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actualité - Page 5188

  • Civitas rappelle que les Français n’ont pas à choisir entre le keffieh et la kippa

    Voici un communiqué de Civitas qui ne manquera pas d’animer les débats !

    Choisir entre le keffieh et la kippa ?

    Les événements nationaux et internationaux des derniers jours méritent une analyse et un positionnement clair.

    Sionisme gouvernemental

    Il est devenu insupportable de constater ce sionisme gouvernemental dégoulinant qui amène François Hollande, chef de l’Etat français, à soutenir officiellement l’offensive militaire israélienne à Gaza malgré le bombardement volontaire de la résidence du Consul de France à Gaza par l’armée israélienne.

    Milice juive

    Il n’est pas admissible que la Ligue de Défense Juive (LDJ), véritable milice communautaire, puisse continuer en toute impunité à se livrer à des violences assumées avec cynisme dans la communication officielle de la LDJ sur les réseaux sociaux. Il saute aux yeux que des mouvements nationalistes ont été interdits pour bien moins que cela.

    Bandes urbaines

    Il n’est pas acceptable que de la destruction de mobilier urbain, des incendies de voitures, des pillages de commerces – bref des émeutes – soient commis par des bandes urbaines qui abusent de la cause palestinienne pour chercher à couvrir d’un vernis politique leurs actes de vulgaire délinquance.

    Islamistes fanatiques

    Il n’est pas tolérable qu’à l’occasion des manifestations pro-palestiniennes, des islamistes fanatiques déploient sur le territoire français la bannière de l’Etat Islamique en Irak et au Levant, organisation qui menace de mort les Chrétiens d’Irak.

    Médias et choc des civilisations

    Il faut aussi dénoncer le rôle des médias du système qui contribuent en permanence à cultiver le mensonge, à manipuler l’opinion publique et à créer les conditions d’un choc des civilisations tout en veillant à blâmer l’amour de la France, à émasculer les patriotes sincères, à empêcher tout authentique redressement national ainsi qu’à écarter systématiquement la possibilité pour les Français de retrouver dans l’ordre chrétien la solution à nombre de leurs problèmes.

    Ni keffieh ni kippa

    Plus que jamais, il convient de clamer que les Français n’ont pas à faire le choix entre le keffieh et la kippa. Ni les islamistes ni les sionistes n’ont la moindre intention de servir la France. Au contraire, tant les islamistes que les sionistes sabotent toute hypothèse de réconciliation nationale envisageable sur base d’une adhésion partagée au Bien commun, à l’ordre naturel et à l’amour de la France.

    La France est chrétienne et doit le rester

    Il est indispensable de répéter encore et encore que si la république maçonnique est laïque, la France véritable est catholique. Les Français ne peuvent espérer retrouver ni paix ni stabilité sans préalablement reconnaître les racines chrétiennes de la France et les bienfaits de la Chrétienté.  

    Alain Escada, président de Civitas

    http://medias-presse.info/civitas-rappelle-que-les-francais-nont-pas-a-choisir-entre-le-keffieh-et-la-kippa/13266

  • Le Maroc : un pays émergent et une puissance diplomatique (expert français)

    Paris - Sous l’impulsion volontariste de SM le Roi Mohammed VI, face aux nombreux défis du monde moderne et dans le contexte des crises régionales, le Maroc a tenu le cap d’un projet global ayant pour objectif un plus grand développement politique, social, économique et une diplomatie dynamique, a souligné le directeur de l’Observatoire d’études géostratégiques (OEG) de Paris Charles Saint-Prot. 

    Dans un entretien à la MAP à l’occasion des festivités marquant la Fête du Trône, l’expert français a indiqué que les quinze premières années du règne de SM le Roi Mohammed VI sont marquées par une modernisation profonde du pays dans le respect de ses traditions et de son identité et par des réalisations essentielles dans les domaines politique, socio-économique et diplomatique.

    Sur le plan politique, ces années ont été placées sous le signe du renforcement d’institutions adaptées au monde en évolution et de la consolidation d’un Etat de droit où se trouvent respectés à la fois le droit interne et international et les droits civils, politiques, humains , sociaux et culturels des citoyens ", relève M. Saint-Prot, expliquant qu’il faut comprendre la notion d’Etat de droit dans le sens le plus large et dans le cadre d’une monarchie moderne, responsable et populaire. [...]

