Vérone vue du ciel. Immobiles et en silence, les Sentinelles veillent pour la famille et la liberté.
actualité - Page 5245
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En Italie aussi, les Sentinelles veillent
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L'association Aides est en réalité une officine de propagande
M. Jacques Bompard attire l'attention de Mme le ministre de la culture et de la communication sur la tenue du festival « Oh oui !» organisé par l'association Aides.
"Ce festival « Oh oui ! » qui dans son accroche propose « deux semaines non-stop de sexe », organise des rencontres, des expositions, des projections de film. Les intitulés de ces évènement sont sans appel : « la bisexualité tout un art », « des culs et des lettres », « les Trans pour les Nul-le-s », « les Putes pour les Nul-le-s », « nom d'une pipe ! », « le Fist pour les nuls », «jeux de liens, jeux de mains, jeux de malins», « l'amour selon Saint Jean », « le trou du cul pour les enculé-e-s » où il est d'ailleurs précisé que l'accueil est tout public. L'association Aides, sous couvert de lutter contre le sida, est en réalité une officine de propagande au service de pratiques sexuelles marginales, si ce n'est dangereuses pour la santé. Aides a reçu, en 2012, 18,98 millions d'euros de subventions publiques ce qui, en tant de crise, ne peut que choquer. Cet argent public utilisé dans la programmation de festivals où se mêlent dépistage du sida et expositions « décalées et participatives » est largement déplacé.Monsieur Jacques Bompard demande donc à Mme le ministre de la culture et de la communication que cessent ces détournements de subventions publiques et qu'Aides ne se consacre uniquement au dépistage du sida, sans militantisme ni promotion de pratiques sexuelles."
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L'association Aides est en réalité une officine de propagande
M. Jacques Bompard attire l'attention de Mme le ministre de la culture et de la communication sur la tenue du festival « Oh oui !» organisé par l'association Aides.
"Ce festival « Oh oui ! » qui dans son accroche propose « deux semaines non-stop de sexe », organise des rencontres, des expositions, des projections de film. Les intitulés de ces évènement sont sans appel : « la bisexualité tout un art », « des culs et des lettres », « les Trans pour les Nul-le-s », « les Putes pour les Nul-le-s », « nom d'une pipe ! », « le Fist pour les nuls », «jeux de liens, jeux de mains, jeux de malins», « l'amour selon Saint Jean », « le trou du cul pour les enculé-e-s » où il est d'ailleurs précisé que l'accueil est tout public. L'association Aides, sous couvert de lutter contre le sida, est en réalité une officine de propagande au service de pratiques sexuelles marginales, si ce n'est dangereuses pour la santé. Aides a reçu, en 2012, 18,98 millions d'euros de subventions publiques ce qui, en tant de crise, ne peut que choquer. Cet argent public utilisé dans la programmation de festivals où se mêlent dépistage du sida et expositions « décalées et participatives » est largement déplacé.Monsieur Jacques Bompard demande donc à Mme le ministre de la culture et de la communication que cessent ces détournements de subventions publiques et qu'Aides ne se consacre uniquement au dépistage du sida, sans militantisme ni promotion de pratiques sexuelles."
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Le Pen: chronique d'un parricide (3/5) - Ça Se Dispute
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Franc-parler…chiche?
Selon l’Insee qui publiait la semaine dernière ses données définitives, 21.700 postes ont encore été détruits dans le secteur marchand au premier trimestre, bilan qui intervient au moment même ou le Royaume-Uni annonçait son plus bas taux de chômage depuis 2008…L’emploi est-il la priorité des acteurs sociauxdans notre pays ? On peut en douter à la lecture du papier publié dans Marianne faisant état du congrès de la CFDT qui s’est tenu à Marseille au début du mois, au cours duquel son secrétaire général, Laurent Berger, et les militants « se sont interrogés sur le pacte de responsabilité signé par leur direction avec un Medef, prêt à le torpiller ». Mais dans les faits constate Marianne, « estomaqués par le raz-de-marée du FN aux européennes, (les militants) resserrent les rangs derrière leur secrétaire général » dont « le discours reflète (…), les états d’âme de ses militants, complètement sonnés par le score du FN et celui de l’abstention aux européennes ».
« Cette fois c’est bien plus grave que ne l’admet la direction du PS, met en garde René Briesch, un Lorrain, ancien président du Comité économique et social européen, les électeurs qui ont voté Front National, ne l’ont pas fait pour protester. 97% adhèrent à ses thèses nationalistes et sa dénonciation de l’immigration ! ».
