationale. A lire son programme,  certes, M. Fillon, jusqu’alors très mou  sur le sujet, affirme  vouloir donner un coup d’arrêt à l’immigration massive par une série de mesures (quotas, renforcement des contrôles, restriction de l’AME…), toutes choses  dont la droite au pouvoir s’est toujours abstenue. En fait de laxisme criminel, faut-il aussi rappeler que  le précédent gouvernement Fillon se signala, avec la bénédiction du Medef,  de la gauche immigrationniste, des diverses obédiences multiculturalistes et humanistes, par l’arrivée sur notre sol d’un million d’immigrés légaux supplémentaires?

    Déjà en 2007, pillant sans vergogne des pans entiers du programme  présidentiel lepéniste,  Nicolas Sarkozy, sur un mode patriotique bien plus affirmé que François Fillon au cours de cette campagne des primaires, il faut s’en souvenir, avait promis la rupture.  La rupture avec les dérives communautaristes, le multiculturalisme, la racaille,  l’immigration massive, le fiscalisme qui spolie, la bureaucratie qui paralyse,  l’esprit de mai 68, la dictature morale de la gauche. Il évoquait la France de Charles  Péguy,  convoquait Barrés et Jeanne d’Arc, exaltait  la France éternelle,  nos racines chrétiennes , célébrait le bons sens de la France qui se lève tôt, le pays réel face au pays légal...on a vu le résultat lors de son quinquennat. Une ligne droitière réactivée à des fins électoralistes lors de sa campagne de 2012,  qui a sans aucun doute permis au mari de  Carla Bruni de limiter la casse dans les urnes face à François Hollande.

    Déçus du sarkozyme, ou électeurs  sarkozystes dépités de la non qualification de leur champion démonétisé  pour le second tour de la primaire de la droite et du centre, auprès desquels M. Fillon n’a pas toujours la cote. Les orphelins de Sarko, et ils pèseront d’un poids non négligeable sur le résultat de la présidentielle,  ne suivront pas forcément les objurgations de l’ex chef de l’Etat. Il  demandait le 20 novembre à ses électeurs  de voter pour le leurre Fillon, «de ne pas jamais emprunter la voie des extrêmes, la France mérite tellement mieux que le choix du pire». Nombreux sont au contraire nos compatriotes à comprendre que la seule manière d’éviter la voie des extrêmes euromondialistes, c’est justement de ne pas faire le choix du pire consistant  à remettre en selle les représentants de ce vieux Système  qui promettent de faire demain ce qu’il n’ont ni su,  ni pu  ou ni voulu faire hier.

    http://gollnisch.com/2016/11/25/eviter-choix-pire/

  • Le scandale de la « prime au retour » pour les clandestins

    Pendant que des millions de Français peinent, chaque mois, à joindre les deux bouts, le gouvernement socialiste distribue sans aucune honte des millions d’euros à des immigrés clandestins…

    http://www.contre-info.com/

  • L'ÉCHO PARISIEN BLOG DE PATRICK GOFMAN

    Vous le retrouverez ici

    http://pgofman75.hautetfort.com/

    mais il continu là:

    http://parolesdemilitants.blogspot.fr/

  • Marion Maréchal-Le Pen au sujet de Fillon : » L’un des rares à l’Assemblée qui refuse encore de me serrer la main »

    Le 22 novembre 2016 à 19h30 sur LCI, Yves Calvi recevait Marion Maréchal-Le Pen.

    La Présidente du groupe FN en PACA a ainsi pu donner son avis sur le 2nd Tour de la Primaire Les Républicains qui opposera François Fillon à Alain Juppé.

    Marion Maréchal-Le Pen explique pourquoi François Fillon ne peut pas incarner le renouveau :

    Je ne vois pas dans ces candidats le renouveau annoncé. Concernant François Fillon, il a été député 8 ans avant ma naissance et il est ministre depuis 1993. C’est un adversaire du Front National depuis maintenant 30 ans. C’est l’un d’ailleurs des rares à l’Assemblée qui refuse encore de me serrer la main. Il est pour moi, l’un des acteurs de la décomposition française.

  • Alors Fillon ou Juppé ?