    La suite sur l’Agence marocaine de presse

    LIRE ÉGALEMENT SUR THEATRUM BELLI, GÉOPOLITIQUE : LA MONARCHIE, UNE CHANCE POUR LE MAROC, PAR CHARLES SAINT-PROT

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Le-Maroc-un-pays-emergent-et-une

  • Pour François Fillon, c’était Bigpognon

    Copé et Sarkozy tiennent leur revanche sur François Fillon. Après l’affaire Bygmalion, on pourrait dire que c’est l’affaire Bigpognon qui éclabousse François Fillon. L’hebdomadaire Valeurs actuelles estime à près de 300 000 euros les frais d’avion privé de François Fillon payés par l’UMP en 2009 et 2010, notamment pendant la campagne des régionales, ce que l’intéressé juge « connu » et ne devoir « prêter à aucune controverse« . Un peu court…

    « Pour cette seule quinzaine des régionales, l’addition des déplacements de François Fillon réglés par l’UMP s’élève à 254 956,11 euros » affirme l’hebdomadaire.

    « En tant que Premier ministre, comme la loi l’exige de chaque membre du gouvernement, tous mes déplacements de nature politique réalisés au profit de l’UMP étaient financés par l’UMP. Pour des raisons de sécurité et de réactivité, l’usage d’avions privés s’est souvent imposé. Ce fait est parfaitement connu, régulier et ne devrait prêter à aucune controverse« , a répondu mardi soir l’ancien Premier ministre dans un communiqué.

    Il y a une dizaine de jours, des factures de jet et d’hélicoptères datant de 2006 et 2007 avaient déjà été exhumées.

    L’audit sur les comptes de l’UMP, et la mise à jour d’une dette de près de 74 millions d’euros, ont provoqué une suite ininterrompue de fuites sur le train de vie des pontes du parti. Billets d’avion de la femme de Jean-François Copé, rémunération de cette dernière sur le crédit collaborateurs de l’Assemblée, notes de téléphone de Rachida Dati, salaires controversés au siège… Aucun clan n’est épargné.

    http://medias-presse.info/pour-francois-fillon-cetait-bigpognon/13287

  • Finkielkraut, le face à face avec Maïtena Biraben & Nicolas Demorand (Canal +)

    Canal + le Supplément – 16/02/2014

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  • Jean-Jacques Brot : quand un fonctionnaire d’État préfère l’honneur au déshonneur…

    Il existe donc, au service de l'État, des hommes qui, à la compromission, au reniement de soi, par respect pour leurs convictions, et à la trahison de leur engagement, préfèrent le sacrifice de la fonction.   

    Le fait est suffisamment rare pour être rapporté : Jean-Jacques Brot, haut commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en raison de son désaccord avec la stratégie de l’État concernant la décolonisation en cours de l’archipel, a envoyé sa lettre de démission à madame Pau Langevin, le ministre des Outres-mer. « Je ne veux pas cautionner le largage annoncé de la Nouvelle-Calédonie » aurait-il déclaré. Gaulliste assumé, Jean-Jacques Brot, jamais officiellement mais toujours devant témoins, parle même « d’acte républicain ».

    Très peu usuelle dans les milieux politiques où les ambitions prennent si souvent le pas sur l’éthique et les convictions personnelles, une décision semblable sera prise en France métropolitaine, en 1981, par Philippe de Villiers, après l’élection de François Mitterrand. « Mû par la haine, ce régime s’écroulera tôt ou tard dans la haine. La France, disait Victor Hugo, n’est pas faite pour porter la haine mais pour porter l’amour. Je ne peux rester, une minute de plus, solidaire d’un pouvoir d’État qui finira dans la faillite, les scandales, et qui sait ? dans le sang… » En plus d’avoir commis, à l’instar du haut commissaire trente et quelques années plus tôt, un acte républicain, les scènes de guerre civile dans notre pays – entre autres – ce samedi 21 juillet, nous révèlent un sous- préfet visionnaire.

