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actualité - Page 5249

  • La nation et l’œuf de Colomb : Jean-Louis Harouel réhabilite l’identité

    Lorsque Christophe Colomb, en route vers l’Amérique, démontre à son équipage médusé qu’on peut faire tenir un œuf sur une table, qu’il suffit pour cela d’en briser la coquille, il ignore qu’il vient d’inventer une méthode presque aussi révolutionnaire que ce qu’il découvrira bientôt au bout de sa longue-vue.

    Une méthode qui consiste à trouver à portée de main la solution d’un problème qui semblait insoluble. Tel l’œuf de Colomb, l’essai de Jean-Louis Harouel, Revenir à la nation, sera sans nul doute accusé de simplisme par ceux qu’il dérange et feignent d’oublier que la simplicité est la marque des grands livres. Celui-ci, de fait, ne s’embarrasse pas de circonlocutions, et il suffit de lire le titre pour comprendre où il veut en venir. Ou en revenir.

    À la nation : c’est que celle-ci, bien qu’elle paraisse définitivement ringarde à certains, demeure la cellule fondamentale de l’ordre politique. La nation, qui renvoie à l’idée de naissance, est en effet le lieu de l’héritage : c’est elle qui relie le passé au présent et à l’avenir par l’intermédiaire de la culture et de la mémoire − et Jean-Louis Harouel de rappeler, à ce propos, que même la conception « républicaine » d’Ernest Renan ne se borne pas à une approche volontariste et individualiste : elle la combine à une dimension collective et historique. Si la nation selon Renan peut être « un plébiscite de chaque jour », c’est parce qu’elle traduit « la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu », le désir de prolonger un enracinement dans une appartenance commune qui se situe dans le temps pas moins que dans l’espace. [...]

    Frédéric Rouvillois - La suite sur Causeur

    RAPPELONS QUE JEAN-LOUIS HAROUEL A RÉCEMMENT ACCORDÉ UN ENTRETIEN À L’ACTION FRANÇAISE. LIRE ICI

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?La-nation-et-l-oeuf-de-Colomb-Jean

  • Même à Saint-Cyr, on tombe dans l'idéologie du genre

    Et pourtant on nous dit qu'elle n'existe pas : 

    "Le séminaire « Dimension de genre dans les forces armées : partage de bonnes pratiques en matière de genre dans le domaine militaire » s’est déroulé du 28 au 30 avril dernier près de Madrid dans le cadre de la présidence espagnole de l’initiative 5+5 Défense.

    Les ESCC y étaient représentées par M. Eric GHERARDI, Directeur Général de l’Enseignement et de la recherche, au sein d’une délégation française conduite par Madame Françoise GAUDIN, Haut-Fonctionnaire à l’Égalité femmes-hommes du Ministère de la Défense assistée du Capitaine Stéphanie PEYRE, Conseiller environnement humain des opérations (Gender advisor ) à l’EMIA-FE" (suite).

    Le Salon Beige

  • Nommer Jean-Claude Juncker est-il un gage de démocratie pour l'Europe ?

    La nomination de l'ancien Premier ministre luxembourgeois est considérée par de nombreux responsables politiques comme une nécessité démocratique. Rien n'est pourtant moins sûr. 

    Depuis le soir des élections européennes, l'Europe semble divisée en deux. D'un côté, les méchants, les affreux, souvent des chefs d'Etats ou de gouvernements qui sont prêts à fouler aux pieds « les choix démocratiques » du peuple souverain de l'Union européenne en refusant à Jean-Claude Juncker. De l'autre, les bons, les gentils, ceux qui exigent de voir l'ancien Premier ministre luxembourgeois à la présidence de la Commission afin de respecter la volonté du « peuple européen. » Tout semble désormais se réduire à ce combat. Mais, évidemment, ce n'est pas si simple.

    Les changements du traité de Lisbonne

    L'argument « démocratique » des seconds est en effet particulièrement fragile. Pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'elle ne repose sur aucun fondement institutionnel. Le Traité de Lisbonne a en effet modifié à la marge seulement la procédure de nomination du président de la Commission. C'est bien toujours le Conseil qui propose un candidat. Comme auparavant (on oublie souvent ce détail), le parlement peut l'accepter ou non. Il n'y a que deux changements formels. D'abord, le Conseil doit, dans son choix « tenir compte du résultat des élections européennes. » Ensuite, le parlement doit « élire » le candidat à la majorité absolue des élus.