    Le billet de Patrick Parment

    fillon juppé.jpg

    Leur programme ? La question est de savoir lequel des deux aura les « cojones » de le mettra vraiment en œuvre. Fillon n’a pas tort quand il avance que Juppé n’entend pas faire bouger radicalement le système. Juppé, à l’image de Chirac, n’est pas un homme de droite – sait-il seulement ce que cela veut dire ? On n’a jamais entendu Juppé parler de la France comme patrie charnelle. D’ailleurs Juppé évoque peu la France. En qualité de ministre des affaires étrangères, on se souvient surtout qu’il était passé sous les fourches caudines d’un certain Bernard-Henri Lévy, va-t-en guerre contre Kadhafi. La suite, on la connaît. Désastreuse. Sur Vladimir Poutine, Fillon est nettement plus réaliste qu’un Juppé qui nous a fait comprendre qu’il resterait sous le chapeau américain. Ah, oui, tiens, c’est Donald Trump ! Ca va compliquer les choses. Le logiciel Juppé va s’affoler.

    On le voit bien, Juppé appartient à cette catégorie d’homme politique qui a décidé de confisquer la démocratie à l’unique usage d’une caste de droit de lhommistes qui participent de cette délétère idéologie ambiante, dangereusement irréaliste. Pourquoi ? Parce que Juppé n’a aucune conviction à l’image de son maître Chirac et qu’il se contente d’humer l’air du temps médiatique.

    Si Fillon n’est pas la panacée, sur des thèmes comme l’immigration, l’éducation nationale et les affaires étrangères, il a l’avantage d’être le plus réaliste. Mais la Révolution est remise à plus tard.

    http://synthesenationale.hautetfort.com/

  • Les vrais ennemis de l'Occident: Alexandre del Valle présente sa somme de géopolitique (500 pages)

  • Robert Ménard : Sortie de mon « Abécédaire de la France qui ne veut pas mourir »

    La France ne veut pas mourir !

    913408939.jpgChers amis,
    Les Français qui souffrent sont des millions.
    Ils ne sont pas une France de la périphérie, pour reprendre le titre d'un ouvrage brillant. Ils sont le coeur saignant de la France. Ils sont les victimes immolées dont le sacrifice doit être tu et même enseveli sous les mensonges.
    ILS SONT LA FRANCE.
    Ils vivent en direct sa déchéance et sa disparition.
    J'ai choisi de répondre POINT PAR POINT à toutes les accusations fallacieuses que suscitent nos actions à Béziers. Et pour cela, je publie un Abécédaire de la France qui ne veut pas mourir.
    ACHETEZ ICI
    Au-delà de la simple riposte, j'y expose un plan de sauvetage de la France.Cette France qui souffre plus que jamais depuis plusieurs décennies de l'incurie et du cynisme coupables de ses gouvernants, qu'ils soient de droite ou de gauche. 
    Immigration galopante, montée de l'islamisme, déclin de l'école publique, défiguration urbaine, langue de bois des médias, trappes à pauvreté générées par la mondialisation toute-puissante, etc.
    Et si Béziers constituait une sorte de modèle à porter à l'échelle nationale ?
    Tout se joue maintenant, à l'ouverture de la campagne présidentielle.
    Je vous invite donc à lire cet Abécédaire de la France qui ne veut pas mourir.
    CLIQUEZ ICI
    Sauver la France ne tient qu'à nous.
    Cordialement,
    Robert Ménard

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Fillon, LR, FN : une très sérieuse envie de droite !

    Source : Polemia – « Fillon, LR, FN : une très sérieuse envie de droite ! »

    Philippe Christele s’interroge sur les conséquences du choix de François Fillon par les électeurs de la primaire de la droite et du centre sur le paysage politique :

    La très probable élection de François Fillon n’est a priori pas une bonne nouvelle pour le FN et sa campagne.

    Que ce soit juste ou pas, François Fillon coche en effet presque toutes les cases du candidat rêvé de la droite :

        Sa posture physique personnelle est présidentielle, loin du bling-bling sarkozyste ou du hollandisme chiffonné. Ce que confirme une intégrité jusque-là irréprochable ;
        Ses positions géopolitiques d’équilibre – qui représentent ses seules réelles transgressions d’avec la doxa dominante – ne peuvent pas être attaquées ;
        Sa filiation historique de plus proche collaborateur du velléitaire Philippe Séguin lui donne un vernis de souverainiste, que ses actes n’ont pourtant jamais confirmé ;
        Sa campagne, renforcée du choix – contestable – de la bourgeoisie catholique de le soutenir, donne de lui une image forte sur le plan des valeurs, même si ses positions et votes personnels précédents démontrent qu’il n’en est rien. Mais en politique, est ce qui paraît ;
        Son programme économique lui rallie à la fois ceux qui pensent aux comptes publics comme ceux qui pensent à la liberté de l’entrepreneur. Ses soutiens sont à la fois auprès du grand capital et auprès des « pigeons » et autres cénacles analogues qui lisent dans son programme l’espoir de nous débarrasser des lourdeurs ruineuses, bureaucratiques, syndicales et normatives ;
      Enfin, sa fin de campagne autour d’une attaque résolue de l’islam nommément désigné lui a assuré l’ultime décollage sondagier dont l’acmé a été le surprenant premier tour de l’élection primaire.