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  • Israël-Palestine : Pour faire la paix, il faut bien plus de courage que pour faire la guerre

    De la Commission Justice et Paix de l’Assemblée des Ordinaires catholiques en Terre Sainte le 23 juillet 2014, via L'Homme Nouveau :

    « A Rama, une voix se fait entendre, une plainte amère ; c’est Rachel qui pleure ses enfants. Elle ne veut pas être consolée pour ses enfants, car ils ne sont plus » (Jérémie 31, 15)

    Une réalité de violence et de deuil

    Israël et la Palestine résonnent des cris des pères et des mères, des frères et des soeurs et des proches des jeunes gens qui sont tombés victimes de la dernière vague du cycle de violence qui affecte ce pays. Certains de leurs visages sont bien connus, parce que les médias ont couvert en détails leurs vies, interviewant leurs parents, leur donnant une nouvelle vie dans nos imaginations. Tandis que d’autres – de loin bien plus nombreux – se réduisent à quelques statistiques, sans nom et sans visage. La couverture, la mémoire et le deuil sélectifs font également partie du cycle de la violence.

    Nous offrons nos sincères condoléances à tous ceux qui sont en deuil, Israéliens et Palestiniens. Nous devons continuer à prier pour que les jeunes qui sont tombés récemment soient les deniers à subir une mort violente dans cette escalade de haine et de violence.

    Un langage qui engendre la violence

    « La langue est un membre minuscule et elle peut se glorifier de grandes choses ! Voyez quel petit feu embrase une immense forêt : la langue aussi est un feu. C’est le monde du mal, cette langue placée parmi nos membres : elle souille tout le corps ; elle enflamme le cycle de la création, enflammée qu’elle est par la géhenne. (…) Par elle nous bénissons le Seigneur et Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l’image de Dieu »(Jacques 3, 5-6.9).

    Notre espoir de mettre fin au cycle de la violence est brisé par le langage irresponsable de punition collective et de vengeance qui engendre la violence et étouffe l’émergence de toute alternative. Beaucoup de personnes en position de pouvoir et appartenant au leadership politique restent retranchés sur leurs positions. Non seulement ils ne veulent pas s’engager dans quelque dialogue réel et significatif, mais ils versent encore de l’huile sur le feu avec des paroles et des actes qui fomentent le conflit.

    Le langage violent de la rue en Israël appelant à la vengeance est alimenté par les attitudes et les paroles d’un leadership qui continue à entretenir un discours discriminatoire qui promeut les droits exclusifs pour un groupe particulier ainsi que l’occupation avec ses conséquences désastreuses. Des implantations sont construites, des terres sont confisquées, des familles sont séparées, des êtres chers sont arrêtés et même assassinés. Le leadership de l’occupation semble croire que l’occupation peut être victorieuse en écrasant la volonté du peuple pour la liberté et la dignité. Ils semblent croire que leur détermination réduira finalement au silence l’opposition et transformera le mal en bien.

    Le langage violent de la rue palestinienne appelant à la vengeance est alimenté par les attitudes et les paroles de ceux qui ont abandonné tout espoir de parvenir à une juste solution du conflit par les négociations. Ceux qui cherchent à construire une société totalitaire, monolithique, où il n’y a pas de place pour quelque différence ou diversité, gagnent en support populaire en exploitant cette situation désespérée. A ceux-ci aussi nous disons : la violence en réponse à la violence ne fait qu’engendrer davantage de violence.

     

    Lire la suite "Israël-Palestine : Pour faire la paix, il faut bien plus de courage que pour faire la guerre"

    Michel Janva

  • AF LYON - LE CAPITAL OU LA TRADITION : COMPTE RENDU

    La session de formation de l’Action française qui s’est tenue à Lyon les 21 et 22 juin derniers s’est employée à donner une définition du capital comme relevant de la néga...tion planétaire de toute origine et de toute détermination historique