    Pas d'automatisme dans la nomination du président

    Ces deux changements impliquent-ils la nomination « automatique » de Jean-Claude Juncker ? Le parti de ce dernier ne dispose pas de la majorité absolue au parlement européen. Rien d'automatique, donc. Sauf si plusieurs autres groupes se rangeaient derrière lui pour constituer spontanément une majorité. Pour le moment, malgré quelques tentatives (les sociaux-démocrates autrichiens, par exemple, ou quelques écologistes), ce n'est pas le cas. Martin Schulz et Guy Verhofstadt espèrent secrètement être le « recours » et donc se gardent bien de se rallier. Être en tête ne suffit pas à être nommé dans une démocratie parlementaire (ce que n'est pas par ailleurs l'UE), il faut constituer une majorité. Or, Jean-Claude Juncker semble partir du principe qu'il doit « naturellement » être désigné sans que cette majorité ne soit constituée. Il y a là un déni de démocratie.

    Le Conseil aussi a une légitimité démocratique

    D'autant que le Conseil européen lui-même dispose d'une vraie légitimité démocratique. Les chefs d'États et de gouvernements sont également issus d'élections et toujours d'élections où la participation et la légitimité des candidats est plus importante qu'aux européennes. Il est donc normal que le Conseil ait son mot à dire dans la nomination d'un président de Commission qui est un rouage essentiel des institutions de l'UE. « Automatiser » la nomination d'un candidat désigné par les partis, c'est écarter cette vraie légitimité démocratique du Conseil au profit de celle d'un candidat qui, compte tenu du résultat des élections, ne peut y prétendre.

    Plusieurs interprétations possibles des élections

    Par ailleurs, si le Conseil « tient compte » du résultat des élections, il a le choix des interprétations. Il peut certes constater que le PPE reste le premier groupe au parlement européen, mais il peut aussi constater que c'est le grand perdant du scrutin, celui a subi le plus large revers avec une perte de quarante sièges. Il ne s'agit pas d'un détail dans le contexte de montée des euroscepticismes. Ne faut-il alors interpréter ce recul du PPE comme une défaite personnelle de Jean-Claude Juncker et trouver un candidat plus neutre et plus à même de contenir le mécontentement des Européens ?

    Aucun « droit » à la présidence

    Le système des Spitzenkandidaten, autrement dit des candidats désignés par les partis européens, sur lequel s'appuie l'ancien premier ministre luxembourgeois ne repose donc sur aucun fondement institutionnel. En cela, il ne donne aucun « droit » à Jean-Claude Juncker. C'est une création de la campagne électorale, née principalement de l'ambition personnelle démesurée de Martin Schulz, le candidat social-démocrate. Ce système pourrait prétendre à une certaine légitimité démocratique s'il avait fonctionné. Mais en réalité, il a lamentablement échoué dans l'opinion. Et c'est la deuxième faiblesse de la candidature Juncker.

    L'échec du système des Spitzenkandidaten

    Rappelons l'argument imparable alors des partisans des Spitzenkandidaten : en personnalisant la campagne, on augmentera l'intérêt des Européens pour l'élection et l'on donnera plus de légitimité démocratique à l'heureux « élu. » L'ennui, c'est que cette personnalisation est contraire au fonctionnement même des institutions européennes. Dans une campagne personnalisée, en théorie, on divise, on tranche, on tente de se démarquer de l'autre. On rend donc difficile une future cohabitation. Or, le parlement européen est fondé sur le consensus et les coalitions larges. Pas moyen, donc, pour les deux principaux candidats de se démarquer l'un de l'autre de façon franche. D'où ces débats assez mous devant lesquels les Européens auront pu s'assoupir tranquillement. Mais d'où aussi cette radicalisation sur la question de la présidence. Ne pouvant personnaliser le débat de fond, les candidats ont personnalisé à outrance la question de la présidence de la Commission, sans s'inquiéter de leur légitimité.

    La faiblesse de la légitimité démocratique de ces candidats

    Car cette dernière est très faible. Désignés par des partis européens qui ne sont que des collections de partis nationaux, les deux candidats principaux ont bien été en peine de s'imposer dans les opinions publiques nationales. Qui, dans l'UE, a « voté » pour Jean-Claude Juncker ou Martin Schulz ? Comment sérieusement attribuer à ces candidats les scores réalisés ? La mayonnaise a d'autant moins prise côté PPE que l'ex-premier ministre luxembourgeois a été imposé par Angela Merkel comme candidat. On a ainsi vu l'UMP en France cacher assez soigneusement ce candidat encombrant durant la campagne. Mais on a vu aussi certains partis faire campagne pour un Spitzenkandidat et passer ensuite dans un autre groupe. C'est le cas des Libéraux roumains qui, après avoir fait campagne pour Guy Verhofstadt, rejoignent le PPE… Tout ceci rend la « légitimité » des candidats bien faible.

