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actualité - Page 4645

  • Pour l’Empire, la finalité c’est le chaos, pas la victoire

    Peter Kœnig, économiste et analyste géopolitique, ancien cadre de la Banque Mondiale.

    « Une fois de plus, un pays “libéré” par les Occidentaux bascule inéluctablement dans le chaos. » Global Research

    Ce pourrait être n’importe lequel de ces pays à feu et à sang où Washington et ses séides d’Europe de l’Ouest et de l’Est ont semé la guerre – spirale sans fin de chaos, de ruine et de mort – et la soumission.

    « M. Hollande sait pertinemment que ses chasseurs bombardiers servent en réalité les intérêts du Parrain pour semer davantage de chaos et de destruction dans toute la région, davantage de mort, davantage de misère, davantage d’esclavage – davantage de réfugiés sombrant en Méditerranée – et davantage encore de ce chaos sans fin. »

    Le cœur même du problème : en réalité, la stratégie de Washington et de l’OTAN n’est pas de gagner la guerre ou le conflit mais de créer et maintenir les conditions d’un chaos permanent. Un moyen imparable de contrôler à la fois les populations, les nations et les ressources, et de garantir à l’Ouest une demande permanente de troupes et de matériel militaire – aux États-Unis, le complexe militaro-industriel et les industries et services connexes représentent à eux seuls plus de 50% du PIB. Par définition, un pays en pleine débâcle ou en plein chaos est en banqueroute et manque toujours d’argent – l’argent des conditions drastiques, l’argent de l’austérité, celui que dispensent le FMI, la Banque Mondiale et d’autres « institutions de développement » aussi sinistrement notoires, entre autres usuriers. Un argent synonyme d’esclavage, a fortiori lorsque accordé à des dirigeants corrompus qui se fichent pas mal de leur peuple.

    Et c’est ça qui est visé, pas autre chose, au Yémen, en Ukraine, en Syrie, en Irak, au Soudan, en Centrafrique, en Libye… et n’importe où ailleurs. Peu importe qui se bat contre qui. EI / Isil / IS / Daish / Daesh / Al-Qaeda, quelque nom d’organisation de tueurs mercenaires qu’on veuille ajouter à la liste, c’est autant d’étiquettes pour noyer le poisson. On peut aussi bien y ajouter Blackwater, Xe, Academi et tous les autres noms utilisés successivement pour mieux brouiller les pistes. Les prostituées de l’Empire anglo-saxon sioniste, les prostituées de bas étage, à côté des prostituées de luxe que sont l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Bahreïn et les autres États du Golfe ; avec en plus la France et l’Angleterre bien sûr.

    François Hollande venait à peine de signer pour plusieurs millions d’Euros de contrat, rien qu’avec le Qatar, pour la vente de 24 chasseurs bombardiers Rafale, qu’il repartait aussitôt pour Riyad pour discuter avec le roi Salman de la vente de nouveaux Rafales. Les affaires vont bien ! Et puis c’est bien pratique pour « éradiquer » des ennemis fabriqués de toutes pièces ; et aussi pour pouvoir prendre part au sommet du Conseil de la Coopération du Golfe (CCG) le 5 mai. Sujet des discussions au sommet : les « crises » de la région, notamment au Yémen, créées par l’Occident dans l’intérêt de Washington (et de ses maîtres sionistes) et imputées aux « rebelles », qui se battent simplement pour un gouvernement plus juste.

    L’Occident a inventé tout un vocabulaire à vous rendre malade. C’est comme un virus qu’on vous inocule dans le cerveau – du moins ce qu’il en reste – au point qu’on en devient incapable de se rappeler ce que les mots veulent dire réellement. On les répète tels quels et on prend le tout pour argent comptant. Après tout, les médias de masse vous les enfoncent jusqu’aux tripes du matin au soir. Quand des gens se battent pour leur liberté, pour leur survie, contre des régimes oppresseurs, ce sont des « terroristes », des « rebelles ». Les réfugiés d’Afrique qui fuient les pays frappés par les conflits infligés par Washington – réfugiés dont plus de 4 000 ont déjà péri en mer cette année en tentant d’aller chercher « une vie meilleure » de l’autre côté de la Méditerranée – sont commodément rebaptisés « immigrants » [euphémisme d’usage pour éluder le statut de réfugié]. Généralement on précise « immigrants illégaux » pour enfoncer le clou. Les immigrants sont autant de mendiants ; les immigrants illégaux, du gibier de potence ! Tout ça n’a rien à voir avec le chaos et l’horreur économique où les Occidentaux ont plongé leurs pays. Tiens donc ! Honte à toi Bruxelles !

    A propos de chaos, M. Hollande sait pertinemment que ses chasseurs bombardiers servent en réalité les intérêts du Parrain pour semer davantage de chaos et de destruction dans toute la région, davantage de mort, davantage de misère, davantage d’esclavage – davantage de réfugiés sombrant en Méditerranée – et davantage encore de ce chaos sans fin, de gens à la limite de la survie, de gens qui n’ont plus les moyens de se battre pour défendre leur pays, leurs ressources, leur liberté, car ils doivent avant tout se battre pour leur propre survie, pour la survie de leurs enfants ou celle de leur famille. Tu parles d’un empire !