    Nous avons vu ainsi de quelle manière, le capital était la négation de toute vie, étant la négation de tout devenir, cela du point de vue des consciences subjectives, de la nature elle-même, et des figures objectives que constituent la famille, la société ou l’État, à quoi il nous faut ajouter aussi, la religion. Ainsi le capital et tous ses alliés nous placent fondamentalement dans la privation de patrie, et de toute direction politique qui entendrait maintenir une relation de fond avec l’essence de la nation. La monarchie française en effet procédait d’une toute autre rigueur que la république ou la démocratie, alliées du capital - et participant à ce titre de la même dévastation mondiale - en prenant en charge la continuité de son devenir et de sa souveraineté, à travers l’hérédité primo-génitale qui assurait l’avenir de sa race. Mais avec la Révolution, c’est la privation même de toute souveraineté et de toute direction qu’il nous faut penser, culminant dans l’idée abstraite de la liberté et de l’égalité, cela ne pouvant que rejoindre une enquête sur l’idée de tradition, nous ramenant à une méditation sur le destin même de l’Occident. Tradition, en ceci que ce n’est pas seulement l’exercice politique qui demeure brisé dans ses enracinements et sa logique, mais l’intégralité des figures culturelles, sociales, historiques de la nation qui se trouvent bel et bien dévastées. Occident ensuite, car les nations sont suffisamment employées par le processus de la mondialisation pour qu’il importe de nous situer dans un terrain plus profond encore que la seule nation qui gît, comme le fantôme de sa souveraineté passée, sans la mémoire de ses mythologies souterraines qui l’englobent et la dépassent. Or, en effet, nous avons dans un second temps, déployé un concept de tradition à entendre comme système historique ou destinal du monde, qui se sait dans son origine, mais en outre dans les différentes figures de son devenir, et jusque dans sa perte, ce par quoi, la privation, la dévastation ou la destruction appartiennent encore de plein droit, au développement de la tradition. Cela signifiait deux choses : d’une part, que notre rapport à l’origine doit s’entendre comme une relation dynamique, et destinale, qui maintient une liberté de déploiement ennemie à toute forme d’éternel retour, d’autre part, que fort de cette définition, notre vocation était de maintenir, à leur place, les différentes sphères aux travers desquelles la nation se déploie, historiquement, et d’en assumer les transformations, en recourant à la force de structuration de la tradition, comme une fidélité à ce qui n’étant plus, demeure cependant dans son absence. Notre travail trouvait donc sa conclusion dans le refus de laisser impensées et démembrées, les figures du capital, pour les relier patiemment, mais résolument, à leur juste origine, et à leur historique hérédité, jusqu’à ce point où le capital fini par payer sa dette à l’hespérie qu’il incarne mondialement.

    Les cercles de l’Af Lyon, ainsi que notre nouvelle revue, seront dès septembre consacrés à cette problématique, qui entre-temps trouvera une première résonance à l’occasion du camp d’été de l’Action française consacré au libéralisme, tout cela s’inscrivant bien dans notre vocation permanente qui est de nous réfléchir dans notre propre action, et de maintenir un constant rapport à la tradition qui de part en part, nous tient, même dans ses ruines, et qui une fois de plus, au nom de cette effectivité, nous assure, selon la formule maurrassienne que « le désespoir en politique est une sottise absolue » ; cela il nous appartient de le reconnaître d’une manière décisive.

    Remerciements et félicitations aux Camelots pour le travail accompli, et Vive le Roi.

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?AF-LYON-LE-CAPITAL-OU-LA-TRADITION

  • Vraie et fausse réalité

    La réalité, c'est quand on se cogne, disait Lacan. Il faut croire que nos dirigeants occidentaux sont particulièrement insensibles aux chocs, si l'on en juge par leur conscience de la réalité.

    Elle est nulle. Impavides, inébranlables dans leurs certitudes, Obama et son entourage de néocons butés poursuivent les yeux fermés leur croisade d'hégémonie américaine, fondée sur l'élimination de toute velléité d'indépendance chez leurs vassaux. Bétonnés dans une effrayante absence d'identité, leurs satellites européens se fossilisent dans leur aval du libre échangisme et leur soumission à Washington. De l'aveugle du Bureau ovale à la tête de l'empire au demeuré de l'Elysée en queue du peloton, ils ne voient rien, n'entendent rien, ne reviennent sur rien.

    Pour eux, la réalité n'existe pas.

    Elle existe d'autant moins qu'ils l'ont remplacée par un monde artificiel, fabriqué de toutes pièces, où les Etats-Unis sont la nation dominante et indispensable, où le libéralisme est la seule économie possible, où le pouvoir des banques et le profit de la grande industrie sont la règle, et où une désinformation organisée est articulée autour de la prétendue mission divine de faire triompher le bien du mal et d'établir la démocratie.