«Bien sûr qu’en signant un pacte de responsabilité avec un patronat qui joue les chochottes, nous avons pris un risque, s’épanche (Laurent Berger) en conférence de presse. Je ne l’ai jamais caché. Mais dans deux ans, si l’on ne tente rien, qui sait si la démocratie ne sera pas menacée par un parti qui nie nos valeurs les plus chères ? » (sic).
Même catastrophisme sur le site de la revue de Bernard-Henry Lévy, La Règle du jeu. Le dénommé François Margolin y a pondu un papier dans lequel il s’inquiète de l’habileté diabolique d’un FN qui durant « cette dernière campagne électorale », « a si peu parlé d’immigration mais beaucoup plus de Bruxelles ou de la misère sociale ». Certes il tient à contenter ses lecteurs en quête de grands frissons d’épouvante et englués dans une grille de lecture aussi primaire, débile qu’obsolète : le FN est toujours le parti de la « haine » de l’étranger.
« Mais ajoute-t-il, rien ne dit que le Front National n’aura pas l’intelligence, si le mot a un sens en la matière, de se reconvertir sur un autre front : celui de la misère sociale. Comme ses ancêtres, les partis fascistes des années 30, ceux de Mussolini, de Jacques Doriot ou de Hitler. Un front – sans jeu de mots – qui a, malheureusement de beaux jours devant lui, si les partis politiques traditionnels n’en prennent pas la mesure. Raison de plus d’être vigilant ».
Sans oser proférer les mêmes énormités que M. Margolin, Manuel Valls a fait entendre un son de cloche similaire samedi devant le Conseil national du PS : « Le risque de voir Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle existe». « Nous pourrions basculer dans une nouvelle ère. Une ère dans laquelle un des grands partis républicains - est sans que cela soit une surprise – peut être absent de grand rendez-vous électoral. Rien n’est fait, cela peut être la droite, ce peut être nous. » « Notre pays peut se défaire et se donner à Marine Le Pen », « Oui la gauche peut mourir ». « Il n’existe pas d’alternative à gauche », « l’échec électoral du PS ne renforcera pas la gauche de la gauche » a-t-il encore prévenu.
Ce qui est pour le coup une vérité toute simple énoncée par beaucoup, notamment dernièrement par Michel Onfray dans l’article qu’il a donné au Nouvel Obs, et que nous avons déjà cité, pointant les similitudes pouvant exister entre le FN et le Front de Gauche. « Ce qui réunit les deux fronts est important affirme-t-il : un même refus de l’Europe libérale, une même condamnation des logiques de Maastricht, une même franche suspicion pour l’euro, un même ras-le-bol des partis qui défendent l’Europe libérale, une même condamnation de la quasi-totalité de la presse et des médias qui, aux mains des banquiers, se font les courroies de transmission quotidiennes de l’idéologie libérale, un même souci du petit peuple, une même condamnation des élites qui ont failli, une même défense de l’Etat et, c’est nouveau au FN, un même éloge des services publics. (…). Seule la question de l’islam distingue le FN du FG : un danger pour l’une, une chance pour l’autre. Voilà pourquoi la première rassemble le double de voix du second. Pragmatique, Marine Le Pen pose les questions que tout le monde se pose ; idéologue, Mélenchon estime que ces questions ne sont pas légitimes — elles se posent pourtant ».
Pour être tout à fait précis, indiquons cependant que ce n’est pas tant la question de l’islam qui sépare le FN du FG et de ses autres adversaires, que celle de l’accueil à haut débit sur notre sol de flux migratoires. Le FN serait tout autant opposé à l’immigration de peuplement affirme Bruno Gollnisch, si celle-ci concernait non pas des Musulmans mais exclusivement des millions d’Africains animistes, des millions de Tamouls polythéistes ou des millions de Chinois confucianistes…
Il faut posséder, petite parenthèse, la mauvaise foi militante du journaliste de RTL et de Canal plus, le socialiste Jean-Michel Apathie, pour prendre comme exemple la victoire lors de ce Mondial de football de l’équipe des bleus dimanche soir face à la modeste formation du Honduras, afin de réaffirmer péremptoirement que l’immigration est une chance pour la France ! Les Français sont un peuple accueillant et nullement raciste mais la coupe est pleine depuis déjà longtemps, elle déborde même sur de nombreux points de notre territoire. Une évidence que les Français ont aussi tenu à signifier aux partis du Système par leur vote le 25 mai.