    Non, franchement, quand quelqu’un vend à d’autres pays des chasseurs bombardiers ou n’importe quel type de machine à tuer, en sachant pertinemment que ces armes servent à tuer des gens, à détruire des pays, est-ce que ce type n’est pas un criminel contre l’humanité ? C’est pas un criminel de guerre de la pire espèce ?

    Hollande […] est un parfait larbin, persuadé qu’au bout du compte quelques miettes du butin de ce pillage énorme finiront par tomber dans son assiette et qu’il pourra un jour nager avec ses maitres dans un paradisiaque océan de lait et de miel. Pense-t-il vraiment sauver l’économie de son illustre pays, qui produisait jadis des Victor Hugo, des Balzac, des Stendhal et autres Dumas, en vendant des machines à tuer aux autres séides de l’Empire ? Est-ce que ça l’intéresse que 83% de son électorat le méprise ?

    Semer le désordre, le chaos et la ruine, c’est tout ce que Washington et ses vassaux savent faire. C’est pasgagner des guerres qu’ils veulent, ce qu’ils veulent c’est le chaos éternel et la ruine, des populations faciles à écraser. Ils appellent ça « full spectrum dominance » [domination totale ou dans tous les domaines].

    Et comme l’armée américaine et son « big brother » (ou big sister) l’OTAN ne peuvent pas être partout, ne veulent pas qu’on les voie partout, ils se payent des tueurs. Washington invente et crée, puis finance avec son intarissable flot d’argent les ISIS, Daesh ou Al-Qaeda – et le répertoire de s’élargir au bon vouloir du maitre – afin qu’ils combattent pour elle, qu’ils tuent pour elle, pour produire chaos et « false flags » [opérations dites « sous fausse bannière », ou pseudo-ennemis qui servent nos intérêts], de sorte qu’au final, l’OTAN et le Pentagone, son bulldozer, puissent intervenir et prétendre « détruire » ces mercenaires qu’ils ont eux-mêmes créés depuis le début. Jamais les médias ne vous diront la vérité là-dessus.

    Ils vous mettent dans la tête que les Houtis – secte shiite humanitaire de gauche – et les sunnites s’entretuent au Yémen pour le pouvoir ; que les Saoudiens et leur coalition de monarques ne font que libérer le Yémen d’une bande de terroristes ; que les Houtis ont le soutien de l’Iran (majoritairement shiite) – affirmation récemment démentie avec véhémence par un responsable de l’ONU – et que les Houtis doivent donc être brisés. Une bonne occasion de plus pour Washington de tout faire retomber sur le dos de l’Iran ! Et une fois les Houtis asservis et décimés en nombre suffisant, un président fantoche sera mis en place, comme l’ex-président Saleh ou son successeur Hadi, de façon que Washington puisse indéfiniment verser de l’huile sur le feu et oppresser la population du pays, pour garder un accès illimité au port stratégique d’Aden – et au Golfe d’Aden.

    Même chose pour l’Ukraine : est-ce que Daesh, ISIL, ISIS, Al-Qaïda ou quelque nom qu’on veuille lui donner est présent en Ukraine ? Je vous le donne en mille, sous les ordres de la CIA et de quelque 6 000 militaires américains – envoyés comme instructeurs uniquement, bien sûr. Ils forment les troupes de Kiev à la meilleure manière d’exterminer rapidement leurs propres frères, dans le Donbass. Ils les entrainent à y enraciner le chaos. Et si les soldats refusent d’être formés à tuer leurs frères, le régime nazi de Kiev les fusillera comme traîtres. Point final ! C’est tellement simple. Comme ça, personne ne résiste.

    Et à présent les « conseillers » militaires américains et la CIA, avec l’aide de leurs tueurs professionnels (les Nazis de Kiev, ISIS/Daesh/Al-Qaeda, peu importe) accumulent les provocations pour embarquer Poutine dans une vraie guerre – autant que possible une Troisième guerre mondiale. Si ! La troisième en moins de cent ans, tout à fait susceptible de dévaster l’Europe et peut-être même le monde entier. Jusqu’ici, le monde était passé à côté d’un tel désastre, principalement grâce à la sage stratégie de non-confrontation des Russes.

    De fait, c’est clair, ISIS/Daesh/Al-Qaïda est en Ukraine. Ils sont partout où l’Empire exige qu’ils soient présents. C’est à ça qu’on les paye. Un vrai boulot de prostituées. Des prostituées spécialement conçues pour ça ; et bien payées en plus. Ici, l’idéologie n’est qu’une feuille de vigne bien commode pour les médias – comme ça nous pouvons tous nous convaincre qu’en fait, ce sont les Musulmans qui sont pourris – et certains plus que d’autres. L’Occident doit les combattre car ils représentent un danger énorme et imminent pour nos libertés, pour notre liberté, pour nos démocraties – et en particulier pour les valeurs néolibérales de notre économie de marché version tout est gratuit.