    Cette bulle imaginaire s'est bardée d'un écran opaque. Derrière lequel un mélange de cyniques calculateurs, d'imbéciles et d'idéalistes naïfs prétend diriger un univers qu'il a inventé. Au moyen de prises de position chimériques et du conditionnement mensonger du public destiné à les faire avaler.

    Illustrons ce constat.

    1) Quatre consultations populaires (élections ou référendums) se sont déroulées récemment, dans des pays agités et des contextes difficiles. En Egypte, le maréchal Abdel Fatah al Sissi a été solidement installé à la tête de l'Etat par 96,4 % des voix. En Syrie, Bashar al Assad a consolidé sa gouvernance en bénéficiant de 88 % des suffrages. En Ukraine de l'est, la Crimée s'est prononcée massivement pour le retour à la Russie, et des scrutins locaux ont donné forme à des mini-républiques de la "Novorussie" réclamant leur indépendance. En Ukraine de l'ouest, le chocolatier milliardaire Petr Poroshenko a été reconnu maître à Kiev par 57 % des électeurs.

    Les médias occidentaux ont déchaîné leur partialité. Une seule élection a été considérée comme valable, celle du pion américain Poroshenko. Toutes les autres ont été décrites comme des "farces" ou des "mascarades". Sissi a été qualifié de "nouveau Moubarak" et Assad de "boucher de Damas". Poutine – le choix des Ukrainiens – de "nouvel Hitler". Les résultats ont été balayés dans l'inexistence. Pourtant, qu'est-ce qui permet de dire qu'élire Poroshenko à l'instigation de la CIA est plus démocratique qu'elire Sissi soutenu par les généraux égyptiens ? Ou qu'élire Assad en passe de remporter son combat contre l'étranger avec l'appui de la majorité de son peuple est moins démocratique que légitimer la guerre civile de Poroshenko contre une partie du sien ? Et quelle est la différence de nature entre le référendum d'autonomie de la Crimée et la déclaration d'indépendance en 1776 de la colonie britannique des Etats Unis ? Ce tri dans les opinions exprimées ne correspond à aucune réalité. Il n'est que le reflet des ordres de la bulle. Pour nos médias, mettre un bulletin dans une urne est un geste différent selon que l'acte convient ou non à Washington.

    2) Ce "remplacement de réalité" – c'est-à-dire la narration d'événements différente de l'observation des faits véritables – n'est peut-être nulle part aussi frappant qu'à l'occasion du cas ukrainien. Tout y est filtré par la russophobie. Une russophobie passionnée, infantile, irrationnelle. A l'image de l'ex-première dame de France Valérie Trierweiler se déclarant sur Twitter "heureuse de ne pas avoir à saisir la main de Poutine". (1) Ou du Nouvel Observateur qui consacre trois pages de son numéro du 29 mai-4 juin à un prétendu soutien par Poutine de tous les partis d'extrême-droite d'Europe, sous le titre "Le grand frère des fachos". Selon cette réalité inventée, Poutine a agressé la Georgie (alors qu'il a été attaqué par Saakashvili), a envahi la Crimée (qui appartenait déjà à la Russie), a l'intention d'annexer l'Ukraine (dont il ne veut en aucun cas se charger), projette d'envahir la Pologne, la Moldavie ou les Pays Baltes (qu'il n'a jamais menacés mais qu'une l'OTAN renforcée doit "protéger" contre sa rapacité). Bref, un récital d'absurdités.

    Le danger de cette déformation est qu'elle permet à Obama de pérorer comme il l'a fait le 28 mai dernier devant les cadets de l'Académie militaire de West Point. "Les Etats-Unis se serviront de la force militaire, unilatéralement si nécessaire, quand nos intérêts fondamentaux l'exigent ; quand notre peuple est menacé ; quand nos vies sont en jeu ; quand la sécurité de nos alliés est en danger". Cela sert de prétexte, sauf que, comme le remarque Srdja Trifkovic, dans Chronicles du 4 juin, que rien de tout cela ne s'appliquait en Bosnie, au Kosovo, en Afghanistan, en Irak ou en Libye. Et que rien de tout cela ne peut être imputé aujourd'hui à Poutine, de quelque manière que ce soit.