    Très clairement, le pari a donc été manqué. La personnalisation de la campagne n'a pas eu d'impact sur la participation qui est restée stable et basse (43,1 % en 2014 contre 43 % en 2009). Il n'y a donc pas eu d'élan en faveur des candidats comme on tente de le faire croire. Les divers candidats ont obtenu des scores assez médiocres puisque, à l'exception d'Alexis Tsipras (qui a obtenu moins d'élus que prévu), tous les groupes qui présentaient des Spitzenkandidaten ont reculé ou sont restés stables. Au final, il paraît hasardeux de parler de « choix » populaire concernant ces candidats.

    La mise à jour du malaise démocratique de l'UE

    En réalité, ce débat autour de la candidature de Jean-Claude Juncker révèle un malaise dans l'Union européenne vis-à-vis de la question démocratique. L'UE prétend certes s'appuyer sur la démocratie qui est une condition sine qua non pour adhérer, mais elle est, dans son fonctionnement interne, mal à l'aise avec elle. Mieux même, elle s'en méfie. Elle préfère le consensus entre élites, la négociation entre institutions et la réflexion entre experts. L'indépendance de la BCE, la surveillance en amont des budgets nationaux par la Commission ou encore le « pacte budgétaire » sont autant de preuve de cette méfiance - très forte dans le domaine économique - vis-à-vis d'une démocratie qui serait le lieu des « passions déchaînées. » On pourrait même affirmer qu'avec les nouvelles institutions issues de la crise, cette méfiance s'est encore accrue.

    Un vernis qui ne doit pas rendre dupe

    L'UE tente donc de contourner ce paradoxe en mettant en place des « apparences démocratiques », mais en contenant l'exercice réel de la démocratie au niveau européen. Le traité de Lisbonne et sa prétendue « élection » du président de la Commission en est une illustration frappante. On comprend la manœuvre : il s'agit de rendre plus acceptable grâce à un vernis démocratique l'intrusion de la Commission dans les procédures budgétaires nationales, notamment. Le débat autour de la nomination de Jean-Claude Juncker rend compte de cette tension entre la réalité d'une UE qui se méfie de la démocratie et la volonté de polir les apparences démocratiques de ses institutions.

    Il serait donc naïf de croire que l'élection du Luxembourgeois serait une « victoire de la démocratie » dans l'UE. Les Européens eux-mêmes devraient ne pas en être dupes, pas davantage qu'ils ne l'ont été lors d'un scrutin où, encore une fois, le seul vrai vainqueur a été… l'abstention.