    Parce que c’est ça l’ultime finalité : l’humain comme simple élément de fonctionnement du marché, jetable, réductible à autant de chair à canon, exterminable en masse avec des OGM empoisonnés, des drones, des bombes, des famines créées artificiellement, de sorte qu’en fin de compte les survivants soient réduits au servage, aux mains d’une élite extrêmement réduite, qui contrôle les quatre coins du globe et TOUTES ses ressources, pour maintenir le standing de gens exceptionnels – mais oui, la nation exceptionnelle finira elle-même par se réduire à une poignée de personnes exceptionnelles vautrées dans l’opulence.

    Rappelez-vous cette phrase abjecte d’Henry Kissinger (la vision de l’un des plus épouvantables criminels de guerre encore vivant aujourd’hui), Prix Nobel de la Paix, lui aussi d’ailleurs (sic) : « Qui contrôle les réserves de nourriture contrôle les peuples ; qui contrôle l’énergie peut contrôler des continents entiers ; qui contrôle l’argent peut contrôler le monde. »

    Ces mots sonnent chaque jour plus vrai. Mais seulement tant que nous le permettons ; tant que nous, le peuple, nous les 99,999% des habitants du globe, nous acceptons qu’il en soit ainsi.

    Peter Koenig, Global Research 6/05/2015

    Article original en anglais : Chaos – not Victory – is the Empire’s « Name of the Game », Global Research, 06 mai 2015

    Traduction : Dominique Arias

    Source : Mondialisation.ca

    Peter Koenig est économiste et analyste géopolitique. Ancien cadre de la Banque Mondiale, il a travaillé dans le monde entier comme le domaine de l’environnement et des ressources en eau. Il écrit régulièrement pourGlobal Research, ICH, RT, Sputnik News, The Voice of Russia, Ria Novosti, TeleSur, The Vineyard of the Staker Blog, entre autres sites Internet. Il est l’auteur de Implosion – An Economic Thriller about War, Environmental Destruction and Corporate Greed – ouvrage de fiction à partir de faits réels et sur 30 ans d’expérience de la Banque Mondiale autour du monde.

    http://www.polemia.com/pour-lempire-la-finalite-cest-le-chaos-pas-la-victoire/

  • Journal US: déçue par l'Occident, la Géorgie se tourne vers Moscou

    La tendance de l'Occident à se désintéresser de la Géorgie après le départ du président Saakachvili pousse les Géorgiens à envisager la possibilité d'une normalisation des relations avec Moscou.

    L'Union européenne se montre de moins en moins disposée à accueillir la Géorgie, ce qui provoque la déception des Géorgiens et les pousse à envisager la possibilité d'une réconciliation avec la Russie, rapporte le Financial Times. 

    Lors du sommet de l'Otan tenu en septembre dernier à Cardiff, l'Alliance n'a pas proposé à la Géorgie le plan d'action pour l'adhésion (MAP). L'Union européenne n'a pas non plus allégé le régime des visas avec la Géorgie. Bref, les habitants de ce pays du Caucase n'ont jusqu'à présent obtenu aucun des nombreux avantages promis par l'Occident.

    "La politique internationale m'a appris que plus un pays est petit, moins il a droit à la déception", a déclaré au journal le président du parlement géorgien David Usupashvili. "Nous devons rayer le mot «déception» de notre vocabulaire", a-t-il ajouté.

    Ce sentiment est pourtant celui que les Géorgiens éprouvent actuellement et qui crée un terrain propice au renforcement de l'influence russe, constate le Financial Times.

    "Une carotte, c'est ce que nous demandons à l'Occident. Or, nous avons le sentiment de faire tout notre possible, mais de ne rien obtenir en échange, alors que la Russie est là", affirme Eka Metreveli, expert de la Fondation géorgienne pour les études stratégiques et internationales.

    L'Institut national démocratique pour les Affaires internationales des Etats-Unis (NDI) a publié un sondage selon lequel 31% des Géorgiens, soit deux fois plus qu'il y a un an, souhaitent l'adhésion de leur pays à l'Union eurasiatique (Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Arménie et Kirghizstan).

    Selon le Financial Times, le conflit en Ukraine a modifié l'attitude des Géorgiens envers la Russie.

    "De nombreux Géorgiens considèrent l'Europe comme faible et indécise. Quant à Poutine, il donne l'impression d'être un homme fort qui parvient toujours à ses fins. Alors, les gens se demandent: l'Europe, quels avantages peut-elle nous offrir? N'est-il pas idiot de résister tellement à la Russie?", estime l'analyste politique Ghia Nodia.

    Le désir de renouer avec Moscou a été stimulé par la victoire de la coalition "Rêve géorgien" aux élections législatives de 2012. Tout en optant pour l'intégration européenne, cette formation politique cherche également à normaliser les relations avec la Russie.

    Avec la levée par Moscou de l'embargo sur les importations géorgiennes, les agriculteurs de ce pays ont compris que le marché russe était plus prometteur que celui de l'UE.