Autant dire que l’historien et militant antiraciste Pierre-André Taguieff n’a que très partiellement raison quand il écrit dans son dernier ouvrage Du Diable en politique, réflexions sur l’anti-lepénisme ordinaire (Marianne s’en fait l’écho) que « trente ans de rhétorique anti-fasciste et son processus de diabolisation ont contribué à installer le Front National au centre de la vie politique française ».
Un FN que droite et gauche ont tenté d’instrumentaliser à leur profit, or la créature leur échappe ! « Les chiraquiens et les sarkozystes ont liquidé le gaullisme. Les jospinistes et les hollandistes ont ruiné le socialisme et réduits le PS à une machine de pouvoir incapable de la moindre réflexion ». « L’auteur décrit la disparition de l’homme de gauche réduit à un hybride social-libéral-écolo-conservateur-progressiste-républicain avec désormais la poche à droite et un vague souci de préserver les acquis sociaux ».
« Le Front National se retrouve donc être aujourd’hui au centre de la vie politique française (…). Marine Le Pen séduit les déçus des deux rives. Le Front National est devenu un parti attrape-tout, une formation qui profite de toutes les crises, réussissant l’une des alliances les plus fortes dans le champ politique français actuel : celle de l’aspiration nationale et de l’aspiration sociale ».
Pourtant, « totalement dédiabolisé, le FN perdrait une grande partie de son attractivité parie d’ailleurs Taguieff qui, au front républicain , substitue l’image de l’ estomac qui digérerait le Front National, comme il a digéré autrefois les royalistes contre-révolutionnaires. Une digestion lente. Cet estomac existe. En démocratie, il a même un nom : le débat politique ».
Ecrire que le succès du FN s’explique en «grande partie» par sa diabolisation n’est pas vraiment original et ressuscite un vieux débat. Il est légitime de penser a contrario que c’est justement le processus de dédiabolisation, engendré par le travail pédagogique accru de Marine comme par les événements validant les invariants du discours du FN, les fondamentaux de son programme, qui explique le succès grandissant de l’opposition nationale.
Ce qui ne veut pas dire souligne Bruno Gollnisch, bien au contraire même, que le FN doit perdre son tranchant, manier la langue de bois ou de coton, abdiquer son franc-parler, accepter ou appeler de ses vœux un formatage qui précède bien souvent des reculs programmatiques.
Nos compatriotes attendent aussi du Front National qu’il continue de porter, sans outrances bien sûr, mais avec fermeté, le nécessaire combat en faveur du maintien de notre liberté d’expression, menacée par les pulsions totalitaires de la caste, les kapos du politiquement correct, les censeurs, les démagogues, les falsificateurs de l’histoire, les propagandistes d’une novlangue qui est un des instruments du contrôle des esprits.
Dans les faits, c’est bien le programme porté par le FN, de rupture avec les politiques euromondialistes de l’UMPS, qui séduit une large fraction de nos compatriotes. Et qui les séduiraient encore plus si celui-ci était réellement exposé, à parité avec celui des partis européistes. C’est-à-dire avec objectivité, bref « sans affect, sans émotion, sans fantasme, sans peur irrationnelle » pour parler le langage de M. Taguieff. Chiche ?
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Jacques Bompard interpelle le ministre sur les chrétiens d'Orient
Au ministre des affaires étrangères et du développement international sur la situation tragique des chrétiens dans le nord de l'Irak :
"Les chrétiens irakiens, 1 million avant 2003, sont régulièrement persécutés depuis la chute de Sadam Hussein. Les deux tiers d'entre eux ont aujourd'hui quitté le pays. Ils ne seraient plus que 300 000, alors que leur présence remonte aux premiers temps du christianisme. En 2013 après avoir été accusés de blasphèmes 21 chrétiens Irakiens ont été exécutés par des musulmans. En outre 33% des accusations de blasphèmes en Irak sont portés sur des chrétiens dans un pays où ils ne représentent pourtant que 2% de la population. Les crimes à leur encontre sont réguliers: assassinat et enlèvement de prêtres et religieuses, obligation pour les femmes de porter le voile, chrétiens forcés de se convertir ou menace de mort. Ils sont poussés vers l'exil. La prise de Mossoul, deuxième ville du pays, et l'encerclement de Qaraqosh, ville chrétienne, par les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant mardi 10 juin 2014 est une tragédie. Cherchant à éviter les massacres, des milliers de personnes fuient leurs villes vers le Kurdistan irakien qui se retrouve submergé. L'Etat islamique en Irak et au Levant a pour but de créer un Etat islamique qui s'étendraient sur le Liban, la Syrie et L'Irak. Il est notamment présent en Syrie ou il a pris l'ascendant sur d'autres factions de la rébellion. Il est responsable de terribles exactions telles que des crucifixions de chrétiens. L'armée gouvernementale irakienne, qui devait tenir, s'est effondrée, laissant les populations livrées à elles-mêmes. Les conséquences du contrôle de la région par les djihadistes, pour le patrimoine mondial, sont terribles. On y trouve des églises du VIIème siècle, et des trésors architecturaux. Certaines églises de Mossoul ont déjà brûlé déjà. Le sort des chrétiens d'Irak, une nouvelle fois en danger, est extrêmement préoccupant. Il demande à M. le ministre des affaires étrangères et du développement international quelle est sa position face à de tels groupes et de telles menaces sur les chrétiens d'Irak."