    Romaric Godin

    source : La Tribune 

    http://www.voxnr.com/cc/etranger/EupkyElpFkHjduypCg.shtml

  • De la contradiction interne ou le moment de faire un choix

    « Tous les « nationaux » ont leur bon gaulliste, leur bon technocrate, leur bon ministre. Cédant à un vieux réflexe bourgeois, ils redoutent « l’aventure » et le « chaos ». Pour peu qu’un homme du régime agite le drapeau, ils lui donnent leur confiance. Ils préfèrent le confort de l’aveuglement à la lucidité. Le sentimentalisme et l’esprit de clocher prennent toujours le pas sur le raisonnement politique. Dans l’espoir niais de satisfaire tout le monde, ils se refusent à prendre parti et ne satisfont personne. »
    Cette citation est la marque de Dominique Venner qui fut l’objet il y a une semaine d’un colloque éponyme, et où, le même jour des Lapins Crétins perturbèrent le meeting chrétien-démocrate européiste de Christine Boutin. Un an après la disparition du « Samouraï d’Occident » et les différents événements liés au Mariage pour Tous, il semble nécessaire d’approfondir la séparation entre « nationaux » et « nationalistes », autrement dit, appliquer la contradiction interne.
    Un an après les manifestations et actions liées au Mariage pour Tous donc, il faut arrêter de seulement parler. C’est d’ailleurs la réflexion d’Alain de Benoist dans un article, « On ne fait pas la révolution avec des gens bien élevés », article faisant écho aux propos de Dominique Venner. J’en veux pour preuve l’Avenir pour Tous de Frigide Barjot, le Centre Catholique d’Etudes Politiques (sic !), Sens commun (re-sic !), l’Ecologie humaine et toutes les tartes à la crème libérales et chrétiennes-démocrates qui ont voulu s’approprier ces thèmes de combat pour grossir leurs rangs tout en jouant la carte mystificatrice du combat politique porteur de sens.
    Provoquer la contradiction interne, c’est appeler les militants à faire un choix, soit être des « nationaux » soit être des « nationalistes », il n’y a pas de demi-mesure à ce sujet. C’est impossible. Il en va du raisonnement politique et même de toute politique sur le court, ou le long terme si nous souhaitons appliquer nos principes politiques.
    Mais voilà, la bureaucratie et la suffisance catho-bourgeoise sont passées par là. S’appuyer sur le droit naturel, dénoncer la marchandisation des corps et le transhumanisme, en clair, être radical dans ses propos mais pas dans ses actions et dans ses convictions font partie du jeu des libéraux-nationaux qui souhaitent élargir le champ de leur offre politique, après avoir constaté leurs échecs modérés faits de compromissions, à tel point qu’il est patent que les nouveaux militants catho-bourgeois sont des prostituées qui vendent leur principes pour de l’argent dans la peur de rester marginal politiquement mais avec des convictions.
    Les partis et hommes politiques nous ont, à de multiples moments, fait preuve de lâcheté, d’hypocrisie et pusillanimité. Pourtant, la sauce à l’air de marcher. Tout simplement parce que la suffisance catho-bourgeoise se complait dans le confort et abhorre « l’aventure » politique comme le notait déjà malheureusement Dominique Venner il y déjà une cinquantaine d’années !
    Le combat radical que nous menons aujourd’hui est un combat raisonné, radical et jamais extrême, tempéré et jamais modéré, mais il est un combat présent et permanent, qui ne souffre d’aucune compromission. On ne peut par exemple se définir comme démocrate-chrétien et mener une politique européenne libérale, c’est un non-sens absolu. Il faut aussi accepter les moyens et les fins du militantisme radical, qui vont bien au-delà du « politiquement incorrect » de salon ainsi que de l’image de droite forte des jeunes filles et jeunes hommes de petite vertu politique, pour ensuite porter leur choix vers la lâcheté incarnée institutionnellement par les partis en présence.
    Mais dès qu’il faut être sérieux, dès qu’il faut sortir du politique ludique et festif, d’être englué dans la société du spectacle, c’est-à-dire, dès que les ballons bleus et roses des manifestations abrutissantes par leur musique électronique, et les différents rassemblements proto-mondains, que reste-t-il des engagements ? Rien, parce que les « nationaux » sont dans l’incapacité même de comprendre et de régir ce qui va au-delà de leur suffisance.
    Briller, mais pas militer. Parler, causer, mais sans oser. Alors oui, montrez-vous tel que vous êtes, mais vous comprendrez bien assez vite que sur ce point, le plus important n’est pas d’être connu mais bien reconnu. Et qu’en tant que « nationaux » vous n’aurez aucune considération de la part des « nationalistes ».
    Pour conclure, Dominique Venner servira encore de référence à nos propos :
    « Zéro plus zéro, cela fait toujours zéro. L’addition des mythomanes, des comploteurs, des nostalgiques, des arrivistes, des « nationaux » donc, ne donnera jamais une force cohérente. Conserver l’espoir d’unir les incapables, c’est persévérer dans l’erreur. Les quelques éléments de valeur sont paralysés par les farfelus qui les entourent. Le jugement populaire ne s’y trompe pas. Aussi font-ils un mal considérable au Nationalisme avec lequel ils sont fréquemment confondus. Ils font fuir les éléments sains et tarissent tout recrutement de qualité.
    Avec eux, il ne peut être question d’union. Il faut, au contraire, proclamer les différences fondamentales qui les séparent du Nationalisme. Les farfelus doivent être impitoyablement écartés. A cette condition, il sera possible d’attirer des éléments neufs, des partisans efficaces. »

    Alexis/C.N.C

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2014/06/11/de-la-contradiction-interne-ou-le-moment-de-faire-un-choix-5389204.html

  • Éducation nationale : la maison n'est pas tenue !

    Le ministère publie un document qui oriente l'enseignement à l'école primaire et au collège. Et qui fait peur.