    Les experts géorgiens soulignent également le renforcement des groupes politiques pro-russes tels que le Choix eurasiatique de la Géorgie. Il s'agit d'une coalition d'organisations non gouvernementales qui compte environ 16.000 membres.

    D'après les analystes politiques, les partis pro-russes ne gagneront visiblement pas les élections législatives de 2016, mais ils pourront former une minorité suffisante pour empêcher les partis pro-occidentaux de prendre le contrôle du parlement.

    http://fr.sputniknews.com/international/20150518/1016129650.html#ixzz3aZiq4Sma

  • Médias français: le bal des hypocrites

    La mise à l’écart de Caroline Fourest d’une émission phare de l’audiovisuel français, n’est qu’un éclair de lucidité qui ne doit pas faire illusion. Nos médias ont mis à l’index un individu. Ils n’en poursuivront pas moins leur propagande.

    Caroline Fourest est sans doute largement méconnue du grand public russe. Pour les Français, elle est en revanche incontournable. Journaliste de radio (France Culture, France Inter), de télévision (La Chaîne Parlementaire-LCP), de presse écrite (nombreuses publications dans le Monde, Charlie Hebdo…), c'est une cumularde des médias, émargeant dans une foule de rédactions. Figure de proue de la communauté homosexuelle, féministe tendance haineuse, laïcarde jusqu'à « bouffer du curé», cette militante libertaire, affirmant son ancrage à gauche, appartient au petit cercle des leaders d'opinion définissant dans notre pays ce qui est politiquement correct et ce qui ne l'est pas. A ce titre elle a, depuis des années, pris toutes les libertés avec la vérité, y compris vis-à-vis de la Russie et de Vladimir Poutine, le « russian bashing » étant l'un des exercices favoris de la presse française.

    C'est elle qui, il y a un peu plus d'un an, avait affirmé sans aucune preuve que les séparatistes du Donbass avaient arraché les yeux de trois prisonniers ukrainiens. Cela lui avait déjà valu les critiques de quelques journalistes soucieux de vérité et un avertissement du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), gardien théorique de la déontologie des médias.

    Cette mise en demeure n'avait bien entendu été suivie d'aucun effet du point de vue de la présence médiatique de Caroline Fourest. Dans la mesure où, critiquant la Russie et les séparatistes du Donbass, elle s'inscrivait dans la lutte entre le camp du bien (l'Occident libéral-libertaire) et l'axe du mal (grossièrement un axe supposé unissant la Russie, ses alliés, le Front National et autres « eurosceptiques » de tout poil), elle avait aussitôt bénéficié d'une complète absolution de toutes les rédactions. Personne alors ne relevait que sa proximité avec le leader des FEMEN, l'ukrainienne Inna Shevchenko, à laquelle elle a consacré un livre d'amoureuse transie, était peut-être de nature à influer son jugement. On ne mêle pas, n'est-ce pas, vie privée et vie publique…

    Caroline Fourest est aujourd'hui critiquée pour un péché relativement véniel —elle a encore menti sur une affaire de justice la concernant — comparativement aux énormités qu'elle a tranquillement asséné par le passé sans que personne ne la fasse taire.

    Mais les conditions qui ont présidé à sa mise en accusation sont elles-mêmes révélatrices des règles implicites régissant la liberté d'expression dans les médias français.

    Ceux-ci ont titré sur le « mensonge de trop », de Mademoiselle Fourest. Cela signifie qu'ils étaient parfaitement conscients de tous ceux qui avaient précédé tout en continuant à l'inviter sur leurs plateaux, à leurs micros, dans leurs colonnes.

    Quant à la mise en accusation en elle-même, seule les personnalités des procureurs qui l'ont instruite l'ont rendue possible. Qui sont-ils? Aymeric Caron et Laurent Ruquier, respectivement intervenant et présentateur-producteur de l'émission « On n'est pas couché ». Quel est le concept de cette émission? Simple: il relève de la fosse aux lions. Tous les samedis soirs artistes officiels, tendance bande à Goldman-restos du cœur, chroniqueurs-provocateurs adeptes de « l'esprit Canal », journalistes bien-pensants type Apathie-Quatremer, reçoivent un invité venu défendre ses positions politiques, son livre, son film ou son dernier album. S'ensuit suivant les cas une grand-messe de l'autosatisfaction, grand moment de « vivre ensemble » entre personnes qui pensent tous la même chose, ou, a contrario, une curée impitoyable vis-à-vis de l'invité susdit. On assiste dans ce cas à la résurrection de ce qu'ont dû être les tribunaux populaires du Kampuchéa démocratique ou les procès de Moscou en 1936-1938. L'invité, désormais accusé, est raillé, critiqué, traîné dans la boue. Dans le rôle du procureur général opère Aymeric Caron, journaliste de gauche sélectionné pour ses talents de Vichinsky. Avec un plaisir évident il déchiquette l'adversaire, le condamnant dans le pire des cas à un ostracisme médiatique bien souvent synonyme d'ostracisme professionnel. Laurent Ruquier ponctue cet exercice de sadisme public de ses ricanements complices, de petites blagues assassines ou de jugements péremptoires, soutenant l'accusation, Torquemada d'opérette.