Et au même ministre à propos des nouvelles alarmantes de la prise de Mossoul, de Tikrit, et de nombreuses villes de la province de Ninive dans le nord de l'Irak :
"L'armée gouvernementale s'est effondrée après quatre jours de combats face aux djihadistes et plus de 500 000 personnes fuient dans un espoir de survie, laissant tout derrière elles, vers le Kurdistan irakien submergé. Les massacres et destructions sont déjà terribles dans ces territoires. A Mossoul, des églises, dont certaines datent du VIIème siècle sont en feu et la prise de Qaraqosh entraînerait un massacre. L'Etat islamique en Irak et au Levant qui a la volonté de créer un Etat islamique au Levant, à cheval sur le Liban, la Syrie et l'Irak, s'est renforcé avec le conflit syrien en accueillant de nombreux combattants locaux et étrangers, parfois français. Il s'est imposé comme un des principaux groupes de « rebelles ». En Syrie, il est surtout responsable de crucifixions de chrétiens, d'exécutions publiques de soldats alaouites, de destructions des sanctuaires chrétiens et d'assassinat de chefs rebelles concurrents. Au début de l'année ses forces étaient estimées à plus de 10 000 combattants. En Irak, c'est la première fois que des insurgés prennent toute une province dans le pays, où l'EIIL contrôle déjà Fallouja et plusieurs secteurs de la province occidentale d'Al-Anbar, voisine de Ninive. La situation des populations du nord de l'Irak est donc alarmante. Au regard de la sympathie de la diplomatie française pour la « rébellion syrienne », il lui demande la confirmation qu'aucun argent français, ni armes françaises, n'ont été perçus par l'Etat Islamique en Irak et au Levant, argent qui servirait au massacre des populations civiles irakiennes et notamment chrétiennes."
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LA FONDATION VOUS INVITE à l’exposition « Jérôme Lejeune : une découverte pour la vie »
LA FONDATION VOUS INVITE à l’exposition « Jérôme Lejeune : une découverte pour la vie » en France. Pour célébrer les 20 ans de la mort du Professeur Lejeune et de la création de la Fondation, cette exposition est proposée au grand public, dans plusieurs villes en France (après une tournée internationale en Italie, en Espagne et au Canada).

Elle explore l’univers de la génétique et certains des enjeux bioéthiques actuels, à travers :
· la découverte de la trisomie 21 ; · la figure du Professeur Jérôme Lejeune, chercheur exceptionnel, médecin de renommée internationale, avocat de la vie et de la dignité humaine.