    Mardi 10 juin, la démission surprise d'Alain Boissinot, président du Conseil supérieur des programmes (CSP), a éclipsé la publication par le ministère de l'Éducation nationale du "socle commun de connaissances, de compétences et de culture". C'est dommage, car ce document, qui pose les fondations de la nouvelle politique d'éducation, de l'école primaire à la fin du collège, a de quoi inquiéter.

    Le "socle" est une sorte de "smic" de ce que doivent savoir les élèves en sortant de 3e. Il est né du grand débat sur l'école lancé par Jacques Chirac au début de son second mandat et a été instauré par la loi Fillon de 2005. Il évoque non seulement les connaissances, pierre angulaire de l'instruction, mais aussi les compétences, notion plus floue qui rappelle le catéchisme pédagogiste selon lequel les élèves doivent construire leurs propres savoirs. François Fillon et son équipe avaient alors réussi à limiter les dégâts, en maintenant l'apprentissage des contenus. Avec ce nouveau texte, il y a de quoi s'inquiéter, puisqu'il précède, donc inspire la rédaction des futurs programmes scolaires.

    Bons sentiments et langue de bois 

    Ce document de 22 pages regorge de bons sentiments, de nobles intentions, de généralités et de langue de bois. Mais de la transmission des savoirs, il n'est guère question. "L'école obligatoire ne peut pas seulement apprendre aux élèves à lire, écrire et compter", prévient le communiqué du ministère qui l'accompagne. Étrange formulation ! Car il faudrait quand même commencer par savoir lire, écrire et compter. Et c'est loin d'être le cas. Un enfant sur sept se trouve en difficulté sérieuse de lecture en 6e.  

    Le nouveau "socle" fait pourtant fi du français comme discipline à part entière, préférant s'intéresser aux "langages", qui "sont à la fois des objets de savoir et des outils, toutes les disciplines contribuent à leur acquisition". On n'est pas loin du fameux "référentiel bondissant" ! Les maths ? Intégrées, désormais, dans "l'observation et la compréhension du monde". Ils ne sont pourtant pas nombreux, ceux qui ont découvert des théorèmes par eux-mêmes ! Mais avec le socle, l'enfant devient une sorte de chercheur en herbe : "Il a compris que les mathématiques se nourrissent des questions posées par les autres domaines de connaissances et les nourrissent en retour."

    Selon ce nouveau "socle", l'élève est non seulement un futur Einstein, mais aussi un Picasso et un Rimbaud en devenir. Il "exprime ses sensations et ses émotions par des productions littéraires et artistiques, et pratique, sous des formes diverses, la fonction poétique du langage". Et, à l'arrivée, il "a construit de la sorte une citoyenneté critique et partagée, ouverte à l'altérité". Au bout des 22 pages de lecture, une question demeure : qui tient les clés de la maison qui a produit un tel texte ?

    Source http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/education-nationale-la-maison-n-est-pas-tenue-11-06-2014-1834496_2134.php

    http://www.oragesdacier.info/

  • Scission de l’UMP, mue du FN… Si au lieu de parier on agissait ?

    Une nouvelle structure politique complémentaire au FN, à vocation d'allié, de nature fédératrice, paraît indispensable.   

    Inutile de gloser à l’infini sur la dernière sortie de Jean-Marie Le Pen, où l’hystérie pavlovienne des uns ne vaut pas mieux que la glauque escobarderie de l’autre, sans parler des considérations psychologisantes hors de propos des commentateurs. La seule question qui vaille est politique : le rapport des forces interne au FN a-t-il assez basculé pour lui permettre de franchir une nouvelle étape au profit de l’expression politique nécessaire au pays, ou pas ? C’est en partie de cette réponse que dépend l’évolution du « tripartisme » provisoire que chacun constate désormais et, partant, la possibilité de commencer à renverser le cours désastreux des choses, ce qui est si urgent.

    Parallèlement, les uns tablent sur la décomposition de l’UMP (ou sa fracture), les autres pensent pouvoir parvenir au pouvoir sur leur seule lancée ; tout le monde fait des paris. C’est bien hasardeux, quand il n’est plus temps.

    Pourquoi attendre une hypothétique scission de l’UMP, ou une tout aussi hypothétique mue décisive du FN en mouvement de rassemblement largement ouvert ? L’une et l’autre correspondent à un rêve, pas nécessairement à la logique propre aux intérêts des acteurs de la lutte et aux conditions de celle-ci.