    Disons-le tout net, ceux qui se rendent à cette émission en sachant pertinemment qu'ils ne rentrent pas dans le moule idéologique des animateurs savent ce qui les attend et, à ce titre, n'ont que ce qu'ils méritent.

    C'est pourquoi Caroline Fourest s'y est sans doute rendue en confiance. Entre gens de gauche, personnalités emblématiques des réseaux homosexuels et pontifes de la bien-pensance, on ne s'assassine pas en direct.

    Mais c'est précisément, uniquement, parce que ceux qui l'ont mis en accusation n'étaient en rien soupçonnables d'appartenir au camp des affreux réactionnaires de droite, tendance catholiques homophobes, ou aux ignobles « islamo-gauchistes », avec lesquels Mademoiselle Fourest aime ferrailler, que cette fois-ci le couperet est tombé. Seuls ceux qui pensent dans la ligne du parti sont habilités à juger.

    C'est pourquoi il ne faut pas se faire trop de souci pour Caroline Fourest. Ceux qui condamnent sont aussi ceux qui ont l'autorité pour réhabiliter, a fortiori lorsqu'il s'agit de sauver la tête d'un fidèle militant.

    Car c'est bien de militantisme qu'il faut parler lorsqu'on évoque la presse française, non de journalisme. Il est facile de critiquer le contrôle que le Kremlin exercerait sur tous les médias russes (les lecteurs de Vedomosti, Kommersant, Novaïa Gazeta ou les auditeurs de l'Echo de Moscou n'ont peut-être pas tout à fait cette vision). Il est moins fréquent d'entendre que les médias français n'ont pas besoin de contrôle parce que, hormis une poignée de rédactions, ils défendent tous le même créneau et s'autocensurent fort bien eux-mêmes. Massivement ancrés à gauche, les journalistes français n'ont nul besoin de faire l'objet d'un contrôle gouvernemental. Une telle mesure, vis-à-vis d'une clientèle électorale influente, serait contre-productive de la part d'une administration socialiste. Quant aux journalistes appartenant à des rédactions de droite, ils n'en sont pas moins d'accord sur l'essentiel avec leurs confrères de gauche. Que l'on se proclame social-démocrate ou démocrate-chrétien, le soutien à la nécessité de rester dans l'Euro, au libéralisme du point de vue économique, au libertarisme du point de vue social, à la vision strictement marchande de la construction européenne, à l'amitié transatlantique inconditionnelle, que ce soit dans le cadre de l'OTAN ou du TAFTA, relève du dogme. Ecartez-vous de ce credo et vous serez jugé pour hérésie, condamné, écarté sans ménagement. Les journalistes français n'ont donc pas besoin d'être muselés: ils coupent eux-mêmes les têtes qui dépassent.

    La presse française, si critique vis-à-vis de la presse russe qui serait, à l'en croire, un pur instrument de propagande du Kremlin, agit dans les faits comme l'Union des Ecrivains aux plus beaux jours du stalinisme, pratiquant l'anathème, organisant la marginalisation des hétérodoxes. Nos Pasternak, nos Grossman, s'appellent Zemmour, Onfray, Houellebecq, Michéa… Tous parviennent encore à s'exprimer. Mais tous, peu à peu, voient le cercle de ceux qui sont disposés à leur donner la parole se restreindre.

    - Source : Philippe Migault
  • Congrès du PS : Hollande et Valls redoutent une sanction

    Au travers du score de la motion majoritaire se joue la poursuite ou non de réformes voulues par Hollande et Valls.

    C'est assurément une bonne nouvelle pour l'exécutif qui défend bec et ongles ses réformes et revendique depuis de longs mois le maintien du cap économique. Mais c'est une nouvelle qui arrive bien tardivement et semble encore trop fragile pour changer la donne du prochain congrès du PS, du 5 au 7 juin à Poitiers, modifier les équilibres et les rapports de forces au sein du parti. À entendre nombre de socialistes, le regain de croissance de 0,6 % enregistré par l'économie française au premier trimestre, sans conséquence à ce stade sur le niveau de chômage, n'aura pas de réel impact jeudi, lorsque les adhérents socialistes se rendront dans les sections PS pour départager les quatre motions en lice.

    Un élu socialiste, proche du chef de l'État, estime ainsi que «les militants ne vont pas changer d'avis». «Jean-Christophe Cambadélis (le premier secrétaire du PS et premier signataire de la motion A, à vocation majoritaire, NDLR) est très lent. Ces chiffres sur la croissance ne sont pas l'argument de la dernière minute du congrès», affirme-t-il. Ce que confirme le député PS Christophe Borgel, en charge des élections au sein du PS. «S'il doit y avoir un effet sur les votes des militants, il sera assez marginal. Quand un parti perd des adhérents, beaucoup de ceux qui restent ont un avis déjà formé, une réelle inclinaison.»