    A ces éléments statiques vont s’ajouter plusieurs éléments dynamiques :

        La rudesse de son programme économique va aider la gauche à se coaliser facilement contre lui, au nom de la défense des « zacquissociaux » et autres pesanteurs irréformables ;

    La disparition de l’épouvantail Sarkozy, figure préférée pour les attaques sans risques de l’extrême gauche, va laisser ces braves gens inoccupés. Ils vont vite se reprendre pour attaquer ce qui, chez Fillon, fleure bon le terroir, à savoir son prétendu enracinement et ses réseaux cathos ou conservateurs. Ce qui aura notamment pour conséquence d’en rajouter sur la dimension droitière et conservatrice dudit Fillon ;

    Bref, au programme de la prochaine présidentielle, une belle réactivation du clivage droite/gauche en lieu et place de l’affrontement système/antisystème qu’on aurait pu voir naître. 

    5 leçons à retenir pour le Front National :

        Le discours sur les valeurs n’est pas opérant. Si même un Jean-Frédéric Poisson ne parvient pas à mobiliser le vote des natios-cathos en sa faveur, ce n’est pas Marine Le Pen qui pourra faire mieux. Comme Jean-Marie Le Pen hier s’était heurté au dispositif Villiers, il y a là une section d’électorat sans doute inaccessible. Ce qui ne doit pas être une raison pour l’insulter ni l’attaquer car cet électorat reste à sa manière un électorat identitaire et que l’attaquer n’apporte rien, si ce n’est un défouloir pour petits apparatchiks ;

    Remiser le concept de la « France Apaisée ». Regarder une affiche de François Fillon devrait suffire à la démonstration : pour l’électeur de droite, il assure et il rassure. L’apaisement est déjà chez lui et avec lui ; la concurrence en apaisement ne peut être tenue ;

    Ne pas tenter le « ni droite, ni gauche » qui est, généralement, un choix de gauche. La sévérité du programme Fillon va muscler la gauche et le FN doit savoir, pour en avoir longtemps bénéficié à bon droit, que l’électeur préfère toujours l’original à la copie. Faire du FN le rempart contre le programme libéral de Fillon est bien trop risqué ;

    La seule faille réelle de Fillon est son positionnement sur les questions d’identité, de sécurité et d’immigration. Lesté du bilan du quinquennat Sarkozy, il est aussi – malgré son livre de circonstance – faible en références efficaces sur ce domaine, qui a pris peu de place dans son programme. Ces thèmes sont le défaut de sa cuirasse ; c’est là qu’il faut porter le fer ;

    C’est d’autant plus là qu’il faut porter le fer que c’est sur ces sujets qu’il y a le plus grand potentiel d’électeurs sarkozystes orphelins à récupérer. La sociologie électorale a déjà démontré la proximité des électorats ; il faut l’encourager et aller chercher le facile gisement de 3 à 4 points d’électorat (non de primaire, mais de présidentielle) qui sont à portée, qui accroîtraient la dynamique de progression du vote FN et permettraient à sa candidate de sécuriser une place en tête au premier tour.

    Séduisant comme sans doute aucun candidat de droite ne l’a été depuis longtemps, Fillon est dangereux mais pas imprenable. Futur chef de file d’une droite qui fera semblant de se rallier à lui, de Copé à NKM, il aura du mal à tenir la ligne dure de son premier tour de primaire sans risquer la cacophonie dans ses rangs ou l’évaporation des centristes et juppéistes (pléonasme assumé) vers Macron s’il va au bout.

    Assiégé entre une gauche qui va lui reprocher son programme économique et un FN qui pourrait le harceler sur ses mensonges et contradictions sur le terrain identitaire, de loin le plus porteur électoralement depuis le Brexit, Trump et le reste, abandonné par des centristes effarouchés par son programme mais peu par son autorité timide, il peut mettre un genou à terre et, qui sait, finir troisième derrière Marine Le Pen et le bon candidat qu’une gauche requinquée et raisonnable aura fini par se trouver.

    Il n’est pas trop tard pour le FN d’ajuster le tir. C’est toute la sagesse de Marine Le Pen que d’avoir su rester prudente jusqu’à ce jour pour prendre le soin de viser la cible, corriger la hausse et sortir les bonnes munitions.

    http://fr.novopress.info/201945/fillon-lr-fn-une-tres-serieuse-envie-de-droite/#more-201945