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  • Convergences et divergences anglo-allemandes

    Hollande a rangé depuis 2012 la France, dans la pratique, aux abonnés absents du jeu diplomatique international. Ceci s'applique aussi, quoi que l'on cherche à nous faire croire, aux prises de décisions institutionnelles en Europe. Nous pouvons, peut-être, déplorer cette éclipse. D'autres s'en féliciteront. Mais cette réalité objective est constatée par tous les acteurs.

    Or, depuis plus d'un quart de siècle, les conceptions dominantes, celles qui avaient conduit à la rédaction, à la négociation et à la ratification du traité de Maastricht en 1991-1992, étaient conduites par des équipes essentiellement parisiennes. Celles-ci, notamment les rédacteurs Delors et Lamy, se montraient alors particulièrement influencées par le type d'idées socialistes que l'on professe dans notre hexagone en voie de décomposition, celles qui s'étalent dans nos médiats médiocres, celles qui s'imposent, à droite comme à gauche, dans toutes nos instances de pouvoir. On doit les rejeter comme celles qui conduisent n'importe quel pays sur les voies de la décadence et, à plus ou moins long terme, de la servitude. Il ne s'agit, soulignons-le, pas seulement de l'économie, trop souvent analysée sur la base de statistiques artificielles, il s'agit de toute la société.

    Que de telles influences mortifères puissent être mesurées en recul doit donc être salué comme une bonne nouvelle par tous les esprits libres.

    La scène européenne ne comporte certes pas seulement de gros États, autrefois puissances rivales. Elle ne se limite pas non plus aux 28 membres actuels de l'UE. Elle ne saurait négliger les aspirations et les influences de pays aussi importants que l'Italie, l'Espagne, ou la Pologne.

    Il se trouve cependant que deux gouvernements principaux risquent fort de se trouver, et ils s'inscrivent dès maintenant, au cœur des débats sur le devenir de notre continent : celui de Londres et celui de Berlin.

    Leurs divergences traditionnelles sont suffisamment connues pour ne pas avoir à y revenir. Elles ont joué un rôle essentiel (1)⇓ dans le déclenchement du premier conflit mondial, – responsabilités à partager, évidemment, avec les revendications territoriales des gouvernants de France et de Russie. Depuis l'époque de la Déclaration Schuman de 1950, considérée comme texte fondateur, on sait aussi que les conceptions européennes respectives se sont séparées. Ce qu'on appelle "construction européenne" ne tend pas en effet à "bâtir" l'Europe : celle-ci existe depuis des siècles, pour ne pas dire des millénaires. Le mouvement ainsi maladroitement dénommé ne saurait se proposer que de la doter d'institutions communes.

    Or sur quoi celles-ci doivent-elles porter ? Quelle communauté de destins s'agit-il de gérer ? Londres se refuse à une ingérence trop grande dans la vie des nations notamment parce que l'on croit de moins en moins en Angleterre à des "projets de société" à des "redistributions", à des interventions économiques, conduites par des bureaucrates. On ne veut surtout pas d'un "Super-État", éternel procès d'intention lancé contre la Commission européenne.

    Mais à y regarder de plus près, on constate d'abord que l'idéologie "constructiviste" n'émane pas spécialement des Allemands. Elle reflète surtout l'influence des idées "françaises" que l'on devrait, d'ailleurs, plutôt qualifier … d'antifrançaises, idées chères à nos technocrates, bons élèves du jacobinisme, du bonapartisme, du saint-simonisme, etc.

    De plus ni la chancelière, ni d'ailleurs les trois partis de sa "große Koalition", constituée au lendemain de la victoire historique d'Angela Merkel de septembre 2013 ne semblent désormais enthousiastes à l'idée de continuer vraiment dans la voie artificiellement idéologique tracée par Delors et ses successeurs.

    Car à Berlin comme à Londres on croit aux idées basées sur des faits, on croit un peu moins aux dogmes de notre république égalitaire et centralisatrice.

    De graves négociations concrètes vont donc se développer en vue du tournant 2015-2017, qui s'annonce pour décisif quant à l'appartenance britannique à l'UE et pour le devenir du Royaume-Uni lui-même. Elles ont commencé. Elle se dérouleront sans les dirigeants français, faut-il le redire ?

    On saisira donc très prochainement l'occasion d'évoquer bientôt ces anciennes divergences et ces nouvelles convergences entre Anglais et Allemands.

    JG Malliarakis

    Apostilles

    1)  cf. "Psychologie de la Guerre" rééditée aux Editions du Trident
    .http://www.insolent.fr/2014/06/convergences-et-divergences-anglo-allemandes.html