    À l'Élysée aussi, on ne se berce pas d'illusions. «Tout ce qui montre que la politique que l'on mène donne des résultats aide au rassemblement de tous les Français et de la gauche. Cela permet d'apaiser les choses, cela crée de l'entraînement», analyse un proche conseiller du chef de l'État. «Mais je ne pense pas du tout que cela aura un effet sur le vote du congrès», ajoute-t-il toutefois. Le vote n'a lieu que jeudi. Mais tout se passe comme si, au sommet de l'État, les dés étaient déjà jetés pour ce congrès qui intervient après trois années d'une présidence socialiste marquée par quatre échecs électoraux successifs et une dégradation sans précédent de l'emploi. François Hollande et Manuel Valls savent déjà que le score de la motion majoritaire sera, cette fois, bien en deçà de celui du congrès de Toulouse, organisé dans la foulée de la présidentielle de 2012 (68 %).

    Loin du plébiscite

    Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ayant quitté le bateau amiral pour faire alliance avec les frondeurs, beaucoup jugent que la motion A réaliserait un score de 54 % à 56 %, toutes choses égales par ailleurs. Autant dire que l'on est bien loin du plébiscite. Est-ce pour cette raison que le président et le premier ministre ont choisi de se tenir à l'écart de la grand-messe socialiste, après être parvenus à sauver les meubles en réussissant à convaincre Martine Aubry de rallier la motion A? C'est en tout cas l'impression que souhaitent donner les deux têtes de l'exécutif. «Aubry, c'était il y a plusieurs semaines. Maintenant, on est dans une phase du congrès qui appartient aux militants, pas au président et à l'exécutif», souligne un proche de Hollande, en faisant valoir que celui-ci «s'est concentré sur ses déplacements présidentiels en France et à l'étranger», depuis le ralliement de la maire de Lille à la motion majoritaire. Valls s'emploie aussi à apparaître comme détaché. Si le premier ministre «militant» a participé la semaine dernière à un meeting à Cenon (Gironde), il n'en a pas fait d'autre. Et, à ce stade, aucune autre réunion militante n'est inscrite à son agenda.

    Ce n'est pas vraiment une surprise. Matignon répète depuis des semaines que son statut de chef de la majorité place Valls au-dessus du grand rendez-vous socialiste. «Il ne met pas les mains dans le cambouis du congrès. Il ne passe pas son temps à négocier ceci ou cela», résume Francis Chouat, le successeur du premier ministre à la mairie d'Évry. Un élu socialiste ironise: «Il ne pouvait pas non plus rester totalement à l'écart. Il doit montrer qu'il a aussi contribué au résultat.» Ou, si le résultat est mauvais pour la motion A, ne pas être celui qui s'est le plus investi… C'est donc à Jean-Christophe Cambadélis «d'assurer le succès de la motion majoritaire et la réussite du congrès», souffle un socialiste.

    À ce stade, Hollande et Valls, à l'instar de nombreux socialistes, sont perplexes sur les résultats à venir. C'est, à n'en pas douter, une source d'inquiétudes au sommet de l'État. Les enjeux sont, il est vrai, cruciaux. Le parti qui sortira de ce congrès est celui qui accompagnera le président sortant en 2017. C'est également ce parti, aux contours et au centre de gravité différents de ceux qui étaient sortis du congrès de Toulouse, qui soutiendra ou non les réformes que compte bien poursuivre l'exécutif. «Si la motion A faisait 60 %, Hollande et Valls seraient vraiment très contents», glisse un élu. Le président et le premier ministre se gardent bien évidemment de tout pronostic. «Il nous faut une majorité claire» pour la motion A de Cambadélis, martèle-t-on à l'Élysée, sans plus de précision.

    Que faut-il entendre par «majorité claire»? «Plus de 50 % des voix pour la motion A», répondent bon nombre de socialistes engagés dans cette motion aux côtés de Valls. Cet objectif manque bien évidemment de souffle et d'ambition. Comme si l'exécutif voulait se prémunir d'un trou d'air dans le parti. Ou jouait à se faire peur pour mieux se réjouir une fois les résultats connus.

    Anne Rovan Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuFEAuplkAdSkayNqS.shtml

  • Parlez-vous le Valls ?

    Yves Daoudal nous propose un exercice de traduction sur son blog :

    Manuel Valls :

    « La République a fait l’école, et l’école a fait la République. »

    Si l’on quitte la mythologie et le négationnisme pour se tourner vers l’histoire vraie, cela donne :

    « La Troisième République a fait l’école laïque et laïciste, et a expulsé les congrégations enseignantes qui faisaient l’école depuis très longtemps, et l’école laïque a perpétué une République laïcarde qui ne cesse de s’écrouler au fur et à mesure qu’elle bafoue davantage l’identité française qu’elle méprise et détruit. »

    Philippe Carhon

  • Sophie Marceau : être aimée par les Français lui suffit

    Quand on a une Sophie Marceau, on la protège comme une espèce en péril, on ne risque pas de la faire fuir.

    […] Si Sophie Marceau n’est pas de droite, elle pourrait l’être. Tant elle tranche dans un univers où seul l’intelligent et brillant acteur qu’est Christian Clavier lui tient compagnie. Si on oublie les anciens Jean-Paul Belmondo et l’évolutif Alain Delon.