    Peu importe, "l'agression expansionniste" russe est comparée, par la machine de propagande US, à celle d'Hitler s'emparant de la Tchécoslovaquie et de la Pologne. Et Diana Johnstone note très justement que cette fausse réalité justifie la mainmise américaine sur l'Europe par une prétendue mise à l'abri de l'ouest du continent derrière un nouveau Rideau de fer.

    3) Le délire de la "fausse réalité" en Ukraine ne fait que prolonger une aberration qui remonte loin. Depuis des décennies, toutes les interventions occidentales ont été fondées sur des mythes. Celui de Milosevic et de sa Grande Serbie, celui des armes de destruction massive de Saddam Hussein, celui des projets sanguinaires de Kadhafi, celui de la "libération" de l'Afghanistan, celui de la dictature insupportable de Bashar al Assad, celui des intentions impériales de Poutine. Tout cela n'a été et n'est que fantasmagorie, voulue par certains, prise pour argent comptant par les autres. Le résultat se voit aujourd'hui. La Yougoslavie démantelée en mini-Etats à la dérive (dont deux musulmans au cœur de l'Europe). L'Afghanistan à la veille de revenir aux Talibans. La Libye en plein chaos. L'Ukraine pratiquement en guerre civile. La Syrie luttant difficilement pour son intégrité. Et surtout la déflagration en Irak. Comme le dit le ministre russe des Affaires étrangères, Segueï Lavrov, cité par le Figaro du 13 juin, cette déflagration est "l'illustration de l'échec total de l'aventure qu'ont engagée avant tout les Etats-Unis et la Grande Bretagne, et dont ils ont définitivement perdu le contrôle".

    Un fouillis incontrôlable en effet – pourtant facilement prévisible avec le minimum de lucidité qui a fait défaut à nos dirigeants – qui désarçonne nos fulgurants stratèges. Les voilà confrontés à la désintégration de l'Etat de Nouri al Maliki qu'ils alimentent en milliards depuis des années, à l'explosion de la guerre entre sunnites et chiites, au renforcement des Kurdes opposés à l'allié turc de l'OTAN, à la nécessité de combattre aux côtés de leur ennemi iranien les intégristes qui ont profité de l'aide apportée aux adversaires d'Assad. Autrement dit, Washington doit faire ami-ami avec son cauchemar de Téhéran contre les assaillants de Bagdad qu'il a armés en soutenant la rébellion contre Damas qui bataillait pour en venir à bout (2). Vous n'avez pas compris ? Demandez des explications à Obama.

    4) Il est évident que les illusions (ou les calculs) de l'Occident ont des conséquences. L'acharnement mis par Washington à affaiblir la Russie – en la ceinturant de bases militaires et en lui arrachant l'Ukraine – en a une, redoutable. Elle a poussé Moscou vers l'est.

    Les deux principaux jalons de cette orientation ont été la visite de Poutine à Shanghaï les 20-21 mai et le Forum économique international (la réponse russe à Davos) réuni à Saint-Petersbourg à partir du 24 mai. Toujours dans l'optique russophobe, la première à fait l'objet de comptes rendus incomplets dans les médias et le second a été plus ou moins passé sous silence.

    La presse a en effet parlé (après voir nié puis reconnu sa signature) de l'accord de 30 ans passé entre Poutine et Xi Jinping, d'un montant de 400 milliards de $, sur la livraison de gaz à la Chine et la construction d'un nouveau pipe-line. Mais la nouvelle entente recèle des développements beaucoup plus vastes, qu'on s'est gardé de souligner. Compte tenu de la complémentarité des deux pays – la Russie a un excès de richesses naturelles et un manque de main d'œuvre alors qu'en Chine, c'est le contraire ; la Russie est forte en technologies militaires, aéronautique et software informatique, alors que la Chine excelle et hardware électronique et en production de masse de biens de consommation – les deux présidents ont envisagé une collaboration considérablement élargie. Selon le vice-président chinois Li Yuanchao, ", nous projetons de combiner le programme de développement de l'extrême-orient russe avec la stratégie de développement du nord-est de la Chine dans un concept intégré." (3) Cela va de l'achèvement du réseau ferroviaire Chongking-Xinjiang-Europe, rajeunissant la fameuse Route de la soie et promis à devenir la plus importante liaison commerciale du monde, et d'importants investissements chinois en Crimée, à la création d"une union militaire et politique pouvant rivaliser avec l'OTAN. L'objectf est clairement défini dans la "Déclaration conjointe de la Fédération Russe et de la République Populaire de Chine sur une nouvelle étape de partenariat entier et de relations stratégiques." De plus, il est spécifié que cette association est ouverte à d'autres membres bienvenus, comme l'Inde (4) et l'Iran. Comme on le voit, ces dispositions, détaillées et confirmées trois jours plus tard au forum de Saint-Petersbourg, ouvrent de larges perspectives en marge et affranchies de la domination américaine.