LANCEMENT DE L’EXPOSITION : ARRAS, DU 17 au 29 JUIN
A l’Hotel de Ville (place des Héros) Du lundi au samedi de 10h à 18h30
Le dimanche de 10h à 13h / 14h30 à 18h30
Entrée libre - Pour organiser une visite de groupe : evenements@fondationlejeune.org
La suite ici
http://www.actionfrancaise.net/craf/?LA-FONDATION-VOUS-INVITE-a-l
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« L’Effacement du politique » de Pierre Le Vigan
Impuissance et inexistence de l’Union européenne
Le livre de Pierre Le Vigan est consacré au nihilisme qui sévit dans l’Union européenne à un tel point que toute référence à une identité autre qu’individuelle y est interdite ; or, comme l’écrit l’auteur, il ne peut y avoir de politique en l’absence d’identité collective. C’est sans doute la raison pour laquelle cette Union, qui se veut la seule patrie des droits de l’homme, est incapable d’avoir quelque politique que ce soit :
« Partons de la situation que nous connaissons, en Europe. Notre continent est sans existence politique, sans volonté, sans défense. Un embryon de gouvernement européen existe, mais en fait, ce sont des équipes de technocrates. Le pouvoir européen n’a pas de légitimité démocratique. Il n’a pas non plus acquis une légitimité par son efficacité. Il a beaucoup réglementé mais n’a guère construit. Il est de plus en plus contesté par les peuples (…) Le pouvoir européen prétend faire de l’économie, mais pas de politique. En conséquence, en politique internationale l’Europe n’existe pas. Elle agit, quand elle agit, en éclaireur de la superpuissance américaine. »
Et il ajoute :
« Elle n’existe pas pour plusieurs raisons. Pour exister, il faut être porteur d’une certaine idée de soi. Or, l’Europe actuelle se veut d’abord universaliste. Sa seule identité serait d’être le réceptacle des identités des autres. »
C’est le politique qui doit trancher
Pour Pierre Le Vigan, il n’y a pas d’essence de la culture européenne :
« Il n’y a pas d’essence de la culture européenne. Il y a certes des traits communs à l’Europe : ce n’est pas une terre où l’islam ne s’est imposé autrement que par la force, lors des conquêtes de l’Empire ottoman, mais c’est aussi une terre où la christianisation ne s’est pas faite sans violence. L’Europe est une terre de grands philosophes, mais qui n’étaient en général d’accord sur rien. Ils n’ont en aucune façon développé une “philosophie européenne”, à moins d’appeler ainsi un champ de bataille intellectuelle. Il y a eu certes des créations littéraires spécifiques à l’Europe, telles celles d’Homère, mais sont-elles d’abord grecques ou d’abord européennes ? C’est là toute la question. N’est-il pas abusif (bien que séduisant) d’en faire l’emblème de l’Europe ?’ »
En effet, s’il est vrai qu’il n’y a pas plus proche d’un peuple européen qu’un autre peuple européen, il n’en reste pas moins vrai qu’il n’y a pas plus de culture européenne que de peuple européen. Les cultures des peuples européens se sont différenciées depuis fort longtemps (au moins depuis l’expansion des peuples indo-européens) mais elles ont conservé un air de famille parce qu’elles se sont influencées mutuellement quoique de manière inégale et partielle ; ce qui fait que les cultures européennes forment un patchwork assez harmonieux malgré l’existence de différences parfois importantes.
« Revenons à la définition de l’Europe par la “culture européenne”, c’est-à-dire à la thèse que les Européens sont tout d’abord des Européens, puis des Croates, des Finlandais, des Ecossais, des Danois, etc. Qu’est-ce qui caractérise cette culture européenne ? Nos “ancêtres” indo-européens ? Mais “indo-européen” désigne un groupe de langues bien plus qu’une race ou un groupe de peuples. Si l’appartenance au rameau (ethnique ou linguistique, qu’importe à ce stade) indo-européen est le critère, alors pourquoi ne pas intégrer à l’Europe Indiens, Sri-lankais (sauf les Tamouls), Afghans, Arméniens, et bien sûr Kurdes et Tziganes (Roms) ? Notons encore que l’un des principaux foyers des langues indo-européennes fut l’Anatolie, dans l’actuelle Turquie, ce qui décidément ne plaide pas pour une Turquie hors d’Europe. On se demande d’ailleurs pourquoi cette origine culturelle commune, puisqu’elle est censée exister et influer, ne produit pas une grande facilité d’intégration des Roms, authentiques indo-européens ? Tandis que nous constaterions d’incessantes difficultés d’intégration avec les Basques ou les Hongrois qui ne sont pas indo-européens ? A moins que ce critère d’indo-européanité n’ait finalement aucun sens actuel, et ne relève du simple plaisir de l’érudition. »
Il n’y a pas non plus d’essence religieuse de l’Europe, car s’il est vrai que le christianisme a marqué profondément la culture européenne, il n’en est pas moins vrai qu’il a éclaté en plusieurs rameaux qui se sont très souvent opposés de manière très violente. De plus, le christianisme n’est plus une caractéristique propre aux Européens parce qu’il a été adopté par de nombreuses populations dans le reste du monde ; il est impossible de le considérer comme étant la base d’une identité européenne et ce, d’autant plus que la déchristianisation progresse très régulièrement sur notre continent.