    La gauche, dans les milieux artistiques, fait partie de la panoplie et il serait inconcevable que dans la multitude des entretiens où on demande aux acteurs de donner leur avis sur ce qu’ils ne connaissent pas, des poncifs mais progressistes, des banalités lourdes de sens, des dénonciations faciles et des propos convenus ne soient pas formulés. Avec toujours un zeste de révolte et de revendication. Cela fait toujours bien dans le confort et le luxe.

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  • Réforme du collège : Vallaud-Belkacem contre-attaque

    À l’avant-veille d’une journée de grève dans le monde enseignant, le ministre de l’Éducation nationale a défendu sa très controversée réforme du collège, d’inspiration bourdieusienne et pédagogiste. En proie aux critiques de l’opposition de droite, Najat Vallaud-Belkacem a dénoncé « Leur malhonnêteté intellectuelle ». Le Premier ministre Manuel Valls a volé au secours de son ministre en lançant à ses détracteurs une injonction aux accents orwelliens « Que l’on m’explique en quoi excellence et égalité sont inconciliables ! ».
    Décidément, la défense de notre culture ne fait vraiment pas partie de l’ADN socialiste, à l’image du premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis qui a déclaré dans une émission de radio de Frédéric Haziza « Je ne sais pas ce qu’est l’identité française. Je connais l’identité de la République ».

    Le Grand Rendez-Vous avec Najat Vallaud… par Europe1fr

    http://fr.novopress.info/

  • 21 mai : conférence de Béatrice Bourges à Chantilly

    Béatrice Bourges, porte-parole du « Printemps Français », Fondatrice du « Collectif pour l’enfant » donnera une conférence sur « Le Printemps de l’Espérance » Jeudi 21,Mai 2015 à 20H00 A l’Hôtel de Ville, salle des conférences, 60500 - CHANTILLY.

    Michel Janva

  • L’Ukrainien Iatseniouk reconnaît que son gouvernement perpétue un génocide dans le Donbass

    Source : News 360X (pour la traduction)
    Sur les marches de Matignon , après sa rencontre avec Manuel Valls, Iatseniouk reconnaît que son gouvernement commet un génocide. Après la visite de Hollande chez le dictateur Castro, voici le génocidaire Iatseniouk en visite chez le Premier Ministre. Vous savez, ce Monsieur si prompt à faire la morale…

    Dans la cour de Matignon, après sa rencontre avec Valls le 13 mai :
    1) Frédéric Saillot pour Eurasie Express (en anglais) :
    – M. Iatseniouk, quand allez-vous cesser le génocide dans le Donbass ?
    – Quand Poutine se retirera, remplira l’accord de Minsk, cessera de violer la loi internationale… et quand la Russie sera traduite en justice
    – Vous avez déjà tué de 6 à 10 000 personnes, allez-vous continuer ?
    – C’est terrible, Poutine met en oeuvre une politique nationaliste d’extrême-droite (sic), il a tué des Ukrainiens innocents et annexé illégalement la Crimée…
    – C’est vous qui avez tué des Ukrainiens innocents… de 6 à 10 000 civils.

    2) Un journaliste français (en anglais) :
    – Que pensez-vous des pourparlers entre Américains et Russes hier à Sotchi ?
    – Je n’ai rien vu à ce sujet sur CNN. Mon message est que Sotchi n’est pas la meilleure station balnéaire au monde… Les Etats-Unis sont efficaces et nous comptons sur leur soutien pour obliger la Russie à réaliser les accords de Minsk et à retirer ses forces

    3) A une question de RFI (en russe) :
    – L’actuelle concentration des forces soulève la question des chances (sic) d’une reprise des combats et celle des devoirs de l’ensemble du monde libre : arrêter la Russie et l’obliger à respecter les accords de Minsk qu’elle a également signés.

    http://fr.novopress.info/187745/lukrainien-iatseniouk-reconnait-gouvernement-perpetue-genocide-donbass/

  • La débandade interne du parti socialiste


    Samedi 16 mai, gros titre et grande angoisse   du journal officieux de la classe politique. La rédaction du Monde s'inquiète en effet, car : "au PS, (on assiste à) la grande hémorragie des militants".

    Le congrès du parti s'ouvrira le 5 juin aura lieu à Poitiers et durera jusqu'au 7. Mais la gauche caviar commence à déplorer que cet événement ne devrait mobiliser que 80 000 d'entre eux.

    Les chiffres sont plus lamentables encore pour ce grand parti de gouvernement, dont, en fait, et depuis fort longtemps, plus de la moitié des cotisants, à jour ou en cours de renouvellement détiennent un ou deux mandats électifs.

    En moins de 10 ans, entre le record enregistré en 2006 à hauteur de 280 000, puis le lent déclin jusqu'en 2012 où le PS comptait 170 000 encartés lors de l'élection de Hollande en mai et la victoire de la gauche aux élections législatives en juin, le nom d'adhérents théoriques a diminué de plus de 50 % : ils n'étaient plus que 131 000 en janvier 2015, et sur ce contingent la moitié n'étaient plus à jour de leur cotisation.