    5) Il y a plus. Les ineptes sanctions économiques infligées à la Russie à la suite de la récupération de la Crimée ont obligé Moscou à réagir en vendant des titres de Gazprom en yuans chinois au lieu de les négocier sur le marché du dollar. La décision marque l'intention de la Russie, de la Chine, de l'Iran et d'autres pays d'abandonner progressivement le dollar (socle du pouvoir US depuis Bretton Woods en 1944) comme monnaie de réserve. Une intention qui s'est déjà matérialisée. Un récent rapport du Fonds monétaire international (FMI) révèle que déjà 23 pays déclarent des réserves officielles en yuans, sans compter 12 autres qui ont investi en yuans sans le déclarer officiellement. Certes le dollar demeure la plus importante monnaie de réserve pour le moment. Mais alors qu'en 2000, 55 % des réserves mondiales étaient en dollars, la proportion n'est plus que de 33 %. Et elle continue à diminuer.

    Le yuan n'est pas encore convertible. Mais au cours des années récentes, la Banque centrale de Chine a acheté de grandes quantités d'or pour en préparer la convertibilité. Et des géants économiques russes comme Gazprom ou Norilsk Nickel, se tournant vers le marché asiatique, vont en accélérer la disponibilité.

    Est-ce la mort du dollar ? Sans doute pas tout de suite, car Washington riposte par les Partenariats transpacifique (Trans-Pacific Partnership, TPP) et transatlantique avec l'UE. Mais une immense zone où les transactions se feront en roubles, en renminbi ou en or se dessine. Une zone qui était déjà en 1997 la hantise de Brzezinski. "La façon dont l'Amérique gèrera l'Eurasie est critique, écrit-il dans son Grand échiquier. La puissance qui dominera l'Eurasie contrôlera deux des trois régions les plus avancées et économiquement productives. Un simple coup d'œil à la carte montre que le contrôle de l'Eurasie entraînerait presqu'automatiquement la subordination de l'Afrique, marginalisant ainsi l'hémisphère occidental et l'Australie. Environ 75 % de la population mondiale vit en Eurasie, et on y trouve la plus grande partie de la richesse physique du monde, à la fois dans ses entreprises et dans son sous-sol. L'Eurasie détient environ trois quarts des ressources énergétiques connues de la planète." (5)

    Ca c'est une réalité à laquelle nos dirigeants feraient bien de se cogner.

    6) Dernier regard sur la manipulation occidentale des faits : l'anniversaire du débarquement allié, le 6 juin 1944. Nos prestigieuses feuilles de chou, que Paul Craig Roberts appelle les "presstituées", ont rivalisé dans une assourdissante glorification de l'armée anglo-saxonne, baptisée "la plus grande force de libération que le monde ait jamais connu". Certes l'hommage aux héroïques soldats qui se sont lancés à l'assaut des falaises de Normandie était amplement mérité et la réussite de l'opération a été un tournant de la guerre en Europe. Mais en faire la victoire décisive sur le nazisme est une grossière falsification.

    En juin 1841, la plus énorme force d'invasion qu'ait connue la planète a pénétré en Russie sur un front de plus de 1.500 km. 3 millions d'hommes des troupes d'élite allemandes, 7.000 unités d'artillerie, 19 panzerdivisions avec 3.000 chars et 2.500 avions ont pilonné le pays pendant 14 mois. La bataille de Stalingrad a duré du 23 août 1942 au 2 février 1943, et a abouti à la reddition de la 6e armée allemande et à la capture de 22 généraux. C'était le prélude à la fin d'Hitler. La victoire a coûté à la Russie 27 millions de morts dont 12 millions de militaires et 15 millions de civils. Les Américains et les Anglais sont intervenus après l'affaiblissement de la Wehrmacht. Qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, lors du débarquement du 6 juin, l'Armée Rouge avait déjà gagné la guerre.