« Cette religion par définition universelle a essaimé hors d’Europe, sachant au demeurant qu’elle n’est pas née en Europe, et dès lors on ne voit pas très bien comment une culture européenne pourrait se définir principalement par rapport au christianisme devenu largement non européen. »
Existe-t-il une essence géographique de l’Europe qui imposerait l’union de tous les peuples vivant dans le territoire bordé par l’Atlantique, la mer du Nord, l’océan Arctique, l’Oural, le Caucase, les détroits et la Méditerranée ? Si oui, il faut considérer alors qu’une partie de la Turquie est européenne et que la partie de la Russie située au-delà de l’Oural ne l’est pas ; ce qui n’est pas très pertinent.
De même, il est impossible de faire de la démocratie, de l’idéologie des droits de l’homme ou des Lumières des éléments d’une essence européenne, car dans ce cas il faudrait considérer que les Turcs inspirés par la Révolution française, les Australiens et les Africains du Sud qui vivent dans des pays démocratiques sont aussi des Européens.
Pierre Le Vigan conclut très justement en disant que l’Europe ne peut être qu’une construction politique alors que la création de la CEE, puis celle de l’UE, ont été conçues dès l’origine comme une sortie du politique :
« On a en quelque sorte voulu faire l’Europe non seulement pour sortir des guerres intra-européennes (et on n’y est même pas arrivé – voir les Balkans) mais pour sortir du politique. On constate au contraire que si l’Europe se fait, elle se fera par la politique et ni par l’économie ni par la culture. »
Vers l’Empire ?
Pierre Le Vigan conclut son livre en plaidant pour la création d’un « Empire européen » mais la notion d’Empire présente l’inconvénient de manquer de précision et de recouvrir des réalités très différentes. De l’Empire romain à l’Empire américain en passant par l’Empire de Charlemagne, le Saint-Empire romain germanique, l’Empire des Habsbourg, le deuxième et le troisième Reich, l’Empire napoléonien, celui de Napoléon III et les empires coloniaux, il y en a pour tous les goûts. Pierre Le Vigan conclut son livre en écrivant :
« L’Empire c’est le nom ancien, et, pour mieux dire, c’est le nom de toujours du principe fédératif (…) Il faut ouvrir la voie à autre chose : l’association entre nos patries, la coopération sans l’uniformité, la souveraineté commune. Cela porte un nom, et c’est l’idée d’Empire, et cela repose sur un principe, c’est la subsidiarité, et c’est donc la fédération des peuples d’Europe. »
Pierre Le Vigan ne précise pas ce qu’il entend par fédération ni d’ailleurs s’il pense à une fédération de tous les peuples (ce qui semble ambitieux) ou de certains d’entre eux seulement (ce qui serait plus raisonnable). Par ailleurs, que la notion d’empire et celle de fédération soient synonymes ne va pas de soi. Ainsi Olivier Beaud a écrit que ce sont des notions radicalement différentes parce que les empires ont toujours été coercitifs :
« Par là, elle se distingue de la notion d’empire, qui agrège des unités politiques par la force et non par un consentement mutuel. »
Olivier Beaud distingue aussi la fédération, dans laquelle les peuples ne se fusionnent pas, de l’Etat fédéral qui est un Etat unitaire (dans lequel il n’y a pas une pluralité de communautés souveraines) respectant le principe « althusien » selon lequel les décisions doivent être prises au niveau le plus « bas » possible. Pierre Le Vigan écrit que l’Empire devra reposer sur le principe de subsidiarité et que la souveraineté deviendra commune mais Althusius, qui est le grand penseur de la subsidiarité, considérait que dans ce qu’il a appelé la « consociatio symbiotica », chacune des communautés associées conserve son entière souveraineté et délègue, sous condition, une partie seulement de celle-ci tout en en demeurant la seule détentrice (elle ne la partage pas) ; en conséquence, elle conserve la possibilité de mettre un terme à cette délégation.
Alors, fédération, empire, confédération, état fédéral ou alliance interétatique ? Il y a là un sujet pour un ouvrage passionnant.
Bruno Guillard, 10/06/2014
Pierre Le Vigan, L’Effacement du politique / La philosophie politique et la genèse de l’impuissance de l’Europe, préface d’Eric Maulin, éditions La Barque d’Or, 164 pages.
Source et compléments: Polémia
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Journal du 16 juin 2014