    Toutes les formes et toutes les causes de démissions, d'écœurements, de divisions se conjuguent. La plus redoutable pour la gauche correspond, comme toujours, aux gens qui partent sans bruit, dans l'indifférence, sur la pointe des pieds. Ils resteront conseillers municipaux, administrateurs de mutuelles, vénérables de loges, permanents d'associations subventionnaires, etc. Mais on ne les verra plus dans les rendez-vous du parti, au point que bientôt le principal parti de gauche sera de nouveau le "bon vieux" PCF. Dans l'hypothèse malheureusement imaginable où Hollande, ou son actuel premier ministre, l'emporterait en 2017

    La masse de nos compatriotes ne s'y trompe pas : seuls 23 % d'entre eux considèrent que le PS proposerait "un projet pour la France". Politiquement ce parti demeure certes attaché à l'union de la gauche, c'est-à-dire à son indéfectible alliance de second tour avec les communistes, auxquels il ne manque aucune voix socialiste lorsqu'ils arrivent en première position et lorsqu'une liste d'union a été constituée. Sociologiquement, en revanche la transformation de la population l'éloigne de plus en plus de sa mythologie.

    Entre 1985 et 2011, une étude du CEVIPOF démontre ainsi que la proportion de cadres supérieurs dans les effectifs du PS a doublé pour atteindre 38 % des adhérents, contre seulement 17 % issus des classes populaires : 14 % d’employés et seulement 3 % d’ouvriers. En trente ans les non-diplômés ont quasiment disparu ne représentant plus que 4 % des effectifs.

    Et, maintenant grâce au projet de réforme des collèges que porte Najat Vallaud-Belkacem, même les enseignants désertent ! à qui se fier ?

    Au plan local, par ailleurs, chacun peut constater que "Gérard Colomb mène à Lyon la même politique qu’Alain Juppé à Bordeaux."

    Le 21 mai les adhérents auront à choisir parmi quatre motions.

    La première (A) est portée par Cambadélis, ancien gras droit de Dominique Strauss-Kahn. Quand il fut désigné premier secrétaire en 2014, après l'échec désastreux de Harlem Désir, ce député du 19e arrondissement de Paris constatait que "toute la maison est à reconstruire. Cependant, or sa motion chèvre-chou, soutenue par le gouvernement, signée personnellement par Manuel Valls, autre strauss-kahnien, on perçoit mal l'avancement du chantier qu'appelait cette mâle et réaliste déclaration.

    La seconde (B) est menée Christian Paul au nom des frondeurs et de l'aile gauche. Elle est signée par Benoît Hamon. Elle se propose essentiellement de détricoter les concessions faites au Medef par Hollande, Valls et Macron.

    Plus significative la motion (C) déposée par Karine Berger soutient en fait le gouvernement, tout en souhaitant lui redonner une impulsion. Émanant d'un courant qui se nomme lui-même "Cohérence socialiste", animé, outre Karine Berger, par des députés tels que Valérie Rabault, Alexis Bachelay et Yann Galut, soutenus par l’ancienne ministre de la famille Dominique Bertinotti, par l’ancien ministre de l’intérieur Paul Quilès, et par les déçus du choix de Martine Aubry, ils reformulent le programme du PS, avec 15 ou 20 ans de retard, avançant 86 propositions comme celle de la "grande réforme fiscale" (1)⇓ fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG, comme un moratoire sur la baisse des dotations aux collectivités locales ou le déménagement du siège du PS en banlieue parisienne. "Nous voulons changer de fond en comble le PS", prétend Karine Berger, qui s'inspire probablement du Guépard : "tout changer pour que rien ne change". Son but véritable est d'abaisser la motion Cambadélis au-dessous de la barre des 50 %, pour que le premier secrétaire soit forcé de négocier. On revient clairement par de telles aux congrès radicaux-socialistes de la troisième république.

    En fin une motion (D) déposée par Florence Augier trouve le PS pas assez "diversifié".

    Après cette sorte de sondage du 21 mai, on procédera le 28 mai à l'élection du premier secrétaire du parti, par un vote des adhérents à jour de leurs cotisations, ayant à choisir entre les rédacteurs des deux motions qui auront recueilli 7 jours plus tôt le plus grand nombre de partisans. L'apothéose, ou la métamorphose des cloportes, s'accomplira les 5, 6 et 7 juin à Poitiers lors du Congrès charge d'entériner tous ces choix.

    Dès 2008 Hollande, annonçait un parti "réformiste", partisan "d'une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux."

    En 2014, les états généraux du PS avaient déjà réaffirmé le désir de "réguler le capitalisme pour le maîtriser".

    En 2015 un pas de plus sera franchi. En direction de l'abîme et de l'incohérence ?

    JG Malliarakis

    Apostilles

    1.  À l'examen de ce dangereux projet porté par Piketty j'ai consacré mon petit livre "Pour une libération fiscale" écrit en 2011-2012 et dont il reste quelques exemplaires.

    http://www.insolent.fr/