    Devant les fastes de la commémoration de 2014, visiblement conçue pour la promotion des Etats-Unis et de son traité transatlantique, il ne faut pas oublier que de Gaulle a par quatre fois – pour les cinquième, dixième, quinzième et vingtième anniversaires du fameux débarquement – catégoriquement refusé de participer à une célébration qu'il considérait comme humiliante pour la France. Sa fierté ne supportait pas que son pays n'ait pas été associé à l'offensive d'Eisenhower et que les anglo-saxons aient projeté de transformer la France libérée en colonie par l'AMGOT. (6) Un exemple d'indépendance que n'est pas près de suivre l'ectoplasme de l'Elysée.

    Sa servilité est même affichée par Fabius avec un zèle qui déborde parfois les hésitations d'Obama. Mais on reste fidèle à l'imagerie occidentale. Avec des résultats incohérents. Les médias ne cessent de s'inquiéter du retour dans leurs pays de jihadistes formés au fanatisme au sein de la rébellion syrienne, mais ils continuent à idéaliser l'opposition à Damas et à diaboliser l'Iran, les seuls bastions antiterroristes restant dans la région. Ils prétendent vouloir défendre la démocratie en Ukraine et, après avoir expulsé par un putsch le chef de gouvernement démocratiquement élu, ils appuient le remplacement de son équipe par une bande de néonazis. Ils s'indignent de voir les militaires égyptiens réprimer les Frères musulmans qui sont un vivier d'islamistes militants, au lieu de les remercier de nous en débarrasser. Ils couvrent d'un épais rideau de silence la complicité intéressée en affaires avec les monarchies du Golfe qui sont les commanditaires des attentats. Et ainsi de suite. Une logique parallèle, complètement déréalisée.

    Voilà un rapide tableau du monde artificiel fabriqué par l'Occident et de ses mensonges médiatiques. Chapeauté par la "communauté internationale" qui justifie tout. Mais qu'est ce qu'elle est, cette "communauté internationale" ? Tout simplement le G 7. Sept pays (sur les 193 membres de l'ONU) – Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Allemagne, France, Italie et Japon – qui s'arrogent le droit à l'autorité universelle. Vivant dans la bulle étanche d'une irréalité qu'ils ont secrétée au profit de leur premier de cordée américain.

    Qu'ils prennent garde. La vraie réalité risque de crever leur bulle brutalement.

    Louis Dalmas.

    notes

    (1) Nous, nous sommes heureux de ne pas l'avoir comme première dame !

    (2) Pour ajouter à la confusion, le fondamentaliste Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL ou ISIS en anglais), qui mène l'offensive contre Bagdad, a recruté des chefs militaires du parti Baas de Saddam Hussein, et des personnalités de son entourage comme l'ex-vice-président laïque Izzat al Douri qui était un de leurs plus virulents ennemis. Les extrêmes s'unissent contre l'occupant américain et sa marionnette locale.

    (3) Cité par Pepe Escobar, Asia Tribune, The Roving Eye, 29 mai 2014.

    (4) Le nouveau chef d'Etat indien, Narendra Modi, a même des raisons personnelles de se détourner des Etats-Unis. Lors d'une vague de violences anti-musulmanes en 2002 dans l'Etat de Gujarat dont il était gouverneur, à la suite d'un attentat islamiste contre un train de pèlerins qui avait fait 53 morts, Washington, toujours perspicace, a saisi le prétexte d'une répression jugée excessive pour lui refuser en 2005 son visa pour les Etats-Unis.

    (5) Cité par William Engdahl, "Dollar Dying ; Multipolar World in the Offing", 18 avril 2014.

    (6) AMGOT : Allied Military Government of Occupied Territories (Gouvernement militaire allié des territoires occupés). Roosevelt et Churchill, qui détestaient le nationalisme gaullien, avaient imaginé de transformer la France en une véritable dépendance et avaient même imprimé sa nouvelle monnaie.

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EupyppEVAVGYfaMHrY.shtml